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Full text of "Traité de nomographie. Théorie des abaques. Applications pratiques"

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TRAITÉ 


DR 


NOMOGRAPHIE 


TRAITÉ 


DE 


NOMOGRAPHIE 


/ 


PARIS.  —  IMPRIMERIE  GAUTHIER- VILLARS , 

tsevi        Quai  des  Grands-Augustins,  55. 


TRAITÉ 

DE 

NOMOGRAPHIE 


THEORIE  DBS  ABAQUES.  -  APPLICATIONS  PRATIQUES- 


Maurice  d'OCAGNE, 

B  ET  CBAUSaÉES,  PROFESSEUR  A  l'eCOLI  SES 
REFÊTITBUR  A   l'école    l'OLY TECHNIQUE. 


PARIS, 
GAUTHIER- VILLA RS,  IMPRIMEUR-LIBRAIRE 

DD   BDBBAU  DES  LONOITUDBS,   DE  L'BCOLB  POLVTBCHMQUE. 
Quai  dot  Grindi-Auguatint,  55. 


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1908  '.    i 


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INTRODUCTION. 


Réduire  à  de  simples  lectures  sur  des  tableaux  gra- 
phiques, construits  une  fois  pour  toutes  (*),  les  calculs  qui 
interviennent  nécessairement  dans  la  pratique  des  divers  arts 
techniques,  tel  est  le  but  que  se  propose  la  Nomographie. 

Si,  à  chacune  des  variables  qui  sont  liées  par  une  certaine 
équation,  on  fait  correspondre  un  système  d'éléments  géo- 
métriques (points  ou  lignes),  cotés  au  moyen  des  valeurs  de 
cette  variable,  et  que  le  lien  établi  par  l'équation  entre  ces 
variables  se  traduise  géométriquement  par  une  certaine  rela- 
tion de  position  facile  à  constater  entre  les  éléments  géomé- 
triques correspondants,  l'ensemble  de  ceux-ci  constitue  un 
abaque  de  l'équation  considérée. 

C'est  la  théorie  des  abaques,  c'est-à-dire  celle  de  la  repré- 
sentation graphique  cotée  des  lois  (^)  mathématiques  définies 


(1)  Ce  caractère,  absolument  fondamental  pour  la  Nomographie,  la  dis- 
tingue du  Calcul  graphique  proprement  dit,  dont  les  principes  ont  été 
pour  la  première  fois  présentés  avec  quelque  généralité  par  Cousinery, 
sous  le  nom  bien  choisi  de  Calcul  par  le  trait  (1840).  Calcul  auquel  se 
rattache  notamment  la  Statique  graphique,  et  dans  lequel,  pour  une 
opération  effectuée  sur  des  données  particulières,  on  substitue  à  un 
calcul  numérique  le  tracé  d'une  épure.  On  doit  chaque  fois,  pour  un 
choix  différent  des  données,  recommencer  cette  épure.  Les  abaques,  au 
contraire,  fournissent,  à  lafoisy  le  résultat  d'une  certaine  opéralion/>ow/' 
tous  les  états  possibles  des  données  compris  à  l'intérieur  d'un  certain 
champ  de  variation.  On  peut  dire  que  l'abaque  synthétise  en  quelque 
sorte  les  constructions  géométriques  correspondant  à  une  infinité  d'états 
différents  des  données. 

C*)  En  grec  :  vÔ(jlo;. 


VI  INTRODUCTION. 

par  des  équations  à  un  nombre  quelconque  de  variables,  qui 
est  désignée  aujourd'hui  sous  le  nom  de  Nomographie  (*). 

Le  principe  de  la  représentation  plane  des  équations  à 
deux  variables  était  acquis  le  jour  où  Descartes  eut  jeté  les 
fondements  de  la  Géométrie  analytique. 

Pour  les  équations  à  trois  variables  le  premier  exemple  de 
représentation  plane  semble  être  dû  à  Pouchet  qui,  dans  son 
Arithmétique  linéaire  (1795),  fait  usage  d'un  système  de 
courbes  cotées  tracées  sur  un  quadrillage  régulier.  La  même 
idée  se  retrouve  dans  les  travaux  de  d'Obenheim,  officier  du 
Génie  {Balistique y  181 4  ;  Mémoire  sur  la  planchette  du  ca- 
nonniery  181 8);  de  Piobert,  officier  d'Artillerie  {Mémorial 
de  V Artillerie,  1826);  de  Bellencontre,  également  officier 
d'Artillerie  (Afg'morf  a/  de  V  Artillerie  y  i83o);  d'Allix,  in- 
génieur de  la  Marine  {Nouveau  système  de  tarif Sy  1840). 
C'est  Terquem  qui  fit  remarquer,  à  propos  des  publications 
de  d'Obenheim  et  de  Bellencontre  {Mémorial  de  l'Artil- 
lerie^ i83o),  la  généralité  de  ce  mode  de  représentation  des 
équations  à  trois  variables,  en  l'assimilant  à  celui  des  sur- 
faces topographiques  au  moyen  de  la  projection  de  leurs 
courbes  de  niveau,  dont  les  inventeurs  furent  Philippe 
Buache  {Essai  de  Géographie  physique  dans  les  Mémoires 
de  l'Académie  des  Sciences  pour  1752),  Ducarla  {Exprès- 
sion  des  nivellements  y  1782)  et  Dupain-Triel  {Méthode 
nouvelle  de  nivellement  y  i8o4)  (*). 

Toutefois,   dans  cette  première  période  d'une  cinquan- 


(*)  C'est  en  publiant,  en  1891,  notre  brochure  :  Les  Calculs  usuels 
effectués  au  moyen  des  abaques^  où  cette  théorie  se  trouve  pour  la  pre- 
mière fois  esquissée  dans  son  ensemble,  que  nous  avons  proposé  ce  nom 
qui  a  reçu  maintenant  la  sanction  de  l'usage,  et  que  la  Commission  inter- 
nationale du*  Répertoire  bibliographique  des  Sciences  mathématiques  a 
adopté  pour  désigner  la  division  X3  de  ce  Répertoire. 

(*)  D'après  M.  Favaro,  l'emploi  des  courbes  de  niveau,  dans  certains  cas 
particuliers,  se  rencontre  chez  divers  auteurs  plus  anciens  :  Bassantin 
{Astronomique  Discours,  i^Sj);  le  P.  Jean-François  {Art  du  fontai- 
nier^  i665). 


INTRODUCTION.  VII 

laine  d'années,  l'emploi  des  tableaux  graphiques  de  calcul 
resta  fort  restreint.  Il  fallut  que  l'application  de  la  loi  du 
II  juin  1842,  qui  avait  décidé  l'établissement  de  notre  pre- 
mier réseau  de  chemins  de  fer,  fît  sentir  la  nécessité  d'éva- 
luer par  des  méthodes  rapides  les  terrassements  considé- 
rables que  comportaient  de  tels  travaux,  pour  que  des 
ingénieurs  comme  Lalanne  et  Davaine  fussent  amenés  à  se 
préoccuper  du  parti  qui  pouvait,  à  cet  égard,  être  tiré  des 
méthodes  graphiques.  C'est  à  cette  heureuse  circonstance 
que  nous  devons  l'invention  due  à  Lalanne  (i843)  de  l'in- 
génieux principe  de  l'anamorphose  qui,  développé  en  un 
Mémoire  paru  en  1846  dans  les  Annales  des  Ponts  et 
Chaussées,  devait  se  prêter  à  de  si  nombreuses  applica- 
tions. 

Ce  n'est  qu'en  ces  dernières  années  que  M.  Massau,  dans 
son  important  Mémoire  sur  V intégration  graphique  {An- 
nales  de  l^ Association  des  ingénieurs  sortis  des  Ecoles 
spéciales  de  Gand y  1884)  a  porté  le  principe  de  l'anamor- 
phose à  son  plus  haut  degré  de  généralité. 

Pour  le  cas  particulier  qu'avait  d'abord  envisagé  Lalanne, 
M.  Lallemand,  ingénieur  des  Mines,  a  su  donner  aux  abaques 
anamorphoses  une  forme  spéciale,  à  laquelle  il  a  attaché 
la  désignation  ai  abaques  hexagonaux  (^Comptes  rendus  y 
1886).  Ces  abaques,  outre  l'avantage  d'une  plus  grande  pré- 
cision dans  la  lecture,  sont  susceptibles  de  se  prêter  à  l'intro- 
duction de  variables  nouvelles. 

Nous  avons  de  notre  côté,  dans  les  Annales  des  Ponts 
et  Chaussées  de  1884,  fait  connaître  le  principe  d'un  mode 
nouveau,  et  beaucoup  plus  général,  de  représentation  gra- 
phique des  équations,  auquel  nous  avons  été  amené  par  une 
certaine  transformation  dualistique  appliquée  aux  abaques 
de  Lalanne  et  auquel  nous  avons,  depuis  lors,  donné  toute 
l'extension  qu'il  comporte,  en  montrant,  par  exemple,  com- 
ment il  se  prête  à  la  multiplication  du  nombre  des  variables. 

La  comparaison  de  ces  diverses  méthodes  nous  conduisit 


VIII  INTRODUCTION. 


H  opérer  leur  synthèse  en  une  théorie  unique,  celle  à  propos 
de  laquelle  est  né  le  terme  de  Nomographie,  et  qui  a  fait 
l'objet  de  notre  brochure  de  1891. 

Nous  avons  eu  Theureuse  chance,  en  publiant  cette  théo- 
rie, d'inciter  divers  hommes  techniques  à  effectuer  de  nom- 
breuses applications  des  principes  qui  s'y  rencontrent,  et 
plus  spécialement  de  la  méthode  des  points  alignés  (dite, 
dans  cette  première  brochure,  des  points  isoplèthes),  appli- 
cations qui  se  trouvent  mentionnées  pour  la  plupart  dans  le 
corps  du  présent  Ouvrage  (Ch.  III).  En  outre,  M.  Goedseels 
a,  sous  le  nom  d^abaques  à  transversales  quelconques, 
étudié  une  généralisation  intéressante  des  abaques  à  points 
alignés. 

Nous  avons,  d'autre  part,  depuis  la  publication  de  notre 
première  brochure,  eu  connaissance  des  travaux  fort  ingé- 
nieux poursuivis  par  M.  le  professeur  R.  Mehmke  qui,  en 
particulier,  par  sa  méthode  des  images  logarithmiques,  a  su 
tirer  un  parti  nouveau  de  l'anamorphose  logarithmique. 

Nous  étions  donc  fort  encouragé  à  reprendre  et  à  complé- 
ter la  théorie  dont  notre  brochure  de  1891  ne  contenait  que 
l'esquisse.  Plusieurs  Notes  publiées  dans  divers  recueils,  et 
dont  on  trouvera  la  liste  ci-après,  ont  marqué  les  étapes  de 
nos  recherches  dans  la  voie  d'une  plus  haute  généralisation. 
Nous  pensons  être  maintenant  parvenu  au  terme  de  la  syn- 
thèse que  nous  avions  entreprise.  C'est  pourquoi  nous  nous 
sommes  décidé  à  publier  le  présent  Traité. 

Préoccupé  avant  tout  d'être  utile  aux  gens  techniques  : 
1°  nous  avons,  pour  l'exposé  de  la  théorie,  adopté  l'ordre 
qui  consiste  à  partir  du  cas  le  plus  simple,  celui  des  équations 
à  deux  variables,  pour  atteindre  progressivement  à  des  cas 
de  plus  en  plus  compliqués;  2®  nous  avons,  d'un  bout  à 
l'autre  de  cet  exposé,  multiplié  les  exemples  d'application, 
tous  puisés,  dans  la  pratique  des  arts  techniques,  d'ailleurs, 
les  plus  variés. 

Ces  exemples  d'application,  ainsi  que  quelques  digressions 


INTRODUCTION.  IX 

d'un  caractère  plutôt  accessoire,  sont  imprimés  en  petit 
texte. 

La  synthèse  la  plus  générale,  englobant  toutes  les  mé- 
thodes possibles  de  représentation  plane  des  équations  à 
un  nombre  quelconque  de  variables,  fait  l'objet  d'un  der- 
nier Chapitre,  celui  par  lequel  nous  aurions  débuté  si  nous 
nous  étions  adressé  aux  seuls  mathématiciens,  et  sur  lequel 
nous  nous  permettrons  d'attirer  spécialement  leur  attention 
en  raison  des  problèmes  intéressants  dont  il  peut  leur  fournir 
la  matière. 

Nous  ne  terminerons  pas  cette  Introduction  sans  remer- 
cier bien  sincèrement  notre  ami  Albert  Gauthier- Villars  du 
soin  qu'il  a  apporté  à  la  publication  de  l'Ouvrage,  et  M.  Du- 
porcq,  ingénieur  des  Télégraphes,  de  l'excellent  concours 
qu'il  a  bien  voulu  nous  prêter  pour  la  revision  des  épreuves. 


Paris,  i5  mai  1899. 

M.  d'Ocagne. 


XII  LISTE   DBS   PUBLICATIONS    DE   L  AUTEUR 

k.    1891.  —  Nomographie.  Les  calculs  usuels  effectués  au  moyen 

des  abaques.  Essai  d'une  Théorie  générale  (Gauthier- 
ViUars). 

5.  »       —  La  Nomographie  (/?.  G.  5.,  p.  6o4). 

6.  1892.   —  Le  calcul  sans  opération.  La  Nomographie  (/?.  Q.  S., 

t.  XXXII,  p.  48). 

7.  1893.   —  Sur  une   méthode   nomographique   générale    (C   /?., 

t.  CXVII,  p.  216  et  277). 

8.  »        —  Le  calcul  simplifié  au  moyen  des  procédés  mécaniques 

et  graphiques  (A,  C.  A.  M.).  [Tiré  à  part,  sous 
forme  de  brochure.] 

9.  »       —  Problème  d'Algèbre  relatif  à  la  Nomographie  (A^.  A., 

3"  sér.,  t.  XII,  p.  469). 

10.  »        —  Sur  les  équations  représentables  par  trois  systèmes  rec- 

tilignes  de  points  isoplèthes  {Mathematical papers 
read  at  the  international  Mathematical  Congress 
held  in  connection  with  the  world's  Columbian 
Exposition,  Chicago,  p.  258). 

11.  1894.  —  Abaque  en  points  isoplèthes  de  Téquation  de  Kepler 

(5.  M. y  t.  XXII,  p.  197). 

12.  »        —  Abaque  général  de  la  Trigonométrie  sphérique(^.  yl., 

t.  XI,  p.  5). 

13.  »        —  Abaques   de   déblai   et  remblai   en   points   isoplèthes 

{A,  P.  C,  mars,  p.  467). 

14.  »        —  Conférences  sur  la  Nomographie,  faites  aux  élèves  de 

TEcole  Polytechnique  (Autographie). 

15.  1896.   —  Abaque   de  l'équation    des   marées   diurnes  et   semi- 

diurnes  (C  B.,  t.  CXXII,  p.  298). 

16.  »        —  Sur  les   équations    représentables  par    trois   systèmes 

linéaires  de  points  cotés  (C.  B,,  t.  GXXlll,  p.  988). 

17.  »        —  Sur   l'emploi   des  systèmes  réguliers   de  points  cotés 

dans  la  représentation  des  équations  (/^^.,  p.  i254). 

18.  »        —  Sur  la    représentation   nomographique    des    équations 

du  second  degré  à  trois  variables  (S.  AI,,  t.  XXIV, 
p.  81). 

19.  »        —  Application  générale  de  la  Nomographie  au  calcul  des 

profils  de  remblai  et  déblai  (A,  P.  C,  mars,  p.  4o6). 
[Tiré  en  brochure.] 


RBLATIVRS    A    LA    NOUOGRAPHIK.  XIII 

20.  1896.  —  Sur  la  représentation  par  des  droites  et  par  des  cercles 

des  équations  du  deuxième  degré  à  trois  variables 
{S.  P.  M,  K.,  1"  sér.,  t.  VI,  p.  93). 

21.  1897.  —  S""*  ^^  représentation  des  équations  du  second  ordre 

par  des  droites  et  par  des  cercles  {S.  M,,  t.  XXV, 

P-9)- 

22.  »         —  Théorie  des  équations  représentables  par  trois  systèmes 

linéaires  de  points  cotés  (A.  M,,  t.  XXI,  p.  3oi). 

23.  1898.   —  Sur  la  méthode  nomographique  la  plus  générale  résul- 

tant de  la  position  relative  de  deux  plans  superposés 
(C. /?.,  t.  CXXVI,  p.  397). 

24.  »         —  Sur  quelques  applications  pratiques  de  la  méthode  des 

points  cotés  (/?.  G,  S.,  t.  IX,  p.  116). 

25.  »         —  Application  de  la  méthode  nomographique  la  plus  gé- 

nérale résultant  de  la  superposition  de  deux  plans 
aux  équations  à  trois  et  à  quatre  variables  (S.  M,, 
t.  XXVI,  p.  16). 

26.  »        —  Une  leçon  sur  les  abaques  (J.  E.  P.,  2»  sér.,  4*  G., 

p.  2o5). 

27.  »)         —  Sur  les  abaques  à  points  cotés  pour  équations  à  trois  et 

quatre  variables  {S.S,B.,  t.  XXII,  I*""  Partie,  p.  78). 

28.  »         —  Sur  les  questions  de  Mathématiques  pures  que  soulève 

Tétude  de  la  Nomographie  (/?.  D.,  Xllj,  p.  177). 

29.  »         —  Sur  les  types  les  plus  généraux  d*équations  représen- 

tables par  des  systèmes  cotés  de  cercles  et  de  droites 
(Z.  S.,  t.  LXIII,  p.  269). 

30.  »         —  Abaque  de  la  nouvelle  formule  de  M.  Bazin,  relative 

aux  canaux  découverts  {A,  P.  C,  i*""  trim.,  p.  3o4). 


D'OcAONE.  Nomographie. 


ERRA  TA . 

Page  i3,  $•  ligne,  au  lieu  de  :  «  i'"'"  »,  il  faut  :  «  î"""»  ». 
Page  n^yfig.  38,  à  côté  de  réchellc  B  inférieure,  au  lieu  de  :  a,  il  faut  :  a,. 
Page  109,  i4"  et  i5«  ligne,  supprimer:  <*  d'où  résulteront  les  dimensinnsderabaque» 
Page  ii3,  dernière  ligne,  au  lieu  de  j?  :  il  faut  :  y. 

Page  166,  8«  ligne,  au  lieu  de  :  «  P.Q^  et  P.Q^  »,  il  faut  :  «  P,//,  et  P,Q,  ». 
Page  184,  II*  ligne,  au  lieu  de  :  z,  il  faut  :  —  z. 

Page  -yiA,  dans  Tcquation  du  n-90,  /?,  b,  h  sont  exprimés  en  cm.,  7  en  kg  par  cm 
courant. 

Page  221,  9«  ligne  en  remontant,  au  lieu  de  :  Go*'»,  il  faut  :  75*'^. 

Page  222,  9*  ligne,  au  lieu  de  :  «  au  tiers  »,  il  faut  :  «  aux  \  environ  ». 

-^            «          1-               ,.        ,       A -+- A    .,  -          h -h  h' 
Page  238,  17*  ligne,  au  lieu  de  :  — ; — »  il  faut  :  — ; 

Page  228,  note  en  bas  de  la  page,  dernière  ligne,  ajouter  «  p.  4i  *- 

Page  229, y?^.  98,  supprimer  le  petit  rond  à  la  rencontre  du  trait  pointillé  infé- 
rieur et  de  l'échelle  (Z). 

Page  24g,  21*  ligne,  au  lieu  de  :  «  angles  droits  B  et  C  »,  il  faut  :  «  angles  B  et  C  ». 

Page  25o,  dans  les  équations  (a,),  (aj),  (aj)  et  («4),  permuter  x  et  y,  et  dans 
Téquation  (a,),  remplacer  sin  par  cos. 

Page  25i,  sur  la  fig.  loS,  permuter  a,  et  a,,  le  long  des  échelles  horizontale  et 
verticale. 

Page  252,  i3*  ligne  en  remontant,  au  lieu  de  :  «  descend  sur  la  verticale  »,  il 
faut  :  «  se  transporte  sur  l'horizontale  ». 

Page  262,  12*  ligne  en  remontant,  au  lieu  de  :  «  verticale  »,  il  faut  :  «  horizontale  ». 

Page  3o4,  dernière  ligne,  au  lieu  de  :  \xl' y  il  faut  :  kx -j- 

X  X 

Page  3o5,  4'  ligne,  au  lieu  de  :  —  »  il  faut  :  -y 

X X 

100  100 

Page  309,  i8*  ligne,  au  lieu  de  :  5",  il  faut  ;  3". 

Page  320,  4*  lir^ne,  au  lieu  de  «  trouvent  »    il  faut  :  «  trouvant  ». 

Page  341,  22*  ligne,  au  lieu  de  :  9,  il  faut  :  93. 

Page  348,  5*  ligne  en  remontant,  au  lieu  de  :  «  deux  derniers  numéros  »,  il  faut  : 

«  n"  125  et  12G  ». 
Page  3G4,  dernière  ligne,  permuter  x  et  y. 

Page  382,  8»  ligne,  au  lieu  de  :  m,  m\  m*,  il  faut  :  /?»',  m",  m". 
Page  385,  9'  ligne,  au  lieu  de  :  IM,  il  faut  :  LM'. 

Page  385,  lo*  ligne  en  remontant,  au  lieu  de  :  m'|,  m'f,  m'j',  il  faut  :  m',  m',  m". 
Page  390,  note  en  bas  de  la  page,  au  lieu  de  :  «  notre  Mémoire  O.30  »  il  faut  : 

<c  notre  Note  0.23  et  notre  Mémoire  0.25  ». 

Page  396,  2*  ligne,  au  lieu  de  :  «  R,  "^  '^'i  **»  *^  ^^ut  :  «  E,  w  T\  ». 

Page  4o3,  deuxième  note  en  bas  de  la  page,  au  lieu  de:  «  0. 3  O»,  il  faut:  ^0.25». 

Page  407,  6«  ligne,  au  lieu  de  :  E'3  h-  0>',  il  faut  :  E3  h=  O'x'. 

Page  409,  9"  ligne  en  remontant,  au  lieu  de  :  Illf,  il  faut  :  IIlJ. 

f'  f' 

Page  422,  II*  ligne  en  remontant,  au  lieu  de  :  f  *  il  faut  :  Ll±A' 

PJ\  Pif\ 

Page  4^3,  8*  ligne  en  remontant,  au  lieu  de  :  U'i ,  Uj,  il  faut  :  Uj,  l'2. 

Page  438>  dans  les  équations  (E/^)  et  (E'6)  remplacer  tous  les  a  par  des  a. 

Page  4G1,  12'  ligne  en  remontant,  au  lieu  de  :  X  4-  «x  4-  "ît,  il  faut  :  X  4-  |x  +  v. 

Page  4^3,  le  dernier  alinéa  (lignes  367)  doit  être  remplacé  par  celui-ci  :  «  Les 
égalités  (9)  et  (10)  montrent  que  chacun  des  syslè.ues  (a,)  et  (aj)  se  réduit 
à  une  seule  droite,  et  l'égalité  (7)  que  ces  droites  coïncident.  » 


TRAITÉ 


DE 


NOMOGRAPHIE 


CHAPITRE  I. 

ÉQUATIONS  A  DEUX  VARIABLES. 


I.  —  Échelles  de  fonctions. 

1.  Echelle  normale  d^une  fonction,  —  Soit /(a)  une  fonc- 
tion de  la  variable  a,  prise  dans  un  intervalle  où  elle  est  uni- 
forme, c'est-à-dire  n'a  pour  chaque  valeur  de  a  qu'une  seule 
valeur  bien  déterminée. 

Portons  sur  un  axe  Ox^  à  partir  de  l'origine  O  {Jig'^)i  les 
longueurs 

/  étant  une  longueur  arbitrairement  choisie,  et  inscrivons,  à  côté 

Fig.  I. 
0  CL  a,  a,         a,  It 

I 1 ^H 1 1 \ O.- 

des  points  qui  liinitent  ces  segments,  points  qui  seront  marqués 
d'un  trait,  aussi  fin  que  possible,  perpendiculaire  à  l'axe,  les  va- 
leurs correspondantes  ai,  a2,  as,  ...  de  la  variable  (  '  ). 


(')  La  première  idée  d'une  éclieilc  de  ce  genre,  construite  dans  un  cas  par- 
ticulier, semble  due  à  Gunter,  au  début  du  xvii*  siècle  {voir  la  note  au  bas 
de  la  page  lo). 

M.  dO.  I 


2  CHAPITRE   1. 

L'ensemble  des  points  cotés  ainsi  obtenus  constitue  Véchelle 
de  la  fonction  f  {%),  La  longueur  /  est  dite  le  module  de  cette 
échelle. 

Cette  échelle  sera  limitée  à  deux  valeurs  particulières  a  et  6 
de  la  variable  a. 

Partant  de  la  limite  inférieure  a,  on  pourra  construire  l'échelle 
sans  faire  intervenir  l'origine  O.  Il  suffira,  en  effet,  pour  obtenir 
les  points  ai,  a2,  aj,  ...  et  6  de  porter  sur  l'axe,  à  partir  du  point 
coté  a,  choisi  arbitrairement,  les  segments 

5.- /[/(«a) -/(«)], 


\^=l[f(b)-f{a)\. 


L  est  la  longueur  de  l'échelle;  a  et  6  sont  ses  limites. 

Si,  pour  la  construction  de  Péchelle,  on  fait  croître  la  variable  a 
par  échelons  égaux  à  un  nombre  rond  (i,  2,  5,  10,  . .  .)  d'unités 
d'un  certain  ordre  décimal,  on  obtient  une  échelle  normale  de 
la  fonction.  C'est  le  cas  de  beaucoup  le  plus  fréquent.  Dans  le 
choix  de  l'échelon  il  faut  avoir  soin  que  les  points  les  plus  rap- 
prochés sur  l'échelle  considérée  laissent  entre  eux  un  intervalle 
voisin  d'une  certaine  limite  fixée  par  l'expérience  et  que  nous 
appellerons  le  minimum  d* intervalle  graphique  de  l'échelle. 
Dans  la  plupart  des  cas  ce  minimum  d'intervalle  graphique 
sera  fixé  au  millimètre  (  *  ).  Tl  pourra  parfois  être  abaissé  au- 
dessous.  On  reviendra  plus  loin  sur  ce  point  (n®  4). 

Remarque.  —  Si  la  fonction /(a),  après  avoir  crû  dans  un  cer- 
tain sens,  se  met,  à  partir  d'une  certaine  valeur  de  a,  à  croître 
dans  l'autre  sens,  il  sera  nécessaire  de  reporter,  à  partir  de  cette 
valeur  de  a,  l'échelle  de  la  fonction  sur  un  second  axe  parallèle  au 
premier. 


(')  Disons  une  fois  pour  toutes  que,  si  sur  certaines  figures  de  cet  Ouvrage  on 
rencontre  des  divisions  beaucoup  plus  petites,  cela  tient  à  ce  que  ces  figures  ont 
été  obtenues  au  moyen  d'originaui  que  les  nécessités  du  format  ont  conduit  à 
réduire  par  la  Piiotographie. 


ÉQUATIONS   A   DEUX   TARIABLES.  O 

2.  Analyse  de  la  graduation,  —  On  réalisera,  en  général,  par  tâton- 
nements la  condition  relative  au  minimum  d'intervalle.  Il  est  facile  néan- 
moins d'indiquer  une  marche  rationnelle  pour  que  la  graduation  obtenue 
satisfasse  à  cette  condition. 

Nous  supposons  a  <i  b.  Admettons,  en  outre,  pour  fixer  les  idées,  que 
de  a  à  6,  les  accroissements  de  la  fonction,  correspondant  à  des  accroisse- 
ments égaux  de  la  variable,  aillent  constamment  en  diminuant  en  valeur 
absolue.  C'est,  par  exemple,  le  cas  pour  la  fonction  v^,  de  o  à  oo. 

S'ils  allaient  constamment  en  augmentant  en  valeur  absolue,  comme 
pour  la  fonction  a<,  de  o  à  oo,  il  faudrait,  dans  la  marche  qui  va  être  indi- 
quée, partir  de  b  au  lieu  de  partir  de  a. 

Si,  enfin,  ils  allaient  alternativement  en  diminuant  et  en  augmentant, 
on  fractionnerait  l'intervalle  total  en  intervalles  partiels  pour  lesquels  le 
sens  de  leur  variation  resterait  le  même. 

Plaçons-nous  donc  dans  la  première  hypothèse,  et,  prenant,  par  exemple, 
le  millimètre  comme  unité  de  longueur,  posons  (*) 

l\f{b)-f(a)\  =  L, 

la  longueur  L  étant  environ  celle  que  nous  voulons  donner  à  l'échelle.  De 
là  nous  tirons  le  module  /  correspondant,  puis  nous  arrondissons  la  valeur 
trouvée,  de  façon  à  avoir  pour  ce  module  une  valeur  commode,  ce  qui 
conduit  à  une  valeur  de  L  voisine  de  celle  que  nous  avions  prise  d'abord. 
Soit,  pour  fixer  les  idées,  la  fonction  /a  à  représenter  de  a  =  i  à 
a  =  loo.  Adoptons  pour  notre  échelle  une  longueur  voisine  de  9.00™'".  Pour 
cela  posons 

/(/loo  — /i)  =  200""", 

d'où 

,       200 

/=  =22"™,  22 

9 

Nous  prendrons  évidemment  ici  /  =  25"™,  d'où  résultera  pour  L  la 
valeur 

L  =  25  X  9  =  225' 


Lmm 


La  valeur  de /étant  ainsi  déterminée,  si  nous  désignons,  en  outre,  par  m 
le  minimum  d'intervalle  graphique,  nous  poserons 

l\f{a)-f{a-i)\=m. 

De  là,  par  les  procédés  de  l'Algèbre,  soit  directement,  soit  par  approxi- 
mations successives,  suivant  la  nature  de  la  fonction /(a),  nous  tirerons 

la  valeur  de  i.  Cette  valeur  tombera  entre 7  et 


io«-»-i        io« 


(')  La  notation  |  X  |  indique  la  valeur  absolue  de  X.  On  prendra  donc  la  diiïé- 
rcnce/(/i)  —/(a  —  e)  ou  /(a  —  e)  —/(a)  suivant  que  de  a  ~£  à  a  la  fonc- 
tion est  croissante  ou  décroissante. 


4  CHAPITRE   I. 

Considérant  les  trois  intervalles  définis  par 


I  9.  5  I 


f     — rT^>     — ZTT'     — ::» 


io«-^»       10»-»-*       lo**-^!       lo'* 

nous  verrons  dans  lequel  de  ces  intervalles  sera  comprise  la  valeur  de  i. 
Nous  commencerons  dès  lors  à  faire  croître  a  par  échelons  successifs  égaux 
à  la  limite  supérieure  de  cet  intervalle;  si  donc  i  tombe  dans  le  premier 

intervalle  nous  commencerons  par  faire  croître  a,  à  partir  de  a,  de  — j^^ 

en •  Si  I  tombe  dans  le  deuxième  intervalle,  nous  ferons  croître  a  de 

,o«-»-i 

5  5 

en r»   Si    i   tombe  dans  le  troisième  intervalle,   nous  ferons 

lo'»-^*        lo'»^-! 

croître  a  de  — -  en  — -• 

De  cette  façon,  nous  sommes  assurés  que,  jusqu'en  un  point  qui  sera 
déterminé  plus  loin,  les  premiers  intervalles  de  l'échelle  seront  supérieurs 
à  m. 

Revenons  à  notre  exemple  de  la  fonction  /ôc.  Ici,  puisque  /  =  25,  nous 
avons,  en  prenant  m  =  i"", 

25(v/T— v^i—  0  =  I, 
d'où 

i  —  i=y^\  et         4=0,0784. 

Comme  on  a 

o,o5  <  0,0784  <  o,  I, 

nous  commencerons  à  faire  croître  a  de  o,  i  en  o,  i. 

Si  nous  représentons  par  Oi  la  valeur  de  l'échelon  adopté,  nous  pour- 
rons continuer  à  nous  servir  de  cet  échelon  jusqu'à  la  valeur  ai  de  a  telle 

que 

^l/(«i)-/(«i-0i)|>/n>/|/(a,-4-0,)-/(a,)|. 

Pour  la  régularité)  nous  ferons  coïncider  le  changement  d'échelon  avec 
une  valeur  ronde  de  a.  Il  nous  suffira  donc  de  prendre  la  valeur  ronde 
immédiatement  inférieure  à  la  valeur  ai  définie  par  la  double  inégalité  ci- 
dessus. 

Si  la  valeur  ai  est  un  peu  inférieure  à  une  valeur  ronde  dont  elle  est 
très  voisine,  on  pourra  tout  aussi  bien  effectuer  le  changement  d'échelon 
à  cette  valeur  ronde  parce  qu'en  somme  la  détermination  du  minimum 
d'intervalle  graphique  n'a  rien  d'absolu  et  qu'on  peut,  sans  inconvénient, 
descendre  légèrement  au-dessous  (*). 


(')  C'est  pour  cette  raison  qu'au  n<*  1  nous  avons  dit  que  rintervalle  entre  les 
points  les  plus  rapprochés  devait  rester  voisin  de  ce  minimum  cl  non  lui  rester 
supérieur,  d'une  façon  absolue. 


ÉQUATIONS  A  DEUX  VARIABLES.  5 

Si  nous  revenons  encore  à  notre  exemple  de  /a  avec  /  =  25""",  nous 
voyons  que  l'échelon  de  o,  î,  que  nous  avons  adopté  à  partir  de  la  valeur  i, 
ne  devrait  être  théoriquement  conservé  que  jusqu'à  la  valeur  ai  telle  que 

•25  i/âl—  /ai  — o,i)  >  I  >  25  (/a|-4-o,i  —  /a, ), 

ce  qui  donne  ai  =  i,6,  car  on  a 

25(/r76  —  \/i,5)  =  i,oo5, 
'>'5(/îT7  —  /^6)  =  0,972. 

« 

Mais  ici  on  conservera  évidemment  l'échelon  de  o,  i  jusqu'à  a  =  2,  pour 
prendre  à  partir  de  cette  valeur  l'échelon  de  0,2. 
On  voit  que  Técartement  entre  les  points  1,9  et  2  sera  égal  à 

25(/2  — y/ïTg)     ou    o'^,895, 

dimension  très  admissible. 
En  résumé,  considérant  la  suite 

2  5  10  20  5o  îoo 

•>     •  •  •  > 


lo'»-^-»       10»-^-*       lo^-^-i       lo»-»-*       io«-^*       io«-»-* 

appelons  Oi  l'échelon  initial  déterminé  ci-dessus,  qui  est  une  des  trois 
premières  fractions  écrites,  et  représentons  par 

VI,     65,     63,     . . . 

ce  que  devient  la   suite  précédente  lorsqu'on  la  fait  commencer  à  ce 
terme. 

Nous  nous  servirons,  à  partir  de  a,  de  l'échelon  Oi  jusqu'à  la  valeur 
ronde  ai  pour  laquelle  le  produit 

^l/(«i)-/(«i-ei)i 

est  le  plus  voisin  de  m,  ce  que  nous  exprimerons  par  la  notation 

^l/(«i)-/(«i-ei)|=  mille. 

Nous  emploierons  ensuite  l'échelon  Os  jusqu'à  la  valeur  a^pour  laquelle, 
avec  la  notation  précédente,  on  aura 

^l/(«î)-/(«t~Ô,)|=mdie, 

et  ainsi  de  suite. 

Sous  une  forme  encore  plus  condensée,  nous  pourrons  énoncer  la  règle 
à  laquelle  nous  avons  abouti  sous  la  forme  suivante  : 


CHAPITRE   I. 

Données  : 
Fonction /(a); 
Limites  a  et  6  ; 

Longueur  approchée  de  Téchelle  Lo; 
Minimum  de  l'intervalle  graphique  m. 

Opérations  : 

\^  Donner  à  /  la  valeur  arrondie  satisfaisant  à  Téquation 

l\f{b)-f{a)\  =  U±t^ 
7.^  Déterminer  ô|  en  prenant  celle  des  trois  quantités 

•2  5  lO 


'      — r— .  » 


10'*-^  >         lo'*-^*         10'*-^^ 
qui  est  immédiatement  supérieure  à  la  valeur  i  défînie  par 

l\f{a)^aa-i)\r=.m±i. 

Soit 

Oi,     6j,    6s,     64,     O5,     ... 

la  portion  de  la  suite 

2  5  10  îto  5o 

qui  commence  à  Ô}. 

3"  Déterminer  «i,  aj,  as,  ...  par  les  équations 

l\f{a,)-f(,a,--^^)\=m±t, 
^l/(«î)-/(«î-0,)|  =  /n±:e, 
^l/(«3)  — /(«3 -  0,)|  =  m  ±  e, 

Des  lors,  la  graduation  procédera  par  échelons  Oi  de  a  à  ai,  par  éche- 
lons Ot  de  ai  à  a^^  par  échelons  Ô3  de  a^  à  as,  ...,  et  ainsi  de  suite 
jusqu'à  6.  Rien  d'ailleurs  n'empêche,  si  les  nombres  a/^i  et  a/  semblent 
trop  rapprochés,  de  sauter  0|  et  de  passer  immédiatement  à  0/-f.i. 

Remarque,  —  En  raison  de  l'égalité  des  échelons  successifs 
dans  chaque  section  de  la  graduation,  il  est  inutile  d'inscrire  les 
cotes  de  tous  les  points  constituant  cette  graduation.  Il  suffira 
d'inscrire  ces  cotes  de  distance  en  distance,  de  telle  façon  qu'il 
n'y  ait  point  d'hésitation  à  déterminer  mentalement  les  cotes  des 
points  intermédiaires.  C'est  ainsi  que,  sur  un  double-décimètre, 


ÉQUATIONS   A   DEUX   VARIABLES.  7 

la  chifTraison  en  centimètres  suffit,  la  lecture  étant  d'ailleurs 
rendue  plus  facile  par  rallongement  des  traits  correspondant  aux 
demi-centimètres.  Un  artifice  analogue  pourra  toujours  être  mis 
en  œuvre  avec  toute  autre  graduation. 

3.  Construction  géométrique  d^une  échelle,  —  Pour  con- 
struire l'échelle  de  la  fonction  /(a),  on  peut  avoir  recours  à  la 
courbe  C  dont  l'équation  est 

Il  suffit  de  prendre  sur  la  courbe  le  point  dont  l'ordonnée 
est  a  pour  que  l'extrémité  de  son  abscisse  donne  sur  Ox  le  point 
coté  a  de  l'échelle  demandée. 

Si  la  courbe  C  peut  être  obtenue  point  par  point  au  moyen 
d'une  construction  géométrique  simple,  son  tracé  dispense  de 
tout  calcul. 

Supposons,    par   exemple,    que    la   fonction    dont    on    désire 

l'échelle  soit  y/a^ — a^,  a  étant  une  constante;  dans  ce  cas,  le 
module  /  étant  égal  à  i ,  la  courbe  C,  définie  par  l'équation 

sera  un  cercle  de  rayon  a  ayant  son  centre  à  l'origine  ;  son  tracé 
est  immédiat. 

Sans  que  la  construction  soit  toujours  d'une  aussi  grande  sim- 
plicité, on  conçoit,  par  cet  exemple,  le  parti  que  l'on  pourra,  le 
cas  échéant,  retirer  de  l'emploi  d'une  construction  géométrique. 

Le  plus  souvent,  on  procédera  de  la  façon  suivante  :  ayant 
déterminé  directement  un  certain  nombre  de  points  de  cote  ronde, 
on  élèvera  en  ces  points,  perpendiculairement  à  l'axe  portant 
l'échelle,  des  ordonnées  proportionnelles  à  leurs  cotes.  Les  extré- 
mités de  ces  ordonnées  sont  autant  de  points  de  la  courbe  G. 
On  tracera  dès  lors  cette  courbe  et  Ton  s'en  servira  ainsi  qu'il 
vient  d'être  dit  pour  obtenir  les  points  de  l'échelle,  intermédiaires 
entre  ceux  qui  ont  été  obtenus  directement. 

La  détermination  des  échelons  successifs  se  fera  ici  avec  une 
grande  facilité.  On  donnera  à  l'ordonnée  y  des  accroissements 
successifs  égaux  à  un  certain  échelon  jusqu'à  ce  que  l'accroisse- 


8  CHAPITRE   I. 

ment  correspondant  de  l*abscisse  x  tombe  au-dessous  du  minimum 
d'intervalle  graphique  choisi.  On  adoptera  alors  un  échelon  supé- 
rieur au  précédent  et  on  le  conservera  jusqu'à  ce  que  la  même 
circonstance  se  reproduise;  et  ainsi  de  suite. 

Remarque.  —  Le  procédé  géométrique  ci-dessus  permettra  de 
construire  l'échelle  d'une  fonction  définie  par  une  courbe  C  ob- 
tenue expérimentalement. 

4.  Interpolation  à  vue.  —  Un  point  étant  pris  sur  l'axe  de 
l'échelle,  en  dehors  des  points  qui  constituent  sa  graduation,  on 
pourra  se  proposer  d'évaluer  approximativement  la  valeur  corres- 
pondante de  la  variable  a.  Cette  évaluation  porte  le  nom  à^ inter- 
polation à  vue. 

Les  deux  points  de  la  graduation  qui  comprennent  le  point  con- 
sidéré fournissent  des  valeurs  approchées  par  excès  et  par  défaut 
de  la  valeur  cherchée,  au  degré  d'approximation  défini  par  l'échelon 
correspondant. 

La  question  qui  se  pose  consistera  apprécier  l'appoint  à  ajouter 
à  la  valeur  approchée  par  défaut  pour  avoir  la  valeur  cherchée. 

Cet  appoint  s'estime  au  jugé  d'après  l'allure  de  la  graduation 
aux  environs  du  point  considéré. 

Soit,  par  exemple,  à  lire  la  cote  du  point  M  sur  l'échelle  de  la 
fig.  2.  On  aura  sensiblement  pour  cette  cote  la  valeur  3,47» 

Sur  l'échelle  de  \dijig.  a  bis,  on  aurait  3,45. 

Fig.  2.  Fig.  2  bis. 

I  I I L_J I      I     I    I 


M 


On  voit  que  le  degré  de  précision  de  ce  genre  d'interpolation 
dépend  du  plus  ou  moins  d'habitude  du  lecteur. 

Toutefois  l'expérience  prouve  qu'un  lecteur  tant  soit  peu  exercé 
arrive  à  ne  pas  se  tromper  du  -^  de  l'échelon  lorsque  l'intervalle 
graphique  n'est  pas  sensiblement  inférieur  à  i"™. 

Avec  un  intervalle  de  o"",5  l'approximation  n'est  pas  sensi- 
blement supérieure  au  \. 

Cela  montre  qu'il  n'y  a  pas  de  sérieux  avantage  à  employer  des 
intervalles  inférieurs  à  i™°. 


ÉQUATIONS   A   DEUX   VARIABLES.  9 

Il  y  aurait  sur  ce  point  particulier  à  faire  une  élude  qui  relève 
(le  la  Physiologie.  Il  est  probable  que  le  degré  d'approximation 
rt'latif  est  à  peu  près  constant  pour  des  divisions  supérieures  à 
i""  environ  et  qu'il  décroît,  à  partir  de  là,  avec  une  assez  grande 
rapidité. 

Remarque,  —  Les  échelles  construites  dans  la  pratique,  sous 
les  dimensions  qui  ont  été  reconnues  commodes,  ne  donnent  gé- 
néralement que  trois  chiffres  significatifs  (exceptionnellement 
quatre);  encore  le  dernier  chiffre  n'est-il  fourni  que  par  l'interpola- 
lion  à  vue,  ainsi  que  cela  a  lieu  avec  les  graduations  du  double- 
décimètre  et  de  la  règle  à  calcul.  Ce  degré  d'approximation  suffit 
d'ailleurs  dans  une  foule  d'applications,  et  notamment  dans  celles 
qui  relèvent  de  l'art  de  l'ingénieur. 

S.  Échelles  usuelles.  —  Les  échelles  les  plus  fréquemment 
employées  dans  les  applications  (*)  sont  les  suivantes  : 

I®  Echelle  régulière,  —  On  a  une  telle  échelle  quand  la  fonc- 
tiony(a)  se  réduit  à  a,  parce  qu'ici  les  points  obtenus  en  faisant 
croître  a  par  échelons  égaux  sont  régulièrement  espacés  sur  la  droite 
portant  cette  échelle. 

Le  type  de  cette  échelle  est  fourni  parla  graduation  du  double- 
décimètre  {Jig*  3)^  il  est  inutile  d'y  insister. 

Fig  3. 

ItMlIlIlMllllIllllIlillUlIlIllllIllllIlMMllllIllllIlIlJllllIlMlIllllIllllIllllIlllllilllIlllll 


La  distance  constante  entre  points  dont  la  cote  diffère  d'une 
unité  donne  dans  ce  cas  le  module  de  l'échelle. 

2**  Échelle  logarithmique.  —  C'est  l'échelle  de  la  fonction 


(*)  La  construction  de  ces  échelles  s'effectue  très  rapidement  lorsqu'on  dispose 
de  Tables  numériques,  qui  se  rencontrent  aujourd'hui  dans  un  grand  nombre 
de  manuels,  telles  que  :  Tables  des  carrés,  des  cubes,  des  racines  carrés  et  cu- 
biques, des  inverses  et  des  logarithmes  des  nombres;  Tables  des  lignes  trigono- 
métriques  naturelles  et  de  leurs  logarithmes. 


lO  CHAPITRE   I. 

!«»•  Un  exemple  très  courant  en  est  fourni  par   la  graduation 
dfî'  h  règle  à  calcul  ordinaire  (  *  )  {fig-  4)- 

Fig.  4. 

•   *       ■    '.;  '  ;  *.!.!j.l.ltl:illll.l.l.l.l  .  hllIlIlIllillIlhllIlIlilIlIlIlIlIlIlIlIlIlIllJlIlIlIlIlIllllIllMhlIlIllIlIllllIlirJ 
»•'—  2  3  *^  5  6  7  8  9 

Sur  cette  graduation  rinlervalle  entre  les  points  î  et  lo  est 
do  ia5"*",  et  les  échelons  sont  de  0,02  de  i  à  2,  de  o,o5  de  2  à  5, 
oiiiin  de  0,1  de  5  à  10. 

Voici  au  surplus  comment  Tanalyse  de  cette  graduation  peut  être  faite 

conformément  au  procédé  qui  se  trouve  résumé  à  la  fin  du  n**  2. 

Prenons 

L=  liS""",         m  =  o"'",5. 

Le  module  est  donné  par 

/(log  10  —  log  1)  =125"", 

d'où 

Pour  déterminer  Oi  nous  avons  l'équation 

ia5[logi  —  logd  — 0]  =  0,5, 

d'où 

log(  1  —  0  =  —0,004  =  1 ,995 
et 

I  —  i=  0,988 

e  =  o,oJ2. 
Comparant  cette  quantité  aux  trois  suivantes 

0,02,        o,o5,        0,1, 

nous  voyons  qu'ici  il  faut  prendre 

6|  =  0,02 

et,  par  suite, 

Gj  =  o,o5, 

03  =  0,1. 


(')  La  première  échelle  logarithmique  semble  avoir  été  construite  par  Gunter 
(1581-1626).  Voir  notre  brochure  0.8,  p.  56. 


ÉQUATIONS    A   DEUX   VARIABLES.  Il 

Les  valeurs  ai,  a^,  a^  sont  alors  données  par  les  équations 

i25[logûri  — log(ai  — 0,02)]  =  o,5, 

i25[logaj —  log(a2—  o,o5)]  =  o,5, 

i25[loga3— log(a3--o,i   )]  =  o,3, 

ou 

log 1 =  log = — -  =  log =  o,oo4, 

°  ai  — 0,02  °aj— o,o5  "aj  — o,i 


ou  encore 


ou  enfin 


ai  a^  aj 

=  i,oi, 


ai  —  0,02       aj — 0,03       a^ — o,i 
ai  a?  aj         i ,oi 


=  lOI 


0,02           O,00          0,l 

0,OI 

nt  comme  il  a  été  dit, 

a,  -2, 

aj.  -  5, 

a3=-- 10. 

Un  autre  modèle  usuel  de  règle  à  calcul  (*)  porte  une  échelle 
logarithmique  pour  laquelle  Fintervalle  de  i  à  lo  (fractionné  en 
deux  tronçons  superposés  sur  la  règle)  a  une  longueur  de  i°*. 
Sur  cette  règle  l'échelon  est  de  0,002  de  i  à  2,  de  o,oo5  de  2  à  5, 
et  de  0,01  de  5  à  10. 

Il  est  essentiel  de  remarquer  que,  si  l'on  prolonge  l'échelle 
logarithmique  au  delà  de  10,  elle  se  reproduira  de  10  à  100  avec 
la  même  longueur  et  les  mêmes  intervalles,  mais  ceux-ci  corres- 
pondant à  des  échelons  dix  fois  plus  grands  ;  de  même  de  1 00  à 
1000  avec  des  échelons  encore  dix  fois  plus  grands,  et  ainsi  de 
suite.  En  d'autres  termes,  sur  l'échelle  de  i  à  10,  d'abord  con- 
struite, les  unités  peuvent  être  prises  comme  se  rapportant  à  un 
ordre  décimal  quelconque,  c'est-à-dire  que  le  degré  d'approxima- 
tion relatif  est  constant. 

La  justification  de  cette  remarque  résulte  de  ce  que 

/logCio^a)  =  l(n  -+-  loga), 

en  sorte  que,  de  io"~*  à  10'*  l'échelle  est  la  même  que  de  i  à  10. 

• 

(*)  Construit  par  la  maison  Tavernier-Gravet, à  Paris. 


12  CHAPITRE    I. 

11  suffit  seulement  de  supposer  rorigine  rejetée  à  la  distance  ni 
de  l'origine  primitive  dans  le  sens  négatif. 

3^  Échelle  segmentait  e.  —  Cette  échelle,  d'un  emploi  très 

fréquent  aussi,  est  celle  qui  correspond  à  la  fonction • 

Soient  A  et  B  les  points  de  cette  échelle  correspondant  àa  =  o 
et  a  =  00.  Si  M  est  le  point  correspondant  à  une  valeur  a  quel- 
conque, on  voit  immédiatement  que 

AM  _ 

MB  "''• 

Autrement  dit,  la  cote  de  chaque  point  fait  connaître  le  rapport 
des  segments  déterminés  sur  AB  par  ce  point;  d'où  le  nom 
A"* échelle  segmentaire. 

Si  nous  prenons  pour  la  longueur  de  l'échelle  entre  les  limites  o 
et  00  la  valeur  L=2oo°*™,  ce  qui  donne  pour  le  module  /=ioo™™, 
et  si  nous  adoptons  pour  minimum  de  l'intervalle  graphique 
m  =  i™™,  nous  voyons,  en  appliquant  le  procédé  indiqué  au  n**  S 
que  l'échelle  peut  être  constituée  {fig-  5)  (*)  au  moyen  des 
échelons  suivants  (^)  : 

De    o      à      o,5 o,oi 

o,5  I     o,02 

ï  4     0,1 

4  lo     0,5 

10  i5  I 

1 5  3o  5 

3o  5o  lo 

5o  100  5o 


(')  L'échelle  construite  avec  le  module  indiqué  ici  a  été  réduite  par  la  Pho- 
tographie pour  donner  \^fig.  5. 

(')  Ces  échelons  ont  été  déterminés  rigoureusement  par  la  condition  de  ne 
pas  descendre  au-dessous  du  minfmum  d'intervalle  graphique  qu'on  s'est  fixé. 
M.  Prévôt,  qui  a  une  grande  habitude  du  maniement  pratique  des  abaques,  estime 
qu'il  vaut  mieux  sacrifier  un  peu  cette  condition  pour  n'opérer  les  changements 
d'échelon  que  sur  des  nombres  constitués  par  des  puissances  de  lo  multipliées 
par  1,2  ou  5.  Par  exemple,  dans  le  cas  ci-dessus,  on  prendrait  : 

De     là      a o,o5 

2  5 f) ,  î 

5        10 o,5 

10  20 I 

2o        5o 5 

5o      1 00 I  o 


ÉQUATIONS   A   DEUX    VARIABLES.  l3 

On  voit  qu'ici  la  portion  de  l'échelle  correspondant      ^"'6-  5- 
à  la  variation  de  a  de  loo  à  oo  est  un  peu  inférieure  à 


i"*°», 


o.a 


:— o> 


-0.3 


-o,s 

-0.6 

0,-» 

-0.8 
0.9 
-    I 


Mais  si,  dans  une  application,  a  doit  varier  entre 
telles  limites  que  l'on  veut,  comprises  dans  cet  inter- 
valle, par  exemple  de  lOO  à  200,  on  n'aura  qu'à  con- 
struire entre  ces  limites  une  échelle  ayant  la  longueur 
convenable  pour  l'application  qu'on  aura  en  vue. 

Nous  jugeons  inutile  d'insister  davantage  sur  la  con- 
struction des  échelles  usuelles.  Ce  qui  précède  suffira, 
sans  doute,  à  montrer  la  voie  à  suivre  dans  des  cas 
analogues. 

6.  Echelles  dérivées.  Etalons  de  graduation,  — 
Lorsqu'on  possède  une  échelle  de  la  fonction  /(a),  il 
est  très  facile  de  construire  l'échelle  de  la  nouvelle 
fonction  obtenue  en  y  remplaçant  a  par  une  certaine 
fonction  de  a  et,  plus  particulièrement,  par/>a  +  5r, 
ce  qui  est  le  cas  le  plus  ordinaire. 

La  nouvelle  échelle  est  alors  dite  dérivée  de  la  pre- 
mière, et  celle-ci  prend  le  nom  à! étalon.  Les  échelles 
construites  précédemment,  si  on  les  envisage  à  ce  point 
de  vue,  seront  donc  appelées  :  étalon  régulier,  étalon 
logarithmique,  étalon  segmentaire. 

Supposons,  par  exemple,  qu'on  ait  à  construire  sur 
un  axe  l'échelle  de  laf  onction  log(/>a  -h  q).  On  part  de 
la  valeur  a  =  a  et  l'on  commence  à  construire  l'échelle 
avec  un  certain  échelon  8. 

Ayant  appliqué  l'étalon  logarithmique  le  long  de  l'axe 
à  graduer,  on  marque  d'abord  un  trait  en  face  du  point 
de  l'étalon  dont  la  cote  est  pa  -h  gr,  puis,  à  partir  de 
là,  d'autres  traits  en  face  des  points  de  cet  étalon  pris 
de/?8  en/?0.  Comme,  en  général,  />8  a  une  valeur  simple 
telle  que  0,1,  0,2,  o,5,  cette  opération  se  fait  très  ra- 
pidement. Elle  n'est,  en  tout  cas,  pas  plus  compliquée 
que  celle  qui  consiste  à  porter  sur  un  axe  la  gradua- 
tion /?a  -h  y  au  moyen  de  l'étalon  régulier. 

On  pourra  même  énoncer  cette  opération  en  disant  tout  sim- 


10 

15 
10 


l4  CHAPITRE   1. 

plement  que  Von  porte  la  graduation  poL-\-q  au  moyen  d'un 
étalon  logarithmique. 

Tout  dessinateur  devant  aujourd'hui  avoir  sous  la  main  un 
étalon  logarithmique  (graduation  de  la  règle  à  calcul)  aussi  bien 
qu'un  étalon  régulier  (graduation  du  double-décimètre),  on  voit 
qu'aw  point  de  vue  de  la  simplicité  de  la  construction  il  sera 
indifférent  d'adopter  une  solution  comportant  le  tracé  de 
l'échelle  soit  de /(ol),  soit  de  log/(a).  On  trouvera  dans  la  suite 
de  l'Ouvrage  de  nombreuses  occasions  d'appliquer  cette  remarque, 
l'emploi  des  échelles  logarithmiques  y  étant  très  fréquent. 

7.  Echelles  transformées.  Echelle  linéaire  générale.  —  On 
peut  également  déduire  d'une  échelle  donnée  d'autres  échelles 
par  application  de  transformations  géométriques  simples  ^  les 
nouvelles  échelles  ainsi  obtenues  sont  alors  dites  transformées 
de  la  première. 

L'exemple  le  plus  simple  qui  puisse  être  donné  d'une  telle, 
transformation  est  celui  de  l'échelle  linéaire  la  plus  générale  (*), 
qui  se  déduit  homographiquement  d'une  échelle  régulière. 

Une  telle  échelle  est  définie  par  l'équation 

ma  -h  n  ^ 

X  = 1  avec         0  =  ma  —  np  ^  o. 

poL-hq  ^         ^ 

Si,  sur  le  support  A' A  de  l'échelle,  nous  reportons  l'origine  au 

Fig.  6. 


point  A'  ^fig.  6)  correspondant  à  la  valeur  a'  de  la  variable,  l'équa- 


(')  Il  est  essentiel  de  remarquer  que  le  terme  de  linéaire^  ici  défini,  ne  doit 
pas  être  confondu  avec  celui  de  rectiligne,  qui  désigne  les  échelles  dont  le  sup- 
port est  une  ligne  droite,  quelle  que  soit  leur  graduation. 


ÉQUATIONS   A   DEUX   VARIABLES.  l5 

lion  qui  définit  l'échelle  devient 

o(a  — a') 

A  —   — ; Y  • 

/?  a-f-  q' 

Par  le  point  A'  menons  un  axe  A'B  de  direction  quelconque, 
sur  lequel  nous  porterons  une  échelle  régulière  d^ intervalle 
également  quelconque,  mais  telle  que  son  point  cfJ  coïncide 
avec  le  point  A'.  Cette  échelle  sera  des  lors  définie  par  une 
équation  de  la  forme 

La  droite  joignant  les  points  A  et  B,  cotés  a  sur  Tune  et  l'autre 
échelles,  a  pour  équation,  par  rapport  aux  axes  A' A  et  A'B, 

o(a-a')  A-(a  — a') 

ou 

k{p'a  -+-  q')\  -u  rj\  =  X-8ra  —  a'). 

Cette  équation  renfermant  le  paramètre  a  au  premier  degré,  la 
droite  AB  passe  par  un  point  fixe  P,  qui  sera  dit  le  centre  de 
rayonnement. 

Pour  construire  ce  centre,  il  suffit  de  prendre  les  couples  de 
points  A"  et  B'',  A'''  et  B'"  correspondant  à  deux  valeurs  quel- 
conques a!'  et  a"'  du  paramètre,  et  de  prendre  l'intersection  des 
droites  A'B'' et  A''' B'''. 

L'échelle  régulière  portée  sur  A'B,  projetée  à  partir  du 
centre  P,  donne  sur  Pi! K  C échelle  linéaire  demandée, 

"  Remarque,  —  Si  Ao  et  A„  sont  les  points  cotés  o  et  oo,  on  a, 
pour  les  abscisses  de  ces  points, 


n  m 

Xq  ■=    —  9  Xn  =    —  • 

7  P 


Donc 


■s 


_  _  mai  -^  n         n  oa 

/\()    i\        ^^       X  —^     Xy)     


pcc-h^cj  q         q(p^^g) 


P         P^-^  q         p(poL-^  q) 

OU,  par  suite, 

AqA   _p 

AAoe  ~  q 


l6  CHAPITRE    I. 

Cette  dernière  égalité  montre  que,  lorsqu'on  a  marqué  les 
points  Ao  et  A„,  l'échelle  linéaire  peut  être  obtenue  comme 
dérivée;  d'un  étalon  segmentaire  de  même  longueur  (n°  o,  3**,  et 
n»6). 

8.  Echelles  iso grades.  —  Nous  avons  supposé  jusquMci  que 
pjg  ^  l'échelle  était  construite  pour  des  valeurs  de  la  va- 
riable croissant  par  échelons  égaux.  Cela  conduit, 
pour  toute  échelle  autre  qu'une  échelle  régulière , 
à  des  points  irrégulièrement  espacés  sur  la  droite 
servant  de  support.  Rien  n'empêche,  si  l'on  préfère 
avoir  des  points  régulièrement  espacés,  de  satisfaire 
à  cette  condition  en  sacrifiant  alors  l'égalité  des  éche- 
lons. On  obtient  ainsi  ce  que  nous  appelons  une  échelle 


p-  1.00 

-  1.0* 

-  1.09 

-  I.1S 
1.21 

1.26 

_      1.32 

-  1.38 
l.«»5 
1.52 

1.58 

-  1.66 

-  '•'"       isosrade, 

-  1.82 

-  I  f  1 
_  2.00 

-  2.09 
.     2.19 

-  2.29 
_     2>0 

2.52 

-  2.6'» 
_     2.76 

-  2.89 

_3..6  7=/(GCi)-/(a)=/(aO-/(«i)=/(a3)-/(»î)=.... 

3.33  e 

'3.1^7 

3.63 

3.81        La  détermination  de  ai,  a2,  as,  ...  se  fera  très  aisément 
3.99 


Le  principe  de  la  construction  d'une  telle  échelle  est 
bien  simple.  Partant  de  la  valeur  «,  et  s'étant  donné, 
en  outre  du  module  /,  Tlntervalle  constant  /  entre  les 
points  de  division  successifs,  on  détermine  les  cotes 
ai,  a2,  as,  ...   de  ces  points  par  les  équations 


1, 17  si  l'on  possède  une  Table  de  la  fonction /"(a).  On  n'aura 
qu'à  relever  les  valeurs  de  l'argument  correspondant  à 
des  valeurs  de  la  fonction  croissant  en  progression 
arithmétique. 

\udifig,  'j  donne  l'échelle  Içgarithmique  isograde  con- 


*^.37 
•».58 
V.79 
_  5.02 

-  5.25 
_     5.50 

-  5.76 
f-     6.03  •  1  »  /  ^  •  •• 

_6,3i        struite  de  o  a  10  avec  1=^  i25'""*,  i=z  2'"",o. 

6.61 
_     6.92 

-  7.25 

-  7.59 

-  7.95 

-  8,32 
_     8,71 

-  9,12 
-'   9.55 

_10 


Le  défaut  d'une  telle  disposition  est  d'exiger  une 
chiffraison  complète,  au  lieu  que,  avec  les  échelles  nor- 
males, comme  nous  l'avons  indiqué  dans  la  remarque 
finale  du  n**  2,  on  peut  n'inscrire  des  chiffres  que  de 
loin  en  loin,  comme  sur  un  double-décimètre.  Nous  en 
signalerons  plus  loin  un  avantage  (n°  29,  2°). 


ÉQUATIONS   A   DEUX  VARIABLES.  17 

II.  —  Abaques  d'équations  à  deux  variables. 

9.  Abaques  à  échelles  accolées,  —  Prenons  d'abord  l'équalion 
à  représenter  sous  la  forme 

«t  =  /i  («1  ), 

qui  est  très  fréquente  dans  la  pratique. 

Supposons  construites,  de  part  et  d'autre  d'un  même  axe  et  à 
partir  de  la  môme  origine,  les  échelles 

x  =  lat        et        iF  =  //i(aci). 

Dès  lors,  deux  valeurs  de  ai  et  de  a2,  se  correspondant  en  vertu 
de  l'équation  précédente,  seront  inscrites  en  face  d'un  même 
point  de  l'axe  supportant  les  deux  échelles.  Il  suffira  donc,  étant 
donnée  l'une  d'elles,  ai  par  exemple,  de  lire  la  valeur  de  aj  cor- 
respondanty  sur  la  seconde  échelle,  au  point  coté  (i\  sur  la 
première. 

Si  (i\  a  pour  limites  ax  et  6|,  on  construira  l'échelle  (a,  )  entre 
ces  limites  et  l'échelle  (a2)  entre  les  valeurs  correspondantes  a^ 
et  &29  données  par 

Exemples  : 

!•  Abaque  du  nombre  probable  des  écarts,  —  Si  la  fonction  S{t)  est 
.   définie  par  l'égalité  (*) 


0(0 


=  -^   f'e-rdt, 


on  sait  que  le  nombre  probable  N,  sur  1000,  des  écarts  inférieurs,  en 
valeur  absolue,  à  celui  dont  le  rapport  à  l'écart  probable  est  p,  est  donné 
par 

N=  1000  e(p). 

Preuant  comme  module  /  =  o"'",i3,  on  aura  l'abaque  de  cette  équation 
en  construisant  sur  un  même  axe  les  deux  échelles 

a7=o°"»,i3N        et        ar  —  1  So"^"*  e( p ). 


(»)  On  possède  les  Tables  de  cette  fonction.  Voir  notamment  le  Calcul  des 
probabilités  de  M.  J.  Bertrand,  p.  839. 

M.  D'O.  2 


i8 


CHAPITRE    I. 


On  obtient  ainsi  Ufig,  8,  empruntée  au  TraUé  de  nwellement  de  haute 
précision,  de  M.  Lallemand  (i). 


Fig.  8. 


Si 


3X> 


2.0 


N 

.1000 


1.5- 


MO 


800 


1.0 


700 


0.5 


600 


SOO 


%00 


4-.  300 


tl 


MO 


100 


(*)  Page  227  du  tirage  à  part  de  cet  Ouvrage,  extrait  du  Volume  :  Lever  des 
plans  et  nivellement  de  Y  Encyclopédie  des  Travaux  publics  (1889),  c'  P^gc  5^5 
de  ce  Volume. 


ÉQUATIONS   A   DEUX    VARIABLES. 


«9 


>.**  Abaque  de  la  dépression  de  l'horizon,  —  La  formule  qui  fait 
connaître,  en  minutes,  la  dépression  8  de  l'horizon  de  la  mer  en  fonction 
de  l'altitude  h,  en  mètres,  de  l'œil  de  l'observateur  au-dessus  du  niveau 
de  la  mer,  lorsqu'on  tient  compte  de  la  réfraction,  est 

0  =  1,8385 /Â. 

Si,  prenant  pour  module  /  =  8"°*,  on  construit  sur  le  même  axe  les 
deux  échelles 

X  =  8""»  0 


et 


x=  14™°,  708 /A, 


on  obtient  la  yî^.  9,  empruntée  au  Mémoire  de  M.  Favé  sur  les  Éphémé- 
rides  graphiques  (*). 

F«8-  9- 


W?       JS"      30"        2S 


20' 


15? 


(7t) 
10'!' 


l|ii|IV|Vi'[W|'ikyiiwi'|il|\i|^J^ 


5»    i^m     3»      2**  1' 

Mil.  Il  ' 


12* 


ir 


10' 


9' 


8' 


I  ifriifiiririii 


7' 


6' 

(3) 


S'  %•  3' 


rm 


rr 


r 


0- 


Les  calculs  nautiques  s'effectuant  encore  à  Taide  de  la  division  sexa- 
gésimale du  cercle,  l'intervalle  correspondant  à  chaque  minute  d'angle  a 
été  divisé  en  six  parties  égales,  de  sorte  que  l'échelle  de  la  dépression  est 
divisée  de  10  en  10  secondes.  D'après  ce  que  nous  avons  dit  à  propos  de 
rinterpolation  à  vue  (n°  4),  un  bon  lecteur  obtiendra  donc  sur  cette 
échelle  la  dépression  à  i  seconde  près. 

Par  exemple,  pour  h  =  15°,  on  lit  0  =  7' 7'. 

Remarque.  —  Nous  avons  supposé  les  deux  échelles  portées 
sur  le  même  axe,  mais  nous  pouvons  tout  aussi  bien  les  supposer 
portées  sur  deux  axes  parallèles,  les  points  se  correspondant  de 
l'un  à  l'autre  sur  des  perpendiculaires  à  leur  direction  commune, 
qu'on  pourra  mener  par  les  points  de  division  de  l'une  des  deux 
échelles,  (a2)  par  exemple. 

10.  Inversion  des  échelles,  —  Reprenant  l'équation 

»2=/l(Xl), 


(')  Annales  hydrographiques;  1894. 


20  CHAPITRE  1. 

supposons  qu'on  la  résolve  par  rapport  à  a|.  Elle  devient  alors 

«i=/i(«î)- 
Les  fonctions /i  et/2  sont  dites  inverses  l'une  de  l'autre. 


Fig.  10. 

P  N 

* M3 


oi. 


9C3 


800 


700 


MO 


SOO 


MK> 


300 


200 


100 


On  pourrai I  construire  l'abaque  de  l'équation  mise  sous  cetle 


ÉQUATIONS   A   DEUX   VARIABLES.  21 

nouvelle  forme  ainsi  qu'on  l'a  fait  précédemment,  mais  si  le  pre- 
mier abaque  a  déjà  été  construit,  l'établissement  du  second  est 
immédiat.  Il  suffit,  en  effet,  après  avoir  disposé  le  long  d'un  axe 
une  échelle  régulière  pour  ai ,  d'inscrire  de  l'autre  côté  de  l'axe 
les  valeurs  correspondantes  deaa,  relevées  sur  le  premier  abaque. 

Les  échelles  qui  accompagnent  l'échelle  régulière  sur  l'un  et  sur 
l'autre  abaque  sont  dites,  comme  les  fonctions  correspondantes, 
inverses  l'une  de  l'autre. 

Par  exemple,  si  l'on  opère  l'inversion  de  l'échelle  de  l'abaque  de 
\dLjig.  8  on  obtient  l'abaque  de  \^fig,  lo,  qui  se  rencontre  dans 
le  Cours  d^ Artillerie  du  commandant  Jouffret  (*  ). 

11.  Abaques  à  deux  échelles  irrégulières.  Échelles  loga- 
rithmiques, —  L'équation  entre  ct.^  et  a2  peut  encore  être  mise 
sous  la  forme 

/i(ai)=/î(«»)» 

soit  qu'on  ne  puisse,  par  les  procédés  de  l'Algèbre  élémentaire, 
dégager  du  signe  fonctionnel  ni  ai  ni  a2,  soit  qu'on  ait  intérêt  à 
adopter  pour  l'une  des  variables  une  échelle  spéciale.  Il  arrivera 
notamment  que,  en  vue  d'avoir  pour  l'une  des  variables  une 
approximation  relative  constante,  on  la  représentera  par  une 
échelle  logarithmique. 

La  construction  de  l'abaque  dans  cette  hypothèse  est  tout  aussi 
simple.  II  suffît  de  placer,  de  part  et  d'autre  d'un  même  axe,  les 
échelles  définies  par 

x=//i(a,)        et        x  =  lft{0Lt). 

Voici,  à  litre  d'exemple,  l'abaque  de  l'équation 

tangai  =  sinaj, 

dressé  par  M.  Lallemand  avec  /=  o",  i  [fig-  1 1). 


(*)  Cours  d* Artillerie  :  Les  Projectiles^  p.  ii8.  (Fontainebleau,  i88i.)  Le 
commandant  JoufTret  considérant  non  pas  la  valeur  absolue  des  écarts,  mais  ces 
écarts  eux-mêmes  pris  avec  leur  signe,  l'échelle  se  reproduit  symétriquement  de 
part  et  d'autre  du  zéro,  les  cotes  de  l'échelle  du  nombre  probable  des  coups  étant 
diminuées  de  moitié. 


22  CHAPITRE   I. 

Si.  Inéquation  étant  mise  sous  la  forme 

(I)  ai=/»(aj), 

on  adopte  pour  la  variable  ai  réchelle 

(•2)  ^  =  9i(ai), 

l'échelle  de  la  variable  a^  s'obtiendra  par  l'élimination  de  a^  entre 

Fig.  II. 


\b?. 


k09. 


»« 


.  ♦> 

•S 

c 

4 
»- 


20». 


10« 


-60« 


.scr 


.M)« 


.30* 


3 
C 


.20« 


10* 


-0< 


équations  (1)  et  (2),  ce  qui  donnera 

Si  l'élimination  peut  se  faire  sous  cette  forme  explicite,  on  est 
ramené  au  cas  précédent.  Sinon,  après  avoir  construit  réchelle 
(tti),  on  calcule  les  valeurs  de  ai  qui,  en  vertu  de  l'équation  (i), 


ÉQUATIONS   A   DEUX   VARIABLES.  23 

correspondent  à  un  certain  nombre  de  valeurs  de  a,  et,  en  face 
des  points  ainsi  obtenus  sur  Téchelle  (ai),  on  inscrit  ces  valeurs 
de  a2.  On  obtient  de  cette  façon  Péchelie  (a2)  sans  avoir  eu  à 
efiectuer  l'élimination  algébrique  destinée  à  faire  connaître  l'équa- 
tion (3). 

Exemple  :  Abaque  auxiliaire  pour  le  calcul  de  V erreur  probable 
d'une  nivelée,  —  Dans  la  détermination  de  l'erreur  accidentelle  probable 
d'une  nivelée  par  diagrammes  anamorphoses,  l'abscisse  X  et  l'ordonnée  Y, 
à  Torigine,  de  la  droite  de  répartition  sont  données,  en  décimillimètres, 
par  les  formules 

(I)  X  =  6,447^/2,823  — lOgYJ, 

(2)  Y  =  — , 

en  fonction  de  l'erreur  probable  7;,  qui  est  représentée  par  une  échelle 
logarithmique. 

L'abaque  de  l'équation  (2)  se  construit  immédiatement,  /  étant  le 
module,  au  moyen  des  formules 

a7  =  /log7),        a?  = /(log665  —  logY). 

En  prenant  /  =  1 1*™,  on  obtient  ainsi  l'échelle  de  gauche  de  la  Jlg.  12  (*). 
Pour  construire  directement  l'échelle  (X)  de  l'équation  (i),  il  faudrait, 
après  avoir  éliminé  t)  entre  cette  équation  et  l'équation 

x=  /logT), 
ce  qui  donne 


X  / 

X 


X  =  6,44  X  10'  i  /  2,823  —  y 


> 


tirer  de  là  x  sous  forme  explicite,  ce  qui  ne  se  peut  pas.  On  est  donc 
obligé  de  procéder  comme  il  vient  d'être  dit,  c'est-à-dire  de  calculer  les 
valeurs  de  X  pour  un  certain  nombre  de  valeurs  de  t]  et  de  marquer  les 
points  correspondants  en  se  servant  de  l'échelle  de  r^.  On  obtient  ainsi 
Téchelle  de  droite  de  la^ï^.  12. 

Remarque,  —  Nous  avons  supposé  jusqu'ici  que  les  échelles 
étaient  toujours  construites  sur  des  droites.  C'est  en  effet  ce  qu'il 
j  a  de  plus  simple;  mais  rien,  le  cas  échéant,  ne  s'opposerait  à 


(')  Cette  figure  reproduit  \a  fig.  77  du  Traité  de  nivellement  de  haute  préci- 
sion de  M.  Lallemand. 


H^  CHAPITRE   r. 

ce  qu'elles  fussent  disposées  le  long  d'une  courbe,  si,  par  exemple,  ' 
les  valeurs  de  l'une  des  variables  provenaient  d'un  premier 
abaque  où  celte  variable  serait  nécessairement  représentée  par 
des  points  cotés  distribués  sur  une  certaine  courbe. 


Kic  ; 


12.  Abaques  cartésiens  à  deux  variables.  —  On  peut  affecter 
à  chacune  des  deux  variables  une  échelle  régulière  en  établîssaiit 
le  lien  entre  points  correspondants  par  l'intermédiaire  d'une 
courbe. 

Imaginons  que  l'on  porte  sur  deux  axes  rectangulaires  Oa:  et  O^ 
les  échelles 

et  que,  par  les  points  de  division  marqués  sur  chacun  de  ces  axes, 
on  leur  élève  des  perpendiculaires. 

Si  les  valeurs  ai  et  k,  satisfont  ensemble  à  l'équation 


<>) 


¥(«,,"*)  = 


les  perpendiculaires  élevées  aux  axes  correspondants  parles  points 
cotés  a,  et  aa  se  coupent  en  un  certain  point.  Les  points  répon- 
dant ainsi  aux  divers  couples  de  valeurs  a.,  et  oc,  satisfaisant  à 


Aquitions  a  deux  variables. 
l'équation  (i)  sont  distribués  sur  une  certaine  courbe  C  qui 
port<!e  aux  axes  Ox  et  Oy,  a  pour  équation 


Kr^)-°- 


Les  divers  points  de  la  courbe  C,  déterminés  individuellement, 
sont  facilement  marqués  sur  le  plan  grâce  au  quadrillage  ci-dessus 
défini,  et  l'on  voit  que  la  courbe  C  obtenue  en  joignant  tous  ces 
points  suffit  à  constituer  un  abaque  de  l'équation  (i).  Un  tel 
abaque  dérivant  de  l'emploi  des  coordonnées  cartésiennes  sera  dit 
cartésien . 

Fig.  i3. 


<N). 


900 

1 

il 

i 

i 

tz 

^^ 

tz 
:  = 

i: 

:[ 

v\ 

::::::::: 

; 

;: 

1 

MO- 

ma- 

3 

T 

ix 
ï 

ï::::: 

1 

5 

S 

1 
'Au. 

s 

±^ 

- 

:±. 

1 

=h 

H 

(f) 


Si  l'on  se  donne  l'une  des  variables,  a,  par  exemple,  il  suffit  de 
prendre  le  point  où  la  courbe  C  est  rencontrée  par  la  perpendi- 
culaire à  Ox  passant  par  le  point  de  cet  axe  coté  a,  et  de  lire  la 
cote  scg  du  pied  de  la  perpendiculaire  abaissée  de  ce  point  sur  O^-. 


26  CHAPITRE   I. 

Il  ne  sera  d'ailleurs  pas  nécessaire  de  tracer  ces  perpendiculaires. 
Si,  par  hasard,  elles  coïncident  avec  deux  des  droites  du  quadril- 
lage, cela  va  de  soi.  S'il  n'en  est  pas  ainsi,  on  peut,  par  la  pensée, 
les  intercaler  entre  celles-ci,  effectuant  de  la  sorte  sur  le  quadril- 
lage une  interpolation  à  vue,  analogue  à  celle  dont  nous  avons  déjà 
parlé  (n"  4)  à  propos  des  simples  échelles. 

Voifig,  i3  donne  un  abaque  de  ce  genre  pour  l'équation 

N  =  loooe(p) 

déjà  envisagée  au  n°  9,  construit  avec  les  modules  /,  rr:  i  <=™  pour  Oa% 
/j  =  o*^™,  oo4  pour  Oy . 

Remarque,  —  Si  la  variable  ai  a  pour  limites  les  valeurs  a  s 
et  6|,  il  n'y  a  lieu  de  tracer  la  courbe  C  qu'entre  les  perpendicu- 
laires à  Ox  correspondant  aux  points  x:=zlya^  et.r=  /i^i.  Les 
perpendiculaires  abaissées  sur  Oy  des  extrémités  de  cet  arc  de 
courbe  déterminent  les  limites  correspondantes  «2  et  b^  de  la 
variable  a2. 

13.  Emploi  d^ un  transparent,  —  Pour  éviter  à  la  fois  le  tracé 
d'un  système  de  droites  parallèles  et  la  nécessité  d'effectuer,  le 
cas  échéant,  une  interpolation  à  vue  entre  ces  droites,  il  est  tout 
naturel  d'avoir  recours  à  une  droite  tracée  sur  un  transparent  mo- 
bile mais  convenablement  orienté,  qu'on  fera  glisser  sur  l'abaque. 

Selon  le  cas,  on  se  servira  de  cet  artifice  pour  l'un  des  deux  ou 
pour  les  deux  systèmes  de  droites  parallèles  constituant  le  qua- 
drillage défini  au  numéro  précédent. 

Dans  les  deux  cas,  le  transparent  portera  deux  axes  rectangu- 
laires qui  seront  dits  ses  index.  Si  l'on  fait  glisser  l'un  d'eux  le 
long  de  l'axe  Ox  de  l'abaque,  les  diverses  positions  de  l'autre 
suppléeront  aux  perpendiculaires  à  cet  axe  non  tracées.  On  en 
trouvera  un  exemple  plus  loin  (n"23;  3*^). 

Si,  en  maintenant  ses  index  respectivement  parallèles  aux  axes 
de  l'abaque,  on  déplace  le  transparent  de  façon  que  son  centre 
(point  de  rencontre  des  index)  reste  sur  la  courbe  C  de  l'abaque, 
on  voit  que,  pour  chacune  de  ses  positions,  les  cotes  des  points 
où  les  index  couperont  les  échelles  des  axes  fourniront  un  système 
de  valeurs  correspondantes. 


ÉQUATIONS   A   DEUX   VARIABLES.  27 

Pour  maintenir  l'orientation  du  transparent,  on  peut  tracer  sur 
l'abaque  une  série  de  parallèles  à  la  direction  de  Tun  des  axes, 
laissant  entre  elles  des  intervalles  égaux  assez  petits,  5"™  par 
exemple.  L'index  du  transparent  parallèle  à  l'axe  considéré  tom- 
bera entre  deux  de  ces  parallèles,  et  l'on  sait  que  l'œil  apprécie 
très  exactement  le  parallélisme  de  deux  droites  peu  écartées  l'une 

de  l'autre. 

Fig.  i4. 

Y 

"  |1. 


O^M  I  I  I  I  I  I  I  I  I  I  I  j  I  I  I  I  I   I  I  I  I  I  I  I  I  I  I  I  I  I  I  I   I  I  I  I  M  IX 
à  1  !  2  3  i 

(?) 


On  peut  aussi  constituer  le  transparent  au  moyen  d'une  ma- 
tière rigide  et  mince  (verre,  corne,  celluloïd,  etc.)  ayant  deux 
bords  rigoureusement  parallèles  aux  deux  index.  Dans  ce  cas, 
après  avoir  mis  l'index  I2  en  coïncidence  avec  O^,  de  façon  que 
le  centre  du  transparent  se  trouve  au  point  coté  a,,  on  applique 
une  règle  contre  le  bord  du  transparent  parallèle  à  I|  et  l'on  fait 
glisser  ce  transparent  le  long  de  cette  règle  jusqu'à  ce  que  son 
centre  soit  venu  sur  la  courbe  C.  L'index  I2  rencontre  alors 
l'axe  Ojr  en  un  point  dont  la  cote  fait  connaître  ol^- 


28 


CHAPITRE   I. 


hdi  Jlg.  i4  reproduit  Tabaque  précédent,  modifié  comme  il 
vient  d^étre  dit.  La  position  du  transparent,  correspondant  à 
l'exemple  numérique  p  =  i ,  3,  N  =  620,  est  indiquée  en  pointillé. 

14.  Emploi  d'une  échelle  mobile,  —  Supposons  que,  dans 
le  mouvement  qui  vient  d'être  décrit,  le  transparent  entraîne 
Taxe  Ox,  On  voit  alors  que  l'on  devra  l'arrêter  dans  une  position 
telle  que  le  point 'de  l'axe  Ox  coté  ai  se  trouve  sur  la  courbe  C 
Cela  suggère  l'idée  de  cette  autre  disposition  de  l'abaque  : 

On  ne  laisse  subsister  sur  le  tableau  que  l'axe  O^,  avec  sa  gra- 
duation, et  la  courbe  C,  et  on  le  complète  par  un  transparent  por- 
tant deux  axes,  l'un  O'y',  non  gradué,  destiné  à  diriger  les  mou- 
vements du  transparent  en  glissant  le  long  de  Oy,  l'autre,  O'x', 
perpendiculaire  au  premier,  portant  la  graduation  (ai)  précédem- 
ment marquée  sur  O^. 

Fig.  i5. 

Y 


1000 


900-- 


'    '    I    '    '    M    Ix' 


(N)  600 -JJ- 


Le  mode  d'emploi  de  l'abaque  est  alors  le  suivant  : 

On  fait  glisser  le  transparent  en  maintenant  O'y  en  coin- 


ÉQUATIONS   A   DBDI   1 

cidence  avec  Oy  jusqu'à  ce  que  le  point  a,  de  l'axe  O'x'  se 


trouve  sur  la  courbe  C.  La  cote  du  point  de  Oy  avec  lequel 
coïncide  O'  est  alors  égale  à  a,. 


(N) 


■oo- 

E 

= 

= 

i 

= 

E 

= 

^ 

S 

= 

3 

i 

? 

2 

^ 

2 

i 

300 

= 

7- 

1 

2 

1 

^ 

z 

1 

? 

1 

r 

; 

ï 

: 
1 

T 

II 

: 

oj 

zi 

^ 

=d 

=i 

— 

-J 

d 

zi. 

zd 

^ 

=; 

- 

-J 

J 

-j 

- 

- 

::::!: 

14- 

(f) 

Onpoarrait  évidemment  rendre  mobile  l'axe  O^aii  lieu  de  Ox. 
\Afig.  13  montre  ce  que  devient,  avec  cette  nouvelle  disposi- 


3o  CRAPITHB  t. 

lion,  l'abaque  de  X^fig.  i4-  H  ne  f^ul  pas  perdre  de  vue,  en  exa- 
minant celle  figure,  que  l'axe  O'x'  est  lié  à  un  axe  O'y  qu'on 
peut  faire  glisser  le  long  de  Oy. 

i5.  Anamorphose.  —  Nous  avons  supposé  les  variables  «i  et 
aj  représentées   respectivement    sur  les   axes  Ox    et   O^  par 


des  échelles  régulières.  C'est  évidemment  ce  qui  est  le  plus 
simple;  mais  on  peut,  dans  certains  cas  particuliers,  être  amené 
à  adopter  d'autres  échelles.  Il  n'y  aurait  alors  rien  à  changer  à  ce 
qui  précède  ;  on  aurait  encore  recours  à  la  courbe  lieu  du  point  de 
rencontre  des  perpendiculaires  aux  axes  Ox  et  Oy-,  élevées  par 


ÉQUATIONS   A    DEUX   VARIABLES.  3l 

les  points  cotés  ai  et  7.2',  seulement  cette  courbe  ne  serait  pas  la 
même  que  dans  le  cas  précédent. 

On  peut,  en  particulier,  toujours  substituer  une  droite  à  la 
courbe  qui  serait  construite  au  moyen  de  deux  échelles  régulières, 
en  transformant  convenablement  une  de  ces  échelles. 

Soit,  par  exemple  (Jlg'  16),  OP  la  courbe  obtenue  avec  des 
échelles  régulières  portées  sur  Ox  et  Oy,  Les  points  A|  et 
A2  respectivement  cotés  ai  et  a2  correspondent  au  point  M  de  la 
courbe  OP.  Pour  substituer  à  la  courbe  OMP  la  droite  OM'P, 
choisie  d'ailleurs  au  hasard,  il  suffit  de  modifier  l'échelle  portée 
sur  O^  en  plaçant  la  cote  ai,  d'abord  inscrite  à  côté  du  point  A|, 
à  côté  du  point  A,  obtenu  en  prolongeant  la  perpendiculaire  A2M 
à  O^  jusqu'en  son  point  de  rencontre  M'  avec  la  droite  OP  et 
abaissant  du  point  P  la  perpendiculaire  M'A',  sur  Ox. 

Celte  transformation,  qui  substitue  la  droite  OM'P  à  la  courbe 
OMP-  est  ce  que  Lalanne  a  api)elé  une  anamorphose  géomé- 
irique,  ainsi  qu'on  le  verra  plus  loin  (n**  24). 

Appliquée  à  l'abaque  de  lajig.  i3  l'anamorphose  donne  celui 
dela/^.  17. 

Voici  un  autre  exemple  emprunté  à  la  Pratique  du  calcul  des 
planchers  du  capitaine  du  Génie  Grisou  (*)  : 

Cet  abaque,  reproduit  par  là /ig,  18,  fait  connaître  la  valeur 
de 

q  =  p^ 

en  fonction  de  celle  de  p^  pour  p  variant  de  5oo  à  2000. 


(')  Brochure  autographiée  à  l'École  du  Génie  de  Grenoble  (1891).  L'abaque  du 
capitaine  Grison  s'étend  en  réalité  de  /?  =  5u  à  /?  =  2000. 


3a  CHAPITRE   II. 


CHAPITRE  IL 

ÉQUATIONS  A  TROIS  VARIABLES.  ABAQUES 

A  ENTRECROISEMENT. 


I.  —  Abaques  cartésiens.  Anamorphose. 

16.  Abaques  cartésiens  à  trois  variables.  —  Soit  à  construire 
un  diagramme  coté  pour  l'équation 

(i)  F(a,,a,,a3)=o. 

L'idée  qui  se  présente  tout  d'abord  à  l'esprit  est  celle-ci  ;  don- 
nons à  l'une  des  variables,  de  préférence  à  celle  qui  sera  le  plus 
généralement  calculée  en  fonction  des  deux  autres  (*),  ai,  par 
exemple^  une  valeur  déterminée.  Nous  aurons  alors  une  équation 
entre  les  deux  variables  a^  et  a2  que  nous  pourrons  représenter, 
ainsi  que  cela  a  été  indiqué  au  n^'  12,  au  moyeu  d'une  courbe 
tracée  sur  le  quadrillage  défini  par  les  équations 

(ai)  ar^/ja,, 

/i  et  I2  étant  des  modules  choisis  en  vue  de  la  meilleure  disposi- 
tion. 

L'équation  de  cette  courbe  sera 


(  '  )  Bien  qu'un  abaque  à  irois  variables  permette,  en  général,  indifTéremment 
le  calcul  d'une  des  variables  en  fonction  des  deux  autres,  il  convient,  principale- 
ment pour  la  limitation  du  diagramme,  de  distinguer  celles  que  l'on  a  le  plus 
habituellement  à  considérer  comme  indépendantes.  Dans  la  pratique  ce  choix  n*est 
pas  douteux,  attendu  que,  dans  la  plupart  des  formules  représentées,  c'est  toujours 
la  même  variable  qui  est  prise  pour  inconnue. 


fiQDATIORS  A  TROIS   VAUABLES.    ABAQDES  A   ENTBECBOISKnEKT.  33 

Cette  courbe  le  long  de  laquelle  l'élément  ccj  conserve  une 
même  valeur  a  été  dite  par  Lalanoe  une  courbe  d'égal  clément, 
puis  par  l'auteur  allemand  Vogler  une  courbe  isoplèlhe  (Ï30<;, 
égal;  raTktjOsç,  quantité).  Ce  dernier  terme  a  été  depuis  lors  adopté 
par  Lalanne.  Nous  dirons  tout  simplement  une  courbe  cotée. 

CoDstruisons  de  même  les  courbes  répondant  à  une  série  de  va- 
leurs de  ïj,  croissant  par  échelons  réguliers,  en  aj'ant  soin  d'i'n- 
scrire  à  côté  de  chacune  d'elles  la  valeur  de  «g  correspondante. 

Remarquons  d'ailleurs  qu'il  sufGra  de  tracer  la  portion  de 
chaque  courbe  comprise  à  l'intérieur  du  rectangle  formé  par  les 
perpendiculaires  élevées  respectivement  à  Ox  et  à  Oy  par  les  points 
correspondant  aux  valeurs  limites  ai  et  6,  de  ce,,  fc-,  et  i,  de  «j, 
qui  sont  des  données  de  la  question,  puisque  nous  avons  supposé 
que  et,  et  0.3  étaient  les  variables  indépendantes. 

Nous  obtenons  donc,  à  l'intérieur  d'un  rectangle  quadrillé 
(_fig-  19)1  un  s;ystème  de  courbes  cotées  qui  nous  fournît  la  re- 

Fig.  19. 


présentation  demandée  dans  les  limites  admises  pour  tes  variables 
indépendantes.  Ce  rectangle  quadrillé  figurant  une  sorte  de  damier 
(en  grec,  Sia^),  on  a  donné  à  ce  genre  de  diagrammes  le  nom 
d'abaques  qui,  par  voie  d'extension,  a  fini  par  désigner  toute 
espèce  de  diagramme  coté. 

Faisant  une  fois  pour  toutes  la  convention  de  désigner  par  les 

termes  d'horizontale  et  de  verticale  les  parallèles  respectives  à 

Ox  et  à  O^,  nous  pourrons  énoncer  le  mode  d'emploi  d'un  tel 

M.  D'O.  3 


34  CHAPITRE   II. 

abaque,  en  vue  d'obtenir  la  valeur  de  aj  lorsqu'on  s'est  donné  a, 
et  a2,  de  la  manière  suivante  :  lire  la  cote  aj  de  la  courbe  pas- 
sant par  le  point  de  rencontre  de  la  verticale  cotée  t.^  et  de 
V horizontale  cotée  ol^* 

Par  exemple,  sur  la  fig.  19,  pour  ai  =  2,  a2=5,  on  aaj=:  4« 

Il  va  sans  dire  que  cette  lecture  suppose,  le  cas  échéant,  le 
secours  d'une  interpolation  à  vue.  Par  exemple,  sur  la  fig.  19, 
pour  tti  =  4 >  5,  tta  =  2,5,  on  lirait  aj  =  3,5. 

Nous  avons  admis  que  l'équation  considérée  servait  de  préfé- 
rence à  calculer  as  en  fonction  de  ai  et  aj,  mais  on  voit  immé- 
diatement que  l'abaque  permet  tout  aussi  bien  d'obtenir  ol^  ou  0L2 
lorsque  l'autre  de  ces  deux  variables  est  donnée  ainsi  que  as. 

Par  exemple,  aj  et  as  étant  données,  on  aura  ai  en  lisant  la 
cote  de  la  verticale  passant  par  le  point  de  rencontre  de  l*  ho- 
rizontale cotée  0L2  et  de  la  courbe  cotée  a|. 

Les  abaques  ainsi  constitués,  dérivant  directement  de  l'appli- 
cation des  coordonnées  cartésiennes,  sont  dits  abaques  cartésiens. 
Terquem  a  remarque  qu'ils  peuvent  être  considérés  comme  four- 
nissant la  représentation  par  courbes  de  niveau  de  la  surface  dé- 
finie par  l'équation  (i)  où  a,,  aa  et  as  sont  prises  pour  des  coor- 
données cartésiennes  de  l'espace. 

Remarque.  —  Les  courbes  (as)  ont  une  enveloppe  dont  l'équa- 
tion s'obtient,  comme  on  sait,  en  éliminant  as  entre  l'équation  (as) 
et  sa  dérivée  par  rapport  a  as 


ijivi'^)^''- 


Mais  le  tracé  de  cette  enveloppe  ne  sera  généralement  d'aucune 
utilité.  Elle  peut  d'ailleurs  être  complètement  extérieure  à  la 
partie  utile  de  l'abaque,  limitée  à  l'aire  d'un  rectangle,  ainsi  qu'on 
vient  de  le  voir. 


17.  Rattachement  aux  abaques  à  échelles  accolées,  —  A  simple  titre 
de  curiosité,  nous  ferons  remarquer  que  le  principe  de  la  représentation 
des  équations  à  trois  variables,  obtenu  ci-dessus  par  la  voie  la  plus  natu- 
relle, peut  également  se  dégager  du  mode  de  représentation  des  équations 
à  deux  variables,  exposé  au  n*  9,  lorsqu'on  tient  compte  de  la  remarque 
qui  termine  ce  numéro. 


ÉQUATIONS  A   TROIS  VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.  35 

Donnant  à  «i  dans  l'équation  (i)  du  numéro  précédent  une  valeur  par- 
ticulière aj,  nous  avons  à  représenter  une  équation  entre  les  deux  va- 
riables as  et  «3 

(0  F(aî,a,,a3)  =  o. 

Pour  cela,  portons  respectivement,  sur  Taxe  Oy  et  sur  la  parallèle  à  cet 
axe  dont  Tabscisse  est 

(2)  X  =  li(Z\, 

les  graduations  (aj)  et  («3)  définies  par 
et 

(4)  r  =  <p(a3,«î), 

cette  dernière  équation  étant  celle  qu'on  obtient  en  explicitant  par  rapport 
à^  l'équation 

(4')  F  (a?,  ^,  a,)=o. 

lorsque  nous  donnerons  à  a^  d'autres  valeurs,  la  graduation  de  Oy  ne 
variera  pas  et  nous  aurons  de  nouvelles  graduations  sur  d'autres  verti- 
cales, en  vertu  des  équations  (2)  et  (4). 

Nous  pourrons  joindre  par  une  courbe  tous  les  points  qui,  sur  ces  ver- 
ticales, correspondent  à  une  même  valeur  de  as,  valeur  qui  servira  de  cote 
à  cette  courbe. 

L'équation  d'une  telle  courbe  s'obtient  par  l'élimination  de  af  entre  (2) 
et  (4)  ou,  ce  qui  revient  au  même,  entre  (2)  et  (4')«  Elle  est  donc 

On  voit  qu'on  retrouve  bien  ainsi  les  courbes  précédentes. 

18.  Emploi  d'un  transparent  ou  d^une  échelle  mobile,  — 
On  pourra  ici  encore  recourir  à  l'emploi  d'un  transparent  tel  qu'il 
a  été  décrit  au  n^  13. 

Le  mode  d'emploi  de  l'abaque  sera  alors  le  suivant  {Jig^  20): 

Le  transparent  étant  orienté,  faire  passer  ses  index  I|  et  I2 
respectivement  par  les  points  cotés  ai  et  0L2  sur  Ox  et  Oy;  la 
cote  de  la  courbe  sur  laquelle  se  trouve  alors  le  centre  du 
transparent  fait  connaître  aj. 


6  CHAPITRE   II. 

Par  exemple,  sur  la  fig.  20,  pour  Ki  =  10,  «]  =:^  8,  on  a  a,  ^  5. 
On  pourra  aussi,  comme  cela  a  été  indiqué  au  n"  14,  rendre  mo- 

Fig.  M. 


Iiile  l'un  des  axes  Ox  ou  O/,  le  second  par  exemple.  Dans  ce 
cas,  le  mode  d'emploi  devient  le  suivant  (^fig.  a  1)  : 


On  amène  l'origine  O'  de  Vaxe  mobile  O' y  au  point  a,  de 
l'axeOx.  Le  point  oij  de  l'axe  O' y  tombe  alors  sur  une  courbe 
dont  la  cote/ait  connaître  «3. 

Sur  la  Jig.  21,  pour  a,  ^=  10,  13^  4i  on  a  a^^  3. 

19.  Exemples.  —  Les  exemples  d'application  de  cette  méthode  sont 
extrêmement  nombreux.  Ils  comprennent  notamment  tous  les  tableaux 
graphiques  construits  depuis  les  premiers  essais  de  Pouchet  jusqu'aux 
trat'aux  de  Lalaone,  dont  quelques-uns  ont  été  cités  dans  l'Introduction. 


IQUATIONS  A  TROIS  VARIABLES.  ABAQUES   A   BHTRECROISBIENT.  3j 

Nous  signalerons simplemeni  ici  le  tableau  de  niultiplication  de  Pouchel, 
parce  que  c'esi  le  premier  en  dale  de  lous  les  abaques  connus. 

Premier  type  d'abaque  de  multiplication.  —  La  muliiplicatïon  se 
traduit  par  l'équaiioD 

Si,  pour  la  représenter,  nous  portons  sur  les  axes  Ox  et  0^  les  gra- 
duations 

a;  =  5'°'°a,         et         _^  =  5-"a,, 

nous  obtenons  pour  les  courbes  cotées  (a,)  les  hyperboles  équilatéres 
icj-— 25a,  =  0. 
C'est  ainsi  qu'a  été  obtenue  la  ^g.  ii,  qui  ne  doit  être  considérée  que 

Fig.  M. 


comme  un  schéma  de  l'abaque  de  Pouchet,  construit  avec  une  bien  pi" 
grande  précision. 

Il  est  essentiel  de  remarquer  que  la  méthode  s'applique  sans  nulle  difîi- 
cnlié  lorsque  les  trois  variables  sont  liées  par  une  loi  qui  n'est  connue 
qu'empiriquement.  En  effet,  a  chaque  couple  de  valeurs  de  deux  des  va- 
riables X)  ^t  ''il  prises  comme  indépendantes,  correspond  le  sommet  du  qua- 
drillage situé  au  croisement  de  la  verticale  (ai)  et  de  l'horizontale  (a,). 
Supposons  que  nous  inscrivions  en  ce  point  la  valeur  correspondante  de  aj. 
Nous  n'aurons  plus  ensuite  qu'à  joindre,  par  une  ligne  continue,  tous  les 
points  répondant  à  une  même  valeur  de  a,  pour  avoir  la  courbe  cotée  (ii), 
de  même  qu'en  unissant  sur  un  plan  topographique  les  points  de  même 
cote  par  un  trait  continu  on  obtient  ses  courbes  de  niveau. 


; 


38  CHAPITRE   II. 

Les  applications  de  celte  méthode  sont  très  fréquentes.  On  trouvera 
quelques  détails,  à  ce  sujet,  dans  le  Calcul  graphique  de  Favaro  (tra- 
duction Terrier,  p.  i54  et  suiv.)  et  dans  Timportant  Ouvrage  que  M.  Marey 
a  consacré  à  la  Méthode  graphique  dans  les  Sciences  expérimentales 
(I™  Partie,  Chap.  V). 

20.  Superposition  des  graduations,  —  Supposons  qu'une  équation  entre 
les  trois  variables  ai,  aj,  «3  soit  telle  que,  si  Ton  a 

F(a,,aj,a3)=o, 

on  ait  aussi,  quelle  que  soit  la  solution  (ai,  a^,  aj), 

F(/i(aO,/î(aO./3(a3))  =  o, 

fif  f\  et /s  étant  des  fonctions  connues. 

Dans  ces  conditions,  l'abaque,  construit  entre  certaines  limites,  per- 
mettra de  résoudre  encore  Téquation  proposée  pour  des  valeurs  prises  en 
dehors  de  ces  limites. 

Supposons,  en  effet,  que  Tabaque  ait  été  construit  avec  les  limites  ai 
et  h\  pour  ai,  aj  et  hx  pour  aj,  a^  et  63  pour  as.  A  côté  de  chaque  valeur 
de  ai,  S]  et  as  comprise  entre  ces  limites,  nous  pourrons  inscrire  respecti- 
vement la  valeur  de/i(ai),  de/j(aj)  et  de /a (03),  en  doublant  ainsi  cha- 
cune des  lignes  de  graduation.  Dès  lors,  si  nous  prenons  pour  «i  et  a^  des 
valeurs  respectivement  comprises  entre /i(ai)  et/i(6i),  et  entre /j(ai) 
et/j(6î),  nous  voyons  que  Tabaque  nous  fournira  la  valeur  correspon- 
dante de  as,  à  la  condition  que  nous  fassions  usage,  pour  les  éléments, 
droites  et  courbes,  qui  le  constituent,  des  cotes  inscrites  dans  les  secondes 
lignes  de  graduation. 

Il  suffît  que  les  limites  primitives  soient  telles  que  les  amplitudes  de  va- 
riation s'étendant  de  a\  à  h\  et  de/i(ai)  à  f\{bx)  d'une  part,  de  0%  et  ôj, 
et  de/î(aj)  k  f%{hi)  de  l'autre,  aient  une  partie  commune  pour  qu'il  n'y 
ait  pas  de  lacune  dans  le  champ  de  variation  auquel  l'abaque  est  appli- 
cable. 

C'est  en  cela  que  consiste  le  principe  de  la  superposition  des  gradua- 
tions. 

Après  avoir  construit  l'abaque,  on  peut,  sans  rien  changer  aux  droites 
et  aux  courbes  tracées,  superposer  aux  graduations  primitives  de  nouvelles 
graduations  s'en  déduisant  suivant  des  lois  connues  et  fournissant  encore 
des  solutions  de  la  même  équation. 

Il  pourra  arriver  que  les  fonctions /i(ai),  /i(ai),  /3(aî)»  ou  certaines 
d'entre  elles,  soient  assez  simples  pour  que  le  calcul  de  leur  valeur  se 
fasse  immédiatement  de  tête.  Ce  sera  le  cas,  par  exemple,  si /i (ai)  se 
réduit  au  produit  de  si  par  un  facteur  simple  comme  2,  5,  10  ou 
une  puissance  de  10.  Lorsque  cette  circonstance  se  produira,  il  sera  évi- 
demment inutile  d'inscrire  sur  l'abaque  la  seconde  graduation  qu'une 
opération  mentale  permettra  de  déduire  immédiatement  de  la  première. 


ÉQUATIONS  A   TROIS  YARIABLES.   ABAQUES  A  ENTRECROISEMENT.  3q 

A  ce  point  de  vue,  les  cas  particuliers  qui  suivent  méritent  une  attention 
spéciale.  Ils  se  rencontrent  d'ailleurs  assez  fréquemment  dans  la  pratique. 

21.  Multiplicateurs  correspondants.  —  i°  Il  arrivera  que,  si  Ton  mul- 
tiplie deux  des  variables  ai  et  as  par  des  facteurs  quelconques  Xf  et  Xj, 
la  nouvelle  valeur  a,  de  la  troisième  variable  pourra  se  déduire  de  sa 
valeur  a^  correspondant  à  ai  et  a^. 

Cela  aura  lieu  lorsque  l'on  aura 

(I)  aj=A(aï'a;«), 

A  étant  une  fonction  quelconque,  /ii  et  n^  des  constantes  quelconques.  On 
voit,  en  effet,  que  Ton  a  dans  ce  cas,  en  représentant  par  V  la  fonction 
inverse  de  A, 

(-2)  ai=A(Xî'X;«V(a,)). 

Le  cas  le  plus  simple  est  celui  où  l'on  a 
(i  bis)  a,=  A:aî'a;«, 

parce  qu'alors  (2)  devient 
(2bù)  a'3  =  Xî«X;«a,. 

Autrement  dit,  si  le  système  de  valeurs  (ai,  a»,  as)  satisfait  à  l'équa- 
tion (i  bis)^  il  en  est  de  même  du  système  (Xiai,  Xjaj,  Xî'Xï'aa). 

On  peut  alors  dire  que  X|,  Xj  et  X"'Xî*  constituent  des  multiplicateurs 
correspondants  pour  les  variables  ai,  aj  et  as. 

En  prenant  pour  Xi  et  Xj  des  valeurs  simples,  telles  que  10  et  ses  puis- 
sances par  exemple,  on  voit  que  les  nouvelles  valeurs  de  ai,  aj,  aj  se 
déduiront  de  celles  inscrites  sur  l'abaque,  par  une  simple  opération  men- 
tale, sans  difficulté  aucune. 

2*"  Supposons  maintenant  que  les  facteurs  par  lesquels  on  multiplie  a] 
et  as,  au  lieu  d'être  indépendants  l'un  de  l'autre  soient  X  et  X'»,  m  étant 
une  constante. 

La  circonstance  indiquée  se  présentera  dans  ce  cas  lorsqu'on  aura 

A  et /étant  des  fonctions  quelconques.  On  voit,  en  effet,  que,  dans  ce  cas, 
(4)  a',=  A(XV(«,)). 

L'équation  (3)  pourra  encore  s'écrire 
(3')  a,=  A(a?/(afaî)), 


ko 

CHAPITRE   II. 

\%  nombre  m  étant  alors 

P 
rn  —  —  —  • 

9 

Dans  ce  cas  (i),  on  aura 
(4')  a',  =  A(X«V(a,)). 

Si,  par  exemple,  l'équation  est  de  la  forme 

(5)  ^«jaî'H- Ajaaaî'-Hi  =  o, 
elle  peut  s'écrire 

a,  =  — -^(/i,a,aî«-f-i) 

et  rentre  bien  ainsi  dans  le  type  (3').  Alors 

/M  =  —  11%, 

et  la  formule  (4')  donne 

Autrement  dit,  si  le  système  (aj,  aj,  as)  satisfait  à  V équation  (5),  il 
en  est  de  même  du  système  (Xai,  X-'»«aî,  X-^jaa). 

C'est-à-dire  que,  dans  ce  cas,  les  variables  ai,  a^  e/  aj  admettent  les 
multiplicateurs  correspondants  X,  X-»»,  X-»»  (*).  ' 

Considérons  en  second  lieu  l'équation 

(6)  a,=  (Aafaî)aP. 

Pour  voir  qu'elle  rentre  dans  le  type  (3'),  il  suffit  de  l'écrire 

a3=e«"'<>»<^«î*^. 


On  a  dès  lors 


9 


(*)  Il  ne  faudrait  pas  croire  que  sous  cette  forme  l'équation  fût  plus  générale 
que  sous  la  précédente.  II  suffit,  en  effet,  de  poser 

pour  qu'elle  devienne 

(^}  Dans  ce  cas,  le  principe  des  multiplicateurs  correspondants  se  trouve 
appliqué  dans  notre  brochure  de  1891  (p.  91).  Il  a  été  exposé  sous  forme  géomé- 
trique par  M.  A.  Chancel  dans  une  étude  dont  il  sera  question  plus  loin 
(n«  118,  2"). 


tQUATIONS   ▲   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.  ^l 

et  la  formule  (4')  devient 


ai  =  «i 


Par  suite,  lorsque  le  système  («i,  «j,  «3)  satisfait  à  V équa- 
tion (6),  il  en  est  de  même  du  système  \Xai,  X    *7ai,  «3  /. 

C*est  par  Texamen  de  divers  cas  particuliers  que  nous  avons  été  conduit 
aux  types  (1)  et  (3). 

M.  G.  Kœnigs,  à  qui  nous  avions  soumis  la  question,  a  démontré  qu'ils 
sont  les  plus  généraux  correspondant  à  la  propriété  caractéristique  de 
chacun  d'eux.  On  trouvera  plus  loin  sa  démonstration  (n**155). 

22.  Abaques  à  lignes  droites,  —  Parmi  les  abaques  qui 
viennent  d'être  définis,  il  convient  de  distinguer  ceux  sur  lesquels 
les  courbes  (as)  se  réduisent  à  des  droites;  de  tels  abaques  se  ren- 
contrent fréquemment  dans  la  pratique. 

Si  nous  nous  reportons  au  n**  16,  nous  voyons  que,  pour  que 
cette  circonstance  se  présente,  il  faut  que  l'équation  (as)  soit  de  la 
forme 


i\  Il 


=  o. 


cl,  par  suite,  Péquation  (i) 

«1  /(«a)  -H  «2  ?(a3)  -+-  ^(«3)  =  o. 

Dans  ce  cas,  il  pourra  être  plus  intéressant  que  dans  le  cas  gé- 
néral de  considérer  l'enveloppe  E  des  courbes  (as)  qui  sont  ici  des 
droites.  Si,  en  effet,  la  portion  utile  de  cette  enveloppe  se  trouve 
dans  les  limites  de  l'abaque,  elle  pourra  dispenser  du  tracé  des 
droites  («3).  H  suffira  d'inscrire  la  cote  de  chacune  de  ces  droites 
à  côté  de  son  point  de  contact  avec  la  courbe  E. 

Étant  données  des  valeurs  pour  ai  et  a2,  pour  avoir  la  valeur 
correspondante  de  ol^  il  suffira  de  mener  par  le  point  de  rencontre 
des  axes  du  quadrillage  cotés  ai  et  ol^  ^^^  tangente  à  la  courbe  E 
(ce  qui  se  fera  très  aisément  au  moyen  d'un  index  rectiligne 
marqué  sur  un  transparent)  et  de  lire  la  cote  du  point  de  contact 
de  cette  tangente.  On  pourra  évidemment,  le  cas  échéant,  avoir 
ainsi  plusieurs  solutions,  lorsque  du  point  de  rencontre  des  droites 
cotées  ai  et  0.2  il  sera  possible  de  mener  plusieurs  tangentes  à  la 
courbe  E. 


CBAPine  II. 


23.  Exemples:  i"  Second  type  d'abaque  de  multiplication.  —  L'équi 
tion  de  la  multiplication  étant  écrite 


it  suflît  (]e  constituer  le  quadrillage  au  moyen  des  droites 
(a,)  x  =  l,a„ 

pour  que  les  courbes  cotées  (a^)  soient  des  droites  issues  de  l'origine 


En    prenant    /i  =  5°"",    /i  =  o"",5,    on   obtient  ainsi    l'abaque    de    la 

M-  23  (')■ 

Fig.  ï3. 


Il  va  sans  dire  qu'ici  s'applique  le  principe  des  multiplicateurs  corres- 
pondants, l'équation  étant  la  plus  simple  du  type  du  n°  îl,  i".  Les  multi- 
plicateurs correspondants  pour  a,,  Hx  et  «j  sont  respectivement  X|,  Xj  et 

x,x.. 


(')  Le  triangle  à  calcul  de  M.  P.  Chcnevier,  qui  ligure  dans  les  galeries  du 
Conserva toire  des  Arts  et  Métiers,  n'est  autre  qu'une  forme  particulière  de  cet 
abaque,  dans  laquelle,  au  lieu  de  tracer  un  certain  nombre  des  droites  (s^)  issues 
de  l'origine,  on  a  fl^ié  en  cette  origine  un  lil  que  l'on  peut  tendre  pour  te  taire 
passer  par  les  points  d'une  graduation  placée  sur  un  bord  du  cadre  et  repérant 
les  positions  des  droites  (a,)  non  tracées. 


BQDATIOng  A  TBOIS  VÀBIABLBB.   ABtQUBS  A  ENTHECKOIBEHEHT.  43 

Od  obtient  une  meilleure  disposition  de  l'abaque  {fig.  33  hW)  en  pre- 
nant des  axes  de  coordonnées  non  plus  rectangulaires,  mais  faisant  eotre 
eux  un  angle  égal  à  — ■  Noua  devons  celte  remarque  à  l'obligeance  de 
M.  Prochot,  ancien  conservateur  des  Forêts  ('). 


a"  Abaque  de  Lalanne  pour  l'équation  trinôme  du  troisième  degré. 
—  Soit  l'équation 

Cboisissant  un  module  /  quelconque,  nous  pouvons  construire  l'abaque 
de  cette  équation  en  prenant 

x  =  lp,        jr  =  Iq, 
ce  qui  nous  donne  pour  i  les  droites 

L'abaque  ainsi  obtenu  (_fie:  aj)  est  celui  qui  a  été  construit  par  La- 
Noas  avons  d'ailleurs  fait  remarquer(')  qu'on  pouvait  se  borner  à  tracer 


(  '  )  C'est  en  189a,  an  Congrès  de  l'A*tocialion  française  pour  l'Avancement 
de*  Seiencet,  qui  se  tenait  Â  Pau,  que  M.  Frocbot  nous  a  communiqué  son 
■baque.  Il  l'avait,  croyons-noua  nom  rappeler,  publié  dan»  un  Ouvrage,  mais 
ooDS  manquons  sur  ce  point  d'indicalioD  précise. 

<')  Mémoire  sur  les  Tables  graphiques  {A.  P.  C,  1"  semestre,  iS^C). 

<')  0.4,  p.  î5. 


44  CHIPITRE  II. 

les  droites  correspondant  aux  valeurs  positives  de  z,  les  valeurs  absolues 
des  racines  négatives  de  l'équation  étant  obtenues  comme  racines  posi- 
tives de  la  transformée  en  —s,  c'est-à-dire  de  l'équation  qui  se  déduit  de 
la  précédente  par  simple  changement  de  7  en  —  q. 

Fig.  A- 


l  P\K 

\NiV\ 

.  v^\ 

^       ^tv^ 

1  '\l    /^^l 

.  j  Y'v\    ' 

.\  K  ^^^^ 

\i  i\  \  \\-^ 

\  1-^  i  \-  C>^  ,   ~ 

\\^    ^     X    ^sL 

•    -tic    vx    s 

±      5   \    N^      S^ 

4\      '             S        ^t 

K\  \  \    ^    V  ^  t  \ 

IttitlU  .Ho  p 


Cet  artifice  peut  être  considéré  comme  dérivant  du  principe  des  multi- 
plicateurs correspondants  (n°  21). 
L'équation  donnée  peut,  en  ciïet,  s'écrire 


Sous  celte  forme,  elle  rentre  évidemment  dans  le  type  (5)  du  n"  2i,  et 
l'on  voit  ainsi  que,  pour  les  variables  q,  p,  f ,  on  a,  en  faisant  X  =  —  1, 
les  multiplicateurs  correspondants  ( — 1)',  ( — i)',  —1,  ou  — 1,  i  et  — r. 
C'est  bien  là  la  remarque  qui  vient  d'être  faite  au  sujet  des  racines  néga- 
tives. 

Mais,  plus  généralement,  on  peut  dire  que  les  variables  q,  p,  s  ad- 
mettent les  multiplicateurs  correspondants  n',  n'  et  it.  Pour  montrer 
l'utilité  de  cette  remarque,  nous  prendrons  l'exemple  suivant  : 

Si  l'on  représente  par 


:   la  hauteur  en  mètres  sur  laquelle  le  parc 
peut  être  maintenu  vertical  à  partir  du  cou 


ÉQUATIONS  A   TROIS  TARIABLES.    ABAQUES   A    ENTRECROISEMENT.  ^0 

X  le  rapport  de  la  pression  limite  admissible  par  mètre  carré  au   poids 

de  i"*  de  maçonnerie; 
6  le  rapport  du  poids  de  1°"'  d'eau  à  celui  de  1™*  de  maçonnerie, 

M.  Delocre  a  fait  voir,  dans  son  Mémoire  classique  sur  les  grands  bar- 
rages, que  la  hauteur  z  est  donnée  (i)  par  la  racine  positive  de  l'équation 


ou 


5«-f- 


« 


0  - 

si 

a«        X» 

ox  " 

3a» 
0    =*» 

si 

a»   ^  X» 

0  <  .r 

a  =  10", 

X  =  20", 

2 

Posons 


Ici, 

a^  X« 

Y  =  200,  --  =  100, 

et  c'est  la  première  équation  qui  est  applicable.  Cette  équation  devient 

-5*  H-  200.5  —  4000  =  o. 

L'abaque  de  la  Jig,  24  ne  nous  donne  pas  directement  z.  Ayons  dès  lors 
recours  aux.  multiplicateurs  ci-dessus  définis  en  prenant  n  =  10. 
II  vient  ainsi 

—    )       -\-    1— 4=0, 

10/  10 


et  l'abaque  donne 


doù 


—  =  iM8, 
10 


z  rriir^S. 


3"  Abaque  du  poids  de  la  vapeur  d^eau  contenue  dans  Vair  ('). 
Si  p  est  le  poids  en  grammes  de  la  vapeur  d'eau  contenue  dans  1"*=  d'air 
à  r,  lorsque  la  tension  de  la  vapeur  est  f  en  millimètres,  on  a 

810/ 


7G0  -+-  2,78^ 


(')  Les  inégalités  de  condition,  telles  qu^cUes  sont  énoncées  ici,  se  rencontrent 
pour  la  première  fois,  dans  une  Note  publiée  par  nous,  en  mars  iStji,  dans  les 
Annales  des  Ponts  et  Chaussées  (p.  443)'  Par  suite  d'un  lapsus,  le  sens  de  toutes 
les  inégalités  de  cette  Note  a  été  renversé,  ainsi  que  nous  l'avons  fait  remarquer 
depuis  dans  un  erratum. 

(')  Nous  avons  construit  cet  abaque  en  1886,  pour  la  Direction  de  l'Artillerie 
(le  TArsenal  de  Rochefort,  en  vue  d'observations  à  faire,  plusieurs  fois  par  jour, 
dans  des  poudrières  qui  étaient  de  son  ressort. 


46  cbàpitie  II. 

D'ailleurs  la  tension  /  est  fournie  par  les  Tables  de  Regnanlt  (*>  en 
fonction  de  la  température  de  condensation  ^  lue  sur  Thygrométre. 
L'équation  ci-dessus  peut  s'écrire 

76o/> -H  2,78//>  —  810/ =  o. 

Pour  la  représenter  nous  poserons,  /|  et  /j  étant  deux  modules  quel- 
conques 

a-  =  /,  X  810/, 

^=/,X2,78/, 
ce  qui  donne  pour  les  droites  (/>) 

y      ^ 

760/?  -H  />  7 —  =  o. 

Faisons,  par  exemple  ('), 

/i  =  o"",  oo37,        l\  =  o"",  43. 

Nous  obtenons  ainsi  Tabaque  de  \di  fig,  25. 
Les  graduations  de  0 or  et  de  Oy  sont  alors  données  par 

X  =  3-"/ 
y=  i"",2^ 
et  les  droites  {p)  par 

py  X 

760^  -+-  -^-^ r-  =  o. 

'^       0,43       0,0037 

Toutes  ces  droites  convergent  au  point  j:  =  o,  ^  =  —  326"^, 8.  On  les 
appelle  des  radiantes  (n*  27). 

(')  Jamin,  Cours  de  Physique  de  V École  Polytechnique,  t.  II  (3«  édition   ) 

p.    223. 

(')  Ces  nombres  ont  été  choisis  pour  mettre  le  texte  d'accord  avec  la  fig.  aS 
qui  a  été  obtenue  par  réduction  photographique  de  l'abaque  construit  à  plus  grande 
échelle  en  1886.  Sans  cela  on  eût  pris 

/,  =  o*",  0037,        /j  =  o"»",  36 

de  façon  à  avoir  à  porter  les  graduations 

X  —  If,       y  ~  t. 

II  pourrait,  de  prime  abord,  sembler  plus  simple  de  choisir  /,  et  /,  de  façon  à 
n'avoir  à  porter  que  les  graduations 

X  =  /,       y  =  t, 

mais  alors  les  radiantes  (z^)  se  rapprochant  de  la  direction  parallèle  à  Oy^  leurs 
points  de  rencontre  avec  les  verticales  (/)  se  détermineraient  avec  moins 
d'exactitude. 


Bchelle    de    la     thmpéra 


AS  CHAPITRE   II. 


L'échelle  de  t  ou  échelle  des  températures  sera  construite  entre 
t  —  — 10°  et  /  =  4o'.  Sa  longueur  sera  égale  à  i^^^^a  x  5o  =  60""". 

Pour  construire  les  droites  (p)  déterminons  les  points  où  elles  coupent 
les  horizontales  0°  (y  =  o)  et  4o"  (^^  =  i"",2  x  40  =  48°»"). 

Pour^  =  o,  nous  avons,  en  prenant  comme  unité  le  millimètre, 

X  =  760  X  o,oo37/>  =  2,8i/>; 
pour  ^  =  48 

X  =:  (760 -h  -^)o,0037/>  =3,22/?. 

Construisons  ces  droites  pour  des  valeurs  de/>  croissant  d'unité  en  unité 
de  o  à  5o. 

Les  abscisses  des  deux  points  déterminant  la  droite  extrême  {p  =■  5o) 
seront,  pour  t  =  0°  (y  =  o)  et  t  =  4o*  (y  =  48), 

a:  =  140""°,  5         et         ar  =  161""°. 

Reste  à  construire  l'échelle  de  la  tension/.  Celle-ci  étant  fonction  de 
la  température  de  condensation  <',  nous  pourrons  la  déterminer  par  le  pro- 
cédé indiqué  au  n"  12,  c'est-à-dire  en  traçant  la  courbe  qui  fait  connaître 
les  variations  de /en  fonction  de  ^(traduction  graphique  de  la  table  de 
Regnault),  les  modules  le  long  de  Ox  et  Oy  étant  précisément  les  nombres 
3™"»  et  i°"",2  obtenus  plus  haut.   En  d'autres   termes,  on  construira  la 

courbe  définie  par 

X  ==  3™""/ 

y=i^«\'it\ 

les  valeurs  correspondantes  de  t'  et  de  /  étant  celles  que  donne  la  table 
de  Regnault. 

Cette  courbe,  que  nous  désignerons  par  F,  étant  tracée,  on  voit  à  quoi 
se  réduit  le  mode  d'emploi  de  l'abaque  :  lire  la  cote  p  de  la  radiante 
passant  par  le  point  de  rencontre  de  Vhorizontale  t  et  de  la  verti- 
cale fj  cette  dernière  coupant  la  courbe  F  au  même  point  que  l'hori^ 
zontale  t'. 

Usant  ici  d'un  artifice  (M  signalé  au  n®  13  nous  remplacerons  le  système 
des  verticales  par  un  index  mobile  tracé  sur  un  transparent  dont  l'orien- 
tation sera  maintenue  par  la  coïncidence,  avec  Taxe  AB  de  l'abaque,  d'un 
second  index  de  ce  transparent,  perpendiculaire  au  premier. 

Dès  lors,  le  mode  d'emploi  de  l'abaque  peut  s'énoncer  ainsi  :  Vindex 
d* orientation  du  transparent  étant  mis  en  coïncidence  avec  AB,  faire 
passer  IHndex  de  lecture  par  le  point  de  la  courbe  F  situé  sur  l* hori- 
zontale t\  suivre  cet  index  jusqu  en  son  point  de  rencontre  avec  Vho- 


(')  C'est  précisément  à  Toccasion  de  cet  abaque  que  nous  avons  eu  pour  la 
première  fois  recours  à  cet  artifice. 


ÉQUATIONS   À   TROIS    VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.  ^9 

rizontale  i  et  lire  la  cote  p  de  la  radiante  passant  par  ce  dernier 
point. 

Par  exemple,  pour  t—  30",  l'  =  i6",  la  position  do  l'index  étant  celle 
indiquée  en  pointillé  sur  la  figure,  on  lit/?  =  12*', 9.  On  aurait  pu  évidem- 
ment tout  aussi  bien  écrire  au  pied  de  chaque  verticale  la  valeur  corres- 
pondante de  t'  obtenue  par  l'intermédiaire  de  la  courbe  F,  et  effacer 
celle-ci. 

4*  Nous  dirons  encore  un  mot  des  abaques  publiés  par  M.  Genailh* 
sous  le  titre  Les  graphiques  de  Vingénieur^  et  nous  indiquerons  som- 
mairement leur  disposition  dans  un  cas.  Si  une  charge  est  uniformément 
répartie  sur  une  poutre  de  portée  a,  on  a 

pa"^-^  q, 

q  étant  un  nombre  qui  dépend  de  la  section  de  la  poutre  et  de  la  limite 
de  pression  admise  par  unité  de  surface  (^). 

A  chaque  type  de  fer  du  commerce  correspond  une  valeur  de  q. 
L'abaque  de  l'équation  précédente,  en  permettant  de  calculer  çr,  défi- 
nira donc  le  type  de  fer  à  adopter  pour  des  valeurs  données  de  a  et 
de  p. 

Cet  abaque  peut  être  construit  au  moyen  du  quadrillage  défini  par 

x=^l\q.        y  =  l\P, 
ce  qui  donne  pour  a  les  droites  cotées  dont  l'équation  est 

Ixa^-y  -  l^x, 

droites  passant  par  l'origine.  Au  lieu  d'inscrire  la  valeur  de  q  au  pied  de 
la  verticale  correspondante,  on  peut  y  inscrire  les  éléments  de  la  section 
donnant  cette  valeur  de  q.  Les  abaques  ainsi  obtenus  pour  les  différentes 
espèces  de  poutres  sont  ceux  que  M.  Genaille  a  fait  connaître  au  Congrès 
de  1884  de  l'Association  française  pour  ravancement  des  Sciences,  et  dont 
des  exemplaires  à  grande  échelle  figurent  dans  les  galeries  du  Conserva- 
toire des  Arts  et  Métiers  (*).. 


SRI 

(')  On   a   ^  =  >  I  étant  le  momeni  d'inertie   polaire  de   la  section,  n  la 

distance  des  fibres  qui  supportent  la  plus  grande  tension,  R  la  limite  de  pression 
admise. 

{*)  Aux  exemples  qui  viennent  d'être  donnés  ci-dessus,  et  qui  pourraient,  sans 
profit  d'ailleurs  pour  le  lecteur,  être  beaucoup  multipliés,  nous  tenons  à  joindre 
la  mention  d'abaques  de  ce  genre,  pour  le  calcul  du  profil  de  certains  murs  de 
M>olèoement,  dans  la  livraison  de  septembre  1898  de  la  Bévue  du  Génie  par  \(^ 
lieutenant  Belhague  {PLIA!')  et  le  commandant  Bertrand  {Pt.XI).  La  très  intr- 
itssante  étude  du  premier  de  ces  officiers  sur  la  construction  de  la  route  de  Tana- 
tttrive  à  Moranianga  fait  ressortir  l'utilité  de  l'emploi  des  abaques  pour  des 
travaux  qui,  comme  celui-ci,  exigent  une  grande  célérité. 

M.  D'O.  \ 


5o  CHAPITRE   II. 


II.  —  Anamorphose. 

24.  Principe.  —  Nous  avons  vu  au  n"  IS  qu'en  substituant 
aux  échelles  régulières,  qu'il  est  tout  naturel,  de  prime  abord,  de 
porter  le  long  de  Ox  et  de  Oy,  d'autres  échelles  fonctionnelles, 
on  peut  toujours  transformer  en  une  ligne  droite  la  courbe  repré- 
sentative d'une  équation  liant  les  variables  auxquelles  corres- 
pondent ces  deux  échelles. 

Dans  quel  cas  une  telle  modification  apportée  aux  deux  échelles 
Oj:  et  Oy  d'un  abaque  cartésien  à  trois  variables  transformera- 
t-elle  à  la  fois  toutes  les  courbes  de  cet  abaque  en  lignes  droites? 

La  réponse  à  cette  question  est  facile. 

Pour  qu'avec  les  graduations 

les  courbes  (as)  constituant  l'abaque  soient  des  droites,  il  faut  et  il 
suffit  que  leur  équation  soit  de  la  forme 

Ceci  aura  lieu  si  l'équation  proposée  est 

/i(ai)/3(a3)-+-/2(a2)?8(aj) -4- 1^3(313)  =  o. 

Nous  obtenons  ainsi  à  la  fois  la  forme  des  équations  auxquelles 
cet  artifice  est  applicable  et  l'indication  de  la  manière  dont  cet 
artifice  doit  être  mis  en  œuvre. 

Dans  le  cas  où  il  ne  s'agit  que  de  la  courbe  isolée  constituant 
Tabaque  d'une  équation  à  deux  variables,  comme  au  n®  15,  une 
telle  transformation  n'offre  aucun  avantage  appréciable,  le  travail 
requis  pour  l'établissement  d'une  échelle  fonctionnelle  étant  équi- 
valent à  celui  qu'exige  la  détermination  des  points  de  la  courbe 
correspondante;  on  n'économise,  somme  toute,  que  le  tracé  de  la 
courbe  réunissant  les  divers  points  obtenus  individuellement.  Il 
n'en  va  pas  de  môme  ici,  et  Tavantage  y  devient  très  sensible. 

Si  le  travail  exigé  par  le  changement  de  graduation  équivaut  à 


ÉQUATIONS   À   TROIS   TARIÀBLES.    ABAQUES   A  ENTRECROISEMENT.  5l 

peu  près  à  la  construclion  d'une  courbe,  comme  on  aurait  un 
certain  nombre  n  de  celles-ci  à  tracer,  on  voit  que  l'économie 
réalisée  peut-être  représentée  environ  par  le  travail  requis  par  le 
tracé  de  /i  —  i  courbes.  Une  fois,  en  effet,  le  nouveau  quadrillage 
établi,  il  suffit  d'y  marquer  deux  points  pour  obtenir  chacune  des 
lignes  droites  destinées  à  remplacer  les  courbes  qu'on  aurait  eu  à 
construire  point  par  point  dans  le  système  primitif,  et  qui  ont,  en 
outre,  sur  celles-ci  l'avantage  d'un  tracé  rigoureux. 

Le  principe  d'une  telle  transformation  a  été  indiqué,  pour  la 
première  fois,  par  Léon  Lalanne  qui  lui  a  donné  le  nom  à* ana- 
morphose géométrique  (*).  C'est  sous  la  forme  indiquée  au  n°  28 
qu'il  s'est  d'abord  présenté  à  lui  et  cela  à  propos  des  applications 
traitées  plus  loin  aux  n°^  29  (i")  et  108. 

25.  Exemple  :  abaque  de  tir,  —  Dans  un  travail  relatif  à  une  question 
de  tir  (>),  le  capitaine  G.  Ricci,  de  l'artillerie  italienne,  se  propose  de  con- 
struire Tabaque  de  l'équation 

p(c?cos<p  -4-  a)  =  d^ —  a', 

destinée  à  faire  connaître  a  lorsque  p  et  9  sont  donnés. 
Il  suffît  d'écrire  cette  équation  sous  la  forme 

é/cos©  —  a  =  o, 

P 

pour  voir  qu'elle  rentre  dans  le  type  précédent.  Nous  porterons  donc  sur 
les  axes  les  graduations 

(?)  ^  =  j> 

et 

(?)  7  =  ^ïCos<p, 

et  nous  aurons  ainsi  pour  les  courbes  (a) 

âf«  — a»  d 

(«)  — -__a-— -^— a  =  o 

c'est-à-dire  des  droites. 
Le  capitaine  Ricci  a  construit  cet  abaque  pour  p,  variant  entre  1000  et 


(')  Mémoire  sur  les  Tables  graphiques  et  sur  la  Géométrie  anamorphique 
(A,  P,  C,  i*'  semestre  1846). 

(')  Rivista  di  Artiglieria  e  GeniOy  t.  IV,  p.  i65  (novembre  1896).  On  trouvera 
dans  le  Bulletin  astronomique^  t.  III,  p.  G.!  et  '.>32,  une  série  d'intéressantes 
applications  du  même  principe,  dues  à  M.  Hadau. 


02  CHAPITRE   11. 

8000  (de  100  en  100  entre  1000  et  6000,  de  200  en  200  entre  6000  et  8000). 
pour  «p  variant  entre  0°  et  120°  (de  2  en  2  entre  10*  et  20^*,  de  i  en  i  entre 
«o**  et  120"),  enfin,  pour  a  variant  entre  — 800  et  5oo,  de  10  en  10. 

En  vue  de  réduire  les  dimensions  de  l'abaque,  il  Fa  fractionné  en  troi> 
parties  accolées  les  unes  aux  autres.  Pour  chacune  de  ces  trois  parties  In 
a  été  pris  égal  à  o'",2o,  tandis  que  /i  varie  de  Tune  à  l'autre.  Ayant 
adopté  /i=  5oo"  pour  la  partie  qui  s'étend  de  8000  à  3ooo,  l'auteur  a  ré- 
duit cette  valeur  de  l\  à  la  moitié,  soit  à  25o",  de  3ooo  à  2000  et  à  son 
sixième,  soit  à  83"", 33,  de  2000  à  1000.  Il  en  résulte  que  sur  les  verticales 
suivant  lesquelles  ces  trois  abaques  partiels  s'accolent  (p  =  3ooo  et  p  =  2000) 
les  droites  (a)  changent  de  direction. 

La  fig,  2G  donne  une  réduction  de  cet  abaque. 

26.  Abaques  à  parallèles,  —  Les  équations  du  type  signale 
au  n**  24  peuvent  revêtir  la  forme  très  simple 

/i(ai)  ^-/2(aî)  -H/sCaj)  =  o, 

qui  est  extrêmement  fréquente  dans  la  pratique.  Dans  ce  cas, 
ayant  constitué  le  quadrillage  de  Tabaque  en  élevant  respective- 
ment aux  axes  O^  et  Ojk  des  perpendiculaires  par  les  points  des 
échelles  que  définissent  les  équations 

(ai)  ^  =  ^i/i(ai), 

(«î)  J^  =  ^/i(aî). 

on  oblienl  pour  équation  des  courbes  cotées  (aj) 

7-  H-  f  ^-/3(aj)=o, 

qui  représente  un  système  de  droites  parallèles. 

Le  coefficient  angulaire  de  ces  droites  étant  constant  et  égal  à 

—  ^->  il  suffira,  après  avoir  déterminé  la  direction  correspondante 

qui  s^obtient  en  joignant  le  point  de  Taxe  Ox  d'abscisse  /|  au 
point  de  l'axe  Oy  d'ordonnée  /a,  de  déterminer  un  point  pour  cha- 
cune de  ces  droites.  On  pourra  prendre  notamment  leurs  points 
de  rencontre  avec  Taxe  Ox^  définis  par 

X  =—  /i/j(a3). 

On  pourra  aussi  prendre  leurs  points  de  rencontre  avec  la  per- 
pendiculaire Os  à  leur  direction  menée  par  l'origine  O,  droite  • 
dont  l'équation  est 


54  CHAPITBB   II. 

Si  nous  représentons  par  z  les  segments  comptés  sur  cette 
droite  à  partir  de  O,  nous  voyons  que  le  z  de  la  droite  (aj)  qui 
n'est  autre  que  la  distance  de  l'origiDe  à  cette  ^droite  est  donné  par 


En  résumé,  ayant  gradué  les  axes  Ox,  Oy  et  Oz  d'après  les 
trois  équations  ((X|),  (a^)  et  (k,)  ci-dessus,  on  n'a  qu'à  élever  à 
chacun  de  ces  axes  des  perpendiculaires  parles  points  de  l'échelle 
qu'il  porte  pour  obtenir  l'abaque  de  l'équation  considérée. 


Exemple  :  Nous  rencontrerons  par  la  suite  un 
d'équations  <le  cette  forme.  Contentons -nous  ici 
exemple  la  formule  des  miroirs  et  lentilles  spKériqui 


très   grand    nombre 
de  prendre    comme 


où  d  et  d'  sont  les  distances  du  miroir 
jugués,  y  la  distance  focale  principale. 


u  de  la  lentille  à  deux  points  c 


\ 

Fig.  . 

\ 

\ 

\ 

' 

\ 

\ 

X' 

I 

\ 

\ 

5 T 

D'après  ce  qui  précède  o 


abaque  de  cette  formule,  en  posant 


/  étant  un  module  quelconque,  ce  qui  donne  pour  lignes  cotées  (/)  les 
droites 


ÉQUATIONS   A   TROIS    VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.  55 

immédiatement  obtenues  en  joignant  les  points  dont  les  cotes  sont  égales 
à /dans  les  graduations  de  O  a:  et  de  Oy. 
En  prenant  /  =  3",  5,  on  a  ainsi  la  yig,  27  (  *  ). 

27.  Abaques  à  radiantes.  —  Une  autre  forme  d'équation  très 
fréquenle,  rentrant  dans  le  type  du  n**  24,  est  la  suivante  : 

/i(«i)/ï(aî)=/3(a3)- 

On  voit  qu'on  aura  la  représentation  anamorphosée  de  celte 
équation  en  graduant  les  axes  Ox  cl  Oy  suivant  les  lois 

ce  qui  donne  pour  courbes  cotées  (a2) 

/, 
(«î)  J  =  7-/2^311)^, 

droites  issues  de  Torigine,  que  l'on  appelle  des  radiantes  {j^). 

Ces  droites  passant  par  l'origine,  il  suffit  d'obtenir  un  point  de 
chacune  d'elles.  Si,  par  exemple,  on  les  coupe  par  la  parallèle 
à  O^,  dont  /|  est  l'abscisse  à  l'origine,  savoir 

on  voit  que  l'on  obtient  sur  cette  droile  l'échelle  définie  par  l'é- 
quation 

Nous  avons  rencontré  plus  haut  (n"  23,  1",  3"*  et  4")  divers 
exemples  d'abaques  à  radiantes  sans  anamorphose. 


(')  Cet  abaque  a  été  construit  par  M.  Garicl  (  A.  F.  A.  S.,  Congrès  de  Cler- 
moat-Feirand,  p.  i4o;  1876),  qui  lui  a  ensuite  appliqué  une  ingénieuse  transfor- 
mation géométrique.  Nous  avons  fait  voir  dans  notre  brochure  0.4  (p.  88)  com- 
ment l'application  directe  de  la  méthode  des  points  alignés,  dont  il  sera  question 
plus  loin  (Cbap.  III),  conduisait  à  cet  abaque  transformé. 

(^)  On  peut  substituer  au  système  de  ces  radiantes  une  droite  pivotant  autour 
du  point  O.  Il  suffit,  pour  cela,  d'inscrire  le  long  d'une  ligne  quelconque  les  cotes 
des  points  où  les  droites  (a,)  supposées  tracées  rencontreraient  cette  ligne.  On 
obtient  ainsi  une  certaine  échelle,  rectiligne  ou  curviligne,  qui  permet  de  repérer 
la  position  de  la  droite  pivotante  pour  chaque  valeur  de  a,.  Une  telle  disposition 
sera  même  avantageuse  au  point  de  vue  de  la  précision  de  l'interpolation  à  vue. 


■•"'  CHIPITIIR    II. 

Voici  des  exemples  de  tels  abaques  obtenus  par  acainorphose  : 

I"  Troisième  type  d'abaque  de   multiplication.   —    Od  peut,   pour 
représenter  l'équalion 


i:e  qui  lionne  comme  eourbes  colces  {a,)  les  radiantes 

t,T  -   li^iy. 

\a  lel  abaque  est  représenté  par  la  /(>.  aN.  Il  se  rencontre  parmi  les  Ta- 

Kig.  -x». 


[— 

p 

/  /  / 

[7 

r/ 

1 

/ 

/  ''  '  ' 

■/ 

/ 

-11 

t 

h 

^ 

M'- 

r-^ 

-' 

;! 

1 

$ 

1 

w- 

^ 

bleau\  {(rapliiques  dressés  par  M.  l'ingénieur  des  Ponts  et  Chaussées  Crépin, 
un  vue  de  l'étude  du  dessècliement  des  pajis  watringués,  dans  un  Mémoire 
remarquable  où,  pour  la  première  fois,  cette  question  complexe  est  sou~ 
■lise  au  calcul  ('). 

%"  Abaque  des  heures  de  lever  et  de  coucher  du  soleil.  —  Si  l'on 
représente  par  X  la  latitude  du  lieu  et  par  D  la  déclinaison  du  soleil  eor- 
lespondant  à  l'époque, l'angle  horaire  M  du  soleil 
ou  de  son  coucher  est  donné  par  l'équation 


—  rOS^  =  ti 


X.tangD, 


f 

ù' 


ÉQUATIONS   A    TROIS    VARIABLES.    ABAQUES    A    ENTRECROISEMENT.  ^j 

t|ui  rentre  dans  le  type  ci-dessus.  Nous  prendrons  donc,  pour  représenter 

ar— /,tangX,        j^-— /,  cos^l. 


rette  équation, 
d'où 


y  ^  /jrtangD. 
'1 


Si  l'on  prend  l\  •=  /j,  on  voit  que  la  droite  cotée  (D)  est  la  droite  menée 
par  l'origine,  qui  fait  l'angle  D  avec  l'axe  des  x. 

Chaque  horizontale  M  correspond  à  deux  cotes  égales  et  de  signes  con- 
traires. Mais  on  peut  immédiatement  écrire  les  valeurs  de  ces  angles 
horaires  en  temps,  ce  qui  donne  l'heure  vraie  du  lever  ou  du  coucher. 

Si  Ton  inscrit  ces  cotes  aux  points  de  rencontre  des  horizontales  (iH)  et 


Fig.  29. 


yi*^-^ 


d^un  cercle  de  rayon  /j,  ayant  «on  centre  en  un  point  quelconque  de  l'axe 
des  X,  on  obtient  la  Ji^,  29,  qui  est  une  réduction  de  l'abaque  construit 
par  M.  Collignon  (>). 

On  voit  que  l'horizontale,  passant  par  le  point  de  rencontre  de  la  verti- 
cale dont  la  cote  est  la  latitude  X  du  lieu  et  de  la  radiante  dont  la  cote 
est  la  déclinaison  D  du  soleil  pour  l'époque,  va  couper  le  cercle  horaire 


(')  L'abaque  de  M.  Collignon  est  complété  par  des  tracés  psrniettant  de  passer 
da  temps  vrai  au  temps  moyen  et  de  tenir  compte  de  la  durée  du  crépuscule 
{\.  A.,  '1*  série,  t.  XVIII,  p.  179,  et  3*  série,  t.  I,  p.  49^)- 


58  CHAPITRE   II. 

en  deux  points  dont  les  cotes  sont  les  heures  de  lever  et  de  coucher  du 
soleil. 

Au  lieu  de  coter  les  radiantes  au  moyen  des  valeurs  de  D,  on  pourrait 
inscrire  immédiatement  à  côré  de  chacune  d'elles  l'indication  de  l'époque 
correspondante,  ainsi  qu'on  l'a  fait  sur  \di  Jig,  29  pour  les  solstices  et  les 
équinoxes. 

3°  Abaque  des  débits  d^une  rivière.  —  Le  débit  d'une  rivière  en  un 
point  déterminé  est  donné  par  la  formule 

^  =  (I)  a, 

où  q  désigne  le  débit  exprimé  en  mètres  cubes  par  seconde,  (1)  l'aire  de 
la  section  exprimée  en  mètres  carrés,  u  la  vitesse  moyenne  exprimée  en 
mètres  par  seconde. 

Pour  la  section  considérée,  l'aire  a>  est  une  fonction /(A)  connue  de  la 
hauteur  d'eau  h  lue  sur  une  échelle  plongeant  dans  la  rivière.  On  peut 
donc  écrire 

(1)  q=u/(h). 

D'autre  part,  lorsqu'il  ne  s'agit  que  d'une  détermination  approximative, 
on  peut  prendre  pour  la  vitesse  moyenne  u  le  produit  par  0,8  de  la  vitesse 
à  la  surface  donnée  par  un  flotteur  parcourant  pendant  t  secondes  une 
longueur  connue  e,  comprise  entre  deux  repères,  en  sorte  que 

(a)  0,8  e  =  ut. 

L'équation  (i)  peut  être  représentée  au  moyen  des  éléments  cotés 

(m)  X  =  liU^ 

(9)  y=^Uq, 

(h)  y=Yj'^h)x, 

et  l'équation  (2),  ainsi  que  cela  a  été  expliqué  au  n^  iS,  au  moyen  de  la 
courbe 

TV 

qui  est  une  hyperbole  équilatère  G,  dessinée  sur  le  quadrillage  défini  par 

37  =  /j  a,        y  =  /j  t. 

Nous  pouvons  faire  coïncider  l'axe  des  x  de  ce  quadrillage  avec  celui  de 
l'abaque  précédent,  son  axe  des  y  étant  dans  le  prolongement  de  l'autre 
et  en  sens  contraire. 

Pour  construire  les  droites  cotées  (/t),  il  suffit  de  remarquer,  ainsi  qu'on 
l'a  fait  au  début  de  ce  numéro,  que,  sur  la  droite  x  =  l\,  ces  droites  déter- 
minent l'échelle 

y  =  hf{h). 


tQDATlOItS   A   TROIS   VIRIABLRS.    ABAQUES    A    ENTRECROISEUE.M.  5^ 

L'abaque   ainsi    obienu    (  fig.    3o)   est    celui    qui    a    été    établi    par 


/ 

^ 

/ 

'^J^'d 

,,/> 

^  'A 

/ 

(a) 

/ 

1 

/ 

-r 

«y 

A 

^^^ 

y 

^ 

ife 

V 

u 

'  ><3 

„mw 

^.- 

■M^ 

'' 

i^-'-g 

A 

. 

à 

^ 

^H 

1 

1  1 

— ' — 

>■ 

[>' 

/ 

> 

Îm 

/ 

/ 

lea 

H.  Vandervin,  iogÉDieur  au  corps  belge  des  Ponts  cl  Chaussées,  pour 


6o  CHAPITRE    II. 

la    stalion    de    Hombeek ,    sur    la    Senne    (*),    où    l'on  avait    e  =  loo". 
I/abaque  de  M.  Vandervin  a  été  construit  avec  les  modules 

/,  =  o™,i,         /,=  o'",oo?.,         /',  =  o"*,ooo5. 

La  Jlg,  3o  en  est  la  réduction  aux  '. 

Le  mode  d'emploi  de  cet  abaque  est  le  suivant  :  La  verticale  pas- 
sant par  le  point  de  rencontre  de  ^horizontale  (t)  et  de  r hyperbole  G 
coupe  la  radiante  (h)  en  un  point  situé  sur  Vhorizontale  (q)  (*). 

Par  exemple,  le  aS  janvier  1891,  à  Hombeek,  le  flotteur  a  parcouru  la 
distance  des  repères  en  ^  =  92',  la  hauteur  d'eau  étant  de  12", 04.  La  ver- 
ticale passant  par  le  point  de  rencontre  de  l'horizontale  /  =  92'  et  de 
l'hyperbole  G  coupe  la  radiante  12™, oî  en  un  point  dont  l'horizontale 
suivie  jusqu'à  l'échelle  des  débits  donne  q  =  38™*, 5. 

4"  Abaques  des  poutres  chargées.  —  Le  commandant  Ghéry  (depuis 
lors  général)  a,  dans  sa  Pratique  de  la  résistance  des  matériaux  ('), 
«lonné  une  série  d'abaques  pour  le  calcul  des  poutres  chargées,  traduisant 
pour  les  diverses  sections  usuelles  l'équation 

pa^T^q 

déjà  définie  au  n°  23  (4**).  Pour  construire  ces  abaques,  il  a  eu  recours  au 
quadrillage  anamorphose  défini  par  les  équations 

^  =  iip,     y  =  ^t' 

d'où  résulte  pour  les  éléments  cotés  (q)  l'équation 

liX  =  l^qy, 

qui  définit  des  radiantes  issues  de  Torigine.  Au  lieu  d'inscrire  à  côté  de 
chacune  de  ces  radiantes  la  valeur  correspondante  de  q,  le  commandant 
Ghéry  y  a  placé  une  lettre  de  référence  renvoyant  à  une  table  placée  en 
regard  de  l'abaque  où  se  lisent  les  dimensions  de  la  section  donnant  cette 
valeur  de  q. 

On  trouvera,  dans  la  partie  du  Ghapitre  IV  consacrée  au  calcul  des  pro- 


(')  Annales  des  Travaux  Publics  de  Belgique,  1892.  Dans  le  même  Mémoire, 
M.  Vandervin  construit  un  abaque  de  même  type  pour  le  calcul  des  moments 
d'inertie  des  rectangles. 

On  en  trouve  un  autre  pour  le  calcul  des  sections  résistantes  des  travées 
droites  dans  une  étude  de  M.  D.  Gorrieri  {Atti  del  Collegio  degli Ingegneri ed 
Architetti  in  Bologna,  1895). 

(')  On  pourrait,  à  côté  de  chaque  verticale,  écrire  la  valeur  correspondante 
de  t  obtenue  par  Tintermédiaire  de  l'hyperbole  C,  ce  qui  reviendrait  à  faire  une 
anamorphose  le  long  de  Ox. 

(^)  Paris,  Ducher  et  €'•;  1877. 


ÉQUATIONS   A   TROIS    VARIABLES.    ABAQUKS   A    ENTRECROISEMENT.  6l 

fils  de  remblai  et  de  déblai,  d'autres  exemples  d'abaques  à  radiantes 
{fig»  ii6  à  122). 

28.  Anamorphose  logarithmique .  —  Toute  équation  repré- 
sen table  par  un  abaque  à  radiantes  est  également  susceptible  d'être 
représentée  par  un  abaque  à  parallèles. 

Le  type  d'équation  du  n"  27  peut,  en  eflcl,  s'écrire,  lorsqu'on 
prend  les  logarithmes  des  deux  membres, 

Il  rentre  alors  dans  le  type  du  n"  26,  représentablc  par  un  système 
de  droites  parallèles  tracées  sur  un  quadrillage  irrégulier. 

On  appréciera  par  la  suite  tous  les  avantages  de  cet  ingénieux 
artifice,  dû  à  Léon  Lalanne,  et  qui  a  constitué  la  première  formir 
sous  laquelle  s'est  présenté  à  lui  le  principe  de  l'anamorphose. 

Pour  effectuer  la  représentation  de  l'équation  ci-dessus  confor- 
mément à  la  méthode  indiquée  au  n^  2i,  on  commencera  par 
tracer  le  quadrillage  formé  par  les  perpendiculaires  élevées  respec- 
tivement à  Ox  et  à  Oy  par  les  points  de  division  des  échelles 
définies  sur  ces  axes  par  les  équations 

(ai)  ^=^  'ilog/i(a,  ), 

^«î)  y-  ^log/!(aj). 

On  n'aura  plus  ensuite  qu'à  construire  les  droites 

ce  qui  peut  se  faire,  ainsi  qu'on  l'a  vu  au  n^  26,  en  graduant  la 
perpendiculaire  O3  à  la  direction  de  ces  droites  suivant  la  loi 

(o,  bu)  '  ~ 


Àé  — 


s/l\  -f-  Il 


La  construction  des  échelles  logarithmiques  (a,  ),  (aj)  et  (as  bis) 
n'offre  d'ailleurs  pas  plus  de  difficulté  que  celle  des  échelles  des 
foDCtions /i , /a  et /a  lorsqu'on  dispose  d'un  étalon  logarithmique 
ainsi  qu'on  l'a  fait  observer  au  n"  6. 

Au  surplus,  on  trouve  maintenant  dans  le  commerce  du  papier 


02  CHAPITRE   II. 

à  quadrillage  logarithmique  (*),  grâce  auquel  la  construction  d'un 
abaque  de  ce  genre  se  fait  avec  la  même  facilité  que  celle  d'un 
abaque  non  anamorphose  sur  du  papier  à  quadrillage  régulier. 

On  doit  à  M.  R.  Mehmke  un  autre  mode  d'utilisation  des  plus 
remarquables  de  Tanamorphose  logarithmique,  sur  lequel  nous 
reviendrons  plus  loin  (n**  139)  et  qui  consiste  à  substituer  à  cer- 
taines courbes  algébriques  non  pas  des  droites,  ce  qui  ne  serait 
pas  possible,  mais  de^  courbes  qui  peuvent  être  obtenues  par 
translation  d'une  seule  et  même  courbe  dessinée  sur  un  transpa- 
rent. 

29.  Exemples  :  i°  Quatrième  type  d* abaque  de  multiplication,  —  Les 
exemples  d'application  de  l'anamorphose  logarithmique  sont  extrêmement 
nombreux.  Le  plus  classique  d'entre  eux  est  celui,  dû  à  son  inventeur 
même,  qui  a  trait  au  calcul  des  profils  de  remblai  et  de  déblai  et  que  Ton 
trouvera  plus  loin  (n°  108).  Nous  aurons  d'ailleurs  bien  d'autres  occasions 
d'utiliser  ce  principe  dans  la  suite  de  cet  Ouvrage.  Aussi  pensons-nous 
pouvoir  nous  borner  pour  le  moment  à  indiquer  l'application  classique  qui 
en  a  été  faite  par  Lalanne  lui-même  à  la  multiplication  (<). 

Pour  représenter  l'équation 

a,  aj  =  «s, 

il  suffit,  après  l'avoir  écrite 

logai-4-logaj=  logaj, 


(')  Nous  signalerons,  sur  ce  papier  logarithmique,  dont  l'idée  paraît  due  à 
M.  W.-F.  Durand,  deux  intéressants  articles,  l'un  de  M.  René  de  Saussure  dans 
la  Bévue  scientifique  {i*  semestre  1894,  p.  743),  l'autre  du  P.  Poulain  dans  le 
Cosmos  (numéro  du  29  juin  1895,  p.  390). 

(')  Description  et  usage  de  l'abaque,  etc.  (i845;  2*  édition,  i85i;  Z*  édition, 
i863).  Les  exemples  d'application  de  l'anamorphose  logarithmique  sont  très  nom- 
breux. Nous  citerons  ceux  donnés  par  M.  Collignon  pour  l'écoulement  de  l'eau 
dans  les  tuyaux  {Cours  d* hydraulique)^  par  le  colonel  Goulier  pour  certaines 
corrections  topométriques  {Mémorial  de  l'officier  du  Génie,  n"  18,  1868),  par 
M.  A.  Kapteyn  pour  divers  calculs  relatifs  aux  machines  à  vapeur  {Revue  uni- 
verselle des  mines,  2*  semestre,  1876),  par  M.  A.  van  Muyden  pour  le  calcul  des 
conduites  d'eau  sous  pression  {Bull,  de  la  Société  vaudoise  des  ingénieurs, 
mars  1884 )  ainsi  que  pour  le  calcul  des  conducteurs  électriques  {Lumière  élec- 
trique, 9  janvier  1886),  etc. 

Divers  auteurs  allemands,  MM.  G.  Hermann  {Das  graphische  Einmaleins,  ..., 
Braunschweig,  1875),  Helmert  {Zeitschrift  fur  Vermessungswesen,  1876), 
Vogler  {Sechs  graphische  Tafeln. .  .j  Berlin,  1877),  semblent  être  arrivés  de 
leur  côté  au  même  principe  dont  la  priorité  ne  saurait  pourtant  être  contestée  à 
Lalanne. 


IQUATIONS   A 


!   TABIIBLES.    IBAQt'ES  A   ENTRECROH^EMEMT. 


X  =  l  logai,        y  ~  Hoga,, 

ce  qui  donne  pour  les  droites  (a,)  Téquation 

af-H/  =  /losa,. 

On  voit  qu'une  fois  le  quadrillage  construit  les  droiles(a])  scdclermineot 
1res  aisémenl.  La  droite  ayant  pour  cote  une  certaine  valeur  de  a,  coupe, 
en  effet,  les  ases  Or  et  Oy  aux  points  ayant  précisément  pour  cote,  dans 
les  graduations  de  ces  aies,  la  valeur  considérée  de  a,. 
On  obtient  ainsi  l'abaque  représenté  par  la  _^ff.  3i. 


Fig.  3i 


1*  Abaque  de  l'équation  des  portéei  tum 
faire  voir  comment  l'anamorphose  logarithmique  permet  de  substituer  à 
des  abaques  à  radiantes  des  abaques  à  parallèles.  Son  rôle  se  borne  dans 
ce  cas  à  remplacer  des  llgnea  droites  par  d'autres  lignes  droitesd'unc  dis- 
position plus  avantageuse.  On  saisira  par  la  suite  tout  l'intérêt  d'une  telle 
substitution,  mais  il  est  bon  d'observer  que  l'anamorphose  logarithmique 
permet  encore  de  construire  des  abaques  à  lignes  droites  pour  des  équa- 
tions qui  ne  sauraient,  sans  ce  secours,  bénéficier  d'une  telle  simplifi- 


Une 


mple  remarquable  n 


l'abaque  de  l'équation  d 


64  CHAPITRE    II. 

portées  lumineuses  (*),  conslruit  pour  le  Service  des  Phares  par  M.  E. 
Allard  qui  en  était  alors  Tingénieur  en  chef.  Cette  équation  est 

looLa''^  </*, 

où  a  désigne  le  coefficient  de  transparence  du  milieu,  L  l'intensité  lumi- 
neuse et  d  la  portée  lumineuse  en  kilomètres. 

Pour  construire  l'abaque  de  cette  équation,  il  suffit  de  l'écrire 

log  looL  —  —  rfloga   -ilogrf, 
et  de  constituer  le  quadrillage  au  moyen  des  formules 

(a)  X    -  —  Il  logrt, 

(L)  7 -z /,  logiooL, 

ce  qui  donne  pour  éléments  cotés  (d)  les  droites 
(d)  y  =  -Y^x-\- ililogd. 

On  commencera  donc  par  porter  sur  Ox  et  Oy  les  échelles  définies  par 
les  formules  (a)  et  (L),  pour  élever  ensuite  à  ces  a\es,  par  les  points  de 
division  ainsi  obtenus,  les  perpendiculaires  qui  constitueront  le  quadrillage 
de  Tabaquc. 

M.  Allard  a  donné  à  ces  échelles  la  forme  isograde  (n*^8),  de  façon  qu'en 
dépit  de  l'anamorphose  le  quadrillage  présente  un  aspect  régulier.  II  a 
pris  pour  les  modules  les  valeurs 

'1™ 
'i  ^"^  -77-  •=  I    fJJJ. . .. 

/î-o"',o4 

et  a  adopté,  tant  sur  l'axe  Ox  que  sur  l'axe  O/,  un  intervalle  constant 
de  a""". 
Cela  conduit  à  donner  à  a  des  valeurs  dont  les  logarithmes  décroissent 

régulièrement  de 

0,002  X  H  . 

=  0,001 5 

4  • 

et  à  L  des  valeurs  dont  les  logarithmes  croissent  régulièrement  de 

0,002 

— r  =  o,oj. 
0,04 

D'ailleurs,  l'échelle  (a)  a  été  construite  sur  o"',uo  de  longueur,  soit  jus- 


(')  Mémoire  sur  l'intensité  et  la  portée  des  phares^  par  E,  Allard  (Paris, 
Imprimerie  Nationale;  187*3). 


tQUATIONB  A  TROIS  TABIAILBS.    AiÂQDBB   A   ENTRECROlSBlSnT.  65 

I  nombre  dg  tel  que 

—  j\oga„  =  o,t 

\o%a„  —  —  a,i5  —  1,85, 


et  l'échelle  (L)  sur  o'iSo  de  longueur  avec  une  limite  supérieure  égale 

1-B    3ï 


h\i^ 


k 

:  r 


loooDtNM),  ce  qui  donne  pour  la  limite  inférieure  Lg 
o,o4(7-'oeLo)-o,3, 


66  CHAPITRE   II. 

OU 

logLo  =  —  0,5  =  1 ,5, 

d'où 

Lo=  0,3^. 

\a  fig.  39.  reproduit  un  fragment  de  Tabaque  ainsi  obtenu  (*)• 

M.  Allard  a  remarqué  que  si  (a,  L,  d)  est  une  solution  de  l'équation, 

c'est-à-dire  si 

100  La*' =  d^y 

cette  égalité  peut  s'écrire,  X  étant  un  nombre  absolument  quelconque, 

\\\d 


iooX«L\a>^)     =(Xrf)« 


et  que,  par  suite,  \a^,  X'L,  Xrf/  est  aussi  une  solution  de  l'équation. 

On  reconnaît  là  une  application  du  principe  de  la  superposition  des  gra- 
duations (n**  âO). 

L'équation  ci-dessus  peut  en  effet  s'écrire 


\    loo    / 


Sous  cette  forme  on  voit  qu'elle  rentre  dans  le  type  (6)  du  n**  21,  lors- 
qu'on y  fait 

tti  ^~  dy        a^T-.  L,  as  =^  a, 

ce  qui  fait  correspondre  à  la  solution  (d,  L,  a)  la  solution  (Xé/,  X*L,  aîcr<). 
ainsi  qu'on  vient  de  le  constater. 

Si,  par  exemple,  on  prend  X  =  —  >  on  voit  qu'à  la  solution  (d,  L,  a)  cor- 
respond la  solution  ( — >  — >  a^^  ).   Le   passage  de  d  ci   Là  —  et —^ 

\  10     loo  I  <o        loo 

s'opère  immédiatement  de  tête.  Il  n'en  est  pas  de  même  de  celui  de  a  à  a*<>. 

Pour  cette  raison,  les  valeurs  de  a^^  ont  été  inscrites  à  côté  de  celles  de  a 
sur  une  seconde  ligne.  Il  suffira  donc,  si  la  valeur  de  a  figure  dans  cette 
seconde  ligne,  de  prendre  sur  l'échelle  de  L  la  valeur  de  looL  et  de  diviser 
par  10  la  valeur  obtenue  pour  d. 

Par  exemple,  la  verticale  0,917  (T"  ligne)  ou  0,4^2  (it*  ligne)  coupant 
l'horizontale  1,78  sur  l'oblique  9,  on  a  les  solutions 

a -^0,917,         L  =  i,78,  û?  =  9 

et 

a  =  0,42'-^»         L  =  0,0178,         rf  =  o,9. 


(')  PI.  K  du  Mémoire  cité. 


fiQUATIONS   A   TROIS    VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.  67 

m.  —  Emploi  d'un  transparent  à  trois  index.  Abaques  hexagonaux. 

Anamorphose  graphique. 

30.  Desiderata  à  réaliser  dans  la  lecture  d^ un  abaque.  — 
L'anamorphose,  sur  laquelle  nous  venons  de  nous  étendre,  eh  per- 
inellant  de  constituer  Pabaque  de  certaines  équations,  uniquement 
au  moyen  de  systèmes  de  lignes  droites  et,  plus  particulièrement, 
de  droites  parallèles,  introduit  une  large  simplification  dans  la 
construction  des  abaques,  mais  sans  qu'il  en  résulte  de  changement 
essentiel  dans  leur  mode  d'emploi. 

Celui-ci  se  réduit  toujours  à  ce  qui  suit  :  prendre  le  point  de 
rencontre  de  deux  droites  cotées,  et  lire  la  cote  d'une  ligne, 
droite  ou  courbe,  passant  par  ce  point. 

Or,  du  fait  qu'une  cote  inscrite  en  un  point  d'une  ligne  s'étend 
à  toute  cette  ligne,  il  résulte  qu'il  faut,  soit  en  partant  de  cette 
cote  pour  chercher  un  point  d'intersection  situé  sur  la  ligne,  soit 
en  parlant  de  ce  point  pour  chercher  la  cote,  suivre  la  ligne  sur 
une  certaine  étendue. 

Cette  opération  s'appliquant  à  trois  lignes  pour  chaque  lecture, 
on  risque,  pour  peu  qu'on  ait  quelque  défaut  d*attention,  de 
passer  de  la  ligne  qui  devrait  être  suivie  à  la  voisine  et,  par  suite, 
de  commettre  une  erreur  de  lecture. 

En  outre,  si  les  valeurs  des  variables  auxquelles  on  a  aflaire  ne 
sont  pas  de  celles  auxquelles  correspondent  des  lignes  effective- 
ment tracées  sur  l'abaque,  il  faut,  par  la  pensée,  faire  une  inler- 
|)olation  entre  ces  lignes,  opération  qui  n'est  pas  tout  à  fait  aussi 
simple  que  lorsqu'il  s*agit  de  placer,  également  à  vue,  un  point 
intermédiaire  entre  ceux  d'une  échelle  portée  sur  une  ligne. 

Enfin,  Fenchevêtrement  des  lignes  sur  les  abaques  précédem- 
ment décrits  peut,  à  la  longue,  produire  une  certaine  fatigue  de 
la  vue. 

Ces  inconvénients  ne  sont  pas,  tant  s'en  faut,  de  nature  à  faire 
renoncer  à  l'emploi  des  abaques  construits  comme  on  "vient  de  le 
dire;  on  peut  d'ailleurs  les  atténuer,  dans  une  certaine  mesure, 
par  l'emploi  de  traits  de  force  convenablement  espacés  dans  le 
réseau  des  lignes  tracées  (n^  43)  ;  ils  sont  assez  sensibles  cependant 
pour  qu'on  se  soit  préoccupé  des  moyens  de  s'en  affranchir. 


68  CHAPITRE    II. 

Le  but  à  atteindre  peut,  d'après  ce  qui  vient  d'être  dit,  être  dé- 
fini ainsi  qu'il  suit  :  faire  en  sorte  que,  sur  l'abaqoe,  une  cote  ne 
soit  attachée  qiCà  un  seul  point,  l'équation  à  représenter  se  tra- 
duisant par  une  certaine  relation  de  position  entre  plusieurs 
points. 

On  trouvera  plus  loin  (Ch.  Ill)  une  méthode  d'une  grande  gé- 
néralité permettant  d'atteindre  ce  but.  Mais  nous  possédons  dès 
maintenant  le  moyen  de  réaliser  cette  condition  pour  les  équa- 
tions représentables  par  trois  systèmes  de  droites  parallèles,  grâce 
à  une  nouvelle  extension  de  l'usage  des  transparents  dont  il  a  été 
question  aux  n"  13  et  18. 

31.  Transparent  à  trois  index.  —  Si  nous  nous  reportons  au 
n°  26,  nous  voyons  que  pour  construire  l'abaque  de  l'équation 

nous  n'avons  (en  prenant  les  modules  /|  et  /^  égaux  entre  eux  et 

les  désignant  alors  par  la  seule  lettre  /)  qu'à  porter  sur  les  axes 

Ox  et  Oy  supposés  rectangulaires  et  sur  leur  bissectrice  0^  les 

échelles  définies  par 

X   - //i(a,), 

y-  //î(«0, 


/ 


•X 


et  à  élever,  par  les  points  cotés  de  ces  échelles,  des  perpendiculaires 
respectivement  à  ces  trois  axes. 

Si  donc  nous  avons  recours  à  l'emploi  d'un  transparent  tel 
qu'il  a  été  indiqué  aux  n"**  13  et  18,  nous  voyons  que  nous  pour- 
rons, grâce  à  ce  transparent,  rendre  inutile,  non  seulement  le 
tracé  des  perpendiculaires  élevées  aux  axes  Oor  et  Oy  respecti- 
vement par  les  points  des  graduations  (ai)  et  («2),  mais  encore 
celui  des  perpendiculaires  élevées  à  Oz  par  les  points  de  la  gi*a- 
duation  (a.^)  pourvu  que,  par  le  centre  'du  transparent,  point  de 
rencontre  des  index  I^  et  I2,  nous  fassions  passer  un  troisième 
index  I3  perpendiculaire  à  0.3  {/i^^'  33). 

Lorsque  nous  déplacerons  ce  transparent,  en  lui  consentant 
son  orientation,  ses  trois  index  I|,  J2  et  I3  coïncideront  à  chaque 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A  ENTRECROISEMENT.  69 

instant  avec  trois  des  droites  que  Ton  s'est  dispensé  de  tracer  et 
dont  les  cotes  se  correspondent  en  vertu  de  l'équation  donnée. 

En  d'autres  termes,  il  suffit,  le  transparent  ayant  une  orien* 
TATioir  CONVENABLE  (  *  ),  de  faire  passcr  les  index  l|  et\^  respec- 
Uvement  par  les  points  a,  et  a2  des  axes  Ox  et  Oy  pour  que 
l'index  Ij  donne  a,  sur  l'axe  Oz, 

Fig.  33. 


L'abaque,  dans  ce  cas,  se  réduit  donc  aux  trois  échelles  recti- 
li^es  (^4),  {0L2)  et  (as),  complétées  par  le  transparent  portant  les 
trois  index  Ii,  la  et  I3  (^). 

Cet  emploi  du  transparent  mobile  a  été  proposé  par  M.  Blum, 
à  l'occasion  des  calculs  de  terrassements,  dans  une  Note  sur 
laquelle  nous  aurons  occasion  de  revenir  (')  (n®  108). 


(')  Poar  le  maintien  de  l'orientation  du  transparent,  voir  ce  qui  a  été  dit  au 
D-  13. 

(')  Il  y  a  lieu  de  se  préoccuper  des  variations  du  papier  en  longueur  et  lar- 
geQr;  avec  un  papier  de  bonne  qualité,  ces  variations,  bien  que  pouvant  difTérer 
d'un  lens  à  Taulrt,  sont  uniformes  dans  chaque  sens,  ainsi  que  permet  de  le  con- 
sulter ce  fait  qu'un  rectangle  dont  les  côtés  sont  parallèles  aux  bords  de  la  feuille 
de  papier  ne  cesse  pas  d'être  un  rectangle.  S'il  reste  semblable  à  lui-même,  c'est 
qoe  tous  les  angles  se  sont  conservés  sur  la  figure,  les  droites  restant  des  droites. 
Par  soite,  l'application  du  transparent  à  trois  index  donne  les  mêmes  résultats 
gae  s'il  n'y  avait  eu  aucune  variation.  Si  le  rectangle  ne  reste  pas  semblable  à 
loi-même,  c'est  que,  les  droites  restant  encore  des  droites,  les  angles  ne  se  sont 
pas  conservés;  par  suite,  le  transparent  précédent  ne  peut  plus  servir.  Mais,  si 
r<Hi  a  eu  soin  de  figurer  sur  l'abaque  les  directions  des  normales  aux  trois 
échelles,  elles  donneront,  à  chaque  instant,  les  directions  corrigées  des  trois 
index  du  transparent. 

(')  A.  P.  C,  i*  sem.,  p.  455:  1881. 


70  CHAPITRE   II. 

Remarque,  —  li  n'est  pas  essenliel  que  les  trois  échelles  don- 
nant les  cotes  des  trois  systèmes  de  parallèles,  non  tracés,  aux- 
quels on  substitue  les  index  du  transparent,  soient  perpendiculaires 
à  la  direction  de  ces  systèmes;  il  n^est  même  pas  nécessaire 
qu'elles  soient  reclilignes.  Supposant,  en  effet,  les  trois  systèmes 
de  parallèles  d'abord  construits,  nous  pouvons  inscrire  leurs  cotes 
à  leur  rencontre  avec  des  lignes  quelconques  et  effacer  ensuite 
ces  systèmes  en  ne  conservant  que  leurs  graduations  avec  les 
lignes  leur  servant  de  support.  L'application  du  transparent 
convenablement  orienté  sur  le  tableau  formé  par  les  trois  échelles 
curvilignes  conservées  tient  lieu  des  systèmes  de  parallèles  effacés. 

On  peut  même,  si  les  trois  graduations  ne  se  gênent  pas 
mutuellement  dans  les  limites  admises,  les  inscrire  le  long  d'une 
seule  et  même  ligne. 

Mais,  si  des  circonstances  spéciales  peuvent,  en  certains  cas, 
conduire  au  choix  de  telles  dispositions,  il  est,  d'une  manière 
générale,  préférable  sous  le  rapport  de  la  précision,  d'adopter  des 
échelles  perpendiculaires  à  la  direction  des  index  correspondants. 

32.  Principe  des  abaques  hexagonaux,  —  Si  l'on  se  reporte 
au  numéro  précédent,  on  voit  que,  moyennant  l'emploi  du  trans- 
parent à  trois  index,. la  construction  de  l'abaque  d'une  équation 
représentable  par  trois  systèmes  de  droites  parallèles  se  réduit  à 
la  construction  des  échelles  des  trois  fonctions /"i (ai),  /^{(x.^)  et 
f^i^z)  respectivement  portées  sur  les  axes  Ox^  Oy  et  leur  bissec- 
trice Oz,  avec  le  même  module,  d'ailleurs  quelconque,  pour  les 
deux  premières,  et  ce  module  divisé  par  y/2  pour  la  troisième.  Or, 
il  arrive  souvent  que  ces  trois  échelles  dérivent  d'un  même  étalon 
(n^  6),  l'étalon  logarithmique  par  exemple;  il  y  aurait  donc  avan- 
tage à  pouvoir  constituer  l'abaque  au  moyen  de  trois  échelles  de 
même  module.  Cette  considération  fait  ressortir  a  priori  l'intérêt 
qui  s'attache  à  l'artifice,  dû  à  M.  Lallemand,  dont  il  va  être  main- 
tenant question  et  qui  a  encore  l'avantage  d'une  disposition  plus 
symétrique  des  échelles,  celles-ci  étant  parallèles  aux  trois  côtés 
d'un  triangle  équilatéral. 

Cet  artifice,  auquel  l'auteur  est  parvenu  par  une  voie  qui  sera 
indiquée  plus  loin  (n**  33),  consiste  à  faire  usage  des  coordonnées 
ainsi  définies  :  Ayant  pris  deux  axes  Ox  et  Oy  faisant  entre  eux 


ÉQUATIONS  A   TROIS    VARIABLES.   ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.  71 

un  aDgIe  de    -^  ou   120°,  les  coordonnées  d'un   point  sont  les 

distances  de  Torigine  O  aux  pieds  des  perpendiculaires  abaissées 
de  ce  point  respectivement  sur  Ox  et  Oy. 

Dans  un  tel  système  de  coordonnées,  toute  droite  est  représentée 
par  une  équation  du  premier  degré 

ax  -h  by  -^  c  =  o. 

On  trouve,  en  outre,  bien  aisément,  que  la  distance  de  Torigine 
à  cette  droite  est  donnée  par 

Q    :—    .     .    .      -  -    -  _    -■  - 


I  /  a*  -f-  6*  -h  a  a6  cos  ^ 


S 


En  particulier,  si  Ton  prend  une  droite  perpendiculaire  à  la 
bissectrice  O^s  de  xOy^  droite  dont  l'équation  est  de  la  forme 

on  a 

fi  , 

0  = —  //. 

2  COS- 

O 

Dès  lors,  Fabaque  de  Téquation 

étant  défini,  avec  le  module  /,  au  moyen  des  équations 

x-\-y  =  IMoLi^, 

celles-ci,  où  x  eiy  désignent  nos  nouvelles  coordonnées,  repré- 
sentent, comme  dans  le  cas  des  coordonnées  cartésiennes,  des 
droites  respectivement  perpendiculaires  à  Ox,  à  Oy  et  à  la  bissec- 
trice Oz  de  Tangle  de  ces  axes;  mais  ici  les  distances  de  Toriginc 
aux  droites  du  troisième  système,  qui  définissent  Téchelle  portée 
sur  O^,  sont  données,  en  vertu  de  la  formule  ci-dessus,  par 

On  obtient  donc  alors  sur  Os  une  échelle  de  même  module  que 
celles  portées  sur  Ox  et  Oy, 

La  construction  de  Fabaque  se  réduit  par  suite  à  celle  des  échelles 


72  GHAPITRB    11. 

des  fonctions /i  (ai),  fii^a)  el/3(aj),  eiTectuée  avec  le  même  mo- 
dule, respectivement  sur  les  axes  Ox,  Oy  et  Oz  tels  que  l'angle 

jcOy  soit  égal  à  -^  ou  120®,  et  que  Oz  soit  la  bissectrice  de  cet 

angle  {^g.  34). 

Ici,  les  index  I| ,  Is  et  I3,  respectivement  perpendiculaires  à  Ox, 
Oy  et  Oz  constituent  les  trois  diagonales  d'un  hexagone  régulier, 
d'où  le  nom  d'abaque  hexagonal  donné  à  ces  sortes  de  dia- 
grammes. 

Si  donc  on  veut  constituer  le  transparent  au  moyen  d'une  ma- 
tière rigide  ayant  des  bords  parallèles  aux  trois  index,  on  lui 
donnera  la  forme  d'un  hexagone  régulier. 

Fig.  3i 


L'orientation  du  transparent  sera  encore  assurée  au  moyen  de 
parallèles  équidistantes  à  la  direction  de  Kun  des  index  (*),  et  son 
mode  d'emploi  ne  différera  pas  de  celui  que  nous  avons  précé- 
demment indiqué  pour  les  abaques  à  axes  rectangulaires  (n®  31). 
Nous  croyons  bon  toutefois  de  le  rappeler  : 

Le  transparent  étant  orienté,  et  son  index  I|  passant  par  te 
point  coté  ai  de  ta  première  échelle,  on  le  fait  glisser  dans  ta 
direction  de  cet  index  (en  appuyant  une  règle  contre  l'un  de 


(')  Pour  assurer  rigoureusement  cette  orientation,  il  suffit  de  tracer  sur  le 
transparent  un  index  I^  perpendiculaire  à  I,.  Cet  index  étant  mis  en  coïnci- 
dence avec  O27  de  façon  que  le  centre  du  transparent  marque  le  point  coté  a,  sur 
cet  axe,  on  applique  une  règle  contre  un  des  bords  du  transparent,  parallèles 
à  I,,  et  Ton  fait  £;lisser  ce  transparent  le  long  de  la  règle  jusqu'à  ce  que  l'index  I, 
passe  par  le  point  coté  a,  sur  0^. 


ÉQUATIONS  A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ENTRECROISEMENT.  78 

ses  bords  parallèles  à  I|  s'il  est  rigide)  Jus qu^ à  ce  que  r index  I2 
passe  par  te  point  a2  de  la  deuxième  échelle.  U index  I3  ren- 
contre alors  la  troisième  échelle  en  un  point  dont  la  cote  est 
la  valeur  aj  demandée. 

33.  Forme  géométrique  élémentaire  du  principe  précédent. 
—  Appelons  A,  B,  Clés  points  où  les  index  I|,  I2,  I3  rencontrent 
respectivement  Ox^  Oy^  Oz  {fig-  35). 


Les  segments  OA,  OB  et  OC  représentent,  d'après  le  numéro 
précédent,  lf\{^\)^  '/iiC^a)  ^t  ijz{^z)-  On  a  donc 

OC  =  OA  -+-  OB, 

et  comme  ces  segments  ne  sont  autres  que  les  projections  de  la 
distance  des  points  O  et  O'  sur  Ox,  Oy  et  O5,  on  voit  que  Téga- 
lité  précédente  exprime  la  propriété  qui  s'énonce  ainsi  : 

La  projection  d'un  vecteur  sur  la  bissectrice  d'un  angle 
de  120^  est  égale  à  la  somme  des  projections  de  ce  vecteur  sur 
les  côtés  de  cet  angle. 

Cette  propriété  est  d'ailleurs  bien  facile  à  démontrer  direc- 
tement. Elle  traduit,  en  effet,  l'identité  trigonométrique 


COSO) 


=  COS  (  ^  —  O)  j  -^  cos  f  j  —  w  j  , 

dont  la  vérification  est  immédiate,  attendu  que 

COS  (  T  -+"*«*  )  -r"  COS  (  ô  —  W  )   =2  COS  O)  cos  - 


74  CHAPITRE  II 

et  que 


TT  I 

cos  -  =  - 

3         2 


On  peut  donc,  par  une  marche  inverse,  partir  de  ce  théorème 
tout  élémentaire  pourétabh'r  le  principe  des  abaques  hexagonaui[. 
C'est  d'ailleurs  ainsi  qu'a  procédé  M.  Lallemand  pour  établir  hi 
théorie  de  ce  genre  d'abaque  (*  ). 

La  voie  par  laquelle  nous  y  sommes  parvenus,  un  peu  moins 
élémentaire  sans  doute,  a  toutefois  l'avantage  de  rattacher  plus 
intimement  cette  théorie  au  corps  même  de  la  doctrine  exposée 
dans  cet  Ouvrage  et  qui  embrasse  la  généralité  des  abaques. 

34.  Déplacement  des  échelles  (-). —  Si  l'on  se  donne  les  limites 
des  variables  ai  et  a2  auxquelles  correspondent  respectivement  les 
points  «  et  B|  d'une  part,  Aj  et  B^  de  l'autre,  les  limites  de  a» 
en  résultent  attendu  que  lorsque  les  index  1|  et  I^  passent  respec- 
tivement par  A|  et  A2,  l'index  I3  détermine  sur  la  première 
échelle  le  point  As;  de  même  pour  Es-  On  voit,  en  outre,  en 
vertu  du  théorème  énoncé  ci-dessus,  que  l'on  a 

A3B3=  AjBi-+-A,Bj. 

Les  points  cotés  sur  A|  B|  servent  à  déterminer  la  position  do 
l'index  1|  dont  la  direction,  perpendiculaire  à  A|B|,  est  fixe.  Il 
résulte  de  là  que  si  l'on  déplace  l'échelle  A|  B|  dans  cette  direc- 
tion pour  la  reporter  en  A',  B'^,  chaque  point  coté  continuera  à 
définir  la  même  position  pour  l'index  I|  {Jig.  36). 

La  même  remarque  s'appliquant  aux  deux  autres  échelles,  on 
voit  que  chaque  échelle  peut  être  déplacée  d^une  quantité  quel- 
conque normalement  à  sa  direction. 

On  pourra  donc  prendre  pour  supports  des  échelles  (ai),  (a2) 


(' )  En  dehors  de  la  Note  insérée,  en  i88(),  dans  les  Comptes  rendus,  par  la- 
quelle M.  Lallemand  a  porté  sa  méthode  à  la  connaissance  du  public,  il  en  a 
sous  forme  de  feuilles  autographiées,  datées  de  i885,  donné  un  exposé  complet 
qu'il  a  bien  voulu  mettre  à  notre  disposition  et  d'où  nous  avons  ti^  tous  les 
renseignements  relatifs  à  ses  travaux  personnels,  qui  ont  trouvé  leur  place  dans 
cet  Ouvrage. 

(')  Les  remarques  contenues  dans  les  n*"  34  et  35,  faites  par  M.  Lallemand  à 
propos  des  abaques  hexagonaux,  s'appliqueraient  aussi  bien  aux  abaques  du  0*^31. 


7^ 


ÉQUATIONS    A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES    A   ENTRECROISEMENT. 

et  (as)  trois  droites  quelconques  X,  Y,  Z  parallèles  aux  axes  Ox^ 
Oy  et  0^  précédemment  définis.  11  faudra  toutefois  rigoureu- 
sement observer  la  condition  que  les  origines  A|,  A2  et  A3  des 
trois  graduations  se  correspondent,  c'est-à-dire  qu'elles  se  trouvent 
simultanément  sous  les  index  I|,  I2  et  I3. 


Fig.  36. 


Nous  sommes  ainsi  amenés  au  mode  de  construction  suivant 
des  abaques  hexagonaux  : 

Ayant  choisi  trois  droites  X,  Y  et  Z  formant  un  triangle 
équilatéral,  et  ayant  pris  sur  X  un  certain  sens  positif,  nous 
définissons  les  sens  positifs  sur  Y  et  sur  Z  par  la  condition 
qu'ils  fassent  avec  le  premier  des  angles  {comptés  dans  le  sens 

trigonométrique positif  )  respectivement  égaux  à—  et  à  -• 

Si  a%  et  è|  sont  les  valeurs  limites  de  a,,  a^  et  63  celles  de  a2, 
nous  construisons  sur  X  et  Y,  avec  un  même  module  l  d'ailleurs 
quelconque,  les  échelles  des  fonctions  f^{^\)  et  f2{^2)  entre 
ces  limites,  en  faisant  correspondre  à  a^  et  à  a^  des  points  A, 
et  As  quelconques. 

Les  perpendiculaires  élevées  àlLetàY  en  Ai  et  A2  se  coupent 
en  un  point  dont  la  projection  sur  Z  est  A3.  Nous  construisons 
alors  sur  Z,  toujours  avec  le  module  /,  l'échelle  de  la  fonction 


76  CHÀPITRB   II. 

./:i(*s)  ^'*  faisant  correspondre  le  point  A,  à  la  valeur  a^  telle 
que 

et  nous  la  prolongeons  jusqu^au  point  qui  est  la  projection 
sur  Z  du  point  de  rencontre  des  perpendiculaires  élevées  à  X 
et  à  Y  par  les  points  61^^62  qui  répondent  aux  valeurs  limites 
bt  et  b^  des  variables  a,  et  cl^. 

Remarque,  —  Rien  n^empéchera,  le  cas  échéant,  s'il  en  ré- 
sulte une  meilleure  disposition  de  Tabaque,  de  prendre,  pour  le 
support  de  Tune  des  échelles,  une  première  droite  jusqu'à  une 
certaine  valeur,  puis  une  autre,  parallèle  à  la  première,  à  partir  de 
cette  valeur  [voir  les  fig.  ^\  et  142  ). 

35.  Fractionnement  des  échelles,  —  Entre  les  limites  ai  et  è| 
d'une  part,  a^  et  62  ^^  l'autre,  prenons  des  valeurs  intermédiaires 
quelconques  C|  et  C2. 

Quatre  cas  peuvent  alors  se  présenter  : 

I ai  est  compris  entre  ai  et  Ci  at  entre  a^  et  €% 

II ai  »                  Cl  et  bi  QC]       »       ai  et  c% 

III ai  »                   ai  et  Cj  oLf       »       c%  et  bf 

IV ai  •*                   Cl  et  bi  aj       »       Cj  et  bt 

Nous  pouvons  dès  lors,  sur  une  même  feuille  de  papier,  con- 
struire, d'après  la  règle  qui  a  été  donnée  au  numéro  précédent,  les 
abaques  correspondant  à  ces  quatre  cas,  indépendamment  les  uns 
des  autres,  mais  en  conservant  de  l'un  à  l'autre  la  même  direction 
pour  les  axes. 

Si  l'on  aligne  sous  une  même  position  de  l'index  1|  les  limites 
inférieures  ai  et  Ci  des  deux  tronçons  de  la  graduation  (ai),  et 
sous  une  même  position  de  l'index  I2  les  limites  inférieures  as  et 
6*2  des  deux  tronçons  de  la  graduation  (^2),  il  en  résulte  que  les 
limites  inférieures  des  quatre  tronçons  de  la  graduation  (a^)  sont 
aussi  alignées  sous  une  même  position  de  l'index  I3  {Jig>  37). 

Il  faut  bien  remarquer,  d'ailleurs,  que  chacune  des  graduations 
(aj)  des  cas  11  et  III  est  formée  de  parties  empruntées  aux  gra- 
duations (as)  des  cas  I  et  IV,  puisque  l'ensemble  de  celles-ci  re- 
présente la  graduation  complète  allant  de  (ai,  6|)  à  (a2,  62)* 


Equations  a  tbois  variables,  abaques  ^ 

L'easemble  de»  quatre  abaques,  ainsi  réunis  sur  le  même  U- 

bleau,  équivaut  à  l'abaque  unique  construit  précédemment,  et. 


-i. 


grâce  à  ce  fractionnement,  il  occupe  une  place  beaucoup 
moindre. 

Eo  outre,  le  travail  que  représente  l'établissement  de  cft 
abaque  fractionné  n'est  guère  supérieur  à  celui  que  comportait 
l'abaque  unique.  En  effet,  les  deux  échelles  (a,),  ou  les  deux 
échelles  (ctj)  respectivement  mises  bout  à  bout  reproduiraient  les 
échelles  (a,)  et  (otj)  non  fractionnées;  de  même  pour  les  deu\ 
échelles  (xi)  construites  pour  les  cas  I  et  IV.  Quant  aux  deux  autres 
échelles  («s),  correspondant  aux  cas  H  et  III,  nous  venons  de 
voir  qu'elles  sont  constituées  par  des  parties  empruntées  aux  deux 
précédentes.  Une  fois  celles-ci  construites,  leur  établissement 
représente  donc  un  supplément  de  travail  insignifiant,  à  savoir 
celui  qu'entraine  le  report  sur  un  axe  d'une  partie  de  graduation 
relevée  sur  un  autre  axe. 

Ici  se  place,  d'ailleurs,  une  remarque  essentielle  :  il  arrive  trè^ 
fréquemment  en  pratique  que  les  valeurs  des  deux  variables  in- 
dépendantes a,  et  Oit,  entre  leurs  valeurs  extrêmes  a,  et  b,,  a-. 
et  6ï,  ne  s'anocient  pas  d'une  manière  quelconque,   mais  que 


78  CHAPITRE  II. 

leurs   variations  simultanées,   quoique    indépendantes,    sont    de 
même  sens. 

Dans  ce  cas,  très  fréquent,  je  Je  répèle,  on  pourra  trouver  dans 
les  intervalles  de  a^  à  b%  et  de  a^  à  62  ^es  valeurs  moyennes  c% 
et  C2  telles  que  ai  et  fx^  leur  seront  ensemble  respectivement  su- 
périeures ou  inférieures.  Dès  lors,  n'ayant  jamais  à  associer  une 
valeur  de  ai  inférieure  à  C|  à  une  valeur  de  a^  supérieure  à  Cj,  et 
inversement,  les  combinaisons  II  et  III  ci-dessus  ne  se  produi- 
ront jamais  et  la  construction  des  échelles  (a^)  correspondantes 
devient  inutile. 

La  construction  de  Tabaque  à  échelles  fractionnées  ne  repré- 
sente alors  pas  plus  de  travail  que  celle  de  Tabaque  à  échelles  non 
fractionnées. 

En  tout  cas,  pour  éviter  qu^il  y  ait  confusion  dans  la  manière 
d^associer  les  divers  tronçons  d'échelles,  on  placera  à  côté  de 
chacun  d'eux  certains  signes,  des  chiffres  romains  par  exemple, 
se  référant  aux  abaques  partiels  dans  lesquels  il  intervient,  de  sorte 
qu'on  n'aura  pour  chaque  lecture  qu'à  associer  trois  tronçons 
portant  le  même  chiOre  romain. 

On  pourrait  aisément  généraliser  ce  qui  précède,  et  supposer 
(|ue  l'on  fractionne  les  échelles  (ai  )  et  (aj)  respectivement  en  n% 
el  /i,  tronçons,  ce  qui  conduirait  à  construire  n^  n^  tronçons 
d'échelle  («3),  à  moins  que  la  remarque  précédente  ne  s'appli- 
quât; mais  une  telle  généralisation,  théoriquement  sans  diffi- 
culté, est  pratiquement  sans  intérêt  :.  il  est  donc  inutile  d'y 
insister. 

II  arrivera,  au  contraire,  très  fréquemment,  qu'il  n'y  aura  lieu 
de  fractionner  que  l'une  des  échelles  (a,)  et  (aj),  la  seconde,  par 
exemple. 

11  suffit,  pour  tomber  sur  ce  cas,  de  supposer  dans  ce  qui  pré- 
cède C|  =  6,. 

'i6.  Exemples  :  i"  Cinquième  type  d'abaque  de  multiplication.  — 
L'équation  de  la  multiplication  étant  mise,  comme  au  n°  29,  sous  la  forme 

loga, -hlogotj  =  logaj, 

on  voit  que  l'abaque  hexagonal  correspondant,  emprunté  à  M.  Lallemand, 
se  construira  immédiatement  suivant  le  mode  indiqué  au  n**  34,  les  trois 
échelles  fonctionnelles  étant  ici  de  simples  échelles  logarithmiques  données 


EQUATIONS  A   nota   TARIABLKS.    ABAQUES   A  KKTRECROISEHRNT.  79 

|iar  un  ménieétalon.  C'est  là  un  cas  où  se  manifeste  bien  nettement  l'avan- 
tage sigBalé  dans  le  premier  alinéa  du  n°  32. 
Surl'abaque  delajï^.  38les^chellea  de  (ii)et  de  (1,)  à  câté  desquelles 

Fig.  38. 


on  lit  la  lettre  A  ont  élé  l'une  et  l'autre  fraclionnêes  au  point  3,  et  leurs 
seconds  tronçons  B  ont  été  disposés  de  telle  sorte 'que,  pour  le  tronçon  de 
l'écbelle  (a,)  correspondant  aux  tronçons  B,  les  points  de  division  soient 
les  m£mes  que  pour  le  tronçon  de  cette  échelle  (aj)  correspondant  aux 
tronçons  A.  Pour  qu'il  en  soii  ainsi,  il  a  suffi,  ayant  pris  le  point  1  du 
premier  tronçon  AA  de  l'échelle  (aj),  d'en  faire  le  point  10  du  deuxième 
tronçon  BB.  Le  point  g  de  ce  deuxième  tronçon  s'est  dés  lora  trouvé  dé- 
terminé, et  il  a  suffi  de  placer  les  points  3  des  tronçons  B  de  (et])  et 
de  (il)  sur  les  parallèles  aux  index  I,  et  Ii  menées  par  ce  point  g. 

Associant  ensuite  le  tronçon  A  de  l'une  des  échelles  avec  le  tronçon  B 
de  l'autre,  on  a  obtenu,  vu  l'identité  de  ces  échelles,  le  même  tronçon  AB 
constitué  par  la  partie  3  à  10  de  AA  et  la  partie  lo  à  3o  de  BB  mises  bout 
i  bout,  le  point  3  se  trouvant  sous  la  position  de  l'index  I,,  quand  les 
index  It  et  fi  passeat  respectivement  par  les  points  1  et  i  d'un  tronçon  A 
et  d'un  tronçon  B  conjugués. 

1*  Abaque  dei  correclioiu  dynamiques  de  niveau.  —  Les  corrections 
d'altitude  ■^t  et  de  latitude  7)t,  exprimées  en  décimillimètres,  qu'il  faut 
faire  subir  à  une  différence  brute  de  niveau  d,  exprimée  en  mètres,  pour 


8o  CHAPITRE   II. 

obtenir  ia  différence  correspondante  de  niveau  dynamique,  sont  données 

par 

T^i  =  —  o,ooi9<iH, 

T^f  =  —  -AÔ  dcosiX, 

H  étant  l'altitude  moyenne  exprimée  en  mètres,  X  la  latitude  moyenne 
exprimée  en  grades. 

Remarquons  que,  sauf  le  cas  très  exceptionnel  de  régions  situées  en 
contre-bas  du  niveau  de  la  mer  (pour  lesquelles  H  est  négatif),  la  cor- 
rection d'altitude  7)i  est  de  signe  contraire  à  celui  de  la  différence  de 
niveau. 

En  outre,  la  correction  de  latitude  t))  doit  être  prise  avec  le  signe  de  la 
différence  de  niveau  ou  le  signe  contraire  suivant  que  la  latitude  X  est 

supérieure  ou  inférieure  à  -  ou  5o^. 

Nous  sommes  ainsi  amenés  à  négliger  les  signes  des  seconds  membres, 
et,  par  suite,  à  prendre  la  même  valeur  de  r^^  pour  deux  valeurs  de  X  sup- 
plémentaires, ce  qui  montre  qu'il  n'y  aura  lieu  de  faire  varier  X  qu'entre 

o  et  — • 

2 

Cela  posé,  pour  traduire  ces  formules  en  abaques  hexagonaux,  il  suffira 

«le  les  écrire 

logrf-T-logH  -^  logo, 0019  =  log|Tî,  |, 

loge? -h  log  COS2X  -t-  log26   =  log  I  T^t  I- 

Pour  la  première,  on  aura  donc  à  construire  : 

Sur  l'axe  X,  l'échelle  ;r  —  /loj;ûf, 

•)  Y,         u  ^r^ /(logïl-^  logo, 0019), 

»  Z,         »  z  -.  /log|7),  |; 

pour  ia  seconde  : 

Sur  l'axe  X,  l'échelle  x  —  llo^d^ 

»  Y,  »         J'  = /(logCOS2X   f- log26), 

»  Z,  ».  z   --  /l0g|7),  |, 

/  étant  un  module  quelconque. 

On  voit  que  de  l'un  à  l'autre  abaque  les  échelles  portées  sur  X  et  sur  Z 
sont  les  mêmes.  On  pourra  donc  les  prendre  en  commun,  et  construire 
parallèlement  l'une  à  l'autre  les  deux  échelles  (H)  et  (X)  portées  sur  les 
axes  Y. 

En  outre,  on  pourra  fractionner  réchelle  {d)  commune  au  point  d  =  10, 
en  faisant  coïncider  le  point  10  du  second  tronçon  avec  le  point  i  du  pre- 
mier, ce  qui  entraînera  de  même  la  coïncidence  de  tout  point  10  s  du  se- 
cond tronçon  avec  le  point  a  du  premier.    • 

D'ailleurs,  les  corrections  t),  etTjj  étant  proportionnelles  à  rf,  le  tronçon 


£QI:ATI0.%S   a   TBOIX  TARIABUS.    abaques    a  EMBEOBOISEXE-IT.  I 

correspondaDt  de  l'échelle  (t„,  t;,)  s'obtiendra  ïiimplcmcnt  en  multiplia 
par  to  les  cotes  des  points  du  premier  tronçon  (  ■  ), 

C'est  ainsi  qu'a  été  obtenu  l'abaque  île  la  Jîg.  3g  emprunté  ù  M.  I.all 
mand  ('). 

KiB-  39. 


(')  On  reconnaît  li  une  applii 
pnndants  (d>  31). 
(•)  Nivellemtnt  de  haute  préc 


82  CHAPITRE   II. 

■  Pour  éviter  toute  confusion,  on  a  souligné  les  cotes  des  seconds  tron- 
çons des  échelles  (d)  et  (r^j,  r^j). 

Le  mode  d'emploi  de  l'abaque,  moyennant  cette  distinction  des  deux 
tronçons  des  échelles  (d)  et  (tji,  tjj),  se  résume  donc  en  ceci  : 

Le  transparent  étant  orienté,  et  son  index  Ij  passant  par  le  point 
coté  d  de  la  première  échelle,  on  le  fait  glisser  dans  la  direction  de 
cet  index  de  manière  à  amener  son  index  Ij  à  passer  successivement 
par  les  points  cotés  H  etX  des  secondes  échelles  {^verticales)  \  dans  ces 
deux  positions^  l* index  I3  donne  sur  la  troisième  échelle  d'abord  r^,, 
puis  r^j. 

On  trouvera  plus  loin  (n**  109)  une  autre  application  de  la  méthode  des 
abaques  hexagonaux  dans  le  cas  des  équations  à  trois  variables. 

37.  Juxtaposition  d* abaques  hexagonaux.  Abaques  à  glis- 
sement. —  Le  principe  des  abaques  hexagonaux  a  été  étendu  par 
M.  Lallemand  lui-même  à  des  équations  contenant  un  nombre 
quelconque  de  variables,  grâce  à  un  artifice  qui  peut  revêtir  la 
forme  analytique  que  voici  : 

Prenant  un  nombre  quelconque  de  fonctions  d^une  variable, 
posons 

(I) 
(2) 
(3) 
(4) 

•  ■  • 

Nous  pourrons  représenter  ces  diverses  équations  par  des  aba- 
ques hexagonaux  définis  par  les  mêmes  axes  Ox,  Oy  et  Oz,  en 
ayant  soin  d'écarter  les  unes  des  autres  les  échelles  parallèles  à  un 
même  axe  par  application  de  ce  qui  a  été  vu  au  n**  34,  c'est-à-dire 
en  alignant  les  origines  de  ces  échelles  sur  une  perpendiculaire  à 
leur  direction  commune  menée  par  l'origine  O. 

Nous  définirons,  d'ailleurs,  les  échelles  des  divers  abaques  par 
les  formules  (où,  pour  plus  de  simplicité,  nous  faisons  le  module  / 
égal  à  1) 

(H)  x-^a,,,  y  =  -  fz{^z),        -5  =  <yj, 

(III)  a?  =  (14,  y^      M^'.)^         ---^«^6, 

(IV)  ^-cio,  r^-    /si»:.).  -  ^  «^5, 


/.(«.) 

--/2(aj)  =  <r.i, 

/a  («s) 

--<r3          -^K. 

/*(«*) 

-  dv           -~^-  «^6, 

M^^) 

-;-<T5               —  ^^6, 

ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.  83 

Suivant  que  n  sera  pair  ou  impair,  les  formules  relatives  au  der- 
nier abaque  seront 

<N  — II)  a7=<T„,  y  ^— //l-l(a/l-l),  Zr=fJn-\ 

ou 

On  voit  que  les  abaques  des  équations  (A*)  et  (A'-f-i)  ont  en 
commun  l'échelle  de  Oz  si  k  est  impair,  celle  de  Ox  si  A*  est  pair. 
Par  conséquent,  pour  /aire  passer  le  transparent  de  sa  position 
sur  V abaque  de  rang  (k)  à  sa  position  sur  r abaque  de  rang 
(Ar-l-i),  il  suffit^  en  maintenant  son  orientation,  de  le  faire 
glisser  perpendiculairement  à  Oz,  c'est-à-dire  dans  la  direc- 
tion DE  l'index  I3,  SI  k  EST  IMPAIR,  perpendiculairement  à  Ox, 
c'est-à-dire  dans  la  direction  de  l'index  I|,  si  At  est  pair. 

Cela  posé,  remarquons  que  les  équations  (i)  à  (n  —  2),  addi- 
tionnées ensemble,  donnent 

/i(ai)-+-/t(«2}-+-----+-/«-i(««-i)  =  ^n- 

Construisons  sur  l'abaque  les  échelles  (ai),  (aa),  ...,  (oLn-i)  à 
l'exclusion  des  échelles  (c'a),  (^•4),  . . .,  (o'w-i)  et  sur  l'axe  qui  por- 
terait l'échelle  (o*,,),  construisons  celle  de  la  fonction  — /«(a,/), 
c'est-à-dire  construisons  l'échelle  ^  =  — fn{^n)  si  n  est  pair, 
l'échelle  z  =  — fn{^n)  si  n  est  impair. 

Nous  aurons  ainsi 

(E)  /i(ai)-H/i(a,)H-...-4-/«_,(art_,)-+-/«(a„)  =  o, 

et  nous  voyons,  d'après  ce  qui  vient  d'être  dit,  que  tout  système 
de  valeurs  de  «i,  aj,  . .,,  a^  satisfaisant  à  l'équation  (  E)  sera  tel 
que,  si,  après  avoir  fait  passer  l'index  1|  par  le  point  (a,),  on 
donne  au  transparent  les  glissements  alternatifs  qui  viennent  d'être 
définis,  de  manière  à  prendre  successivement  avec  l'index  I2  les 
points  («2),  («3),  ...,  (a„_i),  l'index  l|  si  n  est  pair,  I3  si  n  est 
impair,  donnera,  dans  la  dernière  position  du  transparent,  la  va- 
leur de  a„  sur  l'échelle  correspondante. 

En  résumé,  la  représentation  de  l'équation  (E)  ci-dessus  s'ob- 
tiendra comme  suit  {fig*  4o  et  4o  bis)  : 

En  ayant  soin  d'aligner  les  origines  des  échelles  parallèles 
à  un  même  axe  sur  une  perpendiculaire  élevée  enO  à  cet  axe, 


S^  CHAPITRE  II. 

on  construit  parallèlement  àOx  l'éclielle  de  la  fonction  f,{%i), 
parallèlement  à  Oy  celles  des  fonctions  ft{<i'3),  ^/a(*a)- 
/,(«,). —/j(a,},  ...,  i~  i)''f„_,{ai„_,),  enfin  parallèlement  et 
Ox  si  n  est  pair  {fig.  ko),  à  Os  si  n  est  impair  {fig.  4o  bis), 
celle  de  la  fonction  —fni^n)- 

Fig.  V- 


On  trace,  en  outre,  deux  flèches  F'  et  F"  perpendiculaires 
l'une  à  Oz,  l'autre  à  Ox. 


El  le  mode  d'emploi  de  l'abaque  est  le  suîvanl  : 
Le  transparent  étant  convenablement  orienté,  on  fait  passer 
.son  index  l,  par  le  point  (a,  ),  son  index  I^  par  te  point  («ï). 
puis  on  le  fait  glisser  alternativement  dans  le  sens  des  flèches  F' 
et  F",  de  façon  à  amener  successivement  son  index  ï-i  à  passer 
par  les  points  (aj),  («i),  («j) Quand  cet  index  Ij  passe 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES    A   ENTRECROISEMENT.  85 

par  le  point  (a;,_i),  Vindex^  l|  ou  I3,  perpendiculaire  à 
^échelle  (oin)y  rencontre  cette  échelle  en  un  point  dont  la  cote 
est  la  valeur  de  aL„  demandée. 

Nous  rencontrons  ainsi  un  premier  exemple  de  représentalion 
d'une  classe  d'équations  à  un  nombre  quelconque  de  variables. 

38.  Exemple  :  Abaque  des  sinus  et  des  tangentes,  —  Nous  emprun- 
terons à  M.  Lallemand  l'exemple  suivant  : 
Soit  à  représenter  les  équations 

ai  sinx]     =  a4  sinaa, 
(Zitangas=  oc^tangas, 

qui  sont  d'un  usage  fréquent  dans  les  applications  de  la  Trigonométrie 
plane.  Nous  les  écrirons 

logai-h  logsinaj    — logsina3    —  loga^— o, 
logai  •+■  log  tangsj —  ^og  tangas —  loga4=  o. 

Pour  représenter  la  première,  nous  n'aurons,  d'après  ce  qui  précède, 
qu'à  construire  parallèlement  à  Ox  l'échelle  des  fonctions  log^i  et  loga^ 
qui  n'en  formeront  qu'une,  parallèlement  à  Oy  celle  des  fonctions  log  sînaj 
et  log  sinaa  qui  se  confondront  également. 

De  même  pour  la  seconde  équation,  en  changeant  les  log  sin  en  log  tang. 
On  pourra,  d'ailleurs,  faire  coïncider  les  échelles  logarithmiques  (ai),  ou 
échelles  des  longueurs,  des  deux  abaques.  On  obtient  ainsi  \^  fig,  \\  sur 
laquelle  Téchelle  des  tangentes  a  été  fractionnée  au  point  coté  4^*'< 

Il  n'y  a  ici  à  effectuer  qu'un  seul  glissement  dans  la  direction  des  pa- 
rallèles équidistantes  tracées  sur  l'abaque. 

Le  mode  d'emploi  sera  donc  le  suivant  : 

Faire  passer  les  index  Ii  et  Ij  du  transparent  convenablement  orienté 
respectivement  par  les  points  (œi)  de  V  échelle  des  longueurs  et  {if)  de 
Véchelle  des  sinus  {ou  des  tangentes)^  puis  faire  glisser  ce  transparent 
dans  la  direction  des  parallèles  équidistantes  jusqu'à  ce  que  son  in- 
dex I2  passe  par  le  point  {1^)  de  r échelle  des  longueurs;  son  index  \  y 
coupe  alors  Véchelle  des  sinus  {ou  des  tangentes)  au  point  coté  («4). 

Si,  après  avoir  pris  l'échelle  des  sinus  dans  la  première  position  du 
transparent,  on  prenait,  après  glissement,  l'échelle  des  tangentes,  on  au- 
rait résolu  l'équation 

ai  sina2=  a^  tangaa. 

39.    Définition  de   V anamorphose  graphique,  —  Tous  les 
abaques    envisages  jusqu'ici   dérivaient  d'un  type  unique  ainsi 


S6 


CHAPITRE  II. 


constitué  :  un  quadrillage  coté  sur  lequel  est  dessiné  un  faisceau 
de  courbes  cotées. 


Les  cotes  des  verticales  du  quadrillage  se  rapportent  à  une  des 
variables  ai,  celles  des  horizontales  à  une  autre  variable  aj,  enfin 
les  cotes  des  courbes  à  la  troisième  variable  aj,  et  les  valeurs  de 
ces  trois  variables  se  correspondent  en  vertu  de  Téquation  pro- 
posée lorsque  cette  verticale,  cette  horizontale  et  celte  courbe  se 
croisent  en  un  même  point. 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES    A    ENTRECROISEMENT.  87 

Les  diverses  cotes  croissant  par  échelons  égaux ^  le  quadrillage 
pourra  être  régulier  ou  irrégulier,  c'est-à-dire  que  les  deux  s;ys- 
tèmes  de  parallèles  qui  le  constituent  pourront  être  à  intervalles 
égaux  ou  inégaux. 

L'abaque  d'une  équation  à  trois  variables,  construit  avec  un  qua- 
drillage quelconque,  pourra  toujours  être  considéré  comme  trans- 
formé de  celui  que  donne  la  mélhode  cartésienne  (n"  16),  si  Ton 
fait  correspondre  à  chaque  droite  du  quadrillage  régulier  que  com- 
porte celle-ci  la  droite  parallèle  de  même  cote  du  quadrillage 
irrégulier  que  l'on  aura  choisi. 

Rien  d'ailleurs  n'est  plus  facile  que  de  passer  de  l'abaque  car- 
tésien à  son  transformé.  Si,  enefiet,  un  point  du  premier  se  trouve 
à  la  rencontre  de  la  verticale  a,  et  de  l'horizontale  a^,  son  trans- 
formé sera  également  sur  le  second  à  la  rencontre  de  la  verticale 
a,  et  de  l'horizontale  ol^*  Cette  remarque,  appliquée  aux  divers 
points  d'une  courbe  tracée  sur  le  premier  abaque,  permet  de  con- 
struire immédiatement  la  courbe  correspondanle  sur  le  second. 

L'anamorphose,  telle  qu'elle  a  été  ci-dessus  envisagée,  a  pour  but 
de  déterminer  ce  quadrillage  irrégulier  de  façon  que  toutes  les 
courbes  données  par  la  méthode  ordinaire  sur  le  quadrillage  ré- 
gulier deviennent  des  droites. 

On  vient  de  voir  à  quel  caractère  analytique  se  reconnaît  la  pos- 
sibilité d'une  telle  transformation  et  de  quelle  façon  elle  se  réalise 
pour  une  équation  de  forme  donnée,  mais  on  peut  aussi  tenter  de 
l'effectuer  sur  un  abaque  cartésien  dont  les  courbes  ont  été  obte- 
nues empiriquement,  en  transformant  l'une  d'elles,  suivant  le 
mode  indiqué  au  n'*  15  et  voyant,  avec  le  nouveau  (|uadrillage  ainsi 
déGni,  ce  que  deviennent  les  autres. 

Une  telle  anamorphose  est  dite  graphique,  Lalanne  en  a  fait 
connaître  un  exemple  remarquable,  relatif  à  Tabaque  qui  traduit 
la  loi  de  mortalité  de  Demonferrand  pour  la  population  fran- 
çaise ('). 

M.  Lallemand  a  utilisé  l'anamorphose  graphique  à  un  autre 
point  de  vue,  en  se  proposant  non  pas  de  substituer  des  droites  à 


(')  Mémoire  sur  les  Méthodes  graphiques <,  dans  les  Notices  publiées  par  !«' 
Mioistère  des  Travaux  publics  à  l'occasion  de  IP^xposilion  de  .Melbourne  (Iinp. 
iNat.;  1880),  p.  3;4  à  879. 


88  CHAPITRE    II. 

des  courbes,  maïs  de  remplacer  des  courbes  coupant  un  des  sys- 
tèmes d'axes  du  quadrillage  sous  un  angle  trop  pelit  par  d'autres 
courbes  ne  présentant  pas  le  même  inconvénient  par  rapport  aux 
axes  du  quadrillage  transformé. 

40.  Exemple,  —  En  voici  un  exemple  emprunté  à  cet  auteur  : 
Ayant  à  représenter  Téquation  (') 

«8  —  «3 

supposons  que  Ton  pose  d'abord 

/  étant  un  module  quelconque,  ce  qui  définit  un  quadrillage  régulier.  Nous 
aurons  alors  pour  les  courbes  cotées  («3)  l'équation 

X       y  -^-  /aa 

/     ~  y  —  /ci3 

qui  représente  des  hyperboles  équilatères  passant  toutes  par  le  point 
(x  =  —  l^y  =  o)  et  toutes  asymptotes  à  la  verticale  x  —  l  {Jig.  4^^)- 

L'angle  sous  lequel  chacune  de  ces  hyperboles  rencontre  les  horizontales, 
très  aigu  au  voisinage  de  Oy^  croît  rapidement  à  mesure  qu'on   s'éloigne 

de  cet  axe  pour  devenir,  à  la  limite,  égal  «à  -  quand  x  —  /.  La  précision  avec 

laquelle  s'obtiennent  les  points  de  rencontre  suit  une  loi  inverse. 

Pour  remédier  à  cet  inconvénient,  M.  Lallemand  a  eu  recours  à  une 
anamorphose  graphique  ayant  pour  effet  de  substituer  à  ces  hyperboles 
des  courbes  coupant  les  horizontales  dans  toute  la  portion  utile   du   plan 

sous  des  angles  différant  peu  de  ^• 

4 

Cette  anamorphose  graphique  ne  porte  d'ailleurs  que  sur  les  hori- 
zontales du  quadrillage,  les  verticales  restant  invariables. 

Ayant  pris  la  courbe  du  faisceau  correspondant  à  la  valeur  moyenne  de 
«3  (ici  23=  5),  on  lui   mène  une   tangente  TT'  faisant   avec  les  axes  des 

angles  égaux  à  -^1  et  l'on  définit  le  uiodc  de  correspondance  entre  les  nou- 

4 

vellos  et  les  anciennes  horizontales  ainsi  qu'il  suit  : 

Pour  une  même  cote  les  points  de  rencontre  de  la  première  horizon- 
tale avec  Vhyperbole  5  et  de  la  seconde  horizontale  avec  la  droite  TT' 
sont  sur  une  même  verticale. 


('  )  Pour  ref)rcsenler  celte  équation  par  trois  syslènios  de  lignes  droites,  il  suf- 
lirait  de  poser  x  —  aj,  y  --  a^ 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ENTRECROISEMENT.  89 

C'est,  on  le  reconnaît  immédiatement,  la  transformation  de  l'hyperbole  5 
en  la  droite  TT'  suivant  le  mode  envisagé  au  n**  Ifi,  le  transport  des 
points  ayant  seulement  lieu  parallèlement  à  Oy  au  lieu  de  Ox. 

Par  exemple,  les  premières  horizontales  10,  20,  3o,  40,  5o  coupant  l'hy- 
perbole 5  aux  points  a,  p,  y»  ^î  ^»  ^^  mène  par  ces  points  des  verticales 
qui  coupent  la  droite  TT'  aux  points  a\  P',  y',  0',  z'.  Les  secondes  horizon- 
tales 10,  20,  3o.  4o,  5o  sont  celles  qui  passent  par  ces  points. 

l'ig.  4j. 


Rien  de  plus  facile,  dès  lors,  que  d'obtenir  la  transformée  d'une  courbe 
de  Tabaque  primitif.  Ayant  pris  ses  points  de  rencontre  avec  les  diverses 
horizontales  de  cet  abaque  on  les  reporte  par  des  verticales  sur  les  hori- 
zontales correspondantes  du  nouvel  abaque. 

C'est  ainsi  que  sur  \^  fig.  4?-  les  courbes  i  et  10  en  trait  gras(*)  ont  été 
déduites  des  courbes  i  et  10  en  trait  fin.  Quant  à  la  courbe  5,  elle  a  pour 
transformée  la  droite  TT'  elle-même.  On  voit  que  les  angles  de  ces  courbes 


ir 


avec  les  horizontales  s'écartent  peu  de  - 

4 


(')  Un  calcul  bien  facile  montre  que  ces  diverses  courhos  ont  des  équations  de 
même  forme  que  les  précédentes.  Ce  sont  donc  encore  des  iiyperboies. 


go  CHAPITRE    II. 

IV.  —  Anamorphose  générale. 

41 .  Principe.  —  L'idée  de  ranamorphose,  développée  dans  les 
paragraphes  précédents,  conduit  tout  naturellement  à  la  générali- 
sation que  voici  : 

A  chacune  des  variables  ol^  et  aa  faisons  correspondre  un  sys- 
tème de  courbes  cotées  quelconques.  Si  nous  associons  les  couples 
de  valeurs  de  a,  et  a2  conduisant,  en  vertu  de  l'équation  proposée, 
à  une  même  valeur  de  as,  et  que  nous  prenions  les  points  de  ren- 
contre des  courbes  cotées  correspondantes,  ces  points  seront  dis- 
tribués sur  une  courbe  à  côté  de  laquelle  nous  pourrons  inscrire 
la  valeur  de  ol^  considérée.  En  répétant  cette  opération  pour  une 
série  de  valeurs  de  as  nous  obtiendrons  un  système  de  courbes 
cotées  pour  cette  variable,  et  ce  système,  joint  à  ceux  qui  ont  été 
arbitrairement  choisis  pour  a,  et  ol^^  constituera  un  abaque  de 
l'équation  proposée. 

En  un  mot,  toute  équation  à  trois  variables  peut  être  repré- 
sentée  au  moyen  de  trois  systèmes  de  courbes  cotées  dont  deux 
arbitraires,  trois  courbes  prises  respectivement  dans  chacun 
de  ces  systèmes  étant  correspondantes  lorsqu'elles  concourent 
en  un  même  point. 

On  peut  se  demander  s'il  y  a  pratiquement  intérêt  à  envisager 
une  telle  généralisation.  Or,  on  conçoit  a  priori  la  possibilité  de 
représenter  uniquement  au  moyen  de  droites  et  de  cercles  cer- 
taines équations  auxquelles  n'est  pas  applicable  Tanamorphosc 
de  Lalanne.  Cette  considération  suffit  à  faire  ressortir  l'intérêt 
qui  s'attache  au  principe  général  ci-dessus,  qui  a  été  rencontré 
par  M.  Massau,  ingénieur  au  corps  belge  des  Ponts  et  Chaussées  (*), 
lorsque  cet  auteur  a  cherché  à  généraliser  l'anamorphose  de  La- 
lanne en  constituant  le  canevas  de  l'abaque  au  moyen  non  plus 
de  deux  systèmes  de  droites  parallèles,  mais  de  deux  systèmes  de 
droites  quelconques,  ainsi  qu'on  le  verra  plus  loin  (n"  47). 

Avant  de  donner  l'expression  mathématique  de  ce  principe  gé- 


(')  Mémoire  sur  l'intégration  graphique  et  ses  applications^  paru  dans  les 
Annales  de  l'Association  des  Ingénieurs  sortis  des  Écoles  spéciales  de  Gand 
(Liv.  III,  Ch.  III,  §  2);  i88^ 


fiQDATIONS   A    TROIS    VARIABLES.    ABAQUES    A    ENTRECROISEMENT.  Ql 

néral,  nous  croyons  utile  de  dire  quelques  mots  des  systèmes  de 
courbes  cotées. 

42.  Systèmes  de  courbes  cotées.  —  Soit  Téquation 

où  a  désigne  un  paramètre  arbitraire,  x  ei  y  des  coordonnées 
ponctuelles  quelconques,  généralement  des  coordonnées  carté- 
siennes. 

A  chaque  valeur  de  a  correspond  une  courbe,  et,  lorsqu'on  fait 
varier  ce  paramètre  de  —  oo  à  +  oo,  on  obtient  un  système  sim- 
plement infini  ou  faisceau  de  courbes. 

Supposons  que,  faisant  varier  a  par  échelons  égaux  entre  les  li- 
mites a  et  bj  nous  construisions  la  partie  de  chacune  des  courbes 
correspondantes  comprise  à  l'intérieur  d'une  certaine  aire  A 
en  ayant  soin  d'inscrire  à  côté  de  chacune  d'elles  la  valeur  corres- 
pondante du  paramètre  a;  nous  obtenons  ainsi  un  système  de 
courbes  cotées  (a)  (*). 

Toutes  ces  courbes  sont  tangentes  à  une  même  courbe,  leur 
enveloppe,  dont  l'équation  est  le  résultat  de  l'élimination  de  a 
entre  les  équations 

Mais,  outre  que  la  partie  de  cette  enveloppe,  qui  est  tangente 
aux  courbes  tracées,  se  trouve  généralement  en  dehors  de  l'aire  A, 
il  faut  remarquer  que,  sauf  dans  le  cas  où  les  courbes  cotées  sont 
des  droites,  elle  n'offre  aucune  utilité  pratique. 

Si  l'on  est  conduit  à  envisager  une  valeur  de  a  autre  que  celles 
qui  ont  servi  à  la  construction  du  système,  on  doit  se  figurer 
entre  les  courbes  effectivement  tracées  les  plus  voisines,  celle  qui 
répondrait  à  cette  valeur  de  a,  en  se  laissant  guider  par  l'allure 
des  courtes  environnantes.  Cette  interpolation  à  vue  est,  on  le 
voit,  assez  délicate  et  la  précision  qu'elle  peut  donner  dépend 
bien  évidemment  de  l'habitude  qu'en  peut  avoir  le  lecteur. 


(')  Rappelons,  ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit  au  n"  16,  que  ces  courbes  ont 
également  reçu  le  nom  de  courbes  d'égal  élément  (Lalanne)  et  de  courbes  iso- 
plèthes  (Vogler  et  Lalanne).  Nous  nous  en  tenons  au  terme  plus  simple  et  plus 
expressif  de  courbes  cotées. 


92  CHAPITRE   II. 

Lorsque,  par  la  suile,  nous  parlerons  des  courbes  cotées  d'un 
système,  on  devra  entendre  par  là  non  seulement  celles  qui  seront 
<î(ïectivement  tracées  sur  le  tableau,  mais  encore  celles  qu'il  est 
possible  de  leur  adjoindre  par  une  interpolation  à  vue. 

Il  convient  d'observer  que  la  construction  d'un  système  de 
courbes  cotées  ne  comporte  pas,  en  général,  à  beaucoup  près,  un 
travail  équivalent  à  la  somme  de  ceux  qu'exigerait  la  construction 
(les  courbes  qui  le  constituent,  prises  individuellement.  Il  arrive, 
en  effet,  presque  toujours  que,  une  fois  l'une  de  ces  courbes 
obtenue,  le  tracé  des  autres  s'en  déduit  avec  une  grande  facilité. 
On  peut  citer,  à  ce  point  de  vue,  comme  particulièrement  carac- 
téristique, l'exemple  des  systèmes  de  courbes  qui  se  rencontrent 
plus  loin  aux  n***  12S  et  126. 

43.  Disposition  des  cotes  d'un  système,  —  On  peut  placer  la  cote  d*une 
courbe  d'un  système  en  un  point  quelconque  de  cette  courbe.  II  sera  même 
bon,  si  le  tableau  est  de  quelque  étendue,  de  la  répéter  de  distance  en  dis- 
tance le  long  de  cette  courbe,  pour  que,  en  partant  d'un  point  quelconque, 
l'œil  n'ait  pas  à  efTcctuer  un  trop  long  parcours  avant  de  rencontrer  la  cote 
cherchée. 

Pour  faciliter  cette  recherche,  il  conviendra  aussi  d'observer  une  cer- 
taine continuité  dans  l'inscription  des  cotes  des  diverses  courbes,  c'est- 
à-dire  de  les  disposer  le  long  d'une  courbe  d'allure  régulière,  d'ailleurs 
quelconque.  Une  bonne  disposition  consistera  à  choisir  à  cet  effet  une 
trajectoire  orthogonale  du  système  des  courbes  cotées,  ou  du  moins  une 
courbe  s'en  écartant  peu. 

On  pourra  également  échelonner  les  cotes  le  long  d'une  trajectoire  dont 
les  arcs,  compris  entre  les  diverses  courbrs  du  système,  seront  tous  égaux 
entre  eux,  de  telle  sorte  que,  sur  celte  trajectoire,  les  cotes  seront  régu- 
lièrement espacées. 

On  voit  d'ailleurs  immédiatement  que,  si  les  courbes  cotées  sont  consi- 
dérées comme  les  projections  des  courbes  de  niveau  d'une  surface,  une 
telle  trajectoire  n'est  autre  que  la  projection  d'une  ligne  d'égale  pente  de 
cette  surface. 

Kn  vertu  de  la  remarque  qui  termine  le  n"  31,  on  pourrait,  pour  trans- 
former un  abaque  à  parallèles  en  un  abaque  avec  transparent  à  trois  in- 
«lc\,  prendre  comme  trajecloire  des  cotes  de  chacun  des  systèmes  de  pa- 
rallèles une  courbe  répondant  à  la  condition  ci-dessus.  La  partie  restante 
de  l'abaque  se  composerait  alors  de  trois  courbes  graduées  régulièrement. 
Mais  cela  n'a  qu'un  intérêt  purement  théorique. 

Dans  tous  les  cas,  on  simplifiera  l'inscription  des  cotes,  en  même  temps 
qu'on  rendra  la  lecture  plus  sure,  par  l'emploi  de  traits  de  force  qui  serviront 
au  tracé  des  courbes  prises  de  lo  en  lo,  par  exemple,  des  traits  un  peu 


ÉQUATIONS   A   TROIS   YARIABLES.    ABAQUES   A    ENTRECROISEMEM.  qS 

moins  renforcés  étant  encore  appliqués  aux  courbes  médianes  des  inior- 
valJes  laissés  entre  les  premières.  C'est  là  une  extension  toute  naturelle  de 
la  Remarque  qui  termine  le  n"  2. 

44.  Systèmes  de  droites,  du  premier  degré  (').--  Si  Téqua- 
lion  d'une  droite  contient  algébriquement  le  paramètre  a  au 
degré  w,  elle  définit  un  système  de  droites,  du  /i'*"*  degré.  De 
telles  droites  admettent  en  général  une  enveloppe  de  la  classe  w, 
puisque,  à  un  couple  de  valeurs  données  pour  x  et  j^,  correspon- 
dent n  valeurs  de  a,  ce  qui  montre  que,  par  tout  point,  on  peul 
mener  n  tangentes,  réelles  ou  imaginaires,  à  l'enveloppe  du  sys- 
tème. 

Les  cas  les  plus  intéressants  sont  ceux  iie  n-.=  \  et  /î  -  -  2,  pour 
lesquels  l'enveloppe  se  réduit  respectivement  à  un  point  et  à  une 
conique. 

Considérons  d'abord  un  système  de  droites  (a)  du  premier 
degré.  Son  équation  est  de  la  forme 

<i)  U-r-aV^o, 

«II  U  et  V  sont  des  fonctions  linéaires  eu  x  et^. 

A.  a  =  o  et  a:==ao  correspondent  respectivement  les  droites 
U  =^  o  et  V  -—  o,  représentées  sur  la  Jîg,  4»^  pj^r  AB  et  AC. 


Toute  autre  droite  (a)  ou  AM  du  système  passera  par  le  point 
de  rencontre  A  de  ces  deux  premières  droites. 
Si  l'on  remplace  U  et  V  par  leurs  valeurs  développées  en  .r 


(')  L'étude  des  systèmes  de  droites  du  premier  cl  du  deuxième  degré  a  élè  faite 
dans  le  Mémoire  cité  de  M.  Massau,  où  les  résultats  rappelés  ici  sont  établis  d'une 
laçoo  uo  peu  différente. 


9^  CHAPITRE   II. 

et  y^  on  voit  que  l'équation  (i)  renferme,  sous  forme  homogène, 
six  coefficients.  Il  faut  donc  cinq  conditions  pour  définir  le  sys- 
tème. La  connaissance  du  point  Â  équivaut  à  deux  conditions.  Il 
faudra  donc  connaître  les  cotes  de  trois  droites  menées  par  ce 
point  .pour  que  la  détermination  géométrique  du  système  soit 
complète. 

Coupons  ce  système  par  une  droite  BC  quelconque.  L'équa- 
tion (i),  conservant  la  même  forme  pour  un  changement  quel- 
conque des  axes  de  coordonnées,  nous  pouvons,  sans  nuire  à  la 
généralité,  supposer  que  cette  droite  BC  se  confond  avec  Taxe 
des  X.  Alors,  pour  avoir  l'échelle  déterminée  sur  cet  axe  par  le 
système  (a),  il  suffira  de  faire  JK  =  o  dans  (i),  ce  qui  donne 
l'équation  d'une  échelle  linéaire  (n®  7). 

D'après  ce  qui  a  été  vu  en  cet  endroit,  on  peut  construire  géo- 
métriquement une  telle  échelle  lorsqu'on  en  connaît  trois  points. 
En  particulier,  on  peut  se  servir  des  points  B  (a  =  o)  et  C(a  =00), 
auxquels  on  adjoindra  le  point  de  rencontre  M  d'une  droite  quel- 
conque (a)  du  système  avec  la  droite  BC. 

Rappelons  quelle  est  la  construction  donnée  au  n**  7  :  si,  par  le 
point  M,  on  mène  la  parallèle  MB'  à  AC,  l'échelle  régulière  ayant 
son  point  (o)  en  B'  et  son  point  (a)  en  M,  projetée  à  partir  de  A 
sur  BC,  donne,  sur  cette  droite,  l'échelle  demandée.  On  peut 
donc  dire  que  ie  faisceau  cherché  détermine  sur  toute  droite 
parallèle  à  AC  une  échelle  régulière, 

45.  Systèmes  de  droites,  du  second  degré.  —  Un  tel  système 
est  défini  par  une  équation  de  la  forme 

(i)  U-i-aV>+-a«Wr-o, 

où  U,  V,  W  sont  des  fonctions  linéaires  en  x  et  y, 

A  a  =  o   et  a=^oo   correspondent  respectivement  les  droites 

U  =  o   et  W  =  o,  représentées  sur  h  Jig.  44  par  AB  et  AC. 

Soit,  en  outre,  BC  la  droite  V  :-  o. 

L'enveloppe  du  système  a  pour  équation 

C'est  donc  une  conique  F  tangente  à  AB  et  à  AC  en  B  et  en  C. 
L'équation  (1)  renferme,  sous  forme  homogène,  neuf  coeflfi- 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.  qS 

cients.  Il  faut  donc  huit  conditions  pour  définir  le  s^'Stème.  La 
connaissance  de  la  conique  F  équivaut  à  cinq  conditions.  Il  faudra 
donc,  si  elle  est  donnée,  connaître,  en  outre,  les  cotes  de  trois  de 
ses  tangentes  pour  que  la  détermination  géométrique  du  système 
soit  complète.  La  conique  F  sera  d'ailleurs  définie  si  on  a  ses 
points  de  contact  avec  trois  des  tangentes  cotées  données. 

Fig.  44.  ■ 


En  particulier,  lorsque  les  droites  AB,  AG  et  BC  ont  été  con- 
struites, on  connaît,  par  le  fait,  deux  tangentes  cotées  AB(a  =  o) 
et  AC(a  =  oo)  avec  leurs  points  de  contact  B  et  G.  11  suffit  alors 
de  construire  une  autre  droite  quelconque  MN  de  cote  a,  pour  que 
le  système  soit  géométriquement  défini. 

Quatre  droites  quelconques  du  système,  prises  avec  leurs  cotes, 
équivalant  à  huit  conditions,  permettront  également  de  construire 
le  système. 

Cette  construction  repose,  dans  tous  les  cas  sur  le  théorème 
suivant  :  F^s  points  de  rencontre,  pris  avec  les  cotes  correspon- 
dantes y  de  toutes  les  droites  du  système  avec  l'une  quelconque 
d* entre  elles  forment  une  échelle  linéaire. 

En  effet,  les  points  de  rencontre  des  droites  du  système  défini 
parFéquation  (i)  avec  la  droite  dont  Féquation  est 

(2)  U-haoVH-aîW=^o 

se  trouvent  sur  les  droites  du  système 

(3)  V-i-(a-T-cto)W  =  o, 

dont  Féquation  s'obtient  par  soustraction  de  (i)  et  (2),  et  comme 


96  CHAPITRE   II. 

ce  système  esl  du  premier  degré,  l'échelle  qu'il  engendre  sur  la 
droite  (2)  est  linéaire.  Le  point  coté  a©  sur  cette  échelle  est  évi- 
demment son  point  de  contact  avec  la  conique  F. 

En  particulier,  les  échelles  situées  sur  AB  et  sur  AC  sont 
données  l'une  par 

(4)  U— o        avec         V-i-aW  =  o, 
l'autre  par 

(5)  W  =  o         avec        U-î-aVr:^o. 

Si  l'on  connaît  quatre  droites  cotées  du  système,  on  a,  sur  cha- 
cune d'elles,  par  sa  rencontre  avec  les  trois  autres,  trois  points  de 
l'échelle  linéaire  correspondante.  On  peut  donc  construire  cette 
échelle  (n"  7).  Après  en  avoir  ainsi  obtenu  deux,  il  suffit  de  tirer 
des  droites  entre  leurs  points  de  même  cote  pour  avoir  le  système 
demandé. 

Revenons  au  cas  où  l'on  a  tracé  les  droites  AB,  AC,  BC  et  une 
droite  MJN  de  cote  quelconque  a  dans  le  système. 

L'échelle  linéaire  sur  AB  est  définie  par  les  points  B(o),  M(a) 
et  A(oo);  celle  sur  AC  par  les  points  A(o),  N(a)  et  C(oo). 

Si  nous  menons  par  M  la  parallèle  MB'  à  AC  et  que  nous  con- 
struisions sur  cette  droite  l'échelle  régulière  ayant  son  point  (o) 
en  B'  et  son  point  (a)  en  M,  il  nous  suffira  de  projeter  cette 
échelle  à  partir  de  C  sur  AB  pour  avoir  l'échelle  située  sur  cette 
droite.  De  même  l'échelle  située  sur  AC  s'obtiendra  par  projection 
à  partir  de  B  de  l'échelle  régulière  construite  sur  la  parallèle  NA' 
à  BC  et  SLyanl  son  point  (o)  en  A'  et  son  point  (a)  en  N. 

Le  point  E  où  la  droite  (a)  touche  son  enveloppe  F  est  défini 
par  l'équation  (1)  et  sa  dérivée  par  rapport  à  a, 

(6)  V-+-2aW  =  o. 

Celle  dernière  équation,  multipliée  par  -  et  retranchée  de  (1), 
donne 

(7)  U-^-V^o. 

•1 

Le  point  E  se  trouve  donc  à  Tintersection  des  droites  définies 
par  (6)  et  (7).  Or,  la  comparaison  de  ces  équations  avec  (4)  et  (5) 
montre  que  la  première  représente  la  droite  qui  joint  le  point  C 


ÉQUATIONS   A    TROIS   YARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISE.MKNT.  97 

au  point  coté  2a  sur  l'échelle  de  AB,  et  la  seconde  la  droite  qui 

joint  le  point  B  au  point  coté  -  sur  Téchelle  de  AC.  De  là  une 

facile  consti'uction  du  point  E  lorsque  ces  deux  échelles  ont  été 
obtenues. 

Remarque.  --  Pour  qu'une  échelle  linéaire  soit  régulière,  il 
faut  que  son  point  coté  (oo)  soit  à  l'infini.  11  n'y  aura  donc,  en  gé- 
néral, qu'une  droite  d'un  système  du  second  degré  sur  laquelle  les 
autres  détermineront  une  échelle  régulière,  à  savoir  celle  qui  sera 
parallèle  à  la  droite  cotée  (oo),  c'est-à-dire  la  tangente  à  la  co- 
nique r  parallèle  à  AC.  Toutefois,  si  la  droite  (oo)  est  tout  entière 
transportée  à  l'infini,  ce  qui  a  lieu  lorsque  W  se  réduit  à  une 
constante,  auquel  cas  la  conique  F  est  une  parabole,  les  échelles 
de  toutes  les  droites  du  système  sont  régulières.  La  conique  F 
peut  d'ailleurs  être  une  parabole  sans  que  sa  tangente  cotée  (oo) 
soit  précisément  celle  qui  est  située  à  l'infini. 

46.  Abaque  général  à  trois  systèmes  de  courbes  cotées.  — 
Considérons  les  trois  systèmes  de  courbes  cotées  définis  respecti- 
vement par  les  équations 

<'«i)  F,(a?,7,  a,)=o, 

(aj)  FsCx,^,  aj)=:T  o, 

«atj)  F3(a:,  ^,  a3)=:o. 

Si  trois  courbes  prises  respectivement  dans  ces  systèmes  con- 
courent en  un  même  point,  leurs  cotes  sont  liées  par  l'équation 

(E)  *(ai,aî,a3)=o, 

obtenue  en  éliminante:  et  y  entre  les  trois  équations  précédentes, 
et  cela,  bien  entendu,  quelle  que  soit  l'espèce  (cartésiennes,  po- 
laires, etc..)  des  coordonnées  x  et  y. 

L'ensemble  des  trois  systèmes  («4),  (a2)  et  {ol^)  constitue  donc 
un  abaque  de  Féquation  (E),  dont  le  mode  d'emploi  tient  dans  ce 
simple  énoncé  : 

La  valeur  de  la  variable  prise  pour  inconnue  est  donnée 
par  la  cote  de  la  courbe  du  système  correspondant,  qui  passe 
par  le  point  de  rencontre  des  courbes  cotées  au  moyen  des  va- 

M.  D'O.  7 


93  CHAPITRE   11. 

leurs  des  deux  autres  variables  dans  les  systèmes  correspon- 
dants. 

On  voit  que  si  l'étjuation  (E)  esl  donnée,  on  pourra  choisir 
arbitrairement  deux  des  trois  équations  de  courbes  cotées,  les 
deux  premières,  par  exemple,  la  troisième  s'obtenant  par  l'élimi- 
nalion  de  a,  ela^  entre  celles-ci  et  l'équation  (E). 

JVIais,  et  c'est  là  un  point  essentiel,  il  faudra  à  la  fois  que  les 
équations  (a.,)  et  (x^)  qu'on  se  sera  données  et  l'équation  (fXj), 
obtenue  comme  on  vient  de  le  dire,  représentent  des  courbes 
réelles. 

Lorsque,  sous  cette  condition,  on  formera  les  équations  (n,), 
(ai)  et  (aj),  qui,  par  élimination  de  X  el  y,  devront  redonner 
l'équation  (E).  on  pourra  dire  que  l'on  opère  la  disjonction  des 
variables. 

Il  faut,  en  outre,  remarquer  qu'en  pratique  les  variables  a,  et  xj 
prises  comme  variables  indépendantes  auront  des  limites  a,  et  b, 
pour  l'une,  a^  et  b^  pour  l'autre.  On  commencera  donc  par  con- 
struire les  courbes  correspondantes  (<i|)  el{b,)  du  premier  sys- 
tème, (oj)  et  (ôï)  du  second  (^fig-  4^)-   Ces  courbes  détermi- 


neront un  quadrilatère  curviligne,  et  il  ne  sera,  bien  entendu, 
nécessaire  de  construire  les  diverses  courbes  («i),  («a)  et  (a,) 
qu'à  l'intérieur  de  ce  quadrilatère.  Toutefois,  si  ces  courbes  sont 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.  99 

des  droites  ou  des  cercles,  dont  le  tracé  ne  coûte  pas  plus  de 
peine  quand  on  Tétend  davantage,  on  pourra,  en  vue  par  exemple 
d^une  plus  grande  netteté  dans  l'inscription  des  cotes,  les  pro- 
longer au  delà  des  limites  qui  viennent  d'être  définies. 

Remarquons  enfin  qu'il  pourra  y  avoir  Heu  de  pratiquer  l'inter- 
polation dont  il  a  été  question  au  n^  42  pour  une,  pour  deux  des 
variables,  ou  même  pour  les  trois  à  la  fois.  L'opération  mentale, 
qui  consiste  à  se  figurer,  au  milieu  des  courbes  effectivement 
tracées,  les  trois  courbes  correspondant  aux  deux  données  et  à 
Finconnue,  exige  alors  quelque  attention  et  fournit  des  résultats 
dont  la  précision  dépend  évidemment  de  la  plus  ou  moins  grande 
habitude  du  lecteur  et  de  la  justesse  de  son  coup  d'œil. 

On  voit  immédiatement  comment  les  méthodes  déjà  exposées 
résultent  du  principe  général  ci-dessus. 

Il  suffit  de  prendre  pour  équations  (ai)  el  (ol^) 

pour  obtenir  comme  équation  (as) 

C'est  la  méthode  cartésienne  (n"  16). 
Si  Téquation  (E)  est  de  la  forme 

on  n'a  qu'à  prendre  pour  équations  (ai  )  et  (a2) 

pour  avoir  comme  équation  (ag) 

On  retrouve  ainsi  la  méthode  de  V anamorphose  (n®2i)  telle 
qu'elle  a  été  donnée  par  Lalanne. 

Voyons  maintenant  quelle  nouvelle  extension  de  l'anamorphose 
peut  résulter  du  principe  général  qui  vient  d'être  indiqué. 


lOO  CHAPITRE  II. 

47.  Abaques  à  trois  systèmes  de  droites  entrecroisés,  — 
L^anamorphose  de  Lalanne  avait  pour  objet,  en  substituant  à  un 
quadrillage  régulier  un  quadrillage  irrégulier,  de  transformer  un 
système  de  courbes  cotées  dessiné  sur  le  premier  en  un  système 
de  droites  sur  le  second. 

Supposons  maintenant  qu^au  lieu  d^un  quadrillage  nous  con- 
struisions un  réseau  formé  de  deux  systèmes  de  droites  quelconques 
et  que,  dans  ces  conditions,  les  courbes  cotées  correspondant  à  la 
troisième  variable  soient  aussi  des  droites  quelconques. 

Si,  pour  abréger  l'écriture,  nous  écrivons  /,-,  «p/,  ifi  au  lieu  de 
/i{oLi)^  cp/(a/),  ^i(tt|),  pour  e=:i,  2,  3,  nous  voyons  que  nous 
aurons  pour  les  systèmes  (ai  ),  (a2)  et  (as)  les  équations 

(a,)  ^/i-+-J'?i-+-4'i=  o, 

(aj)  a7/,-+-^ç,-ht;^,  =  o, 

(as)  a^/3-^^?3-i- 4^3  =  0. 

Uélimination  de  x  ei y  entre  ces  trois  équations  nous  donne 
Téquation  représentée  qui  peut  s'écrire 


(E) 


/i     ?i     'l'i 

A    ?j    '\'t 

A       ?3       4^3 


=  o. 


Si  donc  une  équation  peut  être  mise  sous  cette  forme,  on  pourra 
immédiatement  effectuer  la  disjonction  des  variables  par  les  équa- 
tions (ai),  (a2)  et  (as)  ci-dessus,  et,  en  construisant  les  trois  sys- 
tèmes de  droites  définis  respectivement  par  ces  équations,  on  aura 
constitué  un  abaque  à  droites  entrecroisées  pour  l'équation  (E). 

C'est  en  cela  que  consiste  le  principe  de  l'anamorphose  géné- 
ralisée, énoncé  pour  la  première  fois  par  M.  Massau  (*). 

Pour  reconnaître  si  ce  principe  est  applicable  à  une  équation 
donnée,  il  faudra  d'abord  essayer  de  la  mettre  sous  la  forme  (E) 
ci-dessus.  Si  l'on  n'a  pas  recours  pour  cela  à  une  méthode  analytique 
rigoureuse  (^)  on  se  livrera  à  quelques  tâtonnements.  Ceux-ci 
seront  d'ailleurs  facilités  si   l'on  a  déterminé  a  priori  certains 


(')  Intégration  graphique,  Liv.  III,  Cli.  III,  g  2. 
(-)    Voir  le  n»  151. 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.        lOI 

tjpes  d'équations  susceptibles  de  revêtir  la  forme  (E)  ci-dessus  ('). 
Il  est  intéressant  à  cet  égard  de  s'arrêter  au  type  ci-dessous  qui 
a  été  rencontré  par  M.  Massau  (^). 

48.  Type  adéquations  rentrant  dans  la  classe  précédente. 
—  Ces  équations  sont  celles  de  la  forme 

(i)         (7Wiai-+-ni)(mia,H-/i,)/,-4-(/?ia,-h7i)(/?,ai-f-7,)?3 

H-(riai-+-5,  (r,aj-+-5t)<^3=« 

ov/^j  Ç3  et  A3  représentent  des  fonctions  quelconques  de  a.,. 

Puisque  nous  sommes  libres  de  choisir  les  équations  (a<)  et 
(«2)  (n°  46)  prenons  celles  qui  résultent  de  l'élimination  de  0.2 
d'une  part,  de  ai  de  l'autre,  entre  les  équations 

(r,a,H-^,)(r,xj-+-5,)   '  -^       "(r,a,-l- 5,  )(r,aj-i- 5,)  ' 

L'équation  (as)  sera  alors 

(a,)  ^/3-+-r?»-^-'^3=  o. 

Formons  les  équations  (a,  )  et  (a2)  ainsi  qu'il  vient  d'être  dit. 
Par  un  calcul  qui  exige  quelques  écritures  mais  n'offre  aucune 
difficulté,  puisque  chacune  des  équations  (2)  est  du  premier  degré 
par  rapport  soit  à  ai,  soit  à  a^,  nous  obtenons 

lai)  ^-^-^ =-^arH — -^ ^-^  Y -\ ^^^=—     -±i-i  —  o, 

/Hiai-H/it  PiOt-i^qi  r^oLi-^  Sx 

{%f)  ±-x  H y  H =0. 

Ces  deux  dernières  équations  définissent  des  systèmes  de  droites 
du  second  degré. 

L^ équation  (  i  )  ci-dessus  est  donc  représentable  par  trois 
systèmes  de  droites  dont  deux  nécessairement  du  second  de- 
gré. 

Mais  il  y  a  plus  :  Ces  deux  systèmes  du  second  degré 
ctdmettent  la  même  conique  enveloppe. 


(  '  )  Voir  plus  loin  (Ch.  VI,  II  B)  rétudc  des  équations  obtenues  en  supposant 
toutes  les  fonctions  /,  cp,  4^  linéaires. 

(^)  Loc,  cit.  Les  démonstrations  ici  données  sont  entièrement  différentes  de 
celles  de  M.  Massau. 


102  CHAPITRE   II. 

Pour  le  démontrer  il  suffit  de  faire  voir  que  les  droites  (ai)  et 
(aa)  coïncident  deux  à  deux,  c'est-à-dire  que,  quel  que  soit  a,,  on 
peut  déterminer  aj  de  façon  que  les  droites  (a,)  et  (a2)  coïncident. 
La  vérification  directe  de  ce  fait  exigerait  des  calculs  très  compli- 
qués; elle  devient  fort  aisée  grâce  à  Tartifice  suivant  : 

Rien  n'empêche,  pour  la  construction  de  Tabaque,  de  substituer 
aux  variables  ai  et  7.2  les  variables  a'^  et  a',  définies  par 

Il  suffira  seulement,  lorsqu'on  se  sera  servi  d'une  valeur  soit  de 
a',,  soit  de  a'j,  pour  construire  une  droite,  de  coter  cette  droite  k 
l'aide  non  pas  de  cette  valeur  de  a'^  où  de  a'j,  mais  de  la  valeur 
correspondante  de  ai  ou  de  aj. 

Un  calcul  facile  montre  que 

^4l±f  =^-,,'.-^y',         avec 


< 

— : 

^1^1  — 

P\S\ 

/ijr, 

niiSi 

(,■. 

— 

/ii/?i  — 

miÇi 

/i,r, - 

-mi  Si 

\,. 

— •' 

q^rt- 

'PlSt 

n^ri- 

/WjSj 

q\ 

— 

fiiPi 

-mtSt 

'  ^=Pjaj-+-7t        avec 


Dès  lors  les  équations  (a,)  et  (aj)  ci-dessus  deviennent 

«1         Px^x-^q\ 

Ces  équations  représenteront  une  même  droite  si  Ton  peut  avoir 

a  la  fois 

P'i^'t  ^  P'% «î -^  q\  ^  7î . 

p\^\     p\^\-^q\     q\ 


Or,  ces  deux  égalités  se  réduisent  évidemment  à  une  seule 


Il  suffira  donc  que  a'^  et  a'j  satisfassent  à  cette  équation  pour 
que  les  droites  (a'j)  et  (a'j)  coïncident.  Autrement  dit  : 


ÉQUATIONS    A    TROIS   VARIABLES.    ABAQI:ES    A    ENTRECROISEMENT.        I03 

Si  0L^  et  «2  sont  liés  par  la  relation 


(3) 


les  droites  (a,)et(a2)  coïncident. 

Ainsi  donc  les  systèmes  (ai)  et  (ao)  seront  constitués  parles 
mêmes  droites  (tangentes  à  une  certaine  conique)  affectées  de 
cotes  différentes.  Il  n'y  aura  évidemment,  pour  éviter  toute  con- 
tusion, qu'à  distinguer  les  cotes  se  référant  à  Tun  ou  à  l'autre  sjs- 
lème  au  moyen  d'un  signe  quelconque  (indice,  accent,  tiret,  ...). 
V\  arrivera  d'ailleurs  souvent  que  la  portion  utile  de  chaque  sys- 
tème ne  comprendra  pas  les  mômes  droites.  On  aura  des  lors 
affaire  à  deux  groupes  distincts  de  tangentes  à  une  même  conique 
el  il  sera  superflu  d'affecter  leurs  cotes  de  signes  particuliers. 

49.  Transformation  ho nio graphique  d\in  abaque  à  droites 
entrecroisées,  —  Les  lignes,  droites  ou  courbes,  qui,  par  leur 
entrecroisement,  constituent  un  abaque,  peuvent  évidemment  être 
soumises  à  une  transformation  ponctuelle  quelconque  pounni  que 
leurs  cotes  se  conservent. 

En  particulier,  la  transformation  homographique  la  plus  géné- 
rale, avec  laquelle  toute  droite  donne  une  droite,  sera  applicable 
à  tout  abaque  à  droites  entrecroisées,  puisque  à  trois  droites  con- 
courantes du  premier  abaque  correspondront  trois  droites  concou- 
rantes du  second. 

Pour  obtenir  l'expression  analytique  de  cette  transformation,  il 
suffit  de  multiplier  l'équation  mise  sous  la  forme 


<E) 


par  le  déterminant 


A 

?i 

^i 

A 

t  - 

^2 

—  (> 

A 

?3 

^3 

X 

Il       V     1 

)  - 

X' 

J.'       v' 

r 

u 

v'i 

cil   les  lettres  X,  (jl,  v,  )/,   [jl',   ...  désignent  des  nombres  quel- 
conques, mais  tels  que  D  soit  différent  de  zéro. 


loi  CHAPITRE   II. 

La  règle  bien  connue  de  la  multiplication  des  déterminants 
montre  que  Téquation  s'écrira  alors 

Elle  sera  par  suite  représentable  par  les  trois  systèmes  de 
droites 

(a,)     j:-(X/,^K?î  — ^4'»)— r(^'/i-^î^'?ï— ^'4'î)^^'/ï— î^'?î— '^'4'«  =  o^ 
(di)     x{\/i  -r-  |ji03  —  y^i)  -^(X'/j—  :Ji'oa— v'6,)  —  X'/j-^  fA'fi—  v'4^a  =  o. 

Ainsi  les  nombres  X,  [x,  . . .,  y"  étant  astreints  à  la  seule  condi- 
tion que  leur  déterminant  D  soit  différent  de  zéro,  les  trois 
dernières  équations  écrites  définissent  l^ abaque  à  droites  entre- 
croisées le  plus  général  pouvant  servir  à  représenter  Inéqua- 
tion (E)  ci-dessus. 

On  peut  d'ailleurs  prendre  pour  fonctions /"i,  o, ,  . . .,  tj/j  celles 
qui  correspondent  à  un  quelconque  des  abaques  à  droites  entre- 
croisées de  Téquation  proposée.  Lors  donc  qu'on  aura  réussi  à 
former  Tun  de  ceux-ci,  on  aura  du  même  coup  obtenu  tous  les 
autres,  pouvant  s'en  déduire  homographiquement,  avec  conser- 
vation des  mêmes  axes  de  coordonnées. 

Exemples  :  i°  La  première  variante  du  second  type  d'abaque  de  multi- 
plication {Jig.  2*5)  est  constituée  par  les  droites 

aix  —  loy  ^  o. 
X  —  «t  —  o. 

loy  —  a,  --  o, 

qui  conduisent,  pour  Téquation 
de  la  multiplication,  à  la  forme 


ai        - lo  o 

I  o      —  «î 

o  10     —  a3 


—  o. 


Remplaçons   la   seconde  colonne  par    la    somme    des  deux    premières. 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ENTRECROISEMENT. 

Cela  nous  donne 


lOO 


d'où  les  équations 


ai     «t  —  lo         o 

I  I     —  aj  I  —  o, 

o  10       -  aj  I 

X  -h y  —  «j  —  o, 
loj'  —  aj  =  o. 


q,ui  déGnissent  précisément  la  seconde  variante  (./î^.  'ïibis). 

Une  simple  permutation  des  colonnes  du  premier  déterminant  le  trans- 
forme en 

I  —  lo         o      a,  I 

o        -  aj     I     ",  —  o, 

lo     —  «3     o    I 

—  lOar  -r-  OLi  r-  O, 
-«Sj-T-I  —  o, 

ioj:  — a3j  =  o, 


d'où  les  équations 


qui  définissent  un  abaque  du  troisième  type  {Jijfr.  ?8  ). 
t2**  Un  abaque  de  l'équation 

/i  -^/î  =  /s 
étant  constitué  par  les  systèmes  de  droites  dont  les  équations  sont 

•^    -/i  =  o, 

OD  voit  que  Téquation  peut  se  mettre  sous  la  forme 


I     o     — /i 


o     I     --/, 

!  I    I    -/, 


—  o. 


Multipliant  ce  déterminant  par 

!.   -•- 


O    1 


1 
o 

•A. 

V^     o 

'A 

'À 

1 
1  o 

O        I 

I06  CHAPITRE   II. 

nous  obtenons,  par  la  règle  ci-dessus  rappelée, 


1  o 

I  /3 

2  À 

L  /! 

•2  2 


/. 


—  O, 


qui  nous  donne  les  systèmes  de  droites 


—  a?-+-7/3  — 2/î  —  o, 
37  -T-  ^^  /3  —  2/s  =  o. 

Nous  retombons  ainsi  sur  les  abaques  hexagonaux.  Les  trois 
droites  dont  les  équations  sont  ici  écrites,  qui  font  avec  Oxrespec- 


7:     71 


2  7Î 


tivement  les  angles  -»  -  et  -^f  sont,  en  effet,  à  des  distances  de 
l'origine  égales  à/1,/2  et/3. 

SO.  Quadrilatère  limite.  —  On  vient  de  voir  comment,  lors- 
qu'on conserve  les  mêmes  axes  de  coordonnées,  l'application  du 
principe  de  l'homographie  permet  d'engendrer  tous  les  abaques  à 
droites  entrecroisées  d'une  équation  donnée. 

On  peut,  en  particulier,  se  proposer  de  faire  en  sorte,  par  ce 
moyen,  que  le  quadrilatère  limitant  la  partie  utile  d'un  tel  abaque 
coïncide  avec  un  rectangle  qu'on  se  sera  donné  d'avance. 

Ce  quadrilatère  ABCD  est  formé  par  les  droites  correspondant 
aux  valeurs  limites  at  et  fe^,  a^  et  b^  des  variables  considérées 
comme  indépendantes  ai  et  7.2  (*). 

Pour  remplacer  ce  quadrilatère  déjà  construit  par  le  rectangle 
A'B'C'D'  il  suffit  d'effectuer  géométriquement  la  transformation 
homographique  de  la  figure  en  faisant  respectivement  corres- 
pondre aux  points  A,  B,  C,  D  les  points  A',  B',  C,  D'.  Celte  con- 
struction peut  être  réalisée  ainsi  qu'il  suit  : 


(  '  )  Il  arrive  fréquemment,  en  pratique,  que  les  valeurs  utiles  a^  et  63  entre 
lesquelles  reste  comprise  la  variable  a^  tombent  entre  les  valeurs  limites  théo- 
riques définies  par  les  cotes  des  courbes  extrêmes  du  système  passant  à  Tintérieur 
du   quadrilatère  ABCD. 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.        IO7 

Prenons  une  droite  quelconque  MN  du  premier  abaque  {Jig-  4^) 
et  cherchons  à  obtenir  géométriquement  sa  transformée  M'N'  sur 
le  second. 

Fi  g.  /|6. 


On  sait  que  la  transformation  homographique  conserve  les  rap- 
ports enharmoniques;  on  a  donc,  en  se  servant  de  la  notation 
entre  parenthèses  pour  désigner  de  tels  rapports, 

(AMDJ)  =  (A'M'D'cc). 

Par  le  point  D,  menons  la  parallèle  DAo  à  BC  et  tirons  la  droite 

BM  qui  coupe  DAo  au  point  Mo.  Les  points  A,  M,  D  et  J  projetés 

du  point  B  sur  DA©  donnent  les  points  Ao,  Mq,  D,  et  le  point  à 

rinfini.  On  a  donc 

(AMDJ)  =  (AoMoD«) 

et,  par  suite, 

(A'M'D'oo)  =  (AoMoDoo), 

ou 

M'A'       MoAo 


/  r\/ 


M'D 


MoD 


Donc,  r échelle  des  points  M' est  semblable  à  V échelle  obtenue 
en  projetant  de  B  V échelle  des  points  M  sur  DAq. 

Un  résultat  analogue  pourrait  évidemment  être  établi  pour  les 
trois  autres  côtés  du  quadrilatère,  ce  qui  conduit  à  Ténoncé  géné- 
ral que  voici  : 

Pour  reporter  du  premier  abaque  sur  le  second  V échelle  E 
déterminée  par  les  droites  cotées  sur  Vun  des  côtés  C  du  qua- 
drilatère limitCy  il  suffît  de  mener  par  l'un  des  sommets  S  qui 


Io8  CHAPITRE   II. 

limitent  le  côté  C,  une  parallèle  P  au  côté  opposé,  et  de  projeter 
du  sommet  diamétralement  opposé  à  S  ^échelle  E  sur  la 
droite  P.  L^ échelle  E'  à  construire  sur  le  côté  correspondant 
du  rectangle  limite  du  second  abaque  est  semblable  à  V échelle 
ainsi  obtenue. 

En  appliquant  ce  théorème  aux  quatre  côtés  du  quadrilatère 
limite,  on  reporte  toutes  les  droites  qu'il  contient  à  l'intérieur  du 
rectangle  limite  qu'on  veut  lui  substituer. 

Mais,  en  général,  la  question  ne  se  posera  pas  ainsi.  Il  s'agira 
(le  déterminer  a  priori^  par  voie  analytique,  les  coefficients  des 
systèmes  de  droites  de  Tabaque  à  construire,  de  façon  à  réaliser 
la  condition  requise.  On  procédera  dès  lors  de  la  manière  sui- 
vante : 

Soient /|,  /w^,  n^  et  f,,  m',,  n\  les  valeurs  prises  respectivement 
par  les  fonctions  y<,  çi,  <1<  pour  ai  =  «i  eta<-— 6|.  De  même 
pour  a2. 

Pour  faire  en  sorte  que  le  quadrilatère  limite  de  l'abaque  soit 
formé  d'une  part  par  les  droites 

37  r^  O,  X  =--  hj 

de  l'autre  par  les  droites 

7  =  Ot       r  =  ^"» 

il  faut  disposer  des  paramètres  X,  [jl,  ...,  v",  de  façon  que,  pour 
a,  =  ai  et  a,  =  fei ,  l'équation  (ai  )  du  n°  49  donne  les  deux  pre- 
mières, et  que,  pour  0L2  -  -  «2  et  aj  =  6.,»  Péquation  (aa)  donne  les 
deux  dernières. 

Cela  conduit  aux  équations  de  condition 


(•) 


(/^) 


ri) 


(î) 


(    X/j     -f-  [JL/Wj     -i-V/lî     =^0, 

/  X/'j  -H  [jimi    —  v/ij   =-0, 

X'/'i    -  [^'/'ii  --  v'/i'i  ~  o, 

X*/,  -I-  [i^nii  --  v*/ii  ==  o, 
X'/j  -H  ix"  nii  -+-  v^/ij  -=  o, 


ÉQUATIONS    A    TROIS  VARIABLES.   ABAQUES   A    ENTRECROISEMENT.        IO9 

De  ces  huit  équations  homogènes,  il  faut  tirer  des  valeurs  pro- 
portionnelles pour  les  neuf  paramètres  X,  [jl,  . . .,  v". 

Des  groupes  (i),  (2)  et  (3),  on  peut  tirer  respectivement  des 
valeurs  telles  que 


X-Hp, 

K    -Kp, 

V  —  L  p. 

X'^H'p', 

(x'-K'p-, 

v'-L'p', 

X'-H'p-, 

K"-  K'p', 

v'-L'p', 

p,  p',  p"  étant  des  paramètres  encore  indéterminés.  Portant  ces 
valeurs  dans  les  équations  (4))  on  a  des  équations  de  la  forme 

Ap  -+-  Bp"  =  o, 

d'où  Ton  tire  p  et  p'  en  fonction  de  p".  Les  neuf  paramétres  X, 
jA,  ....  v"  se  trouvent  alors  exprimés  en  fonction  de  p"  seulement, 
auquel  on  peut  attribuer  une  valeur  quelconque,  d'où  résulteront 
les  dimensions  de  Tabaque. 

51.  Exemple  :  Abaque  du  fruit  intérieur  des  murs  de  soutènement. 
-  Soient  ABCD  (Jig.  47)  ^^  section  rectangulaire  d'un  mur  de  soutène- 


Fig.  47. 


D    N 


ment  calculé  en  vue  d'une  certaine  n^sistance,  MBCN  la  section  trapt'*- 
zoîdale  de  même  hauteur  et  de  même  résistance. 
Si  ToD  pose 


BM 
BA 


/  ^^        h 


et  que  Ton  représente  par  p  le  rapport   du   poids  spécifique  de   la    terre 


110  CHAPITRE    II. 

soutenue  à  celui  de  la  maçonnerie,  ces  trois  quantités  sont  liées  par  Téqua- 
lion 

(l  -:-  /)A*-  -  /(i  '^p)h  —  '-- ^-^  =  o, 

qui  permet  de  calculer  h  lorsque  l  et  p  sont  donnés.  Nous  allons  faire  con- 
naître l'abaque  qui  a  été  proposé  par  M.  Massau  (*)  pour  cette  équation. 

Remarquons  tout  d'abord  que  si  nous  y  regardons  l,  p  et  h  comme  Sj, 
aj  et  «3,  cette  équation  rentre  dans  le  type  (i)  du  n°  48. 

Elle  est  donc  représentable  par  trois  systèmes  de  droites  dont  les  équa- 
tions [(«i),  (aj)  et  (aj)  du  n"  48],  obtenues  en  posant 

/(!->-/>)  _  (i  — /)(i-f-ajp) 


""-  ^i      i    '         -^^         3(1  ^l) 


sont  ICI 


(7)  a(/«  — l)Jr-^3/(/-^l)7  — /(/— i)  =  o, 

(h)  kx-\-y  —  A*=o, 

Ces  trois  systèmes  sont  du  second  degré.  Les  deux  premiers,  d'après  le 
théorème  démontré  au  n**  48,  auront  pour  enveloppe  une  même  conique. 
Si,  en  effet,  on  écrit  les  équations  (/)  et  (/?)  sous  la  forme 

( p')  2/?2 — p(/\x  -i-  iy  —  3)  —  ('XX  -^3y  —  i)  =  o. 

on  obtient  pour  les  enveloppes  correspondantes 

(3jK  -^  i)*-i-  Sx(7,x  -4-  'iy  —  i)  =  o, 
(4x-f-  37—  3)*-h8(9.a7-f-3>^— i)  =  o, 

formes  distinctes  d'une  même  équation,  savoir  : 

(  /\x  -^  ZyY  —  8a:  -+-  6r  -H  I  =  o, 

qui  représente  une  parabole  tt. 

En  outre,  l'équation  (3)  du  n"  48  montre  qu'une  droite  (/)  et  une 
droite  (p)  coïncident  lorsqu'on  a  entre  leurs  cotes  la  relation 

/>(/  -h  !)  H-  I  =  o. 

Mais  ici  chacune  des  variables  restant,  en  pratique,  comprise  entre  o 
et  I,  on  va  voir  qu'on  se  trouve  dans  le  cas  signalé  plus  haut  où  les  groupes 
utiles  de  tangentes  à  la  parabole  tt  correspondant  respectivement  à  /  et  à 
p  sont  distincts  l'un  de  l'autre. 


(  '  )  Loc.  cit.,  n«  298. 


Equations  a  mots  variables,  abaques  a  entbkcboisement.  i  i  i 
n  peut  construire  chacun  des  systèmes  (/),  (p)ei(A). 
l'on  se  reporte  à  la  forme  (/')  de  J'équation  de  ce 


système,  ou  voit 


c'est-à-dire  les  droites  AB  cl  AC  de  la  Jîff.  ij»  ('  1.  Ces  droites  touclicnt  la 


parabole  ir  en  leurs  points  de  r 


/^  - 


+-^"l  =  0 


1  EU. 


Pour  trouver  l'échelle  des  points  de  rencontre  du  système  (/)  avec  AB, 
nenons,  suivant  la  construction  indiquée  au  n°  të,  la  parallèle  OB'  à  AC, 
;t  construisons  une  échelle  régulière  ayant  son  point  (o)  en  B'  et  son  point 
i)  en  0,  puisque  la  droite  O2'  est  ici  la  droite(i).  Divisons,  par  exemple. 
DB'  en  10  parties  égales.  En  projetant  les  points  ainsi  obtenus  à  partir  de 
:  sur  OB,  nous  avons  les  points  de  rencontre  de  celte  droite  rcspecli%e- 
nent  avec  les  droites  (o,  i),  (0,2) (o,  g)du  système  (/). 


t  celle  d 


Mémoire 


<')  Celte  Tigure,  aui  nolaiions  près,  reproduit  i 
de  M-  Massau  {Jig.  t4i)  qui,  d'après  la  déclaration  même  <tc  l'auteur,  ne  doii 
être  considérée  que  comme  propre  à  (aire  comprendre  la  construction  de  l'abaque 
qui  devrait  être  établi  sous  de  plus  grandes  dimensions- 


I  12  CHAPITRE   II. 

Pour  achever  de  déterminer  les  droites  (/),  on  pourrait  prendre  réchelle 
qu'elles  déterminent  sur  AC  en  projetant  à  partir  de  B,  comme  cela  a 
été  indiqué  au  n**  45,  une  échelle  régulière  marquée  sur  Oar,  ayant  son 
point  (o)  en  0  et  son  point  (i)  à  la  rencontre  de  Ox  et  de  AC. 

L'auteur  de  Tabaquea  préféré,  pour  plus  de  précision,  prendre  Téchelle 
qu'elles  déterminent  sur  la  droite  EH  qui  fait  partie  du  système  comme  on 
vient  de  le  voir,  pour  /  =  — i.  Pour  obtenir  cette  échelle,  il  suffit  de  mener 
par  le  point  E  une  parallèle  EF  à  la  droite  AC(/  =  oo).  L'échelle  de  EH, 
projetée  à  partir  de  G  sur  EF,  donnera  une  échelle  régulière.  Or  les  points 
(o)  ou  E  et  (i)  ou  H  de  cette  échelle  se  projettent  en  E  et  F.  Divisant 
donc  le  seggnent  EF  en  lo  parties  égales  et  joignant  les  points  ainsi  ob- 
tenus au  point  G  par  des  droites,  on  obtient  sur  EH  les  points  (o,  i), 
(o,  2),  . . .,  (o,  9)  du  système  (/),  qu'il  suffit  dès  lors  de  joindre  aux  points 
de  même  cote  de  l'échelle  déjà  construite  sur  OB. 

Système  {p).  —  La  forme  (/?')  de  l'équation  do  ce  système  montre,  en 

vertu  de  la  Remarque  qui  termine  le  n°  43,  que  les  échelles  déterminées 

par  les  droites  du  système  sur  l'une  quelconque  d'entre  elles  sont  toutes 

régulières. 

Or 

pour  /?  =  o,       on  a  la  droite  ix  -t-  Zy  —  i  —  o  ou  AC, 

»      ^=r  I,  0  x-r-y  —  I  — o  ou  EH, 

»/>—--!,  9  a:  —  oou  Oy^ 

»      /;  = >  M  y  --  o  o\jL  Ox. 

Donc,  après  avoir  pris  les  points  de  rencontre  des  deux  premières  avec 
les  deux  dernières,  on  n'aura  qu'à  diviser  les  segments  obtenus  sur  celles-ci 
en  lo  parties  égales  et  à  joindre  les  points  correspondants  pour  avoir  les 
droites  (o,  i),  (o,  a),  ....  (o,  9)  du  système  (/?). 

Système  {h),  —  L'équation  (/<)  montre  immédiatement  que  la  même  re- 
marque s'applique  au  système  correspondant.  Ici 

pour  A  =  o,       on  a  la  droite  ^  —  o  ou  Oa?, 

»      A  —  I ,  »  ^  -^  y  —  I  —  o  ou  EH, 

»      //  -  —  I ,  »  X  —  j  -t-  I  —  o  ou  EG. 

Donc,  on  divisant  en  10  parties  égales  le  segment  de  E(i)  à  G(o),  on 
obtient  des  points  des  droites  (o.  1),  (0,2),  ...,(0,9).  Pour  achever  de 
déterminer  celles-ci,  il  suffit  de  remarquer  que  la  droite  (A)  coupe  Ox  au 
point  X  =^  h. 

On  voit  sur  la  Jig,  ffi  que  les  droites  (/*),  tracées  en  traits  interrompus, 
font  avec  les  droites  (/?)  des  angles  très  petits.  Celte  disposition  est  défec- 
tueuse et  l'on  pourrait  chercher  à  y  remédier  par  l'emploi  de  l'homographie, 
mais  on  verra  plus  loin  (Chap.  III,  I)  qu'il  y  a  avantage  à  combiner  celle- 
ci  avec  un  autre  genre  de  transformation.  Nous  reviendrons  donc  sur  la 
question  en  temps  voulu  (n°  8i). 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ExNTRECROISESlENT.        Il3 

52.  Abaques  à  cercles  entrecroisés,  —  Puisque,  d'après  ce  qui 
a  élé  vu  au  n"  46,  on  est  libre  de  choisir,  pour  définir  Fabaquc 
d'une  équation  (E)  donnée,  deux  sur  trois  des  équations  (ai  ),  (a2) 
et  (23)1  on  pourra,  dans  certains  cas  où  l'équation  (E)  ne  rentrera 
pas  dans  le  type  des  équations  représentables  par  trois  systèmes 
de  droites  (n"  47),  avoir  recours  à  des  cercles  cotés. 

Cherchons  Téquation  la  plus  générale  représeu table  par  trois 
systèmes  de  cercles  cotés.  Il  faut,  pour  cela,  éliminer  x  eiy  entre 
les  équations  de  trois  tels  systèmes,  supposés  rapportés  à  des  axes 
rectangulaires,  équations  qui  peuvent  s'écrire 


(ai) 

(«3) 


rt,  ( ;r« -^  ^ï  ; -^  a:/, -h  ^ <ï>, -T- <j/i  =-=  o, 


01,02,  ^3  étant  des  constantes  qu'on  pourrait,  dans  le  cas  général, 
prendre  égales  à  1,  mais  qu'il  vaut  mieux  conserver  quelconques 
pour  être  libre,  en  les  annulant,  de  réduire  le  système  de  cercles 
correspondant  à  un  système  de  droites. 

Si  l'on  élimine  x^-^y-  entre  ces  trois  équations  prises  deux  à 
deux,  on  obtient 


/t 

i/3 

!  /a 


«j 

ai  I 
«3  I 


X 


X  -~ 


1/1     «il 


X  -r- 


«1 
«J 

y 

«1 
«2 

?1 

y  — 

«3  ! 

1  at 
a. 

'    ?3 

1    ?1 

«3 
a, 

y 

ai 
"1 

•  =  o. 


=  o, 


=  o. 


Si  l'on  additionne  ces  équations  après  les  avoir  multipliées  res- 
pectivement une  première  fois  par  '^i,  cp2,  'fa,  et  une  seconde  par 
fi^fttfiïi  on  obtient  les  deux  suivantes  : 


/l    ?l    «1 

1 

1 

«I       ?l 

/t    <?î    «t 

1 

X  —       «î       Çpj 

A       ?3       «3 

1    «3       <?3 

f\       ?1       «I 

/l       «1 

ft       ?t       «t 

X  — 

fi      «î 

f%      ?3       «3 

/s       «3 

î'i 

<^3    1 


^t 


=  O, 


=  O. 


M.  D'O. 


8 


I  l4  CHAPITRE   II. 

Si,  après  avoir  posé 

D=      /î      ?2      4^8      • 
/s     ?s     ^'ï 

nous  convenons  de  représenter  par  Dy,  D^,  D^  ce  que  devient  ce 
déterminant  lorsqu'on  y  remplace  les  //,  les  ©/  ou  les  ^j^ipar  lésais 
nous  voyons  que  les  équations  précédentes  peuvent  s'écrire 

D^x  —  Df  =  o, 


D+r 


Dç=  o. 


Portant  les  valeurs  tirées  de  là  dans  l'équation  (ai),  nous  avons 

a,  (  D)  -h  Dj)  -f-  D,^,(/,  D/  4-  oi  Dç  -4-  tj^i  D^)  r=  o. 


O 


r 


/iD/=/i 


?iDç=  ?i 


i);,  D^-  ^i 


a,   (fi   <^i 

a\f\ 

?î 

'i'I 

«2     <?î     'J'î 

o 

«Pi 

4^2 

ûfS     ?8     'i'S 

o 

?3 

^^ 

/l     «1    <^1 

/. 

«I?l 

^x 

/î     «J    4^8 

— 

h 

O 

^t 

/a    «3    4^3 

/a 

O 

^^ 

/l     ?l     ûi 

/i 

?1 

«1^1 

/l     ?î    «î 

=    A 

?i 

o 

A     ?3    <Ï3 

/3 

?s 

o 

o  cp, 

o  Cp3 

/s  o 

/l  ?1 

h 


d'où,  en  additionnant  en  colonne, 


/,  D/  H-  fiDç-^   ij^,  D^  = 


«i/i  «i?i  «i'Vi 

/l  ?î  4^2 

/s  ?3 
=  ax  D. 


'l'3 


-t. 
'1'. 

"V.  ■ 

'1'. 

o 


/i        ?i       4^1 
i«i/i  «î?i  «î'Vi 
,  U       ?3       'i's 


L'équation  ci-dessus  devient  donc 


o  (pi 

o  (pt 

/.  « 

/»  «»<P1 


/3 


4-. 

O 
O 


T»      ^34*1 


/i      ?i     4*1 

/î       T«      'l't 

«3/1    «8^1    «î4'l 


ou 


«1    ?1    ^1 

/l       «1       4^1 

/i     ?i     «I 

/l       ?l       ^\ 

«s       ?J       ^2 

- 1  - 

/a     «2     'l'i 

_i_ 

/•       ?2       «2 

X 

f\       «p2       '{'2 

«3       ?3       ^^ 

/a     <'3     'j's 

/s       ?3       «3 

/s       ?3       4^3 

=  o. 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEIENT.        Il5 

Telle  esl,  sous  forme  symétrique,  l'équation  la  plus  générale 
représentable  par  trois  systèmes  de  cercles  entrecroisés. 

Si  l'un  dés  systèmes  de  cercles  se  réduit  à  un  système  de  droites, 
il  sufKt  d'égaler  à  zéro  la  constante  a  correspondante,  d'où  l'uti- 
lité de  l'introduction  de  ces  constantes. 

Dans  le  cas,  notamment,  où  deux  des  systèmes  de  cercles,  les 
deux  premiers  par  exemple,  deviennent  des  systèmes  de  droites  (  '  ), 
on  a,  en  faisant  a^  =  «2=  o,  l'équation 

1 A   ?i    ^1 

A       ?3       ^^3 

et  si  le  troisième  système  devient  à  son   tour  rectiligne,  auquel 
cas  «3=  o, 

A    ?i    't'i 

A    ?î    h    ^  "' 

A      ?3      '^i 

ainsi  qu'on  l'a  déjà  vu  au  n°  47. 


53.  Exemple  :  Abaque  des  murs  de  soutènement  pour  des  terres 
profilées  suivant  leur  talus  naturel.  —  On  peut  faire  des  hypothèses 
particulières  sur  les  systèmes  de  droites  et  de  cercles  constituant  Tabaque 
considéré,  par  exemple,  dans  le  cas  de  deu\  systèmes  de  droites  et  d'un 
système  de  cercles,  supposer  que  les  cercles  sont  tangents  entre  eux  en  un 
même  point.  Prenant  ce  point  comme  otigine  et  la  normale  commune 
comme  axe  des  ar,  on  voit  que  celte  hypothèse  entraîne  03=<}/3=o  et 
l'avant-dernière  équation  du  numéro  prcccdenl,  où  l'on  peut  d'ailleurs 
faire  a)  =  i,  devient 

On  peut  aussi  supposer  que  toutes  les  droites  du  système  (ori)  passent 
par  rorigine,  ce  qui  revient  à  faire  çi  = — i,  <Vi  =  o,/|  représentant  alors 
le  coefficient  angulaire  de  la  droite  (ai).  L'équation  précédente  devient 
alors 

<^«('-+-/î)— /3(/I?î-+-/t)  =  o• 
Comme  exemple  d'application  nous  prendrons  l'équation 

A«H-  A/>sincpcoscp  —  ^cos*cp  =  o, 


(M  Sur  Tapplication  de  ce  mode  de  représentation  aux  équations  quadratiques, 
voir  plus  loin  (Ch.  VI,  II,  C). 


Il6  CHAPITRE  II. 

qui  fait  connaître  le  rapport  k  de  la  base  à  la  hauteur  d'un  mur  à  section 
rectangulaire  soutenant  une  terre  profilée  suivant  son  angle  naturel  f ,  le 
rapport  du  poids  spécifîque  de  cette  terre  à  celui  de  la  maçonnerie  étant 
égal  à />(»). 

Remplaçant  sin^  et  coscp  par  leurs  valeurs  en  fonction  de  tango,  on  met 
cette  équation  sous  la  forme 

/.^    ^V  tangy   _  p  ^  ^ 

I -+- tang*o        3(i -H  tang*<p) 


ou 


A*(i-f-  tang*<p)  -4-/>(  A- tang<p  —  -  J  =  o. 

On  voit,  en  prenant  cp,  A:  et  /?  respectivement  pour  «i,  «s  et  «j,  qu'elle 
rentre  dans  le  dernier  type  écrit  ci-dessus  lorsque  l'on  fait 

/i=  tangç, 

l  étant  un  module  quelconque. 

L'équation  est  donc  représcntable  par  les  trois  systèmes  cotés  que  défi- 
nissent les  équations 

(<p)  artangœ— j^  =  o, 

(/)  -  ^^ky-^lk^-o, 

(p)  x^-^y^ — Ipa:  —  o. 

On  retrouve  ainsi  un  abaque  auquel  nous  avions  été  conduit  naguère 
par  une  autre  voie  (*). 

Les  droites  ((p)  sont  faciles  à  construire  puisque  ce  sont  précisément  les 
droites  passant  par  l'origine  et  faisant  l'angle  ©avec  Ox,  Pratiquement  il 
suffit  de  faire  varier  cp  de  ao"  à  5o". 

In 

De  même,  les  cercles  (/?)  sont  les  cercles  de  rayon  —,  tangents  en  O 

à  Oy.  On  fera  varier/?  de  0,4  ù  i. 

Les  droites  (A)  forment  un  système  du  second  degré  dans  lequel  la  droite 
cotée  (00)  est  rejetée  à  l'infini  puisque  le  coefficient  de  A*  est  une  constante. 
Donc,  ainsi  qu'on  l'a  vu  (Rem.  finale  du  n"  4^),  ces  droites  déterminent 
sur  l'une  quelconque  d'entre  elles  une  échelle  régulière. 


(')  CoLLiGXON,  licsistance  des  matériaux,  3'  éd.,  p.  669. 
(-)  0.4,  p.  28.  La  PI.  IV  Ag  celte  hrochuro  est  fautive  en   ce  sens   que   les 
cotes  ip)  y  devraient  ôlre  doublées. 


tQtlATIONS   A  TROIS   VIHIABLES.   ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT. 
ChoisissoDS  deux  d'entre  elles,  par  exemple  celles  qui  corresponder 
Jt  =;  o  et  i  =  —  -I  dont  les  équations  sont 

/ 

Sur  ces  deux  droites  les  autres  donneront  des  échelles  régulières,  ce  i 
permettra  de  les  construire  très  aisément  lorsqu'on  aura  trace  celles 
correspondent  aux  valeurs  limites  de  k  résultant  de  celles  qui  ont 
admises  pour  ^  et  ^  et  qui  sont  A  =  o,  ■*  et  i'  =  o ,  t. 

En  limitant  l'abaque  à  sa  partie  utile,  et  prenant  /  =  lo'",  on  obtient  la 
_/î^.  jg  f ').  A  litre  d'exemple,  on  voit  sur  celte  figure  que,  pour  ç  =  3o% 
f  =o,;;,on.*  =  o.î. 


^. 


X 


On  peut,  comme  cela  a  été  indique  au  bas  de  la  p  55  [note  (*)]  pour  les 
abaques  à  radiantes,  se  dispenser  de  tracer  les  droites  (o)  en  conservant 
seulement  l'écKelle  quelles  déterminent  <iur  te  cercle  extérieur  auquel 
OD  les  a  limitées  sur  la  fig.  4g  <*)- 

54.  Emploi  des  coordonnées  polaires.  — Nous  avons  jusqu'ici 
supposé  que  nous  faisions  usage  de  coordonnées  cartésiennes 
rectangulaires,  mais  il  est  bien  évident  que  le  principe  général 
énoncé  au  n"  46  sera  également  applicable  avec  un  système  quel- 


(■)  La  partie  utile  de  l'abaque  a  Été  disposée  dans  k  cadre  de  la  lîKiirc,  dcTaçon 
que  la  droite  9  =  ao<  soit  parallèle  au  bord  inrèrieur  de  ce  cadre.  L'axe  Ox,  dont 
l'origine  est  d'ailleurs  confondue  avec  le  i>oînt  de  convergence  de»  droites  (7), 
ferait  donc  un  angle  de  30>  avec  ce  bord  inférieur  et  en  dessous  de  lui. 

(')  On  trouvera  un  autre  exemple  d'abaque  à  cercles  cotes  dans  un  Mémoire 
sur  tet  mina  militaires,  du  capitaine  RIcour,  inséré  dans  le  Mémorial  de  l  Of- 
ficier du  GénU  (n- %\,  ç    3î3i  187Î) 


Il8  CHAPITRE   II. 

conque  de  coordonnées.  On  pourra  donc,  dans  certains  cas, 
recourir  à  d'autres  systèmes,  à  celui  notamment  des  coordonnées 
polaires  lorsque  Tune  des  variables  entrera  dans  l'équation  sous 
forme  trigonomélrique. 

11  faut  bien  remarquer  que  les  abaques  ainsi  obtenus  ne  seront 
pas  essentiellement  distincts  de  ceux  que  l'on  définirait  en  coor- 
données cartésiennes,  attendu  qu'une  fois  construit  l'abaque  en 
coordonnées  polaires,  il  n'y  a  qu'à  écrire  en  coordonnées  carté- 
siennes les  équations  des  lignes  cotées  qui  ont  été  déterminées  pour 
retrouver,  par  élimination  dexet  y^  l'équation  en  ai,  7.^  et  as  d'où 
l'on  est  parti. 

Cet  emploi  de  coordonnée's  différentes  ne  peut  donc  avoir 
d'autre  objet  que  de  mettre  plus  aisément  en  évidence  certaines 
formes  simples  des  lignes  cotées,  au  moyen  desquelles  on  peut 
constituer  l'abaque  d'une  équation  donnée. 

Pour  en  donner  immédiatement  un  exemple,  reprenons  l'équa- 
tion du  n°  53 

A:'-l-  kp  sinçp  coscp  —  ^cos'o  =  o. 

Si  l'on  appelle  p  et  u>  les  coordonnées  polaires  courantes,  il 
suffit  de  jeter  les  yeux  sur  l'équation  pour  remarquer  qu'en 
posant 

(?)  w=^<p, 

(/?)  /?costo  =  p, 

on  a 

(A)  Ar-H-A:psinw —  — - —  —  o, 

et  ces  trois  équations   définissent  précisément   en   coordonnées 
polaires  les  trois  systèmes  de  lignes  cotées  obtenus  au  n®  53. 
On  peut  préciser  ce  qui  précède  de  la  manière  suivante  : 
Soient,  conformément  à  ce  qui  a  été  vu  au  n**  16, 

(as)  ^t{x,  jTy  a2)  =  o, 

(«a)  FsC^,  r)a3)  =  o 

les  équations  des  trois  lignes  cotées  constituant  un  abaque.  Pour 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ENTRECROISEMENT.        I  19 

avoir  les  équations  de  ces  mêmes  ligaes  en  coordonnées  polaires, 
il  suffit,  dans  les  précédentes,  de  remplacer  x  et  y  par  p  costo  et 
3  sinco,  ce  qui  donne 

(«1)1  Gi(p,  10,  a,)  =  0, 

(atj),  G,(p,  (D,  a,)  =  o, 

(aj)i  GaCp,  w,  a,)  —  o. 

On  peut,  dès  lors,  indifféremment  éliminer  x  et  y  entre  les 

trois  premières  équations,  ou  p  et  w  entre  les  trois  dernières,  pour 

retrouver  Téquation 

4>(a,.  aj,  a,)  =  o. 

représentée  par  Tabaque. 

La  même  observation  s'appliquerait  à  un  système  quelconque 
de  coordonnées  ponctuelles.  Pour  faire  la  théorie  de  tel  abaque, 
tel  système  de  coordonnées  sera  d'un  emploi  plus  commode  el 
exigera  moins  de  calculs,  mais  tout  autre  système  de  coordonnées 
pourrait  être  utilisé. 

06.  Abaques  polaires.  —  Étant  bien  entendu,  d'après  ce  (|ui 
précède,  qu'un  abaque  obtenu  à  Taide  d'un  système  quelconque 
de  coordonnées  ponctuelles  pourrait  l'être  au  moyen  de  tout 
autre,  et  qu'il  n'y  a  là  qu'une  question  de  plus  ou  moins  d<î 
commodité,  on  pourra,  comme  l'a  proposé  M.  G.  Pesci,  appeler 
abaques  polaires  ceux  qui  seront  définis  en  prenant 

de  même  qu'on  a  appelé  plus  haut  abaques  cartésiens  ceux  qui 
ont  été  définis  en  prenant 

Soit  donc  une  équation 

que  l'on  représente,  en  posant 

(ai)  p  — /,a,, 

(a,)  w  =  /jaj, 


llflAPITRE   11. 


ce  qui  donne 


Les  lignes  colëes  (ai)  et  (aj)  sont  respectivement  des  cercles 
ayant  leiir  cenlre  A  l'origine  et  des  droites  passant  par  cette 
origine. 

Supposons  que  sur  une  droite  D  pivotant  sans  glisser  autour  de 
celte  origine  nous  portions  l'échelle  définie  par  l'équation  (a,) 
(Ji^-    ^'o)  et  que  sur  une  ligne  quelconque,   de  préférence    un 


cercle  ayant  son  cenlre  à  l'origine,  nous  marquions  ses  points  de 
rencontre  avec  les  droites  («î),  munis  des  cotes  correspondantes. 
Dès  lors,  lorsque  nous  amènerons  la  droite  D  à  passer  par  le 
point  («a)  de  la  ligne  L,  celte  droile  D  se  confondra  avec  la 
droite  («a)-  Comme,  d'autre  part,  dans  le  mouvement  de  pivote- 
ment de  cette  droite,  son  point  (a,)  décrit  le  cercle  (^i),  on  voit 
(|ue  ce  point  (ix,  )  sera  venu  à  la  renconlie  de  la  droite  («j)  et  du 
cercle  (a,  ),  c'est-à-dire  au  point  même  par  où  passe  la  courbe  («t) 
dont  on  doit  prendre  la  cote. 

De  là  ce  mode  d'emploi  de  l'abaque  :  La  droite  Hélant  amenée 
à  passer  par  le  point  (aj)  de  la /igné  L,  on  lit  fa  cote  a^  de  la 
courbe  sur  laquelle  tombe  le  point  (a,)  de  cette  droite  D. 

L'abaque  permet  évidemment  tout  aussi  bien  d'obtenir  ot,  lors- 
<|u'on  se  donne  ag  et  aj,  ou  «a  lorsqu'on  se  donne  ccj  et  a.,. 


Com 


Ktrinplu   d'un   irl   • 


?  d'abaque,  proposé  par  M.  G.  Pesct, 


tQDATIONS  A    TROIS   VARIABLES.   ABAQUES   A    EN' 

Soit  à  représenter  l'équalion 
[uï  se  rencontre  dans  un  problêriie  de  Navigaiion  ('  ).  Si  l'on  pose 


équation  qui  représente  une  droite  coupant  1 
de  l'origine  et  faisant 


La  ligne  I,  est  ici  le  cercle  ABC.  La  droite  pivotante  c 
CD  OP,  la  graduation  des  droites  issues  du  point  O'  de  l'i 
ÎDScrile  à  leur  rencontre  avec  un  cercle  DEF  de  centre  0. 

On  a  figuré  en  poinlîllé  la  position  de  la  droite  pivotante 
et  31  =  ^  ;  l'abaque  donne  a,  =  -li'. 

Remarque.  —  Il  va  sans  dire  que  le  même  artifice  sera 


(■)  ti.  PESCt,  Sui  metodi  per  cambiare  il  riteoamenlo ,  iluns  \t  Ilivisia 

marittima  (mars  1897).  La   formule   ici   envisagée   est   lu  formule  (7}  <Jc   ce 


122  CHAPITRE   11.   —    ÉQUATIONS   A    TROIS   YARIABLES,    ETC. 

cable  tant  que  les  lignes  cotées  (cti)  et  (a^)  seront  des  cercles  de  centre  O 
et  des  droites  issues  de  O,  c'est-à-dire  lorsque  p  et  w  seront  pris  égaux  à 
des  fonctions  quelconques,  Tun  de  «i,  l'autre  de  as, 

P=/i(«i), 
w--^/i(at). 

Les    abaques    correspondants    pourraient    être    dits    à    anamorphose 
polaire. 


fiQUATIONS   A    TROIS    VARIABLES.    ABAQUES    A    ALIGNEMENT.  123 


CHAPITRE  m. 

SUITE  DES  ÉQUATIONS  A  TROIS  VARIABLES. 
ABAQUES  A  ALIGNEMENT. 


1.  —  Abaques  généraux  à  points  alignés  i^  ). 

56.  Principe  des  points  alignés.  —  Nous  avons  déjà  exposr 
au  n''  30  les  raisons  pour  lesquelles  il  est  désirable,  chaque  fois 
que  la  chose  est  possible,  de  ne  faire  intervenir  comme  éléments 
cotés,  dans  la  représentation  d'une  équation,  que  des  points. 


(')  C'est  dans  notre  Mémoire  O.l  paru  en  novembre  i884  que  le  principe  de 
cette  méthode  a  été  donné  pour  la  première  fois. 

Nous  y  sommes  revenu  dans  la  Note  0. 2  avant  de  Texposer  plus  en  détail  dans 
notre  brochure  0.4,  Ch.  IV. 

Nous  avons  à  cet  endroit  donné  à  la  méthode  le  nom  de  méthode  des  points 
isopléthes  pour  rappeler  que  les  systèmes  de  points  qui  y  interviennent  sont  cor- 
rélatifs des  systèmes  de  droites  isopléthes  qui  figurent  sur  les  abaques  construits 
par  la  méthode  de  Lalanne.  Or,  nous  avons  déjà  dit  (n**  16)  pourquoi  nous  nous 
élions  décidé  à  abandonner  le  terme  à'isopléthe  pour  nous  en  tenir  à  celui  de 
coté.  D'autre  part,  on  verra  par  la  suite  qu'on  peut  construire  des  abaques  où 
n'interviennent  que  des  points  cotés,  mais  où  la  relation  de  position  établie  entre 
ceux-ci  est  autre  que  l'alignement.  II  nous  a  donc  semblé  que  la  meilleure  ma- 
nière de  caractériser  la  présente  méthode  consistait  à  rappeler  qu'elle  reposait  sur 
l'emploi  de  points  alignés, 

11  n'est  pas  indispensable,  lorsqu'on  n'a  en  vue  que  les  applications  les  plus 
courantes  de  la  méthode,  de  l'envisager  avec  toute  la  généralité  que  nous  lui 
donnons  ici  et  qui  s'impose  évidemment  dans  un  exposé  d'ensemble.  Le  lecteur 
sortout  désireux  de  s'initier  au  côté  pratique  du  sujet  pourra  se  reporter  immé- 
diatement à  la  Section  II. 

Nous  ajouterons  que  la  plupart  des  exemples  d'application  donnés  dans  ce 
Chapitre  sont  empruntés  soit  à  notre  brochure  0.4,  soit  aux  travaux  énumérés 
dans  notre  article  0.24.  Depuis  l'achèvement  du  manuscrit  de  cet  Ouvrage,  nous 
avons  eu  connaissance  d'une  intéressante  Note  de  M.  Mchmke  (Z.  S.,  t.  XLIV,  p.  5(i  ; 
1899)  où  sont  signalés  d'autres  exemples  d'application  dus  à  MM.  Adicr,  Maurer 
et  à  M.  Mehmke  lui-même. 


124  CHAPITRE   Iff. 

Nous  avons  vu,  en  outre,  comment  l'emploi  d'un  transparent  à 
trois  index  permettait  de  réaliser  ce  desideratum  en  ce  qui  con- 
<;erne  les  équations  représentables  par  trois  systèmes  de  droites 
parallèles  (n®  26),  c'est-à-dire  de  celles  qui  sont  de  la  forme 

Nous  allons  maintenant  exposer  une  autre  méthode  qui  permet 
(l'atteindre  le  même  but  pour  la  catégorie  beaucoup  plus  générale 
(les  équations  représentables  par  trois  systèmes  de  droites  quel- 
conques, comprenant,  par  conséquent,  les  précédentes  à  titre  de 
cas  particulier,  c'est-à-dire  de  celles  qui  sont  de  la  forme 


f\  ?i  '^x 
Si  ?î  ^'î 
/s    <p3    ^'s 


o. 


L'idée  de  principe  qui  permet,  a  priori,  de  se  rendre  compte 
(le  la  possibilité  d'un  tel  résultat  se  confond  avec  celle  de  la  dua- 
lilé,  fondamentale  aujourd'hui  dans  le  domaine  de  la  Géométrie 
pure. 

On  sait  qu'on  peut,  d'une  infinité  de  manières,  faire  corres- 
pondre à  une  figure  composée  de  droites  une  figure  composée  de 
points,  telle  qu'à  trois  droites  concourantes  quelconques  de  la 
première  figure  correspondent  trois  points  en  ligne  droite,  ou  trois 
|)oints  alignés,  sur  la  seconde.  Toute  transformation  jouissant 
d'une  telle  propriété,  dont  le  type  est  la  transformation  par  po- 
laires réciproques,  est  dite  dualistiqne. 

Supposons  donc  que  nous  appliquions  une  telle  transformation 
à  un  abaque  constitué  par  trois  systèmes  de  droites  quelconques, 
en  conservant,  bien  entendu,  dans  le  passage  d'une  figure  à 
l'autre,  la  cote  de  chaque  élément. 

Nous  obtiendrons  ainsi  un  nouveau  diagramme  {fig'  Sa)  sur 
lequel,  à  chacune  des  variables  ai,  a2  et  ag,  correspondra  un  sys- 
tème de  points  cotés  distribués  sur  une  courbe,  dite  leur  support, 
(|ui  sera,  dans  la  transformation  effectuée,  la  corrélative  de  l'en- 
veloppe des  droites  du  système  correspondant  sur  le  premier 
abaque. 

Ces  trois  systèmes  de  points  cotés  constitueront  des  échelles 
curvilignes. 


!•>..> 


ÊQUATJONS   A    TROIS    VARIABLES.    ABAQURS   A    ALIGNEMENT. 

De  même  que  sur  le  premier  abaque,  les  trois  droites  cotées  au 
moyen  d'un  système  de  valeurs  de  a,,  a2,  ol^  satisfaisant  à  Téqua- 
tion  représentée  étaient  concourantes,  ici  les  trois  points  corres- 
pondants seront  alignés. 

Fig.  52. 


? 


De  là  le  mode  d'emploi  de  Tabaque  :  la  droite  joignant  /rs 
points  cotés  ai  et  ol^  sur  tes  deux  premières  échelles  curvilignes 
rencontre  la  troisième  échelle  au  point  coté  ag. 

Pour  n'avoir  pas  à  dessiner  cette  droite,  on  pourra  se  servir 
d'un  transparent  à  un  index  ou  encore  d'un  fil  fin  que  l'on  tendra 
entre  les  points  (ai)  et  (a2)  (*). 

57.  Emploi  des  coordonnées  parallèles.  —  Il  s'agit  mainte- 
nant de  réaliser  sous  une  forme  pratique  la  transformation  dua- 
listique  dont  l'effet  vient  d'être  analysé. 


(')  Ce  dernier  procédé,  outre  l'avantage  d'une  plus  grande  rapidilc,  offre 
celai,  plus  précieux  encore,  de  ne  pas  exiger  que  la  feuille  sur  laquelle  l'abaque 
est  dessiné  soit  rigoureusement  plane,  pourvu  toutefois  qu'elle  reste  convexe, 
comme  les  feuillets,  par  exemple,  d'un  livre  ouvert.  Si,  en  effet,  on  tend 
nn  fil  sur  une  telle  surface,  il  se  dispose  suivant  une  ligne  géodésique,  trans- 
formée d'une  ligne  droite  du  plan,  et  les  points  qu'il  recouvre  sont  bien  des  points 
ili^nés. 

Quant  aux  variations  du  papier  dont  nous  avons  signalé  les  conséquences  en 
ce  qui  concerne  les  abaques  avec  transparent  à  trois  index  dans  la  note  (')au 
bas  de  la  p.  69,  elles  n'ont  ici  aucun  inconvénient  lorsqu'on  suppose,  comme  à  l'en- 
droit cité,  le  papier  suffisamment  homogène  pour  que  les  variations  dans  chaque 
sens  soient  uniformes,  puisque  dans  ces  conditions  des  points  situés  sur  une  droite 
quelconque  ne  cessent,  à  aucun  moment,  de  se  trouver  en  ligne  droite. 


126  CHAPITRE   III. 

Le  moyen  qui  se  présente  tout  naturellement  à  Tesprit  consiste 
à  regarder  les  coordonnées  courantes  dans  les  équations  définis- 
sant les  divers  éléments  cotés  de  Tabaque  non  plus  comme  des 
coordonnées  ponctuelles,  mais  comme  des  coordonnées  tangen- 
tielles  donnant  pour  le  point  une  équation  du  premier  degré. 

Parmi  de  telles  coordonnées,  celles  dont  l'emploi,  pour  ce  genre 
«l'application,  est  le  plus  avantageux  sont  les  coordonnées  paral- 
lèles Aoni  nous  allons,  en  quelques  mots,  rappeler  la  définition. 

Les  coordonnées  parallèles  (')  w  et  c'. d'une  droite  sont  les  dis- 
tances AM  et  BN,  prises  avec  leur  signe,  des  points  M  et  N  où 
celte  droite  coupe  deux  axes  parallèles  Aw  et  Bt^,  aux  origines  A 
et  B  respectivement  choisies  sur  ces  axes  {voir  la  fig.  60  du 
n»  66). 

Dans  ce  système  de  coordonnées,  toute  équation  du  premier 

<legré 

au  H-  6p  -+-  c  =  o 

défmit  un  point  P  qui  peut  être  ainsi  déterminé  :  Prenons  pour 

origine  O  le  milieu  de  AB,  pour  axe  Ox  la  droite  OB,  pour  axe 

Oy  la  parallèle  à  Aw  et  Bç'  menée  par  O;  si  l'on  pose  OB  =  8, 

les  coordonnées  du  point  P  rapporté  aux  axes  qu'on  vient  de 

<léfinir  sont 

^b  —  a  —  c 

^  b-^  a  -^        a-^  b 

Ou  peut  encore  dire  que  si  la  parallèle  à  Aa  et  Br,  menée  par 
P,  coupe  AB  en  C,  on  a 

GA       _  6 

^^^  GB  a' 

Il  est,  en  outre,  bien  clair  que  la  condition  pour  que  trois  points, 
donnés  par  leurs  équations,  soient  en  ligne  droite,  est  la  même 


(')  Nous  avons  étudié  en  détail  re  système  de  coordonnées  dans  un  Mémoire 
(A".  A.,  3«  série,  t.  III,  p.  jio,  45G,  5i6;  1884  ),  Mémoire  qui  se  trouve  repro- 
duit dans  notre  brochure  :  Coordonnées  parallèles  et  axiales  (Gauthier-Villars, 
i885). 

En  même  temps  que  notre  étude  paraissait  dans  les  Nouvelles  Annales,  M.  K. 
Schwering  publiait  une  brochure  sur  le  même  sujet  sous  le  titre  :  Théorie  und 
Anwendung  der  Liniencoordinaten  (Leipzig;  i88'|). 

Nous  sommes  revenu  à  diverses  reprises  sur  ce  sujet,  notamment  dans  les 
N,  A,  (3*  série,  t.  VI,  p.  ^93;  t.  IX,  p.  44^  î  t.  XI,  p.  70). 


ÉQUATIONS    A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ALIGNEMENT.  1 27 

que  celle  qui  exprime  que  les  trois  droites  obtenues  en  remplaçant 
u  et  V  par  x  et  y  dans  ces  équations  passent  par  un  même  point. 

Si  a,  6,  c  sont  des  fonctions  d'un  paramètre  variable  9,  l'équa- 
tion en  u  et  v  du  lieu  des  points  correspondants  s'obtient  en  éli- 
fflioant  0  entre  l'équation  de  ce  point  et  sa  dérivée  prise  par 
rapport  à  Q. 

C'est  ici  le  lieu  de  répéter  ce  qui  a  été  dit  au  n®  S4  à  propos  des 
abaques  construits  en  coordonnées  ponctuelles  :  on  peut  évidem- 
ment faire  la  théorie  d'un  abaque  à  points  alignés  au  moyen  d'un 
système  quelconque  de  coordonnées  tangentielles,  mais  l'emploi 
des  coordonnées  parallèles  est  préférable  en  ce  sens  que,  dans  la 
plupart  des  cas,  il  conduit  d'une  façon  plus  directe  à  l'abaque 
offrant  la  meilleure  disposition. 

On  pourrait  même,  si  on  le  voulait,  faire  toute  la  théorie  des 
abaques  à  points  alignés  au  moyen  des  coordonnées  ponctuelles 
cartésiennes,  ainsi  que  nous  le  montrerons  plus  loin.  Mais,  d'une 
pari,  la  théorie  y  perdrait  en  unité,  puisque  avec  la  première  ma- 
nière il  n'y  a  simplement  qu'à  donner,  dans  les  mêmes  équa- 
tions, une  signification  géométrique  différente  aux  coordonnées 
courantes;  de  l'autre,  l'emploi  des  coordonnées  tangentielles  per- 
met, dans  les  cas  usuels,  d'opérer  sans  tâtonnements  ce  que  nous 
avons  appelé  la  disjonction  des  variables  (n"  41),  quitte  à 
interpréter  ensuite  les  résultats  obtenus  dans  le  système  des  coor- 
données cartésiennes  pour  la  plus  grande  facilité  de  la  con- 
struction. 

58.  Abaques  tangentiels  généraux,  —  Il  n'a  été  question 
dans  ce  qui  précède  que  de  la  transformation  des  abaques  à  droites 
entrecroisées  en  abaques  à  points  alignés.  Qu'obtiendrait-ôn  en 
faisant  subir  la  même  transformation  à  tout  autre  abaque  à  entre- 
croisement? 

Considérons  d'abord  l'abaque  le  plus  général  constitué  par  trois 
systèmes  de  courbes  quelconques  (n**  W),  Chacun  de  ces  systèmes 
donnera  corrélativement  sur  le  nouvel  abaque  un  autre  système  de 
courbes,  mais  alors  que  sur  le  premier  abaque  trois  courbes  cor- 
respondantes, prises  chacune  dans  un  des  systèmes,  devaient  se 
couper  en  un  même  point,  sur  le  second,  trois  courbes  corres- 
pondantes devront  être  tangentes  à  une  même  droite  que  (sous 


128  CHAPITRE   III. 

forme  de  Tindex  d'un  transparent  ou  d^un  (il  tendu)  Ton  appli- 
(|uera  sur  Tabaque. 

Au  surplus,  toute  équation  entre  trois  variables  étant  susceptible 
«l'une  représentation  ponctuelle  comportant  deux  sj^stèmes  de 
droites  et  un  système  de  courbes,  savoir  celle  que  donne  la  mé- 
thode cartésienne  (n®  16),  elle  pourra,  de  même,  être  représentée 
tangentiellement  au  mojen  de  deux  systèmes  de  points  et  d'un 
système  de  courbes.  Il  suffira,  pour  cela,  si  l/équation  donnée  est 

(E)  *(3ti,a„aj)  =  o, 

de  poser,  en  appelant  /|  et  /.^  des  modules  quelconques, 

(a,)  a  =  /,a,. 

(a,)  i;  =  /ja,, 

d'où 

Les  deux  premières  équations  définissent  des  échelles  régu- 
lières sup|)ortées  respectivement  par  Taxe  des  u  et  Taxe  des  Vj  la 
troisième  un  système  de  courbes  quelconques.  Toute  équation  à 
trois  variables  pourra  donc  être  ainsi  représentée,  et  le  mode 
d'emploi  de  l'abaque  sera  le  suivant  : 

Lire  la  cote  t.^  de  la  courbe  touchant  la  droite  qui  unit  les 
points  cotés  respectis^ement  a,  et  a^  sur  les  deux  axes. 

La  substitution  d'un  tel  abaque  à  l'abaque  ponctuel  corres- 
pondant ne  présenterait  quelque  avantage  que  si  elle  permettait 
de  remplacer  les  courbes  de  cet  abaque  ponctuel  par  d'autres 
courbes  d'un  tracé  beaucoup  plus  simple. 

Si,  par  exemple,  l'équation  est  de  la  forme 

il  suffira,  après  avoir  pris  deux  axes  parallèles  distants  de  Ik  et 
ayant  leurs  origines  sur  une  même  perpendiculaire  à  leur  direc- 
tion commune,  de  poser 

(«2)  V  :-  i  /;, 

pour  avoir 


ÉQUATIONS   A    TROIS   TARIABLES.    ABAQCES   A   ALIGNEMENT. 


129 


équation  d'un  cercle  (*)  de  rayon  y ayant  pour  centre   le 

point 

a/3-t-  V(f3-\-  1^3—  O 

OU,  en  choisissant  des  axes  cartésiens,  comme  au  n°  57, 

2     /3-i-?3  /3-^?3 

S9.  Transformation  géométrique  (Vun  abaque  à  droites 
entrecroisées  en  un  abaque  à  points  alignés.  —  Avant  d'étu- 
<lîer  la  construction  directe  des  abaques  à  points  alignés,  faisons 
voir  comment  on  peut  très  aisément,  si  Ton  possède  un  abaque  à 
droites  entrecroisées,  le  transformer  en  un  abaque  à  points 
alignés. 

Chaque  droite  PQ  {fig*  53)  de  l'abaque  donné  peut  être  définie 
par  deux  de  ses  points.  Prenant  les  coordonnées  x  Qiy  de  chacun 

Fig.  53. 


P    JC 


de  ces  points  et  les  reportant,  comme  coordonnées  u  et  i^,  sur  les 
axes  parallèles  du  second  abaque,  on  obtient  les  deux,  droites 
corrélatives  dont  le  point  de  rencontre  C  est  le  point  transformé 
de  la  droite  PQ. 

De  préférence,  il  conviendra  évidemment  de  prendre  pour  les 
deux,  points  précédents  les  points  P  et  Q,  où  la  droite  considérée 
rencontre  les  axes  O^r  et  Oy. 

Au  point  P(j:  =  OP,  y  ==  o)  correspondra  la  droite 


(•)  Voir  Coordonnées  parallèles  et  axiales,  formule  (i^  ),  p.  14. 
M.  d'O.  9 


l3o  CUAPITILR   III. 

iui  point  Q  (^  :^     •>,  y  r     OQ)  correspondra  la  droite 

A\{H=-o,  i-=BN=OQ). 

La  construction  se  rcsumera  donc  en  ceci  :  Porter  sur  Au 
et  Bf  les  segments  AM  —  OP,  lîN  =  OQ,  et  tirer  les  droites 
AN  el  BM  dont  le  point  de  rencontre  C  est  le  transformé  de  la 
droite  PQ(')- 


('  )  Ici  SI'  jijjcfnt  deux  remarques  importantes  :  i°  Pour  que  (ce  qui  est  pré~ 

Au  et  Bc,  il  faut  qui:  ces  druius  l'Q  nient  un  coefricicnl  angulaire  négatif;  or 
□Il  peut  toujours  futre  en  «nrtc  qu'il  en  soit  ainsi  en  clinisissanl  convenablement 
\f.  sens  positif  ïur  l'un  dos  axes  Ox  <iu  0_t'>  celui  de  l'autre  élant  quelconque^ 
ï°  riCD  n'empêche,  en  passant  de  IVctielle  de  Or  à  celle  de  Au.  et  de  celle  de  O^ 
fi  celle  de  \iv,  de  changer  de  module  s'il  doit  eu  résulter  une  meilleure  disposi- 
tion, ces  dr-ux  rliangemcnts  de  module  étant  d'ailleurs  indépendants  l'on  de 
l'autre  {voir  à  ce  propos  les  (ig.  'A  cl  5^  bu). 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES    A   ALIGNEMENT. 


l3l 


Voici  un  exemple  (*)  d'une  telle  transformation  bien  propre  à  mettre 
en  relief  les  avantages  de  la  méthode  des  points  alignés. 

La  Jig.  54  représente  un  fragment  d'une  Table  graphique  pour  V ar- 
pentage des  coupeSy  dressée  par  M.  Théry,  professeur  à  l'École 
forestière. 

Pour  s'en  servir,  on  prend  le  point  de  rencontre  de  la  verticale  cotée  Œj 
et  de  rhorizontale  cotée  aj.  La  cote  de  l'oblique  passant  par  ce  point  de 
rencontre  fait  connaître  as,  et  cette  cote  est  précisément  égale  à  celle  du 
point  où  l'oblique  rencontre  l'axe  O^. 

La  transformation  qui  vient  d'être  décrite,  appliquée  à  cet  abaque, 
donne  celui  de  la  Jig.  54  bis.  Les  cotes  des  points  (aj)  sont  d'ailleurs  obte- 


Fig.  54  bis. 


-  -  O.Ï« 


azo- 


o.is 


V-- 


•  -^ 


B.tO- 


C.05  - 


i 


0.U 


-aïo 


aos 


o.on 


nues  par  la  remarque  que  voici  :  puisque  sur  le  premier  abaque  une  obliqtic 
et  une  horizontale  de  même  cote  se  coupent  sur  l'axe  Oy^  un  point  de 
réchclle  curviligne  du  second  abaque  et  le  point  de  même  cote  de  l'axe  Br 


sont  alignés  avec  Torigine  A  de  l'axe  Aw. 


Il  suffît  de  jeter  un  coup  d'œil  sur  les  deux  figures  (  ^  )  pour  que  les  a van- 


(*)  On  trouvera  un  autre  exemple  d'une  telle  transformation  dans  un  article 
de  M.  Quiquet  :  Sur  trois  modes  de  réduction  graphique  des  assurances 
mixte*  aux  assurances  en  cas  de  décès,  paru  dans  le  Ihdietin  de  i  institut  des 
actuaires  français  (juillet  1897).  Voir  aussi  ir  87. 

(*)  Encore  convient-il  de  remarquer  que  les  modules  des  axes  de  la  /ig.  54 
««ont  supérieurs  à  ceux  de  la  Jig.  54  bis.  S'ils  avaient  été  les  mêmes,  la  i<rc- 
miére  de  ces  figures  serait  devenue  à  peu  près  illisible. 


l32  CHAPITRE   Ilf. 

tages  de  la  seconde  par  rapport  à  la  première  sautent  aux  yeux,  en  ce  qui 
concerne  les  desiderata  formulés  au  n**  30. 

On  peut  faire,  en  outre,  les  deux  remarques  suivantes  : 
i"*  Sur  la  Jig,  54  les  obliques  («3)  se  distinguent  mal  des  horizontales  («s). 
On  a  même  dû  renoncer  à  les  tracer  pour  les  valeurs  de  aj  inférieures 
à  0,04,  tandis  que  sur  \^  fig,  54  his  les  points  («3)  sont  nettement  séparés 
des  points  (a^^)  et  ont  pu  être  marques  jusqu'à  «3=  o. 

21°  Sur  H  Jig,  54  l'enveloppe  des  droites  («3)  n'apparait  pas.  Le  seul 
aspect  de  la  figure  ne  permettrait  même  pas  d'affirmer  si  cette  enveloppe 
se  réduit  ou  non  à  un  point.  Sur  la  fig,  54  bis,  au  contraire,  ainsi  que  sur 
tout  abaque  à  points  alignes,  la  construction  même  de  ces  points  fait  con- 
naître le  tracé  de  la  courbe  qui  leur  sert  de  support.  On  verra  par  la  suite 
(n**  87)  que  cette  circonstance  est  loin  d'être  négligeable. 

60.  Construction  directe  des  abaques  à  points  alignés.  — 
Supposons  qu^une  équation  ait  été  mise  sous  la  forme 

/i    ?i    ^i 

/,     <Pî    ^t    =  o. 

/a     93     'l'a 

D'après  ce  qui  a  été  vu  au  n°  57,  nous  n'aurons,  pour  obtenir 
un  abaque  à  points  alignés  de  cette  équation,  qu'à  prendre  les 
équations  qui  définiraient  pour  elle  un  abaque  à  droites  entre- 
croisées  et  à  y  remplacer  les  coordonnées  courantes  cartésiennes  x 
cl  y  par  des  coordonnées  parallèles  u  el  v. 

Nous  avons  ainsi  les  équations 

(a,)  w/i-+- t^<piH-iJ^,  r^O, 

(«3)  W/3-+-  ^'Çs-^  ^^3  —  o. 

Pour  construire  chacun  de  ces  systèmes  de  points  cotés  nous 
n'avons  qu'à  nous  rapj)eler  que,  si  nous  prenons  comme  axes  car- 
tésiens Oo:  el  Or,  la  droite  joignant  les  origines  A  et  B  des  axes 
parallèles  Ku  et  Bç'  et  la  parallèle  équidistante  de  ces  axes,  le 
sens  positif  sur  O^  étant  celui  de  A  vers  B,  et  si  nous  prenons 
comme  unité  de  longueur  la  moitié  de  la  longueur  AB,  le  point 

a  pour  coordonnées  (n^  57) 

^  =  -*  -  -^-  >         y- 


/i-:-^i  -^  //-^?l 


ÉQUATIONS   A   TROIS   IfARIABLES.   ABAQUES  A   ALIGNEMENT.  l33 

Rien  d'ailleurs  n'oblige  à  supposer  les  axes  Oj*  et  Oy  rectan- 
gulaires, c'est-à-dire  la  droite  AB  perpendiculaire  à  la  direction 
des  axes  Au  et  Bi^;  c'est  même,  en  général,  le  contraire  qui  aura 
lieu. 

Si  P|  et  Qi,  Pj  etQa  sont  les  points  correspondant  respective- 
mentaux  valeurs  limites  at  et  b^  dq  ai,  «2  et  62  ^^  ^2^  on  tirera 
lesdroiles  P,  P2,  P|  Q2,  PaQi,  Qi  Q2  qui?  sur  le  support  du  sys- 
tème (aj),  détermineront  quatre  points,  dont  deux  extrêmes  et 
deux  intermédiaires.  En  aucun  cas  on  n'aura  à  construire  de 
points  (as)  en  dehors  de  ces  points  extrêmes. 

Ici  encore  la  transformation  homographique,  qui  conserve  Tali- 
gnement  des  points,  pourra  être  utilisée.  Comme  au  n"  49,  on 
obtiendra  ainsi  les  trois  systèmes  de  points 

/ii)i    u{X/i  -^  jjiçi  -^ v^,)  -f-  v(\'/i  -T-  jx'cp,  -^-  v'ij^i)  -h  X'/i  -+•  fx'?i-+- v' ^i  =  o, 

les  paramètres  X,  jjl,  ...,  v"  étant  quelconques  et  astreints  à  la  seule 
condition  que  leur  déterminant 


X 

Drrr 


I-^ 


X'        {JL 

1    y       I- 


V 


»      ^«r 


soit  différent  de  zéro. 

Les  équations  (ai )|,  (a2)i,  («3)1  font  alors  connaître  tous  les 
abaques  à  points  alignés  correspondant  à  l'équation  proposée.  On 
fixera  les  valeurs  des  paramètres  X,  a,  ... ,  v"  en  vue  d'obtenir  la 
meilleure  disposition  de  l'abaque.  Nous  reviendrons  plus  loin 
(n**62)  sur  ce  point. 

Remarque.  —  Il  arrivera  souvent  que,  lorsque  deux  des  sys- 
^mes  de  points  cotés,  (a,)  et  (a2)  par  exemple,  auront  été  con- 
struits, le  troisième  (ol^)  s'en  déduira  immédiatement.  Cette  cir- 
constance se  produira  lorsque,  pour  chaque  valeur  attribuée  à  as, 
on  poarra  sans  calcul,  ou  du  moins  par  un  calcul  très  simple,  dé- 
terminer deux  couples  correspondants  de  valeurs  pour  a,  et  a2. 
Chacun  de  ces  couples  définira  une  position  de  l'index  que  l'on 
marquera  au  crayon.  La  rencontre  des  deux  droites  ainsi  tracées 
donn^a  le  point  coté  au  moyen  de  la  valeur  de  7.2  considérée. 


l3f\  CHAPITRE   III. 

Si  même  le  support  du  système  (as)  est  une  droite  connue 
d^avance,  une  seule  position  de  Tindex,  et,  par  suite,  un  seul 
couple  de  valeurs  de  ai  eta2,  suffira  pour  obtenir  le  point  coté  aj. 

61.  Emploi  des  coordonnées  cartésiennes,  —  Les  coordonnées 
parallèles  nous  ont  permis  de  faire  dériver  corrélativcmenl  les 
abaques  à  points  alignés  du  même  principe  que  les  abaques  à 
droites  entrecroisées;  elles  nous  seront,  en  outre,  d'un  grand 
secours,  pour  définir  immédiatement  les  points  cotés  correspon- 
dant aux  divers  tjpes  d'équations  se  rencontrant  fréquemment 
dans  la  pratique  (sections  II  et  III).  Mais  nous  devons  faire 
remarquer  que  la  théorie  des  abaques  à  points  alignés  peut  se 
faire  très  simplement  en  coordonnées  cartésiennes. 

Il  suffit  de  remarquer,  en  effet,  que  l'équation 


/. 

?i   '!'» 

/i 

?î   ti 

A 

?j   -l-j 

—  o 


n'est  autre  que  celle  qui  exprime  l'alignement  dés  trois  points 

/et  /'  étant  deux  modules  quelconques,  ou,  en  coordonnées  homo- 
gènes. 

Tous   les   abaques   qui  se   déduiront  homographiquement  de 
celui-ci  seront  dès  lors  donnés  par  les  formules 

>-o/i-^  |^0?|H-Vo<^i  _  ^0  /i  -^  t^i)  ?i  -^  Vq  ^\ 


ÊQUAT10?IS   A   TROIS  VARIABLES.    ABAQUES   A   ALK.NEMENT.  l3r» 

le  déterminant 

Xo       {lo       ''o     I 

XI  f  I      ' 

•       0       1^0      ^'o    i 

.  K  {^:  vj  I 

étant  supposé  différent  de  zéro. 

On  voit  que  l'abaque  correspondant  à  un  système  de  valeurs 
de  Ao,  jAo,  .  .  .  ,  vj  sera  identique  à  celui  que  donnent  les  formules 
(a,),,  (312)1,  (^3)1  du  numéro  précédent  avec  un  certain  système 
de  valeurs  de  A,  jx,  .  .  .  ,  V\  lorsque  l'on  aura 

Aq  :^=  A  —  A, 

Aq   --  A    , 

Aq  =  A  -7-  A, 

En  particulier,  on  retrouvera  l'abaque  donné  par  les  formules 
(a,),  (aa),  (^3)  du  numéro  précédent,  en  prenant 


N  =  f^'—  1^1 

Vu  —  v'—  V, 

{^i  =      /» 

Vo  --       ''•» 

\^l='l^'-^li. 

vj  _  V   -h  V. 

Ao  =  — I, 

H^)  -    I. 

Vo  =       0, 

Xq  —       0. 

I^i  =-  0, 

'^o             »» 

X;-       I, 

rt=i» 

v;  =^    0. 

62.  Transformation  Iwmograpliique  des  abaques  à  points 
alignés.  —  Quadrangle  limite.  —  La  transformation  homogra- 
phique  conservant  l'alignement  des  points  peut  être  d'un  grand 
secours  pour  donner  à  un  abaque  du  genre  ici  étudié  la  meilleure 
disposition. 

En  particulier,  si  l'on  considère  le  quadrangle  P|  Qj  P2Q2  formé 
par  les  points  qui  correspondent  aux  valeurs  limites  a^  et  b^y  ^o 
et  62  des  variables  a,  et  a^  prises  comme  indépendantes,  qua- 
drangle qui  forme  le  cadre  de  la  partie  utile  de  l'abaque,  on  peut 
le  faire  coïncider  avec  un  rectangle  dont  les  sommets  seront  dé- 
finis, par  exemple,  par 

i  ai)  Il  —  o, 

4  Of)  l'  —  O, 

{  bi)  u  =  h, 

(6j)  V  =  h. 

Le  problème  est  analytiquement  le  même  que  celui  qui  a  été 
Iraité  au  n*^  50,  et,  par  suite,  les  valeurs  à  adopter  pour  X,  [jl,  . . . , 
•/  dans  les  équations  (ai)i,  («2)1  et  (a3)i  du  n*"  60  sont  celles  qui 


i36 


CnAPITRE   III. 


sont  données  par  les  équations  (i)  à  (4)  du  n°  oO,  où  l'on  n'aura 
<{u'à  faire  h  --  k.  On  trouvera  plus  loin  (n"  84)  un  eiemple  dé- 
laillé  d'un  tel  calcul. 

Si  l'on  se  propose  de  substituer  à  un  abaque  déjà  construit, 
dont  le  quadrangle  limite  PiQiP^Qa  est  quelconque,  un  autre 
abaque  ayant  pour  quadrangle  limite  un  rectangle  P'iQ'iPiQj 
donné  {Jig'  55)?  il  suffira  de  recourir  à  la  construction  géomé- 
trique suivante  : 

Soit  M  un  point  quelconque  du  premier  abaque  ayant  pour 
transformé  M'  sur  le  second.  Tirons  les  droites  P|  M  et  P'^M'  qui 
coupent  P2Q2  et  P^Q'a  en  S  et  en  S'. 


Ig.   DO. 


La  conservation  des  rapports  anharmoniques  dans  la  transfor- 
mation homographiquc  montre  que 

Si  la  parallèle  au  côté  P,  Qi  menée  par  le  sommet  P2  coupe  la 
diagonale  P,  Q2  a"  point  r/2  et  la  droite  P«  S  au  point  5,  on  a 


Donc 


on 


(JP..SQ2)  -    (y^Visqi). 


(ocP'jS'Qii-t.ocPasy,) 


P'jS'        P.  5 


S'Q'j  "^     sqt 


tQDATlOHS  A  TROIS  VARIABLES.    ABAQtES   A    A^I(;^E]IE^T.  li~ 

De  même,  si  la  droite  P,  ç,  est  parallèle  à  l'^Q^, 

P;  T'  _  P^ 
TQ      ■  /?," 

On  voit  donc  qiie  la  ponctuelle  formée  par  les  points  du  pre- 
mier abaque  projetés  à  partir  de  P,s«r  Pi^ï  W  la  ponctuelle 
formée  par  les  points  du  second  abaque  projetés  à  partir  de 
P;  sur  P^Qi  sont  semblables. 

De  même  pour  les  pooctuelles  P,  ç,  et  P',  Q', . 

Mais  la  transformation  homographicgue  peut  encore  cire  utilisée 
à  d'autres  points  de  vue,  par  exemple,  pour  remédier  au  défaut 
consistant  en  ce  que  les  intervalles  correspondant  à  des  échelons 
égaux  se  resserrent  trop  dans  une  partie  d'échelle,  alors  qu'an 
contraire  ils  se  dilatent  notahirment  dans  une  autre.  Pour  définir 
la  transformation  homographique  qui  convient  en  pareil  cas,  le 
capitaine  Lafay  a  eu  l'idée  de  recourir  à  un  procédé,  en  quelque 
sorte  expérimental,  qui  mérite  d'être  signalé  ('). 

Imaginons  qu'on  ail  dessiné  sur  deux  transparents  portant  cha- 
cun un  ase,  A|  ou  Aj,  deux  faisceaux  de  droites  identiques  aj'ant 
leurs  centres  C)  et  C»  sur  ces  axes  et  déterminant  sur  chaque  pa- 

Fig.  56. 


rallt^le  à  ces  axes  des  segments  égaux  entre  eux,  puis  plaçons  ces 
transparents  sur  l'abaque  construit  en  mettant  en  coïncidence 
leurs  axes  A,  ou  Aj  qui  se  réduisent  alors  à  un  seul  A.  Eu  faisant 
varier  la  position, de  la  droite  A  sur  le  transparent,  et  celle  des 


I  '  I  C'Mt  au  mo^FD  de  ce  procéda  que  le  capitaine  Lafuy  a  obtenu  notamment 
n  abaque  dei  formule*  de  Freine!,  Hnnt  il  est  question  plus  loin  (n*  100,  i*). 


CHAPITBI 


cenires  C,clCi  sur  la  droite  A,  on  engendre  une  infinité  de  réseaux 
auxquels  on  peut  supposer  l'abaque  rapporté,  et  l'on  arrive,  par 
tiUonneinent,  à  placer  les  divisions  les  plus  dilatées  de  l'échelle 
que  l'on  veut  transformer  dans  les  mailles  les  plus  dilatées  de  ce 
réseau,  les  divisions  les  plus  resserrées  dans  les  mailles  les  plus 
resserrées  { /(g-.  56).  Si  donc,  par  une  transformation  homogra- 
phiquc  rejetant  la  droite  i.  à  l'infini,  on  substitue  à  ce  réseau, 
forme  de  deux  faisceaux  convergents,  uu  quadrillage  régulierformé 
par  deux  systèmes  de  droites  à  angle  droit  {./f^.  56  bis),  toutes 


les  mailles  devenant  identiques,  les  parties,  qui  tout  à  l'heure 
étaient  trop  dilatées,  se  seronl  contractées,  et  réciproquement. 
Celte  idée  théorique  est  ingénieuse,  mais  il  s'agissait  de  la  rendre 
pratique;  voici  comment  M.  Lafay  y  est  parvenu  : 

Il  a  considéré  l'abaqcie  déjà  construit  %  comme  une  perspective 
de  l'ahaque  31' qu'on  veut  lui  substituer,  en  prenant  les  points  O, 
iH  Ca  comme  points  principatix  de  distance.  Dans  ces  conditions, 
les  faisceaux  de  centres  C,  et  C^  de  la  perspective  devienneol  des 
systèmes  de  droites  parallèles  inclinées  à  45",  tes  unes  dans  un 
sens,  les  autres  dans  l'autre,  sur  la  ligne  de  terre,  ou,  ce  qui  re- 
vient au  même,  sur  la  ligne  A  prise  comme  ligne  d'horizon.  11 
suffit  alors  de  se  donner  la  ligne  de  terre  A'B'  parallèlement  à  A 
ou  AB,  pour  pouvoir  effectuer  la  restitution  perspective  {Jig.  S^), 

Si,  parC,  cl  Cï,  on  mène  les  droites  C|V  etCaV  à  45°  sur  C,Ca, 
on  a  le  rabattement  V  du  point  de  vue  sur  le  Tableau.  Par  suite, 
la  transformée  de  toute  droite  sera  parallèle  à  la  droite  joignant 
le  point  V  au  point  de  rencontre  de  cette  droite  et  de  A.  En  parti- 
culier, aux  axes  Ox  et  Oy  correspondront  les  axes  O'x'  et  O'y 


ÉQUATIONS  A  TROIS  VARIABLES.  ABAQUES  A  ALIGNEMENT.      189 

menés  respectivement  par  les  points  A'  et  B'  parallèlement  aux 
droites  VA  et  VB. 

De  même,  si  la  bissectrice  01  de  l'angle  des  axes  O^  et  Oy 
coupe  AB  en  I  et  A'B'  en  F,  la  droite  O'I'  qui  correspond  à  01  est 
parallèle  à  VI. 

Si  l'on  rapporte  Tabaque  3^  aux  axes  Ox  et  Oj%  et  l'abaque  51' 
aux  axes  O'j?'  et  Oy ,  puisque,  d'une  part,  Ox  correspond  à  O'x', 
et  Oj^  à  Oy,  que,  d'autre   part,  la  droite  AB  correspond  à  la 

Fig.  57. 


droite  de  l'infini  sur  O' x'y\  on  voit  que  les  formules  de  transfor- 
mation seront 


X  = 


bx  -k-  ay  —  ab 


y  ^ 


y-y 

bx  -f-  ay  —  ab 


en  posant  0A=:  a,  OB  =  6. 

Pour  déterminer  les  paramètres  X  et  [x,  ou  plutôt  leur  rapport, 
il  suffit  de  remarquer  que  l'équation  de  la  droite  OT,  qui  corres- 
pond, ainsi  qu'il  vient  d'être  dit,  à  01,  ou  x  =  JS  est 

Or,  nous  venons  de  voir  que  O'j;',  Oy  et  OT  sont  respecli- 


l4o  CHAPITRE   III. 

vemenl  parallèles  à  VA,  VB  et  VI.  SI  donc  nous  menons  par  I  les 
parallèles  IL  et  IM  à  VB  et  VA,  nous  avons 

X  _  VL 
li  ^  VM' 

En  résumé,  une  fois  placés  sur  Tabaque  les  points  C|  et  Cj, 
d'où  se  déduit  immédiatement  V,  la  transformation  voulue  est 
définie  par  les  formules  ci-dessus,  lorsqu'on  prend  deux  axes 
O'^'  et  O'y  comprenant  entre  eux  un  angle  égal  à  AVB  et  que 
Ton  fait  a  :=  OA,  b  =  OB,l=:  6.VL,  a  -.=  e.VM,  6  étant  un  mo- 
dule  dont  on  dispose  en  vue  de  l'échelle  qu'on  veut  adopter. 

63.  Fractionnement  des  abaques  à  points  alignés.  —  Le 
dessin  d'un  abaque  à  points  alignés  ne  comportant  que  trois 
échelles  curvilignes,  on  pourra  sur  une  même  feuille  placer  côte 
à  côte  plusieurs  abaques  de  cette  espèce.  De  là  la  possibilité  de 
fractionner  un  tel  abaque,  ses  diverses  fractions  étant  groupées 
sur  un  même  tableau.  Pour  nous  placer  à  un  point  de  vue  tout 
à  fait  général,  supposons  l'échelle  (a,)  fractionnée  entre  ses 
limites  rti  et  bt  en  /ij  tronçons,  et  l'échelle  (a2)  fractionnée  entre 
ses  limites  rto  et  62  en  n^  tronçons.  Associant  chacun  des  pre- 
miers à  chacun  des  seconds,  on  voit  qu'on  aura  ainsi  à  construire 
/?!  AI2  abaques  partiels. 

Mais,  ainsi  qu'on  l'a  déjà  remarqué  au  n®  35,  il  arrivera  sou- 
vent en  pratique  que  l'on  n'aura  pas  besoin  d'associer  toutes  les 
valeurs  de  ai  comprises  entre  «j  et  />|  à  toutes  les  valeurs  de  a2 
comprises  entre  «2  et  62*  Cela  permettra,  dans  bien  des  cas,  de 
réduire  le  nombre  des  abaques  partiels  à  substituer  à  l'abaque 
total  qu'on  aura  fractionné.  Si,  par  exemple,  il  existe  respective- 
ment dans  les  intervalles  de  ««  à  6|  et  de  a^  à  62,  des  valeurs  C| 
et  C2  telles  que  les  variables  a,  et  «2  soient  ensemble  supérieures 
ou  inférieures  respectivement  à  C|  et  à  C2,  on  n'aura  besoin  que 
d'associer  le  tronçon  de  Oi  à  C|  au  tronçon  de  a^  à  C2  et  le  tron- 
çon de  Ci  à  bi  au  tronçon  de  Cu  à  ^21  ee  qui  ne  fera  que  deux  au 
lieu  de  quatre  abaques  partiels  à  construire  à  la  place  de  l'abaque 
total  qui  associerait  l'intervalle  de  a\  k  bt  à  1  intervalle  de  a2  à  62- 

Il  arrivera,  en  outre,  que  plusieurs  des  tronçons  des  échelles 
fractionnées  seront  supcrposables,   sinon  comme  graduation,   du 


ÉQUATIONS   À   TROIS    VARIABLES.    ABAQUES   A    ALIGNEMENT.  l4l 

moins  comme  support,  ce  qui  introduira  encore  une  simplification 
notable  dans  le  dessin. 

64.  Systèmes  algébriques  de  points  cotés.  —  Avant  d'exami- 
ner quelques  types  particuliers  d'équations  représentables  par  la 
méthode  des  points  alignés,  nous  dirons  quelques  mots  de  la  con- 
struction de  certains  systèmes  de  points  cotés  qui  se  renconlrenl 
fréquemment  dans  les  applications. 

Si  l'équation  d'un  système  de  points  cotés  (a),  linéaire  en  // 
et  <^,  est  algébrique  et  de  degré  n  en  a,  on  dit  que  le  système  (a) 
est  algébrique  et  de  degré  n.  Dans  ce  cas,  le  support  du  sys- 
tème est  en  général  une  courbe  d'ordre  n.  Puisque,  en  effet,  à 
un  couple  quelconque  de  valeurs  données  pour  u  et  v  l'équation 
fait  correspondre,  en  général,  n  valeurs  pour  a,  c'est  que  sur  une 
droite  donnée  quelconque,  il  se  trouve  n  points  du  système  con- 
sidéré, ce  qui  établit  la  proposition. 

Parmi  ces  systèmes  algébriques,  les  plus  intéressants  à  envisa- 
jçer,  au  point  de  vue  des  applications,  sont  ceux  du  premier  et  du 
deuxième  degré. 

Un  système  (a)  du  premier  degré  est  défini  par  une  équation 

telle  que 

U4-aV..30, 

où  U  et  V  sont  des  fonctions  linéaires  en  u  et  t'. 

Le  support  de  ce  système  est  la  droite  qui  joint  les  points  U  =  o 
et  V=  o,  et  puisque  la  position  du  point  (a)  sur  celte  droite  dé- 
pend linéairement  du  paramètre  a,  on  voit  que  ces  points  (a^ 
forment  une  échelle  linéaire.  Ainsi  donc  tout  système  de  points 
du  premier  degré  se  confond  avec  une  échelle  linéaire,  et,  par 
suite,  d'après  ce  qui  a  été  vu  au  n°  7,  un  tel  système  peut  être 
aisément  construit  lorsqu'on  a  déterminé  trois  de  ses  points. 

Un  système  du  second  degré  est  défini  par  une  équation  telle 

que 

U-+-aV-hanV=o, 

oùU,  V  et  W  sont  encore  des  fonctions  linéaires  en  u  et  i^. 

Le  support  de  ce  système  est  une  conique  F  dont  l'équation  en 
coordonnées  parallèles  est 


l42  CHAPITRE   m. 

Mais  il  sera  généralement  plus  commode  de  former  son  équation 
cartésienne  par  l'élimination  de  a  entre  les  formules  donnant  les 
coordonnées  x  eiy  du  point  défini  par  Téquation  ci-dessus. 

Nous  pourrions  reprendre  corrélativement  ici  tout  ce  qui  a  été 
dit  à  propos  des  systèmes  de  droites  du  deuxième  degré  (n°  45). 
Nous  aboutirions  ainsi  au  résultat  corrélatif  que  voici  : 

Les  droites  qui  joignent  tous  les  points  du  système  à  Vun 
quelconque  d^  entre  eux  forment  un  faisceau  linéaire. 

Un  tel  faisceau  déterminant  sur  une  droite  quelconque  une 
échelle  linéaire,  on  peut  dire  que  les  projections  de  tous  les 
points  du  système  (a)  à  partir  de  l'un  d^eux  sur  une  droite 
quelconque  forment  une  échelle  linéaire, 

11  suffira  de  prendre  celte  droite  parallèle  à  celle  joignant  le 
centre  du  faisceau  au  point  coté  (ao)  pour  que  cette  échelle  soit 
régulière  (*  ). 

De  même  aussi  que  dans  le  cas  d^un  système  de  droites,  on 

aura  (//>.  58) 

pour  a  —  o,         le  point   U  —  o     ou  M, 
pour  a  —  X,         le  point  W  —  o     ou  N 

Fig.  58. 


et  le  point  de  rencontre  des  langentcs  en  ces  points  à  la  conique  F 

sera 

V-^o        ou  P. 


(')  II  va  sans  dire,  puisqu'on  peut  prendre  une  parallèle  quelconque  à  cette 
direction,  qu'on  la  choisira  dans  la  pratique,  de  façon  que  son  module  soit  exac- 
tement égal  à  l'une  des  subdivisions  de  l'étalon  régulier  dont  on  dispose,  C*est- 
à-dire  du  double  décimètre. 


fiQUtTIOKS   A   TROIS   VARIABLES.   ABAQUES    A   ALIG^E]IE.<jT.  1^3 

Déterminons,  en  outre,  le  point  Q  correspondant  à  une  valciii- 
parlîculière  a,  et  par  le  point  Q  menons  tes  parallèles  QH  et  QS 
à  MN  et  NP. 

Les  droites  du  faisceau  de  centre  M  passant  par  les  points  (o), 
{a.)  et  (x)  coupent  QR  en  R,  en  Q  et  à  riiilîni.  Donc,  la  projec- 
tion du  système  faite  à  partir  de  M  sur  QR  csi  une  échelle  rv- 
gulière  ayant  Reï  Qpoiir  points  (o)  e(  (a). 

De  même,  la  projection  farte  sur  QS  à  partir  de  N  est  une 
4-cheUe  régulière  ayant  S  et  Q  pour  points  (o)  et  (r). 


63,  Syiième  particulier  du  se 
le  système  défini  par  l'ëquation 


ideg, 


Les  tangentes 


La  coDiquc  r  est  donc  une  hyperbole  tangcr 
pour  asymptote. 


n  B  ;i  \n  et  ayant  A« 


c'est-à-dire  le  point  M|  situé  sur  la  parallèle  équidistantc  ii( 
que  0M,  =  —  -■ 

Si  nous  projetons  les  points  B,  M,  et  I  à  partir  de  It  ? 


l44  CHAPITRE   m. 

avons  les  points  O  coté  (o),  Mj  coté  (i)  et  I,  à  rîDfîni,  coté  (oo),  donc  une 
échelle  régulière.  Par  suite,  en  portant  sur  OMi  les  segments  Mim^, 
niinii,  rni/ns^y  ...  égaux  à  OMi,  nous  aurons  les  rayons  Bmi,  Bm^, 
B/?iv,  . . .,  sur  lesquels  devront  se  trouver  Mj,  Mj,  M4,  ..  .*. 

Projetons  maintenant  les  points  B,  Mj  et  I  à  partir  de  I  sur  AB;  cela 
nous  donne  les  points  H  coté  (o),  O  coté  (i)  et  A  coté  (oc).  Prenons  le  sy- 
métrique N  de  Ml  par  rapport  à  O;  tirons  BN  qui  coupe  Au  en  G  et  pro- 
jetons réchelle  AB  à  partir  de  G  sur  ON.  Les  points  B,  0  et  A  nous 
donnent  les  points  N  coté  (o),  O  coté  (i)  et  I,à  l'infiiii,  coté  (»).  L'échelle 
sera  donc  régulière  et,  puisque  par  construction  NO  —  OMj,  le  point 
coté  (2)  coïncidera  avec  Mj,  le  point  coté  (3)  avec  mj,  le  point  coté  (4) 
avec  7/23,  ....  Les  rayons  GMi,  Gm«,  Cm^  ...  nous  donneront  donc  sur 
AB  les  points  m,,  m'^j  m^^. ...  A  leur  tour  les  rayons  unissant  ces  points 
au  point  I,  c'est-à-dire  les  parallèles  aux  axes  menées  par  ces  points  cou- 
peront les  rayons  correspondants  Bm^,  Bmj,  Bm^,  ...  aux  points  M],  M3, 
iMi,  . . .  qui  sont  les  points  cotés  (2).  (3),  (.{ ),  . . .  dans  le  système  considéré. 

La  construction   est  absolument   générale  :  pour  avoir  le  point  Ma, 

2t  flt 

coté  (  a  ),  porter  sur  OMi  les  sef^ments  O  ma  =  -  »  N  /«a-i  =  -  ;     tirer    la 

droite  G/n^-i  qui  coupe  AB  au  point  wi;  la  parallèle  aux  axes  menée 
par  nx<x  coupe  le  rayon  Bni^  au  point  M^  cherché. 

Si  on  prolonge  B/zi^^  jusqu'en  sa  rencontrera  avec  Au,  et  G  ma  jusqu'en 
sa  rencontre  q-x  avec  Bt',  on  voit  que 

\py_—-  •*.  O  mat  --  a 

et 

B^a"    2Nma_i---:a. 

De  là  une  variante  de  la  construction,  indiquée  sur  la  fîgure  pour  a  =  -. 

Nous  allons  étudier  maintenant  plus  en  détail  quelques  types 
d'équations  rentrant  dans  le  type  général  auquel  s'applique  la 
méthode  des  poinls  alignés. 

II.  —  Abaques  à  trois  échelles  rectilignes. 

A.    --   Abaquks  a  tuois  kchelles  pauallèles  (*). 

6G.  Type  des  équations  correspondantes,  —  Ces  équations 
sont  celles  de  la  forme 

(E)  /,-/,:=/, 


(')  Tout  abaque  à  poinls  alignés  comportant  trois  échelles  rectilignes  concou- 
rantes peut  l'Ire  ramené  à  ce  type  par  une  transformation  bomographiquc  rejetant  à 
finfini  le  point  de  concours  des  trois  supports. 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  l45 

[/jetant  toujours  mis  là  pour //(a/)],  auxquelles  est  applicable  la 
inélhode  des  abaques  hexagonaux  (n**  32). 
Rappelons  qu'on  y  ramène  aussi  celles  de  la  forme 

en  les  écrivant 

log/i-^log/î=log/3- 

Pour  représenter  Téquation  (E)  ci-dessus  par  un  abaque  à  points 
alignés,  posons  (  *  ) 

(ai)  u  =  /,/,, 

(ai)  V  =  hfi^ 

ce  qui  nous  donne 

l«3;o  T  ~^  T  —  J^^ 

Il        «J 

équation  qui,  avec  le  choix  d'axes  que  nous  sommes  convenus  de 
faire  (n*»  57),  définit  le  point 

L'expression  de  x  ne  renfermant  que  des  constantes,  on  voit  que 
les  points  («3)  sont  distribués  sur  une  parallèle  C(v  aux  axes,  dont 
le  point  de  rencontre  C  avec  AB  {fig*  60)  est  tel  que  (n®  57) 

^'>  gb^-t;- 


(')  Noos  supposons  que  a^  et  a^  sont  les  variables  indépendantes  naturelles  de 
la  qaeslion  (vo<>  le  renvoi  au  bas  de  la  page  3a). 

Quoique  ce  ne  soit  pas  rigoureusement  indispensable  il  est  préférable,  au  point 
de  Tue  de  la  précision,  que  l'échelle  du  résultat  (aj)  se  trouve  e/i^re  les  échelles 
des  {ionnées  («i)  et  (a,).  Elle  pourrait  d'ailleurs  sans  cela  se  trouver  fort  éloignée 
de  celle-^i,  voire  même  à  l'infini  si  la  condition  imposée  plus  loin  à  /,  et  /,  con- 
duisait à  prendre  ces  modules  égaux. 

Pour  que  cette  situation  relative  des  échelles  soit  réalisée,  dans  tous  les  cas,  il 
font,  si  dans  l'équation  (  E  )  les  fonctions  /,  et  f^  sont  de  signes  contraires,  ad- 
joindre à  l'une  d'elles  le  signe  —  de  façon  que  dans  l'équation  («3)0  les  deux 
termes  du  premier  membre  soient  de  même  signe. 

Par  exemple,  si  l'équation  (E)  s'écrit 

f\     yj  —  /a» 
les  fonctions/,  et  /,  étant  positives,  on  pose 

V  =—  l^U 
1.  D'd).  10 


■  46  CHIPITKB   III. 

Si  donc  nous  représentons  par 

l'écliclle  de  la   fonctioa   déterinioée   s 
puisque  iv  n'est  antre  chose  que  j',  que 


urcet  axe,  nous  voyons, 
nous  avons 


(•«) 


h      h 


En  résumé,  ayant  clioisi  arbitrairement  les  modules  U  et  /»,  et 
en  ayant  déduit  le  module  h  par  la  formule  (2),  nons  voyons  que, 
pour  construire  l'abaque  de  l'équation  (E)  ci-dessus,  il  suffit, 
ayant  pris  sur  la  droite  AB  le  point  C  tel  que  la  formule  (1) 

Pi  g.  60. 


xoit  vérifiée,  de  mener  par  les  points  A,  B,  C  trois  axes  paral- 
lèles Ah,  Bc,  Civ  et  de  porter  sur  ces  trois  axes,  à  partir  de 
leurs  origines  A,  B,  C,  respectivement  les  échelles  définies  par 
les  formules  {a,),  {^^)  et  {^^). 

Il  est  d'ailleurs  très  Facile  de  donner  le  principe  de  celte  sorte 
d'abaque  par  un  procédé  purement  élémentaire,  équivalant  au 
fond  à  l'emploi  de  coordonnées  parallèles,  mais  ne  faisant  pas 
intervenir  explicitement  leur  notion. 

Si  l'on  coupe  les  trois  axes  Am,  Bf ,  Ctv  par  une  transversale 
quelconque  MN  qui  les  rencontre  en  M,  N,  P,  on  a,  par  construc- 
tion, 

PM       CA  h  7, 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ALIGNEMENT.  1^7 

Donc  le  point  P  est  le  barycentre  des  points  M  et  N  respec- 
tiçement  affectés  des  coefficients  ^  e^  y-«  Il  en  résulte  que  (*) 

ou,  en  vertu  de  l'égalité  (2)  supposée  vérifiée,  que 

AM       BN  _  CP 
/i    "^    /î    ""    /3  ' 

Or,  toujours  par  construction,  on  a  supposé  les  cotes  a^,  0L2  et 
aj  inscrites  aux  points  M,  N  et  P,  telles  que 

AM  =  /,/„    BN  =  /,/,,    CP  =  /,/3. 

L^égâlité  précédente  devient  donc 

Remarque,  —  Dans  le  cas  particulier  où  l'on  prend  pour  les 
axes  Am  etBi^des  modules  égaux  l^  =  /2»  ^^  formule  (i)  montre 

que  Civ  se  confond  avec  Oy,  et  la  formule  (2)  que  l'on  a  /$  ^-:  7  » 

ce  qui  d'ailleurs  était  évident  a  priori, 

67.  Disposition  et  limitation  des  échelles,  —  C'est  la  libre 
disposition  que  l'on  a  des  modules  /|  et  l^  qui  fait  toute  la  souplesse 
de  la  méthode.  Rappelons  que  dans  la  méthode  des  abaques  hexa- 
gonaux (*)  ces  modules  sont  nécessairement  égaux;  il  en  résulte 


(')  Rappelons  en  deux  mois  le  procédé  élémentaire  qui  donne  cette  formule. 

Oo  a 

MP       AC       /, 

Mais 


Donc 


ou 


PN  " 

CB 

~  l^ 

MP 

AM  - 

-CP 

PN   ~ 

CP- 

-BN 

AM 

-CP 

/| 

CP- 

-BN 

~   /î 

AM 

BN 

=  CP 

(r 

(')  Rappelons  aussi  qu^outre  le  passage  des  index  correspondants  parles  points 
(x,  )  et  (34),  cette  méthode  exige  le  maintien  de  Toricntation  du  transparent,  su- 
jétion dont  est  aiïranchie  la  présente  méthode. 


148 


CHAPITRE   III. 


que  si,  en  appelant  a^  et  b^,  as  et  62  les  limites  respectives  de  ai 

et  de  a2,  les  différences /<  (6^)  —  /i(ai)  et/a(62)— /aC^a)  pré- 
sentent entre  elles  un  notable  écart,  les  longueurs  des  échelles 
(a^)  et  {0L2)  offrent  le  même  caractère.  Avec  la  méthode  actuelle, 
rien  de  pareil,;  on  est  même  libre,  dans  tous  les  cas,  de  donner 
aux  deux  échelles  la  même  longueur. 

Plaçons-nous  d^abord  dans  ce  cas  idéal,  quittes,  dans  la  pratique, 
à  nous  en  écarter  plus  ou  moins  pour  satisfaire  à  d'autres  conve- 
nances. 

On  peut  tout  d'abord  se  donner  arbitrairement  la  longueur  L 
des  échelles  qui  appartiennent  en  général  à  la  catégorie  des  échelles 
dites  usuelles  (n"  5)  ou  de  leurs  dérivées  (n°  6).  Les  modules  1% 
et  I2  sont  alors  donnés  respectivement  par 


*"/i(6i)-/i(«i)'  *- 


/.(^)-/.(a.)' 

et  le  module  /$  par  la  formule  (2)  du  n°  66.  On  peut  faire  alors 
l'analyse  des  échelles  (a,),  (aa)  et  (aj),  comme  cela  a  été  indiqué 
au  n*»  2. 

Si  cette  analyse  faisait  reconnaître  que  certains  intervalles  sont 
trop  petits,  il  n'y  aurait  qu'à  multiplier  les  trois  modules  d'abord 
choisis  par  un  même  nombre, 

Portons  alors  sur  deux  axes  parallèles  les  échelles  (a^)  allant 
du  point  P^  au  point  Qi,  et  (aa)  allant  du  point  P2  au  point  Qa 
(/^•6.)('). 


L'inclinaison  de  l'axe  AB,  non  tracé,  des  origines,  par  rapport 
aux  axes  de  coordonnées  A  m  et  Br  étant  quelconque,  nous  sommes 
libres  de  choisir  les  points  P<  et  P2  sur  une  même  perpendiculaire 


(  '  )  Sur  cette  figure  et  les  suivantes  la  portion  graduée  de  chaque  axe  est  indi- 
quée par  un  trait  gras. 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  l49 

à  ces  axes.  Les  longueurs  des  échelles  étant  égales,  la  figure 
PfQiQjPj  formée  par  ces  échelles  est  un  rectangle.  Puisque 
rëchelle  («3)  sera  parallèle  à  celles-ci,  le  plus  petit  angle  sous 
lequel  elle  sera  rencontrée  par  l'index  servant  à  la  lecture  sera 
ëgal  à  Tangle  Q|P<Q2.  Gomme,  d'autre  part,  l'écartement  des 
axes  est  quelconque,  nous  pourrons  en  disposer  de  façon  à  donner 
à  cet  angle  telle  valeur  qu'il  nous  plaira.  Si,  par  exemple,  nous 

adoptons  la  valeur  -?  nous  n'aurons  qu'à  prendre  l'écartement 

Pi  Pa  des  axes  égal  à  la  longueur  P|  Qi  des  échelles.  Le  quadrangle 
limite  de  l'abaque  sera  alors  constitué  par  un  carré  et  l'index  cou- 
pera toujours  les  supports  des  échelles  sous  un  angle  compris  entre 

-7  et  -• 
4       a 

Traçons  alors  la  parallèle  P3  Q3  aux  axes  telle  que 

PiPj       l^ 


T"  y 


Fi  Pi        il 

et  choisissons  un  couple  de  valeurs  a'^  et  a',,  des  variables  ai  et  cl2j 
pour  lesquelles  la  valeur  correspondante  a,  de  la  variable  a3  se 
déduise  très  aisément  de  l'équation  donnée. 

Tirant  sur  la  figure  la  position  correspondante  R|  R2  de  l'index 
nous  obtenons  sur  P3Q3  le  point  R3  coté  a^.  Connaissant  ce  point 
et  le  module  l^  nous  pouvons  très  aisément  construire  l'échelle  de 
la  fonction  /^^  en  la  limitant  d'ailleurs  aux  droites  P|  P2  et  Q^  Qj. 

Tel  est  le  type  théoriquement  le  plus  parfait  de  l'abaque  à  sup- 
ports rectilignes  parallèles.  On  pourra  en  pratique  s'en  écarter 
plus  ou  moins. 

Il  est  bien  évident,  par  exemple,  que  si  les  valeurs  de  /|  et  /a 
calculées  plus  haut  ne  s'expriment  pas  par  des  nombres  simples, 
on  les  arrondira  pour  qu'il  en  soit  ainsi,  ce  qui  introduira  une  iné- 
galité entre  les  longueurs  des  échelles;  d'autre  part  les  nécessités 
du  format  pourront  conduire  à  réduire  l'écartement  des  axes  et, 

par  suite,  à  abaisser  un  peu  la  limite  inférieure  7  qu'on  s'était 

d'abord  imposée  pour  l'angle  de  l'index  avec  les  supports. 

Il  peut  arriver  d'ailleurs  que  pratiquement  les  valeurs  limites  de 
chaque  variable  a,  et  CL2  n'aient  à  être  associées  qu'à  une  certaine 
partie  de  l'échelle  de  l'autre.  Dans  ce  cas  l'échelle  (as)  pourra  être 
réduite  de  longueur. 


i5o 


CBAPITRE   III. 


Supposons,  par  exemple,  que  l'abaque  ne  soit  utilisé  que  pour 
des  valeurs  de  ai  et  de  a2  satisfaisant  à  une  égalité  telle  que 

F(ai,aî)>o. 

Considérons  toutes  les  positions  limites  de  Tindex,  c'est-à-dire 
celles  qui  joignent  les  points  dont  les  cotes  satisfont  à  l'équation 

F(ai,aj)=o. 

Ces  positions  limites  enveloppent  une  courbe  C  i^fig*  62  et 
62  6{.$)  et  l'inégalité  de  condition  signifie,  selon  le  cas,  que  l'index 
doit  ou  être  extérieur  à  cette  courbe,  ou,  au  contraire,  la  rencontrer. 
La  position  extrême  de  l'index  sera  l'une  des  tangentes  menées  de 
Qi  et  de  Qa  à  la  courbe  C.  Si  l'inégalité  donnée  exprime  que 
l'index  doit  être  extérieur  à  la  courbe  C,  l'échelle  (aa)  ne  devra 
être  construite  qu'entre  les  points  P^  et  Qj  (Jig*  62);  si,  au  con- 


Fig.  6a. 


ç. 

[> 

y 

ç; 

(aj 

(a,) 

D 

X    ^ 

K 

(*a) 


traire,  elle  exprime  que  l'index  doit  rencontrer  la  courbe  C, 
l'échelle  (aa)  devra  être  construite  entre  les  points  P3  et  Q', 
{fig*  62  bis), 

68.  Fractionnement  des  échelles,  —  On  peut  effectuer  le  frac- 
tionnement des  échelles  comme  dans  le  cas  des  abaques  hexago- 
naux. Soient  C\  et  c^  des  valeurs  des  variables  ai  et  <i^  intermé- 
diaires entre  leurs  limites  respectives  «i  et  6|,  «2  et  62* 

On  pourra  fractionner  l'abaque  en  quatre  autres  ainsi  limités  : 

I «1  entre  a\  et  ci,  aj  entre  a\  et  Cj, 

II «1  »  Cl  et  6|,  aj  »       C2  et  62, 

III «1  »  ai  et  Cl,  aj  »       Cj  et  6j, 

IV ai  »  Cl  et  61,  aj  »      aj  et  Cj. 


ÉQUATIONS   A   TROIS  VARIABLES.   ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  l5i 

Nous  pourrons  construire  Tabaque  I  au  moyen  de  trois  axes 
parallèles  (a^),  («2),  (as),  gradués  sur  leur  côté  gauche  par 
exemple  {fig'  63),  et  Tabaque  II  au  moyen  des  mêmes  axes  gra- 
dués sur  leur  côté  droit,  le  rapport  j-  des  modules  étant,  bien 
entendu,  supposé  le  même  dans  les  deux.  cas. 


Fig.  63. 


tl 

h. 

Ci 

^2 

h. 

(D 

(n) 

(D 

m 

(1) 

(H) 

(m) 

(ir) 

(no 

m 

(DD 

im 


(0.3)  (0.3),      (CXj)  (OL,)^ 


De  même  pour  les  abaques  III  et  IV  en  remarquant  que  l'on 
peut  se  resservir  pour  ceux-ci  du  même  axe  (a^),  mais  en  l'asso- 
ciant avec  deux  autres  nouveaux  axes  (a2)i  et  (as)^. 

Les  chiffres  romains  inscrits  à  côté  des  diverses  graduations 
indiquent  la  façon  dont  elles  doivent  être  associées. 

D'ailleurs,  suivant  une  remarque  déjà  faite  au  n**  35,  et  sur 
laquelle  il  convient  d'insister,  il  arrivera  souvent  qu'il  existera 
entre  a%  et  6|  d'une  part,  a^  et  b^  de  l'autre,  des  valeurs  c%  et  C2 
telles  qu'une  valeur  de  ai  inférieure  à  C|  n'aura  jamais  à  être 
prise  avec  une  valeur  de  7.2  supérieure  à  C2,  Qivice  versa,  ce  qui 
fait  qu'il  n'y  a  lieu  de  considérer  que  les  combinaisons  I  et  II. 

Pour  ce  qui  est  du  fractionnement  en  un  plus  grand  nombre 
de  parties,  pratiquement  à  peu  près  sans  intérêt,  il  n  y  aurait  qu'à 
répéter  ici  ce  qui  a  été  dit  à  la  fin  du  n°  35. 

69.  Exemples  :  i**  Sixième  type  d*abaque  de  multiplication.  —  Écri- 
vons encore  Téquation  de  la  multiplication  sous  la  forme 

logati-f-loga,^logas. 

La  symétrie  de  cette  équation  nous  montre  que  nous  devons  prendre 
ici,  pour  les  échelles  (ai)  et  («2))  des  modules  /  égaux.  Dès  lors,  le  module 
de  l'échelle  (aj),  portée  sur  la  parallèle  équidistante  des  deux  axes,  sera 

égal  à  -  (n**  66,  Remarque  finale).  Pour  que  cette  dernière  échelle  soit  du 


i5a 


CBàPITRB   III. 


type  usuel,  il  suffît,  si  23  varie  de  i  à  100,  comme  dans  les  cas  précédents, 
<ie  prendre  (n°  5,  2®) 

-  =  125""', 
1 


ou 


/  =  îSo 


mm 


Gela  donne,  pour  la  longueur  L  des  échelles  (^) 


=  125"". 


Afîn  de  réduire  les  dimensions  du  tableau,  nous  fractionnerons  les 
échelles  (aj)  et  (aj)  vers  le  milieu  de  leur  longueur,  soit  au  point  coté  9. 
et,  suivant  ce  qui  a  été  vu  au  n**  68,  nous  porterons  les  deux  fragments  de 
l'échelle  («i)  de  part  et  d'autre  de  l'axe  des  u  {fig.  64),  les  deux  frag- 


e-io 


'Il  -[ 


2-^ 


îr=ii' 


(IDHÊ: 


\-z 


:irS 


■1-* 


«^3 


Fig.  64. 


m   \\ 


5- 
k 


ÎHJO 


;-2o 


-M 

-rm 

-30 


3rH 


2-^^20 


-W 


r40 


iiïl) 
-S 

=-3 


3-^ 


(IIJIL- 


E-IO  E-10 


2-;= 


i-b 


(H) 


i^4  E- 


Ê:  (10) 

4 


E-3 


ments  de  l'échelle  (aj)  de  part  et  d'autre  de  l'axe  des  p,  ce  qui  donnera 
pour  (23)  deux  fragments  de  part  et  d'autre  de  la  parallèle  équidistante 
des  deux  premiers. 

En  outre,  le  point  coté  3  du  second  fragment  des  échelles  (ai)  et  («j)  a 
été  disposé  de  telle  sorte  que  le  point  coté  10  du  second  fragment  de 
l'échelle  («s)  se  trouve  en  face  du  point  coté  i  du  premier,  ce  qui  fait  que 
les  points  cotés  1  et  20,  3  et  3o,  ...,  et,  généralement,  «3  et  loa»  coïn- 
cident également. 

Enfin,  pour  associer  un  nombre  du  premier  fragment  de  («j)  à  un 
nombre  du  second  fragment  de  (aj),  nous  répéterons  celui-ci  sur  un 
nouvel  axe  des  p,  en  portant  le  fragment  correspondant  de  («3)  sur  la 
parallèle  équidistante  de  ce  nouvel  axe  des  v  et  de  l'axe  des  u. 


(*)  Ldijîff.  64  est  une  réduction  de  l'abaque  construit  avec  ces  modules. 


ÉQDATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ALIGNEMENT.  l53 

Ce  dernier  fragment  se  compose  des  tronçons  de  3  à  9  d'une  part,  et 
de  9  à  3o  de  Tautre,  empruntés  aux  deux  premiers  fragments  de  («3),  et 
il  suffit,  pour  le  disposer,  de  remarquer  que  son  point  3  doit  se  trouver 
sur  la  droite  qui  joint  le  point  i  du  premier  fragment  de  (a^)  au  point  3 
du  troisième  fragment  de  (aj). 

Les  fragments  qui  doivent  être  associés  ensemble  sont  marqués  d'un 
même  chiffre  romain. 

2**  Abaque  des  moments  d'inertie  des  rectangles  (*).  —  Le  moment 
d'inertie  I  d'un  rectangle  de  base  b  et  de  hauteur  h  par  rapport  à  la 
parallèle  à  sa  base  menée  par  son  centre,  est  donné  par  la  formule 

I  = > 

12 

qui  peut  s'écrire 

log6  -4-  31ogA  —  log  12  -f-  logL 

Si  Ton  veut  donner  aux  échelles  de  (b)  et  de  {h)  la  même  longueur,  il 

faut  construire  les  échelles  de  log  6  et  de  3  log  A  avec  les  modules  /  et  :r« 

ce  qui  rend  ces  deux  échelles  identiques. 

La  formule  (1)  du  n^  66  montre  alors  que  Téchelle  (I)  divise  l'intervalle 
de  l'échelle  (6)  à  l'échelle  (A)  dans  le  rapport  de  3  à  i,  et  la  formule  (2) 

que  le  module  de  cette  échelle  (I)  est  égal  à  7- 

4 

Si  donc  on  veut  que  l'échelle  (I)  donne  le  même  degré  de  précision  que 
l'échelle  logarithmique  usuelle  (n"^  5,  2°),  il  faudra  prendre 

7   :-^I25'»", 

4 
d'où 

/  =  5oo°"". 

Et  si  l'on  fait  varier  b  et  h  de  0,1  à  i,  la  longueur  L  des  échelles  sera 
égale  à  5oo"""  (*). 

Sur  la ^^.  65,  cet  abaque  a  été  réduit  environ  au  A. 

3®  Abaque  des  marches  de  troupes  en  colonnes,  —  Soient  V  la  vitesse 
en  mètres  par  minute  d'une  troupe  en  marche,  T  le  temps  de  la  marche 


(  *  )  On  remarquera  sur  cet  abaque  que  le  sens  positif  des  axes  A  <^  et  B  i'  a  été  pris 
de  haut  en  bas,  contrairement  à  la  convention  habiluellc.  Celte  disposition  a  été 
adoptée  par  le  dessinateur  de  l'abaque,  M.  Prévôt,  qui  l'a  systématiquement 
appliquée  pour  tous  les  exemples  analogues,  afin  de  rapprocher  cos  Tables  gra- 
phiques des  Tables  numériques,  sur  lesquelles  le  sens  croissant  va  toujours  de 
haut  en  bas. 

(')  Il  serait  bon,  avec  ce  choix  de  module,  de  fractionner  les  échelles  en  deux 
parties  à  pea  près  égales,  comme  on  vient  de  le  faire  pour  l'abaque  de  multipli- 
cation, afin  que  le  Tableau  fût  plus  maniable. 


l54  CHAPITRE   III. 

en  minutes,  E  l'espace  parcouru  en  hectomètres.  On  a 


(I) 


VT 
E=  — . 

lOO 


Soient  maintenant  T' le  temps  de  la  marche  en  heures,  E'  l'espace  f 
couru  en  kilomètres.  On  a 


(•-*) 


E'  = 


6oVr       6VT' 


lOOO 


lOO 


Les  formules  (i)  et  (2)  sont  utiles  aux  officiers  d'Ëtat-Major.  M. 


Fig.  65. 


0.1 


0,2-- 


•O  -: 


0.3-f 


V  -.r 

O 

X 

u 

•bJ    0.<»  ' 


0.5 

0,6  -i- 

0.7  rr 

0.8  rr 

0.9 
1 


0.000.01 


.02 


.03 

.»» 
.05 

0.000)  -^ 

.2 


M 

.% 

s 

«> 

13 

« 

0,00« 

« 

_c 

0 

0.002 

UJ 

0003 

0,00k 

o.oos 

0,01 


0.02  -  : 

0,03  H  : 
0,0%  -H  \ 
0.0s -^^ 


0.' 


•0.» 


1-0.3 


0.2 


« 

o 


0.5 


-■■-0.6 

îLo.i 

^1-0.8 

j  :_ 

-il-0.» 


capitaine  Goedseels,  professeur  à  l'École  de  Guerre  de  Bruxelles,  le 
traduites  en  un  abaque  (*)  de  la  manière  suivante  : 


(')  Bévue  de  rarmée  belge,  t.  V  (mars-avril  1898). 


ÉQUATIONS   A   TROIS   TARIÀBLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  1 55 

ÉcrivoDS-les 

(0  logV-hlogT    —  a  =  logE, 

(2)  logV  -f-loger  —  2  =  logE'. 

OccupoDS-nous  d'abord  de  (i').   Pour  les  besoins  de  la  pratique,  il 

saffil  d'y  faire  varier  V  de  72  à  loo,  T  de  6  à  66.  Fractionnant  cette 

seconde  échelle  au  point  24,   on  aura   un  premier  abaque  fragmentaire 

avec  V  variant  de  72  à  100,  T  de  6  à  24,  un  second  avec  V  de  72  à  100, 

T  de  24  à  66. 

Or,  on  a 

log  100  —  log72  =  o,  143, 

log24    — log6    =0,602, 

log66    — log24  =  0,439. 

Si  donc  II  est  le  module  de  Téchelle  (V),  lu  et  l^f  ceux  des  deu\  frag- 
ments de  Téchelle  (T),  on  devrait  avoir,  pour  que  les  trois  échelles 
fussent  de  même  longueur, 

o,  143/1  =  0,602/21  =  0,439/îî, 
d'où 

/    -    ^*  /     -     ^* 


4,2  3,06 

On  prendra  évidemment  ici 

Les  modules  correspondants  des  fragments  de  l'échelle  (E)  seront  donc 
donnés,  d'après  la  formule  (2)  du  n**  66,  par 

/si-  ^>  Izt-  -^' 

et  ces  deux  fragments  de  l'échelle  (E)  diviseront  les  intervalles  compris 
entre  l'échelle  (V)  et  les  deux  fragments  de  l'échelle  (T)  respectivement 
<lans  les  rapports  de  4  et  3  à  i. 

Pour  l'équation  (2'),  on  voit  qu'il  suffît  de  reprendre  les  mêmes 
échelles  (V)  et  (E)  et  de  modifier  simplement  l'échelle  (T)  en  divisant  ses 
cotes  par  6  puisque,  pour  le  même  point,  on  aura 

T  =  6T'. 

Il  suffira  d'inscrire  la  graduation  (T)  sur  un  côté  du  support,  le  côté 
<Iroil  par  exemple,  et  la  graduation  (T')  sur  l'autre,  c'est-à-dire  le  gauche. 

C'est  ainsi  qu'a  été  obtenu  l'abaque  du  capitaine  Goedseels,  représente 

parlayî^.  66  qui  est  la  réduction  à  la  moitié  environ  de  l'original.  Sur 

cet  original,  l'auteur  avait  pris  Ix  =  i",  ce  qui  donnait  pour  l'intervalle  des 

points  100  et  75 

i'"(logioo  —  log75)  =  o"™,i25. 


56 


CHAPITRE   III. 


Il  est  facile,  s'il  s*agit  de  longs  parcours,  de  tenir  compte  des  haltes. 
Supposons,  par  exemple,  que  la  marche  s'effectue  avec  une  halte  de  dur 
minutes  par  heure.  Il  faudra  alors  sur  l'échelle  (T')  (celle  de  gauche), 

Fig.  6r>. 
TETE  V 


13. — 
•i» . 


to, 


8  - 


9.. 


a,- 


6 
7, 


6, 


66 


60 


&b 


bO 


•►S 


Zb 


S. 


30 


2S 


-«23 


60. 


S0< 


•1^. 


«Q- 


20- 


s— 

— 

7W 

•►,— 

20 

3  — 

1  ^_ 

*f — 

3,— 

\b 

--.^  - 

"*  ^ 

2  — 

2»- 

%__ 

10 

*f*^ 

'-, 

9 

6 

7 

20. 


M>- 


10- 


(n) 


(I) 


Cm) 


100 


to 


80 


n 


avancer  de  dix  minules  l'origine  de  chaque  heure,  ce  qui  donne  la  chif- 
fraison  affectée  de  V indice  i.  Avec  une  halte  de  dix  minutes  par  deux 
heures,  on  obtient  de  même  la  chiffraison  affectée  de  Yindice  2. 

Exemples  numériques  : 

1°  Temps  mis  par  une  troupe  marchant  à  la  vitesse  de  8o™,  pour  par- 
courir 37^"*.  La  position  (I)  de  l'index,  marquée  en  pointillé  sur  la  figure, 
donne  (chiffraison  de  gauche) 

T  r:.  7^41'»  (sans  haltes), 

T  —  9**  1 1'°  (avec  une  halte  par  heure), 

T  -  8**2i"*  (avec  une  halte  par  deux  heures). 

•?/'  Profondeur  d'une  colonne  qui  s'écoule  en  17  minutes  à  la  vitesse 
de  9^'".  La  position  (II)  de  l'index,  avec  la  chiffraison  de  droite  pour  T, 
donne  iG*"",!  ou  16 10". 

3°  Profondeur  d'une  colonne  qui  défile  en  4  minules  à  la  vitesse  de  72". 
On  applique  ici  le  principe  des  multiplicateurs  correspondants  (n**  21)  en 


IQUATIONS   À   TROIS   VABIAILES.   ABAQUES   A   ALIGNEMENT.       ■      lây 

multipliant  V  par  lo,  ce  qui  e^ige  que  la  lecture  E  soit  divisée  par  lo,  ou, 
ce  qui  revient  au  même,  faite  en  décamètres-  La  position  (111)  de  l'index, 
avec  la  chiffraison  de  droite  pour  (T),  donne  28'>°>,S  ou  MS". 

Nous  avons  insisté  sur  les  détails  de  construction  des  abaques 
de  ce  genre  parce  qu'ils  sont  d'un  usage  courant  dans  la  pratique. 
Ce  qui  vient  d'élre  dit  suffira,  espérons-nous,  à  éviter  tout  Làton- 
nement  dans  les  applications  de  la  méthode.  On  en  trouvera  d'ail- 
leurs par  la  suite  d'autres  exemples  (n°*  71, 90,  HO,  411, 112). 

70.  Composition  des  échelles.  —  Nous  allons,  pour  plus  de 
simplicité,  raisonner  ici  dans  le  cas  de  trois  échelles,  mais  il  sera 
facile  de  voir  que  ce  qui  va  être  dit  s'étendrait  immédiatement  à 
un  nombre  quelconque  d'échelles. 

Soient  donc  trois  échelles  à  supports  parallèles  \,u,,  AiUi, 


». 


Aj«i  (yî^.  67),  définies  respeclivemeul  par  les  formules 


a,=  l,/i, 
i',=  l,A, 
u^=l^U 


Traçons  trois  nouvelles  échelles  A13 
lèlesaux  premières,  telles  que 


13,  AijUij,  AgiUsi  paral- 


A,A„ 


AiAm 

A}A„ 


A,A„ 
A,Aj, 


l58  CHAPITRE   III. 

et  définies  respectivement  par  les  formules 

(ûtjs)  Wjj—  liz/tii 

(«si)  "31=  /ji/ji, 

les  modules  /12,  /s s 7  ^si  étant  liés  aux  précédents  par  les  formules 


I 

::^, 

I 

Tx 

-+• 

1 

r.' 

I 
lu 

— 

I 

■+- 

I 

1 
Izx 

' — 

1 
II 

-h 

I 

D'après  ce  qui  a  été  vu  au  n°  66,  les  cotes  ttia,  a23,  asi  des 
points  obtenus  sur  ces  échelles  en  prenant  des  alignements  entre 
les  points  cotés  ai,  a^,  as  sur  les  trois  premiers  axes,  seront 
telles  que  les  équations 

seront  satisfaites. 

Mais,  en  outre,  d'après  ce  qui  a  été  vu  au  n®  66,  les  points  M| 21 
M23  et  Mai  sont  les  barycentres  des  points  M|,  M2,  M3  pris  deux 

à  deux  et  respectivement  affectés  des  coefficients  r'  t*  T'  P**" 

«1    h    h 

suite,  les  droites  Mi^Ms,  M23M1  et  M3,  M,  passent  par  un  même 
point  M|23  qui  est  le  barycentre  des  trois  premiers  points.  Ce 
point  M|i3  se  trouve  donc  sur  une  parallèle  aux  axes  menée  par 
le  barycentre  Ai2s  des  points  A,,  Ao,  A3  respectivement  affectés 

des  coefficients  7-»  /  '  r  ^^  ^  ^^^  distance  W|2»  du  point  A123  telle 

i\    ff    13 

que 

"m  ^  "2      !i?       !fi 

lus  II  /j  /j 

le  module  /|23  étant  défini  par 

I  I         I         I 


liti       II       /j       /j 


y 


ÉQUATlOlfS   A   TROHS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ALIGNEMENT.  169 

Si  donc  on  porte  sur  l'axe  A|23W|23  l'échelle  (a, 23)  définie  par 
la  formule 

on  voit  que  les  valeurs  correspondantes  de  ai,  a2,  as  et  ai23  satis- 
feront à  l'équation 

/l -^/l -h/s  = /lî3  ) 

et  l'on  peut  remarquer  que  si  l'on  se  donne  trois  des  sept  variables 
^•>  *2^  «3»  «12,  a23,  aju,  a, 23,  il  suffit  de  prendre  quatre  aligne- 
ments pour  obtenir  les  quatre  autres. 

Tel  est  le  principe  de  la  composition  des  échelles  parallèles 
énoncé  par  le  commandant  du  Génie  Bertrand  dans  le  Mémoire 
d'où  est  extraite  l'application  qui  suit. 

Il  suffit  d'écrire  a^  au  lieu  de  ai  23  et  de  poser /i  23  ^=  ~^/*j  pour 
que  l'équation  précédente  prenne  la  forme 

La  généralisation  évidente  dont  nous  parlions  au  début  de  ce 
numéro  montre  qu'on  pourra  de  même  obtenir  ainsi  la  représen- 
tation des  équations  de  la  forme 

c'est-à-dire  de  celles  qui  ont  déjà  été  envisagées  au  n**  37. 

Dans  le  cas  où  l'on  n'aurait  pas  besoin  de  considérer  les  équa- 
tions obtenues  par  le  groupement  des  échelles  deux  à  deux,  trois 
à  trois,  . . .,  il  serait  inulile*de  graduer  les  échelles  résultantes  cor- 
respondantes. 

71.  Exemple  :  Abaque  des  distributions  d'eau.  —  Cet  abaque  est 
celui  à  propos  duquel  le  commandant  Bertrand  (i)  s'est  trouvé  amené  à 

énoncer  le  principe  ci-dessus.  II  Ta  établi  en  partant  des  formules  do 
M.  Flamant. 


(')  Description  et  usage  d'un  abaque  destiné  à  faciliter  la  solution  des  pro- 
blèmes relatifs  à  la  distribution  des  eaux  {Revue  du  Génie  militaire^  t.  VIII, 
p.  475;  1894). 

Le  Mémoire  a  été  tiré  sous  forme  de  brochure  à  part  mise  en  vente  à  la  librairie 
Berger-Levrault. 


l60  CHAPITRE   III. 

Soient  : 

/  la  longueur  de  la  conduite, 

d  son  diamètre, 

g  son  débit, 

h  la  perle  de  charge, 

y  la  pente  de  la  ligne  de  charge. 

p  la  puissance  de  la  conduite, 

r  sa  résistance, 

u  la  vitesse, 

e  la  variation  de  prix  (^). 

Entre  les  sept  premières  de  ces  quantités,  on  a  les  équations 

(,)  l\ogq^  logA    --=  — logr, 

(9.)  —  logA-f-    log/    =  — h)gy, 

(3)  log/-+-^log^^log/>, 

(4)  ^log(7-logA-i-    log/    =^logrf-C, 

G  étant  une  constante  numérique. 

Ces  quatre  équations  permettent  de  calculer  quatre  des  quantités  qui  y 

entrent  en  fonction  des  trois  autres.  On  voit  immédiatement  qu'on  peut  , 

appliquer  a  leur  ensemble  le  principe  de  la  composition  des  échelles  en 

prenant 

0Li~g,  di—hy  ^i^f, 

aijsr,  «is^y,         dz\~^Pi 

puis 

fx^-Ao^q,  ft^-^ogh,  /jslog/, 

/,îi-  — logr,         /î3  — -logy,  /si^logp, 

/i«^-^logrf-C. 

4 

Enfin  l'auteur  a  choisi  pour  les  modules  les  valeurs 

/,  =  5^",         /j  r^  /s  =  6*». 

L'abaque  ainsi  obtenu  par  le  commandant  Bertrand  est  celui  que  repré- 
sente la  Jîg.  68,  avec  une  réduction  d'un  peu  moins  de  -• 


(  '  )  Pour  la   définition  de  ces  termes  divers,  je  renvoie  à  la  brochure  du  com- 
mandant Bertrand. 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES  A   ALIGNEMENT.  l6l 

Au  diamètre  (i  et  à  la  résistance  r  sont  respectivement  liés  la  section  s 
et  le  débouché  o  par  les  formules 

s  —  — —  f  0  =  /•    ^ . 


Il  sufGra  donc,  pour  avoir  ces  nouvelles  quantités,  d'accoler  aux  échelles 
{d)  et  (r)  déjà  construites  des  échelles  (5)  et  (3)  établies  ainsi  qu'il  a  été 
dit  au  n"  il.  Ces  échelles  se  trouvent  sur  la  ^ff.  68.  On  voit,  en  outre, 
que  l'échelle  du  débit  a  été  graduée  en  double  suivant  que  l'unité  admise 
est  le  litre  par  seconde  ou  par  minute. 

On  reviendra  plus  loin  (*)  sur  la  construction  des  deux  dernières  échelles, 
celles  de  la  vitesse  u  et  de  la  variation  de  prix  e. 

Il  convient  de  remarquer,  en  ce  qui  concerne  l'inscription  des  gradua- 
tions, l'innovation  introduite  par  l'auteur  et  qui  consiste  à  donner  en 
toutes  lettres  l'indication  de  chaque  ordre  décimal,  ce  qui  fait  qu'il  suffit 
d'inscrire  un  seul  chiffre  en  face  de  chaque  point. 


B.   —  Abaques  a  deux  échelles  parallèles  (-). 

72.  Type  des  équations  correspondantes .  —  Le  choix  des 
origines  sur  les  axes  Au  et  Bv  étant  quelconque,  on  peut  placer 
ces  origines  aux  points  où  ces  axes  sont  rencontrés  par  le  troisième 
support.  Les  points  (ai),  (a2)  et  (ol^)  ont  alors  respectivement 
pour  équations 

(«3)0  7-  -^-/jT-  =  O, 

«1  <î 

/i   et  I2  étant   des  modules  quelconques,    ce   qui   donne,   pour 
l'équation  représentée, 

Prenant  toujours  la  droite  AB  comme  axe  des  x  en  plaçant 


(')  Renvoi  du  n»  99. 

(-)  Une  transformation  homographiquc  permet  de  ramener  à  ce  type  tout 
abaque  à  points  alignés  comportant  trois  échelles  rectilignes  quelconques,  en 
rejetant  à  l'infini  l'un  des  sommets  du  triangle  formé  par  les  trois  supports. 

M.  D'O.  1 1 


'  ■   1 1  f  I " I  '  I  ■  I  '  r" ' r  '  ' 


I    I   I  '  I  ■   I   ■ 
6  0  I.    9     S 


'  I  '    I 


S»J1«UJV0»Q 


r 
c 


•»J^?W 


•cimêli 


-»»*■ 


•  melrea              i  Melres 

3       %      »  s    '<*(  '         3      %    S 

-J..,J..|.I     IsliW  lMyl„.^i„ly,l|,,L 

«        7      8     9    B 


9 


%        s 

••COnd* 


•  •'•!  '  ri'iiiii 

2      3    %  St169| 


I  '  l'i'iMiil  ""I  •  ri 

I     3   %  SdSsIl  2      3^ 

Unit«s         I        Dizain 


'"I  '  rri  lin 

Sei89|l 


TTT 


=1 


pr"'MiiM  I  rr"'iiiiiii'n""iiiiiii'i'r  "I 


lun 


•»Uf9lin(]  MUl9tlU93 


»»«»iinii 


•9UI»I||IUI  «10 


f  ■  i.i.  II.     Iimi.i.i  .  I   .    Iiliii.i.i  ,  I   ■ 


9MU9!||!UJ-qU93 

I|(919S  ^  S      « 
«"ll.l.l  ■    I    ■ 


fTÎ 


(VfO 


,ujo 


1 


69 


rr 


r^ 


'  I  ""I  '  I  '  l'i'i  11 

t  3       »St76»|l 

D«c«m«if^ 


'  I  ""I    '  I  '  !■  l'Il  1 

2  3        ^       5    C    T   8  9 

Hectomètres 


«auJ9!il!MI 

t      1   %»»'»»9r 


f 


Ois.  de  mille 


••UJ9l||!UJXI(] 
69^  9  «     "»      C        e 

,l,l|l.,i,|,»,|.>Ml,.|,P|-V,(,| 


9     3  %S9189| 
Cent  de  mille 


2     3  %  S  9189 

Millions 


I 


•inuiui    j«d     •aJlllo^svH 


9 


S    9     1     9 


9puooe«     jvd    «ao)!! 


4    6    8    i.     9      9 
apuooec  jed  taJii|iMO 


164  CHAPITRE   III. 

l'origine  O  au  milieu  de  AB  et  adoptant  le  sens  OB  comme  sens 
positif  y  on  voit  que  le  point  (aj)  est  défini  par 

(aj)  X  —  ri—Y     "7"' 

si  l'on  pose  OB  =  0. 

En  résumé,  pour  représenter  par  un  abaque  à  points  alignés 
l'équation  (E)  ci-dessus,  //  suffit^  ayant  pris  sur  Ox  les  points 
A  et  B  symétriques  par  rapport  à  O  (le  point  B  étant  sur  la 
partie  positive  de  O  x),  et  mené  par  ces  points  deux  axes  paral- 
lèles \u  et  Bp,  de  porter  sur  les  axes  A  //,  Br  e/  Oîc,  «  partir 
de  leurs  origines  \^  Bet  O,  respectivement  les  échelles  définies 
par  les  formules  (oLi)^  (7.2)  et  (as). 

Remarque.  —  Pour  que  les  échelles  des  variables  (ai)  et  (aa), 
prises  comme  indépendantes,  comprennent  l'échelle  (as),  il  faut 
que  la  fonction /s  soit  constamment  positive  entre  lels  limites  con- 
sidérées. Si  elle  devenait  négative  à  partir  d'une  certaine  valeur, 
on  aurait  recours  à  un  fractionnement  (n**  63)  en  posant 

73.  Disposition  des  échelles  {^).  —  Faisant  en  sorte,  en  vertu  de  la 
remarque  précédente,  que  les  points  («3)  soient  situés  entre  les  axes  Ai* 
et  Bf,  on  pourra  toujours,  comme  on  l'a  vu  au  n**  67,  disposer  de  l\  et  /j 
de  façon  à  donner  au\  échelles  (aj)  et  (aj),  entre  les  limites  adoptées,  la 
même  louj^ueur,  les  droites  Vx  P,  et  Q,  Q,  qui  joij^nent  leurs  extrémités 
ayant  (railleurs  une  inclinaison  quelconque  par  rapport  à  la  direction  des 
axes  A  M  et  Bp,  telle  cependant,  quant  à  présent,  que  l'angle  PiQîPi  soit 
inférieur  à  l'angle  PiFjQ2Cy'>.  r)9). 

Nous  sommes  libres  également  de  disposer  de  l'écartement  des  axes 
parallèles.  Fourrons-nous  encore  ici  le  fixer  de  manière  que  l'angle  sous 
lequel  l'index  rencontrera  le  support  P3Q3  de  l'échelle  (aj)  ne  tombe  pas 
au-dessous  d'une  certaine  limite? 

Si,  par  le  point  P|,  nous  menons  des  parallèles   d'une  part   Pi 5^1  au 


(')  La  discussion  mathématique  de  la  meilleure  disposition  à  donner  à  un  tel 
abaque,  développée  dans  ce  numéro,  n'est  évidemment  pas  indispensable  à  Tappli- 
cation  de  la  méthode;  elle  est  intéressante  toutefois  en  ce  sens  qu'elle  fait  con- 
nattre  une  disposition  limite  permettant  de  tirer  de  la  méthode  les  plus  grands 
avantages.  En  pratique,  on  ne  s'y  astreindra  pas  toujours,  se  contentant  d'une 
sorte  de  tiUonnemont;  mais  nous  avons  tenu,  dans  les  applications  subséquentes, 
à  nous  y  conformer  rigoureusement  de  façon  à  fournir  de  véritables  modèles 
théoriques. 


tQUlTIO^B   A  TROIS   VIRIIBLES.    ABAQUES   A    ALIG.NEHENT.  1 6^ 

support  PiQ),  de  l'autre  aux  diverses  positions  de  l'index,  nous  voyons 


Q]P,Qi  de  l'angle  que  l'index  fait  a 
angle  varie,  en  effet,  de  QjPtQi  ou 


k'ec  les  supports  parallèles.  Ce  dernier 
PiQiPj  à  P,PiQ,  en  passant  par  -, 


et  nous  venons  de  supposer  par  hypothèse  P,QiPi<  PiP.Qi-  Toute  1» 
question  revient  donc  à  fiser  la  position  relative  des  échelles,  de  façon  ii 
rendre  l'angle  QtPiJt  te  plus  grand  possible. 

Si  d'abord,  en  conservant  l'inclinaison  de  la  droite  Qi  Qi,  nous  changeons 
l'écartement  des  axes,  toutes  les  largeurs  devront  être  roodirices  propor- 
tionnellement. Le  problème  peut  donc  s'énoncer  ainsi  :  Parmi  tous  Us 
couples  de  points  Qj  et  y,  pris  sur  la  droite  Q[  Qi  et  tels  que  le  rapport 

je  ■L    toit  constant,  quel  est  celui  qui  est  vu  du  poîn 
grand  angle  ? 

Soit  (_fig.  70)  q't,  Q',  l'un  quelconque  de  ces  couples  de  points.  Pour< 


obtenir  un  autre  quelconque  7Î,  Qî,  nous  n'avons,  après  avoir  joint  les 
points  q'j  et  Q',  à  un  point  quelconque  S*  de  Q,  P|,  qu'à  mener  par  P|  des 
parallèles  P,?;,  P,Q;  aux  droites  S'^-;,  S'Q',.  Il  suit  de  là  que  l'angle 


l66  CHAPITRE   III. 

SOUS  lequel  le  segment  qlQl  est  vu  du  point  Pi  est  égalàTangle  ^',  S'Q',. 
C'est  donc  ce  dernier  qu'il  s'agit  de  rendre  maximum.  Il  le  sera  lorsque 
le  cercle  circonscrit  au  triangle  ç^'jS'Qj,  cercle  qui  passe  par  les  points 
fixes  y 2  et  Qj,  sera  de  rayon  minimum,  et  cette  circonstance  se  pro- 
duira lorsque  ce  cercle  sera  tangent  à  la  droite  PiQi.  Soit  alors  S  son 
point  de  contact.  L'angle  maximum  est  donc  égal  à  q'^  SQ,  et  les  points 
f/ii  Q2  correspondants  s'obtiennent  en  menant  par  le  point  Pi  les  paral- 
■/  ''  tvv  lèles  PiQi  et  PiQi  à  S^'j  et  à  SQ^.  Le  problème  est  ainsi  résolu.  On 
peut  en  mettre  le  résultat  sous  forme  analytique. 
En  effet,  de  ce  que 

Q^'=-Qi^',xQiQi, 
il  résulte,  par  proportionnalité,  que 


QiPi  =QigîXQ,Q,; 
nu,  si  l'on  représente  par  k  le  rapport  constant  ^        >  que 


'      AQiP,    =QiQ,   , 

ou  encore,  si  l'on  appelle  L  la  longueur  PiQi  des  échelles  parallèles,  D  la 
distance  QiQi, 

(I)  D=.  L\/k.  ' 

Alors 

^  D         L 

Appelons  a^  et  63  les  valeurs  de  la  variable  aj  correspondant  aux 
points  P3  et  Q3  (/i/^.  Cg).  Nous  avons,  en  vertu  de  la  formule  (2)  du 
n°  57,  et  en  nous  reportant  à  l'équation  («3)9  du  n°  72, 


d'où 


Pi  P-i  __  /i/3(Wl  Q1Q3  _   ^^A(h,) 

P3P»""     h    '  Q3Q2"     u    ' 

£1^3  ^        fiAJa,)  QiQz  ^        /i/»(63^ 

PiPî     fiAiot)  -+-  /i'  QiQi     iiA^b,)  -^  /,* 


et,  par  soustraction. 


/^-        Q1Q2        lliA{<h)-^fi\[liA{b,)-^l,] 
ou 

/ ., >  ,.  _  [/,A(^n)-^-/,1[/,.A(<',)  +  M 

Si  la  valeur  de  la  fonction  A  est  infinie  pour  Tune  des  limites,  6,  par 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQCES   A   ALIGNEMENT. 

exemple,  on  a 


.67 


(^') 


ji  = 


Il  n'y  a  plus  qu*à  porter  cette  valeur  de  k  dans  la  formule  (1). 

L'écartement  qui  vient  d'être  déterminé,  en  vue  de  rendre  maximum 
l'angle  ^iPiQi,  est  indépendant  de  l'angle  que  QiQi  fait  avec  Q|Pi.  Si 
Ton  fait  varier  cet  angle,  les  points  ^j  et  Qj  parcourent  les  cercles  décrits 
de  Qi  comme  centre  avec  les  rayons 

Qi^î  =  -^'       QiQi  =  L/Z, 

va: 

et,  puisque  le  point  Pj  se  trouve  entre  ces  deux  cercles,  l'angle  gtPiQt 
augmente  au  fur  et  à  mesure  que  QiQî  se  rapproche  de  QiPf  (^^.  /i)* 

Fig.  71. 


Mais  on  ne  saurait  faire  croître  cet  angle  indéfiniment,  parce  que 
l'angle  PiPjQt  devenant,  contrairement  à  l'hypothèse  faite  jusqu'ici,  plus 
petit  que  PiQiPs)  décroîtrait  indéfiniment. 

Arrôtons-nous  dans  la  position  pour  laquelle  les  angles  PiQîPî 
cl  Pi  Pî Qi  sont  égaux.  Le  triangle  P|  Qj  72  est  alors  isoscèle,  et  le  point  Qj 
se  trouve  sur  le  cercle  décrit  de  Pi  comme  centre  avec  l'écartement  D, 
calculé  par  la  formule  (i)  pour  rayon. 

D'autre  part,  les  triangles  PiQi7t  et  PiQiQî  ayant  un  angle  commun  Qi 
compris  entre  côtés  proportionnels,  car 


QiQî 
Qi  Pi 


QiPi 
QiÇ'i 


=  A- 


sont  semblables,  et  le  triangle  QiF^j^j  est  lui-même  isoscèle. 

En  résumé,  ayant  fait  choix  des  modules  li  et  /j,  de  façon  que  les 
deux  échelles  (aj)  et  (aj)  aient  une  même  longueur  L,  et  ayant  cal- 
culé k  par  la  formule  (?.),  on  prend  pour  point  Qj  l'un  des  points 
de  rencontre  des  cercles  décrits  de  Pi  et  Qi  comme  centres  avec  le 
rayon  L/^.  Le  support  de  V échelle  («3)  est  alors  une  droite  antipa- 
rallèle  de  PjQi  et  PîQj  par  rapport  à  PiPj  et  QiQj. 


l68  CHAPITRE    III. 

Il  va  sans  dire,  encore  une  fois,  que  la  disposition  des  échelles  qui  vient 
d't^tre  étudiée,  théoriquement  la  meilleure,  ne  s'impose  pas  rigoureuse- 
ment dans  la  pratique,  et  qu'il  suffira,  pour  les  applications,  de  choisir 
une  disposition  qui  n'en  soit  pas  trop  éloignée. 

On  pourra  notamment  substituer  aux  valeurs  de  /i,  de  /j  et  de  k  rigou- 
reusement calculées  des  valeurs  arrondies  qui  n'en  dilTèrent  pas  beaucoup. 

Remarque.  —  Si  les  points  P3  et  Q3  coïncident  respectivement  avec  les 
points  Pi  et  Qj,  on  a  A'  =  1,  et  les  triangles  PiQiQî,  PiQiPt  sont  équi- 
latéraux.  Mais  le  minimum  de  l'angle  de  l'index  et  du  support  PaQs 
descend  ici  nécessairement  à  zéro. 

74.  Exemples  :  i**  Septième  type  d* abaque  de  multiplication  (').  — 
Écrivons  l'équation  de  la  multiplication 

sous  la  forme 

I         a*  __ 

Elle  sera  dés  lors  représentable  (n°  72)  par  les  systèmes  de  points  cotes 

/, 
(a,)  "=-7-' 

(22)  t;  =  /jai. 


(as)  .3^  =  0 


/i-t-/,a3 


Convenons  de  faire  varier  ai  et  aj  de    i   à  10.  Puisque  les  segments 

portés  sur  Aw  et  Bp  sont  de  sens  contraires,  et  que  u  décroît  lorsque  «i 

augmente,  le  sens  de  la  graduation  sera  le  même  sur  les  axes  parallèles. 

Prenons  dès  lors 

ai  =  10,         ^1  =  1, 

«j  =  10,         ^2=1, 

ce  qui  nous  donne 

«3  =  100,         63  =  11 

et,  en  outre 

Mài)  —  ft{ai)  =  —  I  -H  10  =  9. 

î/échelle  (a,)  étant  régulière,  prenons  pour  cette  échelle  la  graduation 
du  décimèlre,  c'est-à-dire 

d'où 


(*)  Corrélatif  du  troisième  type  (n-27). 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT. 

Pour  que  Féchelle  (ai)  ait  môme  longueur,  il  faut  donc  que 


169 


d'où 


10    *      •'    ' 


/,  =  10*". 
La  formule  (2)  du  n^  73  donne  alors 

(  —  -h  l)(lO-4-  l) 

\io  /  II 


k=: 


■"  "  '  '  '    m  ^  JLJL  £t  •  •   • 

9 


et 


.o(.— i-) 

\      100/ 

^k=  i ,  I . 
La  formule  (i)  du  même  numéro  donne  donc  à  son  tour 

D  =  lo'^". 


Nous  prendrons 


II   est  dès  lors    facile    de    construire    le    parallélogramme    PiQiQiPs 

ijig^  7^  )  (  *  ),  dont  les  côtés  Pi  Pj  et  Qi  Q,  sont  égaux  à  1 0"°,  les  côtés  Pi  Qj 

ctP,Q,à9«». 

Fig.  72. 


(»  )  L^/ig.  7a  est  une  réduction  de  Tabaque  tel  qu'il  a  [été  construit  et  qu'il  se 
irouTe  décrit  dans  le  texte. 


17^  CHAPITRE    III. 

Pour  construire  le  support  PsQade  l'échelle  (as),  il  sufCt  de  se  rappeler 
que  ce  support  se  confond  avec  l'axe  AB  des  origines. 
Or,  le  point  Pi  coté  lo  a  pour  coordonnée  m, 

w=  —  =  =  r", 

lo         lo 

et  le  point  Qj  cote  i  a  pour  coordonnée  c, 

i;  =  /,  =  |C"». 

Il  suffit  donc  de  prolonger  PiQi  de  !'='"  du  côté  de  Pi,  et  P2Qîde  i*^ 
du  côté  de  Qj  pour  avoir  les  points  A  et  B,  et,  par  suite,  la  droite  AB 

ou    P5Q,. 

La  graduation  (a^)  est  immédiatement  obtenue,  puisque  c'est  celle  même 
d'un  décimètre. 

Pour  obtenir  l'échelle  (ai),  remarquons  :  i"  qu'elle  est  linéaire;  1^  que 
nous  en  connaissons  trois  points,  Qi(i),  P|(io)  et  A  (00).  Donc,  suivant  ce 
qui  a  été  vu  au  n®  7,  si  nous  portons  surQiQj  une  échelle  régulière 
auxiliaire  (P),  ayant  son  point  i  au  point  Qi,  et  si  la  droite,  joignant  le 
point  10  de  (  p)  au  point  Pi,  coupe  en  S  la  parallèle  à  Qi  Qj,  menée  par  A, 
les  droites,  joignant  ce  point  S  aux  divers  points  de  (p),  donnent 
sur  PiQi  les  points  de  même  cote  de  («i). 

En  prenant  pour  (p)  une  graduation  de  décimètre  ayant  son  point  i 
en  Qi,  on  obtient  ainsi  le  centre  de  rayonnement  Si,  qui  a  servi  à  obtenir 
les  points  de  (ai)  cotés  de  10  à  5. 

Prenant  maintenant  pour  (P)  une  échelle  régulière  pour  laquelle  le 
module  est  égal  à  2*",  5,  on  voit  que  le  point  5  de  cette  échelle  tombe  au 
point  Qj.  Il  suffit  donc  de  joindre  le  point  Qj  au  point  5  de  (ai),  déjà 
obtenu,  pour  avoir  le  centre  de  rayonnement  Sj  correspondant.  Ce  centre 
a  donné  les  points  de  (ai)  cotés  de  5  à  3. 

Si,  enfin,  on  prend  pour  l'échelle  (P)  le  module  égal  à  5*",  son  point  3 
tombe  au  point  Qi.  Donc  la  droite  qui  joint  ce  point  Qs  au  point  3  de  (ai), 
déjà  obtenu,  donne  le  centre  de  rayonnement  S3.  Celui-ci  a  servi  à  déter- 
miner les  points  de  (ai)  cotés  de  3  à  i. 

Il  faut  remarquer  d'ailleurs  que  les  trois  échelles  (P)  dont  il  vient  d'être 
question  se  superposent,  à  la  graduation  près,  et  sont  données  toutes  trois 
par  simple  application  d'un  décimètre  le  long  de  QiQi- 

Quant  à  l'échelle  (as)  elle  s'obtiendra,  par  application  de  la  Remarque 
qui  termine  le  n**  60,  de  la  manière  suivante  : 

Les  droites  joignant  le  point  i  de  (ai),  c'est-à-dire  le  point  Qi,  aux 
divers  points  de  (aj),  passent  par  les  points  de  (aj),  de  même  cote  que  ces 
derniers.  Ainsi  ont  été  obtenus  les  points  de  (as)  cotés  de  i  à  10. 

Les  droites  joignant  le  point  1  de  (ai)  aux  divers  points  de  (a^)  passent 
par  les  points  de  (aj)  de  cote  double.  Ainsi  ont  été  obtenus  les  points 
de  (aj)  cotés  de  10  à  20. 


>. 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  I7I 

Les  droites  joignant  le  point  10  de  («i),  c'est-à-dire  le  point  Pj,  aii\ 
divers  points  de  («i),  passent  par  les  points  de  (23)  de  cote  décuple.  Ainsi 
ODt  été  obtenus  les  points  de  (aj)  cotés  de  20  à  100. 

a*   Huitième  type  d'abaque  de  multiplication  (*).   —    Ce   nouveau 
type  s^obtient  en  prenant,  dans  l'équation 

ai  «2  =  «3, 

pour  l'application  du  procédé  indiqué  au  n'*  72,  aj  et  «3  comme  variables 
indépendantes,  au  lieu  de  ai  et  a^;  mais,  afin  de  n'avoir  pas  à  changer  les 
indices  dans  les  formules  données  à  cet  endroit,  nous  écrirons  l'équation 
de  la  multiplication  sous  la  forme 

ou 

ai =  0. 

Les  formules  de  la  représentation  seront  donc  ici 

(«t)  M  =  /,ai, 

(«a)  V  =—  liOLi, 

(  a,  )  X  =  0  -. 

Faisons  varier  ai  de  i  à  10,  aj  de  i  à  100.  Ici,  les  graduations  (ai)  et  (aj) 
étant  de  sens  contraires,  on  prendra 

ai  =  i,  ^>i=io, 

aj  =  100,         ^j  =  I, 
ce  qui  donne 

as  =  100,         ^3  =  0,1 
et,  en  outre, 

/i(^i)— /i(«i)^  10—  ï  =9î 
/î(^î)— /î(ûr2}  =  — 1  -^100  =  99. 

Donc,  pour  que  les  deux  échelles  aient  la  même  longueur  L,  il  faut  que 

L  =  9^1  =  99^2- 
Prenons 

f  cm    , 

1   —    I       ,1 . 

Alors 

li-.o'"',i 

et 

Lr.9-,9. 


(»)  Corrélatif  du  second  type  (n"  23,  r). 


170  CHAPITRE   m. 

Pour  construire  le  support  PsQade  l'échelle  (as),  il  suffit  de  se  rappeler 
que  ce  support  se  confond  avec  l'axe  AB  des  origines. 
Or,  le  point  Pi  coté  10  a  pour  coordonnée  m, 


a  =  —  =  =  !«"» 


10         10 

et  le  point  Qj  coté  i  a  pour  coordonnée  v^ 

V  =  If  =  i 


cm 

fcm 


cm 


cm 


Il  suffit  donc  de  prolonger  PiQi  de  i*"*  du  côté  de  Pt,  et  PjQî  de  i 
du  côté  de  Qj  pour  avoir  les  points  A  et  B,  et,  par  suite,  la  droite  AB 
ou  PjQ,. 

La  graduation  (ai)  est  immédiatement  obtenue,  puisque  c'est  celle  même 
d'un  décimètre. 

Pour  obtenir  l'échelle  (ai),  remarquons  :  i**  qu'elle  est  linéaire;  2*  que 
nous  en  connaissons  trois  points,  Qi(i),  P|(io)  et  A  (00).  Donc,  suivant  ce 
qui  a  été  vu  au  n*  7,  si  nous  portons  surQiQ,  une  échelle  régulière 
auxiliaire  (P),  ayant  son  point  i  au  point  Qi,  et  si  la  droite,  joignant  le 
point  10  de  (p)  au  point  Pi,  coupe  en  S  la  parallèle  à  QiQs,  menée  par  A, 
les  droites,  joignant  ce  point  S  aux  divers  points  de  (p),  donnent 
sur  PiQi  les  points  de  même  cote  de  («i). 

En  prenant  pour  (^)  une  graduation  de  décimètre  ayant  son  point  i 
en  Qi,  on  obtient  ainsi  le  centre  de  rayonnement  Si,  qui  a  servi  à  obtenir 
les  points  de  (qti)  cotés  de  10  à  5. 

F*renant  maintenant  pour  (p)  une  échelle  régulière  pour  laquelle  le 
module  est  égal  à  ?/",5,  on  voit  que  le  point  5  de  cette  échelle  tombe  au 
point  Qj.  Il  suffit  donc  de  joindre  le  point  Qj  au  point  5  de  (cti),  déjà 
obtenu,  pour  avoir  le  centre  de  rayonnement  Sj  correspondant.  Ce  centre 
a  donné  les  points  de(ai)  cotes  de  5  à  3. 

Si,  enfin,  on  prend  pour  l'échelle  (p)  le  module  égal  à  5'=",  son  point  3 
tombe  au  point  Qj.  Donc  la  droite  qui  joint  ce  point  Qj  au  point  3  de  («i  ), 
déjà  obtenu,  donne  le  centre  de  rayonnement  S3.  Celui-ci  a  servi  à  déter- 
miner les  points  de  (ai)  cotés  de  3  à  i. 

Il  faut  remarquer  d'ailleurs  que  les  trois  échelles  (P)  dont  il  vient  d'être 
question  se  superposent,  à  la  graduation  près,  et  sont  données  toutes  trois 
par  simple  application  d'un  décimètre  le  long  de  Q1Q2. 

Quant  à  l'échelle  (ol^)  elle  s'obtiendra,  par  application  de  la  Remarque 
qui  termine  le  n"  60,  de  la  manière  suivante  : 

Les  droites  joignant  le  point  i  de  («i),  c'est-à-dire  le  point  Qi,  aux 
divers  points  de  («j),  passent  par  les  points  de  (as),  de  môme  cote  que  ces 
derniers.  Ainsi  ont  été  obtenus  les  points  de  (aj)  cotés  de  i  à  10. 

Les  droites  joignant  le  point  1  de  (ai)  aux  divers  points  de  (aj)  passent 
par  les  points  de  (aj)  de  cote  double.  Ainsi  ont  été  obtenus  les  points 
de  («3)  cotés  de  10  à  20. 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  I71 

Les  droites  joignant  le  point  10  de  (aj),  c'est-à-dire  le  point  P5,  aux 
divers  points  de  («i),  passent  par  les  points  de  («3)  de  cote  décuple.  Ainsi 
ont  été  obtenus  les  points  de  (aj)  cotés  de  9.0  à  100. 

T.*  Huitième  type  d^abaque  de  multiplication  (*).  —  Ce  nouveau 
type  s'obtient  en  prenant,  dans  Tcquation 

pour  l'application  du  procédé  indiqué  au  n"  72,  «t  et  0L3  comme  variables 
indépendantes,  au  lieu  de  ai  et  a^;  mais,  afin  de  n'avoir  pas  à  changer  les 
indices  dans  les  formules  données  à  cet  endroit,  nous  écrirons  l'équation 
de  la  multiplication  sous  la  forme 

«1 3t3  —  «î 

on 

tti =  0. 

Les  formules  de  la  représentation  seront  donc  ici 

i^i)  M  =  /iai, 

(3tj)  V  =—  /jaa, 

Faisons  varier  ai  de  i  à  10,  aj  de  i  à  100.  Ici,  les  graduations  (ai)  et  (22) 
étant  de  sens  contraires,  on  prendra 

ai  =  1,  ^1  =  10, 

aj  =  100,         ^2=1, 
ce  qui  donne 

«3  =  100,         h:i  =  0,1 
et,  en  outre, 

/i(6i)— /i^«t)^  10— I  ^9, 

/i(bi)—/i{aij  =  -'  I  -^- 100  =  99- 

Donc,  pour  que  les  deux  échelles  aient  la  même  longueur  L,  il  faut  que 

L  =  9^  =  99  ^2- 
Prenons 

Alors 

et 

1^-9'^'",  9. 


(•)  Corrélatif  du  second  type  (n"  23,  i'). 


i 


172 


CHAPITRE   III. 

La  formule  (x)  du  n**  73  donne  maintenant 

(0,011' -4- G,  l)  Cil  -H  O,  l)  III 


A  = 


=  —  =  1,12 
99 


et 


0,1 1(10  —  0,01) 

^/ï  =  i,oC.' 
Par  suite,  la  formule  (1)  du  môme  numéro  donne 

D  =  1,06  xo'^",  9  =  10'^»,  494. 

Nous  prendrons 

D  =  lo*''",  5. 

Il  est  dès  lors  facile  de  construire  le  parallélogramme  PiQiPsQi  dont 
les  côtes  PiPî  et  QtQi  sont  égaux  à   io*",5,  les  côtés  PiQt  et  PîQî 

à  9''",9(yî^.73)('). 

Kig.  y'^. 


B    ^ 


Le  point  Pi,  coté  i,  a  pour  coordonnée  f/, 

et  le  point  Qj,  coté  i,  a  pour  coordonnée  c, 

i'=  /j=  o'^'^ji. 

Cela  permet  de  marquer  les  origines  A  et  B  sur  les  axes,  et,  par  suite, 
dr  tracer  la  droite  AB  ou  P3Q3. 

Les  graduations  (ai)  et{a2)  s'obtiennent  immédiatement,  puisque  ce  sont 
<les  échelles  régulières  de  modules  m™™  et  i""". 


(')  Mémo  remarque  que  pour  \'d /ig.  72  (p.  1G9). 


fiQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  1  yS 

Une  fois  les  échelles  («i)  et  (aj)  construites,  l'échelle  (aa)  s'en  dcduit 
immédiatement  par  application  de  la  Remarque  qui  termine  le  n**  60. 

L.es  points  (aj)  de  o,i  à  lo  s'obtiennent  sur  P3Q3  au  moyen  des  droites 
qui  joignent  les  points  (ai),  de  cote  décuple,  au  point  (cti)  coté  10,  c'est- 
à-dire  au  point  Qi,  les  points  («3)  de  10  à  5o  au  moyen  des  droites  qui  joignent 
les  points  (as)  de  cote  double  au  point  (at)  coté  'Xy  les  points  (a^)  de  5o  à 
100  au  moyen  des  droites  qui  joignent  les  points  (aj  )  de  même  cote  au  point 
(S|)coté  I,  c'est-à-dire  au  point  Pi. 

3*  Abaque  de  la  correction  barométrique,  —  La  correction  e,  expri- 
mée en  millimètres,  qu'il  faut  retrancher  d'une  hauteur  barométrique  />, 
lue  en  millimètres  de  mercure,  pour  la  ramener  à  zéro,  la  température 
étant  de  /**  G.,  est  donnée  par  la  formule 

s  -=  0,00016/?/, 

que  nous  écrirons 

e 
0,00016/) =0, 

pour  que  le  dernier  type  d'abaque  de  multiplication  qui  vient  d'être  ex<i- 
miné  lui  soit  immédiatement  applicable. 
Posons  donc 

M  =  /,  X  0,000l6/>, 

i^  =  —  /i  e 
et  admettons  comme  limites  (*) 

pour/?:        ai  =  5oo,         />,  =  800, 

pour    e:  aj=r5,  /^^rrro, 

ce  qui  donne  pour  t 

a3  =  62,5,        ^.i  =  o 

et,  en  outre, 

/t(bi)  — /i(«i)  =  0,00016  X  3oo  =  0,048, 

.    /.{6«)-/i(«0=5. 

Si  donc  L  est  la  longueur  commune  des  échelles  nous  devrons  avoir 

o,oi8/i  =  5/2=  L. 
Prenons 

/___  <  cm 

Alors 

ccm 

et 

L  =  5'"^. 

Comme  ici  la  fonction /s (aj)  est  -  qui  pour  la  limite  ^3=0  devient  in- 


(')  Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes  [jour  i8yy,  p.  211 


1^4  CHAPITRE   III. 

iinie,  il  faut,  pour  avoir  A',  appliquer  la  formule  (2')  du  n*  73.  D*ailleurs, 
puisque 

7  "~  ê 

on  a,  pour  les  valeurs  limites  s  =  5,  />  =  5oo, 

-,              I        o.  non  16  X  5oo  ^ 

/3(«3)=-j  = 3 =0,016. 

Par  suite,  la  formule  (9/)  en  question  donne 

.        5xo,oir>  8  ^ 

A-  = ;     -  -T- 1  =  -  =  2,G()66. 

0,048  S 


iVoii 


el 


Nous  prendrons 


D  =  5'='°x  i,G3  =  8^"',i5. 
D  =  S'""». 


Construisons  donc  le  parallélogramme  P|  Qi  QjPj  (/ig-  74)  { 0  ayant  pour 
côtés  5  et  8'™. 

0  J2s.o 


tftf^   p, 


L'cchello  (£)est  immédiatement  construite  puisque,  vu  le  choix  de  /j, 
égal  à  1"",  clic  se  confond  avec  une  échelle  de  décimètre. 

L'échelle  (p)  est  une  échelle  régulière  dans  laquelle  les  points  Pi  et  Qi 
sont  cotes  respectivement  5oo  et  800;  elle  est  donc  aisée  à  construire,  el 
l'on  peut  aussi  facilement  marquer  son  origine,  point  coté  o,  qui,  jointe 
à  l'origine  Qj  de  l'échelle  (s),  donne  le  support  P3Q1  de  la  troisième 
échelle  (0- 

Le  point  coté  o  de  celte  dernière  échelle  se  confond  avec  le  point  Qj 
puisque  /  =  o  doit  donner  e  —  o  quelle  que  soit  la  pression  />,  et  son  point 


(')  Mùme  remarque  que  pour  Va  fi^.  72  (p.  i6()). 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  176 

coté  00  se  trouverait  sur  Pi  Qi,  puisque  de  môme  /  =  00  donne  e  =  ».  On 
peut  remarquer  maintenant  qu'on  a,  pour  ainsi  dire  sans  calcul, 

t  =  So"      avec  p  =  5oo,  e  =  4- 

Donc,  joignant  par  une  droite  le  point  (p)  cote  5oo,  ou  P|,  au  point  (e) 
colé  4»  on  obtient  sur  PsQi  le  point  (t)  coté  5o. 

L'échelle  (/)  est  linéaire;  on  en  connaît  trois  points  (^  =  o),  {t  =  co)  et 
(^  =  5o);  il  est  donc  facile  de  la  construire,  ainsi  qu'il  a  été  vu  au  n°  7, 
en  se  servant  de  l'échelle  (t)  dont  les  cotes  seraient  décuplées.  Tirant  la 
droite  qui  joint  le  point  coté  5o  de  cette  nouvelle  échelle,  c'est-à-dire  le 
point  Pj  au  point  (t)  coté  5o,  qui  vient  d'être  obtenu,  on  a,  sur  PiQi,  le 
centre  de  rayonnement.  Projetant  à  partir  de  ce  centre  les  points  (e) 
sur  PiQi,  en  décuplant  leurs  cotes,  on  obtient  les  points  (t). 

C.  —  Abaques  a  échelles  non  parallèles  (*). 

73.  Échelles  concourantes,  —  11  est  bon  toutefois  de  remar- 
quer qu'il  peut,  dans  certains  cas,  y  avoir  avantage  à  recourir  à 
d'autres  dispositions,  homographiquement  équivalentes  aux  pré- 
cédentes, mais  dont  la  théorie  peut  se  faire  directement  par  une 
voie  tout  élémentaire. 

Voyons,  par  exemple,  quel  genre  d'équation  on  peut  représen- 
ter par  Talignement  de  trois  points  A,  B,   C,  respectivement  pris 


sur  des  échelles  (a,),  («2),  (aj)  portées  par  deux  axes  Ox  et  Oy 
et  la  bissectrice  O5  de  leur  angle  (Jifr*  7»^)- 


(')  Pour  le  cas  de  trois  cchelics  linéaires  on  trouvera  plus  loin  (Ch.  VI,  II,  B) 
une  théorie  détaillée  des  équations  correspondantes. 


176  CHAPITRE   III. 

L'équation  de  la  droite  AB  rapportée  aux  axes  Ox  et  Oy  est, 
en  appelant  /,  et  /a  les  modules  des  échelles  (a,)  et  (ota), 

T  y 

-+-   ~-7r   =  I. 


Les    coordonnées   du    point  C,   en  appelant  /j  le  module  de 
Téchelle  (2^3),  w  l'angle  des  axes,  sont 

2  cos  — 
et  comme  ce  point  se  trouve  sur  la  droite  AB^  on  a 

.^  \lxfx        Itjt) 


Si  donc  ou  prend 


il  vient 


•>.  cos  — 


h  =  Ui         ^3  =  ?-^  cos  -  9 

•1 


I         1  __   I 


Telle  est  la  forme  de  Téqualion  représentée.  Il  suffit  de  poser 

i;^'"    z^'f''    i^*?" 

pour  retomber  sur  le  type  d'équation  du  n"  66,  ce  qui  devait  être, 
puisque  les  dispositions  d^abaque  correspondantes  sont  trans- 
formées homographiques  l'une  de  Fautre. 

On  peut  d'ailleurs  ramener  d'une  infinité  de  manières  à  la  forme 
actuelle  toute  équation  de  la  forme 

En  effet,  après  avoir  multiplié  les  deux  membres  de  celle-ci 
par  A'  et  leur  avoir  ajouté  2/1,  on  peut  l'écrire 

//  -h  Âçpi -h  h  -h  k^i=  îh  ■+-  A-©j 


ou 

I 


I 


1- 


/i-hk^i  /j-T-X:cpj  2/1 -h  ko^ 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT. 


Donc,  en  posant 


77 


on  est  ramené  à  la  forme  ci-dessus. 

Cela  permet,  lorsque,  entre  les  limites  considérées,  les  fonc- 
tions cpi,  cpa  et  (fz  varient  de  o  à  oo,  de  substituer  à  Tabaque  de  di- 
mensions infinies  que  donnerait  Temploi  d'échelles  parallèles  un 
abaque  de  dimensions  finies. 

76.  Exemples,  —  i°  Si  nous  prenons 

fi(^i)  =  0Li        (e  =  i,2,3), 
nous  obtenons  ainsi  une  représentation  fort  simple  de  Téquation 


I  I   __    I 

«1        aj       as 


qui  se  rencontre  fréquemment,  notamment  en  Physique  dans  la  théorie 
des  miroirs  et  lentilles  sphériques.  C'est  aussi  Téquation  qui  lie  les  mo- 
dules de  trois  échelles  à  supports  parallèles  (n°  66). 


2ir 


Si  Ton  prend  w  =  —  i/lg.  76),  on  a 


2C0S  -  =  2  COS  -x   =1, 

1  3 


Fig.  76. 


Ainsi  donc,  si  Von  coupe  par  une  transversale  quelconque  trois 
échelles  régulières  (aj),  (aj),  (aa)  de  même  module  portées  sur  les 
côtés  d'un  angle  de  120**  et  sur  sa  bissectrice  {le  point  coté  o  de 

M.  D'O.  12 


.78 


CHAPITRE    III. 


chacune  de  ces  échelles  se  trouvant  au  sommet  de  l'angle)^  on  a,  entre 
les  cotes  des  trois  points  alignés,  la  relation 


1 


I 


«j 


Avec  cette  disposition  des  axes  la  transversale  les  coupe  en  général  sous 


TT 


des  angles  trop  petits.  II  est  préférable  de  prendre  ta  =  --•  Dans  ce  cas 


•2C0S—  =  acos-  =  1^3. 
1  6 


D'ailleurs,  quel  que  soit  l'angle  a>,  la  graduation  de  la  bissectrice 
s'obtient,  en  projetant  celle  de  l'un  des  côtés  de  l'angle  parallèlement  à 
l'autre. 

A  titre  de  curiosité  on  peut  se  rendre  compte  de  la  façon  dont  cette 
disposition  d'abaque  peut  se  déduire  de  celle  que  nous  avait,  au  début, 
donné  l'emploi  des  coordonnées  parallèles  (n**  66). 

Pour  plus  de  simplicité  nous  prendrons  le  cas  où  eu  =  -^'-  La  marche 

serait  la  même  dans  le  cas  général. 

Les  formules  définissant  le  premier  abaque  montrent  que  l'équation  peut 
se  mettre  sous  la  forme 

/i     o     — I   I 

o      /,      —I    I  =0. 

A  U   — »  i 


Mulliplions-la  par  le  déterminant 

v/j     -Va 


Cela  nous  donne 


—  2 


—  '\ 


-8/3. 


/3/2-t-2         — /3/,-+-2 


'}. 


2 


d  on  les  équations 


••-  o, 


M  (2 

a  (2 


/,/3)H-i'(2--/,v/3)-Vt 

U-^V~    >,/j 


o, 
o. 


ÉQUATIONS  A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES    A    ALIGNEMENT. 

qui  définissent  respectivement  les  points 


'79 


X  = 


/.  v/3 


x-= 


'X 


X  =  o. 


Ces  points  reproduisent  la   seconde  disposition  de  l'abaque  lorsqu'on 
fait  coïncider  la  bissectrice  de  l'angle  des  supports,  qui  font  entre  eu\ 

Tanglc  -^f  avec  O^. 

2**  Soit  encore  Téquation 

sinai  sina2=  sinas 

qui  se  rencontre  dans  la  théorie  de  la  polarisation  elliptique.  Écrivons-la 

log  sinoti  -+■  log  sins]  ==  log  sinss. 

Lorsqu'un  angle  varie  de  o"  à  90°  son  logsin  varie  de  — 00  à  o.  Nous 
«sommes  ici  dans  le  cas  d'appliquer  la  remarque  qui  termine  le  n^'  75. 
Ecrivons  donc  cette  équation 

1  I  I 

I  "^  I  ~"  I  ' 


h  —  /i  logsin  ai  h  —  Xlogsina2  2/1  —  Xlogsinaj 

Posant,  en  appelant  /un  module  quelconque, 

/  / 


X  = 


h  —  /••  log  sinai 


r  = 


h  —  k  log  sinaj 


nous  aurons  sur  Ox  et  Oy  deux  échelles  (si)  et  (aj)  pareilles. 


l8o  CHAPITRE   III. 

Pour  avoir  l'échelle  (as)  il  sufût  de  remarquer  que  pour  ai  =  90®,  Téqua- 
tion  donne  «3=  a».  Cela  montre  que  l'échelle  (aj)  s'obtient  en  projetant, 
à  partir  du  point  (ai)  coté  90",  l'échelle  (aj)  sur  la  bissectrice  de  xOy. 

Avec  les  données  numériques  a: 0^  =  60",  /  =  6*",  A  =  i,  A:  =  10,  l'abaque 
obtenu  est  celui  de  la  Jig,  77,  réduction  de  celui  qui  a  été  construit  par  le 
capitaine  d'Artillerie  Lafay  en  vue  de  ses  recherches  sur  la  polarisation 
elliptique  (*). 

77.  Echelles  non  concourantes,  —  Soient,  main  tenant,  trois  ^ 
échelles  (a,),  (a2),  (as)  portées  par  trois  droites  non   concou- 
rantes, c'est-à-dire  formant  un  triangle  V^TW  {/ig.  78).  Voyons 

Fig.  78. 


quel  est  le  type  d'équation  représenté  par  l'alignement  de  trois 
points  pris  respectivement  sur  chacune  de  ces  échelles. 
Le  théorème  des  transversales  donne 


AV.BW.CU 


AW.BU.GV 

ou 

AV    BW  _  CV 

aW  BU  ~  eu' 

Puisque  la  position  de  chaque  point  sur  l'échelle  correspon- 
dante dépend  de  sa  cote,  on  peut  poser 

On  voit  ainsi  que  l'équation  représentée  est 

On  retombe  ainsi  sur  la  forme  du  n®  72,  ce  qui  devait  être. 


(')  Journal  de  Physique,  3*  série,  t.  IV,  p.  178;  1895. 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  l8l 

puisque  les  dispositions  d^abaque  correspondantes  sont  transfor- 
mées homographiques  Tune  de  Tautre. 

En  réduisant  les  fonctions  //(oci)  simplement  à  ûc/,  on  aurait  un 
abaque  de  multiplication  transformé  liomographique  du  huitième 
tjpe  ci-dessus  (n°  74,  2°).  Il  est  très  digne  de  remarque  que  ce 
type  d'abaque  a  été  proposé  jadis  par  Mobius  (*). 

Si  la  fonction  /j  varie  de  o  à  i ,  le  point  G  se  déplace  à  partir 
de  V  jusqu'à  l'infini  sur  le  prolongement  du  côté  UV.  Un  artifice 
bien  simple  permet  de  ramener  à  distance  finie  la  position  limite 
du  point  G.  Il  suffit,  en  effet,  d'écrire  l'équation 

et  de  poser 

""  âW  ^•^*'         ""  "BV  =  ^•^*'         CU  =  '^  '^' 
h  étant  une  constante  quelconque  inférieure  à  i. 

C'est  d'après  ce  principe  qu'a  été  construit  par  le  capitaine  Lafay,  tou- 

Fig.  79- 


'0  / 

\ 

JO^ 

T   10 

•0  v^ 

\^ 

•0  T^ 

nT   wo 

'0  f^ 

•V   20 

^-X. 

"^     \0 

f 

V         » 

» 

(0.3) 

30  M)  M  60  10  MM* 

•^-^  ^1 1  I  i  I   I    I    I     I     I     I     I      I     I    I   I  I 

jours  en  vue  des  recherches  physiques  dont  il  a  été  question  plus  haut, 

Tabaque  de  Téquation 

tangai  tangas=  sinocs 


(')  WerkCy  t.  IV,  p.  620.  C'est  à  robligcancc  de  M.  Mchmke  que  nous  devons 
cette  indication. 


l82  CHAPITRE    III. 

<Iont  la  fif;,  79  est  une  réduction.  Pour  cet   abaque  la  constante  h  a 

5 
él<^  prise  égale  à  -. 

b 


III.  —  Abaques  à  échelles  curvilignes. 
A.   —  Abaques  a  deux  échelles  rectilignes  parallèles 

ET    UWE    échelle    CURVILIGNE. 

78.  Type  des  équations  correspondantes,  —  Ces  équations 
sont  celles  de  la  forme 

où  ^3,  CD3  et  dij  ne  sont  pas  à  la  fois  linéaires,  sans  quoi  Ton  serait 
ramené  au  cas  précédent. 

Il  suffit,  pour  les  représenter,  de  poser 

(xs)  ^  — Il  fil 

ce  qui  donne 

(«3)0  7-/3-^-   7-<P3H-4'3  =  0 

Les  points  définis  par  cette  équation  sont  distribués  sur  une 
certaine  courbe  dont  Téquation  en  u  ti  v  s'obtiendrait  en  élimi- 
nant as  entre  l'équation  (a3)o  et  sa  dérivée  prise  par  rapport  à  aj  ; 
mais  il  est  tout  aussi  facile  de  former  l'équation  cartésienne  de  ce 
support.  En  effet,  en  appelant  toujours  0  la  demi-distance  des 
origines  A  et  B,  on  a 

(«3)  x  —  ti-j-^ -r^9        y=i f-y* 

et  l'équation  cartésienne  du  support  de  (ol^)  s'obtient  par  l'élimi- 
nation de  as  entre  ces  deux  dernières  équations. 

On  n'aura  d'ailleurs  généralement  pas  besoin  de  connaître  la 
nature  géométrique  de  ce  support  curviligne,  chaque  point  (as) 
étant  construit  individuellement.  On  aura  souvent  avantage  à 
effectuer  cette  construction  suivant  le  mode  signalé  dans  la  Re- 
marque du  n°  60  en  se  servant  des  échelles  (a,)  et  (a2)  préalable- 
ment construites. 


ÉQUATIONS   A   TROIS  VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  l83 

Il  sera  toujours  bon  de  faire  en  sorte  que  les  points  (as)  se 
trouvent  entre  les  axes  parallèles,  ce  qui  exige  que  dans  Téqua- 
tion(aj)o  les  coefficients  de  w  et  ç'  soient  de  même  signe. 

Si  cette  circonstance  ne  subsistait  pas  dans  tout  Tintervalle  con- 
sidéré on  aurait  recours  à  un  fractionnement  avec  changement  de 
signe  sur  l'un  des  axes.  On  en  trouvera  plus  loin  un  exemple 
(n«83). 

L'élude  de  la  variation  de  l'angle  sous  lequel  l'index  rencontre 
Téchelle  (aj)  ne  saurait  se  faire  avec  la  même  simplicité  que  dans 
le  cas  où  le  support  de  cette  échelle  élait  rectiligne  (n**  73). 

Mais  il  arrive  souvent  dans  les  applications  que  l'arc  de  courbe 
sur  lequel  est  distribuée  l'échelle  (as)  diffère  peu  de  sa  corde.  On 
peut  alors  appliquer  la  règle  donnée  à  l'endroit  cité  comme  si  le 
support  curviligne  se  confondait  avec  cette  corde. 

79.  Premier  exemple  :  Abaque  de  l'équation  du  second  degré  ('). 
—  La  présente  méthode  est  de  celles  dont  les  applications  sont  le  plus 
fréquentes  dans  la  pratique.  Nous  croyons  donc  utile  de  nous  étendre  avec 
quelque  détail  sur  plusieurs  de  celles-ci. 

Soit,  en  premier  lieu,  l'équation  du  second  degré 

Pour  obtenir  son  abaque,  posons 

(/>)  u  =  lxp, 

(9)  i^  =  liq, 

ce  qui  donne  pour  (z) 

^^)o  liliZ^-h  liZU-h  liV  =  o 

0°)  en  appelant  toujours  2Z  la  distance  AB  des  origines, 

iz\                          ^      :?  Ix  —  ljZ                   —lil^z^ 
'  07  =  0- —    .     j         y=    . j-^' 

*l —r*  l^Z  '1  H~  l^Z 

Les  échelles  (/>)  et  (q)  étant  régulières,  il  n'y  a  pas  lieu  de  s'y  arrêter. 
Pour  l'échelle  (z),  remarquons  d'abord  que,  d'après  l'expression  de  ar, 
celte  échelle  projetée  sur  AB  parallèlement  aux  axes  Ai^  et  Bp  donne  une 

(')  C'est  précisément  à  l'occasioa  de  celte  application  et  de  la  suivante  (équation 
Irinome  du  troisième  degré)  que  nous  avons,  dans  notre  Mémoire  O.l,  fait  con- 
naître le  principe  de  la  méthode  des  points  alignés. 


l84  CHAPITRE   III. 

échelle  linéaire  ayant  son  point  coté  o  en  B  et  son  point  coté  oo  en  A.  Il 
est  très  facile  de  construire  celte  échelle  soit  comme  transformée  d'une 
échelle  régulière  (n**  7),  soit  comme  dérivée  d'un  étalon  segmentaire,  si 
l'on  a  pris  pour  AB  la  longueur  de  cet  étalon  {Remarque  finale  du  n*  7). 

Si  d'ailleurs  /f  =  /j,  cette  échelle  se  confond  avec  l'étalon  segmentaire 
même. 

Pour  achever  de  déterminer  les  points  (z)y  il  suffit  de  remarquer  que, 
pour  V  =  o,  l'équation  (^)o  donne 

w  =  —  /,;?, 

ce  qui  montre  que  la  droite  joignant  le  point  B  au  point  («)  coupe 
l'axe  Xu  au  point  de  r échelle  (p)  dont  la  cote  est  égale  à^  —     -J^ 

Donc,  en  coupant  le  faisceau  des  droites  qui  unissent  le  point  B  aux 
points  (p)  par  les  parallèles  aux  axes  menées  par  les  points  de  l'échelle 
linéaire  construite  sur  AB,  on  obtient  l'échelle  curviligne  {z)  (^),  dont  le 
support  est  une  hyperbole  facile  à  déterminer. 

Transportons,  en  effet,  l'origine  des  axes  cartésiens  du  milieu  O  de  AB 
au  point  B.  Les  coordonnées  du  point  (z)  deviennent 

—  9.  L  ÙZ  —  /i  /•  5* 

Elles  montrent  immédiatement  :  i**  qu'à  l'origine  B  la  tangente  est  l'axe 
des  x,  c'est-à-dire  AB;  2°  que  l'axe  Att(a:  =  — S)  est  asymptote,  pour 

>3  =  00. 

II  suffit  d'ailleurs  de  construire  la  portion  de  l'hyperbole  correspondant 
aux  valeurs  positives  de  z,  et  qui  est  tout  entière  comprise  entre  les  axes 
A  M  et  Bt».  Cela  revient  à  ne  construire  l'abaque  que  pour  les  racines  posi- 
tives de  l'équation  (K).  Ses  racines  négatives  sont  données,  en  valeur  ab- 
solue, par  les  racines  positives  de  la  transformée  en  — z  qui  se  déduit  de 
la  précédente  par  le  simple  changement  de  p  en  — />. 

On  n'a  d'ailleurs  besoin  le  plus  souvent,  dans  les  applications,  que  des 
racines  positives. 

En  prenant  /,  =  /,  ^  6"",  5,  on  obtient  ainsi  la  courbe  Cj  dela^î^.  8o(*). 


(')  On  a  déjà  indiqué,  au  n»  65,  une  construction  de  cette  échelle  {fig-  59), 
dans  le  cas  où  /,  —  l^. 

(2)  Les  relations  fondamentales  entre  les  racines  z^  et  z^  de  Téquatioa  et  ses 
coefficients  p  et  7,  savoir 

montrent  que  l'abaque  constitué  par  les  axes  A  m  et  B  t^  et  la  courbe  Cj  peut  servir 
d'abaque  d'addition  et  de  multiplication,  la  droite  joignant  les  points  cotés  -z,  et 
Z2  de  la  courbe  Cj  coupant  l'axe  \u  au  point  coté  p  et  l'axe  Bv  au  point  coté  g. 
De  môme,  la  droite,  joignant  le  point  {z)  coté  z^  au  point  (/>)  coté  —as,,  passe 
par  le  point  {q)  cote  z]. 


ÉQUATIONS  A   TROIS  VARIABLES.    ABAQUES    A    ALIGNEMENT. 


85 


80.  Cas  particuliers  divers,  —  Pour  les  applications  où  interviennent 
des  équations  du  second  degré,  ou  dispose  de  l\  et  de  /],  de  façon  à  donner 
aux  échelles  parallèles,  entre  leurs  limites  respectives^  des  longueurs  égales 

ou  à  peu  près. 

Fig.  80. 


-:  4 

"î  2 

-.  1 


•AQ^ 


e 


-1 

-2 
-3 

-5 

-e 
-7 
-« 
-9 
-10 


1"  Épaisseur   des   lentilles  plan-convexes.  —   Soit,    par   exemple, 
réquation 

^  =e{iK  —  c) 
4 
ou 

e*—  iKe  H r  =  o, 


4 


qui  lie  Tépaisseur  e,  le  rayon  de  courbure  R  et  le  diamètre  d  d'une  len- 
tille plan-convexe. 

L'abaque  correspondant,  pour  ef,  variant  de  ao'^'^à  100'°°,  et  R  de  100 


mm 


i86 


CBAPIIHE  ni. 


à  Soo"".  a  été  constrait  n  )  en  posant 

«   —  «!,-' 

4 


i  -— 2R/, 


avec  /j  =  o"".  I.  /j  —  o*",  5. 

La  y?^.  8i  donne  une  réduction  de  cet  abaque.  On  voit  qu*ici  la  portion 


Fig.  8i. 


(')  A  la  demande  de  M.  Carpcntier,  le  constructeur  bien  connu  d'instrument 
de  précision. 


fiQUATïONS   A    TROIS   VARUBLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  187 

Utile  de  l'hyperbole  se  confond  très  sensiblement  avec  sa.  corde,  et,  par 
suite,  qu'en  se  servant  de  celle-ci  au  lieu  de  la  courbe  entre  les  droites 
joignant  les  points  limites  des  échelles  parallèles,  on  pourrait,  en  vue  do 
la  meilleure  disposition  de  l'abaque,  appliquer  ce  qui  a  été  dit  à  propos 
des  abaques  constitués  par  trois  échelles  rectilignes  dont  deu\  parallèles 
(n°73). 

2*  Volume  du  ballast.  —  Le  demi-profil  du  ballast  d'une  voie  de  chc- 
min  de  fer  est  un  trapèze-rectangle  ayant  un  côté  incliné  à  |.  Si  donc  h 
est  la  largeur  en  plate-forme  de  ce  demi-profil,  h  la  hauteur  du  ballast, 
le  volume  par  mètre  courant,  abstraction  faite  des  traverses,  est  donné 
par 

Ici,  l'inconnue  étant  toujours  V,  on  fait  en  sorte  que  l'échelle  corres- 
pondante soit  située  entre  les  deux  autres.  Il  suffit,  pour  cela,  de  poser 

u=  lib,        V  =  /jV. 

\a^  fig,  82  donne  une  réduction  de  l'abaque  qui  a  été  ainsi  établi  pour 
le  service  de  la  construction  de  la  Compagnie  des  Chemins  de  fer  do 
l'Ouest  avec 

/,  =  25"»,         /s  =16' 


ïcm 


On  voit  qu'ici  encore  la  portion  utile  de  l'hyperbole  portant  la  gra- 
duation (A)  se  confond  très  sensiblement  avec  sa  corde. 

Pour  tenir  compte  des  traverses,  il  suffit  de  retrancher  de  la  lecture  V 
une  constante  t  représentant  le  volume  occupé  par  les  traverses  sur  un 
mètre  courant.  On  peut  éviter  cette  soustraction  en  dessinant  sur  le  trans- 
parent qui  porte  l'index,  un  demi-cercle  de  rayon  l%t  ayant  son  centre  G 
surPindex  (i).  Appliquant  alors  le  transparent  sur  l'abaque,  de  façon  que 
le  point  O  se  trouve  sur  l'axe  des  p  et  la  demi-circonférence  (/)  du  côté 
des  V  décroissants  par  rapport  à  O,  on  voit  que  le  volume  V  demandé 
sera  donné  par  la  cote  du  point  de  l'échelle  (V)  qui  se  trouvera  sous  le 
cercle  (t). 

On  peut  même  tracer  ainsi  plusieurs  cercles  (0  correspondant  aux  di- 
vers types  de  traverses  employés. 

Sur  \di  Jig,  82,  la  position  de  Tindex  marquée  en  pointillé  montre  que. 
pour  b  =  3", 4,  h  =  o^jSo,  on  a  V=  i"«,8. 

81.  Second  exemple  :  Abaque  de  V équation  trinôme  du  troisième 
degré  (*).  —  Reprenons  maintenant  l'équation  trinôme  du  troisième 
degré  déjà  envisagée  au  n**  23  (2"),  soit 

(E)  -s'h-/?^ -+- <7  =  o. 


(')  Uq  tel  artifice  avait  été  déjà  employé  par  M.  Lallemand  pour  un  autre 
abaque  (d«  137). 
(')  Voir  le  renvoi,  p.  i83. 


i88 
Posons 


CHAPITRE    III. 


U  =  lipy 


3?2. 


3.3-- 


3>  -  -^ 


3.5-- 

(6)         + 
3.6 


3.7 


3.8 


3.9 


*.0 


Fig.  Sa. 


ir*!. 


I.î^r 


l.Srr 


l>-:r 


1,5-;: 


i.e-:;- 


i.T-ir 


(V)        ^r 


'>^' 


US-rr-*-^ 


-c. 


2.0^: 


2.1-- 


2.2 -:r 


2.3-:?- 


2>r- 


2.S-:r 


2.6rr 


?.7-i:. 


0.* 


0. 


Il  vient  alors,  pour  (z), 


(  -  }o 


/i  /2  -3^  -f-  /a  ^  w  -l-  ^1 1^  =  o, 


ÉQUATIONS  A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT. 

OU,  en  appelant  toujours  20  la  distance  AB  des  origines, 


189 


(^) 


a?  =  0 


y 


Les  échelles  (p)  et  (q)  ci-dessus  sont  les  mêmes  que  celles  de  l'abaque 
de  l'équation  du  second  degré  (n°  79).  Pour  la  troisième,  l'expression  de  cv 
est  aussi  la  même  que  dans  le  cas  du  second  degré.  Autrement  dit,  la  pro- 
jection de  Téchelle  (z)  faite  sur  l'axe  AB  parallèlement  à  Ai^  et  Bp  set  la 
même. 

Nous  avons  vu  au  numéro  précédent  comment  on  pouvait  construire 
cette  échelle  projetée. 

Nous  allons  maintenant  faire  voir  comment,  pour  une  valeur  quelconque 
de  z,  on  peut  passer  du  point  M  projeté  sur  AB  au  point />  correspondant 
de  Tcchelle  curviligne  (z)  {Jlff,  83).  Rendons-nous  compte  pour  cela  de 
la  nature  du  support  Z  de  cette  échelle. 


Aoo 


L*équation  en  a  et  p  de  la  courbe  Z,  obtenue  en  exprimant  que  l'équa- 
tion (z)o  a  une  racine  double  (n**  57),  est 

4/|  w'-H  27/5^*=  o. 

C'est  donc  une  courbe  de  la  troisième  classe.  D'ailleurs  les  expres- 
sions (z)  de  X  et  y  montrent  que  la  courbe  Z,  unicursale,  est  également 
da  troisième  ordre.  C'est  donc  ce  que  Salmon  a  appelé  une  cubique  cus- 
pidale  (^),  c'est-à-dire  une  cubique  unicursale  douée  d'un  point  d'inflexion 
et  d'un  point  de  rebroussement.  Il  est  d'ailleurs  très  facile  de  vérifier  que 
le  point  d'inflexion  se  confond  avec  le  point  B  où  la  tangente  est  AB  et 


O  Courbes  planes,  traduction  Chemin,  p.  186. 


190  CHAPITRE   III. 

le  point  de  rebroussement  avec  le  point  situé  à  l'infini  sur  la  partie  néga- 
tive de  Taxe  A. a,  cet  axe  constituant  lui-même  la  tangente  en  ce  point. 

Si,  en  effet,  on  transporte  Torigine  du  milieu  O  de  AB  au  point  B,  les 
coordonnées  du  point  M  coté  z  deviennent 

^  /i-+-  ItZ  ^         /,H-  l^z 

Elles  montrent  que,  à  l'origine  B,  la  tangente  est  Bâ?,  puisque,  pour  x 
tendant  vers  o,  lim  —  =  o. 

En  outre,  y^  négatif  pour  z  très  petit  et  positif,  devient  positif  pour  z 
très  petit  et  négatif,  d'où  résulte  que  la  courbe  est  située  de  part  et 
d'autre  de  sa  tangente  en  B,  c'est-à-dire  que  ce  point  B  est  un  point 
d'inflexion. 

Pour  5  =  Lh  X,  a?  =  —  20,  ^  =  —  x>,  ce  qui  montre  que  Taxe  A  a  est 
une  a<îymptote  de  rebroussement  pour  la  branche  de  courbe  située  du 
côté  des/  négatifs. 

Les  tangentes  au  point  d'inflexion  B  et  au  point  de  rebroussement  R« 
se  coupant  au  point  A,  le  théorème  général  sur  la  constructioïk  point  par 
point  des  cubiques  cuspidales  que  nous  avons  fait  connaître  (*)  montre 
<]nc  : 

Si  Von  joint  le  point  A  au  point  de  rencontre  K  de  la  droite  BP  et 
de  la  symétrique  de  PM  par  rapport  à  Oy^  la  droite  AK  et  Vor^ 
donnée  PM  se  coupent  sur  une  droite  fixe  issue  de  B. 

La  vérification  de  ce  théorème  est  d'ailleurs  bien  aisée  avec  le  dernier 
choix  d'axes  de  coordonnées  qui  vient  d'être  fait,  c'est-à-dire  avec  Tori- 
«^ine  au  point  B. 

Les  coordonnées  du  point  K,  immédiatement  déduites  de  celles  de  P, 
sont,  en  effet, 

—  'lU^  ~nz^ 

ll-h  liZ  '^  lx-\- liZ 

ce  qui  donne  pour  équation  de  la  droite  AK 

i^l%y  =  —  /f -s(ar-|-  28). 
La  première  des  formules  {z)'  qui  donne  Vx  du  point  H  peut  s'écrire 

IxX  —  —  liZ{x  -\-  1^), 


{^)  N.  A.,  3' série,  t.  XI,  p.  386,  el  t.  XII,  p.  345.  Dans  la  première  de  ces  deux 
Notes,  p.  388,  2*  ligne,  au  lieu  de  «  par  le  point  T  »,  il  faut  «  par  le  point  I  ». 
La  démonstration  ne  laissait  d'ailleurs  aucun  doute  au  sujet  de  cette  faute  d'im- 
pression. 

Un  autre  théorème  donné  dans  cette  mème-Notc  (p.  391)  montre  {fig.  83)  que 
si  la  parallèle  à  BP  menée  par  A  coupe  PM  en  N,  il  suffit  de  prolonger  AN 
de  la  moitié  NT  de  sa  longueur  pour  obtenir  la  tangente  PT  à  la  courbe  Z 
en  P. 


ÉQUATIONS  A   TROIS  VARIABLES.    ABAQUES   A  AUGNEXENT.  IQI 

Divisant  membre  à  membre  les  deu\  dernières  égalités,  on  a 

équation  qui  montre  que  le  lieu  du  point  II   est  la  droite  BH   coupant 
l'axe  ku  (x  —  —  28)  au  point  C  défini  par 

n 

En  amenant  le  point  P  au  point  S  sur  Oy^  on  voit  que  BC  passe  parce 
point.  Ayant  donc  marqué  sur  Ai^  le  point  G  ainsi  défini,  on  obtiendra  le 
point  P  coté  z,  connaissant  sa  projection  M  sur  AB  de  la  façon  suivante  : 

On  mène  par  M  la  parallèle  MP  aux  axes  qui  coupe  BC  en  H,  e/, 
*«/•  la  droite  AH,  on  prend  le  symétrique  K  du  point  H  par  rapport 
(m  point  de  rencontre  I  avec  Oy,  La  droite  BK  coupe  MH  au  point  P 
cherché. 

Hemarquons  d'ailleurs,  comme  dans  le  cas  du  second  degré,  que  les 
racines  négatives  de  l'équation  (E)  pouvant  être  obtenues,  en  valeur 
absolue,  comme  racines  positives  de  la  transformée  en  —  ;;,  qui  se  déduit 
<l€  l'équation  donnée  par  le  simple  changement  de  ^  en  —  </,  il  n'y  a  lieu 
*'e  considérer  que  les  valeurs  positives  de  -s,  auxquelles  correspondent 
des  points  situés  entre  les  axes  A  a  et  B  y. 

l^'ailleurs  les  équations  du  troisième  degré  qui  se  rencontrent  dans  les 
applications  n'ont  généralement  qu'une  racine  positive,  et  c'est  la  seule 
*^<*nt  on  ait  besoin. 

Rappelons,  en  outre,  que,  si  Zq  est  une  racine  de  l'équation 

^^9  est  une  racine  de  l'équation 

^^  qui  permet  d'étendre  l'usage  de  l'abaque  au   delà  des  limites   de  ses 
^'chelles. 
Soit,  par  exemple,  l'équation 

z^  —  '2105  —  9000  =  o, 

^'ii  se  rencontre  dans  le  Mémoire  de  M.  Gorrieri  cité  ci-après.  Remar- 
<luant  que  cette  équation  peut  s'écrire 

— 1  — 3 

-5'  —  10x2, 15  — 10x9  =  0, 

'*n  tend  l'index  entre  le  point  (/?)  coté  —  2,1  et  le  point  {q)  coté  —  9,  ce 
I^JÎ  donne  le  point  {z)  coté  2,4^.  On  a  donc 

z  —  24,2. 


192  CHAPITRE   III. 

82.  Cas  particuliers  divers.  —  La  répartition  des  tôles  de  semelles 
dans  les  grandes  poutres  de  pont,  en  vue  d'assurer  un  travail  à  peu  près 
constant  du  métal  dans  toute  l'étendue  de  la  poutre,  exige,  pour  être 
opérée  avec  exactitude,  la  résolution  d'équations  trinômes  du  troisième 
degré. 

Dans  son  Traité  de  la  stabilité  des  constructions  (*),  M.  J.  Pillet 
applique  à  cet  usage  l'abaque  qui  vient  d'être  décrit  avec  les  données  parti- 
culières que  voici  : 

L'équation  étant  écrite 

-3' — pz  —  ç  =  o, 

Tabaque  est  fractionné  pour  la  valeur  çr  =  o,  1. 
La  première  partie  de  l'abaque  est  définie  par 


la  seconde  par 


u^p><    So*""  (de  o  à  0,45), 
(;  =  ^  X  200*^"  (  de  o  à  o,  i) ; 

u  =p  X  5o*"  (de  o  à  o,45), 
ç  =z  q  X  20^  (de  o  à  1,1 5). 


On  voit  que  les  deux  échelles  (p)  coïncident.  Quant  à  la  première 
échelle  (^),  elle  coïncide  avec  la  seconde  lorsqu'on  décuple  ses  cotes.  On 
peut  donc  se  contenter  de  marquer  Tune  des  deux.  Les  deux  échelles  (z) 
correspondantes  sont  portées  par  deux  arcs  de  courbe  distincts. 

L'auteur  a  d'ailleurs  soin  de  faire  observer  que  l'usage  de  l'abaque 
s'étend  au  delà  des  limites  de  ses  échelles,  grâce  à  l'emploi  des  multiplica- 
teurs correspondants  rappelé  ci-dessus. 

De  même  le  calcul  de  la  hauteur  des  poutres  dans  les  travées  associées 
dépend  d'équations  trinômes  du  troisième  degré  de  la  forme 

,        X  M    _ 

où  X  représente  la  composante  normale  de  la  résultante  de  toutes  les 
forces  qui  précèdent  la  section  considérée,  M  le  moment  de  cette  résul- 
tante par  rapport  au  centre  de  gravité  de  cette  section,  R  la  limite  de  la 
charge  permanente  par  unité  de  surface,  a  et  a'  des  coefGcients  qui 
dépendent  de  la  forme  de  la  section. 

Pour  les  diverses  formes  usuelles  de  section  (bois  et  fer),  M.  D.  Gor- 
rieri  a  fait  l'application  du  type  d'abaque  ci-dessus  à  l'équation  cubique 

X 

correspondante  (*),  en  prenant  comme  variables  indépendantes/?  =  — ^, 


(')  Paris,  1895.  {Voir  p.  194  de  cet  Ouvrage.) 

(2)  Calcolo  dellc  sezioni  resistenti  per  le  travi  assoggettate  etc,  {Bullettino 
del  CoUegio  degli  Jngegneri  ed  Architetti  in  Bologna;  1896). 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ALIGNEMENT.  IqS 

M  ,  I     •     .  •  I    •  X  M 

q  =  -7^  pour  les  poutres  en  bois  a  section  rectangulaire,/;  ~  k'  7  ~  "o 

pour  les  divers  types  usuels  de  poutres  en  fer,  distingués  chacun  par  des 
valeurs  particulières  attribuées  à  a  et  a'. 

Les  onze  abaques  ainsi  construits  sont  tous  fractionnés  en  trois  pour 
rëchelle  (/?). 

Il  ny  a  pas  lieu  ici  de  faire  varier  z  d'une  manière  continue  :  il  suffit  de 
marquer  les  points  correspondant  aux  valeurs  de  z  qui  se  rencontrent 
«lans  les  types  de  fers  du  commerce,  et  de  prendre,  pour  chaque  couple 
de  valeurs  de/>  et  de  ç,  la  cote  du  point  (;;)  situé  immédiatement  au- 
dessus  de  la  position  de  l'index  joignant  les  points  (/?)  et  (^).  C'est  d'ail- 
leurs ce  que  Tauteur  a  eu  soin  de  faire. 

83.  Troisième  exemple  :  Abaque  de  l' équation  lie  Kepler  (*).  — 
L'équation  de  Kepler  qui  lie  à  l'anomalie  moyenne  \l  l'anomalie  excen- 
trique a  d'une  planète  circulant  dans  une  orbite  d'excentricité  e  est 

a  —  e  sina  —  ^, 

OL  et  \L  étant  exprimées  en  parties  du  rayon.  Ces  variables  prennent  donc 
toutes  les  valeurs  de  o  à  ar  =  6,2832.  Quant  à  la  variabfe  e,  elle  reste 
comprise  entre  o  et  0,4* 

Remarquons  en  outre  que  les  anomalies  a  et  jjl  sont  ensemble  inférieures 
ou  supérieures  à  lu. 

Pour  représenter  l'équation  posons 

<  jjl)  u  ^  /,  fX, 

(e)  V  -  lie. 

Il  vient  dès  lors  pour  (a) 
(a)o  /,MH- /, sinat^  — /i/^a  =  o 

ou 

^/,  sina  — /i  liliT. 


/i sina -4-/*  "         /|Sina-f-/2 

Remarquons  que  tant  que  a  est  inférieure  à  ir,  or  est,  en  valeur  absolue, 
inférieur  à  o,  demi-distance  des  origines,  c'est-à-dire  que  le  point  (a) 
correspondant  est  entre  les  axes  Xu  et  ]^v. 

Pour  a  supérieure  à  t:,  ce  point  serait  en  dehors  des  axes.  Fractionnons 
donc  l'abaque  à  partir  de  cette  valeur  de  a,  ou,  puisque  nous  venons  de 
remarquer  que   a  et   fx  sont  ensemble  inférieures  ou  supérieures  à  t:,  à 


D  0.11. 


'> 


M.  D'O.  '-^ 


\ 


194  CHAPITRE   III. 

partir  de  [Ji  =  it,  pour  changer  le  sens  croissant  des  fx  sur  Au.  Gela 
revient,  en  désignant  par  a'  et  jjl'  des  valeurs  de  a  et  [x  supérieures  à  tz, 
à  prendre  pour  [i' 

(fx')  w  =  /,(2ir-ix'), 

en  conservant  l'équation  (e). 
Il  vient  alors  pour  (a')  ^ 

(ol')o  —  fiti-h  liSinoi'v  -+■  /j/j(2  7:  —  a')  =  o 

ou 

,    ,,  ^/,sina'-h/,  — /,/,(9-r  —  a') 

(  «  )  .r  =  0  7 — ; — ; j- ,  y  =  — j — -. — -, -, 

^     ^  /isina— /î  •^  /iSina'— /, 

On  voit  immédiatement  que  le  point  (a')  coïncide  avec  le  point  (a), 
dont  la  cote  est  liée  à  la  sienne  par  la  relation 

a  —  27:  —  a'. 

Il  suffit  donc  de  construire  les  points  (a)  pour  a  <  ir  et  d'inscrire  à 
côté  de  chacun  d'eux  la  cote  itz  —  a,  en  outre  de  la  cote  a,  pour  avoir  du 
même  coup  les  points  (a').  On  pourra  d'ailleurs,  pour  plus  de  commodité, 
inscrire  ces  cotes  en  degrés. 

Pour  que  l'échelle  ((jl)  (qui,  comme  on  vient  de  voir,  revient  sur  elle- 
même  à  partir  du  point  coté  iz)  et  l'échelle  (e)  eussent  même  longueur,  il 
faudrait  avoir 

TT /j  =  Oj4  /s 
ou 

3,1410/1  — o,î/î, 

d'où 

/î=7,85/,. 

On  aurait  donc  des  échelles  sensiblement  de  même  longueur  en  pre- 
nant /,  =  8/i.  Sur  l'abaque  de  la  Jig,  S\  empruntée  au  Mémoire  O.ll, 
on  a  pris  /j  =  10 /j,  ce  qui  donne  les  formules 

(il)  W  =  /,  |JL, 

(c)  i'^io/ie, 

,    .  ^  sina  — 10  10/1  a 

(a)  X  =  0  ~.      -         y  y  —  -. 

sina  -h  10  *'         sin  a  -1-  10 

Pour  obtenir  le  degré  de  précision  requis  par  l'Astronomie  moderne,  il 
faudrait  évidemment  adopter  une  valeur  de  Ix  qui  rendrait  l'emploi  de 
l'abaque  peu  pratique. 


ÉQUATIONS  A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT. 


jgj 


Urk  st  l>aque  construit  avec  /|  =  5o"™,  ce  qui  lui  donne  un  e  hauteur  de  '20 
)umîit  aisément  l'approximation  du  demi-degré  (*). 
Sur    celui  de  la  /iff.  84,  on  a  pris  /j  =  10™". 

Fig.  84. 


cm 


dL  » 


■•.1 


Cet  exemple  particulier  va  encore  nous  permettre  de  faire  voir  comment 
on  peut,  avec  une  écheUe  curviligne,  déterminer  l'écartemenl  des  axes  en 
vue  de  rendre  aussi  grand  que  possible  le  minimum  de  l'angle  de  l'index 
avec  les  échelles. 

Il  suffit  de  jeter  les  yeux  sur  la  /l^.  84  pour  voir  que  ce  minimum  est 
donné  par  l'angle  de  la  droite  qui  joint  le  point  (fx)  coté  o  au  point  (e) 
coté 0,4,  avec  la  tangente  à  la  courbe  qui  porte  l'échelle  (a)  au  point 
coté  0. 

Pour  calculer  cet  angle,  transportons  l'origine  en  ce  dernier  point. 

Les  coordonnées  du  point  (a)  deviennent  alors,  si  l'on  pose  /i=  kli, 


•20  sinot 


X  = 


d'où 


sma 


J' 


y  = 

y.  —  ^^'^ 

X        28  sina 


sina 


V 


Le  coefficient  angulaire  m\  de  la  tangente  à  l'origine,  limite  de  ^  lorsque 
a  tend  vers  zéro  est  donc  donné  par 


X 


nti  =  - 


o ,  5  kli 


a 


(')  Un  tel  abaque  peut  encore  rendre  des  services  aux  astronomes  en  leur 
fournissant  pour  rapplication  des  méthodes  d'approximation  usitées  pour  la 
résolution  de  l'équation  de  Kepler,  telles  que  celle  de  Gauss  (Baillaud,  Cours 
d'AstronomiCf  t.  II,  p.  g^)»  une  valeur  très  sensiblement  approchée  qui  dis- 
pense de  tout  tâtonnement. 


196  CHAPITRE  III. 

Celui  de  la  droite  qui  joint  la  nouvelle  origine  au  point  (e)  coté  0,4» 
dont  les  coordonnées  sont 

X  —  20,        y  ~  o,4^^i< 
est  donné  par 

mj  —  —    ^ —  —  -   -^ — . 

xù  0 

La  tangente  z  de  l'angle  que  font  ces  deux  droites  est,  par  suite,  donnée 
par 

0  o,3A7,o 


o.ïkUl        0»      o,iA:W} 
I  -4-  -    ■  ^-—  - 

0* 

Cherchons  le  maximum  de  t. 
l/cquation  ci-dessus  peut  s'écrire 

TO*   -  o,3A7|0  -î-  0,1  A*t/}  =  o. 

Pour  que  ses  racines  o  soient  réelles,  il  faut  que 

o,«9X*/î  — o,4A-«':«/î^o 
ou 

40 

Le  maximum  de  t.  indépendant  de  A,  ce  qui  est  digne  de  remarque,  est 
donc  donné  par 

valeur  qui  correspond  à  un  angle  de  25"'2-2'3o'.  Pour  cette  valeur  de    •:, 
on  a 

-—  — '—   -    —  o,3i6aVi. 


IN 

0 


I/ccarlement  -xo  des  axes  devra  donc^  dans  cette  hypothèse,  être  pris 
égal  ù  o,63-2A:/i. 

La  disposition  des  échelles  étant  ainsi  arrêtée,  nous  allons  indiquer 
comment  une  construction  très  simple  permet  de  déduire  l'échelle  cur\i- 
ligne  (a)  de  l'échelle  rectiligne(jji),  elle-même  très  aisée  à  obtenir,  puisque 
c'est  une  échelle  régulière. 

Supposons  d'abord  pour  cela  que  nous  ayons  inscrit  (au  crayon,  dr 
façon  à  pouvoir  les  faire  disparaître)  les  cotes  des  points  (fx)  en  degrés. 

Si  nous  prenons  comme  axes  de  coordonnées  BA  {x  jposilifs)  et  Br 
(y  positifs),  les  coordonnées  du  point  P  coté  a  (Jiff,  85)  sont 

2ô/j  ^l'î^ 

jT  =■ —  >         y  ~  •     - • 

/iSina-r-/x  *^        /|Sina-:-/j 


ÉQUATIONS  A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUBS   A   ALIGNEMENT.  197 

La  droite  BP  a  donc  pour  équation 

V       /i» 
ar  ~"   28 

et,  par  suite,  le  point  M(j?  =  •>.8),  pour  ordonnée 

c'est-à-dire  que  le  point  M  est  celui  dont  la  cote,  sur  l'échelle  (fx),  est 
égale  à  celle  du  point  P. 

En  d'autres  termes  : 

JJéchelle  curviligne  {ol) projetée  à  partir  du  point  B  sur  Au  donne 
précisément  l'échelle  ((a),  les  cotes  étant  conservées  de  l'une  à  l'autre. 

F'ig.  85. 


M' 

Ap; 

»l^ 

hàr^^^---^,.^^ 

M 

A^ 

A  9 


Il  suffit  donc,  pour  avoir  l'échelle  (a),  de  connaître  sa  projection  faite 

sur  AB  parallèlement  k  Au,  Cette  projection  est  donnée  par  l'expression 

de  X  ci-dessus 

28/, 


X 


/i  sina  -+-  /, 


Pour  construire  l'échelle  ainsi  obtenue,  il  suffit  de  poser 

sina  =  tj 

ce  qui,  moyennant  l'usage  d'une  table  des  sinus  naturels,  ramène  cette 
construction  à  celle  de  l'échelle  linéaire 


X  = 


28/, 


ht-\-U 


Cette  dernière  exige  simplement  la  détermination  directe  de  trois  points 
(n»7). 

Or  on  a  immédiatement 


pour  a  =  0, 

^  =  0, 

a:  =  28  (point  A), 

7C 

»      a  =  - , 
2 

t-l, 

28/, 

X  —  -, r' 

7C 

"     ""6' 

t-l, 

•2 

X  =   7 ,-  • 

Ces  trois  points  permettent  de  construire  l'échelle  demandée  dont  on 


igS  CHAPITRE    III. 

n'a  d'ailleurs  besoin  qu'entre  ^  =  o  et  /  =  i,  et  que  nous  désignerons  par 

(t)j  bien  qu'elle  soit  cotée  au  moyen  des  valeurs  de  a. 

Il  faut  remarquer,  en  outre,  que  pour  deux  valeurs  supplémentaires  de 

a,  on  a  sur  AB  le  même  point  Q. 
Finalement,  la  construction  de  l'échelle  X  se  réduit  à  ceci  : 
La  parallèle  aux  axes  menée  par  le  point  Q  de  l'échelle  {t)  coté 

a  coupe  les  droites  qui  unissent  le  point  B  aux  points  de  l'échelle 

(|i)  cotés  a  et  T.  —  a,  en  des  points  qui  sont  les  points  cotés  a  et  t:  —  a 

de  r échelle  (a). 

B.  —  Abaques  a  trois  échelles  curvilignes. 

84.  Second  abaque  du  fruit  intérieur  des  murs  de  soutènement,  — 
Tout  ce  qui  a  été  dit  des  abaques  à  trois  systèmes  de  droites  quelconques 
(n**  47  et  suiv.)  peut  être  transporté  corrélativement  du  domaine  ponctuel 
déûni  par  les  coordonnées  cartésiennes  au  domaine  tangentiel  défini  par 
les  coordonnées  parallèles. 

Un  exemple  suffira  pour  le  bien  faire  comprendre. 

Reprenons  Téquation  du  n**  Si 

/        /\j.«      //           Ni.       (i  — /)(i-h  20) 
(i-+-/)/i«— /(i4-  p)h  —  ' '\^ ^  =0, 

relative  au  calcul  du  fruit  intérieur  des  murs  de  soutènement. 

Nous  aurons  sa  représentation  au  moyen  de  points  alignés  en  changeant 
simplement  x  et  y  en  u  tl  v  dans  les  équations  (/),  (/?),  {h)  du  n®  51,  ce 
qui  donne 

(/)  2(/2— i)m-^3/(/-4-i)v  — /(/  — i)  =  o, 

(/?)  2(2/?  H-  |)W-^  3(/?  -T-  l)y  —  (/?  -f-  l)(2/?  -h  l)  =  O, 

{h)  hu-\-v  —  A«  =  o. 

Ce  sont  trois  systèmes  du  second  degré,  et  les  deux  premiers  ont  pour 
support  une  même  conique,  de  même  que  les  systèmes  de  droites  dont  ils 
sont  les  corrélatifs  avaient  pour  enveloppe  une  même  conique.  Les  cotes 
l  et  p  d'un  même  point  de  cette  conique,  considéré  successivement  comme 
appartenant  à  l'un  puis  à  l'autre,  sont  d'ailleurs  liées  par  l'équation 

/?(/-f- 1)  -+-  I  =  o. 

Si  l'on  construit  les  trois  systèmes  ci-dessus,  on  obtient  la  disposition 
représentée  par  la  fi^,  86,  corrélative  de  celle  que  montre  la  yî^,  47. 

Nous  avons,  à  la  fin  du  n'^  51,  fait  ressortir  le»  défauts  de  cette  dernière. 
Ceux  qu'offre  la  disposition  de  la  Jîg^.  86  ne  sont  pas  moins  sensibles.  On 
voit,  en  effet,  que  les  droites  joignant  deux  à  deux  les  divers  points  des 
échelles  (/>)  et  (/),  prises  dans  leurs  parties  utiles,  coupent  cette  dernière 
sous  un  angle  très  petit.  Pour  remédier  à  ce  défaut,  nous  allons  appliquer 


•    ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  I99 

ici  la  transformalion  homographique  exposée  au  n*^  60,  qui  renvoie  pour 

les  formules  au  n°  49. 

Fig.  86. 


Faisant  varier  /  et />  de  ^  à  i,  proposons-nous  de  faire  en  sorte  que  le 
quadrangle  limite  formé  par  les  points 


soit  le  rectangle  des  points 


1='-, 


p  =  y 


I 


u  =  o, 


M  =  I, 


V  —  I 


V  =  O, 


Tunité  de  longueur  étant  d'ailleurs  prise  égale  au  demi-écartement  des 
axes. 

Nous  référant  aux  notations  du  n°  49,  posons 

G(/>)  =-■  X/î-+-  fX?î-+-  v4/,, 

et  de  même  avec  les  accents  prime  et  seconde.  Les  fonctions  //,  (p/,  ^i 
étant  ici 

*       /î=4/>-H2,        9j=3/>~3,  t|;,  =  — 2/?»— 3/?  — I, 

A=h,  <P8=I»  4^3  = —  A», 


QOO  CHAPITRE   III. 

nous  avons 

H(/)       ca    -3iJL  — v)/î-f-(i[x-+-v)/  — aX, 
G{p)      — -iv/?»    -(4X  H-3fx  — 3v)/?-t-*2X-h3ui— V, 

K(//  )  -   —  V  A» -u  X /j  -H  jji, 

et  les  équations  des  points  (/),  (/?),  (/*)  s'écrivent 

(/),  H(l)u   -4-  U'(/)v  -+-  H'(/)  =o, 

(/>)i  0(y?)M-G'(/>)t'--G*(/>)  =o, 

(/i),  K(h)u  ^K'{/i)v-^K'{h)  =0. 

Les  conditions  imposées  au  quadrangle  limite  donnent  donc  les  relations 

(I)  H'(i)--ro,  (-Jt)  H'(i)  =  o, 

Ci)  G(i)-^o.  (6»  G'(i)^G'(i)  =  o, 

(7,  o(i)-.o,  (8)  ^'(.;)  =  ^-" 

Les  équations  (3)  et  (7)  développées  sont 


d'où 

(9) 


X- 

JL     — 

V 

r-r 

«, 

8X 

91^ 

6v 

0, 

X 
3 

--  9. 

. 

V 
1 

Les  équations  (1)  vX  ('\  )  sont 

II'  —  o, 

6  X'  —  9  jji'  —  v'  —  o, 


d'où 


"\  /  /  I 


(10) 

I  o  () 

ïiCs  équations  (  -i  )  et  (  8  )  sont 

|i'  -  o, 

SX"     -qu"—  Gv'rr  o, 

d'où 

Knfin  les  équations  (  p  et  (G)  sont 

6X — Q»i     -  V  -<- OX"    -  () 'jl"  -  v' —  o, 

r^   a'   -  v'    -   X'      -   ijl"  —  v'^o 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ALIGNEMENT.  9.01 

OU,  en  tirant  les  X  et  les  [jl  en  fonction  des  v  des  équations  (9),  (lo)  et  (ii), 


d'où 


lOV-h   V     =  o, 
iov'-u3v''=o, 


v'  v' 


Prenons 


—  I        — 3        10 

V  —  —  '2,         v'  =  —  G,         v"  =  9.0. 

Les  équations  (9),  (10),  (11)  nous  donnent  alors 

Xr^  —  r»,         X'  =  — I,         X''=i5, 

Portant  ces  valeurs  dans  les  expressions  des  II,  G  et  K  écrites  plus 
haut,  nous  avons 

H'(/)     -2(/-l)(2/-l), 

H'(/)  =io(/-i)(/-f-3), 

G{p)    =2(/?  — I)(2/?  — I), 

G'(p)  =9.(2/? -h  0(3/> -+-•>.), 
G'ip)  =  -—  10(2/?  —  l)(2/?  -h  I), 

K(/i)    -2(A-i)(A  — 2), 
K'(^)  ^  h(6h  —  i). 
K'ifi)  -r_5^(4A-3), 

d'où  enfin,  pour  les  équations  des  systèmes  (/),  (p)  et  (A), 

(/),  (/-+-2)(/-^3)a-f-(/  — 0(2/  — i)p-+-.')(/--i)(/-4-3)  =  o, 

(Ph     (/>  — 0(2/ï  —  l)W-f-(2/>-^l)(3/?-h2)P—  '5(2/?  — l)(2/>-4-l)  =  0, 

(A),  2(A  — i)(A  — 2)M-hA(6/i  — 1)4^  — 5A(4A  — 3)  =  o. 

Voyons  comment  on  peut  construire  ces  divers  systèmes  qui  constituent 
des  échelles  curvilignes  (Jiff^  87). 

Échelle  (/).  —  On  a  immédiatement  les  points  cotés  i  et  o,5,  qui  sont, 
d*après  la  détermination  même  qui  vient  d'être  faite, 

(1)  w  =  o,        c'est-à-dire        37  =  — i,        y  t=  o, 

(o,5)  .  «=1,  »  37=  — i,        y  =  i; 

puis  les  points  cotés  — 2  et  —  3  : 

i  —  1)  ^=  Il        c'est-à-dire         ar—  i,  y=  1, 

(  —  3 )  V  ^o,  »  X  —  i^  y  —  o; 


202 

CHAPITRE   m. 

enfin  le  point  coté  oc 

(oc)            W -f- 2i>  -r-  5  =  o, 

G  est-a-dirc        j?  =  -, 

5 

y-      3 

L*échellc  curviligne  (/),  projetée  successivement  de  chaque  point  ( —  a  ) 
et  (  —  3)  sur  une  parallèle  à  la  droite  joignant  ce  point  au  point  («), 


Kig.  87. 


0,5- 


0,6- 


0.H 


U) 


o.eH 


0;9- 


a  re- 


donne une  échelle  régulière,  et,  comme  on  connaît  les  points  (i)  et  (o,5) 
de  ces  échelles  régulières,  la  construction  en  est  des  plus  aisées. 

Échelle  (/?).  —  Les  quatre  points  (/)  cotés  (i),  (o,5),  ( — a)  et  ( — 3) 

sont  les  points  (/>)  cotés  ( —  o,5),  (  —  T  )'  ('^  ^'  (^>5)»  ^"  vertu  de  ] 

marque  faite  au  début  de  ce  numéro,  qui  se  vérifie  d'ailleurs  sur  Téqua- 
tion  {p)t' 
Quant  au  point  (oc),  il  est  ici 

I  ^ 

u  -\-  Sv  —  10  =  o,         c'est-à-dire        a?  =  ->        y  =  -. 

La  construction   sera  la  même  que  pour  l'échelle  (/),  les  centres  de 
rayonnement  étant  ici 

(-0,5)  [ou  (/  =  !)],        et     (-'0  [ou(/  =  o,5)]. 
Echelle  (h).  —  Pour  l'échelle  (/i),  on  a  tout  de  suite  les  points 


(I) 
(■>) 

(o) 

(D 

(00) 


(;  =  I,         c'est-à-dire 

II  c  =  25,  » 

U  =  o,  M 


iii-h'iiv  =  Oy 


u-T-'iv  —  10  =  o, 


X    —      ly 

r=  I. 

X     =      I, 

25 

ar  —  I, 

r  =  o, 

8 
i3 

r  =  o, 

I 

5 

a:  —  - 


>'  =  r 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  2o3 

Oji  voit  que  les  points  (h)  cotés  o,   i  et  oo  coïncident  respectivement 

avec  les  points  (/>)  cotés >  i  et  oc. 

D'ailleurs,  l'équation  donnée  montre  que,  quel  que  soit  A,  pour  /=  i, 
€-»n   a 

p  —  %h  —  I. 

Oonc  les  droites  joignant  le  point  (/),  coté  i  aux  divers  points  (/t), 
passent  par  les  points  (/>)  cotés  ih  —  i,  ce  qui  simplifîe  grandement  la 
construction  de  l'échelle  (A),  puisque,  à  une  simple  modification  des  cotes 

près,  l'un  des  faisceaux  qui  ont  servi  à  obtenir  l'échelle  (/?)  sert  également 

pour  l'échelle  (A). 


rv.  —  Application  de  la  méthode  des  points  alignés 
à  la  représentation  de  lois  empiriques. 

80.  Abaque  de  la  vitesse  d'un  train  remorqué  par  une  loco- 
motive de  type  connu,  —  Lorsque  trois  variables  sont  liées 
entre  elles  par  une  loi  qui  n'est  connue  qu'empiriquement,  on 
peut  toujours,  comme  nous  l'avons  vu,  en  faire  la  représentation 
au  moyen  d'un  abaque  cartésien  (n®16).  La  méthode  des  points 
alignés  exigeant  que  l'équation  représentée  offre  certains  carac- 
tères fonctionnels,  très  généraux,  il  est  vrai,  on  est  en  droit  de  se 
demander  si  elle  pourra  également  se  prêter  à  la  représentation  de 
lois  empiriques  à  trois  variables. 

La  meilleure  façon  de  répondre  à  la  question  est  de  donner 
quelques  exemples  d'une  telle  représentation. 

£n  premier  lieu,  il  se  peut  que  Tempirisme  de  la  loi  n'intervienne  que 
dans  la  détermination  d'une  fonction  de  Tune  des  variables,  liée  aux  autres 
variables  par  une  formule  mathématiquement  déterminée. 

C'est  le  cals  pour  une  formule,  traduite  en  abaque  à  points  alignés,  par 
M.  M.  Beghin,  ingénieur  de  la  C*  des  chemins  de  fer  départementaux  ('). 

Soient  : 

M  et  R^  le  poids  et  la  résistance  par  tonne  de  la  machine; 
T  et  Rf  les  inômes  quantités  pour  le  train  remorqué; 
r  la  rampe  diî  la  voie  en  millimétrés, 
E  l'effort  de  lia  machine. 


V)  A.  P.  cl,  livraison  d'octobre  1H93,  p.  .j'|8. 


ao4  CHAPITRE   III. 

On  a,  entre  ces  quantités,  la  relation 

E=  M(R;„-4-r)-4-T(R,-<-r). 

Pour  une  machine  donnée,  M  est  une  constante;  quant  à  E,  Rm  et  R/, 
ce  sont  des  fonctions  empiriques  de  la  vitesse  V.  L'équation  ci-dessus  lie 
donc  en  réalité  les  trois  variables  r,  T  et  V. 

Remarquons  qu'elle  peut  s'écrire 

E  —  M(R,„  -  R,)  =  (T  -f.  M)  (R,  -h  r). 

Si  l'on  pose 

E-M(R,„-R,)-F(V), 

R/-*(V), 

T-f-M  =  P, 

P  étant  le  poids  total  du  train,  qui  peut  être  pris  comme  variable  indé- 
pendante au  lieu  de  T,  elle  devient 

F(V;  =  P[*(V)-^/'] 
ou 

/• p— -^*(Vj  =  o. 

Sous  cette  forme,  et  regardant  les  variables  r,  P  et  V  comme  «i,  «$ 
et  Œj,  on  voit  immédiatement  qu'elle  rentre  dans  le  type  du  n**  78.  Il  suffit 
donc,  pour  la  représenter,  de  poser 

(  /'  )  //  =  /,  r, 

ce  qui  donne 

(V)  /jM -h /jFCNOi' H- /,/,*(¥)  =  o. 

Les  échelles  (r)  et  (  P),  respectivement  portées  par  les  ax3s  A  a  et  Bc, 

sont  faciles  à  construire.    L'échelle   curviligne  (V)   peut  également  cire 

ronstruile  lorsqu'on  connaît  empiriquement  F(V)  et  *(  V),  clesl-à-dire  un 

tableau,  sous  forme  numérique  ou  sous  forme   graphique  (p***  9  ou  12), 

dos  valeurs  de  ces  fonctions  correspondant  à  diverses  valeilirs  de  V.  Au 

surplus,  si  les  vitesses  extrêmes  entre  lesquelles  on  applique  la  formule 

ne  sont  pas  très  éloignées,  la  fonction  4>(  V)  varie  peu  dans  1  intervalle,  et 

(*n    représentant    par  k  sa   valeur  sensiblement  constante 

les  points  (V)  sont  distribués  sur  la  droite,  dont  les  coord 

Icles  sont 

u  -~  /ik,         V  —  o. 


on    voit    que 
)nnées  parai- 


Mais  M.  Beghin  a  fait  la  remarque  que,  à  défaut  même  de  la  détermi- 
nation empirique  des  fonctions  F  et  *,  l'échelle  (V)  pouvait  être  con- 
struite  lorsqu'on  disposait   d'un    tableau   d'essais.   En   effet,  prenant   des 


ÉQUATIONS   A   TROIS  VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT. 


20.J 


couples  de  valeurs  de  r  et  de  P  correspondant  à  une  même  vitesse  V,  on 
n'a  qu'à  unir  par  des  droites  Jes  points  cotés,- au  moyen  de  ces  valeurs  sur 


s- 


00 
00 

te 


l- 

S- 

l 

5- 

s 

i 
I- 

s 

5- 


3 
1 

S 


I 

i 

I 
s 
t 


9 

cr 

k 

e 


«r» 


é  ^ 


B 
9 


-B 


E     J 


les  échelles  (/•)  et  (P).  Ces  droites  devront  passer  par  le  point  cote  au 
moyen  de  la  valeur  de  V  considérée.  Cette  façon  de  procéder  est  confornir 
âla  Remarque  faile  à  la  fin  du  n''  60.  Elle  a  en  outre,  ici,  l'avantage  de  per- 


2o6  CHAPITRE   III. 

mettre  de  rectifier  des  erreurs  d'expérience,  attendu  que  toutes  les  droites 
répondant  au  cas  où  V  a  la  valeur  donnée  doivent  passer  par  un  même 
point. 

La  fig,  88  reproduit  Tabaque  de  M.  Beghin,  construit  avec  les  modules 
/j  =  1 1™,  /,  =  /i"",  pour  la  machine  de  25  tonnes  des  chemins  de  fer  corses. 

La  position  de  l'index  tracée  en  pointillé,  correspond  à  l'exemple  numé- 
rique /•  =  10°*",  T  =^  70'''  ou  P  =  95^,  pour  lequel  on  a  V  =  32^". 

86.  Abaques  du  tir  de  siège.  —  Dans  l'exemple  précédent,  il  s'agissait 
<rune  équation  ayant  mathématiquement  la  forme  requise  pour  l'applica- 
tion de  la  méthode  des  points  alignés,  mais  dans  laquelle  l'une  des  variables 
entrait  sous  des  signes  fonctionnels  qui  n'étaient  définis  qu'empiriquement, 
n  arrivera  plus  souvent  que  la  loi  unissant  trois  variables  ne  se  présentera 
pas  sous  la  forme  d'une  équation  remplissant  une  telle  condition,  mais 
que,  au  degré  d'approximation  requis  par  la  pratique,  on  pourra  l'y 
amener.  Voici  un  exemple  remarquable  de  ce  cas,  que  nous  empruntons  à 
un  intéressant  travail  du  lieutenant  d'artillerie  Lafay  (<)  (aujourd'hui  ca- 
pitaine). 

La  charge  C  d'un  canon  dépend  de  la  vitesse  initiale  V  qu'on  veut  im- 
primer au  projectile,  et  celle-ci  est  fonction  de  la  portée  P  et  de  ce  que 
les  artilleurs  appellent  Vangle  tabulaire  4>. 

Il  s'agit  donc,  pour  déterminer  la  charge  G  ou,  ce  qui  revient  au  même, 
la  vitesse  V,  de  construire  un  abaque  donnant  V  lorsque  P  et  4»  sont 
connus. 

Ayant  remarqué  que,  pour  de  petites  valeurs  de  4>,  la  relation  qui  unit 
ces  quantités  peut  prendre  la  forme 

sin2cï>-./(V)F(P), 

où  y  et  F  sont  des  fonctions  connues  empiriquement,  on  est  conduit,  pour 
chercher  à  étendre  celte  formule,  à  de  plus  grandes  valeurs  de  4>,  après 
avoir  gradué  les  axes  cartésiens  Ox  et  Oy  suivant  les  lois 

a-=:/F(P), 
^  —  /  sin  'A<ï>, 

à  marquer  sur  le  quadrillage  ainsi  obtenu  les  points  correspondant  à  des 
<:ouples  de  valeurs  de  P  et  de  *  donnant,  d'après  l'expérience,  une  même 
valeur  de  V  et  à  unir,  pour  chaque  valeur  de  V,  ces  divers  points  par  une 
ligne  {fig.  89). 

Cette  ligne  passe  par  l'origine  et  reste  d'abord  presque  confondue  avec 
sa  tangente  en  ce  point,  ce  qui  explique  que,  pour  les  petites  valeurs  de  4>, 


(')  lievue  d'Artillerie,  octobre  1H95. 

Le  colonel  Lan{,'ensliolil,  de  rartillerie  russe,  a  étendu   aux  mortiers  de  côte  le 
travail  que  le  lieutenant  Lafay  avait  réalise  pour  noire  canon  de  i55  long. 


I 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES    A   ALIGNEMENT. 


207 


ia  formule  ci-dessus  est  sensiblement  exacte.  Mais  elle  ne  tarde  pas  à  s'en 
écarter.  Pourtant,  si  Ton  ne  considère  que  sa  portion  MN  correspondant 
aux  valeurs  pratiques  de  la  portée  ( 2000 1  P  i^  ^ooo  pour  le  mortier,  par 
exemple),  on  reconnaît  que  Tare  ainsi  limité  diffère  peu  d'une  droite  qui, 
prolongée  de  part  et  d'autre,  est  dessinée  en  trait  mixte  sur  la  figure. 

Fig.  89. 


On  peut,  avec  une  approximation  suffisante,  substituer,  entre  les  limites 
considérées,  cette  droite,  à  la  courbe  donnée  par  l'expérience,  et  cela  pour 
toutes  les  valeurs  pratiques  de  V.  L'abaque  défini  en  coordonnées  carté- 
siennes peut,  des  lors,  être  transformé   en   un   abaque   à   points  alip^nés 
rn«59). 

C'est  ainsi  qu'a  été  obtenu  Tabaque  dressé  par  M.  Lafay,  dont  \di/ig.  90 
est  une  réduction. 

A  l'échelle  de  l'angle  tabulaire  a  été  accolée  celle  de  la  hausse  corres- 
pondante, à  l'échelle  de  la  \itessc  initiale  celle  de  la  charge  pratique. 

Nous  nous  sommes  borné,  pour  les  besoins  de  notre  exposé,  à  extraire 
du  travail  très  intéressant  de  M.  Lafay  l'exemple  précédent,  mais  ce  sa- 
vant officier  a^  traité  de  même  les  divers  calculs  que  soulève  le  tir  «le»* 
pièces  de  siège  et  a  réuni  tous  les  abaques  correspondants  sur  une  même 
planche  de  34*"™  sur  38*",  des  lettres  de  référence  indiquant  la  façon  dont 
les  diverses  échelles  doivent  être  associées. 

Cette  possibilité  de  réunir  les  divers  abaques  dans  les  limites  d'un  cadre 
«Hroit,  par  juxtaposition  de  leurs  échelles  respectives,  est  un  avantage  sé- 
rieux à  Tactif  des  méthodes  qui  n'utilisent  que  des  systèmes  de  points 
cotés. 

87.  Abaque  des  consommations  i/téorlques  d'une  machine  à  vapeur. 
—  Voici  enfin  un  cas  bien  remarquable,  traité  par  M.  Râteau,  ingénieur  au 
Corps  des  Mines  (*),  où,  comme  on  va  voir,  l'emploi  de  la  méthode  des 
points  alignés  a  permis  non  seulement  de  représenter  une  relation  empi- 


('  )  Annales  des  Mines,  février  iS()-. 


1^ 


Sil 


-  '      il 


« 


fiQDATIONS  A   TROIS  VARIABLES.   ABAQUES   A   ALIGNBMBHT. 

rique  unissant  irois  variables,  mais  encore  de  mettre  en  évidence 


:  loi 


physique  qui  n'avait  pas  été  soupçonnée  jusque-là. 

Li  consommation  théorique  K  dune  machine  à  vapeur  dépend  des  pres- 
sions P  (amont)  et  p  (aval)  entre  lesquelles  elle  fonctionne.  K  s'exprime 
d'ailleurs  en  kilogrammes  par  cheval-heure,  P  et />  en  kilogrammes  par 

centimètre  carré. 

Kig.  gi. 


l'encellenle  idée  de  construire  les 
quadrillage  logarithmique  (')dé- 


(')  Les  exemples  analogues  sont  tellement  frëque 
ne  saurait  d'une  manrùre  générale  trop  recommande 
aux  physiciens.  Il  existe  d'ailleu 
drille  logaritbmiquement,  ainsi 
Nous  tenons,  à  ce  propos,  à  rapporter  que  le  profcssi 


LS  dans  la  pratique  qu'on 
ce  mode  de  représentation 
:  commerce,  du  papier  qua- 
n-  28(noic(i)delap.63). 
rC.-V.  Boys,  dont,  en  mai 


■Sg6,  nous  visitions  le  laboratoire  du  Collcge  de  Science  à  Londres,   r 

avoir  systématiquement  recours  à  ce  mode  de  représenUlioo  qui,  dans  un  grand 

DOinbre  de  cas,  lui  avait  éié  du  plus  utile  secours. 

M.  D'O.  'i 


210  CHAPITRE   III.     • 

fini  par 

et  il  a  ainsi  constaté,  au  degré  d'approximation  permis  par  Texpérience, 
que  ces  lignes  (K)  se  confondaient  avec  des  droites  (/ig.  91).  C'était  un 
premier  point  déjà  intéressant;  il  en  résultait  que  l'équation  unissant  les 
variables  K,/?  et  P  est  de  la  forme 

/(K)log/? -+- c?(K)  log  P  4- i^K)  =  o. 

Mais  lorsqu'on  jette  les  yeux  sur  la  Ji^,  91,  il  ne  parait  guère  facile  de 
reconnaître  si  les  droites  obtenues  sont  ou  non  concourantes,  vu  que  leur 
point  de  concours,  s'il  existe,  se  trouve  fort  éloigné  des  limites  du  dessin. 
Afin  d'en  décider  M.  Râteau  a  eu  recours  à  la  transformation  de  cet 
abaque  à  droites  entrecroisées  en  un  abaque  à  points  alignés,  suivant  le 
mode  indiqué  au  n*  59  (*),  ce  qui  lui  a  donné  \^  Jig,  9a. 

On  voit  ainsi  que  les  points  cotés  (K)  viennent,  dans  les  limites  au 
moins  de  l'expérience,  se  disposer  en  ligne  droite,  d'où  l'on  doit  conclure 
que  les  fonctions/,  çp  et  <}/,  précédemment  laissées  arbitraires,  sont  linéaires 
par  rapport  à  une  même  fonction  y  de  K.  On  a  donc 

f  =  a  -i-by. 
^--a'-hb'y, 

et  l'équation  encore  inconnue  que  représente  l'abaque  doit  être  de  la  forme 

(a -h  by^)  log/?-h(a'  -h  i'/JlogP  -i- a"  -{-  b" y  =  o. 

Pour  avoir  la  représentation  de  cette  équation  en  points  alignés,  en 
plaçant  les  points  (K)  entre  les  a\os  parallèles  A  a  et  Bi^,  on  pose 

//  —  /  ^^?iPi         ^  =  —  ^  log  P, 

/  étant  un  module  quelconque,  ce  qui  donne 

{a-hby)u  —  {a'  ^  b' y)  v -^  l  {a"  -^  b"  yj  =  0. 

L'ordonnée  du  point  que  définit  cette  équation  est 

-l{a''-ï-b''y) 

-^  ~    (a  —  a')  H-  ( b  —ly)yj 

et,  par  suite,  la  formule  qui  définit  réchcllc  (K)  sur  son  support, 

-r(a-^b"y) 


w  =  — 


{(i  —  a'  )  -\-  {b  —  b'  )y 


(  ')  Il  faut  observer  qu'on  est  ici  dans  un  cas  où  s'appli(|uc  la  première  remarque 
de  la  note  au  bas  de  la  p.  i3o.  C'est  pourquoi  les  sens  croissants  des  échelles  (P) 
et  {]))  sur  \^  fig.  <)J  se  trouvent  inverses  l'un  de  l'autre. 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  211 

/'  étant  le  module  dont  la  projection  sur  la  direction  des  axes  Xu  et  Bv 
est  égale  à  /. 


o 

r 

o 


gUiQ  jvd  toujui«j6o|i>|  u8  cf9n\o9<\w  |«Av  uoia*»dj 


I    I    I    I   I  [  I  I  I  I 

o 


I    I   I  I  [  I  I  I  r  j  1 1  ir|    I    I   I  I  >  I  »  I  I  I   I    I    I    I  [ 
o*  o*         o'       o*     o    o    o*    ^  J" 


se 


•  »jnoM 


f«^a^O 


j^d   ••^^'''* 


,,  ,  oo«,----^ 


o 


<o 


a  s    ^     fO     r^       <D        <0  *  n  c« 

I    ■    ■     '     ■      I  ■  I   ■    I    I    I    I     t     I     I  t  I   I   I    ■    i    I     l    I     I  ■  '  ■  ■  I  ■   ■   »   t   I    ■     ■     t     I I  '   ■    ■    '   t    I 

'f  UJQ  jed  s9ijuujej6o||)|  uo^  an|08q«  -tuouicp  uoibsaj^j 


■    '    ■ 


a 


Pour  analyser  cette  graduation,  remarquons  que,  dans  le  cas  théorique 
où  les  pressions  d'amont  et  d'aval  seraient  égales,  la  consommation 
K  se'rait  infinie,  quelle  que  fût  cette  commune  valeur  P  de  la  pression.  Or, 


212  CHAPITRE   III. 

toutes  les  droites  unissant  deux  à  deux  les  points  (/>)  et  (P)  de  même 
cote  passent,  d'après  les  formules  qui  définissent  ces  mêmes  échelles,  par 
le  point 

u  -h  V  =  Oy 

c*est'à-dire  par  le  milieu  de  la  distance  des  origines  non  marquées  A  et  B. 
Prenant  donc  le  point  de  rencontre  d'une  quelconque  de  ces  droites  avec 
le  support  du  système  (K),  on  a  le  point  E  coté  ». 

Si  maintenant  en  chaque  point  de  l'échelle  (K)  on  élève  une  perpendi- 
culaire proportionnelle  à  sa  cote,  on  obtient  la  courbe  représentative  de 
la  fonction  définie  par  cette  échelle  (n*  3).  Or  cette  courbe,  qui  a  néces- 
sairement pour  asymptote  la  perpendiculaire  élevée  en  E  au  support  EF 
de  l'échelle,  semble  au  premier  coup  d'œil  se  confondre  avec  une  hyper- 
bole équilatère.  Admettant  cette  hypothèse,  on  peut,  au  moyen  de  théo- 
rèmes connus  sur  l'hyperbole  équilatère,  en  faire  la  vérification  gra- 
phique (*);  elle  se  trouve  ainsi  justifiée. 

Il  en  résulte  que  la  formule  définissant  l'échelle  (K)  est  de  la  forme 

a 

ce  qui  aura  lieu,  en  vertu  de  la  formule  écrite  plus  haut,  si 

b'  =  o, 
et 

L'équation  prend  donc  la  forme 

{a-^bK)  log/?  -h  (a'  -h  b'K) log  P  -+-  a"  =  o, 

et  comme,  ainsi  que  nous  venons  de  le  voir,  />  =  P  doit  toujours  donner 
K  =  00,  il  faut,  en  outre,  que 

6  4-  6'  =  o. 

Gomme  d'ailleurs  b  et  b'  ne  sauraient  être  nuls,  car  K  disparaîtrait  de 
l'équation,  iious  pourrons  poser  6  =  i,  et  nous  voyons  finalement  que 
l'équation  cherchée  est  de  la  forme 

(a  -h  K)  log/?  -h  (a'  —  K)  log  P  -f-  a'  =  o. 


(')  Soient,  par  exemple,  M  et  N  deux  points  quelconques  de  l'hyperbole. 
Menons  par  chacun  de  ces  points  des  parallèles  aux  directions  asymptotiques  ; 
nous  formons  ainsi  un  rectangle  dont  la  seconde  diagonale  coupe  l'asymplote 
connue  au  centre  O  de  la  courbe.  Cela'  posé,  si  une  droite  quelconque  menée 
par  O  coupe  en  I  et  en  J  les  parallèles  aux  asymptotes  menées  par  l'un  des 
points  M  ou  N,  le  quatrième  sommet  du  rectangle,  dont  les  trois  premiers  sont  M 
ou  N,  I  et  J,  appartient  à  la  courbe.  On  trouve  ainsi  que  si,  pour  construire  l'hy- 
perbole, on  a  porté  perpendiculairement  à  EF  les  ordonnées  ^  =r  XK,  la  seconde 
asymptote  est  définie  par  y  =  o^f\\,  • 


EQUATIONS  À   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES  A  ALIGNEMENT.  2l3 

Portant  dans  cette  équation  des  systèmes  de  valeurs  de  K,  /?  et  P  donnés 
par  l'abaque,  et  traitant  les  équations  linéaires  en  a,  a\  a  ainsi  obtenues 
par  la  méthode  des  moindres  carrés,  on  trouve 

a  =  —  0,85,        a' =--0,07,         a' =  6,95. 

L'équation  cherchée  est  donc,  si  l'on  change  tous  les  signes, 

(0,85  —  K)  log/>  -4-  (K  -f-  0,07  )  log  P  —  6,95  =  o, 

d'où 

6,95  —0,92  log  P 


K  =  o,85 


log  P  — log/? 


Telle  est  l'eupression  mathématique  de  la  loi  suivant  laquelle  K  dépend 
de  P  et  /?. 

Elle  cadre  remarquablement  avec  les  données  de  l'expérience,  comme 
M.  Râteau  le  fait  voir  dans  son  Mémoire  (*). 

Le  point  sur  lequel  nous- insisterons  ici,  c'est  l'importance  qu'a  présen- 
tée, pour  la  recherche  qui  vient  d'être  résumée,  l'emploi  de  la  méthode 
des  points  alignés.  C'est  elle,  en  effet,  qui,  en  permettant  de  reconnaître 
que  les  éléments  cotés  (K)  formaient  une  série  linéaire,  et  en  ramenant 
l'analyse  de  la  graduation  correspondante  à  celle  d'une  simple  échelle  rec- 
liligne,  a  rendu  possible  la  détermination  complète  de  l'équation  qui  tra- 
duit analytiquement  la  loi  suivant  laquelle  K  dépend  de  P  et  p. 


V.  —  Abaques  dérivés  des  abaques  à  points  alignés. 

A.   —  Abaques  a  double  alignement  (-). 

88.  Principe  général,  —  Supposons  que  les  variables  a,  ai  et 
12  d'une  part,  a,  as  et  a4  de  l'autre  soient  liées  par  des  équations 


(*)  On  doit  encore  à  M.  Râteau  l'idée  d'un  ingénieux  dispositif  qui  permettrait 
de  réaliser  mécaniquement  l'abaque  à  points  alignés  ci-dessus  (A.  F.  A.  S.;  con- 
grès de  Pau;  1892).  Supposons  une  masse  gazeuse,  de  pression  /?,  emprisonnée 
sous  une  cloche  flottante.  Les  variations  de  p  entraîneront  des  variations  de 
niveau  de  la  cloche,  et  l'on  conçoit  que  Ton  pourra  déterminer  le  profil  de  celle-ci 
de  façon  que  ces  variations  de  niveau  soient  proportionnelles  à  celles  de  log/?. 
Les  extrémités  de  deux  tiges  verticales  fixées  respectivement  sur  deux  telles 
cloches  donneront  ainsi,  par  leurs  déplacements,  les  variations  de  log/?  et  de 
logP,  et  pourront,  par  suite,  servir  à  marquer,  sur  les  échelles  parallèles  de  la 
fig,  93,  les  points  cotés  (/?)  et  (P).  Si  donc  un  fil  est  constamment  tendu  (grâce, 
par  exemple,  à  deux  petites  poulies  et  deux  contrepoids  égaux)  entre  les  extré- 
mités de  ces  tiges,  il  coïncidera  à  chaque  instant  avec  la  position  de  l'index  qui, 
par  sa  rencontre  avec  l'échelle  intermédiaire,  fait  connaître  la  valeur  de  K. 

(')  Désignés  dans  notre  Note  O.  30  sous  le  nom  à^abaques  à  pivotement. 


ai4 
telles  que 

(E) 


(E') 


CHAPITRE   III. 

/(«)  ?(«)  4^(*) 

/i(ai)  ?i(ai)  4^i(ai) 

/î(aj)  ?î(aj)  ^t(^t) 

fia)  (p(a)  4.(a) 

/3(aa)  ?a(aî)  ^aCa») 

/*(«*)  ?*(«*)  ^^(a*) 


=  o, 


=  o. 


Chacune  d^elles  sera  représentable  par  un  abaque  à  points  ali- 
gnés, et  Ton  voit,  puisque  les  fonctions  y,  ^,  ^  sont  les  mêmes 
dans  les  deux  équations,  que  leur  échelle  curviligne  (a)  sera  la 
même.  Par  suite,  les  deux  abaques  pourront  être  construits  avec 
cette  échelle  en  commun  {Jlg»  qS). 

Fig.  93. 


(a,) 


Si  Ton  se  donne  les  valeurs  de  trois  des  variables  ai,  a2,  aj,  a,, 
les  équations  (E)  et  (E')  permettent  de  calculer  celle  de  la  qua- 
trième, en  plus  de  celle  de  a. 

Sur  Tabaquc  la  droite  passant  par  les  points  cotés  a,  et  a2  et  la 
droite  passant  par  les  points  cotes  ol^  et  a4  se  coupent  au  point 
coté  a. 

Or  il  peut  arriver  qu'une  équation  entre  quatre  variables  ai ,  a-j, 
ag,  aj  résulte  de  l'élimination  d'une  variable  auxiliaire  a  entre 
deux  équations  telles  que  (E)  et  (E'). 

Le  diagramme  qui  vient  d'être  construit  fournira  donc  dans  ce 
cas  une  représentation  de  l'équation  considérée. 

Son  mode  d'emploi,  pour  obtenir  a,,  par  exemple,  connaissant 
a,,  ao  cl  «3,  se  réduira  a  ceci  : 

Faire  passer  l'index  par  les  points  cotés  ai  et  a2,  puis  le 
faire  pivoter  autour  du  point  oîi   il  rencontre  V échelle   (a) 


ÉQUATIONS  A   TROIS   VARIABLES.   ABAQUES   A   ALIGNEMENT. 


2l5 


jusqu'à  ce  qiCil  passe  par  le  point  coté  cl^.  Il  coupe  alors  la 
dernière  échelle  au  point  coté  du. 

Comme,  en  général,  on  n'aura  pas  besoin  de  connaître  la  valeur 
correspondante  de  la  variable  auxiliaire  a,  on  pourra  se  dispenser 
de  marquer  la  graduation  relative  à  cette  variable;  il  suffira  de 
tracer  son  support  qui  sera  dit  la  ligne  des  pivots.  Si  pourtant  on 
veut,  dans  chaque  cas,  repérer  la  position  du  pivot,  on  n^aura 
qu'à  marquer  sur  cette  ligne  une  graduation  absolument  quel- 
conque. 

L'abaque  ainsi  constitué  par  Taccolement  de  deux  abaques  à 
points  alignés  ayant  une  échelle  commune  sera  dit,  pour  rappeler 
son  mode  d'emploi,  un  abaque  à  double  alignement. 

On  peut,  dans  le  cas  le  plus  général,  former  le  type  des  équations  ainsi 
représentables. 

Remarquant  que  l'une  des  fonctions/,  cp,  i}^,  la  dernière,  par  exemple, 
peut  toujours  être  remplacée  par  l'unité,  et  posant,  pour  abréger  l'écriture 


a,-  bi  \ 
ajbj  i 


=  [aibj], 


nous  voyons  que  les  équations  (E)  et  (E')  peuvent  s'écrire 

/(a)[?l4'2]-^?(«)[^l/i]-+-[/l?2]^"0» 

De  là,  en  posant  encore  pour  abréger, 

[aibj]     [Cidj] 


=  [aibj,Ckdi], 


nous  tirons 


?(«)  = 


Donc,  si  G  et  r  sont  les  fonctions  inverses  respectivement  de/  et  de  <p, 
le  résultat  de  l'élimination  de  oc  sera 


(I) 


La  forme  de  cette  équation  est,  comme  on  voit,  assez  compliquée;  mais 
il  n'y  avait  qu'un  intérêt  purement  théorique  à  faire  voir  la  façon  dont  elle 
pouvait  être  obtenue. 


2l6 


CHAPITRE   111. 


En  pratique,  on  n^aura  guère  à  appliquer  la  méthode  que  dans 
le  cas  où  l'échelle  auxiliaire  (a)  sera  une  échelle  régulière, 
c'est-à-dire  où,  dans  les  équations  (E)  et  (E'),  la  fonction y(a)  se 
réduira  à  a,  la  fonction  9  à  i  et  la  fonction  ^  à  o.  Ces  équations 
s'écrivent  alors 


a 

1 

( 

0 

/. 

?l       ^'I 

=  0, 

/. 

<pi   h 

« 

a 

I     0 

/a 

?3       'i'S 

-0, 

/* 

?v   '!'* 

et  l'élimination  de  a,  faite  immédialeinent,  donne 

(a) 

1 

>3       ' 

— 

3  A 
V  A 

89.  Echelles  rectilignes  et  parallèles,  —  Dans  ce  cas  l'équa- 
tion donnée  est  de  la  forme 

(E)  f,^f,  =  f,^f^. 

On  la  décompose  immédiatement  en 

et 

(E')  /3-/v=«. 

On  peut  construire  les  abaques  de  ces  deux  dernières  équations, 
dont  Taccolement  par  l'échelle  (a)  produira  Tabaque  à  pivotement 
demandé,  par  l'un  ou  par  Tautre  des  procédés  suivants  qui,  bien 
entendu,  ne  sont  pas  théoriquement  distincts,  mais  qui,  en  pra- 
tique, présentent  une  différence  sur  laquelle  on  insistera  plus 
loin. 

Premier  procédé,  —  Pour  représenter  Téquation  (E')  on  peut 
poser 

(a,)  u^r=l^f^^ 

(a)  u— — /a. 

Il  vient  alors  pour  a2,  en  vertu  de  ce  qui  a  été  vu  au  n®  66, 
(«î)  "2  =  — ^s/j, 


ÉQUATIONS   A   TROIS    VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  217 


avec 

(I) 


I         I         1 


It     l     l\ 


Taxe  A2  U2  {fig*  94)  étant  d'ailleurs  tel  que 


AsA 


7' 


00,  si  Ton  lient  compte  de  (i),  que  (*) 

A,A^  /. 
A,  A       /,  ' 

Représentant  par  x^  et  X2  les  distances  des  axes  A|  Ux  et  A2«2 


(a.) 


à  l'axe  Aw  des  pivots,  on  peut  écrire 


^  —  Ll 


De  même  l'équation  (E")  sera  représentée  par 


'^a  —  '3/3» 


l  ayant  la  même  valeur  que  ci-dessus,  et 

(*0  Uk  =  —  hA, 


(!)  On  Toit  que,  dans  ce  cas  particulier,  on  retombe  sur  le  principe  de  la  com- 
position des  échelles  (n«  70). 


CHAPITRE   ] 

m. 

I 

I 

7 

-1- 

I 

— 

h 
h 

• 

2l8 

avec 

(3) 
et 

(4) 


On  obtient  ainsi  la  disposition  de  \'^jig.  94  (*). 

Les  cinq  modules  /,  /|,  Li^  /a,  /i  ne  sont  astreints  à  vérifier  que 
les  égalités  (i)  et  (3).  On  pourra  donc  chercher  à  les  déterminer 
en  vue  de  la  meilleure  disposition  de  Tabaque. 

Comme  on  connaît  les  limites  (*)  entre  lesquelles,  pratique- 
ment, reste  comprise  chaque  variable,  on  peut  calculer  les  diffé- 
rences 8|,  82,  83,  84  entre  les  valeurs  extrêmes  des  fonctions  y,,  ^"2? 

/s)  /•• 

Si,  dès  lors,  on  veut  faire  en  sorte  que  les  échelles  (ai)  et  («2) 
d'une  part,  (as)  et  (a4)  de  l'autre  aient  même  longueur,  on  po- 
sera 

/j  81  =  /jÔj, 

Ces  deux  équations  jointes  à  (1)  et  (3)  permettent  d'exprimer 
quatre  des  modules  en  fonction  du  cinquième,  /  par  exemple.  On 

trouve  ainsi 

ô|  — Oj  Oj  — do 

l\    -  l  — ^: >  «2  =  <  — sr 


Ôi  Ô2 

«3  —  l ^ î  l^-=z  l ^^ 

O3  Ô4 


Les  quatre  échelles  seront  de  même  longueur  si   /,  8«=:/3S3, 
c'est-«i-dire 

«X  "N  Ji  N 

Oi  —  O2  —  O3 —  Ô^. 


(  '  )  On  peut,  sur  celte  figure,  placer  les  systèmes  (a,),  (oij)  d'une  part,  («3),  (014) 
de  l'autre,  de  côtés  dilTcrenls  par  rapport  à  Taxe  ku  des  pivots,  afin  de  la  rendre 
plus  claire.  Mais  rien  n'empêche  évidemment,  pour  réduire  la  largeur  de  l'abaque, 
de  placer  les  deux  couples  de  systèmes  associés  d'un  môme  côté  de  l'axe  Aa. 

(-)  Théoriquement,  les  valeurs  limites  de  trois  des  variables  prises  comme  in- 
dépendantes entraînent  celles  de  la  quatrième;  mais,  en  pratique,  celle-ci  reste 
généralement  comprise  entre  des  valeurs  plus  resserrées  que  ces  limites  théo- 
riques, et  qui  résultent  des  données  fournies  par  l'expérience. 


ÉQUATIONS   A    TROIS   VARCABLES.    ABAQUES    A   ALIG!iEME>T.  219 

Il  ne  resle  plus  qu'à  choisir  le  module  /  pour  que  les  diverses 
graduatioDS  donnent  le  degré  d^approximalion  exigé. 

Second  procédé,  —  On  pose 


(»i) 
(«») 

enfin 

(a) 
avec 

(3) 


«3 


/l/l, 


U  —  loL, 


I 


I 


I 


u 


Dans  ce  cas,  l'axe  des  pivots  est  si  lue  à  la  fois  enlrc  les  échelles 
(ai)  et  (aj)  et  entre  les  échelles  (ag)  et  (aj)  {Jig-  90),  les  dislances 


Fig.  95. 


s  f 

Ot 

(ou) 

(ot.) 

(aj) 

P3 
-Ȃj 

p* 

_ .  _ — .  1 

» ■  - 

p. 

f 

> 

(a,) 


Xi^X'ij  ^3,  iP4  de  cet  axe  aux  supports  parallèles  de  ces  échelles 
étant  telles  que 


(6) 


Xi 


"Il 
.ri 


^4 


Si  l'on  veut  ici  que  les  échelles  (ai)  et  (ao)  d'une  pari,  (as)  el 
(a^)  de  i'aulre  soient  de  même  longueur,  il  faut  avoir,  en  appelant 
toujours  0|,  O2,  Og,  Si  les  différences  enlre  les  valeurs  extrêmes 
des  fonctions  /i,  /a,  /a,  /*, 


/i^i  —  /1O2,         /a  83  =  /^Oi, 


220  CHAPITRE  III. 

ce  qui  donne 

'I  =   « > >  *J=«  s 9 

Oi  0, 

«î  =  *  > 9  l^^=  l 5 • 

Les  quatre  échelles  seront  de  même  longueur  si  /^Si  =  /s  S),  ou 

■N  <N  "N  ^ 

Oï  -4-  Oj  =  ôs  -H  O4. 

Dans  ce  cas,  comme  dans  le  précédent,  si  l^  =  /$  et  l^z=  l^^  on 
peut  faire  coïncider  les  supports  des  échelles  (cl^)  et  (aj)  d'une 
part,(a2)  et  (a^)  de  l'autre.  Il  suffit,  pour  cela,  de  placer  les  deux 
graduations  d'un  même  support  de  part  et  d'autre  de  ce  support, 
en  adoptant  le  même  côté  pour  celles  qui  doivent  être  associées 
par  le  moyen  de  l'index. 

Comparaison  des  deux  procédés.  —  Le  premier  procédé  pré- 
sente l'avantage  (surtout  lorsque  les  deux  couples  d'échelles  asso- 
ciées sont  d'un  même  côté  de  Taxe  des  pivots)  que  les  deux  points 
dont  il  faut  prendre  l'alignement  avec  Tindex  sont,  pour  chacune 
des  deux  positions  de  celui-ci,  du  même  côté  du  pivot.  Lorsque 
cette  condition  est  remplie,  on  peut  se  servir  pour  l'index  d'un  fil 
tendu  que  Ton  fixe  sur  le  pivot.  Si  elle  ne  l'est  pas,  comme  dans 
le  second  procédé,  on  ne  peut  plus  fixer  le  fil  sur  le  pivot,  et,  pour 
repérer  la  position  du  pivot,  il  convient  de  munir  l'axe  sur  lequel 
il  se  trouve  d'une  graduation  d'ailleurs  absolument  quelconque. 
En  revanche,  ce  second  procédé  a  l'avantage  de  limiter  la  longueur 
de  la  portion  utile  de  Taxe  des  pivots  à  celle  de  la  plus  grande  lon- 
gueur des  échelles  parallèles  {Jig*  90),  tandis  que,  dans  le 
premier  cas,  elle  la  dépassait  sensiblement,  à  moins  que  l'on 
ne  diminuât  beaucoup  la  longueur  des  échelles  P3Q3  et  P4Q4 

{fg-  94)- 

Cette  seconde  considération  remportera  généralement  sur  la 
première.  Toutefois,  il  jaura  des  cas  où,  pratiquement,  les  points 
extrêmes  des  échelles  P2Q2,  PjiQ*  n'auront  pas  à  être  associés 
respectivement  à  toute  la  partie  utile  des  échelles  P<Q«,  P3Q3,  en 
sorte  que  la  longueur  de  la  portion  utile  PQ  de  Taxe  des  pivots  se 
trouvera  réduite. 

Manière  d^ effectuer  la  construction,  —  Quel  que  soit  le  pro- 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A    ALIGNEMENT.  221 

cédé  emplo^^é,  on  effecluera  la  construction  de  la  même  manière, 
une  fois  qu'on  aura  arrêté  les  valeurs  des  modules  /i,  /a,  /a,  l^» 

On  commencera  par  tracer  Taxe  des  pivots,  puis  les  supports, 
en  observant,  pour  leurs  écartements  par  rapport  à  cet  axe,  les 
relations  (2)  et  (3)  dans  un  cas,  (6)  dans  Tautre. 

Cela  fait,  on  construira,  tout  à  fait  indépendamment  les  unes 
des  autres,  et  seulement  en  vue  de  la  meilleure  disposition  à  ob- 
tenir trois  des  échelles,  (a<),  (a2)  et  (as)  par  exemple,  réduites  à 
leurs  portions  utiles  PiQ^  P2Q2»  PsQa- 

Pour  fixer  la  position  de  la  quatrième  échelle  sur  son  support, 

il  suffit  de  fixer  celle  d'un  de  ses  points.  Or  il  sera  toujours  facile, 

par  une  particularisation  convenable,  d'obtenir  un  système  de 

valeurs  de  a®,  a",  aj  et  aj  satisfaisant  à  l'équation.  Dès  lors,  la 

droite,  joignant  les  points  cotés  a^  et  a",  coupera  l'axe  des  pivots 

en  un  point,  et  la  droite  unissant  ce  point  au  point  coté  7.\  coupera 

le  support  de  la  quatrième  échelle  au  point  où  devra  se  trouver 

la  cote  aj.  Ce  point  suffira  pour  déterminer  la  position  de  cette 

dernière  échelle. 

90.  Exemples.  —  Nous  allons  donner  des  exemples  de  l'un  et 
de  l'autre  procédé  : 

I®  Abaque  des  poutres  uniformément  chargées.  —  Si  une  poutre  à 
section  rectangulaire  de  largeur  b  et  de  hauteur  h  supporte  une  charge 
uniformément  répartie  q  par  mètre  courant  sur  une  portée /?.  on  a,  entre 
ces  quantités,  la  relation 

k  étant  la  limite  de  travail  admise  pour  le  bois  par  unité  de  surface  (par 
eiiemple  60*^  par  centimètre  carré).  D'ailleurs  la  valeur  commune  des  deux 
membres  de  cette  égalité  est  le  moment  de  flexion  de  la  section  la  plus 
fatiguée. 
Posant 

nous  pouvons  écrire  cette  équation 

log<7  -\-  alog/?  =  iog^  -+-  1  log/t  4-  logXi. 
Prenant  donc 
/i  =  log^,        /î='2log/?,        /a^Iog^,        /4=^•2log/^  — logXi, 


222  CHAPITRE   III. 

nous  aurons,  par  application  du  premier  procédé,  l'abaque  à  double  ali- 
gnement correspondant,  en  posant 

(q)  Ui=       /ilog^, 

(p)  Wî  =  — /î^log/?, 

(b)  "3=       ^jlogô, 

(h)  "i  =  —  hi'i^o^h  -h  logA-,), 

avec 

La  yiff.  96  donne  la  réduction  au  tiers  de  l'abaque  construit  d'après  ce     • 
procédé  par  M.  J.  Mandl,  lieutenant  du  Génie  dans  l'armée  autrichienne  (»), 
avec  les  modules 

/,  =  7-,5,         /•-4'^",7^,         /3=ia'"w,         /4=6'=^35. 

Les  échelles  graduées  sont  alors  définies  par 

(7)  "i^      7"">5    xlogy, 

(p)  Wî-^  — 9"".44xlog;>, 

(b)  W3^       i2'''",7xlog6, 

(/ï)  Mv  -  —  12*'", 7  X  Iog6  —6,35  X  logAri. 

Si  Ton  se  reporte  à  la  manière  d'effectuer  la  construction  indiquée  à  la 
fin  du  n**  89,  on  verra  qu'il  est  inutile  de  calculer  le  terme  constant  du 
second  membre  de  cette  dernière  formule. 

M.  Mandl  a  complété  cet  abaque  (*),  par  un  dispositif  ingénieux  qui 
permet  de  déterminer  b  et  h  en  vue  de  rendre  la  section  de  la  poutre 
semblable  à  un  rectangle  donné.  Posons 

•*-x 


(•)  Mittheilungen  ûber  Gegenstânde  der  Artill.-u.~Genie-Wesens,  1893.  La 
disposition  de  la  /îg.  96  suppose  le  sens  positif  pris  du  haut  vers  le  bas. 

(-)  Sur  l'axe  des  pivots,  l'auteur,  d'après  la  remarque  faite  plus  haut,  aurait 
pu  inscrire  les  valeurs  du  moment  de  flexion.  Il  a  préféré,  avec  juste  raison,  in- 
scrire les  numéros  d'échantillon  des  fers  du  commerce,  de  type  courant  en  son 
pays,  (jui  donnent  ce  moment  de  flexion.  La  graduation  de  gauche  se  rapporte  à 
des  fors  à  double  T,  celle  de  droite  à  des  fers  à  U.  L'index  tendu  entre  le  point 
cote  <7  cl  le  point  coté  p  venant  rencontrer  l'axe  des  pivots  en  un  point,  il  suffit, 
sur  chaque  f^raduation,  de  prendre  le  numéro  inscrit  au-dessus  de  ce  point  pour 
savoir  quel  est  le  type  de  fer  correspondant  à  adopter.  Pour  l'exemple  numérique 
indiqué  en  pointillé  {p  —  \"',C)o,  ^y=:oS:'i1),  on  a  le  choix  entre  le  fer  à  double  T 
n"  10  et  le  fer  ù  U  n"  30.  Les  fabricants  de  poulres  en  fer  devraient  joindre  un 
abaque  de  ce  genre  à  leur  album  d'échantillons  pour  tous  les  types  de  sections. 


Fig.  96. 


II 


c 

S 

9 

O 

o 
E 

C 
« 

a. 


c 
c 

S 


N  ■    • 


P-': 


X 


.10 /H' 
.9 
.8 
.7 

.« 
.5 


-L3 


JL2 


.1 

0.9 
0.6 
0.7 

0.6 
__0.S 

0.% 


E 

c 

« 


nir 


L. 


o 
t. 
« 

E. 

3 

z 


m 

M. 

S5. 

32. 


28d 

30 

28  J 


26. 
2%d 

11. 

23. 


rv^ 


« 

c 

^     22. 

^     21. 

J     20. 
o 


18 
f6. 

N 
N 

15 
14» 
13 

12 


10  _ 


30 
2B 
26 
.2% 

22 

20    u 

.18    é 


.16 


8- 


C 

« 
u 

c 

L 
3 

3 

3 

m 
X 


.  % 

..  e 
.  7 

.  8 
..  8 
--10 


.13 


.12 


.10 


« 

C 

c 

X 

o 


o 

L. 

E 

3 
z 


*0__ 

35JL 

30.L 

25  JL 

-Te 

■  ao£L-- 
15- L 


10- _ 

9.. 
8    . 

7  .. 

6  .. 
5-- 

h    . 
3  .. 


E    { 


4» 
6. A4 3.1*  -5 


ft.A^UJ-.g 


3 
« 

k 


--15 

-120 

-L25 

jLSO 


..100 


.8 


-6 


224  CHAPITRE   III. 

Nous  avons  alors 

log6  —  logA  =  logX. 

Or,  si  nous  faisons  un  changement  d'origine  sur  l'axe  A^Uv»  et  si  nous 
remettons  /j  à  la  place  de  12'"*,  7,  nous  pouvons  écrire  les  formules  défi- 
nissant les  échelles  (6)  et  (h), 

1/3=      /jlog6, 
1/4  =  —  /alog/i. 

Nous  voyons  donc  que,  pour  les  couples  de  valeurs  satisfaisant  à  la  re- 
lation ci-dessus,  nous  aurons 

Mj-^-  M4=  /s  logX. 

Cette  équation  définit  un  point  (X)  situé  sur  la  parallèle  équidistante 
des  axes  As  «s  et  A4U4.  Donc, />owr  que  la  section  ait  la  similitude  dé- 
finie  par  une  certaine  valeur  de  X,  il  suffira  que  Vindex  passe  par  le 
point  (X)  correspondant. 

Ayant  tracé  la  parallèle  équidistante  des  supports  des  échelles  (6)  et 
(A),  il  n'y  a  qu'à  joindre  par  une  droite  les  points  cotés  60  et  A01  ^els  que 

pour  avoir  sur  cette  parallèle  le  point  (X)  correspondant.  C'est  ainsi,  par 

exemple,  que  les  droites  joignant  le  point  (^i)  coté  20  aux  points  (b)  cotés  i5 

3 
et  20  donnent  les  points  A  et  B  correspondant  respectivement  à  X  =  7  et 

X  =  i. 

Les  lignes  pointillées  de  la  fig.  92  montrent  les  positions  de  l'index  pour 
Texemplc  numérique  p  =  4'"î6o,  q  =  o\ 4i- 

3 
Pour  X  =  -  ,         on  a         6  =  i7'^'",         h  =  23'^'", 
4 


»      X  =  I ,  û  6  =  /*  =  2 1 


cm 


•2"  Abaque  de  rêcoulenient  des  gaz  par  des  tuyaux,  —  M.  F.  Gaud  a 
reconnu  que  récoulement  des  gaz  dans  les  tuyaux  obéissait  à  l'équation  (^) 

^D5=i655AQ«, 
où 

h  représente  la  perte  de  charge   kilométrique   exprimée  en  millimètres 

d'eau; 
D  le  diamètre  du  tuyau  en  cenlim(Hrc?; 
A  le  poids  du  mètre  cube  de  gaz  en  kilogrammes; 
Q  le  débit  horaire  en  mètres  cubes. 


(')  Bull.  ojf.  de  la  Soc.  tcchn.  de  iAcctyUne,  r  année,  p.  i3«5;  1898. 


ÉQUATIONS   A   TROIS    VARIABLES.    ABAQUES   A    ALIGNEMENT.  225 

PraUquement,  d'ailleurs, 

h  reste  compris  entre  o,i       et  3oo, 
D  »  0,5      et    25, 

A  »  o,o8    et      3, 

Q  M  o,oo5  et  loo. 

ÉcrivoDS  d'abord  Téquation  ci-dessus  sous  la  forme 

log^  H-  5  logD  =  logA  -^  2logQ  H-  logi655. 

D'après  la  remarque  faite  plus  haut,  il  n'y  a  pas  lieu,  pour  la  construc- 
tion des  échelles,  de  tenir  compte  de  la  constante. 
Nous  poserons  donc,  suivant  le  second  procédé, 

(h)  a,  =  /,  logA, 

(D)  W2=/,  DlogD, 

(A)  M3=/3l0gA, 

(Q)  i/,-/4  2logQ. 

Nous  avons  d'ailleurs 

Oi=  logSoo  —  Iogo,i  =3,47, 
02=  5(log25  — logo,5)  =8,i9, 
83=  log3  — logo,o8      —1,57, 

O4  =  2(log  100  —  logOjOOj)  =  8,60. 


Par  suite. 


0,4-  02~  11,96, 
83 -H  0^=  »«,i7- 


Ces  deux  quantités  étant  peu  différentes  Tune  de  l'autre,  les  longueurs 
des  échelles,  supposées  égales  pour  chaque  couple,  n'auront  elles-mêmes, 
entre  elles,  qu'une  petite  dilTérence. 

L'égalité  rigoureuse  pour  chaque  couple  exigerait  que  l'on  eût,  d'une 
part, 

•~  3~F  '      ^~  8"i<r  ' 

de  l'autre, 

I O     I  "^  loi'' 

i,:)7  8, h 

Ces  divers  rapports  sont  voisins  des  suivants  : 

2  :} 

M.  d'O.  1 5 


226  CHAPITRE    III. 

qui  satisfont,  en  outre,  rigoureusement  aux  égalités  nécessaires 


I  _   I         I   _  I         I 


Si  on  les  adopte,  on  obtient  les  longueurs  d  échelles  voulues  pour  le 


«r3 


-I 


300 
r200 

rlOO 
-50 


rO.5 

h  0.3 
-0i2 


-0.1 


r20 


10 


-5 


L(h) 


-2 


-l 


-0.5 


-0.2 


^W 


F«g-  97- 


'■»■•-. 


25-, 


20-^ 


100^ 

— 


so- 


lo-^ 


s  ~ 


(Q)   ] 

0.5- 


ao5^ 


OtOl- 

aoos  - 


lO-T 


s- 


4-: 


(b) 


3- 


2- 


0.5 


degré  d'approxiinalioii  qu'exige  la  pratique  en  prenant 


(\  \  >  ù 


/  =  •>.()'"'", 


fl  —  70       ,  {2  -^  10      ,  «3—1  ^o       ,  /;  —  9.4 


mm 


tQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEXENT.  227 

Les  échelles  sont  dès  lors  définies  par 

(h)  i/,=    7o"""log/i, 

(D)  i/jr^  i4o«»"logD, 

(A)  M3—  i'2o"""  logA, 

(Q)  wv=    48™"logQ, 

et  leurs  longueurs  sont  données,  au  millimètre  près,  par 

Li=  7o""(log3oo  — logo,i)  =238* 
L,  =  i4o"""(Iog25  —logo,  5)  =238' 
L3  =  i2o"""(log3  —logo, 08)  =  192' 
L4=    48'"'"(Iogioo  — Iogo,oo'))=  2o6' 


(mm 


(mm 


.mm 


Lmm 


On  voit  qu'elles  diffèrent  peu  les  unes  des  autres. 

Les  distances  a?i,  arj,  3:3,  r^  de  ces  échelles  à  l'axe  des  supports  devront 
être  telles  que 


Xx           '» 

3Cz 

Xi          2 

X; 

Pour  que  l'index  rencontre  les  axes  sous  des  angles  qui  restent  sensible- 
ment compris  entre  4^**  et  90",  il  faut  que  les  écartements  des  échelles  {h) 
et  (D)  d'une  part,  (A)  et  (Q)  de  l'autre,  diffèrent  peu  de  la  longueur  des 
échelles.  On  atteint  ce  résultat  en  prenant 

371=  i3*™,         a:j=5*"",2,         373=  i:>*™,         37^  =  3*'". 

C'est  avec  ces  données  qu'a  été  construit  l'abaque  dont  la  Jlg.  97  est  une 
réduction. 

Les  deux  positions  de  l'index  marquées  en  pointillé  sur  la  figure  mon- 
trent que  pour  h  =  2,3,  D  =  4,6,  A  =  i  ,5,  on  a  Q  =  i,25. 

91.  Échelles  reclilignes  non  parallèles.  Abaque  du  nivel- 
lement  barométrique,  —  Les  équations  qui  viennent  d'être 
représentées,  à  titre  d'exemples,  sont  de  la  forme 

Il  a  suffi  de  prendre  les  logarithmes  des  deux  membres  pour 
leur  donner  la  forme  voulue,  mais  elles  peuvent,  sans  subir  cette 
transformation,  être  traduites  en  abaques  à  pivotement.  Si,  en 
effet,  on  appelle  a  la  valeur  commune  des  deux  membres  de  celte 
équation,  on  peut  représenter  les  équations 

/i/t  =  ^. 


228  CHAPITRE   III. 

en  posant  d'une  part 


de  l'autre 


u  =  /a, 
u  =  ioL, 

«3=  Ufiy 


et  faisant  coïncider  les  échelles  (a). 

En  voici  un  exemple  emprunté  à  l'excellent  Traité  de  Topographie  de 
M.  Prévôt  (ï). 

La  diiïérence  de  niveau  Z,  en  mètres,  entre  deux  stations  voisines, 
est  donnée  approximativement  par  la  formule 


Z  =  16000      I  H -, r> 

L  1000     J  A  4-  h 


où  h  et  t  désignent  la  hauteur  barométrique  exprimée  en  millimètres  et  la 
température  à  la  station  supérieure,  h'  et  t'  les  mêmes  quantités  à  la  sta- 
tion inférieure. 
Posant 

on  peut  écrire  cette  formule 

Z  _  8000-4-  32  0 

s  'X 

t 

Appelant  a  la  valeur  commune  des  deux   membres   de   cette   équation, 
quantité  qui  représente  la  différence  de  niveau  correspondant  à  une  diffé- 


(')  La  Topographie  appliquée  aux  Travaux  publics  (Ouvrage  faisant  partie 
de  la  Bibliothèque  du  Conducteur  des  Travaux  publics;  Dunod,  éditeur; 
1K98).  L'abaque  ici  reproduit  figure  sur  la  Planche  jointe  au  Tome  \. 

M.  Prévôt  a  également  construit,  pour  la  détermination  du  poids  des  cordes 
filées  employées  dans  les  instruments  de  musique  un  remarquable  abaque  à 
double  alignement  rentrant  dans  le  type  du  n"  02,  mais  s'appliquant  à  une 
équation  plus  compliquée.  M.  Gustave  Lyon,  Directeur  de  la  maison  Pleyel- 
WoIfT,  qui  a  fait  constamment  usage  de  cet  abaque  au  cours  des  éludes  qui  l'ont 
conduit  à  Tinvention  de  la  harpe  chromatique,  a,  dans  une  conférence  faite  le 
i\  février  1H97  devant  le  Groupe  parisien  des  Polytechniciens,  déclaré  que  Pabaquc 
de  M.  Prévôt  lui  a  fait  gagner  les  on/.e  douzièmes  du  temps  qu'il  eiU  dû,  s'il  en 
avait  été  privé,  consarrcr  au  calcul  numériciue. 

Nous  citerons  encore  un  abaque  de  ce  genre  construit  par  M.  G.  Pesci  pour  le 
jaugeage  des  tonneaux  (G.  C.  ;  t.  \\\V;  18)9). 


ÉQUATIONS  A    TROIS    VARIABLES.    ABAQUES  A   ALIGNEMENT. 

rcnce  de  pression  de  i"",  nous  poserons,  comme  il  vient  d'être  dit, 

(a)  M=/a, 

(z)  ui  =  /jZ, 

(6)  «3=  /3(8ooo-i-32e). 

Les  échelles  (e)  et  (^i)  seront  alors  défînies  respectivement  par 

liiu  —  /M|  =  o, 
ou,  en  désignant  par  81  la  demi-distance  des  origines  A  et  Ai, 


229 


(0 
et 


^    l -^  Lt 

^  =  ^'  i-Tl 

l^\iu—  luz  =  o, 


ou,  en  désignant  par  03  la  demi-distance  des  origines  A  et  A3, 


^=03  , — j-^ 


Fig.  98. 


c 

0 

'S 

-9""  S 

- 

c. 

: 

0. 

— 

• 

■ 

-o 

Lio 

• 

. 

0 

" 

c 

^ 

• 

z 

L 

L  H 

if 

«> 

: 

•ô 

0 

~ 

« 

>. 

- 

•0 

■•5:^ 

L12 

• 

_ 

•0 

L 

« 

L13 

3 
0 

c 

■ 

0. 

.?> 

1 

3 

'J 

^ 

4 

Li* 

« 
> 

" 

C 

r 

V 

■ 

•V 

Lis 

« 

• 

0 

I 

c 

^ 

V 

■ 

L 

Lie 

a; 

\a  fig,  98  reproduit  l'abaque  ainsi  conuruit  par  M.  Prévôt  :  i**  avec  les 


q3o  chapitre  111. 


I  mm 


modules  /=  lo™",  /i=o"",i,  /8=  -; — 't  ^i"  avec  les  mêmes  modules  /  et  /j 

€l  le  module /i=  o""°,5. 

Les  deux  abaques  ainsi  obtenus  ne  diffèrent  que  par  leurs  graduations  (Z) 
et  (e).  Les  deu\  graduations  distinctes  relatiyes  à  un  même  axe  sont 
placées  de  part  et  d'autre  de  cet  axe,  ce  qui,  en  l'espèce,  est  d'autant  plus 
commode  que  les  points  de  division  sont  les  mêmes  d'une  graduation  à 
l'autre  et  que  seules  les  chifTraisons  difTèrent,  l'une  étant  quintuple  de 
l'autre. 

Pour  qu'il  n'y  ait  aucune  hésitation  dans  la  façon  de  lire  ces  graduations, 
celles  qui  doivent  être  associées  dans  la  seconde  position  de  l'index  ont 
été  munies  de  chiffres  soulignés. 

Les  deux  positions  de  l'index,  tracées  en  pointillé  sur  la  figure,  se  rap- 
portent à  l'exemple  numérique  pour  lequel  on  a 

//  ^  7>.2'"™,6,        /i'  =  698'"'",3,        /~i5%2,         /'=l2^ 

iVoii 

e  =  24""",3,         fx  =  7io'"'",4,        0=i3",6. 

L'abaque,  pris  avec  ses  graduations  soulignées,  donne 

Z  =  288". 

On  aurait  pu,  pour  la  disposition  des  échelles  de  chacun  des  deux 
abaques  juxtaposés,  appliquer  ici  ce  qui  a  été  dit  au  n°  73. 

92.  Echelles  curvilignes,  —  Parmi  les  équations  rentrant 
dans  le  type  général  (2)  du  n"  88,  celles  qui  se  rencontrent  le  plus 
souvent  sont  de  la  forme 

Désignant  par  a  la  valeur  commune  des  deux  membres  de  cette 
équation,  on  aura  à  représenter  simultanément  les  équations 

Pour  la  première,  on  pose 

<a)  u  —  Irt, 

(«1)  v=—I^fu 

ce  qui  donne  pour  le5  points  (a2) 

{a,)o  iiU-hl/^ç  =  lli^i 


ÉQUATIONS  A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A  ALIGNEMENT.  23 1 

OU 

f^our  la  seconde, 

(at>  u  —  loL, 

Ce  qui  donne  pour  les  points  (a4) 
Ou 

Il  est,  bien  entendu,  nécessaire  de  faire  coïncider  les  échelles  (a) 
des  deux  abaques,  dont  la  graduation  n'aura  d'ailleurs  pas  à  être 
marquée,  et  dont  le  support  constituera  l'axe  des  pivots. 

Quant  aux  échelles  (a,)  et  («3),  on  pourra  leur  donner  le  même 
support  en  prenant  le  môme  axe  des  v  dans  les  deux  cas.  Les  gra- 
duations correspondantes  n'auront  alors  qu'à  être  portées  de  part 
et  d'autre  de  cet  axe. 

93.  Exemple  :  Abaque  de   V écoulement  de  Veau  dans  les  canaux 
découverts.  —  La  formule  donnée  par  M.  Bazin  (*)  est  la  suivante  : 


,-i-  ^ 


OÙ  U  désigne  la  vitesse  moyenne  en  mètres,  R  le  rayon  moyen  en  mètres, 
1  la  pente,  y  un  coefficient  numérique  qui  dépend  delà  nature  de  la  paroi. 
Elle  peut  s'écrire 

Sous  cette  forme,  on  voit  qu'elle  rentre  dans  le  type  (E)  ci-dessus  lors- 
qu'on prend 

«i^T,         aj=R,         ^3=^1,         «4=^ 
et 

/3^87/r,        A=g'         ?4  =  o. 
(')  O.  30. 


CUAPITBE   lir. 


Il  eo  résulte  que  les  quatre  échelles  seront  définies,  < 
)  été  vu  au  n°  93,  par  les  formules  suivantes  : 


(ï) 

(R) 
(i) 

(U) 


Les  échelles  (y),  (I)  ei  (U)  sont  rectilignes.  L'échelle  (R)  a  pour  sup 

port  la  courbe  dont  l'équation,  obtenue  par  étiminaiion  de  R  entre  te^^ 
formules  (R),  est 


La  construction  de  cette  ellipse  est  bien  simple.  Considérons  i^ff-  99) 
Vig.  99. 


rcle  qui,  rapporté  à  Oar 
a  pour  équation 


à  la  perpendiculaire  Oy  élevée  en  O  à  ci 


il  le  cercle  décrit  sur  A,B  comme  diamètre.  Pour  une  même  abscisse  x, 
a  entre  l'ordonnée^'  du  cercle  et  l'ordonnée^ de  l'ellipse  la  relation 


,,/«! 


,>nr, 


Donc,  réduisant  l'ordonnée  PM'  du  cercle  dans  le  rapport  - 
donne  PM',  on  n'a  qu'à  faire  tourner  celle-ci  en  PM  de  façon  à  la  rendre 
parallèle  à  0^  pour  avoir  le  point  correspondant  M  de  l'ellipse. 

Les  expressions  (R)  et  (U)  de  a^  montrent  en  outre  que  les  cotes  R  et  V 
des  points  M  et  Psont  liées  par  la  relation 


ÉQUATIONS   A   TROIS   TARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT. 


233 


T/abaque,  dont  la  fig.  loo  est  une  réduction,  a  été  construit  avec  les 

nodules 

/  =  S"",         Ix  =  Sa"",         /j  =  8""", 

la  demi-distance  des  origines  A  et  B  étant 

8  =  4o""'. 
En  outre,  Téchelle  (U)  étant  d'abord  supposée  s'étendre  de  A  (coteoo) 


Fig.  loo. 


Ua 


à  B  (cote  o),  on  a,  pour  une  raison  donnée  dans  la   Remarque  qui  ter- 
mine le  n**  73,  pris  Taxe  AB  des  origines  incliné  à  6o°  sur  la  direction  des 
axes  Au  et  Bp. 
L'échelle  (y)  est  alors  donnée  par 

C'est  une  échelle  régulière  facile  à  construire  (*  ).  Elle  a  été  portée  sur  le 
cAté  gauche  de  l'axe  Bp. 


(')  Les  seules  valeurs  de  y  à  considérer  sont,  d'après  M.  Bazin  : 

o,o6.  —  Parois  très  unies  (ciment,  bois  raboté,  etc.)* 

o,i6.  —  Parois  unies  (planches,  briques,  pierre  de  taille,  etc.)* 

0,46.  —  Parois  en  maçonnerie  de  moellons. 

o,85.  —  Parois  de  nature  mixte  (terres  très  régulières,  pcrrés,  etc.). 

i,3o.  —  Parois  en  terre  dans  des  conditions  ordinaires. 

1,75.  —  Parois  en  terre  d'une  résistance  exceptionnelle  (galets,  herbes,  etc.). 


234  CHAPITBE   III. 

L'échelle  (I),  portée  sur  le  côté  droit,  de  I  =  o,oooi    à  r=o,oi,      ^= 
défînie  par 

i>  =  -- V^r.7i5""». 

L'échelle  (U),  portée  par  l'axe  AB  des  origines,  est  définie  par 

C'est  une  échelle  segmcniaire  (n"5,  3"),  bien  facile  à  construire  soit  a  * 
moyen  d'un  étalon  segmentaire,  soit  par  transformation  d'une  échel^^ 
régulière  (n""?),  puisqu'on  en  connaît  immédiatement  trois  points  qui  socm  ^ 
le  point  A  coté  oo,  le  point  B  coté  o,  et  le  milieu  de  AB  coté  i.  Il  suff^  ^ 
d'ailleurs  de  prendre  les  valeurs  de  r  entre  o,  i  et  5. 

Pour  ce  qui  est  de  l'échelle  (R),  on  commencera  par  tracer  l'ellipse  qu  ^ 
lui  sert  de  support  en  remarquant  qu'ici  le  rapport  de  réduction  qu  ^ 
entre  dans  les  formules  (2)  est 


y/8^x^32  _  i 
2  X  40    ~  5 

Une  fois  ce  support  construit,  on  a  immédiatement  l'échelle  (R)  en 
remarquant  que,  d'après  la  formule  (3),  qui  donne  ici 

on  a  la  projection  de  l'échelle  (R)  sur  AB,  faite  parallèlement  à  Au  et  B(^, 
en  divisant  par  4  les  cotes  de  l'échelle  (U). 

Il  suffit  de  prendre  les  valeurs  de  R  entre  o,  2  et  5. 

C'est  ici  l'axe  Xu  qui  sert  d'axe  des  pivots.  Pour  savoir  quelle  est  sa 
longueur  utile,  il  suffit  d'associer  la  plus  grande  valeur  de  y  (Y  =  ï>7^) 
à  la  plus  petite  de  R  (R  =  0,2).  On  trouve  ainsi  un  peu  moins  de  8*", 8. 

Les  positions  de  l'index  tracées  en  pointillé  sur  la  Jig-,  100  correspondent 
à  l'exemple  numérique  y  =  i  ,3,  R  =  1,6,  I  =o,ooa,  pour  lequel  l'abaque 
donne  U  =  2"",  4.  ^ 

B.   —  Abaques  a  transversales  diverses. 

94.  Abaques  à  transversale  circulaire,  —  Si  l'on  analyse  le 
mode  d'emploi  des  abaques  à  points  alignés,  on  reconnaît  qu'il 
consiste  essentiellement  en  ceci  :  deux  points  cotés  déterminant 
la  position  d^une  transversale  rectiligne  (l'index)  tracée  sur 
un  transparent,  si  cette  transversale  passe  par  un  troisième 
point  coté,  il  existe  entre  les  cotes  des  trois  points  une  équation 
dont  on  a  ainsi  un  mode  de  représentation. 

L'idée  se  présente  dès  lors  de  remplacer  la  transversale  recti- 
Qe  par  une  transversale  quelconque,  telle  que  sa  position  soit 


ÉQUATIONS  A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  235 

complètement  définie  par  deux  points  cotés.  Cette  idée  se  rencontre 
dans  un  Mémoire  de  M.  le  capitaine  Goedseels  (*),  professeur  à 
rÉcole  de  Guerre  de  Bruxelles,  dont  nous  allons  résumer  la  sub- 
staDce. 

La  seule  courbe,  invariable  déforme,  qui  partage  avec  la  ligne 
droite  la  propriété  d'être  déterminée  de  position  par  deux  points, 
esl  un  cercle  de  rayon  constant.  De  même,  en  effet,  qu'une 
droite  définie  par  deux  points  peut  glisser  sur  elle-même  en  fai- 
sant naître  une  translation,  un  cercle  de  rayon  donné,  défini  par 
deux  points,  peut  glisser  sur  lui-même,  en  faisant  naître  une  ro- 
tation. Le  type  d'abaque  correspondant  est  donné  par  \difig.  loi . 

Fig.  ICI. 


La  considération  des  transversales  circulaires  ne  présente  guère 
qoun  intérêt  théorique.  Nous  nous  y  arrêterons  toutefois  un  in- 
stant pour  faire  voir  que  le  calcul  que  nous  avons  développé  au 
D'^  82  permet  de  mettre  sous  forme  symétrique  (^)le  type  géné- 
f^l d'équation  ainsi  représentable. 

L'équation  du  cercle  de  rayon  R  servant  de  transversale,  rap- 
porté à  deux  axes  rectangulaires  fixes,  mais  d'ailleurs  quelconques, 
du  plan  est 

5cl  7i  étant  les  coordonnées  variables  de  son  centre.  Exprimant 


(')  Le»  procédés  pour  simplifier  les  calculs  ramenés  à  l'emploi  de  deux 
transçersales  gui  se  rencontrent  au  sein  d'une  graduation.  Bruxelles,  1898. 

(')  Ce  type  d'équation  n'est  pas,  dans  le  Mémoire  de  M.  Goedseels,  donné  sous 
forme  symétrique. 


236 


CHAPITRE   III. 


que  ce  cercle  passe  par  les  trois  points  cotés  («i),  (a2),  ( 
dont  les  coordonnées  sont  définies  respectivement  par 


(«i) 


^=//»     y  =  ?i      (*=  ï»a»  3), 


on  a  les  trois  équations 

jî+TT)»— 2//{-  2cp/r, -+- /?+©?— R«=o        (i=  f,2,  3,). 

Le  problème  qui  consiste  à  éliminer  Ç  et  tj  entre  ces  trois  éq 
lions  est  algébriquement  le  même  que  celui  qui   a  été  réso 
au  n^  52,  lorsqu'on  remplace 

ai    par     i, 

—  lOl, 

Nous  pouvons  donc  écrire  immédiatement  le  résultat.  Conve- 
nant d'abord,  pour  simplifier  l'écriture,  de  poser  d'une  manière 

générale 

at     b\     C\ 

a,     bi     Cl     =!a/^iC/|, 

«s      ^3      Cz 

et  remarquant  que 

I     ai    /;-f-(p/-R«  1  =  1  I     «/    /*  +  ??    . 


X 

» 

y 

» 

fi 

» 

?/ 

M 

d/y 

» 

nous  avons  pour  l'équation  cherchée 


I  «    ?/    /? -1- ?'  I  + 1 /,•    I    //+<?'  I 
+  41//    ?,-    I  1(1//    ?/  /?-(-??  I-R'l//   ?/ 

Si  l'on  pose 

//'  +  ??--=<!'/. 


M)  = 


on  voit  qu'avec  la  notation  abrégée  du  n°  52  l'équation  précédente 

peut  s'écrire 

D)-hD|-f-4D^(D— R«D^)  =  o. 

En  particulier,  si  les  points  (ai  )  et  (ag)  sont  distribués  sur  Ox, 
les  points  (as)  sur  O^,  celte  équation,  toutes  réductions  faites. 


fiQUATIONS   A   TROIS  YARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  287 

prend  la  forme  simple 

95.  Abaques  à  transversale  quelconque  et  repère.  Abaques 
àéquerre.  —  Si  la  transversale  e.st  autre  qu'une  droite  ou  un 
cercle  (*),  il  faut  trois  (2),  au  lieu  de  deux,  conditions  pour  dé- 
finir sa  position  par  rapport  à  l'abaque  :  aussi  ne  suffîra-t-il  plus 
de  la  faire  passer  par  deux  points  cotés  et  faudra-t-il  lui  imposer, 
eaoQire,  une  condition  simple  quelconque.  Celle  qui  se  présente 
tout  naturellement  à  l'esprit  consiste  à  mettre  en  coïncidence  avec 
l'un  de  ces  deux  points  cotés,  un  point  marqué  sur  la  transversale 
et  que  nous  appellerons  son  repère. 

En  faisant  varier  la  nature  de  celte  transversale  et  la  position  du 
repère,  on  peut  engendrer  des  modes  de  représentation  en  nombre 
pour  ainsi  dire  indéfini,  s'appliquant  à  des  équations  de  types  di- 
vers. Il  s'en  faut  pourtant  que  toutes  ces  sortes  d'abaques  soient 
d'un  grand  intérêt  pratique.  Ceux  qui.  à  ce  point  de  vue,  présen- 
teront le  plus  d'importance,  seront,  cela  va  de  soi,  ceux  pour  les- 
quels la  transversale  sera  de  nature  simple. 

On  peut,  par  exemple,  supposer  que  celle-ci  se  réduise  à  un 
système  de  deux  droites,  plus  particulièrement  à  deux  droites  rec- 
tangulaires ('),  le  repère  étant  le  point  de  rencontre  de  ces  deux 
droites.  On  obtient  ainsi  le  type  d'abaque  représenté  par  la 
fig'  102  et  que  M.  Goedseels  a  appelé  abaque  à  équerre. 

Il  est  très  facile  de  former  le  type  général  d'équation  corres- 
pondant. Les  trois  systèmes  de  points  cotrs  étant,  en  efTel,  défi- 
Dïspar  les  formules 

^  =//'       r  =  ?*•        (**=  ^  ^»  ^)» 


(')  Rigoureusement  il  faudrait  dire  un  système  de  trois  droites  parallèles  ou 
QC  trois  cercles  concentriques,  comme  on  le  verra  plus  loin  (n"  li5,  Beni.  I). 

(')  Pour  s*en  rendre  compte,  il  êuffit  de  rapporter  cette  transversale  mobile  cl 
•ûTariable  de  forme  à  deux  axes  rectangulaires  qui  lui  soient  invariablement  liés. 
S*  position  se  trouve  alors  définie  par  celle  de  ces  axes;  or  cela  exige  trois  con- 
sistions, deux  d'entre  elles  définissant,  par  exemple,  la  position  de  l'origine  et  la 
^'oisiéme  l'orientation  des  axes. 

(')  Ces  deux  droites  rectangulaires  pourront  être  soit  dessinées  sur  un  trans- 
P^cni,  soit  constituées  par  les  bords  d'une  équerre,  comme  c'est  le  cas  pour  le 
ProGlomèlre  Siégler  (nMl3). 


238  CHAPITRE   III. 

on  a,  en  écrivant  la  condition  de  perpendicularîté  des  droit;.  ^ 
O'X'  et  O'Y'  dont  l'ensemble  constitue  la  transversale, 

(?1— ?2)(?l-?3)+(/l— /î)(/|— /s)  =  0. 

Si  les  points  (ai)  sont  distribués  sur  l'axe  Oy,  les  points  (aj)  ^i 


(aj)  sur  Taxe  O^,  on  a/i  ^  o,  ^2^  o,  çj^  o,  et  l'équation  se  ré- 
duit à 

Un  abaque  de  ce  genre  se  rencontre  dans  le  profilomèire  de 
M.  Siégler  dont  il  sera  question  plus  loin  (n®  113). 

96.  Abaques  à  trans^^ersalc  quelconque  pour  équations  à 
quatre  variables,  —  La  fixation  sur  l'abaque  de  la  position 
d'une  transversale  quelconque,  invariable  de  forme  bien  entendu, 
exigeant  trois  conditions  simples,  nous  avons  dû,  pour  utiliser  une 
telle  transversale  dans  la  représentation  d'une  équation  à  trois  va- 
riables, lui  imposer  une  condition  venant  s'ajouter  à  l'obligation  de 
passer  par  deux  points  cotés.  Nous  pourrons  donc,  au  lieu  de  cette 
condition  supplémentaire  réalisée  ci-dessus  au  mojen  du  repère, 
lui  imposer  l'obligation  de  passer  par  un  troisième  point  coté  et 
nous  aurons  ainsi  un  mode  de  représenlation  applicable  à  des 
équations  à  quatre  variables.  Ce  genre  d'abaque  est  également 
proposé  par  M.  Goedseels  dans  le  travail  déjà  cité. 


ÉQUATIONS  A    TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  289 

Reprenons,  par  exemple,  l'équerre  du  numéro  précédent;  elle 
nous  donnera  le  type  d'abaque  ainsi  défini  : 

On  applique,  sur  ^abaque  portant  les  quatre  échelles  cur- 
vilignes («i),  (aa),  (as),  (a4),  une  équerre  dont  on  fait  passer 
l^un  des  côtés  par  les  points  cotés  ai  et  0L2  et  l'autre  côté  par 
le  point  coté  OL^.  Ce  second  côté  coupe  alors  la  quatrième  échelle 
O.U point  coté  a,. 

Comme  précédemment  la  forme  d'équation  correspondante 
s'obtient  immédiatement  en  écrivant  la  condition  de  perpendicu- 
larité  des  deux  axes  constituant  la  transversale,  ce  qui  donne 

(?1  — ?2)(?3—  ?4)  +  (/l— /2)(/3  — /4)=0. 

Exemple  :  Abaque  des  levers  tachéométriques.  —  C'est  à  M.  Gocdseels 
que  nous  empruntons  cet  exemple. 

Soient  h  la  lecture  stadimétrique,  i  la  distance  zénithale,  a  Tazimut 
donnés  pour  un  point  par  le  tachéomètre,  X,  Y,  Z  les  coordonnées  rectan- 
gulaires de  ce  point.  On  a,  en  représentant  par  C  une  constante  instru- 
mentale, 

(i)  X  =  /f(G  sint-h  cost)  sin/cosa, 

(2)  Y  —  A(G  sini  H- cosf)  sint  sina, 

(3)  Z  = //(G  sin  £ -f- cost)cosf, 

ou,  en  supprimant  le  terme  h  cos'/,  généralement  négligeable, 
(3')  Z  =  -Gsin9.t. 

On  voit  que  les  formules  (i),  (2)  et  (3')  se  ramènent  à  une  seule  équation 
(E)  ^  «4  =  a2(Gsina3  H- cosas)  sinaj  cosai, 

grâce  aux  identifications 
(1)1  OLxT=a,  aj  — A,  «3—^,  «4  — X, 

(2)1  ai-^^  — r/,  OLii^h,  «3--^,  a;  — Y, 

(3)i  ai -:= 2t,         a«— ->         a3Ei3-,         ol.-^L, 

2  2  2 

Bornons-nous  donc  à  représenter  l'équation  (E).  Or  elle  peut  s'écrire. 
^1  Pf  q  étant  trois  paramètres  arbitraires  dont  on  disposera  par  la  suite, 

(— ^cosa,)     /?(sin«a3-4-  gsinaacosasj     -+-  (—  -^jir-  'j^)^  "" 


'2!\0 


CHAPITRE   III. 


Sous  cette  forme,  elle  rentre  immédiatement  dans  le  type  général  ci-dessi 
grâce  aux  identifications 


^O, 


-:.     'l^PS 


«î 


^i^—  q  cos»! 

?i  =  o, 


-o, 


ç>,  =-=/?  (sin*aj -I-  ^sinascoszsj 


«4 


//l  i^ 


T  y 


riL     -=  o. 


Les  points  («i)  et  (aj)  sont  donc  distribués  sur  0^,  de  part  et  d*auti 


Fij;.   io3. 


If 


■Î-H- 


I 


>,  j  I,  I.  1 L 


± 


I  .  '   .    1 


^ 


A    rn 

J, 


—^ 


(3ti  )   - 


ga- 


s^ 


T — Tr^'-I — T 1 1     M  '  'r  '  'I 


'       '       '     J^    ' 


(le  l'origine,  lc<  points  (a*)  et  (a^)  sur   la  partie  positive  de  Ox;  oii  dis- 


ÉQUATIO:«iS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  24 1 

i nouera  d*ailleurs  ces  derniers  les  uns  des  autres  en  plaçant  les  gradua- 
tons  correspondantes  de  part  et  d'autre  de  0.r. 

Pour  un  tachéomètre  dont  la  constante  G  est  égale  à  100,  ce  qui  est  le 
2  as  ordinaire,  et  en  donnant  au\  paramètres  m,  /?,  q  les  valeurs 

'"=■'•         ''=^5'  'i'=^' 

.  Goedseels  a  obtenu   Tabaque  dont   la  fig,  io3  est  la    réduction  à  la 
oitié. 

Les  graduations  angulaires  y  sont  faites  en  grades  ('). 

Prenons  l'exemple  numérique  pour  lequel  les  données  sont 

h  =  1,54,         a  =  70^         t  =  93S 
<l'où  l'on  déduit  immédiatement 

-  =  0,77,  a  =  3o*, ?.  1=01/1", 

ce  dernier  angle,  pour  être  compris  entre  o  et  2ir  —  4oo*,  ayant  été  aug- 
menté de  ai:. 

Les  trois  positions  de  l'équerre,  dont  la  première  seule  a  été  marquée 
en  pointillé  sur  la  figure,  donnent  successivement  : 

Pour  a,  =  70,  aj  =  i,54,  ag  =  gS, 

X  =  a^  rr.  66'"  ; 

Pour  ai  —  3o,  «j  =  r,  54,  ^3  —  93, 

Y  =av^i34"'; 
Pour  ai  =  3 14,   ^i  =  0,77,  as  =  100, 

Z  =  av  =  8"». 

97.  Abaques  à  parallèles  mobiles.  —  La  position  du  Irans- 
parenty  lorsqu'une  droite  qui  y  est  tracée  est  amenée  à  passer  par 
deux  points  cotés,  n'est  déterminée,  avons-nous  vu,  qu'à  une 
translation  près;  mais  il  est  des  lignes  dont  cette  translation  ne 
fait  pas  varier  la  position  :  ce  sont  les  droites  parallèles  à  la  pre- 
mière. De  là  l'idée  d'un  autre   mode  de  représentation  appli- 


(')  Suivant  le  conseil  donné  par  le  colonel  Goulier,  pour  la  graduation  des 
mires,  les  chilTraisons  de  (a,)  et  de  {a^)  ont  été  inscrites  de  façon  que  le  sens 
croissant  de  la  graduation  soit  dirigé  vers  la  droite  du  chiffre  lu  normalement.  Ce 
conseil  n'a  pas  été  suivi  en  ce  qui  concerne  la  chiiïraison  de  (ot})?  parce  que, 
l'abaque  étant  tenu  comme  l'indique  la  figure,  les  chiffres  seraient  lus  à  l'envers. 

M.  dO.  16 


242 


CHAPITRE   III. 


cable  à  des  (^nations  à  quatre  variables,  qui  a  été  proposé  p. 
M.  M.  Begbin  ('  ). 

Sur  l^  abaque  portant  quatre  échelles  curvilignes  (a,),  (a^ 
(a,)  et  (a,),  on  applique  un  transparent  portant  des  lign  ^ 
parallèles  équidistantes  (Jig-  io4),  de  façon  que  l'une  d'elle' 
Ajj,  passe  par  les  points  cotés  ai  et  ol^.  Celle,  A',  qui  passe  alo^ 

Fig.  loî. 


par  le  point  coté  as  (-),  rencontre  alors  la  quatrième  échelle 
en  un  point  dont  la  cote  est  a,. 

Il  suffit  d'exprimer  le  parallélisme  des  droites  définies,  d'une 
part  par  les  points  (a,)  et  (a^),  de  l'autre  par  les  points  (aj») 
et  (as),  pour  avoir  la  forme  de  l'équation  représentée 

(/î  --/l  )  (  ?3  —  ?0  —  (  ?î  —  ?1  )  (/s  —A  )  "-=  «» 

• 

/s  et  '^4  désignant  des  fonctions  quelconques  de  a,.  Ce  type  est  le 
même  que  celui  du  numéro  précédent,  ce  qui  était  évident  a 
priori. 

Si  l'on  fait  a^iziai,  on  tombe  sur  un  mode  de  représentation 
d'une  équation  à  trois  variables  dans  lequel,  à  la  variable  ai  cor- 
respondent deux  éclielles  curvilignes  (a,)  et  (a,)'. 


(')  G.  C.  t.  WII,  p.  i-j'i  (iSq:)). 

(-)  Celte  parallèle  A'  peut  n'être  pas  une  de  celles  qui  sont  effectivement  tra- 
cées sur  le  transparent,  mais  être  interpolée  visuellement  entre  celles-ci.  Lorsqut* 
les  parallèles  é({uidistantes  sont  suffisamment  rapprochées,  une  telle  opération 
comporte  une  {grande  précision. 


ÉQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A  ALIGNEMENT.  2^3 

Oomme  c'est  la  première  fois  que  s'offre  à  nous  un  exemple  de 
ce  genre,  nous  insisterons  sur  la  remarque  que  voici  : 

Lorsqu*à  une  même  variable  correspondent  plusieurs  sys- 
^^mes  gradués  sur  un  abaque,  cette  variable,  prise  pour  in- 
^dnnue^  ne  peut,  en  général,  être  obtenue  au  moyen  de  Va- 
^€zque  que  par  tâtonnements. 

Dans  l'exemple  qui  nous  occupe,  on  voit  que,  pour  avoir  ai 
«orsque  7.2  et  as  sont  donnés,  il  faut,  ayant  fait  passer  la  droite  A^ 
par  le  point  coté  aj,  faire  tourner  le  transparent  autour  de  ce 
point,  jusqu'à  ce  que  la  cote  du  point  où  AJ^  coupe  l'échelle  (a,)  et 
la  cote  du  point  où  la  parallèle  à  A'^,  passant  par  le  point  coté  as 
(parallèle  qui  varie  à  chaque  instant  sur  le  transparent),  coupe 
l'échelle  (ai)',  soient  égales  entre  elles. 

L'emploi  d'un  tel  abaque  ne  sera  donc  avantageux  qu'autant 
que  l'on  n'aura  jamais  à  prendre  la  variable  ai  pour  inconnue.  Il 
faut  observer  d'ailleurs  que,  dans  la  plupart  des  formules  usitées 
en  pratique^  î^  y  ^  une  ou  plusieurs  variables,  souvent  même 
toutes  les  variables,  moins  une,  pour  lesquelles  cette  condition 
a  lieu  ('). 

Quel  sera,  d'autre  part,  le  bénéfice  que  l'on  pourra  avoir  à 
retirer  d'une  méthode  de  ce  genre?  Celui,, dans  certains  cas,  de 
substituer  à  un  abaque  comportant  des  lignes  cotées  un  autre 
abaque  sur  lequel  ne  figurent  que  des  points  cotés,  dont  la  supé- 
riorité, tant  au  point  de  vue  de  la  facilité  du  dessin  que  de  la  com- 
modité et  de  la  précision  de  la  lecture,  a  déjà  été  signalée  (n°  30). 

98.  Exemple  (*)  :  Second  abaque  des  murs  de  soutènement  pour  des 
terres  profilées  suivant  leur  talus  naturel.  —  Reprenons  l'équation  du 
n*  53 

9 

k^  -f-  kp  sinç  coscp  —  ~r  cos'ç  =  o. 

Nous  avons  vu  qu'elle  est  représentable  au  moyen  d'un  système  de  cercles 

les  de  droites;  en  revanche,  elle  ne  l'est  pas  au  moyen 


et  de  deux  systèmes  de  droites;  en 


(1)  Cette  remarque  a  déjà  été  formulée,  sous  une  forme  un  peu  différente,  dans 
le  renvoi  au  bas  de  la  page  32. 

(')  La  modification  du  profilomctre  Siégler,  que  nous  avions  proposée  naguère 
(A.  P.  C,  avril  i883,  p.403),  est  un  premier  exemple  d'application  de  ce  procédé. 


244  CHAPITRE   III. 

de  trois  systèmes  de  droites  entrecroisés,  ni  non  plus,  corrélativem 
par  points  alignés. 

La    méthode    des   parallèles    mobiles   permet    néanmoins,   comme 
va   voir,  de  représenter  cette   équation   uniquement  au  moyen  de  s 
tèmes  de  points  cotés;  c'est  même  à  l'occasion  de  cette  application 
iM.  Beghin  a  fait  connaître  le  principe  de  la  méthode. 

L'équation  peut  s'écrire,  X,  {x,  v  étant  des  paramètres  actuellement  in 
terminés, 

H^  ^''  f  •       ^      /   »        vcotçpN 

sin<pcos^     [i  '    \  -i      / 

Elle  rentre  alors  dans  le  type  général  ci-dessus,  moyennant  les  identi 
cations  ('  ) 


/         ^       - 

2fX 

sin2cp 

tn  m    — =  f\ 

''^        sincpcoscp 

f  1  —  "» 

o;  -0, 

A  ^  =  o, 

?t  --  X/>, 

/3-vA, 

73.. --.A». 

?),  (?i),  (j»)et(A-) 

seront 

dès  lors  définies 

X  =   -.—?—-  , 

sin2^ 

y 

=  o, 

vcottp 
X  -       -       . 

y 

r=0, 

X       o, 

y 

r-.  X/), 

:r  —  V  A-, 

y 

(•f) 

(p) 
a) 

Les  deux  premières  auront  pour  support  l'axe  Oj*,  de  part  et  d'autre 
duquel  elles  seront  marquées,  la  troisième  Taxe  0^,  la  quatrième  la  para- 
bole dont  l'équation  est 

Ix^ 

y  ~  — 

Si  l'on  prend  X  r-.  S^^y  [i  r=  a*^"",  v  =  6*"',  ou  a 


/cm 
X  =   -r —       > 

sin2(p 

(?) 

y^o, 

(?') 

X  —   ?/"'.C0tQp, 

y-=o. 

(/') 

X      •   O, 

y     /^.s^"*. 

(/) 

X  r^  A'.G'^'", 

j^-A».2r«'. 

C)  On  peut  ici,  bien  évidemment,  faire  correspondre  deux  échelles  à  la  va- 
riable cp,  allendu  que  cet  angle,  qui  représente  rinclinaison  naturelle  des  terres 
employées,  sur  l'horizon,  n'a,  en  aucun  cas,  à  être  pris  comme  inconnue. 


fiQUATIONS   A   TROIS   VARIABLES.    ABAQUES   A   ALIGNEMENT.  2^5 

r*our  les  mêmes  limites  des  variables  qu'au   n°  53,  et  en  prenant  les 
axes    Ox  et  Oy  inclinés  à  45*  Tun  sur  l'autre,  on  obtient  l'abaque  de 

Kig.  io5. 


la  fig.  io5.  On  a,  sur  cette  figure,  tracé  en  pointillé  les  positions  des 
parallèles  correspondant  à  l'exemple  numérique  du  n°  53,  savoir  : 

tp  =  3o*,        p  =  0,75. 

L'abaque  donne  bien  encore 

k  —  0,3. 


2^6  CHAPITRE  lY. 


CHAPITRE  IV. 

SYSTÈMES  DE  DEUX  ÉQUATIONS  (•)• 
APPLICATION  GÉNÉRALE  AU  CALCUL  DES  PROFILS 

DE  REMBLAI  ET  DE  DÉBLAI. 


I.  —  Généralités. 

99.  Abaques  indépendants,  accouplés  ou  superposés.  —  On 
rencontre  dans  quelques  applications  des  systèmes  d^équatioiis  de 
la  forme 

F(ai,a,,a,)  =  0, 
*(ai,aï»3t4)  =0. 

On  peut,  en  utilisant  les  méthodes  exposées  dans  les  deux  Cha- 
pitres précédents,  construire  un  abaque  pour  chacune  de  ces 
équations.  Ces  abaques  indépendants  permettent  de  calculer  les 
valeurs  des  deux  dernières  variables  lorsqu'on  se  donne  soit  ai 
et  7.2J  soit  Tune  de  celles-ci  avec  a3  ou  aj. 

Supposons,  par  exemple,  qu'on  se  donne  ai  et  as.  L'abaque  de 
F  fait  alors  connaître  a-j,  puis,  au  moyen  de  ai  et  aa,  l'abaque  de 
<[>  fait  connaître  a^. 

Mais,  si  l'on  se  donne  ol^  et  a,,  les  abaques  construits  ne  per- 
mettent d'obtenir  a,  et  a^  que  par  tâtonnements.  On  procéderait 
ainsi  :  Prenant  arbitrairement  une  même  valeur  de  ai  sur  les  deux 
abaques,  on  verrait,  en  la  joignant  respectivement  aux  valeurs  de 
ag  et  a.,  données,  les  valeurs  de  ol^  qu'elle  déterminerait,  et  l'on 
ferait  varier  cette  valeur  commune  de  ai  jusqu'à  ce  que  les  deux 
valeurs  obtenues  pour  aa  devinssent  égales. 


(')  On  trouvera  ail  Chapitre  suivant  (n"  139)  uu  autre  exemple  d'abaque  pour 
iin  système  de  deux  équations. 


SVSTËHES   DE  DEUX   EQUATIONS.  2^J 

Un  tel  procédé  laisseraiL  à  désirer  sous  le  rapport  de  la  rapidité 
et  de  la  précision,  \fais  il  faut  bien  dire  que,  lorsque,  en  pratique, 
des  équations  se  présentent  sous  la  forme  ci-dessus,  ce  sont  les 
variables  aj  et  ce,  qui  y  sont  génératenicnt  prises  pour  inconnues. 
Puisque  le  choix  est  libre  de  deux  sur  trois  des  systèmes  cotés 
constituant  l'abaque  d'une  équation  (n"  46),  On  peut  toujours  ad- 
mettre pour  chacune  des  équations  précédentes  un  système  com- 
mun répondant  à  une  des  variables  communes,  a,  par  exemple, 
«t,  en  particulier,  un  s^'stème  de  droites  parallèles.  Dans  ces  con- 
ditions, on  peut  dessiner  les  deux  abaques  l'un  à  côté  de  l'aulrt: 
en  superposant  leurs  sj'stèmes  de  parallèles  (a,),  tout  en  déga- 
geant l'une  de  l'autre  les  parties  utiles  des  autres  systèmes  cotés 
de  chacun  d'eux.  On  obtient  ainsi  un  diagramme  dont  la  disposi- 
tion est  celle  de  la^ï"'.  io6,  et  l'on  dit  que  les  deux  abaques  sont 
accouplés  par  la  variable  a, . 


La  remarque  qui  vient  d'être  faite  à  propos  des  abaques  indé- 
pendants s'applique  encore  aux  abaques  accouplés.  Ils  ne  peuvent 
donner  a,  et  ^i,  lorsqu'on  connaît  a,  et  x,,  que  par  tâtonnements. 

Mais,  puisque,  comme  nous  venons  de  le  voir,  nous  disposons 
librement  de  deux  des  systèmes  cotés  de  chaque  abaque,  adoptons 
maintenant  pour  l'un  et  pour  l'autre  les  mêmes  systèmes  (cl,)  et 
(xi).  Nous  pourrons  alors  tracer  sur  le  même  tableau  le  système 
(a,)  et  le  système  (a,)  qui,  joints  aux  deux  premiers,  constituent 
l'un  l'abaque  de  F,  l'autre  l'abaque  de  4'.  Dans  ce  cas,  le  dia- 
gramme obtenu  présente  la  disposition  de  la  Jlg.  lo-,  et  nous 
disons  que  les  deux  abaques  sont  superposés. 

Ici,  les  courbes  cotées  qui  correspondent  ù  des  valeurs  de  »t, 
«ii*j.'**CO''*"'w«"""'*^'^''^""î'^^*<'^""o^*'^^^  équations  don- 


^4^^  <:HAPIThe  IV. 

nées,  passent  par  un  même  point.  Il  est,  par  suUe,  iadifférenl=r^ 
qu'on  so  donne  les  valeurs  de  tel  on  tel  couple  d'entre  elles.  Le^^- 
courhcs  cotées  au  moyen  des  valeurs  des  variables  données  s^s- 
coiipenl  en  un  point  par  où  passent  deux  courbes  prises  respecli — 
vemenl  dans  les  deux  autres  systèmes  et  dont  les  cotes  sont  le& 
valeurs  des  inconnues. 

Fig.  .07. 


La  superposition  des  deux  abaques  étant,  comme  on  vient  de  le 
voir,  toujours  chose  possible,  il  semble,  «  priori,  qu'on  ne  doivf 
pas  hésiter  à  y  recourir  dans  tous  les  cas.  Il  est  cependant  une- 
considération  qui  peut  y  faire  renoncer  :  il  se  peut,  en  elTel,  qur 
chacun  des  deux  abaques  F'  cl  <[>  soit  individuellement  susceptible 
d'unamorphiise  avec  des  choix  dilTércnls  pour  les  systèmes  (a,) 
et  (xi);  dans  ce  cas,  la  bien  phis  grande  simplicité  de  la  con- 
struction pourra    faire  renoncer  aux    avantages   de   la    supcrpo- 

/iemarque  I.  —  Si  les  équations  F  et  4>  sont  de  la  forme 

/{<•„=<,)-/,(>.>■ 

les  courbes  cotées  (xj)  et  (a,)  sont  géométriquement  les  mémr 
et  ne  dilTèronl  que  par  leurs  graduations.  Le  diagramme  forn 
par  les  abaques  superposés  se  réduit  donc  ;'i  un  ensemble  de  Irt 
systèmes  de  courbes  lOLées,  dont  l'un  pourvu  de  deux  graduatioi 
l'une  pour  aj,  l'autre  pour  «i- 


SYSTÈMES    DE   DEtX    ÉQUATIONS.  249 

11  va  sans  dire  que,  dans   ce  cas,  il  ne  peiil  être  question  de 
l^T^endre  ol^  et  cl^  comme  données  indépendantes.  La  connaissance 
^e   Tune  d'elles  entraîne  celle  de  Tautre  et  laisse  le  système  des 
"Valeurs  de  ai  et  a2  indéterminé. 

Remarque  II.  —  Si  les  équations  sont  telles  qu'il  puisse  y 

«xvoir  superposition,  et  que  les  quatre  systèmes  de  lignes  cotées 

^ie  soient  composés  que  de  droites,   on  substituera  à  celles-ci, 

Cïn  vertu  du  principe  du  n°  S6,  et  par  l'emploi  des  coordonnées 

parallèles  (n"  57),  de  simples  points  cotés. 

Dès  lors,  la  droite  joignant  les  points  correspondant  à  deux  des 
variables  coupera  les  deux  dernières  échelles  en  des  points  dont 
les  cotes  seront  les  valeurs  correspondantes  des  deux  autres 
variables  (*). 

100.  Exemples  (*).  —  i"  Abaque  des  triangles  sphériques  rectangles. 
Point  à  la  mer.  —  La  resolution  du  triangle  sphérique  ABC,  rectangle 
en  A,  peut,  dans  cinq  cas  sur  six,  se  réduire  à  l'emploi  des  deux  seules 
équations 

(i)  cos»!  cosaj  —  cosas, 

(2)  cotai  sinaj  —  cola^. 

Les  cinq  éléments  à  considérer  dans  le  triangle  sont,  en  effet,  l'hypoté 
nuse  a,  les  côtés  de  l'angle  droit  b  et  c,  et  les  angles  droits  B  et  G,  d'où 
les  six  cas  de  résolution  : 

Données.  Inconnues. 

I*' cas a,   b;  c,  B,  C; 

2*  cas bf    c;  a,  B,  C; 

3*  cas «î  B;  6,   c,  G; 

4*  cas 6,   B;  a,    c,  G; 

5*  cas ^,  G;  a,    c,  B; 

6*  cas B,  G;  «,  6,  c. 


(*)  Indépendamment  de  l'application  de  ce  genre  d'abaque,  développée  dans 
les  n**  110  et  111,  nous  citerons  encore  les  échelles  (a)  et  (e)  de  l'abaque  du 
commandant  Bertrand  (n*>  71),  chacune  d'elles  jointe  aux  échelles  (g),  {d)  et 
(y)  constituant  un  abaque  du  type  visé  dans  la  Remarque  II  ci-dessus,  et  un 
abaque  construit  par  M.  Dariès  pour  la  formule  de  M.  Maurice  Lévy,  relative  à 
récoulement  de  l'eau  dans  les  conduites  {Nouv.  Ann.  de  la  Construction^  5*  sé- 
rie, t.  IV,  col.  ii3;  1897). 

(^)  L'abaque  des  corrections  dynamiques  de  niveau  (  n"  36,  2")  peut  être  cilé 
comme  un  exemple  d'abaques  superposés,  les  deux  abaques  en  lesquels  il  se  dé- 
compose ayant  en  commun  les  éléments  cotés  {d)  et  (t, ). 


on  a 

ai=c,      a^sB, 

» 

«v-C, 

u 

ai=-:a,     av.=  B, 

II 

a*    -C. 

II 

a,  -  6,     at=c, 

II 

a*-C, 

■• 

«»=-«,     »,=  c, 

»• 

«v-  C, 

u 

a,. -a,     «issc, 

u 

24—3. 

2D0  CHAPITRE  IT. 

Voici  comment  les  équations  (1)  et  (a)  permettent  de  résoudre  les  cioq 
premiers  cas  (*)  : 

i'^  cas  :        Pour    aj==a,     a|=^6, 

u*  r^5  ;  »         ai  =^  b,     ajr-^  c, 

a,-3  c,      OLib, 

V  Cfis  :  ••         a3r-=flr,     av:~  B, 

»         ai^"C,     ajf-ft. 

i'  oa*  ;  »         ai    F  b^     a^  =^  B, 

ï'^  Crt5  ;  »  aj  r=  6,      a^  =~  C, 

a,F--^>,     a,=  c, 

11  suffit  donc  de  superposer  les  abaques  des  équations  (i)  et  (!i)  pour 
pouvoir  résoudre  à  vue,  au  moyen  de  Tabaquc  à  quatre  systèmes  de  lignes 
cotées  ainsi  obtenu,  les  cinq  cas  indiqués  ci-dessus. 

Kn  prenant  tout  simplement  pour  lignes  cotées  (ai)  et  (a,) 

(  ai  )  j*  —  /ai, 

(  aj  )  j^  =  /a*, 

ce  qui  donne 

.7*  V 

(a,)  cosy  siuy  -  cosa,. 

X  Y 

(Xi)  nu  y  sin  •--- —  cola;, 

on  obtient  Tabaquc  do  la  Jifi^.  108,  construit  par  MM.  Favé  et  Rollet  de 
risl(\  ingénieurs  hydro«:raphes,  en  vue  de  l'application  suivante  (*)  : 

Dans  la  détermination  du  point  à  la  mer  par  la  hauteur  des  astres,  on  a 
à  résoudre  le  triangle  pcMe-zénilh-aslre  V7»E  (Ji^.  109),  connaissant  la  dis- 
lance polaire  PE  —  0,  la  colatitude  PZ  =  X  et  l'angle  horaire  ZPE  =  iH. 
Il  s'agit  d'ublenir  la  distance  zénithale  ZE  —  5  et  Tazimut  BZE  =  A,  ou 
>ou  su|)plément  PZE  ('). 

On  peut,  pour  elToeiuer  celte  résolution,  appliquer  le  procédé  de 
Towson,  qui  a  déjà  donné  lieu  au\  tables  de  Lord  Kelvin  (Sir  William 
Tliom>on)  et  qui  consiste  à  mener  par  le  point  E  le  grand  cercle  EB  nor- 
mal au  méridien  PZ. 


I  '  •  On  trouvera  plus  loin  (  n"*  \'1\)  un  abaque  pernietlaDt  de  résoudre  tous  les 
ras  possibles  relatifs  aux  triangles  sphériques. 

(-)  Annales  hydrographiques.,  i\)>.. 

(')  C'est  cet  angle  que,  dans  leur  Mémoire,  MM.  Favé  et  Rollet  de  PIslc  re- 
présentent par  \z. 


SÏSTbXES   DE   DEUX  ÉQUATIONS-  35l 

n»-it  triangle  rectangle  PBE  nous  pouvons,  connaissant  à  et  Ai,  cqI. 
PB  ==  m  el  BE  =  n.  C'est  ici  le  troisième  cas  de  résolution,  et,  en 


1 

.0 

=-*^^ 

:^^^^^ 

i 

^Ê 

5  86 

î- 

1 

^ 

^ 

^-t^'^'S^ 

-i  7° 

Tn 

tMj 

T 

\ 

W 

i+k 

F-- 

TE 

55 

mr 

,— — --          "i 

m 

1^  :3 

ffî 

J  0 

îF 

52 

It"--/ 

:>f><<:5Mi- 

3j/~\ 

iH" 

Tm 

tt 

^ 

.Ai? 

-"^^ 

T  '■" 

i 

i^ 

/  ^ 

vnl 

1 

w 

p- 

U 

^ 

^ 

^^ 

fl-^ 

4 

^~ 

^ 

)m 

^ 

1  / 

"t^CT 

>i 

" 

^ 

~*f-w^ 

tf^ 

cH 

1 

=+- 

f--M^ 

t 

: 

,1,.:- 

ht^T- 

-^P 

^ 

i 

reportant  au  tableau  ci-Ucssus,  nous  voyons  qu'il  suffit  de  prendre 
que  l'abaque  donne 


•loi  CHAPITRE    IV. 

Nous  connaissons  alors,  dans  le  triangle  rectangle  ZBE, 

BE  =  n        et        ZB -^  m  —  X, 

et  nous  devons  calculer  z  et  A.  C'est  ici  le  deuxième  cas  de   résolution 

Fig.  iot>. 


et  le  même  tableau  nous  montre  que  pour 


«ï  --  /i,         aj—  m  —  X, 


Tabaquc  donne 


«3-^  ;:, 


a;  -  A. 


lin  résumr,  rem])loi  <le  Tabaque  pour  obtenir  z  et  A,  connaissant  o,  M  et 
X,  «iera  le  suivant  : 

Ayant  pris  le  point  de  rencontre  des  courbes  «3=::  o  et  «4=  M,  on 
descend  sur  l<i  verticale  de  ce  points  au  point  dont  la  distance  au 
premier  y  comptée  sur  cette  verticale,  est  égale  à  X.  Les  deux  courbes 
passant  par  ce  nouveau  point  donnent  a^^rr.  z  et  a^  —  A. 

Kn  prenant  sur  les  axes  Ox  cl  Oy  des  échelles  de  9."""  pour  io\  et,  tra- 
çant les  courbes  de  10'  en  lo',  on  obtient  facilement  l'approximation  de  la 
minute  qui  suffit  pour  les  besoins  delà  navigation.  \^î\  Jig.  110  reproduit, 
à  grandeur  d'exécution,  un  fragmentde  10"  carrés  de  l'abaque  de  MM.  Pavé 
et  Rollct  de  l'isle.  L'interpolation  parallèlement  aux  axes  s*opère  au 
moyen  d'un  transparent  sur  lequel  un  carré  de  1°  de  côté  est  subdivisé  en 
carrés  de  10'  de  côté. 

Pour  les  différciits  usages  auxquels  cet  abaque  peut  se  prêter  pour  les 
besoins  de  la  navigation,  nous  renvoyons  au  Mémoire  des  auteurs  où  la 
(jucstion  est  traitée  dans  les  plus  grands  détails. 


SYSTËHER   DE   DEUX   EQUATIO.NS.  ioi^ 

a°  Abaque  des  formules  de  Fresnel  pour  la  réjlexion  vitrée  (').  — 

Ces  formules  dtfinissent  les  racines  A  ei  k  des  coeffirienls  de  réilexion  h* 


t  A'  de  la  manière  suivante  : 


(I)   Cooatruit   par  le   tapiiainc  Lafa;   [Journal   de  Physique   théorique  et 
appliquée,  î*  série,  t.  VIll,  p.  96;  1899). 


0.04 


CHAPITRE   IV. 


Pour  construire  Tabaque  de  ce  système  de  deux  équations,  le  capitai 
Lafay  les  a  d'abord  mises  sous  la  forme 


o 


d') 


—  COS* I       I 

(n*— 1)    I 


m' 


-o, 


O 


1 


(■>.') 


O  —  cos*  i    I  I 


m) 


I 


-o. 


Suivant  ce  qui  a  été  vu  au  n*  61,    ces  équations  expriment  respecLî 
vcment  ralTgnement  des  points 

(a:  —  o,  la:  =  /,  ,  \i  —  h/ 

(jrz-.    -/'cos»i\  }  ^r:=/'(n«— i),  iy  —  o, 

et 

1  X  =-.  Il 
a:  —  o,  i  X  —  in^j 

y  -  —  i'cos^iy  \  y  —  l\n>  —  i),  f  j^  =  o. 


-(f^)^ 


Le  premier  abaque  se  composera  donc  des  trois  systèmes  rectilignes  de 


Fig.  III. 


ly 


l'Ois 


_t  0 


Cch«IU  commune  à  A^  «t  ^ 


points  (e),  in)  et  {h)\  le  second,  des  systèmes  rectilignes  (i)  et  (A*    iden- 


SYSTÈMES   DE   DEUX   ÉQUATIONS. 


200 


.1 
I 


«les  aux  systèmes  (i)  et  (h)  du  précédent  et  avec  lesquels,  par  consé- 
<:Dt,  on  pourra  les  faire  coïncider,  et  du  système  curviligne  (n)i  dont  le 
pport  est  une  parabole. 


i 

i 


! 


I. 


-i 


_.    j< 


--! 


-5 


»-! 


.1 


«- 


^ 


-S 


1  •» 


î 


L*abaque  de  Tensemble  des  deux  équations  comprendra  donc  une  échelle 
rectiligne  (i)  portée  sur  Oy,  une  échelle  rectiligne,  à  la  fois  (h)  et  (X)^ 
portée  sur  Ox,  une  échelle  rectiligne  (n),  portée  sur  une  parallèle  à  Oj\ 


256  CHAPITRE   IV. 

pour  le  calcul  de  h,  et  une  échelle  curviligne  (/i)i,  pour  le  calcul  de  k  (*). 

En  prenant  /'  —  2/,  M.  Lafay  a  obtenu  un  abaque  dont  la  disposition  est 
représentée  par  \dL  fig.  m.  Sur  cette  figure  où  les  points  (o,5),  (i),  (i,5) 
et  (-2)  de  l'échelle  curviligne  ont  été  marqués,  on  peut  voir  que  les  divi- 
sions de  cette  échelle,  très  serrées  aux  environs  du  point  (o, 5),  s'espacent 
beaucoup  entre  (1,'))  et  ('i).  M.  Lafay  lui  a  dés  lors  appliqué  le  procédé 
de  transformation  homographiquc  décrit  au  n°  62  (fig*  36,  56  bis  et  57), 
et  dont  il  est  lui-même  l'auteur.  La  droite  A  choisie  comme  devant  titre 
rejelée  à  l'infini  est  tracée  sur  la  yî^.  ni. 

Les  formules  de  transformation  obtenues  comme  il  a  été  dit  à  la  fin  du 
n°  64  sont  ici 


lox  -\-  Zy  —  3o  \ox  -h  3^  —  3o 

L'abaque  transformé  est  représenté  par  W/ig.  112. 

Comme  les  valeurs  de  h^  et  de  k^  ne  sont  pas  moins  utiles  à  connaître 
que  celles  de  h  el  de  X-,  on  a  accolé  à  l'échelle  de  {h)  et  {k)  celle  de  (/i*) 
et  (A-2). 

Par  exemple,  pour  i  —  36**,  n  =  1,68,  l'index,  mené  par  le  point  i  =  36**, 
et  successivement  par  les  points  /i  =  i,68  de  chacune  des  échelles  (/i), 
donne 

A*  — o,io3        et        A**— 0,034. 


II.  —  Calcul  des  profils  de  remblai  et  de  déblai  (*). 

101.  Généralités.  —  Les  équations  qui  s'oflVent  dans  le  calcul 
des  profils  de  remblai  et  de  déblai  rentrent  dans  les  types 

(^)  [/i(ai)J"'»f/2(a,)]"''-/4(aO. 

Pour  représenter  la  première  de  ces  équations  par  trois  systèmes 
recti lignes,  on  posera,  en  représentant  par  U,  V  et  W  trois  fonc- 
tions linéaires  quelconques  en  x  ely  (3),  soit 

^^)  /i~Y»         •^*"'tJ'         /5=Y' 


(  ')  Cet  abaque  à  (|ualrc  échelles  semble,  au  premier  abord,  appartenir  à  la  ca- 
tégorie des  aba(iues  superposés  (n"  99);  il  n'en  est  rien.  Kn  réalité,  il  s'agit  ici 
«le  deux  abaques  accow/?/e.v  par  l'échelle  {i),  attendu  que  la  seconde  échelle 
commune  se  rapporlr,  pour  l'un  et  pour  l'aulrc  des  deux  abaques  réunis,  à  des 
variables  différenlcs  h  et  k. 

C')  0.19. 

("^)  Il  va  sans  dire  que  ces  fouctions  linéaires  doivent  être  telles  que  leurs  quo- 
tients deux  à  deux  ne  se  réduisent  pas  à  des  constantes. 


SYSTÈMES   DE   DEUX   ÉQUATIONS. 


267 


soit 

(4) 


/i  = 


U 


._  V  u 


Afin  d'employer  pour  le  second  abaque  au  moins  un  système  de 
lignes  cotées  commun  avec  le  précédent,  nous  écrirons  l'équa- 
tion (2)  ci-dessus  sous  la  forme 


m. 


(^') 


/i(«i)r/î(«i)]'"'=[/4(a4)]"". 


Nous  voyons  alors  qu'il  suflit,  pour  que  le  second  ne  se  compose 
que  de  lignes  droites  et  soit  accouplé  au  premier  par  la  variable 
ai,  de  poser,  en  appelant  T  une  nouvelle  fonction  linéaire,  soit 


(5) 

'       T 

soit 

(6) 

J  1  ~  x' 

Cela  fait  donc,  dans  Thypothèse  de  l'accouplement  par  la  va- 
riable ai ,  quatre  variantes  de  la  solution  qui  peuvent  être  résumées 
dans  le  tableau  ci-dessous  : 


rM 


4* 


variante,      variante,      variante,      variante. 


i*'  abaque .... 


V' 


2'  abaque {  /7"  = 


m, 

m, 

I 


/-.= 


U 
V 

w 
w 


u 


u' 


V' 


V' 


u 

V 

w 
w 

V' 

u 

V 


u 


w 


V 

w 
u 

w 

u 

V' 
T 

T 
V' 


f  ) 


u 

V' 
V 

w 
u 

u 

V' 


T' 


u 
t 


Si  l'on  voulait  que  les  abaques  fussent  superposés,  il  faudrait, 
clans  le  groupe  (3)  ou  le  groupe  (4),  prendre  les  deux  premières 
M.  D'O.  17 


258  CHAPITRE   IV. 

équations,  ce  qui  donnerait,  pour  le  système  (^4),  soit 

/^  ^  ■  -  V'^  —  '         ^""'^        -^^  ^ T^^; ' 

et  Tune  ou  Taulre  de  ces  fonctions  rationnelles  ne  sauraient  se 
réduire  à  des  fonctions  linéaires  que  pour  m^  =  m2,  auquel  cas  on 
retomberait  sur  la  circonstance  examinée  dans  la  Remarque  1 
du  n" 99. 

Donc,  la  superposition  entraîne  dans  ce  cas  la  nécessité 
d'admettre  un  système  de  lignes  cotées  non  droites,  ce  qui  met 
obstacle  à  l'application  du  principe  des  points  alignés. 

Mais  l'anamorphose  logarithmique  (n®  28)  permet  de  tourner  la 

difficulté.  11  suffit,  en  effet,  d'écrire  les  équations  précédentes 

sous  la  forme 

log/,--log/|r=log/3 

et 


pour  qu'en  posant 


m,  log/i  -t-  /w,  log/j  =  log/iy 

log/i=M, 
log/,-N, 
log/3-M-+-N, 

M  et  N  étant  deux  fonctions  linéaires  quelconques  en  x  et  y,  on 
ail  deux  abaques  supcrposablcs,  puisque  les  lignes  cotées  (ai)  et 
(a2)  y  sont  les  mêmes,  et,  de  plus,  uniquement  composés  de 
droites,  ce  qui  permet  de  les  transformer  en  abaques  à  points  ali- 
gnés. 

I^es  principes  qui  viennent  d'être  exposés  contiennent  la  théorie 
de  tous  les  abaques  qui  ont  été  et  pourraient  encore  être  proposés 
pour  le  calcul  des  profils  de  remblai  et  de  déblai.  Nous  allons  nous 
étendre  sur  ce  sujet  non  seulement  en  raison  de  l'intérêt  intrin- 
sèque qu'il  présente  pour  les  ingénieurs,  mais  encore  parce  que 
c'est  précisément  à  son  occasion  que  sont  nées  la  plupart  des  mé- 
thodes d'où  est  sorti  le  germe  de  la  Nomographie.  On  va  voir  avec 
quelle  simplicité  la  synthèse  réalisée  dans  ce  corps  de  doctrine 
permet  de  retrouver  les  multiples  solutions  du  problème,  dues  à 
diflerenls  auteurs,  et  d'en  faire  une  comparaison  critique. 


SYSTÈMES   DE   DEUX   ÉQUATIONS.  269 

102.  Rappel  des  formules.  Distinction  des  cas,  —  Représen- 
tons par 

z  la  cote  du  sol  naturel,  prise  avec  son  signe,  par  rapport  à  la 
plate-forme  (remblai,  signe  — ;  déblai,  signe  H-); 

ô  la  déclivité  transversale  (tangente  de  l'angle  sur  l'horizon)  du 
sol  naturel,  prise  avec  le  signe  -+-  ou  avec  le  signe  — ,  suivant 
que,  à  partir  de  l'axe,  le  sol  est  en  rampe  ou  en  pente  ; 

b  la  demi-largeur  de  la  plate-forme  ; 

V  cette  demi-largeur  augmentée  de  la  largeur  du  fossé; 

bf  la  distance  à  l'axe  de  l'arête  inférieure  et  intérieure  du  fossé; 

/  le  talus  des  remblais  ; 

£'  le  talus  des  déblais  ; 

h  la  profondeur  du  fossé  ; 

F  l'aire  de  la  section  du  fossé; 

o  son  périmètre  (somme  de  la  largeur  au  plafond  et  de  la  longueur 
des  deux  talus); 

R  l'aire  du  remblai  ; 

D  l'aire  du  déblai  ; 

€  l'emprise  ; 

/  la  longueur  du  talus. 


Posons,  en  outre, 


bt  =  a, 


b't'=a\ 


bu 


=  c, 


b'^t' 


v/i-T-i«=x,         /h-/'î=t', 


2 

6t  =  P, 


-  F  =  c', 


6'x'-<p  =  P', 


et  considérons  les  quantités  e,  À,  t,  s',  )/,  ff',  v  définies  par  les  for- 
mules 


(■2) 
(3) 

<4) 


a  —  z 

'  =  7^1)' 


X  -+-  p        a  —  z 


ff  H-  C  = 

T  = 


i{t-\  6)' 
z* 


(0' 

(3') 


x'       ""  /'— 0' 
{a'^zy 

2(^—6; 


I  h  I  désignant  la  valeur  absolue  de  Q. 


26o 


CHAPITRE  lY. 


Remarquons  d'ailleurs  que  les  formules  (i)  et  (3)  d'une  part, 
(i')  et  (3')  de  l'autre  nous  donnent  encore 


(3  bis) 


t(a  —  z) 

an-  c  = —  1 

7  -h  c  = ' 

•2 


Tous  les  cas  à  considérer  sont  alors  au  nombre  de  six,  pour 
lesquels  les  demi-proGls  ont  été  représentés  sur  \difig>  1 13,  et  les 

Fig.  II 3. 


VI 


résultats  relatifs  à  ces  six  cas  peuvent  se  résumer  dans  le  tableau 
ci-dessous  (*)  : 


I.      (- <o,  z-^f^-^h  <o)  : 

e  =  e,  /  =  X,  R  —  a,  D  — o; 

e  =  £,         /  =  X,         R  —  <T -4- Y>         D  =  y; 


(')  Nous  renvoyons  pour  les  dcmonslrations  ù  notre  Mémoire  0.19  d'où  est 
extraite  la  matière  de  la  présente  section. 


SYSTÈMES   DE   DEUX   ÉQUATIONS.  26 1 

III.  (5>o,  ^-f-6B>o)  : 

c  =  £',        /  =  X',        R  =  o,  D  =  (i'; 

IV.  (z  <o,  ^-4-66>o)  : 

« 

V.  (-S  <  o,  5  -4-  66  <  o,  5  -4-  ^>'e  -h  /i  >  o)  : 

VI.  (^  >  o»  5  -H  66  <  o,  ^  -f-  6'6  -4-  A  >  o)  : 

e  =  e',        /  =  X',        R=<n-Y,        D  =  ^'-f- cr-f- y- 

La  distinclion  des  six  cas  prend  une  forme  plus,  frappante,  grâce 
à  la  représentation  graphique  suivante,  proposée  par  Lalanne. 

Les  seuls  éléments  variables  d'un  profil  à  l'autre  sont  la  cote  z 
et  la  déclivité  0  du  sol.  Si  ces  deux  quantités  sont  prises  comme 
coordonnées  rectangulaires  d'un  point,  ce  point  définit  complè- 
tement le  demi-profil  correspondant. 

Si  nous  faisons  varier  z  de  —  loà  -|-  lo  etOde  —  o,25à  4-0,25, 
le  point  figuratif  de  chaque  demi-profil  se  trouve  à  l'intérieur  du 
rectangle  BCEF  {/ig^  ii4)  construit  avec  un  module  de  5o"™ 
pour  l'axe  des  x  et  de  5™"*  pour  l'axe  des  y. 

Si  Ton  se  reporte  au  tableau  ci-dessus,  on  voit  que  les  limites 
correspondant  aux  diverses  conditions  qui  servent  à  distinguer 
les  cas  sont  données  par  les  droites  (  *  ) 

z  =  o       (AD), 
5  +  66  =  0        (HG), 
5_k6'6-4-A  =  o        (Kl). 

Il  en  résulte  que  chacun  des  six  cas  est  caractérisé  par  la 
position  du  point  figuratif  à  l'intérieur  de  l'un  des  polygones  sui- 
vants : 

I DJIFE 

II DJK 

III OABGH 

IV GAG 

V OGIJ 

VI OHKJ 


(')  Pour  la   construction   de  ces  droites  sur   \di  fig.  ii4»  on   a   pris  6  =  5", 
b"  =  5",5,  h  =  o",5,  données  qui  se  rapportent  au  profil  type  adopté  plus  loin. 


369 


CBAPITIB  ir. 


Ayant,  par  ce  mojen  graphique,  tlélermiaé  le  cas  auquel, 
rapporte  un  dcmi-proGl  donne,   on  voit  que  1»  marche  à  sixk.  < 
pour  le  calcul  est  donnée  par  le  tableau  ci-dessus. 


Supposons,  par  exemple,  que  l'on  se  trouve  dans  le  cas  IV.  On 
calculera  e'  par  la  formule  (i').  À'  par  (a'),  assoit  par  (3'),  soîl 
par  {3'bis),  t'  étant  maintenant  connu,  et  -[' par  (4)-  Les  quantités 
cherchées,  qui  sont,  dans  tous  les  cas,  e,  /,  R  et  D,  auront  alors 
les  valeurs  données  par  la  quatrième  ligne  du  tableau  ci-dessus. 

103.  Abaques  d'entrée  et  de  renvoi.  —   La  solution  nomo- 


SYSTÈMES   DB   DEUX   ÉQUATIONS.  203 

graphique  du  problème  se  réduîl  donc  à  la  mise  en  abaque  des 
formules  faisant  connaître  e,  X,  <t,  e',  Vj  ^  et  y. 

Observons  tout  d'abord  que  si  Ton  rapproche  les  formules  (i) 
et  (a)  donnant  e  et  X  en  fonction  de  z  et  9,  on  voit  que  la 
Remarque  I  du  n°  99  leur  est  applicable,  c'est-à-dire  que  l'abaque 
faisant  connaître  e  en  fonction  de  ^  et  6  fera  également  connaître  X 
moyennant  une  seconde  graduation  inscrite  à  côté  des  lignes  (s). 
Même  remarque  en  ce  qui  concerne  les  formules  (i')  et  (a'),  ce 
qui  nous  permet,  dans  l'exposé  qui  suit,  de  négliger  les  formules 
(  2)  et  (2'),  étant  entendu  que,  une  fois  les  éléments  cotés  (e)  ou  (s') 
construits,  ils  recevront  une  seconde  graduation  appropriée  à  ). 
ou  V,  graduation  qui  se  déduit  d'ailleurs  de  la  précédente  par  la 
formule 

A  —  SX  —  P 

ou 

Considérons  alors  le  système  des  équations  (1)  et  (3)  faisant 
dépendre  e  et  <j  de  ^  et  0.  Nous  pourrons  toujours,  par  un  pro- 
cédé quelconque,  construire  sur  une  même  feuille  pour  ces 
équations  des  abaques  indépendants,  accouplés  ou  superposés 
(n**  99),  dont  l'ensemble  constituera  ce  que  nous  appellerons 
V abaque  du  remblai  ou  abaque  R. 

Au  lieu  du  système  des  équations  (i)  et  (3),  nous  pourrions 
tout  aussi  bien  considérer  celui  des  équations  (i)  et  (3  bis)  qui  lui 
est  équivalent,  et  nous  aurions  ainsi  un  abaque  "Rbis, 

De  même,  le  système  des  équations  (1')  et  (3'),  ou  (i')  et  Ci' bis), 
donnerait  Vabaque  du  déblai  D  ou  D  bis. 

Enfîn  l'équation  (4)  peut  se  traduire  en  un  abaque  dit  du 
terme  complémentaire  ou  C. 

(iCS  divers  abaques  étant  ainsi  défînis,  il  suffit  de  jeter  les  yeux 
sur  le  tableau  du  numéro  précédent  pour  être  conduit  à  la  règle 
qui  suit  : 

On  lit,  dans  chaque  cas,  -sur  un  premier  abaque  y  dit  rf^Ew- 
xRÉE,  l* emprise,  la  longueur  du  talus  et  une  portion  d^aire  de 
même  désignation  (R  ouH)  que  C  abaque  considéré,  La  por- 
tion restante  de  cette  aire  se  lit  sur  un  ou  deux  autres  abaques, 
dits  de  RENVOI.  Cette  portion  restante  est  précisément  égale  à 
l^  aire  de  désignation  contraire  à  celle  de  C  abaque  d'entrée. 


264  CHAPITRE   IV. 

Voici  d'ailleurs,  pour  les  divers  cas,  le  tableau  des  abaqis. 
d'entrée  et  de  renvoi  : 

Abaque  Abaque 

Cas.  d'entrée.  de  renvoi. 

1 R néant 

Il R C 

lîl D néant 

IV D C 

V D R 

VI D R  et  C 

II  faut  remarquer  d'ailleurs,  comme  le  montre  clairement  lae^ 
y?^.  1 14,  que  les  cas  I  et  III,  pour  lesquels  la  lecture  sur  Tabaque 
d'entrée  suffit,  sont  de  beaucoup  les  plus  fréquents. 

Nous  sommes  donc  amenés  finalement  à  construire  trois  abaques 
dits  de  remblai  (R  ou  R  6/5),  de  déblai  (D  ou  D  6w),  et  du 
terme compU mental re  (C). 

Pour  ce  dernier,  nous  n'avons  ici  rien  de  particulier  à  dire, 
l'équation  (4)  étant  d'un  type  dont  nous  nous  sommes  déjà 
occupés  à  plusieurs  reprises  (n"*  26,  28,  66). 

D'autre  part,  ce  que  nous  dirons  de  l'abaque  du  remblai  s*éten- 
dra  immédiatement  à  celui  du  déblai,  attendu  que  d'un  cas  à 
l'autre  les  équations  représentées  sont  à  très  peu  de  choses  près 
les  mêmes.  Cela  va  nous  permettre,  dans  la  revue  que  nous  allons 
passer  des  divers  types  d'abaques  qui  ont  été  proposés,  de  nous 
borner  à  ceux  du  remblai. 

lOi.  Différents  types  d'abaques.   —    Reprenons  les  équa- 
tions (i)  et  (3)   dont    la    représentation    simultanée    constitue 
l'abaque  R,  savoir  : 
/  a  —  z 

(i)  7  -r-  c  =    -    .  ,        -r-' 

lillcs  se  rattachent  immédiatement  aux  équations  du  n"  101  si 
Ton  fait  les  identifications 

ai    -  z^         «2    "  f^         «3       î»         3t4 -7  j; 
fi-a-z,         fi    =   -;7jj'  /a       £,         /4-2(ff4-c); 


S¥STÈMES   DE   DEUX   ÉQUATIONS.  205 

Oq  voit  donc,  en  premier  lieu,  ainsi  que  cela  a  été  démontré 
sfcxi  n°  101,  qu'elles  ne  sauraient,  écrites  sous  cette  forme,  donner 
l£eu,  en  raison  de  l'inégalité  de  mi  et  ma,  à  des  abaques  super- 
osés sans  qu^on  y  admette  un  système  de  lignes  cotées  non 
roi  tes. 

On  sera  donc  conduit  à  les  représenter  au  moyen  d'abaques  accou- 
"plés.  D'après  ce  qui  a  été  vu  au  n**  101,  V accouplement  par  la 
r^ariable  z  pourra  se  faire  suivant  Tune  des  quatre  variantes 


i**"  abaque 


1*  abaque. 


1"  var. 

2«  var. 

S*  var. 

4*  var 

a  —  ;;  — 

U 

U 
V' 

U 
V' 

U 
V' 

I 

w 
u' 

w 

V 

w' 

V 

w' 

e  = 

w 

V' 

w 

u 
w' 

u 

a  —  z  = 

u 

V' 

u 

u 

V' 

u 

v 

1 

T 
Û' 

V 

T 

V 

v/^-+-6 

t' 

2((J  -h  C)  — 

T 
V* 

U 
T' 

T 

u 

T' 

T,  U,  V,  W  étant  des  fonctions  linéaires  en  x  eiy.  Nous  repré- 
senterons l'abaque  résultant  de  cet  accouplement  par  R;;. 

Si  l'on  voulait  faire  V accouplement  par  la  variable  6,  ce  qui 
donnerait  lieu  à  un  abaque  Re,  il  n'y  aurait,  pour  conserver  les 
notations  du  n**  101,  qu'à  permuter  ci-dessus  les  indices  i  et  2,  ce 
qui  conduirait,  dans  le  tableau  précédent,  à  remplacer  les  pre- 
miers membres  par  les  suivants  : 


I*""  abaque... 


Rô 


2*  abaque.. . 


t-^6 
(a-zy, 

2(J-HC). 


266  CHAPITRE   IT. 

De  même,  l'abaque  R  bis  correspondant  au  système  des  équa — 

lions  (i)  et  (3  bis)^  qui  sont 

(i)  f-he=  —  -» 


(3 bis)  d  -f-  c  — 


e 
(a  —  z)z 


donne  un  abaque  Rt'',  avec  accouplement  par  la  variable  z^  dont* 
les  quatre  variantes  sont  données  par  le  tableau  ci-dessus,  où  Tonj 
remplace  les  premiers  membres  par 


a  —  5, 


i**" abaque...  {  -» 


R?^* 


2*  abaque. . . 


£ 

a    —    Zy 

e 

—  * 

2 


et  un  abaque  Rg    ,  défini  de  même  par 


I*' abaque...  ' 

1   et  —  <C| 


t-^-  0; 


ff 


9/ abaque...  ' -^ 

'a  —  5 


I 

3  -+-  C 


Pour  avoir  des  abaques  superposés  nous  devrons,  comme  on 
l'a  vu  au  n®  101,  recourir  à  une  anamorphose  logarithmique  en 
écrivant  les  équations  (i)  et  (3)  sous  la  forme 

log(a  -z)  —  log( /  -^  0)  =  loge, 
2log(a  —  z)  —  log(/  -i-  0)  =  log(T  -+-  c)  -+-  log2, 

et  posant 

log(a  —;;):.-- M, 

log(/-^e)  =  N, 


SYSTÈMES   DE  DEIX  ÉQUATIONS.  267 

d'où 

loge  =  M  —  N,        log(cn-c) -f-loga  =  2M  —  N. 

Ces  quatre  dernières  équations,  où  M  et  N  sont  des  fonctions 
linéaires  en  x  et  jk^  définissent  les  quatre  systèmes  de  droites  (>s), 
^0),  (s)  et(o")  de  Tabaque  à  superposition.  En  y  remplaçant  x  et  y 
par  les  coordonnées  parallèles  u  et  ç^,  on  substitue  à  ces  quatre 
systèmes  de  droites  quatre  systèmes  de  points. 

Pour  les  raisons  déjà  dites  (n**  56),  c'est  ce  dernier  type  d'a- 
baque qu'on  devra  préférer.  Aussi  nous  y  arrêterons-nous  davan- 
tage (n®*  HO,  m  et  H2).  D'ailleurs,  en  outre  des  avantages 
signalés  à  l'endroit  cité,  l'emploi  des  points  alignés  offre  encore 
ici,  comme  on  le  verra  plus  loin,  celui  de  permettre  de  compléter 
l'abaque  par  un  dispositif  fort  simple  grâce  auquel,  au  moment 
même  de  la  lecture,  on  est  fixé  sur  le  cas  dans  lequel  on  se  trouve 
sans  avoir  à  recourir  à  la  /ig.  ii4,  et  l'on  connaît,  s'il  y  a  lieu, 
les  abaques  de  renvoi  correspondants. 

Nous  allons  toutefois  montrer  comment  les  autres  abaques  qui 
ont  été  proposés  pour  le  même  objet  rentrent  dans  les  types  géné- 
raux qui  viennent  d'être  décrits. 

iOS.  Abaques  superposés  à  graduations  algébriques.  —  Ce 
sont  ceux  qui  sont  obtenus  sans  anamorphose  logarithmique. 
Nous  venons  de  voir  qu'ils  ne  sont  susceptibles  de  superposition 
qu'autant  qu'on  y  admet  un  système  de  lignes  cotées  non  droites. 
Il  est  très  remarquable  que  le  premier  en  date  des  abaques  de  cu- 
bature,  celui  de  Davaine  (*),  appartienne  précisément  à  ce  type- 
là.  Il  est  constitué  par  les  systèmes  de  lignes  cotées  {^) 

(z)  a  —  z  =  Xj 

(6)  ;_^e  =  -, 

y 

xy 

(<J)  (T-f-  c  =   --, 

2 


(*)  Mémoires  de  la  Société  des  Sciences  de  Lille,  i845. 

(')  Ici,  comme  dans  toute  la  suite  de  ce  Chapitre*  on  a,  pour  simplifier  l'écri- 
ture, fait  abstraction  des  modules.  II  suffît,  dés  lors,  de  considérer,  dans  les  équa- 
tions des  diverses  lignes  cotées,  x  et  y  comme  les  rapports  respectifs  de  l'ab- 
scisse et  de  l'ordonnée  aux  modules  correspondants. 


a68  CBAPITHE  IV. 

ce  qui  donne  hjlg.  1 15  {')où  les  arcs  de  courbes  appartiennenl 
à  des  hjperboles  ayant  Ox  el  Oy  pour  asymptotes- 


Suivant  la  remarque  faite  au  début  du  n°  103,  il  suffit  de  mu- 
lir  les  droites  (s)  d'une  seconde  graduation  définie  par 


pour  avoir  les  valeurs  correspondantes  de  )..   Cette  observation 
serait  à  répéter  pour  tous  les  abaques  suivants. 

106.  Abaques  accouplés  (').  —  Nous  n'avons  pas,  parmi  les 
abaques  counus,  rencontré  un  seul  exemple  d'abaque  du  tjpeB: 

Type  Ro-  —  Si,  dans  la  première  variante  de  ce  type,  on  prend 

U  --  I ,        V  -  X,         W  --  ^,         T  ~  a^, 


(')  Celle  (ieufi-S  a 


nqucl 


c  doit  Hm  considârtic  que  c 


(')  Parmi  les  abaques  donnés  en  exemples  dans  ce  paragraphe,  les  abaques 
SwitLonski  et  Paulin  sont  les  seuls  sur  lesquels  l'accouplement  tel  qu'il  rient 
rl'élrc  diillni  ail  cLi!  réalisé  par  leurs  auteurs.  Pour  tous  tes  autres,  les  deux 
abaques  ont  clé  construits  séparénienl. 


STSTËHES   DE  DEUX   ÉQUATIONS. 

a  obtieot  les  droites  cotées 


qui  déânissent  uq  abaque  de  M.  Massau  (').  Les  axes  des  x  des 
deux  abaques  étant  mis  en  coïncideuce  el  les  axes  des  y  dans  le 


prolongement  l'un  de  l'autre,   on   obtient  la   disposition  de  la 
fig.  I i6. 

Deux  autres  abaques  du  même  auteur  dérivent  de  la  quatrième 


(')  Ann.   de  l'Astoc.  des  lngénieur$  $orlU   des   Écoles  spéciales  de  Cand 
(iH8l)  :  Hémoire  sur  l'Intégration  graphique (Lii.  III;  n"  302  et  2121). 


'iJO  CHAPITRE   IT. 

variante  du  ijrpe  Rg  avec  les  parLÎcularisatîons 


et 


U- 


Type  Rî".  —  Si,  daos  la  troisième  variante  de  ce  type,  on 
prend 


1  obtient  les  droites  cotées 


STSTËHES    DE   DEUX   ÉQUATIONS.  37 1 

|w  définisseal  encore  un  abaque  de  M.  Massau  (>),  représenu^ 
>«r  \&Jig.  11-, 

Si  l'on  porte  les  mêmes  valeurs  particulières  de  U,  V.  W  et  T 
tans  la  deuxième  variaote,  ou  si  l'on  faft  dans  la  quatrième, 
U=*,       V=^,       W  =  i,       T  =  i, 

QQ  obtient  encore  deux  abaques  proposés  par  le  même  auteur. 

Sur  l'abaque  de  \ifig.  1 17  (comme  d'ailJeurs  sur  tous  ceux  où 
interviennent  des  radiantes)  on  peut,  suivant  la  remarque  faite 
au  n°  55,  effacer  les  droites  issues  de  l'origine,  pourvu  qu'on  les 
remplace  par  une  droite  pivotante  autour  de  ce  point,  en  conser- 
vant un  point  de  chacune  d'elles  muni  de  sa  cote. 

Dans  ces  conditions,  rien  n'empêche  de  replier  la  partie  infé- 
rieure de  la  Jig.  1 17  sur  la  partie  supérieure,  ce  qui  donne  lu 
fig.  118.  Tel  est  l'abaque  qui  a  été  proposé  par  M.  Switkowski(^). 

Kig.  118. 


rn  fv,                        ■  iW-fî 

~t^- 

i 

3^r- 

-L 

nr-^-^ 

On  voit  que  le  mode  d'emploi  de  cet  abaque  est  le  suivant  : 

La  droite  pivotante  étant  amenée  à  passer  par  le  point  0 
coupe  ta  verticale  z  en  un  point  dont  l'horizontale  donne  e, 
sur  l'échelle  de  gauche,  et  X.  La  droite  pivotante  étant  alors 
amenée  à  passer  par  le  point  e  de  l'échelle  de  droite  coupe  la 
même  verticale  z  en  un  point  dont  l'horizontale  donne  a. 


On  a  indiqué  au  pointillé  sur  la  fig.   1 18  les  deux  positions  de 
la  droite  pivotante  pour  s  ^  —  2,5,  0  —  —  o,  i , 
Type  Rj".    -  Avec 

U    -I,        \.^x,        yN=y--a,    Tr-^  +  c. 

la  deuxième  variante  donne 


On  obtient  ainsi  l'abaque  construit  par  iM.  Paulin  {■)  {fig.  119)- 


^i 


#î^ 


S|J: 


SÏSTËaES   DE  DEUI  ëquatious. 


3,3 


la  quatrième  variante  donne  de  même 


C'est  l'abaque  qui  a  été  proposé  par  M.  Lanave  (  '     (Jîg.  i  ao). 


(<)  Itevue  pratique  des  Travaux  publia,  juillet  iSgi,  p.  ij3. 
M.  D'O. 


37^  CHAPITRE   lY. 

107.  Abaques  indépendants.  —  On  peut  enfin  renoncer  à 
accoupler  les  abaques  en  vue  de  la  réalisation  d'un  autre  deside- 
ratum . 

Nous  allons  en  iodtcguer  un  exemple  dû  à  M.  Rouît  (  '  ),  où  l'on 
s'est  proposé  de  séparer  dans  chacune  des  quantités  à  calculer  li 
partie  qui  varie  avec  ia  largeur  de  la  plate-forme  de  celle  qui  eo 
est  indépendante,  de  façon  que  le  même  abaque  puisse  servir  si, 
le  long  d'un  même  tracé,  la  largeur  de  la  plate-forme  prend  suc- 
cessivement plusieurs  valeurs. 

Fifi.  ,1.. 


..,.■-?■:..,. 

y 

(E,l 

3     t     S 

M  1  1  1  M  {'• 

"           Il 

MJJM  IL 

ni  L 

^ 

1  !■■;,  !  n  :  1 

-^ 

y-. 

■"- 

-.:-m 

w 

i    .(  ;J,  »   -l,.t 

"iî'- 

La  formule  (i)  (n'IOS),  oîi  l'on  remplace  a  par  sa  valeur,  peut 
s'écrire 


Construisons  à  part  les  abaques  des  formules 


Il  suffit  pour  cela  de  prendre  pour  la  première  les  droites  cotées 
pour  la  seconde 


(I)  Mémoire  »utographiii;  Bordeaux,  1877.  Ce  procédé  est  reproduit  dins  II 
Statique  graphique  de  Fa varo- Terrier,  t,  II,  Calcul  graphique,  p.  378.  M.  Rouit 
indique  plusieurs  variaiites  de  son  abaque.  Nous  noua  contentons  ici  d'ea  rcpro- 


SYfiTfcXKS   DE   DEUX   tQCAJtOKS.  3^5 

On  peut  construire  ces  deux  abaques  sur  la  même  feuille,  les 
droites  (ei)  et  (S)  de  l'un  coïncidant  avec  les  droites  (sg)  et  (0) 
de  l'autre.  On  obtient  ainsi  la  ^^.  121. 

Pour  se  servir  de  l'abaque,  on  prend  les  points  de  rencontre 
de  l'horizontale  (0)  avec  les  droites  (b)  et  (s).  Les  cotes  des  ver- 
ticales passant  par  ces  points  sont  e,  et  e^.  Il  reste  ensuite  à  faire 
la  différence  algébrique 

t  =  i,  — s,. 

De  même,  la  formule  (3  bis)  (n°  102),  où  l'on  remplace  a  et  c 
par  leurs  valeurs,  peut  s'écrire 


-6)- 


Construisons  à  part  les  abaques  des  formules 

0,=  — (t_A),         ei         a,=  — . 
Il  suffit  pour  cela  de  prendre  pour  la  première  les  droites  cotées 

(,.)    x=<»„  (0    ^  =  t,  (6)     r=^{y-b), 

pour  la  seconde 

(I,)     3:  =  »,,  (t)    y  =  i,  (s)     x=  -j-. 

On  construira  encore  ici  les  deux  abaques  sur  la  même  feuille 
Fig.  lia. 


-»û-?-^*-a-y-i«_-a. 

-"-"■"-f-?  "l  •?  "l  •'-^ 

'1  •  1  rènb   1  1  1  11  [ 

""J^    1      ■■(-, 

1 

t  ^--^''i^y' 

"^        ■^ 

' 

i:  :^''"s?^ 

■^ 

^    j-'Z^ 

^ 

-<i  ^.,  't 

^^^■.^^  i 

^  V    \     \ 

iM 

•■  -i.,  '^  ' 

4 

en  remarquant  que  les  droites  (v|)  et{e)  de  l'un  coïncident  avec 
Jes  droites  (at)  et  (s)  de  l'autre.  On  obtient  ainsi  la_^^.    12a. 


276  CHAPITRE   lY. 

L'horizontale  (e)  coupe  les  droites  (6)  et  (;;)  en  des  points  doDt 
les  verticales  ont  pour  cotes  o-|  et  ors.  Il  reste  ensuite  à  faire  la  dif- 
férence algébrique 

J  =  »!  —  ffj. 

Remarque,  —  Si  la  largeur  de  la  plate-forme  ne  reste  pas  la 
même  tout  le  long  d*un  tracé,  elle  n'y  prend,  en  tout  cas,  qu'un 
très  petit  nombre  de  valeurs  différentes.  Aussi  Téconomie  de 
temps  résultant  de  ce  qu'on  n'a  à  construire  qu'une  seule  paire 
d*abaques  pour  ces  diverses  valeurs  nous  semble-t-elle  plus  que 
compensée  par  la  nécessité  de  compléter,  dans  tous  les  cas,  chaque 
lecture  par  une  opération  arithmétique,  fût-ce  une  simple  addi- 
tion. 

Si  Ton  préférait  construire  séparément  les  abaques  correspoo- 
(lant  aux  diverses  valeurs  de  la  largeur  de  la  plate-forme,  de  façon 
à  éviter  cette  addition  complémentaire,  il  suffirait  de  modifieras 
abaques  précédents  de  la  façon  suivante  : 

Sur  le  premier  abaque,  le  segment  de  Thorizontaîe  (0),  compris 
entre  la  droite  {z)  et  la  droite  (6),  est  égal  à  e.  Donc,/>oar  une 
valeur  fixe  de  b,  la  parallèle  à  la  droite  (6)  menée  par  le  pointde 
rencontre  delà  droite  (5)  et  de  l'horizontale  (0)  est  une  droite  (s). 
On  obtient  ainsi  un  abaque  constitué  par  les  droites  cotées 

(w)     x  =  zy\         (0)    7=-^-^-q'  (e)     bty=x-^z. 

De  même,  sur  le  second  abaque,  le  segment  de  l'horizontale  (s), 
compris  entre  la  droite  (5)  et  la  droite  (6),  est  égal  à  o*.  Donc, 
pour  une  valeur  fixe  de  b,  la  parallèle  à  la  droite  (6)  menée  par 
le  point  de  rencontre  de  la  droite  {z)  et  de  l'horizontale  (e)  est 
une  droite  (7).  On  obtient  ainsi  un  abaque  constitué  par  les  droites 
cotées 

(z)     x~-y,         (e)    y  =  %y         (a)     —-^-^x-^-fs-^-—^ 

Pour  déduire  directement  ces  deux  derniers  abaques  des  équa- 
tions (i)  et  (3  bis)  il  suffit  de  poser  pour  le  premier 

y  y 


S¥STÈMES   DE    DEUX   ÉQUATIONS.  277 

pour  le  second, 

ay  —  iT  ay  —  2x 

a  —  s  =  '- f         fj-{-c='-^ 9         e  =  J'. 

108.  Abaques  superposés  à  graduations  logarithmiques.  — 
Nous  avons  vu  au  n®  104  que,  pour  avoir  des  abaques  superposés 
uniquement  composés  de  lignes  droites,  il  suffisait  de  construire 
les  droites  cotées  définies  par  les  équations 

log(a  — «)  =  M, 

log(^-4-e)  =  N, 

loge  —  M  —  N, 

log(ff-4-  c)-h  log2  =  2M  —  N, 

OÙ  M  et  N  sont  des  fonctions  linéaires  en  x  eiy, 

Lalanne,  à  qui  est  dû  cet  artifice,  a  fait  connaître  en  i843  un 
premier  abaque  (*)  qui  se  déduit  des  formules  précédentes 
lorsqu'on  y  fait 

Il  a  ensuite  proposé  un  second  abaque,  d'une  meilleure  dispo- 
sition, obtenu  en  prenant 

2  -^ 

Les  droites  cotées  de  cet  abaque  ont  alors  pour  équations 

(3)  2log(a  —  z)  =  X  -\-jr, 

(6)  \og{t-^^)=jr, 

(s)  2loge  =  a7— ^, 

(9)  log(cn- c)-+-log2  =  a:, 

ce  qui  donne  la  disposition  représentée  par  \^fig.  i  iS. 


(  ')  ^.  P.  C,  I*'  scm.  1846.  En  réalité,  les  premiers  abaques  de  Lalanne  n*étaicDt 
pas  à  superposition.  Us  ne  donnaient  que  9  en  fonction  de  z  et  de  6.  Ce  n'est 
qu'après  la  publication  faite  par  Davaine  de  son  abaque  (n*>  109)  où  la  superpo- 
sition se  rencontre  pour  la  première  fois,  que  Lalanne  eut  à  son  tour  recours  à 
cet  artifice,  qu'il  combina  avec  son  ingénieuse  idée  de  l'anamorphose  logarith- 
mique. 


378  CBIPITRE  IV, 

En  appliquant  à  CCI  abaque  l'artifice  du  transparent  mobile 
(n"  31),  qu'il  a  précisément  imaginé  à  cette  occasion,  M.  Blum  a 

Fig.  iiî. 


obtenu    l'abaque   représenté  par  la  fig.   \i^  sur  laquelle  on  a 
marqué  en  pointillé,  pour  une  position  quelconque  du  transpa- 


rent,  les  index  Z,  T,  Ë,   5  correspondant  respectivement  aux 
cchellc.(.-),  (;),(<),(<'). 

Il  va  sans  dire,  comme  on  Ta  déjà  remarqué  plusieurs  fois,  que 


STSTÈMBS   DB  DEUX   ÉQUATIONS.  279 

la  graduation  (e)  est  doublée  par  la  graduation  (X),  en  sorte  que 
l'index  E  fait  encore  connaître  cette  dernière  quantité. 

109.  Abaques  hexagonaux,  —  Reprenons  les  équations  (i) 
et  (3  bis)  mises  sous  la  forme  logarithmique 

log£  =  log(a  —  z)  —  log(<  -4-  0), 

et 

Iog((j-f-c)  H-  log-2  =  2log(a  —  z)  —  log(^  -h  6). 

Chacune  d'elles  pourra  être  représentée  par  un  abaque  hexago- 
nal, car  elle  est  de  la  forme  requise  à  cet  effet  (n°  32).  Ils  pour- 
ront, comme  les  abaques  ci-dessus,  avoir  en  commun  l'échelle  (6), 
mais  non  l'échelle  (5),  attendu  que,  les  diverses  échelles  devant 
être  construites  avec  le  même  module,  l'échelle  (s)  du  second 
abaque  dérivera  d'un  étalon  logarithmique  (n°  6),  double  de  celui 
de  l'échelle  {z)  du  premier. 

Les  deux  abaques  ne  pourront  donc  qu'être  accouplés  par  la 
variable  8.  L'abaque  ainsi  obtenu  est  représenté  par  \di  fig.  i25. 
Son  mode  d'emploi  est  le  suivant  : 

Le  transparent  étant  convenablement  orienté,  on  fait 
passer  V index  T  par  le  point  8  et  V index  Z  par  le  point  z  de 
/'échelle  {z)  pour  s.  On  lit  alors  sous  V index  E  les  valeurs  de 
£  et  de  X.  On  fait  ensuite  glisser  V index  T  sur  lui-même  pour 
amener  V  index  Z  dans  la  position!]  ^  où  il  passe  par  le  point  z 
de  /'échelle  (s)  pour  o-.  On  lit  alors  la  valeur  dessous  V  index  E 
venu  en  E'. 

Ce  dédoublement  de  la  lecture  constitue  à  ce  dernier  abaque, 
par  rapport  au  précédent,  un  désavantage  que  ne  compense  pas  la 
plus  grande  facilité  de  construction  des  échelles. 

M.  Lallemand,  à  qui  est  dû  le  principe  de  construction  de  cet 
abaque,  ne  s'est  occupé  que  du  calcul  de  o-  en  fonction  de  z  et 
de  6.  Il  ne  pouvait,  par  suite,  être  frappé  de  l'inconvénient  que 
nous  venons  de  signaler,  et  qui  résulte  de  la  nécessité  du  calcul 
simultané  de  z  et  de  s. 

Nous  indiquerons  enfin  un  artifice  auquel  M.  Lallemand  avait 
eu  recours  pour  tenir  compte,  sur  l'abaque  faisant  connaître  c, 


9-So 


CHAPITIB   IV. 


du   terme   complémentaire.   Cet  artifice  pourrait  d'ailleurs  être 
utilisé  avec  les  types  d'abaques  précédents. 


Fig.  ia5. 


(G) 
»0. 


:  ?* 


A  tin  couple  de  valeurs  de  z  et  0  correspond  sur  le  plan  de 
Tabaque  une  position  du  centre  du  transparent.  Ce  point  peut 
êlre  dit  le  transformé  du  point  qui,  rapporté  aux  axes  de  la 
JifT'  1  i4>  8^  pour  coordonnées  ces  valeurs  de  ;;  et  6.  On  peut  ainsi 
définir  sur  le  plan  de  Tabaque  la  ligne  transformée  d'une  ligne 
tracée  sur  le  plan  de  \difig,  ii4  et  notamment  les  transformées 
(les  lignes  qui  limitent  les  régions  correspondant  aux  divers  cas 
(lu  calcul  des  profils.  On  obtient  ainsi,  sur  Tabaque  même,  la 
rt'gion  à  l'intérieur  de  laquelle  se  trouve  le  centre  du  transpa- 
rent, lorsqu'il  y  a  lieu  d'ajouter  le  terme  complémentaire  y,  et  l'on 
peut,  dans  celte  région,  faire  la  représentation  de  ce  terme  com- 
plémentaire en  prenant  pour  (c)  et  (0)  les  systèmes  de  parallèles 
engendrés  par  les  axes  du  transparent. 


STSTÈMBS  DK  DEUX  ÉQUATIONS.  28  f 

On  obtient  ainsi  pour  y  un  sj^stème  de  courbes  cotées  (*) 
{fig.  126). 

Dès  lors,  si  le  centre  du  transparent  tombe  sur  la  courbe  (y),  il 
faut,  à  la  lecture  o-  faite  sous  l'index  E,  ajouter  la  lecture  y.  Ce 

Fig.  126. 


système  de  courbes  (y)  a  reçu  de  M.  Lallemand  le  nom  di  échelle 
cen traie  additionnelle . 

L'idée  est  assurément  ingénieuse,  mais  il  vaut  mieux,  en  pra- 
tique, tout  en  figurant  les  limites  de  la  région  pour  laquelle  doit 
s'ajouter  le  terme  additionnel,  se  servir  d'un  abaque  de  ce  terme 
construit  à  part.  Cette  construction  n'a  besoin,  en  effet,  d'être 
faîte  qu'une  fois  pour  toutes,  puisque  le  terme  complémentaire 
ne  dépend  d'aucune  donnée  spéciale  au  profil  type  considéré;  elle 
ne  comporte,  en  outre,  que  des  droites  parallèles,  ce  qui  permet 
de  recourir  encore  à  l'usage  du  transparent.  Dans  le  cas  contraire. 


(')  Cette  façon  de  représenter  y  est   une  application  immédiate  du  procédé 
indiqué  au  n<*  18  {fig.  ao),  combiné  avec  une  anamorphose. 


a8a  CHAPITRE   IV. 

les  courbes  (y),  d'une  construction  assez  longue,  varient  pour 
chaque  abaque  particulier. 

HO.  A  bague  R  à  points  alignés.  — :  Nous  allons,  au  sujet  des 
abaques  à  points  alignés,  entrer  dans  de  plus  grands  détails  pour 
les  raisons  données  à  la  fin  du  n^  104. 

D'après  ce  qui  a  été  vu  à  cet  endroit,  on  définira  l'abaque  à 
points  alignés,  pour  le  remblai  ou  abaque  R,  en  reprenant  les 
équations  du  n"  108  et  y  remplaçant  M  et  N  par  des  fonctions 
linéaires  des  coordonnées  parallèles  u  et  v. 

Nous  prendrons  (*) 

M  =  M,        N  =  —  V, 

L'abaque  sera  alors  constitué  par  les  systèmes  de  points  cotés  (^) 


(>) 

log(a  — 3)  =  u, 

(9) 

\og(t-h^)--v, 

(e)  et  (X) 

loge  =  log(X  -4-P)  — logT  =  u-i-v, 

(») 

log(ij  -1-  c)  -t-  loga  =  1U-+-  V. 

Les  deux  premières  équations  définissent  des  échelles  logarith- 
miques portées  par  les  axes  Au  et  Bç^;  les  autres,  des  échelles 
logarithmiques  portées  par  des  axes  parallèles  à  Xu  et  B^,  le  pre- 
mier, Ct),  mené  par  le  milieu  C  de  AB,  le  second,  DÇ,  mené  par 
le  point  D  au  tiers  de  AB  à  partir  du  point  A  {/ig*  127). 

L'axe  Ct)  portera  deux  graduations,  Tune  définie  par 

l'autre  par 


(  '  )  Nous  posons  V  =  —  i»,  et  non  V  =  i^,  pour  que  tous  les  points  cotés  corres- 
pondant aux  quantités  à  déterminer  soient  entre  les  axes  sur  lesquels  sont  pris 
les  points  cotés  correspondant  aux  quantités  données,  ce  qui  permet  d'opérer 
avec  plus  de  précision  que  s'ils  étaient  en  dehors  de  ces  axes.  Cet  artifice  est 
indiqué  dans  la  note  au  bas  de  la  page  i/|5. 

(^)  Même  observation  que  celle  qui  est  contenue  dans  la  note  (^)  de  la  page  267, 
en  ce  qui  concerne  les  modules  des  axes  A  a  ct  liv,  modules  que  Ton  prend 
d'ailleurs  égaux  entre  eux  en  vue  de  rendre  plus  approché  le  tracé  indiqué  pour 
la  figuration  graphique  des  cas,  tant  dans  ce  numéro  que  dans  le  suivant. 


SYSTÈMES   DB    DEUX   ÉQUATIONS.  ^83 

en  représentant  par  S(e)  et  oÇk)  les  distances  comptées  à  partir 
(le  C. 

Fig.  127. 


ZfLW/ 


De  même,  la  graduation  de  l'axe  DÇ  sera  donnée  par 


l0g(g-f-c)-Hl0g2 
{7}  — . 


Limitation  des  échelles,  —  Si  l'on  se  reporte  au  tableau  du 
n**  103,  on  voit  que  l'abaque  R  sert  comme  abaque  d'entrée  dans 
les  cas  I  et  II,  et  comme  abaque  de  renvoi  dans  les  cas  V  et  VI. 

Si  l'on  se  reporte  ensuite  au  n°  102  et  à  \dLjig.  1 14)  on  voit  que 
l'on  aura  à  se  servir  de  cet  abaque  pour  des  valeurs  de  0  quelconques 
comprises  entre  les  limites  que  l'on  s'est  assignées  (ici  — o,25  et 
0,25),  et  pour  des  valeurs  de  z  comprises  entre  la  limite  infé- 
rieure —  20  et  la  valeur  de  z  correspondant  au  point  H,  c'est-à-dire 
o,256. 

Soient 


BT,=  — log(/-o,25), 
AZ|  =log(a  -f-2o), 


BTj  =  — log(^-f-o,25),        BTo  =  — log/, 
AZj  =  log(a  —  0,256),         AZo=loga. 


L'échelle  de  6,  dont  le  zéro  sera  au  point  To,  sera  limitée  au 
segment  TiT2.  L'échelle  de  z,  dont  le  zéro  sera  au  point  Zo,  sera 
limitée  au  segment  Z|  Z,. 


2S4  CHAPITRE   IV. 

Il  sera  bon  d'ailleurs,  sur  l'échelle  TiTj,  d'écrire  à  côté  des 
deux  parties  correspondantes  :  terrain  en  pente  (partie  où  6  est 
négatif);  terrain  en  ram/>e  (partie  oiiOest  positif).  De  même  sur 
Téchelle  Z,  Z2  :  cote  en  remblai {ipAriie  où  z  est  négatif);  cote  en 
déblai  (pdLTiie  où  z  est  positif). 

Puisque  la  droite  joignant  les  points  2  et  0  correspondant  aux 
données  est  toujours  comprise  entre  TiZi  etT^Zj,  il  est  inutile 
de  prolonger  les  graduations  des  axes  CT^  et  D2^  au  delà  de  ces 
droites. 

L'axe  D!^  des  surfaces  servant  lorsque  l'abaque  est  pris  comme 
abaque  de  renvoi,  la  graduation  devra  s'étendre  depuis  S| 
sur  T|  Z|  jusqu'à  S2  sur  T2Z2  ;  son  zéro  est  Sq. 

L'axe  Ctj,  ne  servant  que  lorsque  l'abaque  est  pris  comme 
abaque  d'entrée,  portera  pour  e  et  pour  X  des  graduations  allant 
du  point  E|  ou  L|  sur  T|Z|  à  un  point  qui  sera  déterminé  plus 
loin. 

Il  faut  remarquer  que  la  droite  TqZo  qui  joint  les  zéros  des 
graduations  de  6  et  ^  coupe  l'échelle  de  e  au  point  coté  6,  les 
échelles  de  X  et  de  o-  en  leurs  points  zéros. 

Figuration  des  divers  cas,  —  L'abaque  sert  pour  l'entrée 
(n"  103)  dans  les  cas  I  et  II,  c'est-à-dire  (n°  102)  lorsque,  z  étant 
(|uelconque, 

z  H-  6'ô  -+-/*<  O. 

Clierchons  l'interprétation  géométrique  de  cette  condition  (*). 
Si  nous  associons  à  chaque  valeur  de  Q  la  valeur  de  z  telle  que 

nous  obtenons  les  positions  limites  de  l'index.  L'enveloppe  de  ces 
positions  limites  est  une  certaine  courbe  dont  il  serait  facile  de 
former  Téqualion  en  u  et  v;  mais  cela  est  inutile.  Pour  la  très 
faible  amplitude  de  variation  de  6  (de  — o,25  à  o,25),  on  vérifie 
graphiquement  (^)  que  toutes  ces  positions  limites   passent  très 


(  '  )  C'est  là  une  application  de  ce  qui  a  été  dit  à  la  fin  du  n"  07,  page  i5o. 

(-)  On  pourrait  se  livrer  à  ce  sujet  à  des  calculs  qui  constitueraient  un  exer 
cice   d'application   des    coordonnées    parallèles,    mais   qui    seraient   sans    intérél 
pratique,  la  vérification  graphique  étant  parfaitement  suffisante,  étant  donné  le 
l)ut  qu'on  se  propose. 


SYSTÈMES   DE    DEUX   ÉQUATIONS.  285 

sensiblement  par  un  même  point.  Nous  pouvons  prendre  pour  ce 
point  l'intersection  M  des  deux  positions  extrêmes  T|  P|  et  T2  Po, 

données  par 

6  —  —  o,25,  3  =  o,256* — h 
et 

6  =  0,25,  5=  —  o,256* — h. 

Dès  lors,  la  seconde  condition  pour  que  Tabaque  serve  pour 
l'entrée  montre  que  l'index  doit  passer  au-dessus  du  point  M. 
Par  le  point  M,  menons  en  trait  gras  une  parallèle  aux  axes  dans 
le  sens  négatif.  Si  l'index  coupe  cette  droite,  c'est  qu'il  passe  au- 
dessous  du  point  M;  par  suite,  l'abaque  ne  s'applique  pas  pour 
l'entrée. 

Pour  cette  raison,  nous  appellerons  ce  trait  gras  une  barre- 
d'arrêt,  et  nous  dirons  : 

U abaque  sert  pour  Ventrée  (cas  1  et  H)  si  t' index  ne  ren- 
contre pas  la  barre  d^ arrêt.  On  voit  ainsi  que  l'échelle  de  e  et  X 
doit  être  arrêtée  à  la  droite  T2P2- 

Dans  le  cas  II,  c'est-à-dire  lorsque  2  >  o,  il  faut  recourir 
comme  abaque  de  renvoi  à  celui  du  terme  complémentaire.  Or, 
si  ^  >>  o,  l'index  passe  au-dessous  de  Zo;  et,  comme  il  passe  au- 
dessus  de  M,  il  coupe  nécessairement  la  droite  MZq,  que  nous 
tracerons  en  pointillé  et  que  nous  appellerons  une  barre  de  ren- 
voi. Nous  pouvons  donc  dire  que,  lorsque  l'index  rencontre  la 
barre  de  renvoi,  il  faut  recourir  à  r abaque  complémentaire. 

Mode  d'emploi  de  Vabaque,  —  Rapprochant  ces  remarques 
de  la  règle  générale  donnée  pour  la  lecture  au  n°  103,  nous  obtenons 
cette  règle  très  simple  : 

Si  U  index  rencontre  la  barre  d^  arrêt  (trait  gras),  laisser 
Vabaque  et  se  transporter  sur  celui  du  déblai. 

Si  V index  ne  rencontre  pas  la  barre  d'arrêt,  faire  immé- 
diatement la  lecture  de  V emprise  et  de  la  longueur  du  talus. 

Pour  la  surface  du  remblai  :  si  V index  ne  rencontre  pas  la 
barre  de  renvoi,  faire  simplement  la  lecture  sur  Vabaque;  si 
V index  rencontre  la  barre  de  renvoi,  ajouter  à  cette  lecture  la 
lecture  correspondante  sur  Vabaque  dont  le  nom  [terme  com- 
plémentaire) est  inscrit  à  côté  de  cette  barre  de  renvoi. 

Le  terme  additionnel  fait  lui-même  connaître  la  surface  du 
déblai. 


286 


CHAPITRE    IT. 


m.  A  baque  D  à  points  alignés, —  Nous  prendrons  les  mêmes 
fonctions  M  et  N  que  dans  le  cas  du  remblai.  L'abaque  sera,  dès 
lors,  constitué  par  les  systèmes  de  points  cotés  : 


f=) 

log(a'-t-;5)  =  u, 

(«) 

l0g(«'-e)=:  — P, 

(s')et(V) 

logê'=  log(X'-t-  P')  - l0gT'=  U-^-V, 

('') 

log(ï'-t-c')H-log3  =  2M  -t-P 

A  la  valeur  des  constantes  près,  la  graduation  des  axes  Ai/,  B(^, 
Ciri,  D!^,  sera  donc  la  même  que  dans  le  cas  précédent  {fig»  128). 


En  outre,  le  sens  suivant  lequel  croîtront  5  et  8  sera  renversé  (*). 

Limitation  des  échelles.  —  Si  l'on  se  reporte  au  tableau  du 
n**  103,  on  voit  que  Tabaque  de  déblai  sert  comme  abaque  d'entrée 
dans  les  cas  III,  IV,  V,  VI. 

Si  Ton  se  reporte  ensuite  au  n**  102  et  à  \dijig,  ii4î  on  voit 
que  Ton  aura  à  se  servir  de  cet  abaque  pour  des  valeurs  de  0  quel- 
conques comprises  entre  les  limites  que  l'on  s'est  assignées  (ici 
—  o ,  25  et  o ,  25)  et  pour  des  valeurs  de  z  comprises  entre  la  limite 


(')  Il  est  bon,  pour  que  ce  sens  reste  le  même  lorsqu'on  passe  de  l'un  des 
abaques  à  l'autre,  de  retourner  le  second  bout  pour  bout,  lorsqu'on  le  dispose  à 
côté  du  premier;  c'est  ce  qui  a  été  fait  sur  la  Planche  ci-jointe. 


SYSTÈMES    DE    DEUX   ÉQUATIONS.  287 

supérieure  20  et  la  valeur  de  z  correspondant  au  point  I,  c'est- 
à-dire  —  (o,256"-f-  h). 
Soient 

BT;  =-log(^'-+.o,25),         BT;=~Iog(/'-o,25),         BTo=-log^', 
AZ;  =  log(a'-  0,256'—  A),         AZ;  =  log(a'-i-  20),         AZ^  =  loga'. 

L'échelle  de  8,  dont  le  zéro  sera  au  point  T^,  sera  limitée  au 
segment  T',  T'^.  L'échelle  de  z,  dont  le  zéro  sera  au  point  ZJ,,  sera 
limitée  au  segment  Z\  Z'^. 

Ici,  comme  dans  le  cas  du  remblai,  on  aura  soin  d'écrire  à  côté 
des  échelles  correspondantes  :  terrain  en  pente,  terrain  en 
rampe,  d'une  part,  cote  en  remblai,  cote  en  déblai,  de  l'autre. 

Puisque  l'index  reste  toujours  au-dessous  de  la  droite  T^Z^,  il 
est  inutile  de  prolonger  les  graduations  des  axes  Cy)  et  D  JJ  vers  le 
haut  au  delà  de  cette  droite. 

Nous  verrons  plus  loin  comment  ces  graduations  seront  arrêtées 
vers  le  bas. 

Il  faut  remarquer  que  la  droite  TJ^ZJ^,  qui  joint  les  zéros  des 
graduations  de  0  et  de  z,  coupe  l'échelle  de  e'  au  point  coté  b', 
celle  de  X'  au  point  coté  cp,  et  celle  de  o-  au  point  coté  F(n°  102). 

Figuration  des  divers  cas,  —  L'abaque  sert  pour  l'entrée 
(n*»  103)  dans  les  cas  III,  IV,  V  et  VI,  c'est-à-dire  (n*»  102)  lorsque, 

z  étant  quelconque, 

;5  H-^'ô  4-//  >  o. 

L'interprétation  géométrique  de  cette  condition  est  la  même 
que  dans  le  cas  du  remblai.  Elle  conduit  encore  à  la  considération 
du  point  M  donné  par  l'intersection  des  droites 

T,  P;(e  =  -o,25;  z  =  0,150"— h) 

et 

TiZ;(e  =  o,25;  z  =  0,250"— h). 

Il  semble,  au  premier  abord,  qu'ici  le  sens  de  la  barre  d'arrêt 
doive  être  changé,  mais  il  n'en  est  rien,  car,  ainsi  que  nous 
venons  de  le  voir,  le  sens  de  la  croissance  pour  0  et  z  est  lui-même 
changé  (*). 

(')  Ne  pas  perdre  de  vue  que,  sur  la  Planche,  le  second  abaque  a  été  retourné 
bout  pour  bout  pour  que  le  sens  des  graduations  soit  le  même  que  sur  le  pre- 
mier. 


288  CHAPITRE    IV. 

Ainsi,  V abaque  sert  comme  abaque  d'entrée  si  l'index  ne 
rencontre  pas  la  barre  d'arrêt. 

Il  s'agit  mainlenant  de  caractériser  les  cas  IV,  V  et  VI,  où 
Tabaqne  d'entrée  doit  être  complété  par  certains  abaques  de 
renvoi. 

Ces  cas  sont  séparés  les  uns  des  autres  sur  la  Jig.  1 14  parles 
droites  AD,  ou  ^  =:  o,  à  laquelle  correspond  sur  Tabaque  le  poiol 
ZJ,,  et  HG,  ou 

Exactement  de  la  même  manière  qu^on  Ta  fait  pour  le  point  H, 
à  propos  de  Tabaque  du  remblai,  on  peut,  vu  la  petite  amplitude 
de  la  variation  de  0,  faire  correspondre  à  cette  équation  le  point 
N  défini  par  les  droites 

TiZi(6  =  o;  ;:=o) 

et 

T',Q,(e  =  — o,2J;  z=o,i5b); 

et,  suivant  que  z  -r  bh  est  ;>  o  ou  <C  o,  l'index  passe  au-dessus 
ou  au-dessous  de  N. 

Dès  lors,  les  conditions  résumées  au  n®  102  se  traduisent 
ainsi  : 

Pour  le  cas  IV,  l'index  passe  au-dessous  de  'L\  et  au-dessus  de 
N;  donc,  //  coupe  la  droite  NZJ,,  qui  est  dès  lors  une  barre  de 
renvoi  au  terme  complémentaire  (n**  103). 

Pour  le  cas  V,  Tindex  passe  au-dessous  de  Z|,  et  au-dessous  de 
N;  comme  il  passe  au-dessus  de  M  (sans  quoi  il  couperait  la  barre 
d'arrêt),  il  coupe  la  droite  MN,  qui  est  dès  lors  une  barre  de 
renvoi  au  remblai  (ibirl.). 

Pour  le  cas  VJ,  l'index  passe  au-dessus  de  ZJ,  et  au-dessous  de 
N;  //  coupe  donc  à  la  fois  les  droites  NZ  (qui  renvoie  déjà  au 
terme  complémentaire  pour  le  cas  IV)  et  MN  (qui  renvoie  déjà  au 
remblai  pour  le  cas  V).  Or,  précisément,  il  j  a,  dans  ce  cas  (ibid,), 
renvoi  à  la  fois  au  terme  complémentaire  et  au  remblai.  Il  suffit 
donc  de  maintenir,  pour  ce  dernier  cas,  aux  droites  NZ'^  et  MN  la 
signification  qu'on  leur  a  donnée  comme  barres  de  renvoi  pour  les 
cas  précédents. 

Mode  d^emploi,  —  Finalement,  le  mode  d'emploi  de  l'abaque 


SYSTÈMES   DE   DEUX    ÉQUATIONS.  289 

sera  exactement  le  même  que  celui  énoncé  pour  Tabaque  de  rem- 
blai, à  la  fin  du  n°  31,  à  cette  différence  près  qu'ici  V index  peut 
rencontrer  à  la  fois  deux  barres  de  renvoi,  et  que,  dans  ce  cas  y 
le  terme  additionnel  à  ajouter  à  la  lecture  faite  directement 
sur  Vabaque,  pour  la  surface  du  déblai,  se  compose  de  la 
somme  des  lectures  correspondantes  sur  les  deux  abaques  aux- 
quels renvoient  ces  barres. 

Ce  terme  additionnel  fait,  d^ ailleurs,  connaître  la  surface 
du  remblai, 

112.  Abaque  C  à  points  alignés,  —  L'équation  qui  donne  ce 
terme  complémentaire  étant  de  la  forme  (4)  (n°  102),  il  suffit  de 
prendre  les  points  cotés  définis  par 

—  loge  =  V, 

On  obtient  ainsi  un  abaque  très  facile  à  construire,  tittendu 
que,  si  le  point  y,  situé  sur  l'axe  Cy)  équidistant  de  Aw  et  Bi^  (C 
étant  le  milieu  de  AB),  est  à  la  distance  S(y)  du  point  C,  on  a 

*  2 

On  doit,  avons-nous  vu  au  n®  102,  entrer  dans  cet  abaque  avec 
la  valeur  absolue  de  0;  il  n'y  a  donc  pas  lieu  de  s'inquiéter  du 
signe  de  Q. 

De  même,  z  n'entrant  dans  l'expression  de  y  que  par  son  carré, 
il  n'y  a  lieu  de  s'occuper  que  de  sa  valeur  absolue. 

Limitation  des  échelles,  —  L'abaque  du  terme  complémen- 
taire s'applique  dans  les  cas  II,  IV  et  VI  (n**  103),  c'est-à-dire, 
puisqu'il  ne  s'agit  ici  que  des  valeurs  absolues  de  0  et  s,  pour  0 
compris  entre  o  et  o ,  25  et  z  compris  entre  o  et  o ,  25  6. 

Remarquons  que  pour  8  =  o  ou  pour  5  =  o  on  a  des  points  à 
l'infini  sur  Bi'  ou  Aw.  Il  suffira  de  faire  varier  6  de  o,oi  à  o,25, 
et  ^  de  o,  I  à  o,256. 

La  limitation  de  ces  deux  échelles  entraîne  celle  de  l'échelle 
centrale  sur  laquelle  se  lira  y.  Cette  échelle  doit,  en  effet,  s'arrêter 
à  la  droite  qui  joint  le  point  extrême  de  l'échelle  de  6  (o,oi)  au 
M.  d'O.  19 


290  CHAPITRE   lY. 

point  de  Téchelle  de  z  défini  par  la  plus  haute  valeur  correspon- 
dante de  z,  prise  en  valeur  absolue 

0,01  b'-\-  h. 

Les  fig.  129,  129  bis  et  129  ter  gravées  sur  la  Planche  ci- 
jointe  représentent  les  trois  abaques,  dressés  d'après  la  méthode 
qui  vient  d'être  indiquée,  avec  les  données  particulières  : 

6  =  5",        ô'=6",5o,        6'=5'",5o,        A=o»,5o, 

t  =  -  =  o,ôG,        /'=  I, 

d'où  Ton  déduit 

F  =  o'»^5,        <p  =  i",9i. 

Le  mode  d'emploi  de  ce  triple  abaque  peut  se  résumer  de  la 
manière  suivante  : 

Pour  faire  la  lecture  on  tend  une  droite,  dite  index,  entre  la 
cote,  lue  sur  Taxe  de  gauche ,  et  la  déclivité,  lue  sur  Taxe  de 
droite.  On  fait  la  lecture  de  chaque  axe  au  point  où  il  est  ren- 
contré par  l'index  en  se  conformant  à  la  règle  suivante  : 

On  entre  dans  V abaque,  R  ou  D,  sur  lequel  l'index  ne  ren- 
contre pas  la  barre  d'arrêt,  et  on  lit  immédiatement  l'emprise 
et  le  talus. 

Si  Vindex  ne  rencontre  aucune  barre  de  renvoi,  on  lit,  en 
outre,  immédiatement  la  surface,  et  celle-ci  est  de  même  dési- 
gnation, R  ou  D,  que  V abaque  dans  lequel  on  se  trouve. 

Si  l'index  rencontre  une  ou  plusieurs  barres  de  renvoi,  on 
se  reporte  aux  abaques  indiqués  par  le  mot  écrit  à  côté  de 
chacune  de  ces  barres  (*).  La  somme  des  lectures  faites  sur 
l'abaque  d^entrée  et  sur  les  abaques  de  renvoi  donne  la  sur- 
face de  même  désignation  que  l'abaque  d'entrée.  La  somme 
des  lectures  faites  sur  les  abaques  de  renvoi  donne  la  surface 
de  désignation  contraire. 

Remarque.  —  11  n'a  été  question  jusqu'ici  que  du  calcul  d'un 
demi-profil.  Pour  passer  de  la  première  moitié  à  la  seconde  d'un 


(')  Le  tableau  du  n"  103  montre  qu'il  n'y  a  pas  de  renvoi  dans  les  cas  I  et  III, 

m 

■de  beaucoup  les  plus  fréquents,  et  qu'il  n'y  a  de  double  renvoi  que  dans  le  cas  VI, 
rfl'un  intérêt  purement  théorique,  comme  le  cas  V. 


SYSTÈMES   DE   DEUX  ÉQUATIONS.  29 1 

profil  donné,  si  l'on  suppose  uniforme  la  déclivité  transversale  du 
terrain,  il  n'y  a,  en  conservant  la  même  valeur  pour  Zj  qu'à  chan- 
ger 9  en  —  6. 

H3.  Abaque  à  équerre,  —  L'équation  (3)  du  n**  102  peut 
s'écrire 

(a  —  zy  =  2(^H-e)(j-+-c). 

Sous  cette  forme,  on  voit  qu'elle  rentre  dans  le  type  indiqué  à 
la  fin  du  n**  95,  et,  par  suite,  qu'elle  peut  être  représentée  au 
moyen  d'un  abaque  à  équerre. 

Fig.  i3o. 


f-HH-\ 


II  suffira  de  porter  sur  l'axe  des  x  {/îg»  i3o)  les  échelles 

X  =—  2((J-h  c)/i, 

et  sur  l'axe  des  y  l'échelle 

/i,  /2,  1%  étant  des  modules  liés  par  la  relation  t\  =  /,  /j- 

Plaçant  alors  le  sommet  O'  de  l'équerre  au  point  coté  z  et  fai- 
sant passer  le  côté  O' Y'  par  le  point  coté  6,  on  lit  à  la  rencontre 
du  côté  O'X'  et  de  la  troisième  échelle  la  valeur  de  o-. 

Tel  est  le  principe  de  l'instrument  construit  par  M.  Siégler  sous 
le  nom  Ae projilomètre  (*  ). 


(»)  A.  P,  C,  p.  98;  1881,  I"  semestre. 


292  CHAPITRE    lY. 

Pour  le  calcul  de  s,  et,  par  suite,  de  X  obtenu,  comme  nous 
Tavons  vu,  en  accolant  une  seconde  graduation  à  celle  de  e,  Fau- 
teur a  eu  recours  à  Tingénieux  dispositif  que  voici  : 

Fixons  à  l'équerre  un  axe  NP  parallèle  à  Oy  et  portons  sur  cet 
axe  l'échelle 

le  module  /.|  étant  tel  que,  si  d  est  la  distance  du  point  O' au  point 
N,  on  ait 

La  similitude  des  triangles  NPO'  et  00' M  donne 

ou,  en  vertu  de  l'égalité  précédente, 

a  —  z 


e  = 


t-^O' 


qui  est  bien  la  formule  (i)  du  n°  102.  / 

Ce  mode  de  représentation  graphique  de  l'équation  liant  e  à 
cl  0  ne  rentre  dans  aucun  des  tjpes  d'abaques  envisagés  jusqu'ici. 
On  verra  plus  loin  (n°  149)  comment  il  dérive  de  la  théorie 
générale  englobant  tous  les  types  possibles  d'abaques. 

114.  Abaque  tangentieL  —  Le  procédé  suivant,  dû  à  M.  Wil- 
lolte  (*),  peut  être  rattaché  au  principe  général  du  n®  58  dans  le 
cas,  envisagé  page  128,  où  à  deux  des  variables  (ici  5  et  0)  corres- 
pondent de  simples  points  cotés,  un  de  ces  systèmes  de  points, 
(6),  étant  d'ailleurs  rejeté  à  l'infini. 

Soit  ZOAB  le  gabarit  d'un  demi-profil  de  remblai  {Jig»  i3i). 
Pour  achever  de  définir  un  tel  demi-profil,  il  resterait  à  tracer  la 
ligne  du  terrain  naturel. 

Si  l'on  considère  toutes  les  positions  de  cette  ligne  pour  les- 
quelles Taire  o-  du  demi-profil  conserve  une  certaine  valeur  con- 
stante, ces  positions  ont  pour  enveloppe  une  certaine  courbe  qui 
pourra  être  cotée  au  moyen  de  la  valeur  choisie  pour  o-, 

(')  i4.  P.  C,  p.  3o3,  2«  sem.;  1880. 


SYSTÈMES  DE  DEUX  ÉQUATIONS.  SqJ 

Il  est  très  facile  de  déterminer  la  nature  de  cette  enveloppe.  A 
l'aire  de  chaque  demi-profil  considéré  on  peut,  en  effet,  ajouter 
une  constante,  savoir  l'aire  du  triangle  que  le  prolongement 
de  AB  ferait  avec  les  droites  OA  et  OZ.  L'enveloppe  est  donc  une 

Fig.  i3i. 


Z' 


courbe  dont  la  tangente  forme  avec  les  droites  OZ  et  AB,  prolon- 
î^ées  jusqu'en  leur  point  de  rencontre,  un  triangle  d'aire  constante  ; 
c'est,  par  suite,  comme  on  sait,  une  hyperbole  ayant  OZ  et  AB 
pour  asymptotes. 

Si,  pour  un  certain  nombre  de  valeurs  de  <r  (*  )  comprises  entre 
les  limites  pratiques  de  cette  quantité,  on  construit  la  portion 
utile  des  hyperboles  correspondantes,  on  obtient  le  système  des 
enveloppes  (o-). 

De  même,  toutes  les  positions  de  la  ligne  du  terrain  naturel 
correspondant  à  une  même  valeur  de  e  ou  de  X  passent  nécessai- 


(')  On  peut  choisir  soit  des  valeurs  de  c  croissant  par  échelons  égaux,  comme 
on  Ta  fait  pour  les  abaques  précédents,  soit  les  valeurs  correspondant  aux  hyper- 
boles qui,  entre  les  limites  assignées,  ont  leurs  sommets  (situés  sur  la  bissectrice 
de  l'angle  de  OZ  et  de  AB)  séparés  par  des  intervalles  égaux,  ce  qui  donne  pour 
i;es  sommets  une  graduation  isograde  (n*  8).  Ce  second  choix,  proposé  par 
M.  Willotte,  donne  un  dessin  plus  satisfaisant.  Le  calcul  des  cotes  se  fait  d'ail- 
leurs très  rapidement,  puisque  leurs  différences  secondes  sont  constantes. 


294         CHAPITRE  lY.  —  STSTÈMBS  DE  DECX  ÉQCAT105S. 

rement  par  un  même  point  de  la  ligne  ÂB,  qui  pourra  être  coté  à 
Taide  de  cette  valeur  de  e  ou  de  X.  On  obtient  ainsi  sur  la  ligne  AB 
à  la  fois  une  échelle  (e)  et  une  échelle  (X). 

Cette  seconde  partie  de  Tabaque  rentre  dans  la  simple  applica- 
tion du  principe  des  points  alignés,  lorsque  Tun  des  trois  sys- 
tèmes de  points,  ici  (6),  est  rejeté  à  Tinfini. 

Si  dès  lors  on  applique  sur  le  tableau  ainsi  formé  un  demi- 
profil  dont  trois  des  côtés  s^appliquent  sur  OZ,  OA  et  AB,  le 
quatrième,  c^est-à-dire  la  ligne  du  terrain  naturel,  sera  tangent  à 
une  courbe  (t)  dont  la  cote  fera  connaître  l'aire  du  demi-profil, 
et  passera  par  un  point  de  la  droite  AB,  dont  les  cotes  e  et  X  don- 
neront la  largeur  d'emprise  et  la  longueur  du  talus.  Tel  est  le 
procédé  de  M.  Willotte,  qui  suppose,  comme  On  voit,  les  divers 
demi-profils  dessinés  sur  un  transparent  pour  être  successivement 
appliqués  sur  le  diagramme.  Afin  de  rattacher  complètement  ce 
procédé  aux  abaques,  il  suffit  de  substituer  au  dessin  des  demi- 
profils  le  dispositif  qui  consiste  :  i^  à  graduer  OZ  suivant  les 
valeurs  de  z  prises  à  partir  du  point  O  ;  2°  à  recourir  à  l'emploi 
d'un  transparent  portant  un  axe  O'Z'  qu'on  fera  glisser  le  long 
de  OZ  et  un  système  de  droites  issues  de  O'  et  cotées  au  moyen 
des  valeurs  de  leur  déclivité  prise  par  rapport  à  la  direction  per- 
pendiculaire à  O'Z'. 

Il  suffira,  pour  faire  la  lecture  relative  à  un  demi-profil  donné, 
d'appliquer  le  transparent  sur  le  tableau  précédemment  défini, 
de  façon  que,  Taxe  O'Z'  étant  en  coïncidence  avec  OZ,  l'origine  O' 
se  trouve  sur  le  point  de  OZ  coté  z,  La  droite  (6)  du  transparent 
sera  alors  tangente  à  la  courbe  (o*)  et  passera  par  le  point  (s) 
ou  (X),  dont  les  cotes  sont  les  valeurs  demandées  pour  les  élé- 
ments correspondants. 

Il  sera  question  plus  loin  (n°  133)  d'un  dernier  procédé  pour 
le  calcul  des  profils  de  remblai  et  de  déblai,  dû  à  M.  Toulon. 


ÉQUATIONS   A   PLUS    DE   TROIS   VARIABLES.  296 


CHAPITRE  V. 

ÉQUATIONS  A  PLUS  DE  TROIS  VARIABLES  (M- 


I.  —  Éléments  à  plusieurs  cotes. 

A.  —  Droites  a  deux  cotes. 

115.  Définition  des  éléments  à  deux  cotes.  Points  condensés. 
Echelles  binaires,  —  Si  nous  considérons  sur  un  plan  deux  sys- 
tèmes de  courbes  cotées  (a)  et  (P),  dont  Tensemble  constitue  ce 
qu'on  appelle  un  réseau,  chaque  point  du  plan  pourra  être  affecté 
des  cotes  des  deux  courbes,  prises  l'une  dans  chaque  système,  qui 
s'y  rencontrent.  On  définit  ainsi  un  point  à  deux  cotes  (a,  P). 

C'est,  on  le  voit,  l'idée  même  qui  conduit  à  la  notion  des  coor- 
données curvilignes  dans  le  plan. 

A  travers  le  réseau  de  points  à  deux  cotes  qui  vient  d'être 
défini,  traçons  un  système  simplement  infini  de  lignes  C.  Chaque 
point  d'une  de  ces  lignes,  considéré  comme  appartenant  au  réseau, 
sera  muni  de  deux  cotes,  et  l'ensemble  (a,  P)  de  ces  deux  cotes 
pourra  être  affecté  à  la  ligne  sur  laquelle  le  point  aura  été  pris,  et 
qui  sera  dite,  dès  lors,  une  ligne  à  deux  cotes  (a,  P). 

D'après  cette  définition,  la  ligne  C  possédera  une  infinité  de 
couples  de  cotes,  mais,  lorsqu'une  des  deux  cotes  sera  donnée, 
l'autre  en  résultera. 

En  effet,  se  donner  l'une  des  cotes,  c'est  se  donner  une  courbe, 
prise  dans  l'un   des  systèmes  du  réseau,  sur  laquelle  devra  se 


C)  Rappelons  que  par  généralisation  de  plusieurs  des  méthodes  indiquées  pour 
les  équations  à  trois  variables,  nous  avons  déjà  obtenu  divers  modes  de  repré- 
sentation applicables  à  des  équations  à  plus  de  trois  variables,  notamment  aux 
n-  37  et  70,  et  dans  le  §  V  du  Chap.  III. 


trouver  le  point  pris  sur  ta  ligne  C;  ce  point  est  donc  déle^ 
miné  (  <  ),  et  la  seconde  cote  est  alors  celle  de  la  courbe  du  secood 
sj'stème  du  réseau  passant  en  ce  point.  Va  fig.   i3ï  fournît  la 


Fig.  i3i>. 


représentation  schématique  d'un  sj'Stème  de  ligoes  C  à  deux  cotes 

De  celte  notion  de  lignes  à  deux  cotes  va  maintenant  découler 
celle  d'une  nouvelle  espèce  de  points  à  deux  cotes.  Coupons,  en 
effet,  les  lignes  C  par  une  ligne  L  quelconque.  Le  point  de  ren- 
contre de  chaque  ligne  C  avec  la  ligne  L  pourra  être  affecté  de 
tous  les  couples  de  cotes  afférani,  en  vertu  de  la  définition  précé- 
dente, à  la  ligne  C  considérée,  et,  de  même  que  précédemment, 
la  connaissance  d'une  des  cotes  d'un  lel  point  entrainera,  par 
l'intermédiaire  de  la  ligne  C  correspondante,  celle  de  l'autre. 

Chaque  point  de  la  ligne  L  pourra  donc  être  considéré  comme 
provenant  de  la  superposition  d'une  inOnilé  de  points  a  deux 
cotes,  comme  si  le  réseau  de  ces  points  était  venu,  en  quelque 
sorte,  se  condenser  sur  cette  ligne.  Pour  cette  raison,  nous  appel- 
lerons les  points  à  deux  cotes  de  cette  espèce  des  points  con- 
<lensés. 

Parmi  les  systèmes  de  lignes  à  deux  cotes  qui  se  rencontrent  le 
plus  fréquemment  dans  les  applications,  il  convient  de  distinguer 
il  part  les  svslLnies  de  droites  parallèles.  Considérons  un  lel  sys- 


(')  H  pt.urrail  y  i, 
1rs  cas  ilR  la  praiiqut 


supposerons  toii- 


fiQUtTIOKB  A   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  397 

tème  (A)  i^fig-  i33)  et  rapporlons-!e  à  deux  axes  rectangulaires, 
l'un  Ox  perpendiculaire,  l'autre  O^  parallèle  à  sa  direction. 


Rapportées  à  ces  deux  axes,  les  courbes  (a)  et  (p)  du  réseau 
ont  des  équations  telles  que 

(a)  ?(^,r.  P)  =  o, 

et  l'équation  de  la  droite  ^  passant  par  le  point  de  rencontre  de 
ces  courbes,  obtenue  par  élimination  de_j'  entre  (i)  et  {i)^  sera 

(î)  :r  =  ^(a,  3). 

Ainsi  le  système  (A)  donne  sur  Ox  les  valeurs  de  la  fonction 
■^{a,  p).  Pour  cette  raison,  l'ensemble  qui  vi,ent  d'être  défini 
peut  être  dit  Véchelle  binaire  de  la  /onction  -{/(a,  P)  le  hnf^ 
de  Ox,  suivant  la  terminologie  de  M.  Lallemand  { <  ). 

Réciproquement,  étant  donnée  la  fonction  ^(a,  ^),  on  peut  se 
proposer  de  construire  pour  elle  une  écbelle  binaire.  1!  suflira 
pour  cela  de  se  donner  une  des  deux  premières  équations,  (i) 
par  exemple.  L'étjuation  (a)  résultera  alors  de  l'élimination  de  x 
entre  (i)  et  (3). 

On  reconnaît  là  un  cas  particulier  du  principe  du  n"  46. 

Il  va  sans  dire  que,  dans  chaque  cas  particulier,  la  fonction  •}/ 


(<  )  M.  Lallemand  qui,  dans  son  Mémoire  autographié  9ur  le»  abaques  liciago- 
niDi,  semble  avoir,  pour  la  première  fois,  fait  un  usage  systématiiiuc  des  éclielles 
binaires,  déclare,  dans  la  Note  pri^liminaire  de  ce  Mémoire  (p.  7).  être  redevable 
de  leur  idùc  premirre  â  M.  Prévôt,  ch«t  de  bureau  au  Service  du  Nivclicnicnt 
giinéral  de  la  France, 


298  CHAPITRE   V. 

étant  donnée,  on  choisira  l'équation  (i)  en  vue  de  la  plus  grande 
simplicité  de  construction  possible.  On  s'attachera  notamment, 
chaque  fois  que  faire  se  pourra,  à  n'avoir  à  tracer  que  des  droites. 
Si,  par  exemple,  la  fonction  ^(a,  P)  est  de  la  forme 

on  prendra  pour  équation  (3) 

(•3i)  ^  =  /[U(a)V,(P)-f.V,(p)], 

/  étant  un  module  quelconque,  puis  pour  équation  (i) 

(II)  ^  =  /'U(a), 

/'  étant  un  autre  module,  parce  qu'alors  l'équation  (2)  sera 

(|ui  représente  des  droites. 

Remarque  /.  —  Les  parallèles  A  pourront,  dans  tous  les  cas, 
être  tracées  équidislantes,  mais  on  pourra  aussi  se  dispenser  de 
les  tracer  en  les  remplaçant,  ainsi  que  cela  a  déjà  été  vu  au  n**  13, 
par  un  index  mobile  maintenu  dans  une  direction  parallèle  à  la 
leur.  Dans  ce  cas,  c'est  Tensemblc  des  courbes  (a)  et  (P)  qui  sera 
dit  réchelle  binaire  de  la  fonction  i^  (a,  jâ)  le  long  de  Ox, 

Remarque  II.  —  On  peut,  pour  la  plus  grande  commodité  du 
dessin,  déplacer  comme  on  veut  l'échelle  binaire  dans  la  direc- 
tion des  droites  A  puisque,  dans  un  tel  déplacement,  les  points 
du  réseau  qui  sont  primitivement  sur  une  certaine  droite  A,  ne 
cessent  pas  de  s'y  trouver. 

Remarque  III.  —  L'échelle  binaire  (a,  |â)  étant  accolée  à 
TaxeO^,  les  points  de  cet  axe  peuvent  être  considérés  comme  des 
points  condensés  à  deux  cotes  a  et  p,  les  couples  de  cotes  de  cha- 
cun d'eux  étant  ceux  afférents  à  la  parallèle  à  O^  passant  en  ce 
point. 

IIG.  Fractionnement  des  échelles  binaires.  —  Le  plus  sou- 
vent l'échelle  binaire  de  la  l'onction  'i'(a,  J3)  accolée  à  Ox, 


sera  consiituée  par  des  parallèles  à  cet  axe,  cotées  au  mo^en  des 
valeurs  de  a, 

(>)  y=l-^ 

et  par  les  courbes  (P)  dont  l'équation  est 

Supposons  que  tes  nécessités  de  l'application  pratique  que  l'on 
a  en  vue  exigent  que  ces  courbes  soient  construites  jusqu'à  la  pa- 
rallèle PQ  à  Oj:  (Jtg.  i34)  correspondant  à  la  valeur  limite  de  a 


Fi,.  .Î4. 

(cote  du  point  B). 

Puisqu'on  est  libre  de  déplacer  une  échelle  binaire  dans  le  sens 
perpendiculaire  à  0:r  (liem.  II  du  numéro  précédent)  on  pourra, 
par  exemple,  en  coupant  l'échelle  le  long  de  l'horizontale  du  point  A, 
milieu  de  OB,  amener  la  partie  supérieure  de  l'échelle  à  se  super- 
poser, par  une  translation  parallèle  à  Oy,  à  la  partie  inférieure. 
Dans  ce  déplacement  la  portion  du  système  (p)  comprise  à  l'inté- 
rieur de  MNPQ  vient  en  M'N'P'Q'  et  les  horizontales  comprises 
entre  A  et  fi  viennent  coïncider  respectivement  avec  celles  qui 
se  trouvent  entre  O  et  A,  Seulement,  comme  elles  conservent 
leurs  cotes,  chacune  des  horizontales  de  O  à  A  présentera,  sur 
l'échelle  binaire  déGnitive,  deux  cotes  distinctes,  l'une  se  référant 
aux  points  situés  à  l'intérieur  de  ORMN,  l'autre  aux  points  situés 
à  l'intérieur  de  M'N'FQ'. 

L'exemple  donné  plus  loin  (n°  H8,  a")  éclaircira  ce  point.  C'est 


3oO  CniPITRE   V. 

d'ailleurs  à  cet  exemple,  dû  à  M.  Chancel,  que  nous  avons  em- 
prunté le  principe  qui  vient  d'être  exposé. 

H7,  Échelles  binaires  accolées.  —  En  reprenant  chacun  des 
types  d'abaques  étudiés  dans  les  Chapitres  précédents  et  y  rem- 
plaçant les  éiémenls,  points  ou  lignes,  à  une  cote  qui  y  inter- 
viennent par  des  éléments  de  même  nature  mais  à  deux  cotes,  on 
obtient  de  nouveaux  types  d'abaques  sur  lesquels  le  nombre  des 
variables  est  doublé. 

Par  exemple,  les  abaques  à  échelles  accolées  (n"  9),  lorsqu'on 
y  remplace  les  échelles  simples  par  des  échelles  binaires,  four- 
nissent le  type  représenté  par  la  fig.  i35  où  les  deux  échelles  bi- 
Fig.  i35. 


y^ 

^ 

\ 

\ 

V 

T 

/- 

\, 

\ 

\ 

\ 

\ 

- 

-^ 

^ 

. 

N 

\ 

\ 

1 

\ 

V 

, 

^ 

' 

\ 

\ 

\ 

\ 

\, 

\ 

< 

^ 

\ 

\ 

\ 

\ 

\ 

s 

\ 

-~ 

~ 

^ 

■\ 

\ 

s 

\ 

\- 

\ 

\ 

\ 

\ 

"^ 

<^ 

k 

X 

^ 

\ 

\j 

^ 

\ 

\ 

-^ 

^ 

^ 

\ 

\ 

\ 

\ 

- 

X 

-) 

— 

- 

\] 

\ 

\ 

y 

^ 

TT— ï 

_ 

\, 

b 

Ï 

naires,  accolées  par  l'axe  Oy,  ont  été  écartées  l'une  de  l'autre  dans 
le  sens  perpendiculaire  à  cet  axe  ('). 

On    voit   immédiatement   que  le  même   type  d'abaque   serait 


l'emploi  J'crlidlrs  bhiiiircs  accolera  m  vue  il'aiiplicatîuns  particulières.  Cet  emp! 
se  trouve  indiqué,  snus  sa  fiirme  gtni-ralc,  cNins  le  travail  de  U.  Lallemand  i 
les  abaques  lieiagunaiix  cii'i  crt  aulcur  le  jirésente  comme  dérivant  de  ce  qv 
iippcllc  le  principe  de  l'Ali  ni  ination  grapliique  et  qui  consiste  i  relier  de< 
abaques  à  truia  variables  par  un  système  commun  de  courbes  cotées. 

■tans  la  déclaration   déjà   i-il«c  (note  an  lias  de  hi  p.  :>97)  de  la  Note  priéliii 
naire  de  son  Miîmnire,  il  fait  savoir  que  tVst  M.   Itcnard,  agent  du  Service  i 


Nivellement  t 


I   de 


,  qui 


suggéré  t'idde.  Celle-c 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE    TROIS   VARIABLES.  3oi 

obtenu  en  partant  de  celui  des  abaques  cartésiens  à  trois  variables 
(n**  16)  et  y  munissant  les  parallèles  à  O^  de  deux  cotes  au  lieu 
d'une  par  l'adjonction  du  réseau  (a2,  ^2)» 
L'échelle  binaire  de  gauche  donnant 

et  celle  de  droite 

on  voit  que  Téquation  représentée  est  de  la  forme 

Le  mode  d'emploi  d'un  tel  abaque  est  fort  simple.  Si,  par 
exemple,  connaissant  a^  ^1  et  a2  on  veut  avoir  ^29  on  n'a  qu'à 
suivre  l'horizontale  passant  par  le  point  de  rencontre  de  la  verti- 
cale a^  et  delà  courbe  ^1  jusqu'à  la  verticale  a2.  La  courbe  passant 
par  ce  nouveau  point  a  pour  cote  ^2* 

On  obtient  encore  le  même  type  d'abaque  en  remplaçant,  dans 
un  abaque  cartésien  tel  que  ceux  définis  au  n°16,  une  des  échelles 
simples  portées  sur  O^  et  Oy  par  une  échelle  binaire,  ou,  plus 
généralement,  par  une  échelle  à  points  condensés. 

Si  l'on  effectue  ce  remplacement  pour  les  deux  axes  on  a  l'abaque 
d'une  équation  à  cinq  variables  (*). 

On  peut  enfin  introduire  une  sixième  variable  en  munissant  les 
courbes  de  l'abaque  d'un  réseau  de  doubles  cotes,  ainsi  qu'on  l'a 
expliqué  au  n^  113.  Si  ces  courbes  sont  des  droites  parallèles  on 
tombe  sur  un  type  d'abaque  examiné  plus  loin  (n°  119). 

Exemple  :  Abaque  de  la  prime  des  porte-mires  du  Nivellement  géné- 
ral. —  hdi  fig,  i36  reproduit  l'abaque  qui  sert,  au  Service  du  Nivellement 
général  de  la  France,  à  calculer  la  prime  P  d'un  porte-mire  en  fonction 
du  nombre  total  de  nivelées  N,  de  la  longueur  totale  nivelée  L,  et  du 
nombre  de  jours  ouvrables  co.(*).  Cet  abaque  est  du  type  cartésien  à  anamor- 

d'ailleurs  été  antérieurement  émise,  et  sous  une  forme  plus  générale,  par  M.  Mas- 
sau  dans  son  Mémoire  déjà  plusieurs  fois  ci  lé  Sur  l'intégration  graphique 
(Liv.  III,  Chap.  III,  §  I,  n-  183). 

(')  L'abaque  des  machines  à  fraiser  que  M.  F.-J.  Vaes  a  fait  connaître  en 
iSg^^  dans  le  XVIII*  Jaarverslag  van  de  JVederlandiche  Vereeniging  van  Werk- 
tuig-en  Scheepsbouwkundigen^  appartient  à  cette  catégorie,  les  axes  O^  et  Oy 
étant  munis  Tun  et  l'autre  d'échelles  à  points  condensés. 

(^)  Comme  chaque  opération  comprend  un  aller  et  un  retour,  la  prime  s'ap- 
plique, en  réalité,  à  3N  nivelées  réparties  sur  la  longueur  2L;  elle  comporte,  en 
outre,  le  piquetage  effectué  par  la  brigade. 


pour  N  et  u,  l'autre  pour  L  et  u).  Les  fonctions  représentées  le  long  de  ci 


ÉQUATIONS   A    PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  3o3 

axes  par  ces  échelles  sont  le  nombre  moyen  journalier  de  nivelées  n  et  la 
longueur  moyenne  journalière  /,  dont  les  valeurs  sont  inscrites  à  côté  des 
a\es  correspondants.  Enfin  la  longueur  moyenne  d'une  nivelée  v,  qui  ré- 
sulte de  /  et  n^  donne  lieu  sur  l'abaque  à  des  droites  cotées. 

On  voit  sur  la  figure  des  traits  interrompus  qui  correspondent  à  l'exemple 
numérique 

L  =  46'"",         N  =  32T,         (i>  =  ii, 

pour  lequel  l'abaque  donne 

P  =  7',  5o,        /  =  4""",  20,        /i  =  29,        t'  =  1 45™. 

On  peut  présenter  le  principe  des  échelles  binaires  accolées 
sous  une  forme  plus  générale.  Supposons  que  l'équation  à  quatre 

variables 

F(oti,Pi,a„p,)  =  o 

provienne  de  l'élimination  de  la  variable  y  entre  les  deux  équations 

*(aiipi,ï)  =  o, 

Ces  deux  équations  seront  représentables,  indépendamment  l'une 
de  l'autre,  par  des  abaques  cartésiens,  avec  ou  sans  anamorphose, 
constitués  chacun  au  moyen  d'un  système  de  lignes  (j3)  tracé  sur 
un  quadrillage  (a,  y)  que  définiront  une  échelle  (a)  portée  sur  Ox 
et  une  échelle  (y)  portée  sur  Oy.  On  pourra  d'ailleurs  toujours 
adopter  une  même  échelle  (y)  sur  les  deux  abaques.  Il  suffira  dès 
lors  de  les  accoler  par  leur  axe  Oy  pour  éliminer  graphique- 
ment la  variable  y  et  avoir,  par  suite,  la  représentation,  par 
deux  échelles  binaires  accolées  (ai,  ^i)  et  (a^,  ^2)7  de  l'équation  à 
quatre  variables  ci-dessus. 

Il  y  aura  même  des  cas  où  il  sera  avantageux,  en  regardant,  dans 
ce  qui  précède,  ai  et  cl^  comme  une  seule  variable  a,  d'appliquer 
ce  mode  de  représentation  à  une  équation  à  trois  variables  a,  ^^ 
et  ^21  en  particulier  lorsqu'il  en  résultera  la  possibilité  de  n'avoir 
à  tracer  que  des  droites. 

Lorsqu'il  s'agira  ainsi  d'une  équation  à  trois  variables,  on 
pourra    adopter,  pour   les  deux  abaques   partiels  (oc;^i,y)    et 


3o4  CHAPITRE   y. 

(a,  ^2,  y),  non  seulement  la  même  échelle  (y),  mais  encore  la 
même  échelle  (a),  ce  qui  permettra  de  superposer  ces  deux  abaques 
partiels  (n'^OO).  Dans  ce  cas,  il  sera  inutile  de  tracer  les  parallèles 
(y)  à  Oxj  puisque  les  points  (a,  y)  des  deux  abaques  seront  en 
coïncidence.  L'abaque  résultant  ne  se  composera  dès  lors  plus  que 
des  parallèles  (a)  à  Oy  el  des  deux  systèmes  de  lignes  (^i)  et  (^2)? 
qui,  par  leur  entrecroisement,  représenteront  l'équation  en  a,  ^1 
el  ^2  donnée,  et  l'on  voit  que  la  transformation  reviendra,  dans 
ce  cas,  à  l'application,  sous  une  forme  spéciale,  du  principe  de 
l'anamorphose  générale  (*)  (n**41),  l'introduction  de  la  variable  y 
n'ayant  servi  qu'à  effectuer  la  disjonction  des  variables. 

118.  Exemples  :  1°  Abaque  des  annuités,  —  Si  Ton  représente  par 

A  le  montant  d'un  emprunt, 

n  la  durée  en  années  de  Tamortissement, 

f    le  taux  de  l'intérêt, 

(t  le  montant  de  l'annuité, 

on  a 


a  _  ïoo 

A  ~ 


I  — 


V       100/ 

Cette  équation  est  représentable  par  l'accolement,   le  long  de  Oj;  pùc 
exemple,  de  deux  échelles  binaires  donnant  Tune 

A    ' 

et  constituée  par  les  droites  cotées 

(a)  y=  al\ 

(A)  y  =  PLxl\ 


(')  Celte  idée  de  principe  a  été  présentée  sous  forme  géométrique  et  très  heu- 
reusement utilisée  par  M.  Duplaix,  dans  un  intéressant  travail  dont  nous  avons 
eu  connaissance  en  cours  d'impression  du  présent  Ouvrage,  et  qui  est  intitulé  : 
Abaques  des  efforts  tranchants  et  des  moments  de  flexion  développés  dans 
les  poutres  à  une  travée  par  les  surcharges  du  Règlement  du  29  août  1891 
pour  les  ponts  métalliques  (Paris,  Carré  et  Naud;  1899). 


ÉQUATIONS    A    PLUS    DE    TROIS    VARIABLES.  3o5 

l'aulrc 


loo 
.r  —  —     -  -     - 

I 


100/ 
et  constituée  par  les  lijjjiie«5  cotées 


X 


1 00  /  I  t 


) 


100   ; 

/,  /'  et  r  étant  des  modules  quelconques. 

L'abaque  ainsi  obtenu  ('),  qui  a  été  construit  par  .M.  Prévôt,  est  repré- 
senté par  \a  Ji^.  iSy. 

Le  mode  d'emploi  est  rappelé  par  le  croquis  placé  dans  l'angle  supérieur 
de  droite. 

I^a  formule  de  la  première  échelle  binaire 

^  7 


a 


montre  que  les  abscisses  font  connaître  dans  chaque  cas  l'annuité  <fi  —    - 

A 

pour  un  emprunt  de  i  franc.  La  graduation  correspondante   a  été  inscrite 
à  la  partie  inférieure  de  l'abaque. 

•>."  Abaque  de  la  formule  de  jauge  de  r  Union  des  Yaclits  français. 
—  Cette  formule  est 


iJo 


où  T  représente  le  tonnage  de  course, 

p  le  périmètre, 

L  la  longueur  à  la  flottaison, 

x   la  surface  de  voilure. 


Elle  peut  s'écrire 


On  voit  dès  lors  qu*elle  pourra  être  représentée  par  l'accolemcnt  le  long 


(•)  Pour  donner  le  dc^ré  d'appnixinialioii  requis  par  les  calculs  do  baoqur, 
cet  abaque  devrait  cire  construit  sous  des  dimoiisioiis  qui  rendraient  son  rniph»! 
impraticable.  Tel  quel  il  permet  d'obtenir  un  résultat  approché  pouvant  ètie 
utile  lorsqu'on  veut  se  faire  une  première  i<lée  d'une  opération  projetée. 

M.  d'O.  îo 


de  lir  .los  éiiheW.-i  biliaire!^  .lélini 


/  étant  un  moiliili:  quulconqui 


hp-tL 


K'Tilc  pai'  /'  ,-1  /'  d'auiri's  moH.ilcp, 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS  YARIABLES.  807 

tuée  par  les  droites  cotées 

(T)    y^Tl\  (s)        r  =  ^-^^- 

la  seconde  par 

(L)    y  =  t'L,  (/.)     ,oî=f^-Ç. 

Ce  dernier  système  de  droites  cotées  du  second  degré  rentre  dans  un 
type  étudié  à  part  (n°  45). 

L'abaque  correspondant,  construit  par  M.  Chanccl  (*)  avec  les  modules 

et  que  reproduit  la  Jiff.  i38,  présente  plusieurs  particularités  intéres- 
santes. 

I**  Les  deux  échelles  binaires  ont  été  accolées  de  façon  que  le  point  o 
de  l'échelle  (T)  corresponde  au  point  16  de  l'échelle  (L). 

En  outre,  les  droites  parallèles  à  Ox  correspondantes  n'ont  été  tracées 
qu'à  des  intervalles  assez  grands  pour  ne  pas  embrouiller  la  figure.  Aux. 
parallèles  non  tracées,  on  a  substitué,  ainsi  que  cela  a  été  indiqué  d'une 
manière  générale  au  n°  14,  un  transparent  portant  d'une  part  des  paral- 
lèles que  l'on  fait  glisser  sur  celles  de  l'abaque,  de  l'autre  un  a\e  perpen- 
diculaire à  leur  direction  et  portant  les  graduations  (T)  et  (L). 

L'emploi  de  Tabaque  peut  alors  s'énoncer  ainsi  :  le  bord  inférieur  du 
transparent  étant  appliqué  sur  le  bord  inférieur  du  cadre ^  on  fait 
glisser  ce  transparent  jusqu'à  ce  que  le  point  coté  L  de  son  échelle 
mobile  se  trouve  sur  la  droite  cotée  p.  La  cote  du  point  de  l'échelle 
mobile  qui  se  trouve  alors  sur  la  droite  cotée  s  fait  connaître  le  ton- 
nasse T. 

Sur  la  fiff.  i38,  on  a  dessiné  la  position  de  l'ccliellc  mobile  pour 
l'exemple  numérique 

L  =  i2™,8o,        ;>  =  i3™,8o,         s  =  110""^ 

Cette  position  est  définie  par  la  condition  que  le  point  L  —  12,8  se  trouve 
sur  la  droite  p  =  i3,8.  On  voit  que  la  droite  s  =  210,  qui  appartient  au 
faisceau  (s)  inférieur,  passe  alors  par  le  point 

T  =  i4,4, 

dont  la  cote  est  la  valeur  du  tonnage  cherché. 

7?  La  valeur  du  périmètre  p  variant  dans  le  même  sens  que  la  lon- 
gueur L,  on  a  limité  chaque  droite  (p)  à  la  portion  qui  correspond  aux 


(')  Étude  et  graphique  de  la  formule  de  jauge  de  l'Union  des  Yachts 
français.  Grenoble;  189'!. 


vuleurs  de  I.  qui  peuvent  lui  être  jointes.  C'est  lu  ce  qui  produit  ces  » 
de  gradins  qu'on  observe  sjr  \a /g.  i38. 


Vrliollr  liLiuiir.>(,v,T)  a. :■[>■■  fr«r .iiri;  (il"  )  U!)  à  U  li-rnc  T  =  >(>. 

rroiid,'  ^ii,n'u■  il  II  "\ilOnic  (.tl  l'-Miil  remoiilri-  à  hi  ligne  T  =  o,  Si  don." 
il  iillniii'  il  iiii  l'iiiiir  d'iini;  li^'nf  (xl.  ]H'is  il.iiis  le  faisceau  su|H'rirur, 
iii..ni»l..  T  pMSsani  i-ti  rr  [.i.ini  a  |,„Mr  <nu-  hi  vnl.-ur  di!  T,  I».-  <iir 
ii;II.-  <!,•  .liDirr.  ^,„-„ir/il,-r  Je  Kl. 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS    VARIABLES.  809 

4*  La  forme  de  Téquation  représentée  montre  qu'on  peut  appliquer  le 
principe  des  multiplicateurs  correspondants  (n°  21)  en  posant 

L'=(jlL,  p'=lJ-p,  5'=V«5,  T'=|lîvT. 

Voici  un  exemple  numérique  emprunte  à  l'auteur  : 
Les  données  sont 

L  =  7"',  62,        />  =  7^",  43,         5  =  85™''. 

Pour  avoir  des  nombres  rentrant  dans  les  limites  de  la  graduation,  pre- 
nons les  multiplicateurs 

Nous  avons  ainsi 

L'=i5,'24>        /''=i4j8G,        5'=  340. 

L'horizontale  V  =  i5,'24  rencontre  la  droite />'=  i4,86  en  un  point  dont 
la  verticale  coupe  la  droite  s' =  34o  du  faisceau  supérieur  sur  l'horizon- 
tale T'=  8,3.  On  doit  donc  prendre,  d'après  ce  qui  vient  d'être  vu  (3°), 

T'=24,3. 

Donc 

24  H 
T=  -^-  =3,04. 

>**  Abaque  pour  la  résolution  des  triangles  rectilignes  dont  un 
angle  au  moins  figure  parmi  les  éléments  connus.  —  Si  ai,  aj,  as 
représentent  les  angles  d'un  triangle  quelconque,  Yi»  ïî»  ïï  '^^  côtés 
opposés,  on  peut  résoudre  tous  les  cas  pour  lesquels  un  angle  figure 
parmi  les  éléments  connus  au  moyen  de  la  formule  facile  à  démontrer 

tang  — 


ta 


-4' -(-ï)] '"■''• 


dans  laquelle  on  prendra  toujours  pour  ys  le  plus  grand  des  côtés  donnés, 
lorsqu'on  lui  adjoint 

(•2)  «1-4- «S-l- «3=  TT. 

Les  quatre  cas  à  considérer  peuvent  se  résumer  ainsi  : 

Données.  Inconnues. 

Premier  cas a,  B,  C  A,  6,  c 

Deuxième  cas 6,  B,  C  A,  <^ï,  c 

Troisième  cas «,  6,  C  A,  B,  c 

Quatrième  cas a,  6,   A  B,  G,  c 


Il) 

» 

Yî-c. 

.2) 

m 

«s  -A, 

(I) 

i> 

Tj=«» 

(') 

» 

Y3-   c. 

<•) 

u 

a,=  A, 

(2) 

» 

«3=B, 

(I) 

» 

Ys  =  c. 

(') 

» 

a,=  C, 

(a) 

» 

«3   -B, 

(0 

» 

Yt^c. 

3lO  CHAPITRE   V. 

Les  formules  précédentes  permetient  de  les  résoudre,  grâce  aux  identi- 
fications suivantes  : 

Premier  cas  :      Pour  a|==B,  aji-C,  (2)  donne  aj=A, 

))      a,~B,   a,  =  C,  Y3^«,         (0         »       ïs^*» 
»      a,=  C,  a,=^  B,  Yj^«» 

Deuxième  cas  :  Pour  «i^  B,  «j^  C, 

»      «1^^  C,   at=B,  Yî=  ^» 

Troisième  cas  :   Pour  «iet^C,  yj^^^»  Ys^^» 

»      «i^c,    «î^A, 
»     «i^B,  «j^  A,  Yj^«. 

Quatrième  cas  :  Pour  «j^^  A,  yj  —  ^»   Vs^^  ^» 

n      a,  =  A,  a,=  G,  Y3=^i 

L'abaque  à  échelles  accolées  construit  pour  l'équation  (i)  ci-dessus  par 
M.  Lallcmand  est  représenté  par  \a/i^,  iSg. 

En  vue  d'une  plus  grande  netteté,  cet  abaque  a  subi  une  anamorphose 
graphique  (n*  39).  L'exemple  du  n°  40  n'est  autre  d'ailleurs  que  la  con- 
struction de  l'échelle  supérieure  de  cet  abaque. 

Ici  les  deux  échelles  accolées  sont  placées  l'une  au-dessus  de  l'autre,  la 
première  étant  constituée  par  les  horizontales  (yi)  et  les  courbes  (ys)»  la 
seconde  par  les  horizontales  (ai)  et  les  courbes  (aj).  De  l'une  à  l'autre,  les 
points  se  correspondent  sur  les  verticales. 

Quant  à  l'abaque  de  l'équation  (a),  il  a  été  superposé  à  l'échelle  infé- 
rieure. II  a  suffi,  comme  cela  a  été  expliqué  au  n°4i,  de  joindre  entre  euv 
les  j)oints  du  réseau  formé  par  les  courbes  (aj)  et  (aj)  pour  lesquels  la 
somme  oLi-h  aj  était  égale  au  supplément  d'une  certaine  valeur  de  aj  pour 
avoir  la  courbe  «3  correspondante  et  obtenir  ainsi  le  système  («3). 

Comme  exemple  numérique,  plaçons-nous  dans  le  troisième  cas  en  nous 

donnant 

a  =  70"»,         b  =  43"",         C  =  60". 

Pour  rester  dans  les  limites  de  nos  graduations,  nous  diviserons  par 
10  la  longueur  de  chaque  côté.  Dès  lors,  l'horizontale  y»  =  7  et  la 
courbe  Y3=4,^  de  l'échelle  supérieure  se  coupant  en  un  point,  suivons 
la  verticale  de  ce  point  jusqu'à  l'horizontale  ai  =  60*  de  l'échelle  infé- 
rieure. F*ar  le  point  ainsi  obtenu  passent  les  courbes  «2=  82*  et  03=  38*; 

donc 

A  =  89.'        et         B  =  38^ 

Puis,  si  du  point  de  rencontre  de  l'horizontale  «1=38°  et  de  la 
courbe  0.2  =  82",  nous  remontons  par  une  verticale  à  l'échelle  supé- 
rieure, nous  obtenons  sur  l'horizontale  Yî  =  7  ""  point  par  lequel  passe 
la  courbe  y3=6jî;  donc 

c  =  or". 


Hy,  .iOaquci  ln-xiisonaiix  à  èdteUes  binaires.  ~  Kii  rcm- 
plui;anl  une,  deux  ou  Irois  écliellcs  smi|ilcs  d'un  abaque  hexa- 
•;t>nal  (n"  32)  par  des  échelles  binaires  accolées  aii\  axes  corres- 
liondaiils,  ainsi  que  M .  Prévol  en  a  eu  l'idée  (  '  ),  on  introduit  une. 
deii\  uu  trois  uouvelli^s  variables. 

i/d  /i^'.  1^(1  iiidiqiii'  la  dispusitioii  générale  d'uti  abaque  bcxa- 


lal  à  trois  éciielle»  binaires,  c'est-à-dire  à  six  variables.  Le  l\\H- 
l'équalioii  coires|)ondante  est,  d'après  ce  qui  a  été  vu  au  n"  32, 

Jii  dispose  à  volonté  des  trois  échelles  accolées  respcctive- 
ni  aux  trois  axes  de  l'abnqiie  hexagonal,  jtourvH  qtie  trois 
nls  (a,.  |i.)-  ("lii'iï).  i":!.  1%)  P'is  dans  chacune  de  ces 
lie  solution  particulière  de  l'éqtia- 
lultanémcnt  sous  les  trois  index  du 


l'< 

écliellcs  et  correspondant  i 


;  tro 


transpai 


;nt. 


l'abaque,    si,    par   cxeniplc,    on    prend    ^^    pour 
inconnue,  est  Ir  >uivaiil  :  ttuiiT  i/es  iiit/<f.r  du  transparent  con- 

<.i-iiiibk'iiii'iit  oricnU'  passant  l'un  par  le  point  (a,,  p,),  l'aiitrr 
P'ir  Ir  point  [t..  ''j..),  le  troisiènir  index  coupe  la  courbe  a,  de 


ÉQUATIOx>S    A    PLUS    DE    TROIS   VARIABLES.  3l3 

l^ échelle  binaire  correspondante  en  un  point j  et  la  cote  de  la 
courbe  ^3  passant  en  ce  point  est  ta  valeur  demandée. 

On  pourra,  dans  certains  cas,  se  servir  de  celle  méthode  en 
faisant  entrer  une  même  variable  dans  deux  groupes  binaires 
difierents,  ce  qui  serait  le  cas,  par  exemple,  si,  dans  l'équation 
ci-dessus,  on  remplaçait  ^:,  par  [î,.  Il  convient  toutefois  de  remar- 
quer que,  dans  ce  cas,  la  variable  figurant  dans  deux  groupes 
binaires  ne  saurait  être  prise  pour  inconnue.  Pour  qiC une  va- 
riable  intervenant  dans  un  abaque  puisse  y  être  prise  comme 
inconnue  y  il  est  évident  j  en  effet,  quil  ne  doit  lui  correspondre 
sur  cet  abaque  qu'un  seul  système  d^ éléments  cotés. 

Exemples  :  \°  Premier  abaque  des  intérêts  composés  (*).  —  La  for- 
mule des  intérêts  composés  est 

A  —  a(i-i- r)'», 
dans  laquelle 

a  désigne  le  capital  placé  ; 

/•  le  taux; 

n  le  nombre  d'années  du  placement; 

A  le  capital  produit. 

Il  suffit  de  l'écrire  sous  la  forme 

logA  =  loga  -i-  n  log(i  4-  /*) 

pour  voir  qu'elle  rentre  dans  le  type  ci-dessus  lorsqu'on  prend  le  long  de 
deux  des  axes  des  échelles  logarithmiques  ordinaires  pour  A  et  a,  et  le 
long  du  troisième  une  échelle  binaire  pour  l'ensemble  de  n  et  de  /*. 

Si  /  est  le  module  des  échelles  logarithmiques  (A)  et  (a),  Téchclle 
binaire  {n,r)  sera  définie  par 

X  —  In  log(i  -h  r), 

l'axe  des  x  étant  supposé  coïncider  avec  l'axe  correspondant  de  l'abaque 

hexagonal.  On  constituera  donc  celte  échelle  au  moyen  de  deux  systèmes 

de  droites  cotées 

y  =  nog(i^-r), 

l'x  =  Iny. 
L'abaque  correspondant,  pour  lequel,  sur  la  y/^.^.  i4i,  on  a  pris 

/.-.  r^.  2  XI'", 


(  '  )  On  trouvera  plus  loin  (n*122),  un  abaque  plus  simple  pour  la  même  formule. 


3lit  CHAPITRE   ï. 

e*l  ilù  à  M.  l'nî^nt.  Il  pri'^li:  à  une  remarque  înlé 


îîraii.lo  -inipli  lient  ion  Je  'joii?tiui-ri..n  et  qui  peut  trouver  son  applic. 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  3l5 

dans  des  cas  analogues.  Elle  consiste  en  ce  que,  dans  le  champ  de  varia- 
lion  très  limité  de  la  variable  /',  les  accroissements  de  log(i-hr)  sont 
sensiblement  proportionnels  à  ceux  de  r. 

Calculons,  par  exemple,  au  milieu  de  cet  intervalle,  logi,o4,  en  admet- 
tant cette  proportionnalité.  Nous  aurons 

log  1 ,04  —  log  1 ,025  _  1 ,04  —  I  ,oîfc5 

l0gl,06  —  l0gl,0'2J  1,06  —  l  ,0'l'j 

d'où 

logi  ,04  =  logi  ,025  -f-  -  -  (log  1 ,06  —  log  I  ,o25;  —  0,0169739. 

La  véritable  valeur  de  logi,o4  est 

log  1 ,04  =  0,0170335. 

L'erreur  commise  est  donc 

e  =  —  0,0000594 
ou  sensiblement 

e  =  —  0,00006. 

Avec  la  valeur  de  /'  admise  sur  la  Jig.  i4i,  cela  donne  pour  l'écart 
entre  la  position  de  la  droite  r  =  o,o4,  obtenue  par  cette  interpolation 
proportionnelle,  et  sa  position  rigoureuse  la  valeur 

^  X  o*",  00006  =  o*".  000  04 , 

soit  j^j  de  millimètre,  écart  qui  peut  être  négligé  sans  inconvénient. 

La  position  des  index  du  transparent,  marquée  en  pointillé  sur  la 
/ig".  i32,  correspond  à  l'exemple  numérique  a  =  20000^'',  T  —  0,04, 
n  =:  i5**,  pour  lequel  l'abaque  donne  A  —  Sôooo'*"  (*). 

2°  Abaque  de  la  poussée  des  terres.  —  M.  Boussinesq  a  donné,  pour 
le  calcul  de  la  poussée  des  terres  sur  un  mur  vertical  de  soutènement,  la 
formule  suivante  : 

_      ^H'*'"'S'(j-|)cosQ-2) 

cos[ç,-(|-l)J 

dans  laquelle 

«p  désigne  l'angle  de  frottement  des  terres  sur  elles-mêmes; 

©1  l'angle  de  frottement  des  terres  sur  la  maçonnerie; 

m  le  poids  en  tonnes  du  mètre  cube  de  terre; 

H  la  hauteur  en  mètres  du  mur; 

P  la  poussée  en  tonnes  par  mètre  carré. 


(  '  )  On  peut  faire  à  propos  de  cet  abaque  la  même  observation  que  celle  qui  u 
éié  présentée  au  sujet  de  Tabaque  des  annuitcs  (note  au  bas  de  la  page  3o5). 


ÉQUATIOiNS   A   PLUS    DE    TROIS    VARIABLES.  SlJ 

Pour  traduire  cette  formule  en  abaque  hexagonal,  il  n'y  a  qu'à  la  mettrez 
sous  la  forme 

logP  —  logm-r-  2  logll  -h  2  log  tangf  -■  —  -  j 

--logcos(^-^'  —  2j  _|og2-logcoslcp,  — (^~  -  ^jj. 

Le  terme  du  premier  membre  donne  pour  P  une  échelle  logarithmiqu»' 
simple,  les  deux,  premiers  termes  du  second  membre  donnent  une  échelle 
binaire  pour  l'ensemble  (tii,  H),  et  le  reste  du  second  membre  une  échelle 
binaire  pour  l'ensemble  (0,01). 

L'abaque  correspondant,  construit  par  M.  Renard,  et  sur  lequel  l'échelh* 
de  la  poussée  P  a  été  fractionnée  au  point  P  =  5  pour  que  l'abaque  tienne 
dans  un  cadre  plus  restreint,  est  reproduit  sur  \d^  fig.  x^i. 

La  position  des  index  du  transparent,  marquée  en  pointillé,  correspond 
à  l'exemple  numérique 

pour  lequel  l'abaque  donne  P  =  5''', 87. 

120.  Abaques  à  glissement.  —  L'emploi  des  échelles  binaires 
peut  aussi  se  combiner  avec  le  principe  des  abaques  hexagonaux 
à  glissement  dont  il  a  été  question  au  n"  37. 

On  aura  ainsi  la  représentation  d'nne  équation  de  la  forme 

Exemple  :  Abaque  de  l'erreur  de  réfraction  dans  le  nivellement 
géométrique.  —  Si  l'on  représente  par 

B  la  pression  barométrique: 

D  la  différence  brute  de  niveau  prise  en  valeur  absolue; 
L  la  longueur  de  la  nivelée; 

/]  la  température  de  l'air  à  la  hauteur  de  la  lunette; 

/j  et  t\  ses  températures  aux  points  où   la   ligne   de   "xiséc  rencontre   les 
deux  mires  d'arrière  et  d'avant, 


et  si  l'on  pose,  en  outre, 


0=  — .j-    -    , 


l'erreur  de  réfraction  z  est  donnée  par  la  formule 

,  ^       _  ojll^oo.o^  B L.  ,       ,.  ro,:i3/.3-llog(-.» 

"'     ^""         7(i         D(i-4-o,oo366Ô)»^^      "'I  ,      i-ho 


3l8  CHAPITRE   V. 

0  étant  défini  par  l'équation 

,  .  1  loK(i_±J_)  _  t 

'    '  logô-6)-T' 

En  outre,  e  est  ou  non  de  même  signe  que  la  différence  de  niveau  D 
qui,  sur  l'abaque,  ne  sera  prise,  comme  on  vient  de  le  dire,  qa'en  valeur 

T  -4-  t' 

absolue,  suivant  que  le  quotient  — ^-^  est  négatif  ou  positif. 

Posant 

o.ooioH 


7ti 


=  /•,        o,oo366 


<;l  remarquant  qu'en  vertu   de  (2)  0  est  une  fonction  de  x  et  t',  on  voit 
que  la  formule  (i)  peut  s'écrire 

ou  encore 

loge  —  log^  =  logB    -  logD  -r-  .1  logL  —  il  log(i  -4-  aO"! 

-4-  log(':  -4-  x')  -+-  logo^ô), 

0  dépendant  de  x  et  de  x'  en  vertu  de  Téquation  (2). 

Sous  cette  dernière  forme,  on  voit  qu'elle  est  susceptible  d'être  repré- 
sentée par  un  abaque  hexagonal  à  glissement  du  type  de  la  fig,  4o(n*37), 
comprenant  une  échelle  simple  (ô)  et  trois  échelles  binaires  (B,  D),  (L,  6) 
et  (x,  x'). 

L'échelle  (s)  et  l'une  dos  échelles  biniiires,  (L,  0)  par  exemple,  seront 
accolées  à  Taxe  Ox  de  la  Jig.  40,  les  deux  autres  échelles  à  l'axe  O^,  et  le 
glissenienl  aura  lieu  normalement  à  l'axe  O-  (*). 

Si  nous  représentons  par  Oi-rj^'i,  O^x^y^^  Os^^a^a  les  systèmes  d'axes 
rectangulaires  auxquels  sont  rapportées  respectivement  ces  trois  échelles 
binaires,  elles  seront  définies  par 

(l^i)  ^r,-    /(logH-logD), 

(Kj)  .''2--  f  'i  ['<»?ï^       •«?(»  -HaO)], 

(  Ivj  )  iTa  "  /  I  log (  X  -  -  x'  )  -h  log  cp ( 0 )] , 

où  /  est  le  module  commun  aux  trois  axes. 

Pour  les  deux  premières,  nous  prendrons,  en  appelant  /[,  /j,  /j  trois 
nouveaux  modules,  les  systèmes  de  droites  cotées 

(H)  ri- ^1  log  H, 

(D)  l^ry:  .îy,-lt,\o^D, 


(')  Pour  passer  do  la  disposition  i\v  la  Jig.  4^  à  celle  de  la  fîg.  i43,  il  faut, 
avec  un  tel  choix  d'axes,  supposer  que  l'on  fasse  tourner  la  première  de  120"  dans 


le  sens  rétrograde. 


ËQLATIO^S   A    PLIS   DE    TROCS   VARIABLES. 


3,9 


(tj 

J'ï-Mogd+CLtl), 

a.) 

l,r.^-  î//,logL--  t/j;. 

Pour 

1") 

a  troisième,  no 

is  prendrons  d'abord  le  svsle 

n.c 

Qua» 

au  système  (■:' 

,  on  serait  d'abord  tenté,  pou 
Fig.  .43.  . 

'le 

tenir  l'équation  des  courbes  qui  le  compf>;cnt,  en  éliminant  d  et  t  entn^ 

lej  équations  (t),  (l!:,)ct  (';)  ci-dcs^us.   Malheureusement,  cette  élimina- 
tion est  impossible.  On  peut  toutefois  tirer  t  de  la  dernière  de  ces  équa- 


020  CHAPITRE    V. 

lions  pour  en  porter  la  valeur  dans  les  deux  autres,  ce  qui  donne 

/  ,'  iop:(i  — o) 


:r,  r-:   / 


[log  (:g  --:').- log  0(8)]. 


Dos  lors  les  coordonnées  de  chaque  point  de  la  courbe  •:'  se  trouvent 
exprimées  en  fonctions  du  paramètre  0,  il  est  possible,  en  faisant  varier  ce 
paramètre,  de  construire  la  courbe  point  par  point. 

L'abaque  correspondant,  représenté  sur  la  Jtj^.  i43,  est  dû  à  M.  Lalle- 
niand. 

Son  mode  d'emploi,  d'après  ce  qui  a  été  vu  au  n"  37,  se  réduit  à  ceci  : 
ayant  tr abord  fait  passer  les  index  I|  et  l^  du  transparent  respec- 
tii'enient  par  tes  points  (L,  0)  et  (B,  D),  on  fait  glisser  ce  transparent 
dans  la  direction  de  r index  I3  jusqu'à  ce  que  V index  l^  passe  par  le 
point  (Tjt').  IJ index  Ii  coupe  alors  réchelle  {t)  en  un  point  dont  la 
cote  est  V erreur  demandée, 

I*ar  exemple,  pour 

15  -  o'",;!'),     D  -  —  .>'%•;►>.,     L  --=  ijo*",     0  ^   i\{\,     -.  r-.  o^75,     t'  =  o",3), 
l'abaque  donne 

T  H-  t' 
«♦l,  comme  ici  le  rapport  -—1-1""  ^'^^  négatif,  il  faut  prendre 

£  -     -  o'"'",r). 

15.        -     l*OK\'IS    A    DEUX    COTKS    (  '  ). 

121.   Painls  alignés  à  deux  cotes.  —  Un  système  de  points  à 
deux  cotes  peut  être  défiiii  par  les  coordonnées  de  chacun  de  ses 


(')  Ce  sonl  If's  points  qui  étaienl  désijçnés  dans  notre  brochure  0,4  sous 
\c  iu>ni  i\Q  points  doublement  isoplèthes.  Devant  nécessairement  nous  restreindre 
ici  à  lin  nombre  assez  limité  d'applications,  nous  signalerons,  en  outre,  comme 
particulièrement  inlcressanlcs  cellos,  relatives  à  divers  problèmes  de  l'art  naval, 
qui  sont  dues  à  M.  G.  l'esci,  professeur  à  rVcadémie  navale  de  Livourne,  et  dont 
voici  la  liste  : 

Sulla  rostruzione  dclla  cur%'a   di  ricerca   (  /iiiista   marittima,    décembre 
1H9G): 
Sui  metodi  per  cambiare  il  rilevamento  {Ibid.,  mars  1897;; 
Sut  caicolo  délie  distanze  in  mare  (  ïbid.,  jiiilicl  iSf)-;); 
Quarto  contributo  alla  cinematica  navale  {Ibid.,  mars  1.S98): 
ékkbaco  per  il  calcolo  délia  latitudine  {/bùL,  octobre  1S9S). 

iloas  citerons  également  notre  Note  0.15. 

Ji.  R.  Mehmke  nous  a  signalé  un  graphique  de  récoulement  de  l'eau  dans  les 


ÉQUATIONS   A   PLUS    DE   TROIS    VARIABLES.  321 

poinls,  fonctions  des  deux  cotes  a,  et  p,, 

Pour  obtenir  les  équations  des  deux  sjst<>mes  de  courbes 
cotées  (ai)  et  (^i)  constituant  le  réseau,  il  n'y  a  qu'à  éliminer 
successivement  chacun  des  deux  paramètres  entre  les  équations 
précédentes,  ce  qui  donne 

On  peut  aussi  définir  le  système  (a|,p,)  par  l'équation  en 
coordonnées  parallèles  de  chacun  de  ses  points 

Si  l'on  prend,  ainsi  qu'au  n"  60,  comme  origine  O  le  milieu  de 
la  dislance  AB  des  origines  des  axes  A  m  et  B(>,  comme  axe  Oy  la 
parallèle  à  ces  axes  menée  par  O,  comme  axe  Ox  la  droite  OB,  et 
si  l'on  pose  0B=  o,  les  coordonnées  cartésiennes  du  point  défini 
par  l'équation  ci-dessus  sont 

?!(«!,  ?i)-H/i(ai,  pi)' 
^~     ç),(a„p,)-h/,(at„p,)' 

et  l'élimination  successive  de  ^i  et  de  ai  entre  ces  deux  dernières 
équations  donne  les  équations  cartésiennes  des  systèmes  (ai)  et 
(^i)  constituant  par  leur  ensemble  le  réseau  (ai,  p|  ). 

Un  système  de  points  à  deux  cotes  étant  ainsi  défini,  il  n'y  a 
qu'à  reprendre  tout  ce  qui  a  été  dit  dans  les  n°*  60  et  suivants,  en 
substituant  à  un,  à  deux,  ou  aux  trois  systèmes  de  points  à  une 
cote,  des  systèmes  de  points  à  deux  cotes,  pour  avoir  des  abaques  à 
points  alignés  représentant  des  équations  à  quatre,  cinq  ou  six 
variables. 

Si  l'on  se  reporte  au  n®  60,  on  voit  donc  que  l'équation  la  plus 


canauY  et  rivières,  publié  en  1869  par  MM.  E.  Ganguillet  eX  W.-R.  Kulter 
{Zeitschrift  des  OEstr.  Ing.  und  Arch.  Vereins,  t.  XXI,  p.  5o),  que  ses  auteurs 
ont  obtenu  par  un  procédé  géométrique  direct,  mais  qui  peut  être  considéré 
comme  une  application  du  principe  général  étudié  ici. 

M.  d'O.  21 


CHAPITIE  T. 


•    •     •     ^     % 


;ib>  par  un  abaque  à  trois  svstemes  de  poiol» 


\ 


-^.'x/  .■'>,-*t:  j  !j  disposition  indiquée  parla  fit^,  i4f 


caj> 


•  -     ■  ■» 


«  « 


■i     I 


I         • 


,   X  * 


"  »;rf/r,  on  /ail  panne r 

7"7r/  rfr5  liirnes  a,  f( 

:  '  îVj'  coupe  alors  la 


'   »  ;  f»  ."  r  ■. 


.1. 


ri 


■:  :  •  îj  ■ 


•••m;  ;i.ir  linipc^cra- 
!  >  iiiiTTitr*  il  «ne 


I  f 


TT  Tii»  :   .    ••iif'i      •   "î-'  i    i v.    ;    ■••:  î'--   . 


1    « 


•il  -^  Tirn:  tirf 


ÉQUATIONS   A  PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  SsS 

(n**  96)  qui  fournissent  alors  la  représentation  d'équations  à  huit 
variables  (*). 

Parmi  les  abaques  à  points  alignés  comportant  des  points  à  deux 
cotes,  ceux  qui,  de  beaucoup,  se  rencontrent  le  plus  fréquemment 
dans  la  pratique,  sont  constitués  au  moyen  d'un  seul  système  de 
cette  sorte  et  de  deux  systèmes  de  points  à  une  seule  cote,  distri- 
bués sur  deux  axes  parallèles.  Ils  généralisent  par  conséquent  les 
abaques  envisagés  aux  §§  II  (A  et  B)  et  III  (A)  du  Chapitre  III,  et, 
*en  ce  qui  concerne  leur  disposition,  on  n'aura  qu'à  se  reportera 
ce  qui  a  été  dit  là. 

Les  équations  représentables  par  des  abaques  de  ce  type  sont 
celles  de  la  forme 

^  E)  /i(ai)/3(a3,  p3)  ^-/i(«2)  ?3(«3,  h)  -+"  'M^^y  h)  =  ». 

Pour  obtenir  Tabaque  correspondant,  il  suffit,  en  représentant 
par  /|  et  I2  deux  modules  quelconques,  de  poser 

(ai)  M=--  /, /i(ai), 

L'équation  du  point  (aa,  ^3)  est  alors 

et  ses  coordonnées  cartésiennes  par  rapport  aux  axes  ci-dessus  défi- 


(*)  Dans  son  Mémoire  sur  les  abaques  à  transversales  quelconques  cité  plus 
haut  (n*94),  M.  Goedseels  a  même  poussé  la  généralisation  plus  loin.  Puisque  trois 
points  déterminent  la  position  d'une  transversale  /|  de  forme  donnée,  en  prenant 
chacun  de  ces  points  muni  de  deux  cotes,  on  voit  que  l'on  fait  dépendre  la  posi- 
tion de  la  transversale  de  6  variables.  Une  autre  transversale  Z,  pourra  de  même 
dépendre  de  6  variables.  Le  point  de  rencontre  (/^  t^)  de  ces  deux  transversales 
dépendra  donc  de  11  variables.  On  pourra  de  même  définir  les  points  (/,,  t^) 
et  (/j,  ^e)*  ^^^  trois  points  permettront  à  leur  tour  de  définir  la  position  d'une 
transversale  t^  qui  dépendra  dès  lors  de  36  variables.  Si  cette  transversale  t^  passe 
par  un  point  à  deux  cotes,  il  en  résultera  la  représentation  d'une  équation  i 
i)8  variables.  Mais  cette  transversale  t^  pourra  à  son  tour  être  combinée  d'une 
manière  analogue  avec  d'autres  transversales  correspondant  elles-mêmes  à  plu- 
sieurs variables.  De  là  le  moyen,  théoriquement  au  moins,  d'étendre  indéfiniment 
le  nombre  des  variables.  On  verra  d'ailleurs  plus  loin  (Chap.  VI,  §  I)  que  ce 
mode  d'extension  rentre  dans  la  théorie  générale. 


32^  CHAPITIE   Y. 

nhf  si  ToD  représente  toujours  par  o  la  moitié  de  la  longueur  AB, 

1         '      ''/l?»(a»rpj)-r-/î/j(aj,  ?J»' 


(T) 


L^élimînation  successive  de  p^  et  de  23  entre  ces  deux  équations 
donne  les  équations  des  deux  sj-stèmes  de  lignes  du  réseau 


Remarque.  —  II  se  peut  que  les  points  à  deux  cotes,  entre  les- 
quels on  prend  des  alignements,  se  réduisent  à  des  points  con- 
densés (n"  115).  Soit,  par  exemple,  une  équation  de  la  forme 

La  méthode  qui  vient  d'être  exposée  conduit,  pour  la  repré- 
senter, à  poser 

u  -=  /i/i(ai.?i  >. 

ce  qui  donne 

On  voit  que,  bien  que  dépendant  de  deux  paramètres,  les  points 

ri  g.  145. 


(<x,.,3  .> 


(■^t,  fl.) 


<a3.   i*^j) 


(ai,  j3|)  sont  tous  dislribucs  sur  Taxe  A//,  c'est-à-dire,  d'après  la 
terminologie  du  u"  115,  condensés  sur  Aw.  De  même  les  points 


ÉQUATIONS   A   PLUS  DE   TROIS   VARIABLES.  325 

(^îj  P2)  sont  condensés  sur  Bv,  et  les  points  (as,  ^3),  condensés 
sur  une  parallèle  aux  deux  premiers  axes. 

Ces  points  condensés  peuvent  être  définis  respectivement  sur 
ces  trois  axes  au  mojen  d'échelles  binaires  qui  leur  sont  accolées 
(n**  115,  liem.  111).  On  obtient  dès  lors  un  abaque  du  type  repré- 
senté par  la  y?  o^.  145. 

Si,  notamment,  nous  reprenons  Téquation  du  premier  exemple  d'appli> 
cation  donné  au  n^  119,  nous  voyons  qu'en  posant 

H  =  /ilogA,        t>=--/,Ioga, 

nous  obtenons 

/jM-H  /|P  =  nlog(i  -♦-  /•), 

équation  qui  représente  le  point 

.It—  U  ^,       nlog(i4-r) 

11  suffît  dès  lors  d'accoler  à  la  parallèle  aux  axes,  définie  par  la  valeur 
de  rr,  Técheile  binaire  que  définit  l'expression  de  j^,  pour  avoir  sur  cette 
parallèle  les  points  condensés  (n,  r). 

On  peut,  dans  ce  cas  particulier,  éviter  l'emploi  des  points  condensés  et 
rentrer  dans  l'application  pure  et  simple  de  la  méthode  générale,  comme 
on  va  le  voir  dans  le  numéro  suivant. 

122.  Premier  exemple  :  Second  abaque  des  intérêts  composés.  — 
Reprenons  la  formule  des  intérêts  composés,  mise  sous  forme  logarith- 
mique (no  119,  I**), 

log  A  =  loga  -f-  n  log(i  ■+-  r). 

Nous  pouvons  ici  prendre  comme  éléments  cotés  {a)  et  (n) 

(a)  '     u  =  Il  loga, 

(n)  ç  =z  l^n. 

Gela  nous  donne,  pour  l'ensemble  des  variables  A  et  r,  les  points  à  deux 
cotes  définis  par  l'équation 

ifU-^  Il  log(i  -i-  /•)p—  /i/flogA  =  o, 
ou,  en  vertu  des  formules  (y)  du  numéro  précédent, 

{  r)  X  =  Ô  7—! — -. r ,    * 

/ilog(i-hr)H- /, 
,    .  /j/tlogA 


/|log(i-+-r  )-!-/, 


La  première  de  c 
cotés  (r)  qui  sonr. 


i  contenant  que  r  définît  les  élémeois 
it,  des  droites  parallèles  aux  axes  A» 


■3      -■ 
8. 
ô      1 


\ 


.    J 


Taux  (r) 

et  Bt>;  puis,  l'ëlimination  de  r  entre  ces  deux  équations  donne,  pour  le' 
éléments  (A),  l'équation 

(A)  iSy--l,(è--x)\oe\, 

droites  qui  pa?scnt  toutes  par  l'orijçine  Ti(T  =  S, y  —  o)  de  l'ane  Bp,  ei 
qui  coupent  l'axe  A  ii(x  ^ —  S)  aux  points  définis  par 


qui  se  confondent  avec  les  points  (n).  Celte  circonstance  permet  d'é' 
le  trar^é  des  droites  (A).  En  elTet,  il  suffit,  pour  avoir  une  telle  droiu 
joindre  le  point  li  (qui   n'est  autre  que  le  point   n  —  o)  au  poini 


ÉQUATIONS   A   PLUS    DE   TROIS   VARIABLES.  827 

t'échelie  (a)  coté  A.  On  peut,  d'ailleurs,  pour  réaliser  cette  droite,  se 
servir  de  Tindex  lui-même.  L'emploi  de  Tabaque  devient  alors  analogue  à 
celui  des  abaques  à  double  alignement  (Gh.  III,  §  V,  A).  Il  peut  s'énoncer 
ainsi  : 

On  fait  d* abord  passer  Vindex  par  le  point  coté  a  sur  l'échelle  du 
capital  et  le  point  coté  n  sur  l'échelle  du  temps,  puis  on  lé /ait  pivoter 
autour  du  point  oà  il  rencontre  la  verticale  cotée  r,  de  façon  à 
l'amener  à  passer  par  le  point  /i  =  o.  //  coupe  alors  l'échelle  du 
capital  au  point  coté  A. 

Sur  l'abaque  représenté  par  \^  fig.  146,  on  a  pris  /s=  0,04/1  ^^  façou 
à  donner  à  l'échelle  du  temps  (/i)  la  même  longueur  qu'à  l'échelle  du 
capital  (a)  et  (A),  avec  les  limites  adoptées. 

Les  deux  positions  de  l'index  marquées  en  pointillé  sur  la  figure  corres- 
pondent à  l'exemple  numérique  déjà  envisagé  au  n**  119  (1**),  savoir 

a  —  20000^"",         /i  —  i5',         r  —  4  **/<>, 

pour  lequel  l'abaque  donne 

A  ~  36ooo'^ 

123.  Deuxième  exemple  :  Abaque  de  la  distance  sphérique  (*).  —  La 
distance  sphérique  ^  de  deux  points  en  fonction  de  leurs  latitudes  X  et  X' 
et  de  la  différence  L  de  leurs  longitudes  peut  s'écrire,  ainsi  que  l'a  remar- 
qué M.  Collignon, 

2  cos<p  =  (i  -H  cosL)  cos(X  -  X')  —  (i  —  cosL)  cos(X  -4-  X').^ 

Sous  cette  forme,  elle  rentre  dans  le  type  (E)  du  numéro  précédent. 

Adoptant  ici  pour  0,  l\  et  l^  une  valeur  /  unique  (ce  qui  a  l'avantage  de 
nous  donner  pour  quadrangle  limite  de  l'abaque  un  carré),  nous  poserons, 
en  vertu  des  formules  (ai)  et  (oej)  du  numéro  précédent  (*), 

a  —  —  /cos(X  -4-  X'), 
V  —      /cos(X  ■-  X'), 

ce  qui  nous  donne,  pour  équation  du  système  (L,  cp), 

u{\  —  cosL)  -- 1^(1-1-  cosL)  —  2  cosçp  =  o. 

Les  coordonnées  cartésiennes  du  point  correspondant,  données  par  les 


(')  O.  4,  p.  84-  M.  Collignoo  a,  depuis  lors,  utilisé  cet  abaque  dans  sa  Note  sur 
la  détermination  de  l* heure  du  passage  du  Soleil  dans  un  plan  vertical 
(7.  JF.  P.,  1*  série,  4*  cahier,  p.  ia3;  1898). 

(')  Voir  la  remarque  contenue  dans  la  note  au  bas  de  la  page  x45. 


GHAPITBB   V. 

o  précédent,  sont  ici 


-■  la 


Ici,  point  d'élimination  à  faire,  puisque  chacune 
n'entre  que  dans  une  des  équations.  Ces  équations 
les  lignes  cotées  (L)  et  (f)  qui  sont  des  parallèles  8 

L'abaque  correspondant  obtenu  en  prenant  /  =  4" 
Jig-  M7 

KiK-   li-.- 


des  variables  L  et  ^ 
donnent  directement 


t^ 

1 1  1 

B 

£ 

i 
1 

a» 

^ 

ï__ 

r 

* 

"TTTTTl' 

^ 

:i: 

r 

~ 

- 

: 

: 

::; 

■ 

' 

. . .  _ 

.- 

" 

„ 

1 

4 

■ 

i 

=E 

- 

I 

= 

r 

- 

= 

E 

E 

z 

=  1 

s 

UiLLLL 

i5 

E  = 

^ 

= 

i 

E 

^ 

i 

= 

= 

-=m 

La  graduation  des  horizontales  (9)  se  confond  d'ailleurs,  si  on  l'inscrit 
tur  le  bord  droit  de  labaque,  avec  l'échelle  (i  - 1'). 

La  position  de  l'index,  marquée  en  poiniillé  sur  la  Rgure,  correspond  à 
'exemple  numëriquc  suivant,  qui  fait  connaître,  sur  la  mappemonde,  lu 
listance  sphérîque  de  Paris  à  Hanoï  : 


ir 


L'abaque  dont 
On   peut  re 


r-^  23"  40',        L^  116". 
t  abaque  permet  de  résoudre  t 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  829 

sphérique  dont  on  connaît  soit  trois  éléments  de  même  espèce^  soit 
trois  éléments  consécutifs. 

Si,  en  effet,  on  connaît  les  trois  côtés  a,  6,  c,  on  voit  qu'en  prenant 
successivement 

on  a  L     :  A, 

L   -B, 


^  --  a. 

\7=b, 

X' 

-Cy 

©  =  6, 

X   L^  C, 

X'.: 

-  a, 

Ç-^C, 

X  -^  a, 

X' 

-6, 

»  L  ^^  c. 

Si  Ton  connaît  les  trois  angles,  le  cas  se  ramène  au  précédent  par  la 
considération  du  triangle  supplémentaire. 
Si  l'on  connaît  deux  côtés  a  et  6  et  Tangle  compris  G,  en  faisant 

X  =^  a,        X'r^  6,        L   -  G, 

on  a 

<p  1=  c. 

Connaissant  dès  lors  a,  6,  c,  on  est  ramené  pour  le  calcul  de  A  et  B  au 
cas  ci-dessus. 

La  considération  du  triangle  supplémentaire  permet  de  traiter  de  même 
le  cas  où  les  données  comprennent  un  côté  et  les  deu\  angles  adjacents. 

L'abaque  ci-dessus  est  intéressant  en  raison  de  Textréme  simplicité  de 
sa  construction  et  de  la  diversité  de  ses  usages.  On  va  voir  maintenant 
qu'en  sacrifiant  un  peu  de  cette  simplicité  on  peut  construire  un  abaque 
permettant  la  résolution  des  triangles  sphériques  dans  tous  les  cas  pos- 
sibles. 

124.  Troisième  exemple  :  Abaque  général  de  la  Trigonométrie 
sphérique  (*).  —  Les  six  cas  de  résolution  des  triangles  sphériques 
peuvent,  par  la  considération  du  triangle  supplémentaire,  se  ramener  à 
trois,  savoir  ceux  où  deux  au  moins  des  côtés  figurent  parmi  les  données, 
et  la  résolution  de  ces  trois  cas  peut  être  effectuée  par  l'emploi  de  la  seule 
formule 

(i)  cosflci  =  cosasCOS^j-T-  sinaj  sin^acossc], 

dans  laquelle  on  remplace  les  variables  oti,  aji  ^i,  Pa  par  l'un  des  systèmes 
de  valeurs 


(A) 

«j^a, 

a,    -.  A, 

a,-     6, 

h  -■  c^ 

(B) 

a|-=  b. 

a,      B, 

a,    =  c, 

Pa-^a, 

(C) 

a,i..  c. 

«î  =c, 

«a      a, 

Pa      b. 

V)  OAZ. 


33o 


CHAPITRE   Y. 


Avec  ces  diiïérents  états  des  variables  qui  y  figurent,  nous  donnerons  à 
la  formule  (i)  la  désignation  de  formule  (A),  (B)  ou  (G). 

Voici,  dès  lors,  comment  s'eiïectuera  la  résolution  dans  les  trois  cas 
auxquels  on  est  ramené  : 


Cas. 


DoDQées. 


a,     b,     c 


II 


a,     b^     A 


\\\ 


b,     c,     A 


) 


Résolution. 

t 

la  formule  (A)  donne  A, 

i> 

(B) 

»       B, 

ù 

(G) 

.      C. 

1» 

(A) 

»      c, 

w 

(B) 

»      B, 

M 

(G) 

.      C, 

» 

(A) 

»      «. 

» 

(B) 

»       B. 

U 

(G) 

U             C. 

On  voit  ainsi  que  toute  la  résolution  des  triangles  sphériques  pouri'a 
s'effectuer  au  moyen  du  seul  abaque  de  l'équation (i)  qui  rentre  bien  dans 
le  type  (E)  du  n*  121. 

Prenant  sur  les  axes  Am  et  Bp  des  modules  égaux  à  /  et  représentant 
toujours  par  8  la  demi-longueur  AB,  nous  voyons  que  les  formules  («i). 
(as)  et  (y)  du  n*"  121  définissant  l'abaque  seront  ici 


(T) 


a  —  /cosai, 
V    -  —  /cosas, 
^  sinaj  sinBs —  i 

X  =  ù  —. : — 7T y 

sinaj  sinPs-f-  i 

,     cosajCosB, 
•^  sinat  sinps-»-  i 


La  symétrie  de  ces  deux  dernières  équations  en  aj  et  Pj  montre  qu'ici 
les  lignes  (as)  et  les  lignes  (^3)  sont  les  mêmes.  C'est  donc  cet  unique 
système  de  lignes  qui,  en  se   recoupant  lui-même,   constitue  le  réseau 

(a3,Ps). 

Les  équations  (y)  étant  du  premier  degré  en  sin^j  et  cospj,  l'élimination 

de  p3  n'offre  aucune  difficulté.  On  trouve 


(«a) 


sm*a3  /*cos*a3 


D'après  ce  qui  vient  d'être  dit,  l'équation  (  ^3)  est  la  même  avec  le  simple 
changement  de  as  en  p3. 

Appelons   U   et   U',    V   et   V   les  extrémités  des  échelles  (ai)  et  («j) 


Equations  i  plus  ue  trois  va r («blés. 

(Jig.  148)  ('  ),  extrémités  qui  sont  données  respectivement,  pour  . 
égaux  respectivement  à  0°  ei  à  1800,  par 


Si  l'on  cberche  les  équations  des  tangentes  à  l'ellipse  «i  parallèles  â  O^, 
vn  trouve  bien  aisément 


sont  les  droites  IJV  et  U'V.  On  tro 
s  de  l'origine  0  sont  les  droites 


;  également  que  les  iangenre>^ 


(')  Sur  \ajig.  ifS,  le  sens  positif  de  Au  et  Gv,  et,  i 
été  exception neltement  pris  de  haut  en  bai. 


332  CHAPITRE    V. 

c'est-à-dire  les  droites  UV  et  U'V.  En  résume,  si  Ton  appelle  X«  le  point 
situé  à  rinfini  sur  OA,  on  voit  que  le  système  (a^)  est  constitué  par  les 
ellipses  inscrites  dans  le  quadrilatère  OUX.U'. 

On  vérifie,  en  outre,  que  le  pôle  de  l'axe  W par  rapport  à  toutes  ces 
ellipses  est  l'origine  B  de  l'axe  VV  (*). 

Une  fois  les  axes  UU'  et  VV  gradués  pour  les  variables  ai  et  «s,  il  est 
très  facile  de  construire  la  portion  utile  de  chaque  ellipse  «3.  En  effet, 
cette  ellipse  coupe  Taxe  AB,  ou  Ox,  au  point  défini  par  Tabscisse 

^  I  — sina, 

x  =  —  0  —   — . y 

1  -h  smaj 

point  qui  se  trouve  sur  la  droite  joignant  le  point  \(^x  =  ^^y  —  l)  au 
point  de  l'échelle  UU'  coté  «3-4-  90',  dont  les  coordonnées  sont 

a;  —  —  0,        j  — /cos(a3H- 90°)  ~  — /sinas. 

Elle  coupe  Taxe  UU'(x  =  —  8)  aux  points  de  l'échelle  correspondante 
cotés  tfs  et  r8o° —  as,  et,  d'après  ce  qui  vient  d'être  vu,  les  tangentes  en  ces 
points  passent  au  point  B.  On  se  trouve  ainsi  amené  à  construire  une 
ellipse  connaissant  deux  points,  les  tangentes  en  ces  points  et  la  tangente 
parallèle  à  la  corde  qui  les  joint,  construction  facile  à  effectuer  (*). 

Remarquons  que  les  ellipses  cotées  d^  et  180® —  «3  coïncident  dans  toute 
leur  étendue.  Il  suffit  donc,  pour  avoir  le  système  (as)  tout  entier,  de 
faire  varier  «3  de  0°  à  90*. 

Cette  coïncidence  deux  à  deux  des  ellipses  (913)  entraînerait  une  ambi- 
guïté dans  la  lecture  si  Ton  n'avait  soin  de  faire  la  remarque  suivante  : 

Si  l'on  se  reporte  aux  formules  (y)  ci-dessus,  on  voit  que  y  est  positif 
ou  négatif  suivant  que  a^  et  ^3  sont  ou  non  pris  du  même  côté  par  rapport 
à  90". 

Donc,  sioLi  et  ^3  sont  à  la  fois  supérieurs  ou  inférieurs  à  90®,  le  point 
de  rencontre  des  ellipses  correspondantes  se  trouve  au-dessous  de  OK. 
Si  le  contraire  a  lieu,  le  point  de  rencontre  des  ellipses  se  trouve  au- 
dessus,  en  vertu  de  la  note  au  bas  de  la  page  33i. 

Enfin,  une  autre  ambiguïté  apparente  se  produit  lorsque  a3=  ps  ou 
lorsque  «3-+-  ^3=1 80",  parce  qu'alors  les  deux  ellipses  dont  il  s'agit  de 
prendre  le  point  de  rencontre  coïncident  dans  toute  leur  étendue;  mais  ce 


(')  Si  l'on  fait  une  transformation  par  polaires  réciproques  relativement  à  un 
cercle  de  centre  B,  on  voit  qu'on  obtient  un  système  de  coniques  concentriques 
circonscrites  au  rectangle  formé  par  les  points  transformés  des  droites  UV, 
U'V,  U'V,  UV.  Le  centre  commun  de  ces  coniques  est  le  point  transformé  de  la 
droite  UU'. 

(^)  Nous  avons,  pour  cette  construction,  indiqué  un  procédé  (celui  qui  a 
effectivement  servi  pour  la  /ig.  i^B)  dans  les  A^.  A.  (3*  série,  t.  XII,  p.  35o), 
procédé  qui  se  trouve  reproduit  dans  notre  Cours  de  Géométrie  descriptive, 
p.  177 


ÉQUATIONS    À    PLUS   DE    TROIS   VARIABLES.  333 

point  de  rencontre  occupe  alors  une  position  limite  qui  est  le  point  de 
contact  de  i^elllpse  considérée  avec  la  droite  UV  si  7.3=  ^3,  avec  la 
droite  U' V  si  a8-+-  ^3  =  I8o^ 

Le  point  (23,  ^3)  est  ainsi  défini  sans  ambiguïté  dans  tous  les  cas,  et  It' 
mode  d'emploi  de  Tabaque  résulte  simplement  de  l'alignement  de  ce  point 
avec  les  points  ai  et  at}. 

125.  Quatrième  exemple  :  Abaque  de  Inéquation  complète  du  troi- 
sième degré,  —  Pour  représenter  Téquation 

z^-^  nz^-^  pz  A-  q  —  o, 

qui  rentre  évidemment  dans  le  type  (E)du  n°  121,  il  suffit,  en  appelant 
/i  et  /]  deu\  modules  quelconques,  de  poser 

(p)  u^-lxp, 

(q)  v-l^q^ 

équations  qui  définissent  deux  échelles  régulières  portées  sur  Au  et  B^'. 
Le  point  (/i,  z)  est  alors  défini,  en  vertu  des  formules  (y)  du  n*  121,  par 

{z)  37=0,- 


(Y)  y  =  ~ 


It-r-liZ 

/l/,(^» -4-715») 


If^llZ 


La  première  de  ces  équations  ne  contenant  que  z  définit  les  éléments 
cotés  relativement  à  cette  variable,  qui  sont,  comme  on  voit,  des  paral- 
lèles aux  axes  coordonnés  \u  et  Bv,  déterminant,  sur  Taxe  AB  des 
origines,  une  échelle  linéaire  (n**  7)  qui,  dans  le  cas  où  /i  =  /j,  devient  une 
échelle  segmentaire  (n°  5,  3®). 

Quant  aux  courbes  (/i),  qui  sont  des  cubiques  cuspidales,  on  pourrait 
aisément  former  leur  équation  en  éliminant  z  entre  les  équations  (z)  et 
(y);  mais  cela  est  inutile. 

Lorsqu'on  a  construit  Tune  d'entre  elles,  par  exemple  la  courbe  n  =  o, 
qui  est  précisément  celle  dont  nous  nous  sommes  occupé  en  détail  au 
n**  81,  les  autres  s'en  déduisent  très  aisément.  Si,  en  effet,  jr^  et  yn  sont 
respectivement  les  ordonnées  des  courbes  cotées  o  et  n,  pour  une  même 
valeur  de  z,  on  a 

et,  puisque  la  fraction  qui  multiplie  n  est  une  constante  pour  une  même 
valeur  de  2,  on  voit  que  les  courbes  (n)  déterminent  sur  la  droite  z  une 

ItliZ* 

échelle  régulière  dont  le  module  est  égal  à  -. -, —  et  le  sens  crois- 

sant  opposé  à  celui  des  échelles  (p)  et  (q). 


334  CHAPITRE   V. 

C'est  en  se  fondant  sur  cette  remarque  et  en  prenant 

/.=  /.=  - 

i|u'on  a  construit  Tabaque  de  la  fig.  149,  dont  l'emploi  se  réduit  à  ceci  : 
faire  passer  V index  par  les  points  cotés  p  et  q  et  lire  les  cotes  z  des 
verticales  passant  par  les  points  où  cet  index  rencontre  la  courbe 
i'otée  n. 

On  s'est  d'ailleurs,  en  vertu  d'une  remarque  déjà  faite  à  propos  de  l'équa- 
tion trinôme  (n**  81),  borné  à  y^nvisager  des  valeurs  positives  de  z,  les 
valeurs  absolues  des  racines  négatives  de  l'équation  étant  données  par  les 
racines  positives  de  la  transformée  en  —  z,  c'est-à-dire  de  l'équation  défi- 
nie par  les  coefficients  —  n^  p  et  —  q. 

Les  équations  du  troisième  degré  qui  se  rencontrent  dans  la  pratique 
n'ont  d'ailleurs,  en  général,  qu'une  racine  positive,  el  c'est  la  seule  qu'on 
ait  besoin  de  calculer. 

Les  positions  de  l'index  marquées  en  pointillé  sur  la  figure  se  rapportent 

<)u\  équations 

z^t-  '>.z  —  6  —  0 

il 

pour  lesquelles  Tabaque  donne  respectivement  ^  =  i  ,{6  et  z  =  i  ,G. 

Remarquons,  en  outre,  qu'ici  s'applique  le  principe  des  multiplicateurs 
correspondants  (n**  21)  lorsqu'on  prend 

z'=\z,  //'--X/i,  p'zrz^ip^  q''    \^q. 

En  voici  des  exemples  pris  dans  la  pratique  : 

i"  Voûte  en  dôme»  —  Bossut,  dans  ses  /Recherches  sur  r équilibre  des 
routes  {Mémoires  de  r Académie  des  Sciences,  p.  56G;  1774)»  est  amené, 
il  propos  d'une  voûte  en  domc  particulière,  à  résoudre  l'équation 

/'H   9G^«-:    7Jti,87y^  -    7826, oji  =  o. 

Kn  prenant  X  =--    --,  on  a  l'équation 
'  10  * 

/3-f  9, <•>/'«-,    7,21/'— 7,8-2  -  o. 
L'abaque  donne  pour  celle  dernière 

t'  =^  0,09. 
Par  suite 

t   :r.    5^9. 

a"  Remous  d'une  ris^ière.  —  Le  remous  z  d'une  rivière  à  son   passage 


■ass,'!i.':,vjuv 


336  CHAPITRE   V. 

SOUS  un  pont  est  donné  par  l'équation 

c3-+-(2H-A)w«^-H(H  — 2A)5-+-B-AH«=o, 

où 

L  désignant  la  largeur  de  la  rivière  en  amont  du  pont, 

/  sa  largeur  totale  sous  les  arches  du  pont, 

H  la  profondeur  moyenne  en  amont, 

Q  le  débit  de  la  rivière, 

U  le  coeffîcient  de  contraction. 

Avec  les  données  suivantes,  qui  sont  celles  relevées  par  d'Aubuisson 
dans  son  expérience  sur  la  Veser,  savoir 

L  =  i8o",7i,         /rrgô^ia,         H --5",  37,         Q  =  i45o-%         U=o,9, 

on  a  l'équation 

s'-f- 10,2-3*4-  23,5  5  —  II, 04  =  o. 

Prenant  ici  X  =  ->  on  a  Téquation 

5'»-r-5,i5'*4-5,93'-i,38  =0, 

pour  laquelle  Tabaque  donne 

5'=  0,19, 

et,  par  suite, 

5  =  o™,38  (»). 

126.  Cinquième    exemple.    Abaque    de    l'équation    du    quatrième 
degré.  —  Soit  l'équation  du  quatrième  degré 

z^  -~  mz^-\-  nz^-^  pz  -Jr  q  =0. 
Lorsqu'on  pose 

z  —  mz\         n  ~  m^n'j        p  —  m»/?',         q  =  m^q\ 

elle  devient  (*) 

5'^-r-  5'3-i-  /l'y»  -+-/)'5'-4-  q'=  o. 

Sous  celte  forme,  il  suffit,  pour  la  représenter,  de  poser 

(p)  u  =  /,/>', 


(')  L'expérience  de  dWubuisson  a  donné  z  =  o",382. 

{')  Il  y  a  lieu  ici  de  faire  une  double  observation  : 

lo  Pour  le  cas  où  m  serait  négatif,  il  y  aurait  lieu  de  construire  un    second 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  337 

ce  qui  donne  pour  les  points  (n',  z') 

<^>  •^= TT^n!;^' 

On  voit  que  loutcc  qui  a  été  dit  à  propos  de  la  construction  dei'abaque 
précédent  peut  être  répété  ici.  On  obtient  seulement  comme  courbes  (n) 
iles  quartiques  au  lieu  de  cubiques.  Mais,  une  fois  tracée  la  courbe  /i  =  o, 
les  autres  s'en  déduisent  exactement  de  même  qu'au  numéro  précédent, 
la  relation 

subsistant  encore.  Si  donc  on  construit  ce  nouvel  abaque  avec  les  mêmes 

modules  que  le  précédent,  on  voit  que  les  échelles  régulières  déterminées 

sur  les  diverses  verticales  (z)  par  les  courbes  (n)  sont  les  mêmes  dans 

Tun  et  l'autre  cas.  C'est  ainsi  qu'a  été  obtenu  l'abaque  de  la  Jig'.  i5o  (*). 

Pour  déduire  les  coefficients  n\ p\  q'  des  coefficients  m,  n,  jo,  q  et 

passer  ensuite  des  racines  z  aux  racines  z^  on  voit  qu'il  suffit  de  construire 

Tabaque  de  l'équation 

a  =  m^OL 

pour  I  =  I,  2,  3,  4- 

Cet  abaque  rentre  lui-même  dans  le  type  ici  étudié.  Il  suffit,  en  eiïet, 
d'écrire  l'équation  précédente  sous  la  forme 

loga  =  loga'-+-  *  log/n, 


abaque,  analogue  à  celui  qui  va  être  décrit,  et  correspondant  à  Téquation 

Cet  abaque  servirait  notamment  à  obtenir  les  valeurs  absolues  des  racines  néga- 
tives des  équations  pour  lesquelles  le  coefficient  m  est  positif. 
2"  Pour  le  cas  où  m  =  o,  on  pourrait  construire  aussi  l'abaque  de  l'équation 

5*-i-  n5--i-/?5 -4- 7  =  o, 

mais  la  résolution  d'une  telle  équation  se  ramène  immédiatement  à  Templui  dr. 
Tabaque  décrit  ci-dessus,  au  moyen  de  la  transformation  z'=.  zûii, 

(*)  La  simple  inspection  de  la  figure  montre  que  la  portion  tracée  des  courbes 
(/i)  comprise  entre  les  axes  n'est  jamais  coupée  par  une  droite  en  plus  de  trois 
points,  c'est-à-dire  qu'aucune  des  équations  représentées  n'a  plus  de  trois  racines 
positives,  ce  qui  est  évident  a  priori,  attendu  que,  le  coefficient  de  z^  dans  ces 
équations  étant  égal  à  i,  la  somme  des  racines  est  égale  à  — i,  ce  qui  exige  que 
l'une  au  moins  d'entre  elles  soit  négative. 

M.  d'O.  22 


ÉQUATIONS   A   PLUS    D£   TROIS   YARIABLES.  SSg 

pour  voir  qu'elle  est  représentable  au  moyen  des  deux  systèmes  de  points 
à  une  cote 

(a)  'M  =  /iloga, 

{m)  V  = —  /j  logm, 

et  le  système  de  points  à  deux  cotes 

Itu-h  II  iv  —  Il  II loga'  =  o, 


ou 

X  =  ô-j— : p, 

iii-i-  1% 

Prenons  /i=  If  Les  échelles  (a)  et  (m)  sont  alors  des  échelles  loga- 
rithmiques de  même  module  portées  en  sens  contraires  sur  Au  et  Bp.  Les 
lignes  (î)  sont  des  parallèles  à  ces  axes  déânies  par 

(*)  X=ù-:— — > 


c'est-à-dire  déterminant  sur  AB  une  échelle  segmentaire,  et  les  lignes  (s'), 
dont  l'équation  s'obtient  par  l'élimination  de  i  entre  les  expressions  ci- 
dessus  de  X  ely,  sont  définies  par 

(a')  lay  =  li\og7,'{^  ^x). 

Ce  sont  des  droites  et  l'on  voit,  en  faisant  x  =  ù  et  x  =  —  o,  que  la 
droite  cotée  a'  joint  l'origine  B  de  l'axe  B(^  au  point  coté  a  de  l'échelle 
portée  sur  Xu. 

Cet  abaque,  où  il  suffit  de  donner  à  i  les  valeurs  i,  2,  3,  4»  est  donc  très 
simple  à  construire  (^^.  i5i).  Au  lieu  d'inscrire  à  côté  des  verticales  les 
valeurs  de  1,  on  y  a- inscrit  la  désignation  des  variables  correspondantes. 
En  outre,  on  a,  à  côté  de  l'échelle  de  gauche,  inscrit  les  désignations  des 
diverses  variables  auxquelles  se  rapporte  cette  échelle,  c'est-à-dire  qui  ont 
été  représentées  en  bloc  par  la  variable  a  dont  on  s'est  servi  pour  la  con- 
struction (  *). 

Le  procédé  à  suivre  pour  la  résolution  d'une  équation  du  quatrième 
degré  est  alors  le  suivant  :  Faisant  passer  l'index,  sur  l'abaque  de  la 
fig,  i5i ,  par  le  point  m  de  V échelle  de  droite^  on  le  fait  pivoter  autour 
de  ce  point  pour  prendre  successivement  les  points  n,  p,  q  de  V  échelle  de 

(*)  Au  lieu  de  construire  les  radiantes  qui  figurent  sur  cet  abaque  auxiliaire, 
on  peut  recourir  à  uo  pivotement  de  l'index,  comme  pour  l'abaque  des  intérêts 
composés  {fig.  i38).  Pour  avoir  /i',  par  exemple,  ayant  fait  passer  l'index  par 
les  points  m  et  n,  on  le  fait  pivoter  autour  de  son  point  de  rencontre  avec  la 
verticale  (a')  jusqu'à  ce  qu'il  passe  par  le  point  z  de  l'échelle  (m).  Il  donne 
alors  la  valeur  de  n'  sur  l'échelle  (n). 


34o  GHIPITBB  V. 

gauche.  Cet  divertes  positions  de  l'index  coupent  reipeetivemeni  les 
êekellei  {n'),(p')  et{q')  en  det  points  dont  les  cotes  font  connaître  n\ 
p',  q'.  Celles-ci,  transportée*  lur  l'abaque  de  la  fig.  i5o,  font  coa- 
itattre  les  racine*  s'.  En/aiiant  pauer  alors  sur  la  fig.  i5i  l'index, 


(r) 


(n)  (pHt) 


10- 

(î)  [] 

s- 

(n)    '] 

■    5-: 

2- 

,- 

J 


-001 

-aooi 

0,001 
-ILIWOS 


:    H 


par  lea  points  de  l'échelle  (i' 
obtient  les  i 


pivotant  toujours  autour  du  point 
cotés  au  moyen  des  valeurs  de  ces 
demandées  sur  l'échelle  de  gauche. 
Soil,  par  exemple,  à  résoudre  l'équaLion 

Les  trois  traits  mixtes  {!),  (Il)  et  (III)  qui  sont  marqués  sur  la 
Jig.  i5i  monlrent  que,  si  l'on  réduit  le  coeflîcieDt  du  second  terme  i 
l'unité,  les  trois  autres  coefficients  di:vieuncnl   respectivement,  en  valeur 


*>  f 


ÉQUATIONS   A    PLUS    DE   TROIS   VARIABLES.  0.|  I 

absolue,  4)  ^  et  5.  On  a  donc  à  résoudre,   au   moyen  de  l'abaque  de  la 
yî^.  i5o,  Féquation 

Le  trait  mixte  marqué  sur  cette  fîgure  et  qui  unit  les  points  p  —  >, 
q  =  —  5,  coupe  la  courbe  /i  =  4  tout  près  de  la  verticale  ^  =  o,8,  mais  un 
peu  en  avant.  Nous  aurons  donc  pour  cette  dernière  équation 

'5'=o,79. 

Le  trait  pointillé  (IV)  de  la  /ig.  i5i  montre  que  la  valeur  correspon- 
dante de  z  est 

z  —  2,37,  ^ 

comme  d'ailleurs,  dans  ce  cas  particulier,  on  le  vérifie  immédiatement  par 
le  calcul. 

On  pourrait  construire  des  abaques  analogues  pour  l'équation  du  cin- 
quième degré  puisque,  comme  Ton  sait,  une  telle  équation  peut  toujours, 
par  une  transformation  appropriée,  être  mise,  suivant  le  cas,  sous  Tune 

des  formes 

z^-^  nz*-h  pz   '-  q  —  o, 

Z*-h  z*  -h  nZ^-^- pZ  -h  q  rn  o^ 

z»  —  z*-h  nz^-^pz  -h  q  =0. 

127.  Droites  à  doubles  enveloppes,  —  Les  équations  apparte- 
nant au  tjpe  (E)  du  n°  121,  c'est-à-diie 

auquel  se  réfèrent  les  divers  exemples  précédents,  peuvent  être 
effectivement  représentées  suivant  le  mode  corrélatif  dérivant  de 
remploi  de  la  méthode  cartésienne,  ainsi  que  la  remarque  nous 
en  a  été  faite  par  le  P.  Poulain  (*). 
Si  nous  posons  (^),  en  effet, 


(')  Dans  une  Lettre  en  date  du  16  octobre  1^91. 

(^)  On    aperçoit    immédiatement    la    généralisation    suivante  :  si    l'équation 
donnée  était  de  la  forme 

on  poserait  encore 

ce  qui  déterminerait  le  point  à  deux  cotes  (spa,)  par  un  réseau  dont  les  deux 
systèmes  constituants  seraient  définis  par  l'élimination  successive  de  x,  et  de  a, 
entre  les  expressions  de  x  et  de  y. 


nous  définissons  un  point  à  deux  cotes,  aci   et  et),  qui  doit  se 
trouver  sur  la  droite 

droite  que  nous  pouvons  appeler  A  et  dont,  pour  plus  de  simpli- 
cité, nous  représenterons  i'équalion  ci-dessus  par 

(a')  i(»„  ?,)  =  <•• 

Si  l'on  donne  à  a*  une  valeur  conslanle.  cette  droite  a  une 
enveloppe  C^,,  dont  l'équation  s'obtient  par  l'élimination  de  ^i 
entre  l'équation  (2')  et  sa  dérivée  prise  par  rapport  à  p»  ou 

(3)  ip,(a„p,)  =  o. 

On  peut  ainsi  construire  les  enveloppes  £,,  correspondant  aux 
diverses  valeurs  de  oti. 

De  même,  l'élimination  de  iX|  entre  l'équation  (a')  et 

(■()  i;,("i,pi)  =  o 

permettrait  de  construire  les  enveloppes  C^,  correspondant  aux 
diverses  valeurs  de  p,. 

On  voit,  dès  lors,  que  l'équation  (E)  ci-dessus  exprime  simple- 
ment qu'«/ie  tangente  commune  aux  courbes  C^,  et  C^^passe 
par  te  point  (a,,  aj). 

Fig.  i5i. 


L'abaque  comprendra  {/ig.  TÔa)  :  1°  le  réseau  des  parallèles 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  343 

aux  axes,  défini  par  les  formules  (i)  et  servant  à  déterminer  les 
points  (ai,  a2);  2°  le  système  des  enveloppes  Cg^^;  3°  celui  des 
enveloppes  <î^p^. 

Si,  par  exemple,  a,,  a^,  a.^  étant  données,  on  veut  avoir  ^3?  on 
fait  passer  par  le  point  (a,,  aa)  un  index,  posé  sur  l'abaque, 
que  l'on  amène  à  être  tangenU  à  l'enveloppe  d^g^,  et  on  lit  la 
cote  de  V enveloppe  C^^  qui  se  trouve  en  contact  avec  cet  index. 

La  lecture  d'un  tel  abaque,  si  les  deux  systèmes  Ca,  et  Ca  sont 
eflFectivement  composés  de  courbes,  sera  généralement  moins 
nette  que  celle  d^un  abaque  à  points  alignés.  Il  est  toutefois  des 
cas  où  les  enveloppes  de  Tun  des  systèmes  se  réduisent  à  des 
points  et  où,  par  suite,  Tabaque  gagne  en  netteté. 

Soiiy  par  exemple,  réquation  complète  du- troisième  degré 

z^-^  nz^-\-  pz-^  q  =  0. 

Posons 

x^lp,       y  =  Iq, 

équations  qui  définissent  un  quadrillage  régulier  parallèle  aux  axes.  Il 
Nient  ensuite 

XZ  -i-y  -i-  l{z^-\-  715*)  =  o. 

Lorsque  laissant  n  finti  on  fait  varier  z  dans  cette  équation,  on  obtient 
une  enveloppe  Cn  dont  l'équation  peut  s^écrire  immédiatement,  puisque 
c*est  la  condition  pour  que  l'équation  ci-dessus  ait  une  racine  double  en  z. 

La  voici  : 

i-jly^-r-  4  J?' H<r /i ( 4 'i' ^*^ —  n/x* —  i8/ar^)=  o. 

Cette  équation  définit  des  cubiques  cuspidales  (unicursales,  de  la  troi- 
sième classe)  passant  par  l'origine,  où  elles  sont  tangentes  à  Ox, 

Quant  aux  enveloppes  £.,  obtenues  en  faisant  varier  n  dans  l'équation 
ci-dessus,  z  restant  fixe,  on  voit,  puisque  dans  ces  conditions  la  droite 
correspondante  reste  parallèle  à  une  direction  fixe,  qu'elles  se  réduisent  à 
des  points  à  l'infini. 

Pour  une  direction  donnée,  la  valeur  de  z  est  le  coefficient  angulaire 
changé  de  signe.  On  pourra  donc  définir  ces  diverses  directions  au  moyen 
d'un  transparent  sur  lequel  seront  marquées,  en  outre  des  axes  O^x  et 
Oy,  des  droites  issues  de  l'origine  et  cotées  au  moyen  de  leur  coefficient 
angulaire  changé  de  signe. 

L'usage  de  l'abaque  sera  alors  le  suivant  : 

Les  axes  O'x'  et  O'y'  étant  maintenus  parallèlement  à  Ox  et  Oy^  on 
place  l'origine  O'  du  transparent  en  coïncidence  avec  le  point  {p^q) 
du  quadrillage  de  Vabaque.  Les  racines  z  de  réquation  sont  alors  les 


CHAPITRE   r. 


r.oles  des   droites  du  transparent  qui  s 
courbe  cotée  n  ('). 


trouvent  en  contact  avec  la 


128.  Trajectoires  des  contacts.  —  Reprenant  l'abaqne  gé- 
néral du  numéro  précédent,  choisissons  une  des  enveloppes  C^  cl 
menons  les  tangentes  communes  à  cette  courbe  et  à  chacune  des 
enveloppes  C^,.  Le  lieu  des  points  de  contact  de  ces  tangentes  cl 
des  courbes  t^,  sera  une  certaine  courbe  Gp,  qni  pourra  être  dite 
trajectoire  des  contacts  p,  pour  le  système  (a,). 

.  L'équation  de  cette  trajectoire  est  bien  aisée  à  obtenir;  elle  ré- 
sulte simplement  de  l'élimination  de  x,  entre  les  équations  (a') 
et  (3)  du  numéro  précédent.  En  eflfet,  ces  équations  sont  celles 
de  deux  droites  passant  par  le  point  deconuctdeladroite  (aj,  pj) 
»vec  son  enveloppe  C^,-  ^'^  suite,  l'élimination  de  cl^  donne  bien 
le  lieu  de  ce  point  correspondant  à  une  valeur  fixe  de  ^a. 


.V 

Fig.  1.VÎ. 

'^mT^"-''' 

-+ 

:> 

^^ 

-^ 

=F"±- 

(^ette  Irajecloire  C3,  étant  tracée  et  cotée  au  moyen  de  la  va- 


(')  Pour  ivilcr  l'usage  du  transparent,  on  pourrait  appliquer  une  iraosforms- 
lion  homo graphique  ramenant  à  distance  linie  la  droite  de  l'infini  de  l'abaqui- 
ri-dessu9,  celle,  par  exemple,  qui  est  dérinic  par  les  formules 


rX  qui  Tait  correspondre  i  la  droite  de  rinTini  la  droite j'  =  a.  Xus.  dilTéreule-' 
laleur;  de  z  correspondraient  alors  des  poims  cotés  sur  celle  droite.  Le  ré- 
srau  {p,  g)  serait  eonslituc  par  des  droites  (/))  issues  du  point  ^' =  o,  ^' =  o. 
et  des  parallèles  (q)  i  Oj:,  et  l'on  aurait  \ci  raeines  de  l'équation  en  lisant  les 
cotes  des  points  où  un  index,  passant  par  le  point  {p,  q),  viendrait  couper  I» 
droite ^'=i  a,  lorsqu'il  aurait  été  amené  i  être  tangent  i  la  courbe  cotée  (n).      , 


ÉQUATIONS    A    PLUS    DE    TROIS    VARIABLES.  345 

leur  con*espondante  de  ^3  pourra,  au  poinl  de  vue  de  l'usage 
de  l'abaque,  remplacer  la  courbe  C^^,  qu'il  n'y  aura  partant  plus 
besoin  de  tracer.  L'emploi  de  l'abaque  sera  alors  le  suivant 
(Jîg.  i53)  : 

Etant  données  ai,  a2,  «3,  on  fait  passer  par  le  point  (ai,  a2) 
du  quadrillage  un  index  qui! on  amène  à  être  tangent  à  la 
courbe  («3).  La  cote  de  la  courbe  (^3)  passant  par  le  point  de 
contact  fait  connaître  la  valeur  de  ^3  cherchée  (*). 

Le  principe  de  ce  mode  de  représentalion  nous  a  été,  sous 
forme  de  l'exemple  particulier  cité  plus  bas,  communiqué  par 
M.  B.  Paladini. 

Suivant  que  les  courbes  <i^^,  ou  les  courbes  (s^,  seront  plus  simples  à 
construire,  on  aura  recours  aux  unes  ou  aux  autres.  Par  exemple,  dans  le 
cas  de  l'équation  complète  du  rroisième  degré,  traité  à  la  fin  du  numéro 
précédent,  les  courbes  C-  se  réduiraient  à  de  simples  points,  tandis  que 
les  courbes  ^2  seraient  assez  compliquées.  Voici,  par  contre,  un  exemple, 
celui  même  que  nous  devons  à  M.  Paladini,  où  l'emploi  des  trajectoires  Cr 
comporte  une  réelle  simplification.  Il  s'agit  de  l'équation 

(i)  n  sin(a -h  oi) -H  m  sinio  —  sina— o^ 

rencontrée  par  M.  Pesci  dans  son  Mémoire  sur  la  Cinématique  navale  cité 
plus  haut  ('),  et  qui  sert  à  déterminer  (i>  en  fonction  de  m,  n  et  a. 
Si  nous  posons,  en  appelant  /  un  module  quelconque, 

(9.)  j:  =  /m,        y  ~  //i, 

nous  avons  les  droites  à  doubles  enveloppes  6gi  et  C^i,  définies  par  Té 
quation  * 

(3)  j' ^in(a -^  to) -h  xsino)  — /sina. 

La  dérivée  de  cette  équation,  prise  par  rapport  à  u>,  est 
(  4 )  y  cos  (a  -h  w )  -+-  a:  cos co  —  o. 

Retranchant  cette  équation,  multipliée  par  sina>,  de  la  précédente,  mul- 


(*)  Il  convient  de  remarquer qu^UD  tel  abaque  ne  se  prèle  pas  également  bien, 
comme  les  précédents,  au  choix  de  Tune  quelconque  des  variables  comme  incon- 
nue. Si,  par  exemple,  c'est  s,  que  Ton  cherche,  il  faut  trouver  la  courbe  «3,  dont 
la  tangente,  en  son  point  de  rencontre  avec  la  courbe  ^3,  passe  par  le  point  (a,,  x, ), 
ce  qui  ne  peut  se  faire  que  par  tâtonnement.  II  est  vrai  que,  dans  un  grand 
nombre  de  cas  de  la  pratique,  c'est  toujours  la  môme  variable  qui  est  prise  pour 
inconnue. 

(')  Note  au  bas  de  la  page  Sso. 


.)46  CHAPITRE   Y. 

tipliée  par  cosa>,  nous  avons,  après  suppression  du  fadeur  commun  sins, 

(5)  y — /cosw  =  o. 
L'élimination  de  u>,  par  addition  des  carrés  (3)  et  (4),  donne 

(6)  j-*-r- j^* -»- axj^cosa  = /*  sin*a. 

Telle  est  Téquation  des  enveloppes  C^^  qui  sont  des  coniques  faciles  à 
(onstruirei  comme  on  le  verra  plus  bas. 

On  trouverait  de  même  pour  les  en\eloppes  C^  un  autre  système  de  co- 
niques. Mais  l'élimination  de  a  entre  (3)  et  (4))  qui  se  trouve  effectuée 
dans  (5),  fait  connaître  les  trajectoires  (^b>,  et  Ton  voit,  d'après  (5),  que 
ce  'sont  des  droites  parallèles  à  Ox,  Il  sera  donc  plus  simple  ici  <^e 
recourir  à  ces  trajectoires  plutôt  qu'aux  enveloppes  C^^. 

Pour  construire  les  ellipses  <!^ai  i'  suffit  de  remarquer  que,  si  Ton  prend 
pour  axes  de  coordonnées  les  bissectrices  O^i  et  O^i  des  angles  des  axes 
primitifs,  l'équation  (6)  dexient 


7./*  sin-  -        î/'cos*  ~ 

vi  2 

Vutrcment  dit,  si,  sur  le  cercle  de  centre  0  et  de  rayon  //a,  on  prend  le 

|)oint  A  tel  que  j^iOA  =  -,  les  demi-axes  de  l'ellipse  Ca  sont  les  projec- 

lions  de  OA  sur  Ox^  e/  Oy\. 

Quant  aux  droites  Ç'^o,  on  peut  les  prendre  superposées  aux  droites  co- 
lées  /z,  leur  cote  w  étant  donnée  parcelle  du  point  où  elles  rencontrent  le 
«ercle  de  rayon  //qui  n'est  autre  que  C^\  gradué  comme  un  rapporteur 

à  partir  de  Ox. 

Kn  pratique,  m  et  n  \arient  de  o.  i  en  o,i  entre  o  et  2,  a  entre  o"  et  180", 
ri  10  entre  o"  et  JGo". 

129.  Abaques  à  équerrc  pour  la  résolution  des  équations  complètes 
(lu  troisième  et  du  quatrième  degré.  —  Ayant,  aux  n°*  125  et  127,  dé- 
crit des  abaques  pour  la  résolution  de  Téquation  complète  du  troisième 
degré,  nous  croyons  de\oir  signaler  ici  un  ingénieux  procédé  imaginé  par 
M.  Massau  ('),  en  vue  du  même  problème,  et  que  nous  avons  nous-méme 
simplifié. 

Ce  procédé,  déduit  par  son  auteur  de  considérations  de  Géométrie  dans 
l'espace,  interprétées  par  la  Géométrie  descripti\e,  consiste  en  ceci: 

Etant  tracées  sur  un  quadrillage  régulier  de  module  /  les  droites  (-5) 
définies  par  l'équation 

Iz'^  -:-  zx  -     y  —  Oj 


(')  Mémoire  sur  l'intégration  graphique,  liv.  III,  Ch.  III,  n»  185. 


ÉQUATIONS   A    PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  3^7 

on  déplace  une  équerre  dont  le  premier  côté  passe  constamment  par  le 
point  (n  —  Ç,p)  du  quadrillage,  c'est-à-dire  par  le  point 

et  dont  le  sommet  décrit  la  verticale  cotée  n  ou 

X  ~  In, 

jusqu'à  ce  que  le  second  cùtp  de  cette  équerre  coïncide  avec  une  des 
droites  (z),  La  cote  de  celle-ci  est  alors  une  racine  de  Téquation 

z^  -r-  /i5*  -h  pz  ~  q  =  o. 

En   effet,  appelant  t)  Vy  du  sommet  de  l'équerre,  on  voit  que  l'on  a 

d'abord 

Iz*  -':-  zln  -h  T^  —  o; 

puis,  la  droite  cotée  z  étant  perpendiculaire  à  celle  qui  joint  le  point 
X  =  l(n  —  q),  y  —  Ip  diU  point  x  ~  In,  y  =  r^,  on  a  aussi 

r^  —  Ip 

L'élimination  de  t;  entre  ces  deux  équations  donne  bien  l'équation  com- 
plète du  troisième  degré  ci-dessus,  ce  qui  justifie  le  procédé. 

Les  simplifications  dont  ce  procédé  est  susceptible  sont  les  suivantes  : 
1®  Si  l'on  prend  les  points  d'intersection  des  droites  (z)  avec  Oa?,  on 
obtient  les  points 

X  =  —  iZy 

c'est-à-dire  que  la  cote  d'une  droite  z  est  celle  du  point  où  elle  ren- 
contre V échelle  régulière  portée  sur  Ox,  changée  de  signe. 
9.**  L'enveloppe  des  droites  {z)  étant  la  parabole 

.r*  —  uly  ^  o, 

il  suffit  de  tracer  cette  parabole  P  ifig.  i54)  pour  n'avoir  pas  à  tracer  les 
droites  (z). 

L'abaque  se  réduit  alors  à  un  quadrillage  régulier  dont  les  a\es  Ox 
et  Oy  sont  gradués  et  sur  lequel  est  tracée  la  parabole  P.  Son  usage  se 
réduit  à  ceci  :  On  déplace  une  équerre  dont  le  sommet  décrit  la  verti- 
cale cotée  /i  (le  long  de  laquelle  on  peut  placer  une  règle)  et  dont  un 
côté  passe  par  le  point  (n  —  Çy  p)  (sur  lequel  on  peut  placer  une  pointe 
fine)  Jusqu'à  ce  que  son  second  côté  soit  tangent  à  la  parabole  P.  La 
cote  changée  désigne  du  point  où  ce  côté  coupe  Ox  est  une  racine  de 
l'équation  proposée. 

On  voit  qu'il  suffit,  dans  l'équation  du  système  des  droites  (z),  de  rem- 
placer z^  par  z^  -+-  mz',  pour  avoir  un  abaque  de  l'équation  complète  du 

quatrième  degré 

z'^  H-  mz^  "h  nz^  -i-  pz-r-  q  ~  o. 


GBAPITRB   V. 


A  chaque  lalcur  de  m  correspond,  bien  entendu,  une  ci 
loppe  Cm  analogue  à  P.  Il  n'y  a  qu'a  tracer  le  système  de  ces 
le  quadrillage  régulier  pour  que  l'abaque  se  trouve  construit. 


•;• 

\                >      7  'n- 

\-         -X^^" 

X                Y 

^                      ^N.. 

XS         ^'^ 

X  -^^^z^ 

Sculemei 


les  valeurs  de  s  ne  devront  plus  être  inscrites  sur  l'axe  Or. 
s  des  points  où  cet  axe  est  coupé  par  la  droite 


/(='. 


-«=')- 


ne  sont  pas  les  mêmes  suivant  la  valeur  de  m.  Ces  valeurs  de  «  pourraieni 
lïire  données  par  le  coefficient  angulaire  de  la  droite  correspoadanle  cbangr 
dcsigne.OnpourraJtaussi  recourir  à  l'emploi  des  trajectoires  de  contact  C: 
(  n"  138).  En  elTet,  le  lieu  des  points  de  contart  des  enveloppes  Cn  avec  le 
droites  correspondant  à  une  même  valeur  de  s  est  une  courbe  dont  l'équa- 
i'obiiendra,  comme  on  l'a  vu  au  n"  138,  en  éliminant  m  entre  l'équa- 
ri-de!isus  et  sa  dprivéi*,  prise  par  rapport  à  s.  Ici,  l'équation  et  sa  dé> 
«'tant  linéaii't's  en  m,  x  et  y,  on  voit  que  ces  trajectoires  Itz  seront 
des  droites. 

On  trouvera  plus  loin  (142,  3°)  un  autre  type  d'abaque  pour  réqnatio» 
complète  du  quatrième  degré. 


['M.  Abaques  à  trois  dimensions.  —  Bien  que  cela  s'écarte  un  peu  d-- 
notre  sujet,  qui  vise  la  représentation  plane  des  équation!:,  c'est  ici  le  lien 
de  faire  connaître  une  curieuse  evtcnïion  à  l'espace  du  principe  des  potnr> 
nli),-nés  doiit  M.  .\.  Arller(i)  d'une  part,  M.  R.  .Mehmkc  (*)  de  l'autre,  oui 
eu  séparément  l'idée. 

Si  nous  reprenons  les  exemples  donnés  dans  les  Acm\  derniers  numéros. 
nous  voyons  que  des  équations  de  la  forme 


/",(.- 


-»U=)  -pM  =  )  ~qU')- 


(  '  )  Wie'ier  Beric/ile,  l.  \C\n .  u*  -icrlion,  p.  ',o',. 

(-)  /.eitschri/t  fur  Alathemalik  und  Pliysik,  t.  XLIII,  p.  33«. 


ÉQUATIONS   A    PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  349 

ont  été  représentées  par  Talignement  des  points  à  une  cote 
(p)  u  ^-  /,p, 

ot  du  point  à  deux  cotes 

in,  z)  uU/i{z)-.   s^lxMz)-^  l\lt[J\{^)-^  nf^{z)]  =  o. 

Si  nous  prenons  maintenant  un  système  de  coordonnées  parallèles 
dans  l'espace  (*),  nous  voyons  que  Téquation  (i)  expHme  que  le  plan 
dont  les  coordonnées  sont 

(n)'  u  ^  lin, 

(PÏ  ^  =  liP. 

iqY  w=izq, 

passe  par  le  point  M  dont  l'équation  est 

iz)'       uUli/i(z)-hvlili/3(z)-i-  wlxl%Ms)'^lxlrhfi{z)^o. 

Ce  point  a  pour  projection,  parallèlement  aux  axes  Au,  Bp,  Qw,  sur  le 
plan  ABC  des  origines,  le  point  m,  barycentre  des  points  A,  B,  C  respec- 
tivement affectés  des  coefficients  Itls/ii^),  hl\fz{^)^  hhfki^)'»  et  sa 
distance  mM  à  cette  projection,  comptée  parallèlement  aux  axes,  est 


iihMz)-^  hixMz)-^  hUMz) 


Lorsqu'on  fait  varier  z  le  point  m  décrit  sur  le  plan  ABC  une  certaine 
courbe  y  ^^  '^  point  M  engendre,  sur  le  cylindre  qui  passe  par  cette 
<'.ourbe  ^  tl  di  ses  génératrices  parallèles  aux  axes,  une  courbe  V  sur 
laquelle  on  peut  marquer  un  certain  nombre  de  ses  positions  en  inscrivant 
à  côté  les  valeurs  de  z  correspondantes.  On  obtient  ainsi  le  système  des 
points  cotés  {z)  de  l'espace^  distribués  sur  une  certaine  courbe  gauche  F. 

Dès  lors,/>oar  avoir  les  valeurs  de  z  correspondant  à  des  valeurs 
données  de  n,  p,  q,  il  suffit  de  couper  la  courbe  T  par  le  plan  déter- 
miné par  les  points  cotés  n^p^  q  respectivement  sur  les  axes  A  a,  Bp, 
Cw,  et  de  lirs  les  cotes  des  points  ainsi  obtenus  sur  V. 

Pour  réaliser  le  plan  (n,  p,  q)  dans  Tespace,  on  peut  tendre  un  fil 
entre  les  points  n  et  ^  de  Au  et  de  Ctv,  et  amener  un  œilleton  o,  fixé  à 
un  curseur  c  mobile  le  long  de  Bp,  en  coïncidence  avec  le  point  p.  En 
regardant  alors  par  cet  œilleton  on  lit  les  valeurs  de  z  aux  points  où 
le  Gl  semble  couper  la  courbe  V. 


(')  Les  coordonnées  parallèles  de  l'espace  ont  fait,  de  la  part  de  M.  II.  Iled- 
daeus,  l'objet  d'une  dissertation  inaugurale  pour  le  doctorat  en  1889,  devant 
l'Université  de  Marbourg;  sous  le  titre  :  Théorie  und  Anwendung  eines  beson- 
deren  Ebenencoordinatensystems, 


La  fig,  i5>  représente  l'instrumeot  construit,  d'après  ce  principe,  par 
H.  Mehmke  pour  la  résolution  de  l'équatioa  complète  du  troisième  degré 


Si  l'on  suppose  l'équation  pourvue  d'un  terme  de  plus 

/■(s)^'n/.(^)  +  "/.(*)+M(*)-?/.(^)=o- 

on  peut,  pour  chaque  valeur  de  m,  traiter  l'équation  comme  il  vient 
d'être  dit.  K  chaque  valeur  de  m,  correspond  ainsi  une  oourbe  T  qui  peut 
être  cotée  au  moyen  de  cette  valeur  de  m.  Les  diverses  courbes  gauches  F 


ainsi  obtenues  et  qui  consiitucnt  le  s)5t6me  (m)  sont,  d'ailleurs,  toutes 
situées  sur  un  même  cylindre,  attendu  que  la  courbe  y.  projection  de  F 
sur  ABC,  ne  dépendant  que  de«  trois  derniers  termes  de  l'équation,  est  la 
même  quel  que  soit  m.  On  pourra  donc  les  tracer  toutes  sur  ce  cylindre 


en  marquant  vj;alcmenl  le^ 
diverses  valeurs  de  :.  Poui 
matière  transparente,  comme  li 
de  l'œilleton,  voir  le  fil  rendu,  t 
correspondant  à  des  valciir<i  doi 
rait  être  construit  pour  l'équalii 


I  de  ce  cylindre  correspondant  a 

le  le  cylindre  soit  constitué  par  une 
iloïd.  à  travers  laquelle  on  pourra, 
L  le  moyen  d'obtenir  les  valeurs  de  s 
le  m,  n,  p,  <j.  Un  tel  abaque  pour- 
ipléie  du  quatrième  degré. 


ÉQUATIONS   A   PLUS    DE    TROIS    VARIABLRS. 


35l 


C.   —  Élé 


MENTS     V    n    COTES. 


131.  Définition  des  éléments  à  n  cotes.  Échelles  multiples. 
—  On  a  vu  (n°  H5)  que  les  éléments,  lignes  ou  points,  à  deux 
cotes  se  définissaient  au  moyen  d'un  /réseau  constitué  par  deux 
systèmes  de  lignes  à  une  cote.  Rien  n'empêche  de  munir  à  son 
tour  l'un  de  ces  deux  systèmes,  ou  même  les  deux,  d'un  réseau 
de  doubles  cotes,  et  de  continuer  de  même  pour  les  systèmes 
constituant  les  nouveaux  réseaux  introduits.  La  répétition  de 
cette  opération  permet,  comme  on  voit,  de  multiplier  autant 
qu'on  le  veut,  théoriquement  du  moins,  le  nombre  des  cotes  affé- 
rentes à  un  système  quelconque  d'éléments  donnés. 

hajig.  i56  donne,  par  exemple,  la  représentation  schématique 

Fig.  i56. 


d'un  système  de  courbes  C  à  quatre  cotes  a,  |3,  y,  o.  La  courbe  C 
correspondant  à  un  système  de  valeurs  des  quatre  variables  est 
celle  qui  passe  par  le  point  de  rencontre  de  la  courbe  (a,  P)  et  de 
la  courbe  (y^  8)-  Et  l'on  voit  que,  si  la  courbe  Cest  connue  ainsi 
que  trois  de  ses  cotes,  la  quatrième  s'en  déduit  immédiatement. 
Dans  le  cas  où  les  courbes  C  deviennent  des  droites  parallèles, 
ces  droites  déterminent,  sur  un  axe  quelconque  perpendiculaire 
à  leur  direction,  une  échelle  dont  les  divers  segments,  comptés 
à  partir  d'une  origine  arbitrairement  choisie,  se  trouvent  être 
fonctions  des  cotes  afférentes  à  ces  parallèles.  On  obtient  ainsi 


35a  CBAPITRE  V. 

lies  échelles  multiples,  doot  l'idée,  sous  la  forme  particulière 
indiquée  ci-dessous,  est  duc  à  M.  Lallemand. 

(^ODsidérons  uo  système  de  parallèles  à  Oy  tracées  à  travers 
Lin  réseau  (a,  3)  {Jig.  i57),c'e3l-à-dire  déilnies  psruae  équation 
(le  la  forme 

et  un  système  de  radiantes  issues  de  l'origine,  et  tracées  à  travers 
KiK.  .57- 


un  réseau  (-j-.  ''),  c'csl-à-dire   définies   par  une   équation  de  la 
forme 

Y  -■K'|'(ï,  S)- 

On  aura,  dès  lors,  pour  les  parallèles  à  Ox  passant  par  les 
points  de  rencontre   des  droites  des   deux    premiers   systèmes, 

Ces  parallèles  donneront  donc  sur  O,^'  une  écliclle  multiple, 
relie  de  la  fonction  de  qnalre  variables  dont  l'expression  est 
fournie  par  la  dernière  formule. 

Faisant  coïncider  de  môme  l'axe  Ox'  A  un  nouveau  système  de 
radiantes  à  deux  cotes  e  cl  t|  avec  l'axe  Oy  de  l'échelle  précé- 
dente, on  voit  ipi'on  obtient,  pour  les  parallèles  à  cet  axe,  une 


ÉQUATIONS   A   PLUS    DB   TROIS    VARIABLES.  353 

équation  de  la  forme 

y  =  ?(«»P)4'(y.  ^)x(^'  ^)» 

et  ainsi  de  suite. 

Si,  au  lieu  de  radiantes  issues  de  l'origine,  on  avait,  sur  le  ré- 
seau (y,  S),  tracé  des  droites  appartenant  à  un  système  simple- 
ment infini  quelconque,  leur  équation  eût  été  de  la  forme 

et  l'échelle  multiple  le  long  de  Oy  aurait  représenté  une  fonc- 
tion de  la  forme 

r  =  ?(«5  P)'Kt^o)-*-'!'i(t»^)- 

Il  est  inutile  d'insister  davantage  sur  ce  sujet.  Nous  nous  con- 
tenterons d'indiquer  un  exemple  dû  à  M.  Lallemand  et  apparte- 
nant à  la  catégorie  des  abaques  hexagonaux. 

132.  Exemple  :  Abaque  de  la  déviation  du  compas,  —  La  déviation 
du  compas  d'un  navire,  variable  avec  la  position  de  celui-ci  à  la  surface 
du  globe,  est  donnée  par  la  formule  (^) 

o  =  A-f-msinÇ-+-/i  cosÇ  -^  B  sinaÇ-i-  G  fcosaÇ, 

où  Ç  est  le  cap  du  compas,  m  qI  n  des  fonctions  de  la  longitude  L  et  de  la 
latitude  /,  qui  seront  définies  plus  loin;  A,  B,  G  des  constantes  pour  le 
navire  donné. 

Les  coefficients  m  et  n  étant  des  fonctions  de  J^  et  de  /  peuvent  être 
représentés  par  des  échelles  binaires  que  nous  désignerons  parm(L,  /)et 
/i(L,  /). 


(  '  )  Cetlc  équation  peut  être  représentée  plus  simplement  par  la   méthode  des 

points  alignés  au  moyen  de  deux  systèmes  de  points  condensés  et  d'un  système 

de  points  ordinaires  à  deux  cotes. 

Il  suffit,  pour  le  voir,  de  poser 

M  —  /,  m, 

V  =  l^n. 

Les  quantités  m  et  n  étant  fonctions  de  L  et  de  /,  les  formules  définissent  deux 
systèmes  de  points  condensés,  aux  cotes  L  et  /,  déterminés  le  long  de  Au  et  de 
hv  par  des  échelles  binaires  {Rem.  du  n«  121,  p.  3^4). 

On  a,  en  outre,  pour  l'ensemble  des  variables  S  et  !^  les  points  à  deux  cotes  dé- 
finis par  l'équation 

l^us\n^-\-  /ji^cosÇ-h  /j/jCA  +  Bsin2Ç+  CcosaÇ  — 6  )  =  o. 

Ces  points  sont  détermioés  par  un  réseau  (Ç,  6)  dans  lequel  les  lignes  (^)  sont 
des  droites  parallèles  aux  axes  A  a  et  Br. 

M.  D'O.  23 


354  CHAPITBf   T. 

Sî  maintenaot  nou«  posons 


nou9  voyons  que  nou«  n'aaroDS  qu'à  combiner,   ainsi  qu'on  Ta  va  ao  nu- 
méro précétJent.  l'échelLe  binaire 

jr'  —  m  «  L.  /  > 

avec  le*  radianle> 

pour  obtenir  l'échelle  ternaire 

jr'  =  /n«  L,  /)sinî  =  o'(L,  /,  ;  ». 
De  même,  si  nous  posons 

o'  =/i/L. /;  cos;  —  A  -r-  B  sinaî;  —  Ccosaï. 
nous  n'aurons  qu'à  combiner  Téchelle  binaire 

a7'  =  /i(L,  l) 
avec  les  droites  cotées  (^)  définies  par  l'éqnation 

y'  =z  x'  cos  î  —  A  —  B  sin  -2  ï  -f-  C  cos  2  î, 
pour  obtenir  l'échelle  ternaire 

y  =  /i(L,  /)  cos;  -+-  A -T-  B  sin  2 ; -4-  Ccosîî;  =  o'(L,  /,  Ç): 
«•t,  puisque 


0  =  0    -+-  0  , 


il  suffira  que  les  échelles  ternaires  o'(L,  /,  Ç  )  et  o'(L,  /,  J)  soient  accolées 
à  deux  des  axes  d'un  abaque  hexagonal  pour  que  les  valeurs  de  0  soient 
données  par  une  échelle  régulière  portée  sur  le  troisième  axe  (n**  33). 

Reste    à    voir    comment    on    pourra    construire    les    échelles   binaires 
mi  L,  /)  et  /i(L,  /).  On  a 


tn 


=  arc  sin     Y  (^  tangO  ~^ïj)(*~i —  sinBlL 

n   -  arc  sin  U  //tangO-4-^ j  M—  IsinBJ  1, 

formules  où  tout  est  constant,  sauf  l'inclinaison  magnétique  6  et  la  com- 
portante magnétique  horizontale  H,  fonctions  l'une  et  l'autre  de  L  et  /. 
Pour  ronsiruirc  léclielle  binaire  de  m 

x  =  m^ 

nous  pouvons   prendre  pour  lignes  cotées  L  les  parallèles  à  l'axe  des  r' 

y  --  L. 


r 


356  CHAPITRE    V. 

Reste  à  tracer  les  courbes  cotées  (/).  Nous  nous  servirons  pour  cela  des 
planisphères  terrestres  sur  lesquels  sont  moquées  les  courbes,  obtenues 
par  l'observation,  le  long  desquelles  0  d'une  part,  H  de  Fautre,  ont  une  va- 
leur constante.  Pour  avoir  la  courbe  cotée  /  il  suffit,  pour  diverses  valeur* 
de  L  ou  y\  associées  à  cette  valeur  de  /,  d'avoir  les  valeurs  correspondantes 
de  m  ou  x\  Or  rien  n'est  plus  simple,  attendu  que  pour  un  couple  de 
valeurs  de  /  et  L  le  planisphère  dont  il  vient  d'être  question  donne  les 
valeurs  de  0  et  II  qui,  portées  dans  réimpression  de  m  écrite  plus  haut  (et 
que  Ton  peut,  au  besoin,  traduire  par  un  abaque)  font,  à  leur  tour,  con- 
naître m. 

De  même  pour  l'échelle  binaire  de  n. 

C'est  ainsi  qu'a  été  construit  l'abaque  de  \^  Jig,  i58,  dû  à  M.  Lallemand. 
qui  se  rapporte  au  navire  le  Triomphe,  pour  lequel  les  constantes  ci- 
dessus  ont  les  valeurs 

A=— i'9',  e  —      o,io6, 

B=      r)<>4j',  /-    -o,oi3, 

C=--  — o"V,  P=  — o,o33, 

X  =      o,8|,  Q=  —  o,02. 

Pour  plus  de  netteté  dans  l'échelle  ternaire  de  o',  on  n*a  fait  varier  le 
cap  du  compas  que  d'une  demi-circonférence.  Afin  donc  d'avoir  la  valeur 
de  ô'  correspondant  à  toutes  les  valeurs  de  Ç,  on  a  dû  répéter  deu\  fois 
l'échelle  binaire  de  n  (*),  l'une  de  ses  positions  correspondant  à  la  gra- 
duation du  demi-rumb  nord,  l'autre  à  celle  du  demi-rumb  sud. 

En  résumé,  ayant  pris  dans  V échelle  de  o'  (indiquée  sur  la  figure  par 
le  chillVc  1)  le  point  de  rencontre  de  la  droite  J  et  de  la  parallèle  au 
premier  axe  passant  par  l'intersection  de  la  droite  L  et  de  la  ligne  /, 
et  dans  V échelle  de  o"  (indiquée  par  le  chiffre  II),  le  point  de  rencontre 
de  la  droite  Ç  et  de  la  parallèle  au  second  axe  passant  par  l'inter- 
section de  la  droite  L  et  de  la  ligne  l  (en  tenant  compte  du  demi-rumb 
où  se  trouve  le  compas),  il  suffit  de  faire  respectivement  passer  par  ces 
deux  points  les  deux  premiers  index  du  transparent  convenablement 
orienté  pour  que  le  troisième  donne  sur  le  troisième  axe,  qui  porte 
V échelle  de  la  déviation,  la  valeur  de  o. 

On  a  indiqué  on  pointillé  sur  la  fiî;ure  les  positions  de  ces  index  pour 
rt^xcinplo  numérique  suivant  : 


L'al);j«|iic  donne  alors 


0  =  ir\8, 


(')  \(in  de  faciliter  la  lecture,  on  a,  sur  rrchcllc  binaire  de  w,  qui  est.  en 
soninir,  un  planisphère  ananiorf)lio.sé,  fait  Iii;urer  les  contours  des  continents.  On 
s'est  dispensé  de  le  faire  sur  réchelle  binaire  de  //,  parce  qu'il  en  sérail  résulté 
une  certaine  confusion  dans  le  dessin. 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE    TROIS    VARIABLES.  357 


II.  —  Systèmes  mobiles. 

A.   —  Systèmes  divers  a  translation  et  a  rotation. 

133.  Systèmes  à  translation.  Règles  à  un  tiroir.  —  Nous 
avons  eu,  dans  l'application  de  plusieurs  des  méthodes  précé- 
dentes, à  nous  servir  de  transparents  mobiles  à  un,  deux  ou  trois 
index  (n®*  13,  18,  31,  56).  On  conçoit  a  priori  qu'on  pourra 
donner  une  nouvelle  extension  à  la  représentation  plane  des 
équations  à  plusieurs  variables  par  l'emploi  non  plus  seulement 
d'index  mobiles,  mais  de  systèmes  cotés  mobiles  mis  dans  cer- 
taines relations  de  position  avec  les  systèmes  cotés  d'un  plan  • 
fixe  (*).  C'est  un  sujet  qui  sera  approfondi  plus  loin  (n***  144 
et  145).  Avant  de  l'aborder  dans  toute  sa  généralité,  nous  voulons 
en  indiquer  divers  cas  particuliers  plus  spécialement  dignes  d'at- 
tention au  point  de  vue  pratique. 

Le  cas  le  plus  simple  est  celui  d'un  système  mobile  dont  les 
déplacements  se  bornent  à  des  translations  parallèles  à  une  direc- 
tion fixe. 

Considérons  trois  axes  parallèles  O^x^^  O^x^,  O^oc^  tels  que 
celui  du  milieu  puisse  glisser  entre  les  deux  autres  {fig*  iSg).  Si 

Fig.  159. 

^.'    ''*'■   'i  ■■■■■■'■■■'■■■■■'    '_r, 

<aa) 

^J    .   t   .■«.■..■■...■■.■...   I   ■.   t   1   '  ^  I-^ 

I 

Q3  >     I     I     I     I     I     >     I     I     f     I     I     I     I     I  !  >     I     I     1     t     t     I     t     I     \^3 

(as)    ' 

Torigine  O2  est  amenée  en  face  du  point  d'abscisse  x^  et  si  le  point 
d'abscisse  X2  vient  alors  en  face  du  point  d'abscisse  X3,  on  a 

Si  les  trois  axes  portent  respectivement  les  échelles  définies 


(  '  )  On  a  déjà,  incidemment,  rencontré  dans  ce  qui  précède  quelques  exemples 
de  systèmes  mobiles  (n""  14,  18,  55,  127). 


358  CHAPITRE  V. 

par 


on  aura  donc 


/l(«l)-+-/t(a2)=/3(a3)- 


De  là  un  mode  de  représentation  nouveau  pour  les  équations 
de  cette  forme,  que  nous  avons  déjà  rencontrées  aux  n"*  26,  28, 
32  et  66. 

On  pourra  réaliser  matériellement  Tabaque  correspondant  en 
gravant  les  échelles  (ai)  et  (as)  sur  la  face  supérieure  d'une  règle 
dans  laquelle  on  engagera  un  tiroir  à  glissière  portant  l'échelle  («a)- 
On  retrouve  ainsi  le  type  d'instrument  connu  sous  le  nom  de 
règle  à  calcul. 

La  plus  simple  de  toutes  est  celle  qui  permet  d'effectuer  la  mul- 
tiplication en  traduisant  l'équation  de  cette  opération  mise  sous 

la  forme 

log«3=  logai-+-logaj. 

Comme  ici  les  échelles  (ai)  et  (aj)  sont  identiques,  on  peut  les 
supposer  confondues.  La  règle  à  calcul  ainsi  obtenue,  qui  se 
trouve  aujourd'hui  entre  les  mains  de  tous  les  ingénieurs,  est  d'un 
usage  trop  courant  pour  que  nous  croyions  devoir  nous  y  arrêter 
davantage  (*);  il  nous  a  sufii  de  faire  voir  comment  elle  peut  se 
rattacher  à  la  théorie  générale  des  abaques. 

Parmi  les  équations  du  type  voulu,  on  peut  encore  citer  celles 
qui  se  rencontrent  dans  le  calcul  des  profils  de  remblai  et  de 
déblai  lorsqu'on  les  a  mises  sous  la  forme  logarithmique  (n^lOl). 

4 . 

(')  Rappelons  que  le  principe  de  la  règle  à  calcul  fut  proposé  par  Wingale 
dès  l'époque  où  Gunter  imagina  la  construction  des  échelles  logarithmiques,  soit 
tout  au  début  du  xviir  siècle.  L'usage  de  la  glissière,  introduit  par  Seth  Par- 
tridge  (1671),  fut  réinventé  par  Leadbetler  (1700).  C'est  vers  i8i5  que  les  frères 
John,  de  Soho,  (irent  de  la  règle  à  calcul  l'objet  d'une  fabrication  courante. 
Introduite  en  France  par  Jomard  en  1821,  cette  règle  y  fut  construite  par  Lcnoir, 
qui  la  perfectionna  dans  ses  détails,  ainsi  (jue  ses  successeurs,  Gravet-Lenoir  et 
Tavernier-Gravcl.  M.  Poraux  en  a  fait  connaître  diverses  variantes  possédant  des 
avantages  spéciaux.  Le  ruban  calculateur  du  marquis  de  Viaris  en  est  un 
ingénieux  dérivé.  M.  Gros  de  Perrodil  a  consacré  une  brochure  à  la  Théorie  de 
la  règle  logarithmique  (Gauthier-Villars,  i885).  On  doit  aussi  à  M.  Labosnc 
une  Instruction  sur  la  règle  à  calcul ^  qui  contient  toutes  les  indications  de 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS    VARIABLES.  359 

Une  règle  pour  ce  genre  (inapplication  a  été  construite  par 
M.  Toulon  (*),  une  autre  par  M.  Paulin  {'^). 

De  même  qu'on  Ta  vu  à  propos  d'autres  types  d'abaques,  les 
échelles  d'une  règle  à  calcul  pourront,  le  cas  échéant,  êlre  frac- 
tionnées. En  voici  un  exemple  bien  simple  : 

Supposons  que  la  partie  utile  OfXi  de  l'échelle  (ai)  déborde 
sur  la  partie  utile  de  l'échelle  (ol^)  {fig»  i6o).  A  partir  de  la  pcr- 


Fig.  i6o. 


0'ii-b 


0,H 


A, 


^^^^^^^^^^^^^^^^ 


XJb 


•a; 


I  I  I  I  I  I 


I  I  I  I  I  I   I  I   I  I   I  I  or. 


■   '  '   ■ 


^i'  ■■■'■■■■■■   I  ■■■■■■■  ■ 

;  oi 

Ojl  I  I   I  I   I  I   I  I   I   I   I   I   I   I  I   I   I  I   I  I   I   I   I   I   I   1 


pendiculaire  à  O^Xx  menée  par  O3,  reportons  en  O,  A',  la  por- 
tion 0|A|  de  l'échelle  («i),  et  fixons  au  tiroir  un  index  O^  dont 
la  distance  au  trait  origine  O2  de  l'échelle  (a2)  soit  précisément 
égale  à  0|  A4.  Il  est  bien  clair  que  lorsque  le  trait  O2  marquera 
sur  0|  A|  le  point  affecté  d'une  certaine  cote  a,,  l'index  O^  mar- 
quera sur  O',  A'^  le  trait  affecté  de  la  même  cote.  On  pourra  donc 
supprimer  la  portion  0|  A|  de  l'échelle  (a,)  en  la  remplaçant 
par  O'^  A',  de  façon  à  limiter  les  deux  échelles  (ai  )  et  (as),  portées 
par  la  règle,  à  une  même  perpendiculaire  à  la  direction  de  celle 
règle. 

Lorsque  le  trait  O2  se  trouvera  engagé  entre  les  échelles  de  la 
règle,  on  se  servira  de  ce  trait  pour  prendre  le  point  ai  sur  la 
portion  A|  x^  de  l'échelle  correspondante.  Lorsque  le  trait  O2  se 
trouvera  en  dehors  des  échelles  de  la  règle,  c'est  avec  l'index  O.^ 
qu'on  prendra  le  point  ai  sur  le  segment  O',  A', . 


détail  relatives  à  son  emploi.  On  trouvera  à  ce  sujet  quelques  détails  dans  notre 
brochure  0.8,  p.  53  à  66. 

Enfin  un  nouveau  modèle  de  règle  à  calcul,  construit  également  par  la  maison 
Tavernier-Gravet,  a  été  proposé  en  ces  derniers  temps  par  M.  A.  Beghin,  qui  a 
rédigé  sur  ses  nombreux  usages  une  brochure  très  intéressante. 

Il  convient  aussi  d'observer  que  le  même  principe  théorique  peut  encore  être 
appliqué  au  moyen  de  la  rotation  relative  de  cercles  concentriques  munis  des 
mômes  graduations  que  leâ  règles  et  leurs  tiroirs.  Ce  dispositif,  adopté  dès  1682 
par  Oughtred,  se  retrouve  dans  divers  instruments  modernes,  comme  ceux  de 
M.  John  Fuller  {Computing  telegraph)  et  de  M.  Boucher  {cercle  à  calcul). 

(»)  Voir  le  Cours  de  Boutes  de  M.  Durand-Claye  (2"  édition, 'p.  56i). 

(^)  Portefeuille  des  conducteurs  des  Ponts  et  Chaussées^  t.  XXI,  p.  i33;  1889. 


36o  CHAPITRE    V. 

Il  est  bon  d^ailleurs  d'observer  que,  dans  beaucoup  de  cas,  les 
traits  de  la  portion  OiAi  prolongeront  exactement  ceux  de  la 
portion  AtXi  qui  pourront  dès  lors  servir  à  définir  la  seconde 
partie  de  l'échelle,  pourvu  qu'ils  soient  munis  d'une  seconde 
chiffraison  (*  ). 

On  peut,  bien  évidemment,  remplacer  les  trois  échelles  simples 
(ai),  (a2)  et  (ol^)  du  numéro  précédent  par  des  échelles  binaires 
(ai,  pi),  (aa,  ^2)',  (^3?  l^a)*  On  a  ainsi,  au  moyen  d'une  règle  por- 
tant les  échelles  (ai,  pi),  (ag,  ^3)  et  munie  d'un  tiroir  portant 
l'échelle  (a2,  ^2)»  la  représentation  de  l'équation 

/l(«l,Pl)  -»-/,(«„  p2)=/3(a3,p3). 

Pour  mettre  en  correspondance  les  points  de  l'une  à  l'autre 
échelle,  on  peut  avoir  recours  soit  à  une  équerre  dont  un  bord  est 
mis  en  coïncidence  avec  un  bord  de  la  règle,  soit  à  un  curseur  por- 
tant un  index  perpendiculaire  à  la  direction  de  la  règle  et  qui 
se  déplace  le  long  de  cette  règle. 

13i.  Règles  à  plusieurs  tiroirs.  —  Au  lieu  d'un  seul  tiroir, 
on  peut  munir  la  règle  de  plusieurs  tiroirs  glissant  les  uns  coutre 
les  autres  (/î^.  161).   Si  la  règle  porte  les  échelles  (ai)  et  (a,,) 

définies  par 

Xi  ^.  //,  (a,), 

et  si  les  divers  tiroirs  portent  les  échelles 

^t      ^  Ift  (  3tî  ), 

^3       ^^/aCa.,), 


Xn-x=  l/n-i{ctn-i)y 


(')  La  règle  h  calcul  frarlionm^c,  imaginée  el  réalisée  dès  i85i  par  le  lieute- 
nant Mannliciin  (depuis  lors  colonel),  a,  dans  la  suite,  été,  sous  des  formes 
diverses,  rcinvcntco  f)ar  divers  auteurs,  notamment  par  MM.  Kverell  {Universal 
proportion  Table),  Scherer  {Itechentnfel),  I)orivr\  {Carte  à  calculs) ^TUacker 
et  lîiileter  (  Cylindres  à  calcul).  Afin  de  donner  à  un  tel  instrument  de  calcul 
un  grand  développement  sans  avoir  recours  au  fractionnement,  le  professeur 
(leorîics  Fulier,  de  Hclfasl,  la  enroulé  sous  forme  d'hélice  {Spiral  si  ide  rule: 
voir  notre  hrocliure  0.8,  p.  ()«>).  Les  trois  derniers  instruments  cités  réalisent 
des  sortes  d'abaques  à  trois  dimensions.  D'après  M.  Favaro,  la  première  échelle 
hélicoïdale  aurait,  dès  iG5o,  été  construite  par  Milburne. 


ÉQUATIONS   À   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  36 1 

on  voit  que  si  Ton  arrête  Torigine  Oj  en  face  du  point  a,,  O3  en 
face  du  point  aj,  .  .  . ,  0,i_i  en  face  du  point  a„_2,  et  si  le  point 
a„_,  se  trouve  alors  en  face  du  point  a„,  on  a 

/l(«l)  -+-/«(««) -+-•••-+- /«-l(3t/l-l)  =/«(a«). 

On  obtient  donc  ainsi  un  nouveau  mode  de  représentation  des 
équations  déjà  envisagées  au  n'*  37. 


Oïl     I     I 


o„ 


I       I       I 


Fig.  161 


iJ-iO. 


X-d. 


I  I  i  I 


r    I    I    I 


,a>t 


-U- 4- 


^mmJm 


4— J-^— Jm-Ai 


I  i  I  ■ 


O3I        I   I    I       I        I       I        I       I       I        I 


■       I       1 


O4W-L 


I      I       I 


'      ■      '      ■      •      ■      ■      ■      '      '      ÛO'^ 


^mi^mL 


I  I  I  i  I  I  I 


li     I     I     I     I     I     I 


I  II 


•a5»i-i 


I     I    I     I     I  '  I 


I    I     I    I 


\     \    à   a>, 


On  pourra,  bien  évidemment  aussi,  comme  dans  le  cas  précé- 
dent, remplacer  une  ou  plusieurs  de  ces  échelles  simples  par  des 
échelles  binaires. 

Exemple  :  Règle  à  calcul  pour  la  traction  d'une  locomotive,  — 
Si  V  représente  la  vitesse  en  kilomètres  par  heure,  q  le  poids  en  tonnes 
de  chaque  véhicule  remorqué,  a  l'inclinaison  de  la  voie  sur  l'horizon,  le 
nombre  n  des  véhicules  que  peut  remorquer  une  locomotive  de  type 
connu  est  donné,  d'après  M.  A.  Frank,  par  la  formule 


n  — 


»/. 


-f-  B  p*  -f-  C  —  D  sin  a 


E^  -r-  Fi^î--  1000^  sina 


où  A,  B,  C,  D,  E,  F  sont  des  constantes  numériques  dépendant  de  la  loco- 
motive considérée. 

Cette  formule  a  été  représentée  par  M.  F.-J.  Vaes,  au  moyen  d'une  règle 
à  trois  tiroirs  de  la  manière  suivante  (^)  : 

Si  l'on  pose 


(  '  )  Studies  over  trekkracht  van  Locomotieven  en  weerstand  van  treinen 
{De  Ingénieur,  avril  1897). 


362  CHAPITRE   V. 

et 

D  sina        ^  , 

10007  sina       ,  ,  . 

on  voit  que  la  formule  considérée  peut  s'écrire 

ou 

log/i  =  log/i  (i^)  -+-  log/,(i^,  %)  —  log/aCi',  y  )  —  Iog/4(p,  7,  a). 

Sous  cette  forme,  on  reconnaît  qu'elle  rentre  dans  le  type  générai  ci- 
dessus.  On  pourra  donc  la  représenter  au  moyen  d'une  règle  portant  les 
échelles  parallèles 

a^o  ~  ^logn, 

il  étant  un  module  quelconque),  entre  lesquelles  on  fera  glisser  des  tiroirs 
munis  des  échelles  multiples  définies  par 

a:,=       /log/iCi',  a), 

xs  =  — nog/,(p,  y), 

^4=  — /log/4(i^,  gr,a). 

Les  deux  premières  sont  des  échelles  binaires;  leur  exécution  n'offre 
donc  aucune  difficulté.  On  pourra  d'ailleurs,  pour  l'une  comme  pour 
l'autre,  prendre  pour  lignes  cotées  (t»)  des  parallèles  à  l'axe  des  x, 

La  dernière  est  une  échelle  ternaire  ;  mais  rien  n'empêchera  de  construire 
sur  différents  tiroirs  interchangeables  les  échelles  binaires  obtenues  en 
attribuant  à  a  difl'ércntes  valeurs  fixes.  On  se  servira,  dans  chaque  cas,  du 
tiroir  portant  l'échelle  (t\  q)  correspondant  à  la  valeur  de  a  considérée. 
Si,  d'ailleurs,  les  échelles  {v^q)  correspondant  à  plusieurs  valeurs  de  a 
n'empiètent  pas  les  unes  sur  les  autres,  on  pourra  les  tracer  sur  le  même 
tiroir,  ce  qui  est  le  cas  pour  l'exemple  numérique  auquel  se  rapporte 
\difi^.  162.  Celte  figure  reproduit  un  fragment  de  la  règle  construite  par 
M.  Vaes  avec  les  données 

A  —       i-j^oG,         D  —  ()3ooo, 
B  -       0,0775,       E  —  '2,5, 
G—  —  23*2,6,         F  — 0,0047. 

La  règle  même  porte  les  échelles  I  et  V  relatives  l'une  à  p,  l'autre  à  n. 
Celte  dernière  a  d'ailleurs  été  fractionnée  ainsi  qu'on  l'a  expliqué  à  la  fin 
du  numéro  précédent. 


364  CHAPITRE   V. 

Les  tiroirs  II  et  III  portent  des  échelles  binaires  (p,  a)et(p,  ^)  pour 
chacune  desquelles  les  lignes  (v)  sont  des  parallèles  aux.  bords  de  la 
règle. 

Le  tiroir  IV  porte  trois  échelles  binaires  (c,  ^)  correspondant  respecti- 
vement à  a  =Too*»  *  =roô  ^^  *  =rôVôï  échelles  pour  chacune  desquelles 
les  lignes  v,  toujours  parallèles  aux  bords  de  la  règle,  sont  les  mêmes. 

L'usage  de  la  règle  peut  se  résumer  ainsi  :  On  fait  correspondre  le 
point  (t^,  a)  de  l'échelle  II  au  point  v  de  Véchelle  I,puis  le  point  iy^  q) 
de  Véchelle  III  à  l'origine  de  Véchelle  II,  puis  le  point  {v^  q)  du 
f^roupe  a  de  Véchelle  IV  à  Vorigine  de  Véchelle  III,  ou  à  Vindex  ter- 
minal, marqué  sur  cette  échelle  non  loin  de  son  extrémité  si  son  ori- 
gine  est  trop  éloignée  (ce  qui  est  le  cas  sur  Wfig,  162).  On  n^ a  plus 
qu'à  lire  la  cote  du  trait  de  Véchelle  V  qui  se  trouve  en  face  de 
l'origine  de  Véchelle  IV,  cette  lecture  se  faisant  le  long  du  bord 
extérieur  ou  du  bord  intérieur  suivant  que,  pour  mettre  en  place 
Véchelle  IV,  on  s'est  servi  de  l'origine  ou  de  Vindex  terminal  de 
l'échelle  IIL 

Il  va  d'ailleurs  sans  dire  que,  puisqu'il  s'agit  ici  d'un  nombre  de  véhi- 
cules, on  prendra  pour  n  la  valeur  entière  la  plus  voisine  de  celle  qui  serait 
exactement  donnée  par  l'origine  de  l'échelle  IV. 

Par  exemple,  sur  la  ftg,  162,  la  disposition  des  tiroirs,  qui  correspond 
aux  données 

i'  =  f)o^™,         q  —  lif  5,         a  =  -; —  > 
^  400 

montre  que  l'on  a 

n  =  12. 

135.  Systèmes  à  double  translation.  Résolution  des  équa- 
tions trinômes  à  exposants  quelconques.  —  On  peut  combiner 
la  translation  de  IW.hellc  dans  le  sens  de  sa  longueur  avec  une 
translation  perpendiculaire  à  cette  longueur. 

Si,  par  exemple,  nous  prenons  un  abaque  à  points  alignés, 
constitué  au  moyen  de  trois  échelles  rectilignes  parallèles  (Ch.  III, 
§  II,  A),  nous  pouvons  rendre  chacune  des  trois  échelles  mobile  : 
i"  dans  le  sons  de  sa  longueur;  2"*  dans  le  sens  perpendiculaire  à 
cette  longueur. 

Pour  définir  la  première  translation,  on  peut  accoler  à  réchelle 
(a)  une  échelle  ([i)  dont  on  amène  un  point  de  cote  donnée  sur 
Taxe  0.r;  pour  délinir  la  seconde,  il  suffit  de  faire  passer  le  sup- 
port de  l'échelle  (3)  par  un  point  de  cote  donnée  sur  une  échelle 
(y)  parallèle  à  Ox.  Dès  lors,  les  coordonnées  du  point  a  sont 


ÉQUATIONS    A   PLUS    DE   TROIS   VARIABLES.  365 

Par  suite,  en  supposant  les  modules  /|  et  /.^  les  mêmes  pour  les 
diverses  échelles  parallèles,  on  voit  que  l'alignement  des  points  ai , 
ao,  «3  (^fig'  i63)  donnera  une  représentation  de  l'équation 


/i(«i)-?i(Pi)     ^^iCYi) 
/sCaj)  — ?3(?3)     4^3(73) 


o. 


En  remplaçant  les  neuf  échelles  qui  viennent  d'être  définies  par 
des  échelles  binaires,  on  a  un  abaque  à  dix-huit  variables. 


,9 


2o.r 


IS-I 


I  I  I  I   I 


A 


o.:o 


>o 


30 


(3ti)io::  <?i) 


.20 


Mil 


Fig.  i63. 


20J 


15.  - 


.30 


(«4)10^: 


-rnp 


(V,) 


0X0 


h  60 


(?2) 


^0 


r-^ 


20. 


-:  L40 


1& 


-  -30 


(a,)  toi 


I  II  I  I 


TTP 


5- -1010         15       0,,    ,5-.    10  15       0,^.5^--     10         15 

10 


(T.V 


50 


.20 


<?3) 


-0 


OC. 


On  pourra,  sur  les  trois  supports  parallèles,  supposer  les  échelles 
(a)  et  (P)  respectivement  confondues.  La  forme  correspondante 
(le  l'équation  sera  la  précédente  dans  laquelle  les  lettres  ^4,  cp^,  cpj 
seraient  remplacées  par  f^ ,  y2>  /a» 

On  pourra  aussi  attribuer  à  plusieurs  des  variables  des  valeurs  con- 
stantes. Supposons,  par  exemple,  le  point  «3  constamment  confondu  avec 
l'origine  et  le  point  «j  variable  sur  une  échelle  fixe.  La  forme  correspon- 
dante de  réquation  sera 


/i(3t,)--/i(?i)     4^1(71)     i 

/î(at)  h  I 

o  o  I 


—  o, 


ou 


/'[/i(»i)-/i(P.)]-/i(«.)'!'i(ïi)  =  o. 


h  étant  une  constante. 


366  CHAPITRE    V. 

En  parliculier,  prenons  pour/i  et/j  la  fonction  logarithmique,  et  pour 
^i  la  fonction  h^i.  Nous  aurons 


ou 


logaj  —  logp,  —  Yi  loga,  =  o 


Si  l'on  remplace  les  lettres  «i,  p»,  ^i  et  «t  respectivement  par  5,  m,  fz 
et  -3,  on  peut  décrire  Tabaque  correspondant  de  la  manière  suivante  : 

L'axe  Ox  portant  une  échelle  régulière  quelconque,  on  lui  élève 
au  point  coté  i  une  perpendiculaire  sur  laquelle  on  porte  une  échelle 
logarithmique  fixe  E  dont  le  point  i  se  trouve  sur  Ox;  puis  on  amène 
une  échelle  logarithmique  mobile  E^,  de  même  module  que  la  précé- 
dente et  qui  lui  reste  parallèle^  à  passer  par  le  point  coté  [i  de  0.r, 
son  point  coté  m  se  trouvant  sur  Ox.  Si  alors  une  droite,  tendue  à 
partir  du  point  0,  coupe  les  échelles  E  et  E,,,  aux  points  respectivement 

cotés  z  et  5,  on  a 

s  =  mzV-, 

Prenons  une  seconde  échelle  mobile  E^  pour  laquelle  nous  remplacerons 
5,  m,  \L  respectivement  par  t^  n,  v.  Nous  aurons  de  même 

t  —  nz"*. 

De  là  l'ingénieux  procédé  de  M.  L.  Torres  pour  la  résolution  des  équa- 
tions trinômes  d'ordre  quelconque  (^).  Une  telle  équation  peut  toujours  être 

mise  sous  la  forme 

mz]^z  :  nz^  —  I. 

Disposons  nos  deu\  échelles  E,„  et  E„  comme  il  vient  d'être  dit  i  fig-  iGj  ). 
Si  nous  tendons  à  partir  du  point  O  une  droite  qui  coupe  ces  échelles  en 
des  points  dont  les  coles  5  et  /  soient  telles  que  l'on  ait 

5  rh  ^  —  I. 

la  valeur  de  -3  lue  sur  réchellc  E,  à  son  intersection  avec  cette  droite,  est 
une  racine  de  l'équation  ci-dcssns. 


(')  Ce  procédé  grapliique  (Constitue  le  schéma  d'une  curieuse  machine  conçue 
par  iM.  Torres  en  vue  de  cette  rcsolulion.  Les  remarquables  machines  inventées 
par  ce  savant  ingénieur  pour  résoudre  diverses  équations  peuvent  d'ailleurs  toutes 
être  regardées  comme  des  sortes  d'abaques  mécaniques.  Happcions  à  ce  propos 
que  M.  Torres  est  parvenu,  par  un  véritable  prodige  d'ingéniosité,  à  donner  une 
solution  absolument  générale  et  complète  du  problème  qui  consiste  à  obtenir  méca- 
niquement les  racines  non  seulement  réelles  mais  imajyinaires  des  équations  algé- 
briques de  degré  quelconque.  [  Voir,  à  ce  sujet,  l'article  que  nous  avons  fait  pa- 
raître dans  le  Oc'nie  civil  (t.  WVIII,  p.  i-jq;  1S96).] 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE    TROIS   VARIABLES.  867 

La  disposition  des  échelles  de  là  Jig.  164  répond  au  cas  où  Ton  a 

m  —  2,1,         /i  =  6,5, 
fji  =  4,  V  =  3. 

On  voit  que  la  position  de  l'index,  marquée  en  pointillé  au-dessus  de  Ox 


Fig.  164. 


—  0,01 


0      V 


—0,01 


-0,1 


-0.1 


M  l'i  l'i'iifrij'i'i'i"  l'i'i  I  l'F 

1  2  ^ 


10 


En 


—0.01 


-—OX 


Eli 


F-10 


—  100 


—  100 


-0,001 


—  1 


—10 


—100 


^, 


1000 


—1000 


coupe  les  échelles  Em  et  E»  en  des  points  dont  les  cotes  0,11  et  0,89  ont 
une  somme  égale  à  i.  Far  suite  la  cote 

z  =  o,5i 
du  point  où  cet  index  rencontre  réchelle  E  est  racine  de  l'équation 

De  même,  la  position  de  l'index  marquée  en  pointillé  au-dessous  de  Oa: 
coupe  les  échelles  E,n  et  E,,  en  des  points  dont  les  cotes  200  et  199  différent 
de  I  (  *  ).  Par  suite  la  cote 

5  =  3,11 


(  '  )  L'abaque  dont  on  s'est  réellement  servi  était  muni  d'échelles  logarithmiques 
ordinaires  dont  celles  de  \^  fig.  i56  sont  la  réduction  dans  le  rapport  de  i  à  6,25. 


CHAPITRE   ï, 

OÙ  cel  index  renconlre  l'échelle  E  est  rac 

2,i**--6,5a:>-i. 

uvcra  d'aulrca  eitemples  de  systèmes  ; 
)  images  logarithmiques  auxquels  une  s 
pb.  loin. 


translation    dans    les 
■tion  spéciale  (B)   est 


136.  Systèmes  à  rotation.  Échelles  tournantes.  —  Après  les 
systèmes  à  Iranslation,  les  systèmes  mobiles  les  plus  usuels  sont 
ceux  à  rotation. 

l'our  commencer  par  l'exemple  le  plus  simple,  prenons  une 
(■chelle  (a)  pivolanl  autour  d'un  do  ses  points  sur  le  système  sup- 
posé fixe  des  droites  parallèles  menées  perpendiculairement  à  sa 
direction  primitive  Ox  (')  {Jîg.  i65). 


Si  l'échelle  (i)  est  définie  par 

^' =//(>), 
la  perpendiculaire  à  Ox  passant  par  le  point  n  a  pour  équation 

i:=;/(a)cosu.,        , 

w  étant  l'auglc  que  Ox'  fait  avec  Ox. 

Supposons  tracée  sur  le  plan  de  l'abaque  une  courbe  portant 
une  graduation  quelconque  (p).  L'angle  w  csl  évidemment  l'onc- 
tion de  la  cote  [i  du  point  par  lequel  passe  le  support  Ox'  de 


(')  Uni-  telkCTlielIc  pcnt  iM 
ahaques  polairo?  (  n"  5 j  )  Itsi 


ÉQUATIONS   A   PLUS    DE    TROIS    VARIABLES.  869 

l'échelle  (a),  ou  un  index  quelconque  invariablement  lié  à  ce  sup- 
port. On  peut  donc  poser 

costo  =  o(P) 
et,  par  suite, 

^= //(«)?(?). 

L'ensemble  de  l'échelle  mobile  (a)  et  de  l'échelle  fixe  (P),  qui 
peut  être  dite  échelle  de  repérage,  équivaut  donc  à  une  échelle 
binaire  représentative  de  la  fonction  /(a)  tp  (  ^  )  le  long  de  Ox, 

Nous  n'avons  fait  aucune  hypothèse  sur  la  nature  du  support 
de  l'échelle  curviligne  (P).  Il  va  de  soi  que,  dans  la  plupart  des  cas, 
le  mieux  sera  d'adopter  un  cercle  de  centre  O.  Quel  que  soit 
d'ailleurs  ce  support,  la  graduation  s'en  fera  bien  aisément  au 
moyen  de  la  relation  écrite  ci-dessus,  qui  lie  ^  à  w.  Dans  le  cas 
d'un  support  circulaire,  la  graduation  (P)  est  bien  évidemment 
telle  que  sa  projection  sur  Ox  soit  l'échelle  même  de  la  fonction 
cp(P),  construite  avec  un  module  égal  au  rayon  du  cercle. 

En  vue  de  représenter  au  moyen  d'une  échelle  tournante  les 
fonctions  de  la  forme  /(«)?(?)  4-  ^(a)>  M.  Lallemand,  à  propos 
de  l'application  donnée  ci-dessous,  a  eu  l'idée  de  décrire,  sur  le 
plan  de  l'échelle  mobile  (a),  de  chaque  point  a  de  cette  échelle 
comme  centre,  un  cercle  de  rayon  /i{/(a).  La  perpendiculaire 
à  Ox^  tangente  à  ce  cercle  coté  a,  est  alors 

:r=/[/(a)cp(p)dz4.(a)], 

le  signe  entre  parenthèses  étant  -{-  ou  —  suivant  qu'il  s'agit  de  la 
tangente  à  la  partie  du  cercle  concave  ou  convexe  vers  Oy, 

En  accolant  à  l'axe  Ox  deux  échelles  telles  que  celle-ci,  on 
voit  qu'on  aura  la  représentation  d'une  équation  de  la  forme 

pour  laquelle  une  autre  méthode  a  été  exposée  au  n^  92. 

Remarque,  —  Il  suffit  de  remplacer  l'échelle  (a)  par  une 
échelle  binaire  (a,  a,),  et  l'échelle  (P)  par  un  réseau  de  points 
à  deux  cotes  (P,  ^4),  pour  avoir,  par  les  perpendiculaires  à  Oj:, 
l'échelle  de  la  fonction /(a,  a,),p(P,  p,). 

M.  D'O.  24 


370  CDAPITRB   V. 

137.  Exemple  (inapplication  :  Abaque  de  la  correction  des  mires.  — 
La  correction  E  d'une  hauteur  de  mire  est  donnée  par  la  formule 


E  =  (^^-^)h+/(H), 


où  H  représente  la  hauteur  lue,  exprimée  en  décimètres,  fx  l'indice  de 
compensation  au  moment  de  la  lecture,  {jl^  l'indice  de  compensation  au 
départ,  c'est-à-dire  une  constante,  ^( H)  une  fonction  définie  graphique- 
ment par  la  traduction  en  diagramme  des  résultats  de  l'étalonnage. 

L'équation  précédente  définit  donc  la  correction  E  en  fonction  de  H  et 
de  [X. 

Une  correction  analogue  étant  afférente  à  chacune  des  deux  mires,  la 
différence  de  niveau  H' —  H'  devra  être  corrigée  de  la  quantité  . 

e  =  (!^-^)  H'+/.(H')- [(  !^^:jli^)  H'+/,(H')] . 

Cette  équation  rentre  dans  le  type  envisagé  à  la  fin  du  n°  133.  On  peut 
donc  la  représenter  au  moyen  d'une  échelle  simple  à  translation  (e)  glis- 
sant le  long  de  deux  échelles  binaires  fixes  ((jl'.  H')  et  (p.'.  H"). 

Le  o  de  l'échelle  (s)  étant  amené  en  face  du  point  (fji',  H'),  le  point  de 
l'échelle  (e)  qui  se  trouvera  en  face  du  point  (fx',  H')  fera  connaître  la 
correction  cherchée. 

Or,  les  fonctions  représentées  par  les  échelles  binaires  (fji',  H')  et  ([jl'.  H") 
sont  du  type  considéré  en  second  lieu  au  numéro  précédent  lorsqu'on  fait 
correspondre  respectivement  les  lettres  H  et  \t.  aux  lettres  a  et  ^  et  que 
l'on  définit  les  fonctions  y,  cp,  i];  par 


/- 

.H, 

-  f^— P-rf 

t 

10 

^  = 

^/(H). 

Chacune  de  ces  fonctions  pourra  donc  être  représentée  par  une  échelle 
tournante  perlant  des  cercles  de  rayon  //(H)  pour  H,  et  une  échelle  de 
repérage  pour  \k. 

11  suffira  de  disposer  ces  deux  échelles  sur  un  même  plan,  de  façon  que 
leurs  origines  0'  et  O''  soient  sur  une  même  perpendiculaire  à  la  direction 
«le  la  translation  de  l'échelle  (&)  pour  constituer  l'abaque  demandé. 

C'est  ainsi  que  iVI.  Lallemand  a  construit  celui  que  représente  la  Jig.  166, 
et  qui  est  en  usage  au  Service  du  Nivellement  général  de  la  France. 

Chacune  des  échelles  (11')  et  (H")  est  dessinée  sur  un  secteur  mobile 
respectivement  autour  de  O'  ou  de  O",  et  qui  tourne  devant  réchelle  {\k') 
ou  (jjl")  correspondante. 

L'index  i'  ou  i"  de  ce  secteur  mobile  est  amené  en  face  de  la  valeur 
de  \i  ou  \l"  se  rapportant  à  l'opération  dont  on  veut  corriger  le  résultat, 


Equations  a  plus  de  trois  tahiables.  871 

valeur  qui  est  doDoée  en  centi millimètres.  Connue  celte  valeur  ne  varie 
pas  sensiblement  dans  le  eonraot  d'une  journée,  pour  effectuer  la  correc- 


tion des  lectures  faites  dans  cette  journée,  on  Tikc  d'une  manière  inva- 
riable les  secteurs,  s  r  la  planchette  qui  porte  l'abaque,  au  moyen  de 
punaise»  P'  et  P'. 

L'échelle  de  la  correction  (e),  graduée  en  décimilliroèlres  et  gravée  sur 


37a  CHAPITRE   V. 

une  plaque  de  celluloïd,  est  indiquée  en  pointillé  sur  la  figure  (^).  Ses  dé- 
placements sont  guidés  par  une  règle  le  long  de  laquelle  s'applique  un 
bord  du  transparent. 
La  disposition  de  la  fig,  166  correspond  aux  données 

ir=    II'*",  9,        H'=    24'»". 

Les  indices  î  et  i'  ayant  été  placés  aux  points  cotés  106  et  126  des 
échelles  (fx')  et  (fji')  et  Thorizontale  o  de  Téchelle  transparente  étant 
amenée  tangenliellement  au  cercle  coté  11  de  Téchelle  (H'),  on  voit  que 
la  tangente  horizontale  au  cercle  coté  24  de  l'échelle  (H')  correspond  à  la 
division  4o  de  Téchelle  transparente.  On  a  donc  ici 


dm 


6  =  40 

138.  Abaque  de  la  lumière  diffusée,  —  Nous  avons  vu  au  n**  135 
comment,  lorsqu'une  équation  peut  revêtir  la  forme  de  déterminant 
requise  pour  l'application  de  la  méthode  des  points  alignés,  on  peut  uti- 
liser les  systèmes  à  translation  pour  augmenter  le  nombre  des  variables 
correspondant  à  chaque  point  aligné.  Voici  un  exemple  où  c'est  un  système 
à  rotation  qui  remplit  le  même  office.  Cet  exemple  est  emprunté  à  la 
Thèse  du  capitaine  Lafay  pour  le  doctorat  es  Sciences  physiques  (*). 

fX>  désignant  un  angle  qui  définit  la  vibration  rectiligne  incidente,  ^S  un 
angle  qui  définit  la  direction  du  grand  axe  de  la  vibration  elliptique  dif- 
fusée, les  mêmes  lettres  afl'ectées  des  indices  i  et  2  les  mêmes  angles  pour 
le  cas  où  la  vibration  diffusée  devient  rectiligne,  a  et  b  des  variables  liées 
aux  directions  des  rayons  incidents  et  diffusés  et  dépendant  de  la  nature 
de  la  surface,  l'équation  à  mettre  en  abaque  est 


SI 


inî(Ç  — a?,)sin2(cilo  — a\o,)       sin«($  —  $,  )  sin2(-A«— .\,,) 


a  b 

=  '2sin($—à^)sin(Ç  —  $,)sin(2.l>  — 0.1,1  — ol,,). 

Posant 

2a'V>  —  0.I01  —  -îilsj  =  p, 

:>.  (j?  _  (î,  _  ifj  = -2  3', 


(•)  Cette  échelle  prùle  à  l'observation  que  voici  :  Comme  on  n'a  besoin  que 
des  valeurs  arrondies  de  e,  au  lieu  d'élever,  au  support  de  l'échelle,  des  perpt»- 
diculaircs  par  les  points  de  cote  ronde,  on  les  mène  par  les  points  moyens  enlre 
ceux-ci,  en  constituant  de  cette  façon  des  cases  à  tout  l'intérieur  de  chacune  des- 
quelles s'applique  la  cote  ronde  qui  s'y  trouve  comprise. 

(»)  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  7*  série,  t.  XVI,  p.  5o3:  1899. 


ÉQUATIONS  A   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES. 


373 


M.  Lafay  a  remarqué  que  Téquation  précédente  pouvait  être  mise  sous 
la  forme 


sma 


langp 

tangP' —  tanga' 
tangP'-h  tanga' 

,  tangP'-+-  tanga' 


cosa 


—  a 


a 


tang^' —  tanga' 
tangp'-f-  tanga' 

^tangp'-t-tangg^ 
tangP' —  tanga' 


tangP'  — tanga' 
Elle  exprime  donc  l'alignement  des  trois  points 


=  o. 


(X) 

(U) 
(V) 


X  =  l 


sma 
tangp' 


^^_^^t^ng|^-tan^^ 
tangp  -h  tanga 

tang^ —  tanga 


y  =  /cosa, 

y^la  tangP'- tanga'  ^ 
^  tangP'-l- tanga'* 

^  -  /^  tangp'-f- tanga' 
•^  tangp — tanga 


/  étant  le  module  à  la  fois  de  Oa:  et  de  Oy. 

Le  point  X,  qui  dépend  des  deux  cotes  a  et  p,  est  à  la  rencontre  de  la 
droite 


avec  l'ellipse 

(?) 


y  =  /cosa 


y^  -hx*  tang'P  =  /*. 


Les  droites  et  les  ellipses  correspondantes,  cotées  sur  la  ^ff.  167  res- 
pectivement au  moyen  des  valeurs  de 


-    =   —  (eiv>i  — 
2  2  ^ 


:) 


et  de 


—    =  clio  —  —  (  cAot  -H  eiloî  )« 
2  2 

sont  faciles  à  tracer. 

Le  point  U  est,  on  le  voit  immédiatement,  à  la  rencontre  de  la  seconde 
bissectrice  des  axes  avec  la  droite  menée,  par  le  point  A  (x  = —  a,  y  = — a) 
de  la  première,  parallèlement  à  la  direction  OS  dont  le  coefficient  angu- 
laire est 

^       tanga' 

De  même,  le  point  V  est  à  la  rencontre  de  la  première  bissectrice  avec 
la  droite  menée,  par  le  point  B  (x  =  b,  y  = —  b)  de  la  seconde,  parallè- 
lement à  la  même  direction  OS. 

Les  points  A  et  B  donnent  naissance  sur  les  bissectrices  à  des  échelles 
régulières  (a)  cl  {b)  faciles  à  marquer. 


3^4  CBAPITBB  T. 

Pour  déiÎDir   la   direction   OS   on   peut   tracer  s 
(a',  p'),  défini  par 

ar  =  —  /  cot  fl',         y  =  ~  f  cot  5 


:  l'abaque  le  réseau 


ÎDsi  que  cela  a  été  fait  sur  Vajig.  167.  La  direction  OS  est  alors  celle  qu 
a  du  point  O  au  point  (a,  ^'},  et  il  suffit  alors  de  mener  par  lesjpoints 


cotés  «  et  6  des  parallèles  à  celle  direction  pour  obtenir  les  points  U  et  V 
dont  l'alignement  donne  X.  Pour  n'avoir  pas  à  tracer  ces  parallèles,  on 
aura  évidemment  recours  à  un  transparent  portant  des  traits  parallèles 
équidislants  suffisamment  rapprocbés. 

Mais  il  est  plus  simple,  ainsi  que  l'a  remarqué  M.  Lafay  lui-même,  de 
recourir  à  une  échelle  (2',  ^')  tournante. 

Supposons  construit  sur  un  transparent  dont  l'origine  0'  reste  en  coïn- 
cidence avec  0.  et  dont  les  axes  O'x'  et  0/  sont  d'abord  en  coïncidence 
avec  Ox  et  0^,  le  réseau  défini  par 


symétrique  du  premier  par  rapport  ii  0^.  Lorsqu'on  fera  tourner  c 
transparent  autour  du  point  0,  de  manière  i  amener  le  point  (a',  3')  à  s 
IrouvLT  sur  Oy,  il  est  bien  clair  que  son  a\e  O^  se  confondra  alors  ave 
la  direction  OS  précédemment  définie,  l'ar  suite,  les  droites  ménies  de  c 


ÉQUATIONS    A    PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  3']5 

transparent  parallèles  à  0/',  qui  passeront  par  les  points  cotés  a  et  b,  dé- 
termineront les  points  U  et  V. 

Remarquons  que,  si  la  direction  OS  passe  par  le  point  (ol\  ^')j  la  direc- 
tion OS',  qui  lui  est  perpendiculaire,  passe  par  le  point 

x'  =  l  tang  p',        y  z=-^  l  tang  a'. 

On  obtient  ainsi  un  nouveau  réseau,  que  nous  désignerons  par  (a',  ^')i; 
il  ne  diffère  du  précédent  que  par  ses  cotes,  qui  pourront  être  inscrites  à 
côté  des  premières,  mais  en  chiffres  penchés,  afin  de  l'en  distinguer  nette- 
ment. 

Cela  permet  de  ne  faire  usage  que  des  points  situés  à  l'intérieur  de 
i'angle  AOB.  Si,  en  effet,  la  direction  OS  est  extérieure  à  cet  angle,  la 
direction  OS'  lui  est  intérieure.  On  prend  alors  les  droites  AU  et  BV  per- 
pendiculaires à  cette  direction. 

Si  l'on  a  recours  au  transparent  mobile,  le  réseau  (a',  P')i,  symétrique 
du  précédent  par  rapport  à  O^,  est  défini  par 

x' = — /tangP',        y=  —  /tanga'. 

Puisqu'ici  les  droites  AU  et  BV  sont  perpendiculaires  à  OS',  ce  seront 
les  parallèles  à  Ox\  au  lieu  des  parallèles  à  Oy'f  qui  donneront  la  direc- 
tion de  ces  droites. 

L'emploi  de  l'abaque  se  résumera  donc  comme  suit  : 

On  amène  le  point  d'intersection  des  droites  cotées  i9  —  $i  —  9t 
et  $1 — $t  ^"  transparent  sur  l'axe  Oy,  Si,  pour  que  ce  point  soit  à 
l'intérieur  de  AOB,  on  a  diï  lire  ses  cotes  dans  le  premier  système,  on 
prend  les  points  de  rencontre  V  et  \  des  bissectrices  OA  et  OB  avec 
les  droites  du  transparent  parallèles  à  Oy,  qui  passent  respective- 
ment par  les  points  cotés  a  et  b.  Si,  au  contraire,  les  cotes  2$  —  $i  —  9t 
et  $1  —  $t  ont  été  lues  dans  le  second  système,  on  prend  les  points  U 
et  V  au  moyen  des  droites  du  transparent  passant  par  a  et  b,  mais 
parallèles  à  Ox'. 

Une  droite  tendue  entre  les  points  V  et  Y  coupe  alors  l'horizontale 

cotée sur  une  ellipse  dont  la  cote  fait  connaître  oAo * 

d'où  l'on  déduit  immédiatement  A>,  cAoi  et  Xt  étant  donnés. 

Sur  \^fig,  167,  construite  dans  l'hypothèse  d'un  système  (a,  P)  fixe,  on 
a,  en  traits  pointillés,  tracé  les  droites  AU  et  BV  correspondant  aux 
exemples  numériques  suivants  : 

1"  Direction  OS. 

Les  données  sont  : 

a  =  r,5,         b  =  o,4; 

«i-*î  =  95%        i(X,~Jl>,)  =  4o''; 
2*  — $,  —  *,  =  200°,        {(X, +  X,)  =  Jo\ 


376  CHAPITRE   V. 

On  lire  de  Tabaque 
d'oii 

oHo   ^    o/\    . 

2°  Direction  OS'. 

Données  : 

a  =  1,5,         b  =  o,4; 

2  ce  --  $,  —  «^j  =  340»,  {  ( X,  -h  el,,)  =  50". 

On  tire  de  l'abaque 

«.lo  —  Y  (  c/loi  -f-  aiuj  )  =  07   } 

d'où 

X  =  117°. 

On  remarque  aussi  sur  la  ^ff,  167  des  hyperboles  tracées  en  pointillé  et 
marquées  0.  Leur  signification  est  la  suivante  : 

Au\  variables  a  et  6  est  liée  la  variable  8,  différence  de  phase  intro- 
duite par  la   diffusion   entre  les  deux  composantes  d'une  vibration,  par 

réquation 

ab  =  cos*o. 

Or,  les  distances  OU  et  OV  des  points  U  et  V  à  l'origine  sont  données, 
d'après  les  expressions  écrites  plus  haut  des  coordonnées  de  ces  points, 
par 

tang  p  -h  tanga  tangp — tanga 

Donc 

OU.OV=    2CT^»  =  2COS«8. 

11  en  résulte  que  la  droite  UV  est  tangente  à  une  hyperbole  ayant  Ox 
et  Oy  pour  asymptotes.  Ce  sont  les  hyperboles  correspondant  aux 
diverses  valeurs  de  0  qu'on  a  tracées  en  pointillé  sur  la  Jiff.  167.  Celle 
d'entre   elles  qui   est   tangente   à  la   droite  UV  fait    connaître   la  valeur 

(le  8  (ï). 

B.   —   Abaques  a  images  logarithmiques. 

139.   Nouvel   usage   de  V anamorphose   logarithmique,    — 
L'ingénieuse   méthode    due    à    M.    R.    Mehmke  (2)    fournit   des 


(')  Cette  seconde  partie  de  l'abaque  rentre,  comme  l'on  voit,  dans  le  type  des 
abaques  tangcnticis  comprenant  deux  systèmes  de  points  cotés  (p.  128). 

C')  Civilingenieur,  t.  \XXV,  col.  617  (1889)  et  Z.  S.,  t.  XXXV,  p.  174  (1890). 
Dans  un  Mémoire  plus  récent,  iM.  Mehmke  a  étendu  l'application  de  ces  ingénieux 
principes  aux  grandeurs  complexes  (Z.  S.,  t.  XL,  p.  i5;  1895). 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  877 

abaques  qui  comportent,  comme  on  va  voir,  des  systèmes  à  trans- 
lation. 

Etant  donnée  une  équation  entre  deux  variables 

M.  Mehmke  appelle  image  logarithmique  de  cette  équation  la 
courbe  obtenue  par  anamorphose  logarithmique  (n®  28)  de  celle 
qui  la  représenterait  en  coordonnées  cartésiennes,  c'est-à-dire  celle 
qui  est  définie  par 

X  =  /loga,,        y=:  /logaj, 

/  étant  un  module  quelconque. 

Cela  posé,  le  principe  de  la  méthode  peut  s'énoncer  ainsi  : 

Les  images  logarithmiques  des  équations  de  la  forme  (  •  ) 

dz  a'J'ia^îzh  c'a'J«ta^2zb  c''a^îay"=iz  c'"a<'a^2"=  o 

que  nous  désignerons  par  [c',  c'',  c'"],  peuv^ent  toutes  s^ obtenir 
par  translation  des  images  logarithmiques  du  système  défini 
par 

±  a'J'ia^îzb  a^îaj»2d=  aj'ïay'iih  Ya^»"»?-'  =  o, 

que  nous  désignerons  par  [^]. 

Supposons,  en  effet,  ce  système  rapporté  à  des  axes  O'x'  et  Oy 
mobiles  relativement  aux  premiers  tout  en  leur  restant  respective- 
ment parallèles,  et  soient  Xq^  yo  les  coordonnées  de  l'origine  de 
ces  axes  mobiles,  dans  le  premier  système. 

Le  point  (a^,  a^)  du  système  mobile  aura  donc,  après  la  transla- 
tion qui  amène  l'origine  mobile  en  coïncidence  avec  le  point 
(^o>^o)î  les  coordonnées 

x  =  Xo-hl\o^oL\,        y  =^o-+-  ^loga'j, 

ou,  en  posant 

xo=  l  logXo,       yo=  l  log  Yo, 

les  coordonnées 

X  =  /logXo«;,        y  =  /logYoa'j. 


(  '  )  L'anamorphose  logarithmique  ne  s'appliquant  qu'aux  valeurs  absolues  des 
variables,  il  est  nécessaire  de  mettre  en  évidence  les  signes  des  différents  termes. 


37^  CHAPITRE   V. 

Il  s'ensuit  que,  si  ce  point  se  trouve  maintenant  en  coïncidence 
avec  le  point  (a« ,  a2)  du  système  fixe,  on  a 

Par  suite,  a,  et  a2  sont  liés  par  Téquation 

«T'ta'i»»         a7*ia7»3         a'?»7a'i»5  a'fî'a»»?' 

±  — ^ ^  zh  — î ?—  ±:  —^ —  dz  y—^ - =o 

Xj««Yy.       Xm[ym'^       X^V"?       *X<Y'«?' 

et  il  suffît  de  poser 

Xg-Yy.  _   ,         Xy.Yy.  ^    ,        ifXy.Yy.  ^^. 

pour  que  l'image  [y]  transportée  comme  il  vient  d'être  dit  coïn- 
cide avec  l'image  [c',  c/',  c'"]. 

Remarquons  que  ces  trois  équations  de  condition,  lorsqu'on  se 
reporte  à  la  définition  de  Xo  et  Yo,  peuvent  s'écrire 

(i)  (/wi— /n;)a7o-H  {nif—m'^)yo=  /loge', 

c'" 
(3)  (m,  — m7)j:o+('w,— /n;)7o=/log--. 

Les  équations  (i)  et  (i)  montrent  que  les  droites  C  et  C,  dont 
les  coefficients  angulaires  ont  respectivement   les   valeurs    fixes 

nii — m',        ni\  —  ni'',  .  ,,      .    .  i  «i      /  \ 

-^ et  —r, -^  et  qui  passent  par  1  ongme  mobile  (^oî^o)î 

coupent  Taxe  Oy  respcclivement  aux  points  dont  les  ordonnées 
sont 

V  =  ^ — j-  =  r  loge',        V  =z  1 — -  =  /'  loge', 

ni2—m\  ^  nif— ml  ^ 

Téquation  (3)  que  la  droite  C",  dont  le  coefficient  angulaire  est 

égal  à  -4i -y  et  qui  passe  également  par  l'origine  mobile(^oî^o)7 

coupe  l'axe  Ojc  au  point  dont  l'abscisse  est 

/  c"  c'" 

07=   ^log  =/     lOg — • 

nu-  m";     ^  Y  ^  Y 

Construisons  le  long  de  Oy  les  échelles  logarithmiques  (c')  et 
(c")  de  modules  /'  et  T  et  le  long  de  Ox  l'échelle  logarithmique 
(y'^')  de  module  T. 


ÉQUATIONS   A    PLUS  DE    TROIS   VARIABLES.  879 

Les  trois  remarques  ci-dessus  nous  permettent  alors  d'obtenir 
facilement  l'image  logarithmique  [c',  c^,  c"']  lorsqu'on  a  construit 
sur  un  transparent  le  système  des  images  logarithmiques  [y],  ainsi 

Fi  g.  i68. 


que  les  droites  C,  C"  et  G"  {fig*  i68),  que  nous  appellerons  les 
index  de  ce  transparent. 

Il  en  résulte,  en  effet,  que  si  le  transparent,  tout  en  conser- 
vant  son  orientation,  est  déplacé  de  façon  que  les  index  01  et  C" 
soient  amenés  à  passer  par  les  points  cotés  c'  et  c"  respective- 
ment sur  les  deux  échelles  de  Oy  (  *  ),  et  si,  dans  cette  position, 
l*  index  C^  passe  par  le  point  coté  y  de  l'échelle  de  Ox,  V  image 

[y]  dont  la  cote  y  est  égale  à  -^  coïncide  avec  V image  [c',  c",  c'"]. 

On  conçoit,  d'après  cet  énoncé,  pourquoi  le  système  (y)  peut 
être  dit  fondamental  pour  les  images  [c',  c",  c'"]. 


(*)  Pour  fixer  avec  précision  la  position  du  transparent,  il  est  bon  de  consti- 
tuer celui-ci  d'une  matière  rigide  (celluloïd)  ayant  un  bord  B,  parallèle  à  Oy  et 
un  bord  B,  parallèle  à  C.  Le  bord  B,  étant  appliqué  sur  O^,  on  le  fait  glisser  le 
long  d'une  règle  jusqu'à  ce  que  C  passe  par  le  point  (c')  de  Oy,  puis  on  applique 
une  règle  le  long  du  bord  B^  et  Ton  fait  glisser  le  transparent  contre  cette  règle 
jusqu'à  ce  que  G*  passe  par  le  point  (c").- 


38o  CUAPITRE    V. 


C 


ff 


On  peut,  pour  éviter  le  calcul  de  -;^  (*),  recourir  à  l'artifice  sui- 
vant : 

Les  diverses  positions  de  Tindex  C",  qui  se  déplace  parallèle- 
ment à  lui-même,  donnent  sur  Ox,  ainsi  qu'on  vient  de  le  voir, 

les  valeurs  de 

c" 

• 

Nous  pouvons  construire  le  long  de  O^  une  échelle  binaire  de 
cette  fonction  (n°  Ho)  en  prenant,  pour  définir  cette  échelle,  un 
axe  Oy"  parallèle  à  la  direction  fixe  de  C".  Cette  échelle  sera, 
dès  lors,  définie  par 

y  =  r  logY 

et 

et  la  détermination  de  y?  "ne  fois  le  transparent  mis  en  place  au 
moyen  de  d  et  c'^,  se  réduira  à  ceci  :  la  cote  y  est  celle  de  Vhori' 
zontale  de  l^ échelle  binaire  (y,  c"')  passant  par  le  point  où  la 
droite  G"  coupe  l'oblique  cotée  d" , 

On  conçoit  immédiatement  comment  ce  principe  permet  la 
résolution  d'un  système  de  deux  équations  simultanées  telles  que 

où  les  exposants  sont  considérés  comme  constants  et  les  coefficients 
comme  variables. 

Pour  résoudre  ce  système  d'équations,  il  suffit  de  tracer  sur  le 
quadrillage  logarithmique  défini  pat* 

x  =  /logai,        y  =/Iogaj 

les  images  [c',  c",  c'"]  et  [d'j  d",  d'^']  des  deux  équations  ci-dessus. 
Les  cotes  ai  et  ao  des  difl'érents  points  de  rencontre  de  ces  images 
sont  les  systèmes  de  solutions  cherchés.  Or,  ces  images  peuvent 
être  obtenues  par  translation  du  système  fondamental  (v),   qui 


(')  Il  est  à  peu  près  aussi  simple,  et  cela  a  l'avantage  de  dégager  le  tableau, 
d'ciïectuer  ce  petit  calcul  auxiliaire,  soit  au  moyen  d'un  des  nombreux  abaques 
de  multiplication  décrits  dans  cet  Ouvrage,  soit  au  moyen  de  la  règle  à  calcul. 


ÉQUATIONS  A    PLUS    DE    TROIS   VARIABLES.  38 1 

vient  d'être  défini  ci-dessus,   et  du    système   fondamental  ana- 
logue (o)  pour  la  seconde  équation. 

Les  cotes  (ai)  et  (ao)  des  deux  systèmes  de  parallèles  consti- 
tuant le  quadrillage  pouvant  être  rejetées  sur  des  parallèles  à  ces 
axes,  on  dispose  des  axes  O x  et  Oy  pour  y  accoler  d'une  part 
l'échelle  binaire  (c'",  y),  de  l'autre  les  échelles  simples  {&)  et  (c"). 
Si  Ton  a 


nii —  //ij  =  /îj —  /ij, 
nii —  ml  =  /ij —  /ij, 
nii  —  m'j'  —  rii  —  /i^, 
m^  —  //ij  =  /ij  —  ^j, 


ces  diverses  échelles  sont  identiques  aux  échelles  {d!" ^  8),  {d)  et 
{(F)  relatives  à  la  seconde  équation  et  peuvent,  par  suite,  servir 
également  pour  elle. 

S'il  n'en  est  pas  ainsi,  on  fixe  la  position  de  l'image  [8]  coïn- 
cidant avec  [rf',  rf',  d'"^  sur  un  second  tableau,  puis  on  transporte 
le  second  transparent  de  ce  tableau  sur  le  premier  où  est  déjà 
disposée  l'image  [c',  c" ^  c"^  en  repérant  sa  position  au  moyen  des 
points  où  ses  index  D'  et  D"  coupent  les  axes  portant  les  gradua- 
tions (a^)  et  (ao)  qui  sont  les  mêmes  sur  les  deux  tableaux. 

Remarque,  —  Si  d"  =^  o,  on  a  X  =  o,  quels  que  soient  c'  et  c" . 
Par  suite,  toutes  les  images  [c',  c",  o],  que  nous  représentons  plus 
simplement  par  [c',  c"]  sont  obtenues  par  translation  de  la  seule 
image  [o],  c'est-à-dire  que  les  images  logarithmiques  de  toutes 
les  équations  telles  que 

sont  obtenues  par  translation  de  l'image  de  la  seule  équation 

//  sujfity  pour  obtenir  V image  [c',c"]  de  Jaire  passer  les 
index  C  et  C"  respectivement  par  les  points  cotés  c'  et  c"  sur 
les  échelles  portées  par  Oy, 

Dans  ce  cas,  le  troisième  index  G"  disparaît  donc. 

140.  Images  logarithmiques  de  polynômes.  —  La  méthode 
précédente  se  simplifie  lorsqu'il  s'agit  des  images  logarithmiques 


382  CHAPITRE   V. 

d'équations  de  la  forme 

aj  =  IiICGt|    ZÏZ  C   Q(|     Z2Z  C    3C I     . 

Ici,  en  effet,  on  a,  en  se  reportant  aux  notations  du  numéro 
précédent 

nii  =  (),         fn\  =  //i',         m*  =  m',         m^  =  m"', 
mj=  I,         m,  =  o,  mj  =  o.  m|  =  o. 

Par  suite,  les  coefficients  angulaires  des  index  C,  C,  C"  se 
réduisent  à  m,  m',  m",  les  modules  /',  P  à  /,  et  les  échelles  (c') 
et  (c")  coïncident  avec  V échelle  (aa). 

Pour  déterminer  Y,  on  peut  prendre  le  point  de  rencontre  de  Cl" 
non  plus  avec  Ox^  mais  avec  Oy,  ce  qui^  pour  {^"),  donne 
encore  V  échelle  («a). 

On  voit  donc  que  le  diagramme  se  réduit  en  ce  cas  au  quadril- 
lage logarithmique  (a«,  ol^)  complété  par  le  transparent  portant  : 
1**  les  index  C,  C,  C"',  droites  de  coefficients  angulaires  m',  m", 
m'",  menées  par  son  origine  ;  2®  les  courbes  fondamentales  [y], 
images  logarithmiques  des  équations 

„    _4_  „m'  _i_  -.m"  _i_  „  «W 

a2  =  it:  aj   ±  Œj    zt:  y^j    . 

Pour  avoir  V image  [c',  c",  d"\  on  place  le  transparent  sur 
le  quadrillage,  de  façon  que  les  index  C  et  C  passent 
respectivement  par  les  points  cotés  c'  et  c"  de  V échelle  (aj) 
portée  sur  Oy,  et  l'on  prend  parmi  les  images  [y]  celle  dont 
la  cote  est  donnée  par 

y  étant  la  cote  du  point  où  lUndex  G"  coupe  la  même  échelle. 

On  peut,  pour  éviter  le  calcul  de  y,  recourir,  comme  dans  le 

cas  général,  à  l'emploi   d'une   échelle  binaire  accolée  cette  fois 

à  o^. 

En  outre,  la  Remarque  terminant  le  numéro  précédent  s'ap- 
plique encore  et  montre  que  si  l'on  ne  prend  que  deux  termes 
dans  le  second   membre  de  l'équation  ci-dessus,  on  obtient  les 


ÉQUATIONS   A   PLUS    DE   TROIS   VARIABLES.  383 

diverses  images  logarithmiques  par  les  translations  d'une  seule 
courbe  (*).. 

Avant  d'indiquer  quelques  exemples  d'abaques  fondés  sur 
l'emploi  des  images  logarithmiques  de  polynômes,  nous  dirons 
quelques  mots  de  la  construction  de  ces  images,  d'après  M.  M ehmke . 


w 


Supposons  que  deux   courbes   U   et  V  i^fig*  169)  soient  les 
images  logarithmiques  des  fonctions 

et 

c'est-à-dire  que,  sur  l'ordonnée  correspondant  à  l'abscisse  a,,  on 

ait 

HK=  /logw, 

HL  =  /logP. 

Soit,  en  outre,  W  l'image  logarithmique  de  la  fonction 

aj  =  M  -f-  i', 

de  telle  sorte  que  l'on  ait 

HM  =  /log(a-f-p). 
On  a 


HM  =  IXo^v  -\-  /log  /  iH \» 


u 


d'où 


HM  —  HL  =  LM  =  /  log  /  I  -I-   - 

u 


(*)  Ed  supposant  bien  entendu  que  les  signes  des  divers  termes  restent  les 
mêmes.  Pour  chaque  combinaison  de  signes,  il  faut  avoir  recours  à  une  courbe 
spéciale. 


JLil^. 


>84  ClAPITftE   T. 

Supposons  construite  la  courbe  représenta lîve  des  logarithmes 
d'addition  de  Gauss,  d«ffinie  par 


=  /log/,        jr=  /log/i—  j) 


courbe  que  nous  appellerons  logarithmique  d'addition  i  •),  et 
qui  est  représentée  sur  la  fig.  170  par  la  courbe  A  lorsqu'on 
pn-nd  /  =  2*^". 

Fig.  170. 


^c- 


(Jii  voit  que  si  t  ^=  -,  l'ordonnée  correspondante  doit  être  égale 
à  LM.  Or,  si  ^  a  celle  valeur,  on  a 

X  =  L\o^t  =  /logM  —  /  logp  =  KL. 

Ainsi  donc,  pour  déduire  le  point  M  des  points  K  et  L,  // 
sujfit  (le  prendre  KL  en  abscisse  de  la  courbe  A  sur  la  Jig.  1  -o; 
V ordonn('e  correspondante  est  égale  à  LM. 


(')  La  ninart|iial)lr  machine  à  résoudre  les  équations  algébriques,  de 
M.  Torrcs,  dont  il  csl  question  dans  la  note  au  bas  de  la  page  3G6,  est  fondée  en 
|)arti<*  sur  une  traduction  mécanique  du  mode  de  liaison  défini  géométrique- 
ment |)ar  celte  courbe. 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  385 

S'il  s'agissait  de  construire  l'image  logarithmique  W  de 

«2=  i'  —  a, 

on  verrait  de  même  que  M'K  serait  V abscisse  de  A  correspon- 
dant à  V ordonnée  KL.  Mais,  afin  d'éviter  toute  confusion,  il  vaut 
mieux  recourir  à  la  courbe  logarithmique  de  soustraction  Aé&m^ 
par 

x  =  /log/,        y  =  /logM— ij 

et  représentée  par  S  sur  Xdijig.  170. 

Le  segment  IM  est  alors  égal  à  l'ordonnée  de  la  courbe  S 
correspondant  à  C abscisse  KL  (*). 

Dès  lors,  pour  construire  l'image  logarithmique  de 

^    -1-  „in'  _L_  -,m" 

«2  =  —  2^1  =t:  a,   , 
nous  commençons  par  construire  les  images  logarithmiques  de 


l  de 


«2=  aj 


m' 


«î  =  a  ï 


> 


qui  sont  précisément  les  index  C  et  G' ,  De  ces  droites,  par  le 
procédé  qui  vient  d'être  décrit,  nous  déduisons  immédiatement 
l'image  demandée.  Cette  image,  à  son  tour,  jointe  à  celle  de 


«2  =  73^7  7 


c'est-à-dire  à  une  droite,  permet  d'obtenir,  toujours  par  le  même 
procédé,  celle  de 


aj  =  ±af'dbaî*îd=Ya7"' 


141.  Principe  des  abaques  à  images  logarithmiques,  —  Le 
principe  des  abaques  à  images  logarithmiques  est  le  suivant  : 
Soit  une  équation  de  la  forme 


(I)  M.  E.-A.  Brauer  a  imaginé  un  curieux  appareil  dit  compas  logarith- 
mique, muni  de  trois  pointes  en  ligne  droite  telles  que  si  deux  de  ces  pointes 
sont  placées  sur  les  points  K  et  L  de  la  fig.  169,  la  troisième  vient  automati- 
quement se  placer  au  point  M.  Ce  compas  est  décrit  dans  le  Supplément  au 
Katalog  der  mathematischer  Modelle  de  M.  Walter  Dyck  (p.  4o). 

M.  D'O.  25 


X6  CSAFfTSC  T. 

f  tX  Z0  éUnt  de§  poh  nomes  de  U  forme  indiquée  an  débat  da 
numéro  précédent.  Posons 

Noos  pourrons  obtenir  les  images  1/  et  I-  de  ces  polTOomes  sur 
on  quadrillage  logarithmique  par  le  procédé  indiqué  au  naméro 
précédent  si  nous  a  tous  pour  cbacnn  de  ces  poljmomes  un  trans- 
parent portant  soit  le  STstème  des  images  fondamentales.  s^Q  s'agit 
d'un  polrnome  â  trois  termes,  soit  l'image  fondamentale  nnique, 
s'il  s'agit  d'un  poljnome  à  deux  termes. 

Le%  cole$  %t  des  verticales  du  quadrillage  p€usanl  par  les 
points  de  rencontre  des  images  1/  et  I^  sont  les  racines  posi- 
tives de  l'équation  donnée,  dont  les  racines  négatives  pour- 
ront,  s'il  est  besoin^  s^ obtenir  de  même  en  valeur  absolue 
comme  racines  positives  de  la  transformée  en  —  5. 

Puisque  seules  les  verticales  du  quadrillage  interviennent  dans 
le  mode  d'emploi  de  Tabaque,  on  pourra  se  dispenser  de  tracer 
les  horizontales  dont  les  seules  cotes  devront  subsister  sur  O^ 
pour  permettre,  comme  on  Ta  ^'u  au  numéro  précédent,  de  fixer 
la  position  des  index  ainsi  que  la  valeur  de  y  lorsqu'on  a  affaire  à 
un  polynôme  à  trois  termes.  D'ailleurs,  comme  on  pourrait  avoir 
pour  les  deux  polynômes  des  échelles  binaires  différentes  pour 
le  calcul  de  v,  il  vaudra  mieu\,  en  général,  se  contenter  d'effec- 
tuer ce  petit  calcul  à  part  ainsi  qu*on  Ta  dit  dans  la  note  au  bas 
de  la  page  38o. 

Nous  plaçant  donc  dans  le  cas  général,  nous  pourrons  décrire 
comme  suit  un  abaque  à  images  logarithmiques  : 

IJ abaque  se  compose  :  i"*  d^ un  plan  opaque  dont  les  axes  Ox 
et  O  y  portent  des  échelles  logarithmiques  de  même  module  et 
sur  lequel  on  a  tracé  une  série  de  droites  {z) parallèles  à  Oy 
et  passant  par  les  points  de  division  de  l'échelle  de  Ox;  2**  de 
deux  transparents  portant  respectivement  les  images  loga- 
rithniiques  [y]  et  [0]  construites  comme  il  a  été  dit  au  n^  140 
avec  leurs  index  C,  C,  C'^  pour  l'un,  D',  D'',  U"  pour  C autre. 

Quant  au  mode  d'emploi,  il  se  réduit  à  ceci  :  Si  les  poly- 
nômes f  et  o  ont  respectivement  pour  coefficients  c'^  (f  ^  c''  et 
rf',  ûf',  d"^  on  place  les  transparents,  dont  V orientation  est 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE   TROIS   VARIABLES.  887 

maintenue  constante  (*),  sur  le  plan  opaque,  de  façon  que  les 
in  dex  C  et  CJ'  d'une  part,  D' et  D"  de  l'autre,  coupent  r échelle 
di*  Oy  respectii^ement  aux  points  dont  les  cotes  sont  d  et  d'^ 
di  et  d' ,  Si,  dans  cette  position,  les  index  G"-  et  D'"  coupent  la 
nv&me  échelle  aux  points  dont  les  cotes  sont  y"'  et  8"\  on  prend 

swr  les  transparents  les  images  de  cotes  -m  et  -kû»  Les  cotes 

de,s  verticales  passant  par  les  points  de  rencontre  de  ces  deux 
i nuages  sont  les  racines  z  cherchées. 

Pour  distinguer  les  rôles  joués  par  les  divers  index,  C  et  U' 
d'une  part,  D'  et  D"  de  l'autre  pourront  être  dits  des  index  de 
position,  Cf  et  D'"  des  index  de  résolution. 

Nous  allons  maintenant  indiquer  quelques  exemples  de  tels 
aoaques,  empruntés  également  à  M.  Mehmke. 

142.  Exemples.  —  1"  Abaque  des  équations  trinômes  de  degré  quel- 
conque. —  Une  équation  trinôme  de  degré  quelconque  peut  toujours  se 

mettre  sous  la  forme 

z^  =  if:  pz'^zh  q 

ou,  en  prenant  pour  inconnue  5'»  et  posant  —  =  |jl  (»), 

z\^=di  pz±  q. 

Formons  les  images  logarithmiques  des  deux  membres,  suivant  ce  qui 
a  été  dit  au  numéro  précédent. 

Pour  le  premier  membre,  ce  sont  les  droites  fixes  C^  passant  par 
l'origine  et  ayant  précisément  pour  coefficient  angulaire  (jl. 


(  >  )  Voir  la  note  au  bas  de  la  page  879. 

(^)  Il  est  à  remarquer  qu'une  telle  équation  peut,  pour  une  valeur  particulière 
de  {JL,  être  traduite  en  un  abaque  à  points  alignés  tels  que  ceux  qui  ont  été  con- 
struits pour  \i  =  2  et  \L  =  3  aux  n®"  79  et  81.  Les  points  (z),  pour  cette  valeur 
de  {X,  seront  distribués  sur  une  courbe  C^^,  et  Ton  voit  que,  pour  une  certaine 
valeur  de  z,  les  divers  points  obtenus  en  faisant  varier  \l  sont  distribués  sur  une 
parallèle  aux  axes  Au  et  bçj  attendu  que  les  coordonnées  de  chaque  point  (z) 
sont  données  par 

Si  donc  z  et  (1  sont  considérés  tous  deux  comme  variables,  les  points  (2,  {!■) 
sont  donnés  par  un  réseau  comprenant  les  courbes  C^^  et  des  droites  {z)  paral- 
lèles aux  axes  ku  et  Bc.  Les  courbes  C,  et  C,  d'un  tel  abaque,  les  plus  impor- 
tantes pour  la  pratique,  sont  tracées  sur  la  fig.  80. 


Cour  le  second,  ce  sonl,  en  prenant  toutes  les  combinaisons  de  sij 
uiilt.'!^,  les  images  fondamentales  des  polynômes  (■) 


dessinées  aur  un  transparent  avec  leurs  index  D'  et  D'  qui,  rappo  g. 
aux  aies  mobiles  de  ce  transparent,  ont  pour  équations,  puisque  les  en   ■.  ft- 


L'abaque  avec  le  transparent  est  représenté  parla  ^g. 
de  l'équation 

déjà  envisagée  au  n"81. 

Fis-  '7'- 


glu  j» 

ir 


171  dans  le  X 


3n  voit  que  les  index  D'  et  D'  eoupent  l'échelle  de  0_j'  respeci 
>L  points  cotés  1,1  cl  (j.  Ici  il  faut  prendre,  vu  les  signes,  1' 


(')!-«  première  FI  la  Iroisicme  de  ces  images  sont  évidemment  les  courbes  A 
cl  S  de  la  Jig.  770.  La  seconde  est  la  symétrique  de  A  par  rapport  à  l'indei  D' 
qui  leur  sert  d'asymptote  commune.  Il  est  inutile  d'envisager  l'image  de  —  a  — 1. 
attendu  que,  si  les  deux  signes  du  second  membre  étaient  négatifs,  l'équation 
n'aurait  pas  de  racine  positive. 


ÉQUATIONS   A   PLUS   DE    TROIS   VARIABLES. 


389 


de  l'image  de  ^  -h  i  avec  la  radiante  du  plan  opaque  cotée  3,  puisque  jjl  =  3. 
On  trouve  bien 

Z  =  '2,4. 

9/  Abaques  des  équations  complètes  des  degrés  3,  4  €t  5.  —  Les  équa- 
tions complètes  des  degrés  3,  4  et  5  peuvent  s'écrire  respectivement 


tA 


n  =±1  pz-^dz  qz-^^ 

nizzh  n  =  ±1  pz-^  ±1  q  z-^^ 

Iz    dz  m —àz  nz-^±:  pz-^dz  qz-^. 

On  reconnaît  donc,  suivant  ce  qui  a  été  vu  au  n**  141,  qu'on  pourra  les 
représenter  en  appliquant,  sur  un  plan  portant  simplement  l'échelle  loga- 
rithmique de  Ojy  et  les  parallèles  à  cet  axe  menées  par  les  points  de  l'échelle 
logarithmique  de  0:r,  des  transparents  portant  les  images  logarithmiques 

des  polynômes 

±z     =bi, 

zt  z^    dz  z     ±  Y? 

±  5-*  =b  3-2  ZÎZ  Y -S"', 

avec  leurs  index  respectifs.  Les  images  relatives  aux  polynômes  de  la  pre- 
mière ligne  sont  celles  qui  sont  tracées  sur  la  fig,  171;  celles  relatives  aux 


Fig.  172. 


polynômes  de  la  seconde  sont  représentées  par  la  Jig.  1721.  Le  mode  d'em 
ploi  ne  diiïère  pas  de  celui  indiqué  dans  le  cas  général  (n°  141). 


390  CHAPITRE   YI. 


CHAPITRE  VI. 

THÉORIE  GÉNÉRALE.  DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES. 


I.  —  Étude  générale  des  abaques  au  point  de  vue 

de  leur  structure  (*). 

143.  But  de  cette  étude.  —  L'examen  des  divers  procédés  par- 
ticuliers de  représentation  plane,  applicables  à  des  équations 
entre  deux,  trois,  ou  un  plus  grand  nombre  de  variables,  qui 
viennent  d'être  décrits  dans  les  Chapitres  précédents,  conduit 
nécessairement  à  se  poser  cette  question  :  Peut-on  déterminer  et 
classer  tous  les  modes  possibles  de  représentation  applicables  à 
des  équations  à  n  variables? 

Nous  avons  vu  au  n®  131  comment  on  peut  définir  des  élé- 
ments, points  ou  courbes,  à  un  nombre  quelconque  de  cotes.  Il 
est  donc  évident  d'abord  que,  pour  engendrer  un  mode  de  repré- 
sentation d'équations  à  n  variables,  il  faudra  associer  ensemble 
des  éléments  à  plusieurs  cotes,  tels  que  la  somme  des  nombres  de 
leurs  cotes  soit  égal  à  n. 

Si  donc  un  mode  d'association  de  plusieurs  éléments  a  été  dé- 
terminé, il  suffira  de  voir  de  combien  de  manières  difl'érentes  n 
cotes  pourront  être  réparties  entre  ces  éléments  pour  avoir  tous 
les  procédés  correspondants  valables  pour  n  variables. 

On  pourra  d'ailleurs  n'attribuer  aucune  cote  à  plusieurs  de  ces 
éléments  qui  seront  dits  sans  cote. 

11  v  aura  là  à  résoudre  un  problème  de  partition  sur  lequel  nous 
reviendrons. 

Occupons-nous  d'abord  de  reconnaître  les  diverses  façons  dont 


(  '  )  Nous  avons,   pour    la    première  fois,  donné  ies   principes  de   celle   élude 
dans  noire  Mémoire  O.30. 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  89 1 

plusieurs  éléments,  mobiles  au  besoin  les  uns  par  rapport  aux 
autres,  peuvent  être  associés  en  vue  d'engendrer  un  mode  de 
représentation. 

C'est  donc  au  seul  point  de  vue  de  leur  structure  que  nous 
devons  tout  d'abord  envisager  les  abaques.  Une  telle  élude  peut, 
par  une  extension  de  mot  toute  naturelle,  être  qualifiée  de  mor- 
phologique. 

Convenons,  avant  toute  chose,  de  quelques  notations  que  nous 
emploierons  uniformément  dans  la  suite  de  cette  étude.  Un  élé- 
ment, point  ou  ligne,  dont  la  nature  restera  indéterminée  sera 
représentée  par  la  lettre  E  qu'on  fera,  s'il  y  a  lieu,  suivre  entre 
parenthèses  des  lettres  désignant  les  cotes  y  afférentes  : 

E(a,?,Y,...). 

Parfois,  si  le  nombre  seul  de  ces  cotes  intervient  dans  une  cer- 
taine question  c'est  ce  nombre  n  que  nous  mettrons  dans  la  paren- 
thèse : 

E(/i). 

Il  arrivera  même,  lorsqu'il  n'en  pourra  résulter  aucune  ambiguïté, 
que  nous  écrirons  simplement  (/?),  ou  même  n. 

S'il  est  spécifié  qu'un  certain  élément  est  une  courbe,  une  droite, 
ou  un  point,  nous  remplacerons  la  lettre  E  correspondante  par 
une  des  lettres  C,  D  ou  P;  s'il  appartient  à  un  système  de  cercles 
concentriques  ou  confondus,  ou  à  un  système  de  droites  paral- 
lèles ou  confondues,  nous  lui  attribuerons  la  lettre  F  ou  A.  La 
nécessité  de  considérer  à  part  les  éléments  de  ce  genre  apparaîtra 
plus  loin  (n®  145,  Rem.  I). 

144.  La  notion  de  contact.  —  Lorsqu'un  point  se  trouve  sur 
une  courbe,  ou  lorsque  deux  courbes  sont  tangentes  entre  elles, 
nous  disons  qu'il  y  a  contact  entre  ces  éléments. 

Pour  exprimer  qu'il  y  a  contact  entre  les  éléments  E  et  E',  nous 

emploierons  la  notation 

EmE'. 

Il  n'est  pas  nécessaire  de  réfléchir  bien  longtemps  pour  recon- 
naître que  la  seule  relation  précise  de  position  qui  puisse  être 
jugée  à  vue  est  le  contact  de  deux  éléments,  dans  le  sens  large 
où  ce  mot  vient  d'être  pris. 


3g2  CHAPITRE  VI. 

En  effet,  les  notions  de  position  qui  nous  sont  données  par  la 
vue  se  ramènent  aux  seules  distances  angulaires  perçues  direc- 
tement par  rœil,  et,  parmi  ces  distances  angulaires,  les  seules  dont 
Tœil  puisse  évaluer  exactement  la  grandeur  sont  celles  qui  sont 
nulles. 

Donc,  tout  mode  de  représentation  graphique  d'équations  à  plu- 
sieurs variables  ne  saurait  consister  qu'en  rétablissement  ou  la 
constatation  de  certains  contacts  entre  divers  éléments  géomé- 
triques. 

Pour  rendre  cette  idée  plus  claire,  revenons  aux  exemples  les 
plus  simples  qui  se  rencontrent  au  début  de  cet  Ouvrage  : 

La  représentation  d'une  équation  à  deux  variables  au  moyen  de 
deux  échelles  accolées  (n®  9)  repose  sur  le  contact  des  points  de 
l'une  des  échelles,  éléments  à  une  cote,  avec  les  perpendiculaires 
à  la  direction  de  leur  support  menées  par  les  points  de  l'autre,  éga- 
lement éléments  à  une  cote.  La  représentation  cartésienne  au 
moyen  d'une  courbe  (n"  12),  repose  sur  le  contact  de  cette 
courbe,  élément  sans  cote,  avec  le  point  du  quadrillage  régulier 
répondant  aux  deux  variables,  élément  à  deux  cotes,  etc. 

Si  l'on  n'a  recours  qu'aux  éléments  tracés  sur  un  même  plan,  on 
voit  que  les  seuls  modes  de  représentation  possibles  se  ramènent  à 
la  constatation  d'un  contact  entre  les  deux  éléments  dépendant 
respectivement  de  /ii  et  /i2  cotes,  ce  qui  correspond  au  cas  d'une 
équation  à  /i|  -f-  ^2  variables. 

C'est  ainsi  que  la  juxtaposition  de  deux  échelles  binaires 
(n°H7),  par  le  contact  des  horizontales  à  deux  cotes  de  l'une 
avec  les  points  à  deux  cotes  de  l'autre,  permet  de  représenter  des 
équations  à  quatre  variables. 

Si  l'on  a  recours,  au  contraire,  à  des  systèmes  tracés  sur  des 
plans  variables  les  uns  par  rapport  aux  autres  (*),  leurs  positions 


(')  Il  doit  être  bien  entendu  que  les  divers  plans  variables  intervenant  dans  la 
question  peuvent  ne  pas  se  trouver  matériellement  réalisés  dans  la  construction 
de  l'abaque.  Si,  par  exemple,  cet  abaque  est  constitué  par  un  iil  tendu  sur  diverses 
échelles  graduées  (points  alignés),  l'index  réalisé  par  ce  fil  tendu  doit  être  consi- 
déré comme  faisant  corps  avec  un  plan  appliqué  sur  le  premier.  Bien  que  l'on 
n'ait  là  qu'une  droite  variable  par  rapport  à  un  plan,  on  doit  donc,  pour  la  géné- 
ralité de  l'exposition,  considérer  cette  droite  comme  appartenant  à  un  plan  qui 
glisse  sur  le  premier. 


THÉORIE  GÉNÉRALE.  DÉTELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.        SqS 

respectives  devront  être  définies  par  certains  contacts  entre  élé- 
ments appartenant  aux  uns  et  aux  autres.  Il  y  aura,  en  outre,  un 
contact  à  constater  sur  le  tableau  formé  par  les  divers  systèmes 
arrêtés  dans  la  position  voulue.  La  répartition  des  variables  se  fera 
alors  entre  les  éléments  intervenant  dans  ces  divers  contacts. 

Nous  appellerons  les  premiers  des  contacts  de  position,  le  der- 
nier contact  de  résolution. 

C'est  ainsi,  par  exemple,  que,  dans  l'abaque  du  n®  137,  les  con- 
tacts de  l'index  i'  avec  le  point  |jl',  de  l'index  i"  avec  le  point  |jl"  et 
de  l'horizontale  cotée  o  du  transparent  avec  le  cerclecoté  H'  sont 
des  contacts  de  position.  Le  contact  du  cercle  coté  H'' avec  l'hori- 
zontale cotée  e  du  transparent  est  le  contact  de  résolution. 

145.  Abaques  à  deux  plans  superposés,  —  Si  deux  plans  sont 
simplement  superposés,  les  déplacements  de  l'un  par  rapport  à 
l'autre  sont  à  3  degrés  de  liberté. 

Pour  s'en  rendre  compte,  il  suffit  de  rapporter  chacun  de  ces 
plans  TT  et  Tc'  à  deux  axes  rectangulaires  O^  et  Oy  d'une  part, 
O'x'  et  O' y  de  l'autre.  Le  plan  tc'  sera  complètement  défini  par 
rapport  au  plan  ir  si  l'on  connaît:  i°  les  coordonnées  Xa^ya  du 
point  O'  rapporté  aux  axes  Oj;  et  Oy\  2**  l'inclinaison  de 
Vaxe  O' x'  sur  Ox^  ce  qui  fait  bien  trois  conditions.  Lorsqu'on 
les  laisse  arbitraires,  les  déplacements  du  plan  tt'  par  rapport  au 
plan  TT  jouissent  donc  de  trois  degrés  de  liberté. 

Or,  un  contact  établi  entre  un  élément  E  appartenant  au  plan  t: 
et  un  élément  E'  appartenant  au  plan  tz'  équivaut  à  une  condition 
simple.  Il  faut  donc  établir  trois  tels  contacts  pour  fixer  la  posi- 
tion du  plan  t!  par  rapport  au  plan  i^  (*).  Cette  fixité  sera  par 
suite  définie,  avec  la  notation  du  numéro  précédent,  par  les  con- 
tacts de  position 

EimE;,     E,mE',,     EsME'a. 


(*)  Exceptionnellement,  on  pourra,  au  lieu  d'imposer  à  un  élément  E^  l'obli- 
gation d'être  en  contact  avec  un  élément  E,-  de  cote  bien  déterminée,  l'astreindre 
à  être  en  contact  avec  deux  éléments  E,-  et  E.  entre  les  cotes  desquels  existera 
une  certaine  relation.  Nous  n'avons  rencontré  dans  cet  Ouvrage  qu'un  seul 
exemple  de  cette  circonstance,  au  n**  135,  où  la  droite  pivotant  autour  du 
point  O  {fig'  i53)  a  sa  position  fixée  par  la  condition  de  rencontrer  les 
échielles  E^  et  E„  en  des  points  dont  la  différence  des  cotes  soit  égale  à  i.  7/  est 


Sgi  CHAPITRE   VI. 

Les  deux  plans  se  trouvant  alors  dans  cette  position  relative 
parfaitement  déterminée,  on  n^aura  plus  qu'à  constater  un  con- 
tact entre  un  élément  E^  de  Tun  des  plans  et  un  élément  E'^  de 
l'autre,  qui  sera  le  contact  de  résolution 

Le  mode  d'emploi  d'un  abaque  quelconque  comportant  un  plan 
mobile  se  résumera  donc,  en  général,  dans  la  suite  de  symboles 

E,mE',,    E,mE'„    EjmE',,    e^me;. 

Les  quatre  contacts  ainsi  dénotés  étant  simultanés,  ou  peut 
évidemment  prendre  comme  contacts  de  position  trois  quel- 
conques d'entre  eux,  le  quatrième  étant  alors  le  contact  de  réso- 
lution. Mais,  en  général,  sur  un  même  abaque,  la  même  variable 
étant  toujours  prise  pour  inconnue,  le  contact  de  résolution  est 
aussi  toujours  le  même,  et  il  sera,  de  préférence,  inscrit  le  der- 
nier. 

Il  n'y  a,  théoriquement  au  moins,  lorsque  les  divers  éléments 
en  présence  sont  définis  géométriquement,  aucune  difficulté  à 
former  le  type  d'équation  correspondant  à  l'abaque  ainsi  construit. 

Chaque  élément  E/  du  plan  fixe  a,  par  rapport  à  Ox  et  Oy^ 
une  équation  de  la  forme 

où  d  représente  l'ensemble  des  cotes  correspondantes.  De  même, 
chaque  élément  E^  a  par  rapport  à  O' x'  etO'y'  une  équation  de 
la  forme 

ou  en  passant  à  0»r  et  Oy  et  désignant  par  \  [jl  et  v,  les  para- 
mètres servant  à  définir  l'un  des  systèmes  de  coordonnées  par  rap- 


essentiel  de  remarquer  que  ce  mode  de   détermination  rentre  bien  dans  le 

mode  général  ci-dessus  défini,  car  les  positions  de  l'élément  E/  en  contact  avec 

les  élcmenls  E,  el  E  ,  dont  les  cotes  ont  entre  elles  la  relation  qui  vient  d'être 

dite,  ont  une  certaine  enveloppe  C'^  en  sorte  que  la  condition  imposée  peut  se 

traduire  par  le  contact 

»1:.hhE/, 

bien  que  l'élément  <C.  ne  figure  pas  sur  le  tableau. 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  3g5 

port  à  l'autre 

OU  encore 

Le  contacl  entre  ces  deux  éléments  s'exprimera  par  une  équa- 
tion telle  que 

^i{ky  fx,v,(î:/,c;)  =  o, 

et  l'élimination  de  X,  a  et  v  entre  les  quatre  équations  correspon- 
dant de  cette  manière  aux  quatre  contacts  donnera  l'équation, 
entre  les  cotes  des  huit  éléments  en  présence,  ainsi  représentée. 

Remarque  L  —  Il  y  a  lieu  d'examiner  à  part  le  cas  où  les  élé- 
ments E'^,  Ej  et  E^  sont  des  cercles  concentriques  que  nous  dési- 
gnerons alors  par  la  notation  F'^,  Tj,  V\,  Ces  cercles  peuvent  d'ail- 
leurs, leur  rayon  croissant  indéfiniment,  devenir  des  droites 
parallèles  A'^,  A^,  A'^.  Enfin  cercles  V  ou  droites  A'  peuvent  se 
confondre  entre  eux.  Nous  considérons  tous  ces  cas  particuliers 
comme  compris  dans  le  cas  général  des  trois  cercles  concen- 
triques r^,  Fj,  F'^,  ce  que  nous  allons  dire  de  celui-ci  pouvant 
immédiatement  s'étendre  à  eux  et  sons  une  forme  encore  plus 
simple. 

Si  les  cercles  F'^  et  F'^  sont  mis  en  contact  respectivement  avec  les 
éléments  E,  et  E2,  le  seul  déplacement  possible  du  plan  t!  est  une 
rotation  autour  du  centre  O'.  En  effet, Ti  étant  l'élément  parallèle 
à  l'élément  E,  à  une  distance  égale  à  la  différence  des  rayons  des 
cercles  F'^  et  F'^  (cercle  de  rayon  égal  à  cette  distance  et  de  centre 
E|  si  cet  élément  se  réduit  à  un  point),  le  cercle  F^  sera  en  con- 
tact avec  l'élément  F|.  Par  suite,  ce  cercle  F^,  en  contact  à  la  fois 
avec  les  éléments  E2  et  F| ,  ne  pourra  que  tourner  autour  de  son 
centre  O',  ce  qui  démontre  la  proposition. 

Or,  dans  cette  rotation,  le  cercle  F'^,  concentrique  aux  deux 
premiers,  tourne  aussi  sur  lui-même,  et  s'il  se  trouve  tout  d'abord 
en  contact  avec  l'élément  E4  il  ne  cessera  pas  d'y  être  pendant 
toute  cette  rotation.  Le  contact  E3  m  E',  devient  dès  lors  superflu 
et  pourra  être  laissé  indéterminé. 
,    La  notation  de  l'abaque  correspondant  sera,  par  suite,  si  l'on  se 


396  CHAPITRE   VI. 

sert  de  guillemets  pour  indiquer  le  contact  indéterminé, 

ou,  en  attribuant,  dans  ce  cas,  au  contact  de  résolution,  l'indice  3, 

Eimt,,   Ejmt;,   Ejmt;,   »  m  ». 

Remarque  II.  —  La  coïncidence  de  deux,  points  P  et  P'  ou 
de  deux  droites  D  et  D',  appartenant  à  Pun  et  à  l'jautre  plans, 
équivaut  à  deux  contacts,  car,  dans  un  cas,  on  peut  considérer 
que  deux  lignes  se  coupant  en  P'  sont  en  contact  avec  le  point  P, 
dans  Pautre,  que  deux  points  pris  sur  D'  sont  en  contact  avec  la 
droite  D.  Pour  rappeler  qu'une  telle  coïncidence  équivaut  à  an 
double  contact,  nous  la  désignerons  par  la  notation 

PHP'       ou        D^AD', 

Si  donc,  dans  le  mode  d'emploi  d'un  abaque  intervient  une 
telle  coïncidence,  sa  notation  sera 

Pi  M  Pi,  EjmEj,  EjM  Ej, 

ou 

DiHd;,      e,me;,      EsmE',. 

Remarque  III,  —  11  se  peut  que  les  cotes  afférentes  à  un  élé- 
ment du  plan  t:!  soient  prises  sur  le  plan  71,  une  fois  Gxée  la  posi- 
tion relative  de  ces  deux  plans,  par  exemple,  que  la  courbe  C  du 
plan  7:'  prenne,  une  fois  ce  plan  fixé  par  rapport  au  plan  7:,  la  cote 
ou  les  cotes  d'un  point  P  de  ce  plan  i:  par  lequel  elle  passe. 
Si  a,  p,  . . .  sont  les  cotes  du  point  P,  la  courbe  C  sera  dénotée 

G'(a,  3,  ...), 

la  barre  qui  surmonte  les  cotes  indiquant  qu'elles  proviennent  du 
plan  antérieur  à  celui  qui  contient  C 

Remarque  IV.  —  Enfin,  s'il  s'agit  d'un  point,  ce  point  peut 
lui-même  être  formé  par  la  rencontre  d'une  courbe  C  du  plan  7: 
avec  une  courbe  C  du  plan  tz'  fixé  sur  le  premier.  Un  tel  point 
sera  désigné  par  la  notation 



ce 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  897 

OU,  en  mettant  les  cotes  en  évidence, 


C(a,  ?,  ...).G'(a',?',  ...) 


146.  Abaques  à  plusieurs  plans  superposés,  —  Ce  qui  vient 
d'être  dit  s'étend  immédiatement  au  cas  de  plusieurs  plans  super- 
posés. Nous  pouvons  arbitrairement  choisir  l'un  d'eux  tw  comme 
plan  fixe.  La  position  d'un  second  tc'  sera  alors  définie,  par  rapport 
au  premier,  par  trois  contacts  entre  éléments  correspondants  pris 
sur  ces  deux  plans.  Ces  plans  étapl  ainsi  rendus  solidaires  l'un  de 
l'autre,  nous  représentons  leur  ensemble  par  (i^w'),  et  nous  défi- 
nirons ensuite  la  position  du  plan  t:!\  par  les  contacts  de  trois  de 
ses  éléments  avec  trois  éléments  appartenant  à  l'ensemble  ('?nt'), 
c'est-à-dire  pouvant  indifféremment  faire  corps  avec  le  plan  tz  ou 
avec  le  plan  tc'.  De  même,  trois  nouveaux  contacts  fixeront  la  posi- 
tion du  plan  T^"  par  rapport  à  l'ensemble  (tctt'ii''),  et  ainsi  de  suite 
jusqu'au  plan  t:^'"^  Ces  3  m  contacts  de  position  étant  ainsi  éta- 
blis, on  constatera  l'existence  d'un  contact  de  résolution  entre  un 
élément  pris  sur  le  plan  tc^'"^  et  un  élément  appartenant  à  l'en- 
semble [tti^t!',  . . . ,  TC^'"-*^]. 

Chacun  des  6/w-f-2  éléments  intervenant  dans  ces  3mH-  i 
contacts  étant  muni  d'un  nombre  quelconque  de  cotes,  on  en- 
gendre ainsi  V abaque  le  plus  général  qu'il  soit  possible  de  con- 
cevoir. 

Avant  d'aller  plus  loin  dans  cette  étude,  faisons  voir  pour  plus 
de  clarté  comment  ce  mode  général  de  description  des  abaques 
s'applique  à  quelques-uns  de  ceux  qui  ont  été  précédemment  ren- 
contrés. 

Prenons  en  premier  lieu  les  abaques  à  double  alignement 
(n°  88),  et  appelons  F  et  \"  les  deux  positions  successives  de 
l'index  que  nous  pouvons  supposer  marquées  sur  deux  plans  tc' 
et  T^'  superposés  au  premier.  Les  contacts  définissant  la  position 
de  l'index  V  seront  en  désignant  d'une  manière  générale  par  P(a/) 
le  point  coté  a/,  et  tenant  compte  de  la  Remarque  I  du  n®  145, 

De  même  les  contacts  définissant  la  position  de  F  seront,  en 


398  CHAPITRE   VI. 

tenant  compte  de  la  Remarque  111,  du  n®  143,  et  appelant  L  la 
ligne  des  pivots 


Le  contact  de  résolution  sera  enfin 

Sous   forme   plus  condensée,  la  notation  de  l'abaque  pourra 
s'écrire 


Prenons  maintenant  Tabaque  du  n^  137  : 

Désignons  par  0|  et  O2  les  points  du  plan  fixe  avec  lesquels 
coïncident  respectivement  les  points  O'  et  O"  autour  desquels 
tournent  les  échelles  (H')  et  (H"),  par  (O'")  le  trait  coté  o  de 
l'indicateur  transparent,  par  D  le  bord  de  la  fègle  guide,  le  long 
duquel  glisse  le  bord  D'"  du  transparent. 

Les  trois  contacts  fixant  la  position  du  plan  ir'  qui  porte  les 

cercles  cotés  (H')  sont,  en  remplaçant,  pour  plus  de  régularité,  jjl' 

et  |jl"  par  jjl,  et  [Xa, 

0,K0',    (fii)^i', 
ceux  du  plan  tt" 

ceux  du  transparent  tî'" 

et  le  contact  de  résolution  est 

le  trait  coté  £  du  transparent  étant  afTecté  d'un  triple  accent  pour 
rappeler  qu'il  appartient  au  troisième  plan  mobile  7:"'qui  est,  dans 
le  cas  présent,  le  transparent. 

Prenons  enfin  l'abaque  du  n^  138,  sous  sa  seconde  forme,  c'est- 
à-dire  en  supposant  le  réseau  (a',  p')  mobile.  Il  doit  être  considéré 
comme  constitué  par  la  superposition  de  trois  plans,  le  premier  t: 


THÉORIE  GÉNÉRALE.  DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.        899 

comprenant  la  partie  fixe  de  l'abaque,  c'est-à-dire  les  points  (a,  p), 
(a)  et  (6),  le  second  tu' les  points  (a',  P'),  le  troisième  ir'' l'index  UV 
servant  à  faire  la  lecture. 

La  fixation  de  la  position  de  tî'  par  rapport  à  tt  s'effectue  en  fai- 
sant tourner  t^  autour  de  son  origine  O'  qui  coïncide  avec  O  de 
façon  à  amener  le  point  (a'^')  sur  l'axe  OY,  d'où  la  notation 

OKO',         OYMi(a',p'). 

Les  points  U  et  V  proviennent  de  la  rencontre  des  bissec- 
trices OU  et  OV  des  angles  des  axes  OX  et  OY  avec  les  parallèles 
à  la  direction  O' Y' menées  par  les  points  (a)  et  (b).  Si  nous  dési- 
gnons par  Ay  les  parallèles  à  O'Y'  nous  voyons,  en  nous  reportant 
aux  Remarques  III  et  II  du  numéro  précédent,  que  les  points  U 
et  V  seront  dénotés 


OU.AV(a) 


et 


0V.AV(6) 


Par  suite,  la  notation  relative  au  troisième  plan,  si  l'on  y  com- 
prend le  contact  de  résolution,  sera,  en  appelant  A"  l'index  placé 
suivant  UV, 


OU.AV(a) 


1-4  A* 


H4  A",     (a,P)i-<  A',      »   w    M 


147.  Types  d^abaques  correspondant  à  un  nombre  donné 
de  variables.  —  Si  dans  l'abaque  le  plus  général  défini  au  numéro 
précédent,  on  affecte  chacun  des  éléments  en  contact  d'un  nombre 
de  cotes,  qui  d'ailleurs  peut  être  nul,  de  façon  que  la  somme  de 
tous  ces  nombres  soit  égale  à  /z,  on  a  formé  un  abaque  d'équation 
à  n  variables. 

La  détermination  de  tous  les  types  d'abaques  applicables  à  des 
équations  à  n  variables,  et  constitués  au  moyen  d'un  certain 
nombre  m  de  plans  superposés,  consiste  donc  :  i®  à  former  toutes 
les  partitions  du  nombre  /i;  2®  à  distribuer  les  nombres  obtenus 
au  moyen  de  ces  partitions  entre  les  6/n  +  2  éléments  interve- 
nant dans  les  3m  H- i  contacts  de  l'abaque,  en  ne  comptant  que 
pour  une  les  diverses  solutions  qui  peuvent  se  ramener  les  unes 
aux  autres  par  de  simples  permutations. 

U  n'y  aurait  aucun  intérêt  pratique  à  développer  cette  solution 


] 


4oO  CHAPITRE    VI. 

dans  le  cas  d'un  nombre  quelconque  de  plans  superposés  et  nous 
nous  restreindrons  ici  aux  seuls  cas  où  il  n'y  a,  soit  qu'un  seul 
plan,  soit  que  deux  plans  superposés,  et  qui  embrassent  à  peu  près 
toutes  les  applications  usuelles.  On  verra  d'ailleurs  qu'ainsi  liinité 
le  problème  présente  encore  une  certaine  ampleur. 

Dans  le  cas  d'un  seul  plan,  nous  l'avons  déjà  dit,  l'usage  de 
l'abaque  se  borne  à  la  constatation  d'un  contact  entre  deux  élé- 
ments E|  et  E2.  Si  donc  on  a  affaire  [à  n  variables,  il  suffira 
d'attribuer  respectivement  à  ces  éléments  n^  et  1X2  variables  de 
telle  sorte  que 

/Ij-h  /Ij  =  /l. 

Toutes  les  solutions  de  cette  partition  sont  données  par  le 
tableau  : 

n  o 

n  —  \  I 

n  —  1  2 


où  (^  i  -)  représente  la  partie  entière  de  —  >  c'est-à-dire  —  ou  

suivant  que  n  est  pair  ou  impair.  Il  n'y  a  pas  lieu  de  prolonger 
davantage  le  tableau,  car  on  tomberait  sur  des  solutions  qui  se 
ramèneraient  aux  précédentes  par  permutation  entre  E,  et  E2. 
Représentant  donc  par  ^Xo]^  le  nombre  des  types  d'abaques  à  un 
seul  plan  pour  équations  à  n  variables,  on  a 


2P:, 


'■-'id^ 


Dans  le  cas  de  deux  plans  superposés  nous  avons  trois  contacts 
de  position  et  un  contact  de  résolution,  donc  huit  éléments  en 
présence 

E,mE',,     E,mE;,     E3H.E'3,     E4M1E;, 

ou,  en  remplaçant  la  désignation  de  chaque  élément  par  le  nombre 
de  variables  qui  lui  est  attribué  à  titre  de  cotes. 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  f\01 

les  nombres  n<  /i'^,  .  .  . ,  n^  étant  tels  que 


1=1 


Deux  solutions  ne  sauraient  d'ailleurs  être  considérées  comme 
distinctes  lorsque  Ton  peut  passer  de  l'une  à  l'autre,  soit  par  per- 
mutation entre  eux  des  quatre  couples  ci-dessus,  soit  par  inversion 
simultanée  de  l'ordre  des  nombres  entrant  dans  chaque  couple,  ce 
qui  revient  à  un  simple  échange  l'un  en  l'autre  des  deux  plans  su- 
perposés. 

En  recherchant,  sous  réserve  de  cette  observation,  toutes  les 
décompositions  en  somme  de  huit  termes  (dont  plusieurs  nuls  au 
besoin)  du  nombre  /i,  on  obtiendra  tous  les  genres  possibles 
d'abaques  à  n  variables  formés  par  superposition  de  deux 
plans  (*). 

Mais  il  faut  encore  remarquer  qu'en  procédant  de  la  sorte  on 

retrouvera  les  tjpes  d'abaques  à  un  seul  plan  déjà  envisagés.  Parmi 

les  solutions  qui  viennent  d'être  définies  il  s'en  trouvera,  en  effet, 

de  la  forme 

n — p*^Pi    oi-<o,    oi-<o,    o  »-•  o. 

Or  trois  contacts  d'éléments  sans  cote  du  plan  u' avec  des  élé- 
ments sans  cote  du  plan  u  rendent  invariable  la  position  relative 
de  ces  deux  plans.  Par  suite,  un  abaque  possédant  une  telle  nota- 
lion  est,  en  réalité,  un  abaque  à  un  seul  plan  et  devra  être  sup- 
primé parmi  les  abaques  à  deux  plans. 

La  détermination  du  nombre  DT!>^^  des  abaques  à  deux  plans  pour 


(>)  Nous  ne  parlons  ici,  bien  entendu,  que  des  abaques  sur  lesquels  à  chaque 
variable  ne  correspond  qu'une  seule  graduation.  On  peut  avoir  d'autres  types 
d'abaques  à  /i  variables  en  prenant  des  abaques  à  plus  de  n  variables  sur  lesquels 
à  une  même  variable  correspondent  plusieurs  graduations.  Par  exemple,  l'abaque 
du  n**  98,  bien  que  représentant  une  équation  à  trois  variables,  /?,  A:,  ç  rentre 
dans  un  type  d'abaque  à  quatre  variables,  la  variable  9  donnant  lieu  à  deux 
échelles  distinctes  sur  cet  abaque;  l'abaque  du  n"  132,  bien  que  représentant  une 
équation  à  quatre  variables  S,  2^,  L  et  /,  rentre  dans  un  type  d'abaque  à  sept  va- 
riables, chacune  des  trois  dernières  variables  donnant  lieu  à  deux  graduations 
distinctes  sur  l'abaque.  Ainsi  que  la  remarque  en  a  été  faite  au  n*  97,  si  une 
variable  donne  lieu  sur  un  même  abaque  à  plus  d'une  graduation,  elle  ne  peut 
être  déterminée  comme  inconnue  sur  cet  abaque  que  par  tâtonnement. 

M.  dO.  26 


y 


403  CHAPITRE   VI. 

équations  à  n  variables  constitue  un  problème  difficile  de  partition 
qui  a  été  résolu  par  le  Major  P.-A.  Mac-Mahon  (').  On  trouve 

Xi  -  2, 
^\  r-.  5, 
2f^l  =  i6, 
0CÎ  -=  29, 
X|--=  64, 
X?  —  1 10, 


Remarque  /.  —  La  répartition  des  n  variables  d'une  part 
entre  les  systèmes  ramiGés  qui  servent  à  définir  un  élément  à  n 
cotes  (n®  131),  de  l'autre  entre  les  groupes  attachés  aux  divers 
éléments  en  présence,  entraîne  pour  l'équation  représentée,  qui 
sera  formée  dans  chaque  cas,  ainsi  qu'on  l'a  vu  au  n^  145,  l'exis- 
tence de  certains  caractères  fonctionnels.  Sauf  donc  pour  les  cas 
de  Al  =  2*  et  de  /?  =  3,  on  ne  pourra  obtenir  d'abaque  pour  une 
équation  quelconque  à  n  variables.  Fort  heureusement  les  types 
représentables,  d'ailleurs  extrêmement  généraux,  comprennent  à 
peu  près  toutes  les  équations  qui  se  rencontrent  dans  la  pratique. 

Remarque  IL  —  Si  l'un  des  trois  contacts  de  position  a  lieu 
entre  éléments  sans  cote,  celui-ci  peut  êlre  rendu  indéterminé, 
comme  on  Ta  vu  à  la  Remarque  I  du  n®  145,  si  l'on  prend  comme 
éléments  sur  le  plan  li  des  cercles  F'  concentriques  ou  confondus 
ou  des  droites  A'  parallèles  ou  confondues. 

Remarque  III.  —  Pour  les  raisons  exposées  au  n**  30,  un 
intérêt  particulier  s'attache  aux  abaques  sur  lesquels  les  seuls  élé- 
ments cotés  sont  des  points  à  une  cote.  On  voit  immédiatement 
que  les  seuls  qui  soient  susceptibles  de  revêtir  cette  forme  sont 


(' )  5.  i\f.,  t.  XWI,  p.  jG;  1898.  Le  dénombremenl  effectué  dans  cette  Note  par 
M.  Mac-Mahon  porte  à  la  fois  sur  les  abaques  à  un  seul  plan  et  sur  ceux  à  deux 
plans  superposés,  conformément  à  renoncé  que  nous  avions  communiqué  au  savant 
algébristc  anglais.  Les  nombres  obtenus  dans  cette  solution  et  que  nous  avons 
désignés    par    ^j*(n)    {Ibid.    p.   22)    doivent    donc   être    diminués  de  ^A>   ou 

I,  pour  donner  les  nombres  JbJ  inscrits  ci-dessus. 


(") 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÊYELOPPBMBNTS   ANALYTIQUES.  4o3 

ceux  qui  ne  comportent  que  des  éléments  à  une  cote  en  contact 
avec  des  éléments  sans  cote. 

Nous  allons  maintenant  faire  Tapplicalion  de  ces  généralités  aux 
abaques  à  un  ou  à  deux  plans  pour  équations  à  deux,  trois  et 
quatre  variables,  qui  comprennent  la  plupart  de  ceux  dont  on  a  à 
faire  un  usage  courant  dans  la  pratique. 

148.  Équations  à  deux  variables.  —  D'une  manière  générale, 
nous  conviendrons  de  numéroter  les  divers  tjpes  distincts  corres- 
pondante un  nombre /i  de  variables  au  moyen  de  chiffres  romain*s 
pourvus  d'un  indice  inférieur  n  indiquant  le  nombre  des  variables 
et  d'un  indice  supérieur  /?,  indiquant  le  nombre  des  plans  super- 
posés constituant  l'abaque  (*).  Nous  écrirons,  par  exemple,  XjJ  pour 
désigner  le  dixième  type  des  abaques  à  n  variables  et  à/?  plans 
superposés  (2),  dont  l'ensemble  sera  lui-même  désigné  par  Xj. 

•Rej.  —  Les  types  d^abaques  à  un  plan  pour  équations  à  deux 
variables  au  nombre  de  2f(s\=:  2  sont  définis,  en  ce  qui  concerne 
la  répartition  des  variables,  par 

IJ 2  •-•  o, 

II} IH4    I. 

Type  /j.  —  La  notation  d'un  tel  abaque  sera,  en  mettant  en 
évidence  les  variables  ai  et  a2, 

E,(a„a,)H4Eï. 

Si,  par  exemple,  l'élément  E|  est  le  point  (aj,  0L2)  d'un  qua- 
drillage dont  les  axes  sont  cotés  respectivement  au  moyen  de  aj  et 
de  a2  et  si  l'élément  E2  est  .soit  une  droite,  soit  une  courbe,  on 
obtient  les  abaques  cartésiens  avec  (n"  15)  ou  sans  anamorphose 
(n«  12). 


(')  Il  ne  faut  pas,  à  ce  propos,  perdre  de  vue  l'observation  contenue  dans  la 
note  au  bas  de  la  page  Sgj. 

(^)  Dans  notre  Mémoire  O.30  cité  au  début  de  ce  Chapitre,  nous  avions  adopté 
un  seul  numérotage  pour  les  abaques  à  un  ou  à  deux  plans.  Il  est  bon,  pour  éviter 
toute  confusion  ultérieure,  que  Tattention  du  lecteur  soit  appelée  sur  ce  change- 
ment de  notation. 


4o4  CHAPITRE   VI. 

Type  II l,  —   Notation: 

£,(«,)«  E,(a,). 

Si  Félément  E|  est  la  perpendiculaire  à  l'échelle  rectiligne  (ai) 
au  point  coté  aj  et  si  Télément  E2  est  le  point  coté  a2  sur  une 
échelle  rectiligne  parallèle  à  la  première,  on  obtient  les  abaques 
à  échelles  accolées  (n*»*  9,  10,  H). 

f>K>'l,  —  Quant  aux  ijpes  d^abaques  à  deux  plans,  au  nombre 
de  X^  =  2,  ils  sont  définis  par 

l\ I  •-<  O  I  •-<  O  O  •-<  O  Oi-<0 

1I| I  •-<  O  Oi-<I  Oi-<0  0H«0 

Type  /^.  —  Notation  : 

E,(a,)^E',,    E,(ot,)«E;,     Ej^Ei,     E4-iE;. 

Prenons  le  tjpe  d^àbaque  à  transparent  du  n**  13,  et  appelons 
r^  et  Ij  les  index  du  transparent  qui  se  coupent  au  point  O'.  Le 
point  O'  étant  placé  sur  la  courbe  G  et  le  transparent  convenable- 
ment orienté,  c'est-à-dire  l'index  F,  passant  par  le  point  X.  situé 
à  l'infini  dans  la  direction  perpendiculaire  à  O^,  l'index  I'^  passe 
par  le  point  j^(a2)  de  l'échelle  (a^)  portée  sur  Oy^  lorsque  l'index  I', 
passe  par  le  point  a:(a,  )  de  l'échelle  (ai)  portée  sur  Ox.  Un  tel 
abaque  sera  donc  dénoté 

11  rentre  donc  bien  dans  le  type  général  I.^  ci-dessus  lorsqu'on 
spécialise  la  nature  des  éléments  qui  interviennent  de  la  manière 
suivante  : 

Ei(ot,)^^(«i),         Eî(a2)^r(ai),         E3 -r^  C,  E.e^X., 

E'j^i;,  Eir^ii,  E'3.30',      e;^i;. 

Nous  avons  insisté  sur  ce  premier  type  d'abaque  à  deux  plans 
pour  bien  faire  saisir  la  façon  de  rattacher  un  type  particulier  au 
type  général.  Nous  nous  contenterons  dorénavant  d'indiquer  la 
spécialisation  des  cléments  conduisant  à  la  détermination  de  chaque 
type  particulier. 

Type  //!;.  —  Notation  : 

Ei(a,)ME;,   E^H^E^ca'.),   Ejme;,    e,  m  e;. 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  /|05 

Représentant  par  G  une  courbe  quelconque,  par  o(^  un  point 
quelconque  de  Taxe  O'o:',  il  suffît  de  faire 

E,(ot,)^^(«i),  E,  =  C,  Ea^E.^Oar, 

e;  ^  oy,       E;(a',)^y(ai),      e;  ^  o',  e;  =  ^', 

pour  tomber  sur  le  type  d'abaque  du  n**  14.  D'ailleurs,  moyennant 
la  Remarque  II  du  n°  145,  la  notation  de  cet  abaque  pourra 


s'écrire 


a:(a,)MiOy,         G«y(a;),         Oa^SO'ar'. 


149.  Équations  à  trois  variables.  —  X\,  Ces  types  d'abaques, 
au  nombre  de  Xj=  2,  sont  définis  par 

IJ 3i-Ho 

IIJ 2  1^  I 

Type  I[.  —  Notation  : 

E|(ai,a,,  a3)H4E2. 

Si,  dans  un  abaque  du  type  décrit  au  n°  15,  on  accole  une 
échelle  binaire  à  l'un  des  axes  de  coordonnées,  les  points  du  qua- 
drillage deviennent  des  points  à  trois  cotes  mis  en  contact  avec  la 
courbe  C  sans  cote.  On  obtient  donc  bien  ainsi  un  abaque  I3. 

Type  II[.  —  Notation  : 

Ei(ai,at)H4E3(a3). 

Si  l'on  suppose  que  l'élément  Ej  est  un  point  P  et  l'élément  E3 
une  courbe  C,  on  obtient 

Ce  type  comprend  tous  les  abaques  cartésiens  avec  (n**  24)  ou 
sans  anamorphose  (n°  16),  le  point  Pétant  alors  pris  dans  un  qua- 
drillage. 11  comprend  même  tous  les  abaques  à  anamorphose  géné- 
rale (*)  (n°'  46,  47  et  52),  le  point  P  étant  alors  pris  dans  un 
réseau  quelconque. 


C)  Il  n'y  a  pas  lieu  de  s'clonner  que  les  abaques  à  anamorphose  rentrent, 
avec  notre  classification,  dans  le  môme  type  que  les  abaques  cartésiens  ordi- 
naires, puisque  cette  classification  vise  la  structure  des  abaques  et  non  pas  la 
nature  géométrique  des  éléments  qui  interviennent,  nature  que  fait  seule  varier 
l'anamorphose. 


4o6  CHAPITRE  TI. 

C'est  ici,  pour  les  équations  à  plus  de  deux  variables,  e  seul 
cas  où  le  rôle  joué  par  les  diverses  variables,  au  point  de  vue  de 
la  slruclure  de  Tabaque,  soit  permutable  d'une  manière  quel- 
conque. En  effet,  les  trois  courbes  (a,),  (aj)  et  (aj)  se  coupant 
en  un  même  point,  on  peut  indifféremment  considérer  ce  point 
comme  un  point  (a,,  a2)  en  contact  avec  la  courbe  («3),  un  point 
(a2,  as)  en  contact  avec  la  courbe  («i),  ou  un  point  (a3,a,)  en 
contact  avec  la  courbe  (aj).  Et  comme,  d'ailleurs,  la  nature  de  ces 
courbes  est  quelconque,  il  en  résulte,  comme  on  l'a.  vu  au  n"  46, 
que  l'équation  représentée  est  elle-même  quelconque. 

A  partir  de  n  =  4»  cette  circonstance  ne  se  retrouve  plus. 

JU'3.  —  Ces  types  d'abaques,  au  nombre  de  Xj  =  5,  sont  définis 

par 

I| 9.  «-«o  Ii-<0  oi^o  oi^o 

HJ 1^0  oi-<  1  oi-Ho  o  N<  o 

HIJ I  •-<  I  I  •-<  O  0N<0  ONio 

IVJ I  •-<  p  I  N<  O  I  l-H  o  0N<0 

VJ li^O  IN<0  Oi-<I  ON<o 

Observons  tout  d'abord  que,  conformément  à  la  Remarque  II 
du  n^  147,  chacun  de  ces  types  d'abaques  est  susceptible  de  la 
variante  pour  laquelle  un  des  contacts  devient  indéterminé,  les 
trois  éléments  de  l'un  des  deux  plans  qui  interviennent  dans  les 
autres  contacts  appartenant  à  un  même  système  de  cercles  con- 
centriques r'  on  de  droites  parallèles  A'. 

En  outre,  conformément  à  la  Remarque  III  du  même  n**  147, 
les  types  llTiJ,  IVj;  et  V3  peuvent  ne  comprendre  comme  éléments 
cotés  que  des  points,  mais  alors  le  type  V3  n'est  plus  susceptible 
de  la  variante  précédente,  attendu  que,  chacun  des  deux  plans  por- 
tant nécessairement  au  moins  un  système  de  points,  aucun  d'eux 
ne  peut  être  muni  uniquement  d'un  système  {Y')  ou  (A'). 

Voyons  maintenant  comment  divers  procédés  passés  en  revue 
dans  cet  Ouvrage  pour  des  équations  à  trois  variables  rentrent 
dans  ces  types  -l:;. 

Type  /i;.  —  Notation  : 

E,(a,,?0«t:'i'         E,(aO«E;,         E3M1E3,         E,^E\, 

Désignant  par  P(^,  p)  le  point  de  rencontre  de  l'horizontale  {t) 
et  de  la  radiante  (/?)  de  Vabaquc  du  /i°  23  (3"),  par  A(/'),  l'hori- 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS    ANALYTIQUES.  t\0'] 

zontale  (/')  et,  suivant  la  convention  faite  dans  la  Remarque  IV 
du  n**  145,  par    A(^').F     le  point  de  rencontre  de  cette  droite  et 


de  la  courbe  F,  enfin  par  O' x'  et  O'y  les  axes  du  transparent, 
nous  voyons  que  cet  abaque  rentre  dans  le  type  I3  lorsqu'on  prend 


E,       V(t,p).        E,  r^  !  A(/').F 


Ej  -~  O,  E4  r    Oj7, 


E',  ^  oy,         e;  .  oy,  k\  .  :  oy,      e;  .-  x\ 

La  notation  de  Tabaque  peut  alors  s'écrire  (  *  ),  en  tenant  compte 
de  la  Remarque  II  du  n®  145, 


OxtiO'x\     A(/').F  Mioy,   P(/,/>)«oy. 


1 

Type  ni,  —  Notation  : 

E,(a„P,)H*E'i,     E,ME;(a',),     E3H.E3,     E,^E\, 

On  obtiendrait  un  tel  abaque  en  remplaçant,  dans  le  type  du 
n**  14,  l'échelle  simple  de  Ox  par  une  échelle  binaire. 
Type  III\.  —  Notation  : 

E,(a,)ME',(a;),     E,(a,)«E;,     E,  «  E'„     E.mE;. 

Si  les  éléments  E|  sont  des  courbes  G,  les  éléments  E',  les  points 
de  Taxe  O' x'^  les  éléments  Ej  des  points  P,  l'élément  E^  l'axe  O' x\ 
enGn,  si  nous  réalisons  les  deux  derniers  contacts  par  la  coïnci- 
dence des  origines  O  et  O',  nous  obtenons  un  abaque  dont  la 

notation  est 

OSO',     P(a,)«OV,     C(a,)«a:'(a',), 

On  reconnaît  là  un  abaque  polaire  (2)  (n**  55). 

Si  les  éléments  E|  sont  des  courbes  0(0-),  les  éléments  E2  les 
points  y  (.3)  de  l'axe  Oy  pourvus  de  cotes  z,  les  éléments  E',  des 
droites  D'(8)  issues  de  l'origine  O',  l'élément  E'^  l'axe  O' x'  et  si 
l'on  remplace  les  deux  derniers  contacts  entre  éléments  sans  cote 


(')  Nous  intervertissons  l'ordre  des  contacts  pour  placer  en  dernier  le  contact 
de  résolution  et  donner  les  contacts  de  position  dans  l'ordre  où  on  les  effectue. 
Cette  observation  s^applique  à  tous  les  exemples  particuliers  suivants. 

(')  Pour  comparer  au  type  d'abaque  décrit  au  n*>  55  il  faut  changer  <i\  en  a, 


et  «1  en  a,. 


4oH  CHAPITRE   Yl. 

par  la  coïncidence  entre  Oy  et  O^y,  on  obtient  la  partie  de 
V abaque  tangentiel  de  M.  Willotte  (n**  H4),  destinée  au  calcul 
de  c,  dont  la  notation  est  dès  lors 

Oj'SOy,    y{z)^0'x\     C(a)«D'(e). 

Pour  la  partie  de  Tabaque  faisant  connaître  e  ou  a,  il  n^y  a  qu^à 
remplacer  la  courbe  0(0-)  par  le  point  P(e)  ou  P(X). 

Si  les  élémenls  E|  et  Ea  sont  des  points  de  Taxe  des  x  por- 
tant les  deux  échelles  ^(ai)  et  j;(a.j),  les  éléments  E,  les  paral- 
lèles A'(a',)  à  O'y^  l'élément  E',  Taxe  O'^,  enfin  si  les  deux  der- 
niers contacts  sont  remplacés  par  la  coïncidence  des  axes  Ox  et 
O* x'^  on  a  la  notation 

qui  définit  les  règles  à  tiroir  (*)  (n°  133). 
Type  IVl.  —  Notation  : 

E|(a,)«E.,     E,(a,)«E'„     E,(a3)-E'3,     E,^E\, 

Si  les  éléments  E|,  Ej,  E3  sont  des  points  x(a,),  ^^(«2),  ^(^3) 
portés  sur  les  trois  côtés  d'un  triangle  équilatéral,  l'élément  E4  le 
point  X.  à  l'infini  dans  la  direction  perpendiculaire  à  l'axe  des  x, 
si  enfin,  représentant  par  I', ,  T^,  Ij  les  trois  diagonales  d'un  hexa- 
gone régulier,  on  prend 

*^l-^^4-'l>  *-'j—  *2»  ^3       -'31 

on  obtient  les  abaques  hexagonaux  (u"*  32)  dont  la  notation 
sera 

X««l'j,     xiOL^)^\\,     r(a2)«rj,     z{:l^)^\\. 

Si,  rendant  le  dernier  contact  indéterminé,  on  prend  pour  élé- 
ments E', ,  E!j  et  E3  une  même  droite  A',  on  a  les  abaques  tan- 
gentiels  généraux  (n"^  58)  dénotés 

E     a-^-^A',     E2(a2)'-'A',     £3(23)»^  A',      »  »^    », 

qui,  lorsqu'on  prend  pour  éléments  E,,  E^,  E3  des  points,  don- 
nent les   abaques  à  points  alignés  (n**  56). 

Les  élémenls  E,,  E^,   E.,  étant  des  points   P,,  P2,  P»,   si   l'on 


(')  Pour  comparer  au  n'  133,  il  faul  changer  Xj  en  a^  et  a'j  en  «j. 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4o9 

prend  pour  élément  E^  la  courbe   G|    servant  de  support  aux 
points  P,  et  que  Ton  fasse 

E\  ^  e;  =  oy,      E'3  ^  o'x',      e;  ^  o', 

on  a  les  abaques  à  équerre  (n**95)  qui  se  dénoteront 

C,«0',     P,(a,)-Oy,     P,(a,)«Oy,     ?^{%^)^0'x\ 

Le  cas  particulier  où  les  points  (a,  )  et  (a^)  sont  des  points  (5) 
et  (0)  portés  par  Oy  et  O^,  et  les  points  (as)  des  points  (<t) 
portés  par  Ox,  donne  la  partie  àyx  projilomètre  Siégler  (n"  113) 
destinée  à  faire  connaître  <t. 

Type  V\,  —  Notation  : 

E,(a,)«E;,     E,(a,)«Ei,     1Ê.,^E\{ol'^),     Ev-E',. 
Pour 

E,(a,) ^r(-«),         E,(a,)  ^  ar(6),  E,  ^  Oy,  E4  -^  O7, 

e;  ^  oy ,  e;  ^  oy,      e;  (a;  )  e^  p'(e  ),      e;  .^  o', 

où  P'(£)  désignent  les  points  cotés  (e),  on  a  la  partie  du  même 
profilomètre  destinée  à  faire  connaître  e,  et  dont  la  notation  est 

Or«0',    y{z)*^Oy\    :r(e)«Oy,     Oy^?\z). 

150.  Equations  à  quatre  variables  :  X\,  —  Ces  types  d'aba- 
ques, aii  nombre  de  ^\  =  3,  sont  définis  par 

U 4-0 

ill 3«i 

ill* 2^2. 

Type  l\,  —  Notation  : 

Si  aux  axes  Ox  et  0/d'un  abaque  cartésien  à  deux  variables 
(n°  12)  on  accole  respectivement  des  échelles  binaires  (a,,  pj) 
et  (yi,  3,)  chaque  point  du  quadrillage  devient  un  point  à  quatre 
cotes  et  peut  être  pris  comme  élément  E|,  la  courbe,  qui  est  sans 
cote,  peut  être  prise  comme  élément  E^.  On  a  donc  bien  ainsi  un 
abaque  du  type  I{. 


4io 


CHAPITIE   Tl. 


Type  II\.  —  Notation  : 

E,<a,.  3,,  7,  i»^E,«att). 

On  obllenl  un  abaque  de  ce  type  en  prenant  un  abaque  à  échelles 
accolées  (n^  9)  et  remplaçant  Tune  d'elles  par  une  échelle  ternaire 
(nM3I). 

Type  IH\ .  —  Notation  : 

Ei(ïi«  h)^  Eî<xt»  ?t). 

Les  abaques  à  échelles  binaires  accolées  (n**  117)  rentrent 
dans  ce  type;  il  sufOt,  pour  le  voir,  de  prendre  pour  éléments  E| 
les  horizontales  passant  par  les  points  (a, ,  ^i  )  et  pour  éléments  E^ 
les  points  (aj,  ^a)- 

X\,  —  Ces  types  d'abaques,  au  nombre  de  JGj  =  i6,  sont  dé- 
finis par 

i: 

Hî 

ï"î 

ïv: 

vî 

viî 

VII? 

VIII* 

IX^ 

^\ 

\\l 

\\\\ 

XIIIJ 

XIVJ 

\\l 

XVIJ 


3»o 

I  «o 

o«o 

o^o 

3«o 

o«  1 

o»^o 

©•-o 

2»^  1 

I  «o 

o^o 

o^o 

!l«  1 

o»-  I 

o«  o 

o^o 

2«  O 

!l«  O 

o«  o 

o»^o 

'X*^  o 

I  «   1 

o«o 

o«o 

'2«  r» 

I  «-•  O 

I  ►-  o 

o^o 

2I-I  o 

I  «-«  o 

o«  I 

o«-«  o 

51  «  O 

o«-«  2 

o«-«  o 

Oi-^O 

Tl^O 

o«-«  1 

O^-  I 

o^o 

I  •^  I 

I  »^  1 

o»^  o 

o«  o 

l«  l 

I  »^  0 

I  »^  0 

o»^  o 

1  «   1 

1  «-•  o 

0*m   I 

o«  o 

1  «^  () 

1  «-«  o 

1  ►^  o 

!►-  o 

1   «^  C) 

1  «  <» 

I  '-'  o 

0«  I 

1  «^  o 

1  ^  « 

o«-«  I 

o»-»  I 

Ici  la  Hemavque  11  du  n"  147  n'est  applicable  qu'aux  types 
(le  I  à  XIII,  les  trois  derniers  ne  comportant  aucun  contact  entre 
éléments  sans  cote. 

Quant  à  la  liemarque  IJI,  elle  ne  s'appliquera,  au  contraire, 
(|u'aux  trois  derniers. 

Il  serait  facile  de  former  des  exemples  de  ces  seize  types  d'aba- 
ques,  mais  cela  serait  sans  utilité.  Nous  nous  bornerons  à  faire 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4ll 

voir  auxquels  de  ces  tjpes  se  rattachent  les  abaques  à  quatre  va- 
riables et  à  deux  plans,  rencontrés  dans  le  corps  de  l'Ouvrage. 
Type  IV^,  —  Notation  : 

Si  les  éléments  E|  sont  les  perpendiculaires  A  à  Oor  menées  par 
les  points  (ai,  p,)  d'une  échelle  binaire  accolée  à  cet  axe,  E^  les 
points  x(oL2)  de  Ox,  E\  les  points  ^(a',  )  de  0'x\  E^  Taxe  Oy, 
enûn  si  l'on  remplace  les  derniers  contacts  par  la  coïncidence  de 
Ox  et  de  O'x^  suivant  la  Remarque  11  du  n**  14S,  on  obtient  une 
règle  à  tiroir  à  échelle  binaire  (u^  133)  dénotée 

Type  Vir\,  —  Notation  : 

E,(a„p,)«E;,     E,(aO«E;,     Es(a3)H.E'3,     E,«E;. 

Ce  type  comprend  la  plupart  des  procédés  précédemment  étu- 
diés en  vue  des  équations  à  quatre  variables. 

Si,  par  exemple,  laissant  le  dernier  contact  indéterminé,  sui- 
vant la  Remarque  II  du  n®  147,  on  prend  pour  éléments  E^,  E'jj, 
Ej,  une  même  droite  A',  les  éléments  E|,  E2,  E3  étant  des 
points  Pj,  P2,  P3,  on  a  un  abaque  à  points  alignés  pour  quatre 
variables  (n"  121)  qui  se  dénotera 

Si,  dans  cette  notation,  on  remplace  les  points  Pa  et  P3  par  des 
courbes  C^  et  C3,  on  a  celle  des  abaques  à  droites  à  doubles  en- 
veloppes (n*»  127)  (•). 


(')  Il  est  curieux  que  ces  deux  derniers  types  d'abaques  obtenus  analytique- 
ment  comme  corrélatifs  l'un  de  l'autre  rentrent,  au  point  de  vue  de  leur  structure, 
dans  le  môme  type  général. 

Quant  aux  abaques  à  trajectoires  de  contacts  (n*  128),  si  l'on  représente  par 
C,(o4)  Tcnveloppc  ^o,  et  par  PjCa^jaj)  le  point  de  rencontre  de  cette  enveloppe 
et  de  la  trajectoire  (sa,,  ils  se  dénotent 

Donc,  au  point  de  vue  de  leur  structure,  ils  doivent  être  considérés  comme 
des  abaques  à  cinq  variables  a,,  ^|,  a,,  a,,  ^3  dans  lesquels  deux  des  variables  a, 
et  ^3  sont  identiques,  suivant  la  remarque  contenue  dans  la  note  au  bas  de  la 
page  4oi. 


4l2  CHAPITRE   VI. 

Si  les  élémenls  E|,  E^,  E3  sont  des  points  pris  sur  une  échelle 
binaire  et  deux  échelles  simples  accolées  aux  côtés  x^  y^  z  d'un 
triangle  équiialéral,  si  l'élément  E4  est  le  point  X«  à  l'infini  dans 
la  direction  perpendiculaire  à  x^  et  si,  en  représentant  par  F, ,  Ij, 
Ij  les  diagonales  d'un  hexagone  régulier,  on  fait 

E'i  -~  K'i   -  ï'j,        Ej  =  l'j,        E3  ~.  13, 

on  a  un  abaque  hexagonal  pour  quatre  variables  (n**  H9),  qui  se 
dénotera 

Si  l'élément  E«  est  le  point  (/i —  q^  p)  dont  les  coordonnées  sont 
x  =  n  —  y,  y=zp^  l'élément  E2  la  parallèle  A(n)  à  Oy,  l'élé- 
ment E3  le  point  x{z)  de  Ox,  l'élément  E4  la  parabole  P  de 
^^Jig'  i54  (p-  348),  si,  en  outre,  on  fait 

le  type  général  Vir\  donne  Vabaqiie  à  équerre  pour  l'équation 
du  troisième  degré  (n"  129),  qui  sera,  par  suite,  dénoté 

(n— /;,</)  hhO'^',     A(/i)hhO',     P«-<Oy,     x(z)^0'y. 

Type  Al i,  —  Notation  : 

E,(a,)-E',(a',),     E^Ca,)  ^  E',  (a',),     Ej^E^,     E,  m  E',, 

Si  les  éléments  E|  et  E2  sont  respectivement  les  systèmes  de 
droites  D,(/?)  et  Do  (5),  les  éléments  E'^  et  E!j  les  points  y',  (L)  el 
y'.iÇ^)  pris  sur  les  échelles  (L)  et  (T),  portées  l'une  et  l'autre 
par  oy,  enfin,  si  l'on  remplace  les  deux  derniers  contacts  par  la 
coïncidence  de  Ox  et  de  O'x',  on  a  V abaque  de  jauge  des 
yachts  de  M.  Chancel  (n**  118,  2®)  qui  est  alors  dénoté 

O^^HO'y,     D,(/?)My,(L),     D,(5)My,(T). 

Type  A^!l'\.  —  Notation  : 

E,(a,)M  E;(a;),     E^fa^M  K',,     EaCaj)^  E'^,     E^  m  E',. 

Si  en  appelant  D  le  support  des  points  P,,  O',  un  point  marqué 
sur  la  droite  D'  et  Y\  (t)  un  cercle  de  centre  O',  on  fait 

El       P,r  V).        K,       P,{b),        E3  ^-  P3(A),         E,  I    D, 

E,     r;(o,       e;     D'  e;.^d',  e;..0', 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4^3 

on  obtient  Vabaque  du  volume  du  ballast  (n**  80,  2")  alors  dé- 
noté 

DhhO',   p,(^)miD',    P3(A)«d',   P,(V)i-r'j(o. 

Si,  suivant  la  Remarque  II  du  n"  147,  on  rend  le  dernier  con- 
tact indéterminé  en  prenant  pour  éléments  E3  une  droite  A',  pa- 
rallèle à  la  droite  A'o  prise  à  la  fois  pour  E',  et  E'^,  et  munie  d'une 
cote  a4  lue  sur  le  plan  fixe,  on  a,  les  éléments  E|,  E2,  E3  étant  des 
points,  un  abaque  qui  se  dénote 

Cl  qui  n'est  autre  qu'un  abaque  à  parallèles  mobiles  (n**  97). 

Remarquons  enfin  que  l'abaque  du  P.  Poulain  pour  l'équation 
complète  du  troisième  degré  (n"  127),  lorsqu'on  le  complète  par 
un  transparent  à  radiantes  cotées  donnant  les  valeurs  de  z^  rentre 
aussi  dans  ce  type  général.  Si,  en  effet,  on  représente  par  G  (/i)  la 
courbe  cotée  /i,  par  D'(>s)  la  radiante  du  transparent  cotée  z  et 
par  x^  le  pointa  l'infini  sur  Ojù^  il  peut  se  dénoter 

x^^O'x',    x{p)^0'y\    y(q)^0'x\     C(/i)hhD'(x;). 

Type  XIVl.  —  Notation  : 

E,(a,)«E',,     E,(a,)-iE;,     E,(a3)ME'3,     K,{ol,)^E\, 

Suivant  une  remarque  faite  plus  haut  les  éléments  à  une  cote 
E|,  Ej,  E3,  E.|,  étant  en  contact  avec  des  éléments  sans  cote, 

Fig.  173. 

(aj)/      (0.3)  ^       ^°^*) 


peuvent  être  des  points  en  contact  avec  des  courbes  G',,  G'^,  Gj, 


4l4  CHAPITRE  YI. 

Si,  en  outre,  les  éléments  E',,  Ej,  E,,  E'^  se  confondent  avec 
une  même  courbe  G  on  a  un  abaque  à  transversale  quelconque 
de  M.  Goedseels  (n®  96). 

Type  JTFJ.  —  Notation  : 

E,(aO-«E;,     E,(a,)-«E;,     E.(«.)^^Ei,     E4^^Ei(a;). 


Ici  encore  les  quatre  éléments  cotés  peuvent  être  des  points 

Lfig'  '74). 

Fig.  174. 


(a,)/      (a»)/        cj 


Si,  en  outre,  les  courbes  C,,  G!,  et  G,  se  confondent  avec  le 
support  du  système  {ol\)  et  la  courbe  C4  avec  le  support  du  sys- 
tème («i),  on  a  un  abaque  du  type  représenté  parlayî^.  lyS,  qui 
a  également  été  proposé  par  M.  Goedseels. 

Fig.  176. 


(oO      /(oa)       /(Os) 


Type  AVI i.  —  Notation  : 


E,(aO^E;,     E2(a,)ME;,     EaME'jCa'j),     E,^E\{a\\ 


THÉORIE  GÉNÉRALE.  DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES. 


4i5 


Lorsque  les    quatre    éléments  cotés  sont  des  points  on  a  un 
abaque  tel  que  celui  de  \^fig'  176. 

Fig.   176. 


Si  les  courbes  Cj  et  C4  se  confondent  respectivement  avec  les 
supports  des  systèmes  (ai)  et  (a,),  les  courbes  C,  et  C!j  avec  les 


Fig.   177. 


(OL^) 


supports  des  systèmes  (a,)  et  (a^),  on  a  un  abaque  du  type  repré- 
senté par  y^ifig.  177,  encore  dû  à  M.  Goedseels. 


II.  —  Étude  des  équations  représentables  au  moyen 

d'un  type  d'abaque  donné. 


A.   —  Caractères  différentiels  et  fowctionhels. 

151.  Types  d^ équations  répondant  aux  principaux  types 
d'abaques.  —  Un  type  d'abaque  étant  donné,  il  est  toujours 
facile,  comme  on  Fa  vu  au  cours  de  cet  Ouvrage,  de  former,  au 
moyen  de  fonctions  arbitraires,  entre  lesquelles  le  mode  d'emploi 


4l6  CBAPITRE   VI. 

de  Pabaque  établit  un  certain  lien  analytique,  le  type  d'équation 
le  plus  général  correspondant.  Nous  appellerons  ces  fonctions 
arbitraires  les  composantes  du  type  considéré. 

La  question  se  pose  dès  lors,  une  équation  quelconque  étant 
donnée,  de  reconnaître  si  elle  appartient  à  un  type  donné  et 
déformer  dans  ce  cas  ses  composantes. 

La  méthode  générale  pour  résoudre  ce  problème  est  la  suivante  : 
partant  du  type  général  considéré  il  faut  d'abord  en  éliminer  les 
fonctions  arbitraires,  ce  qui  conduit  à  des  équations  aux  dérivées 
partielles  qui  doivent  être  satisfaites  si  telle  équation  particulière 
appartient  à  ce  type,  puis  remonter  par  des  intégrations  convena- 
blement dirigées  aux  fonctions  composantes. 

Le  Calcul  différentiel  fournit  théoriquement  le  moyen  d'effec- 
tuer l'élimination  des  fonctions  arbitraires.  En  réalité,  les  calculs 
qu'exige  cette  solution  sont  généralement  inextricables,  et  l'on 
n'en  vient  à  bout,  dans  quelques  cas,  que  grâce  à  des  artifices  spé- 
ciaux. 

Dans  la  pratique,  on  se  borne  presque  toujours  à  un  simple 
examen  de  l'équation  qu'on  veut  représenter,  examen  qui  met  en 
évidence  telle  ou  telle  forme  caractéristique  se  retrouvant  con- 
stamment dans  les  applications.  Il  n'en  est  pas  moins  vrai  qu'il  y 
a  un  réel  intérêt  à  posséder  une  méthode  mathématique  per- 
mettant de  procéder  de  façon  sûre  à  cette  reconnaissance.  Une 
lelle  méthode  a  été,  comme  nous  allons  le  voir,  donnée  pour  les 
types  qui  se  rencontrent  le  plus  fréquemment  en  pratique. 

Nous  tenons  auparavant  à  faire  l'observation  que  voici  :  pour 
les  équations  à  deux  variables,  chaque  type  d'abaque  est  appli- 
cable à  Tune  quelconque  d'entre  elles.  La  question  ne  se  pose 
donc  pas. 

Pour  les  équations  à  trois  i^ariables  il  existe  des  modes  de 
représentation  applicables  à  l'une  quelconque  d'entre  elles 
(n"^  IG,  46,  oo).  Le  rattachement  d'une  équation  de  cette  sorle  à 
tel  lype  plus  ou  moins  général  n'a  donc  pour  objet  que  de  per- 
mellre  de  lui  appliquer  un  mode  de  représenlalion  plus  simple 
que  les  modes  généraux. 

Pour  les  équations  à  plus  de  trois  variables,  au  contraire,  il 
n'exisic  pas  de  méthode  absolument  générale.  En  rattachant  une 
équation  de  celle  sorte  à  tel  ou  tel  type  que  l'on  sait  traduire  par 


THÉORIE  GÉNÉRALE.  DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.        ^l'J 

un  abaque,  c'est  donc  la  possibilité  même  de  sa  représentation 
qu'on  met  en  évidence. 

Cela  dit,  nous  allons  rappeler  ici  les  types  généraux  d'équations 
qui  se  rencontrent  le  plus  fréquemment  parmi  ceux  qui  ont  été 
mis  en  évidence  dans  le  cours  de  cet  Ouvrage,  avec  l'indication 
des  numéros  où  sont  décrites  les  méthodes  de  représentation  qui 
leur  sont  applicables  : 

(I)  /i(ai)-H /,(«,)  =/s(a3)  (n«*26,  32,  66,  133), 

(I  bis)  /i(ai)/î(««)=/3(«3)  (n-  28,  72), 

ce  type  se  ramenant  d'ailleurs  au  précédent  si  on  le  met  sous  la 

forme 

Iog/i(ai)-+-log/,(a,)  =  log/3{a3), 

(»)  /i(ai)/3(a3)-H/«(«i)?j(a3)-+-']'3(a3)=o;      (no*  21,  78), 

/i(ai)     ?i(ai)     'l'iCai) 

(III)  A(OH)      ?î(3t,)       ^f{OLt) 

M^z)     93(a3)     ^z{^i) 


=  0  (!!<»•  47,  56). 


Les  types  (I),  (I  bis)^  (II)  ne  sont,  comme  on  voit,  que  des 
cas  particuliers  de  ce  type  (III)  (*),  auquel  on  ramène  encore  très 
aisément  (n°  48)  le  suivant 

/jyx  \  ^i(ai)^i(ai)/3(a3)H-(^i(ai){^i(ai)?8(a3) 

(  -^v,(ai)v,(a,)4;3(a3)  =  o, 

les  X,  [X,  V  désignant  des  fonctions  linéaires  en  ai  ou  en  ol^* 

(V)  /i(«i) -+-/«(«!)  =/3(a3)4-/4(aO    (n~37,  70,  89,  134), 
(V  bis)  /i(«i)/i(a,)  =/3(a,)/4(av)  (n°  91), 

celui-ci  se  ramenant  d'ailleurs  au  précédent  par  transformation 
logarithmique. 

(VI)  /i(ai)/»(ai)-Hcp,(aO=/3(a3)/v(«v)-H?4(otO     (n"  92,  136), 


(')  Il  convient  de  remarquer  dés  maintenant  que  le  nombre  véritable  des 
fonctions  arbitraires  entrant  dans  un  type  donné,  n'est  pas  nécessairement  égal  a 
celui  des  signes  fonctionnels  distincts  employés  à  l'écrire.  Ainsi,  dans  le  type  (II), 
en  divisant  par  l'une  des  fonctions  de  aj,  on  voit  qu'il  n'y  a  que  quatre  fonctions 
arbitraires;  dans  le  type  (III),  en  divisant  chaque  ligne  du  déterminant  par  un 
de  ses  éléments,  on  voit  qu'il  n'y  en  a  que  six. 

M.  d'O.  27 


/ 


4i8 


.CHAPITRE   VI. 


(VII) 

(VIII) 

(IX) 

(X) 


[?i(ai)  —  ?t(aj)][?s(aj)  — ?*(«»)] 

[/i("i)-/.(«i)]  [/!(«.)-/*(«»)]  =  0         (ii~96,  97), 

/.(«i.pi)  =/.(«..  PO  (nMl-), 

/■("i,  Pi)  -*-/.(««,  Pi)  =/.(«s,  p3)    (n"  H9, 121.  133), 


/i(«i)/3(aj,pj) 

/j(ai)  »>(«».  P«)-t-"l'>(«î,  Ps)  =  o 


(n"  121,  127,  128), 


(XI) 

(XII) 
(XIII) 


=  O 


(ii«  121), 


/i(»i,Pi)  ?i(ai,Pi)  ^'iC»!,?!) 
/i(aî,  Pî)  Ts(«î,Pî)  'l'îCaî,?!) 
/3(«3,Pj)    ?8(a»,  pj)     'l'sCaj,  p3) 

/i(ai)  H-/ï(ai)  -H. .  .-H /«(an)  =  o     (n*-  37,  70,  134), 
/i(ai,  Pi)-f-/i(a„  PO  H-.  •  .-^/«(«„,.P«)  =  o     (n-  120,  134). 


La  détermination  des  caractères  différentiels  dont  il  a  été  ques- 
tion plus  haut  a  été,  comme  on  va  voir,  effectuée  pour  les  types  (I) 
[auquel  se  ramène  (I  6/5)]  et  (II),  de  beaucoup  les  plus  fréquents 
dans  la  pratique. 

Pour  le  type  (III)  l'élimination  des  fonctions  arbitraires  reste 
encore  à  faire,  mais  on  verra  qu'on  peut  former,  au  moyen  de 
l'équation  donnée,  certaines  équations  fonctionnelles  qui  doivent 
être  identiquement  salisfaites  si  Tcquation  donnée  rentre  dans  le 
type  en  question. 

132.  Équations  du  type  (/).  —  C'est  le  comte  Paul  de  Saint- 
Robert  qui  a  résolu  le  problème  en  ce  qui  concerne  les  équations 
du  type  (I),  qu'il  considérait  au  point  de  vue  de  leur  représenta- 
tion par  des  règles  à  tiroir  (n**  133).  Voici  sa  solution  (*)  : 

L'équation  étant  écrile,  en  représentant,  d'une  manière  géné- 
rale, par//  la  fonction //(a/)  de  la  seule  variable  a/, 

(0 


on  a,  en  posant 


fx-^h-h^ 

ÔT-x 

Pi^ 


(')  Memorie  délia  /?.  Accademia  di  TorinOy  i'  série,  t.  \\V,  p.  53;  iS^i 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.  4l9 

et  dérivant  TéquatioD  considérée  successivement  par  rapport  à  ai 
et  à  cL2j 


d'où 


Posant  maintenant 


A  =Apu 
f%=/'tPt, 


pt 


nous  avons 


(.)  .  =  ^. 


d'où,  successivement, 


logr  =  lof/',  — log/'j, 

diogr  _  /; 


(3)  -5ïr  =  7V' 

dMopr 

Telle  est  Téquation  de  condition  cherchée.  Il  est  facile  de  la 
former  lorsqu'on  se  donne  une  équation  quelconque 

(5)  F(a,,a,,aa)  =  0, 
attendu  que 

Si,  pour  la  fonction  r  ainsi  calculée  l'équation  (4)  est  identique- 
ment vérifiée,  l'équation  (3)  fait  connaître /i ,  puis  l'équation  (a) 
où  l'on  remplacey,  par  la  valeur  qui  vient  d'être  obtenue,  donne/2- 

Formant  alors  la  somme /^  -f-Zi,  on  est  assuré  qu'en  y  rempla- 
çant ai  ou  tta  par  sa  valeur  en  fonction  de  ol^  tirée  de  (5),  la  se- 
conde variable,  0.2  ou  ai,  disparaîtra  en  même  temps,  et  on 
obtiendra  ainsi  y3. 

Prenops,  par  exemple,  pour  équation  (5)  l'équation 

(6)  a3=  aiai-*-  /i-4-aJ  /i  -h  a* 


430  CBAPITRB  TI. 

qui  ne  semble  pas,  a  priori,  rentrer  dans  le  t^pe  (1).  Ici  on  a 


/,,  =  a, H- «,  4/ ^— ^ . 
;,.  =  a, -^  «.  ^  ^— ^,  ; 


d'où 

(7) 

par  suite, 

(8) 
et 


V    l-l-aî' 


diogr  «1 


d%i 

i-haj 

logr 

=  0. 

La  condition  étant  remplie,  si  on  porte  la  valeur  (8)  de      .  °^ 
dans  l'équation  (3),  on  a 


d'où,  en  intégrant  une  première  fois, 
(9)  A  = 


/i 


a 


1 


el  une  seconde, 

(lo)  /,  =  Alog(at-r-v/i-t-aî)  -^  B, 

A  et  B  étant  des  constantes  dMntégration  ;  puis,  portant  les  va- 
leurs (7)  et  (9)  de  r  et  de  /',  dans  (a),  on  a 

A 


/;= 


^/ 


I  -+-  a 


1 


d'où,  en  intégrant, 

(II)  yi  =  A  log(a2-t-v/n-a«)  4-  C, 

C étant  une  nouvelle  constante  d'intégration.  Ajoutant  (lo)  et  (i  i), 
on  a  maintenant,  puisqu'on  sait  que  l'équation  prendra  la  forme  (  i  ), 

/,  =  A  log(ai-hv/i-T-aj)  (a2-+-v/i  -+-«?)  4-  B  4-  G 
=  Alog(a3  4-aiy/i  -+-  aj4-  a,  \J v  -h  aj)  -i-  B -+- G. 


y 


THÉORIE  GÉNÉRALE.  DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.        4^1 

Or  Téquation  (6)  rendue  rationnelle  s'écrit 

al  —  2»!  atOLi  =  I  -f-  aj  -f-  aj 


ou 

"        —   •    —    "l    -T-    *J 


«î  —  I  =  aj  -4-  aj  -H  aaïaïaj, 


c'est-à-dire,  eu  égard  à  (6), 

==  aJ(i-haî)-H  aî(i-i-aî)  -H^aïajy/iH-  a}vi-+-  ^fj 
=  (ai  V  i-H  aî  -^  «1 V  I  4-  a}  )  . 

Par  suite,  l'expression  de/j  devient 

/,  =  A  log(a3-+-v/3tî  — i)  -4-  B  4-  C, 
et  l'on  voit  que  l'équation  (6)  peut  se  mettre  sous  la  forme 

log(a|-^v^I-^a})-f-log(a,-^v^l-^a5)  =  log  (a, -^  v^aj  —  i)- 

Le  calcul  qui  vient  d'être  développé  a  eu  l'avantage  de  rendre 
plus  claire  la  solution  générale  ;  mais  on  pouvait  ici,  en  se  fon- 
dant sur  la  théorie  des  sinus  et  cosinus  hyperboliques  sh  et  ch, 
opérer  plus  rapidement  la  transformation  voulue. 

Si,  en  effet,  on  pose 

on  a 

v/n-aî=chai,         /i -+- a|  =  cbaj, 

et  l'équation  demandée  devient 

a3=  shaishi^s+  chi^ichai  =  ch(ai4-  aj). 


Donc 


O 


r 


arg.  ch  as  =  M|  -H  ai  =  arg.  sh  «i  +  arg.  sh  crj. 


—  =  log  (a  -h  /a*  —  i) , 


arg.  sha=   /     -t=  =  log(a -i-/a*-t- 1) 


0     v/i 

Conséquemment  l'équation  précédente  devient 

log  (aj  -4-  /a*  —  i)  =  log  (a,  -+-  \/af  -f- 1) -4-log(a,-f-v/aî  -r- i). 


4^2  CHIPITRB   VI. 

153.  Équations  du  type  (//).  —  i®  Solution  de  M.   Mas- 
sau  (').  —  Supposant  la  fonction  ^^  différente  de  zéro  et  divi- 
sant par  cette  fonction,  nou^  pouvons,  en  remplaçant  j^  et  j-^  par 
fi  et  çi,  écrire  Féquation 


(1) 


/i(ai)/j(«3)-»-/î(«î)?8(a8)-+-i==o. 


Prenant  les  dérivées  par  rapport  à  ai  et  à  a^  et  posant  comme 
précédemment 

àoLz 


nous  avons 


d'où 


?i  ?3  -+-  (/i/j    '-  /î  ?i  )/>î  ^  o, 


équation  qui  montre  que  ol^  est  une  fonction  de  ^^^  •  On  a  donc, 
en  annulant  à  zéro  le  jacobien  de  a»  et  de  ^^?  > 

à  PxA 


^*     doi,  p,f, 


—  o 


OU,  tous  calculs  fails^ 

(3) 

si  Ton  pose 


Ox\ 


=  ri, 


pu 


is 


R-=r,  ^     ...     -r,  ^ 


Pi 


Pi 


(')  C'est  M.  Dcmoulin,  cliargé  de  cours  à  l'Université  de  Gand,  qui  a  eu 
l'obligeance  de  nous  communiquer  l'analyse  ici  reproduite,  dont  le  résultat  seul 
est  mentionné  dans  le  Mémoire  déjù  cité  de  l'auteur  sur  Vlntégration  gra- 
phique (Liv.  III,  Ch.  III,  n"  178). 


THÉORIB  GÉNÉRALE.  DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.        4^3 

Si  l'on  pose  maintenant 

(4)  4^=U,.        ^=U„ 

Téquation  (3)  devient 

(5)  />iU,-h/?,U,  =  R.. 

• 

Toute  solution  de  Téquation  (i)  vérifie  l'équation  (5)  et  réci- 
proquement y  car,  de  l'équation  (5),  on  peut  remonter  aux  équa- 
tions (3)  et  (2),  et,  si  l'on  désigne  par  V3  une  fonction  de  aj, 
celle-ci  peut  s'écrire 


V,= 


Ptfx 


ou 


d'où 


Px    V,/, 
P^      /î 


=  0, 


«3=*(V3/,  -^/,), 


équation  de  la  forme  (1). 

Dérivons  maintenant  l'équation  (5)  successivement  par  rapport 
à  ai  et  à  a2.  Cela  nous  donne 

(6)  r,U,+  *U,  +  />,U',  =  ^, 

(7)  ,U,-+-r,U,-^/>»U;  =  ^. 
Dérivant  ensuite  l'équation  (6)  par  rapport  à  a2  on  a 

d%i  d%x  ^M  OoLiOoLi 

Les  équations  (5)  à  (8)  donnent  les  valeurs  de  Ui,  Uj,  U',,  U 

et  notamment 

U,  =  S,        U,  =  T. 

On  en  déduit 

On  peut  voir  que  les  équations  (9),  qui  sont  du  cinquième 
ordre,  forment  un  système  équivalent  à  l'équation  (5). 

Soit,  en  eflfct,  ol^  une  solution  commune  aux  équations  (9). 


4^4  CHAPITRE  YI. 

Formons  les  équations 

(6)'  nX-h  5UL   -f-/?iV  =   T-  > 

(7)  sA-f-r,{ji-h/>iit= -— , 

(8)  -^X-t--p-tjiH-~v-T-r7r= , 

qui  définissent  \  [x,  v,  tc. 

On  a 

X  =  T,        [i=S 

et,  par  suite,  en  vertu  de  (9), 

d\  du. 

—  =0,        :rr-  =  o, 


dfii  doL 


1 


ce  qui  prouve  que  [x  est  fonction  de  ai  seulement  et  X  de  aa  seu- 
lement. Donc,  toute  fonction  vérifiant  les  équations  (9)  est  une 
solution  de  (5). 

2®  Solution  de  M.  Lecornu(^).  —  Partant  de  la  même  équa- 
tion (i),  M.  Lecornu  forme  aussi  l'équation  (2),  puis  il  pose 

^'"^  '•og/;=-x.- 

/i>  /s»  7.3  ï^'^^î^'i^  fonctions  respectivement  que  de  ai,  a2,  ol^.  On 
peut  alors  écrire  l'équation  (2)  sous  la  forme 


_   £1  ^ 
d'où 


(«0  log^:  =Xi-+-z,^X3' 


^    1      /'t         /         f 


et 


(12)  loff— =  73P1P2-+- y'a^. 


(')  C.  y?.,  t.  cil,  p.  8i5;  iSSfi. 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4^^ 

Posant  encore 


s 


(.3)  {"'^^      ^, 

Pi  Pi  à7.i07.x  px 

cette  dernière  expression  étant  du  troisième  ordre  par  rapport 
à  as,  on  peut  écrire  l'équation  (12)  sous  la  forme 

(«4)  X3-^X>  =  ^- 

Prenant  les  dérivées  de  celle-ci  par  rapport  à  ai  et  à  a2,  on  a 

d    ,    „         ,     ^         ,  au         dv 


d'où 


ou 


,  I      du  du\  âif  dv 


dif  dv 


Posant 


dv  àv 


expression  du  quatrième  ordre  par  rapport  à  olj,  nous  pouvons 
écrire  l'équation  précédente 

(•7)  Xi=«^' 

d'où 

(•8)  Xï/'.^^-'         XÎ/'.=  ^- 

Éliminant  successivement  yj  et  y,  entre  (i4)>  ('7)  et  chacune 
des  équations  (18),  on  a  les  deux  équations  du  cinquième  ordre 


(19)  — '  =  — L=i,_a(v. 


âw  dw 

Ti'  "  'p^ 


4a6  CHAPimB  Ti. 

On  trouve  ainsi  un  nouveau  système  de  deux  équations  du  cin- 
quième  ordre,  nécessairement  équivalent  à  celui  qu^avait  donné 
la  méthode  de  M.  Massau. 

Le  calcul  de  u^  v^  w^  que  définissent  les  équations  (i3)  et  (iG), 
peut  s^eflfectuer  ainsi  qu'il  suit  : 


s 

u  = 


PiPt 
f)u  ou 

(20)  ^     ç  = 


Pi  Pi 


1  I    doit  Or 

w  r-.  - 


77/ • 


♦^  \  ^î       p\ 

Ces  expressions  différentielles  étant  formées,  on  vérifie  si  elles 
satisfont  à  (19).  S'il  en  est  ainsi,  il  reste  à  déterminer /j,  /a,  /j, 

fa- 
La  première  équation  (19)  montre  que  cv  est  fonction  de  a^. 

Dès  lors  (17)  donne 

7.3  ""J  »^' ^*5- 


L'équation  (i  1)  donne  ensuite 


P. 


Si  donc  nous  remplaçons  y^  par  sa  valeur  en  ai  et  a2,  le  second 
membre  devient  la  somme  d'une  fonction  de  a,  qui  est  y^  et  d'une 
fonction  a^  qui  est  y  . 

Dès  lors,  les  deux  dernières  du  groupe  (10)  donnent 

et,  par  suite, 

Enfin  l'équation  (1),  jointe  à  la  première  du  groupe  (10),  qui 
peut  s'écrire 

fait  connaître /a  et  cpj. 

Remarque,  —  Nous  avons  supposé,  dans  le  type  (II),  la  fonc- 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.  4^7 

lion  ^z  diflerente  de  zéro.  S*il  n^en  était  pas  ainsi,  Téquation 
pourrait  se  mettre  sous  la  forme 

/i-h/,/3  =  o, 
ou 

et  Ton  voit  qu'elle  rentrerait  alors  dans  le  type  (I),  étudié  au 
numéro  précédent. 

154.  Equations  du  type  {III).  —  Pour  les  équations  de  ce 
type,  Télimination  des  fonctions  arbitraires,  qui  ne  semble  pou- 
voir se  faire  qu'au  prix  de  calculs  fort  compliqués,  n'a  pas  encore 
été  réalisée.  Toutefois,  M.  E.  Duporcq  (*)  est  parvenu  à  établir 
certaines  équations  fonctionnelles  qui,  si  elles  sont  satisfaites, 
permettent  de  mettre  l'équation  donnée  sous  la  forme  (HI)  du 
n^  151.  Il  commence  par  chercher  la  condition  pour  que  la  fonc- 
tion F(ai,  CL2)  puisse  se  mettre  sous  la  forme 

Soient  aa  et  62  deux  valeurs  arbitraires  de  a2.  Les  trois  fonc- 
tions de  ai,  F  (ai,  aj),  F(a|,  02)  et  F(ai,  62)  sont  de  la  forme 

X<p,(ai)-r-{i'j'i(ai), 

A  et  [i.  étant  indépendants  de  a|.  Ces  trois  fonctions  de  a,  sont 
donc  liées  par  une  relation  linéaire  et  homogène.  Par  suite,  a^ 
et  6|  étant  deux  valeurs  arbitraires  de  ai,  on  a  l'identité 

F(a|,a,)     F(a,,a,)     F(a,,6,)  | 
F(ai,aj)    F(a,,a,)     F(a,,  ^,)  1  -^  o. 
F(6,,a,)     F(èi,a,)     F(6,,èj)  \ 

Cette  condition  est  d'ailleurs  suffisante,  puisqu'on  peut  alors 

écrire 

F(a,,  a,)  =  aF(a,,  a,)  -.-  i^F(a,,  b^), 

u  et  i'  ne  dépendant  que  de  a2. 


(')    C.   B.    (t.  CXXVII,  p.   265;   i*'  août   1898)   et  U.    D.   (a-  série,  t.   XXII, 
p.  287;  1898). 


428 


CHAPITRE  VI. 


On  voit,  de  plus,  que  les  fonctions  ^ i  et  ài  sont  toutes  deux  de 

la  forme 

/F(ai,a,)-4-mF(a|,  6,), 

l  et  m  étant  des  constantes. 

Cela  posé,  cherchons  à  quelles  conditions  on  peut  avoir 

/i(ai)    «Pi(«»)     ^i(^i) 


F(ai,  «1,  cLz)  = 


/«(«î)       ?l(3tî)       '\'t(OLt) 

Ai^z)    ?8(«j)     'l'sCaa) 


déterminant  que  nous  appellerons  A. 

Soient  ^2,  ^2)  ^2  trois  valeurs  arbitraires  de  a2y  et  a^,  63,  Cj 
trois  valeurs  arbitraires  de  aj.  On  voit  que  les  quatre  fonctions 
de  ai, 

F(ai,«î,aj),     F(ai,ai,  oa),     F(«i,^2,  ^3),     F(a,,c,,Cj) 

sont  de  la  forme 

^/l(«l)-^-f^?l(al)-+-v^^l(atl), 

)v,  [JL,  V  étant  indépendants  de  a|.  Il  existe  donc  entre  ces  quatre 
fonctions  de  a,  une  relation  linéaire  et  homoçène.  Par  suite,  ezi, 
6|,  C|  étant  trois  valeurs  arbitraires  de  aj,  on  a  Tidentité 


(0 


=  o. 


F(ai,aî,a3)  F(«i,«î,«3)  F(ai.^«,  ^ï)  F(ai,c,,C3) 

F(ai,as,  «3)  F(at,a„rt3)  F(a,,6,,  6,)  F(a,,C8,C3) 

F(6i,a„a3)  F(^i,a,,a3)  F(^,,6,,^3)  F(6|, c„c,) 

F(c,,a2,a3)  F(ci,a„a3)  F(ci,6j,^>,)  F(c,,0j,C3) 

On  aura  deux  autres  identités  analogues, 

(7)     et     (3), 

en  opérant  de  même  pour  les  variables  0L2  et  a^i. 

On  voit,  de  plus,  que  les  fonctions /i,  o,,  «^i  sont  toutes  trois 
de  la  forme 

/,  F(ai,  «j,  aj)  -^-  //?,F(a,,  ^2,  ^3)  h-  /i,  F(a,,  Cj,  C3), 

/,,  m^,  /î|  étant  des  constantes.  On  peut  même,  en  remplaçant 
chacun  des  éléments  du  déterminant  A  par  la  somme  des  élé- 
ments de  la  même  ligne  multipliés,  dans  chaque  colonne,  par  des 
paramètres  convenables,  supposer  que 

(A)      /i  — F(a,,a,,a3X       91-^  F(a,,è,,  63),       ^1  ^-=^  F(a|,  c„  C3). 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4^9 

Maintenant  l'identité  (i)  montre   qu'il  existe   trois  fonctions 
Uj  V  el  w  de  0L2  et  as  telles  que 

P(ai,  ai,  «3)  =  MF(ai,  «j,  a^)  -♦-  p(Fa,,  6,,  63)  -1-  ivF(ai,  c,,  C3), 

et  il  va  falloir  exprimer  que  ces  trois  fonctions  peuvent  être  mises 
simultanément  sous  les  formes 


(8) 


u  = 


?1    03 

• 

«Vi     ^z 

^1     'J'a 

»         ('  = 

A  A 

w  = 


/.  A 


S'il  en  est  ainsi,  la  fonction /2,  par  exemple,  qui  figure  dans  v 
et  dans  (v,  doit,  en  vertu  de  la  remarque  faite  plus  haut,  être  à  la 
fois  des  deux  formes 

/j    =r,[/j   v{(iuaz)-\-nit  i^(aj,  6,)], 
/,-=r,[/iw(a„  <i3)-T-/^i«'(a„  6,)]. 

Cette  fonction  pourra  donc  être  déterminée  à  une  constante 
près  si  les  quatre  fonctions  de  ol^ 

(Al)  t'(aj,  aa),     v(^i,bz),     w(a„  aj),     w(a,,  63) 

sont  liées  entre  elles  par  une  relation  linéaire  et  homogène  ;  or 
cela  résulte  des  identités  (i)  et  (2). 

En  effet,  en  vertu  de  (i),  les  fonctions  v{^x^  ol^)  et  iv(a2,  aa) 
sont  des  fonctions  linéaires  et  homogènes  des  trois  fonctions 

F(ai,  atî,  a3),     F(6,,  a^,  «3),     F(ci,  a,,  a,) 

et,  en  vertu  de  (2),  la  fonction  de  a2,  F(t,i,  a2,  Ç3)  est,  quels  que 
soient  tji  et  Ç3,  une  fonction  linéaire  et  homogène  des  trois  fonc- 
tions de  0L2 

F(a,,  ai,  az),     F(6i,  a,,  63),     F(c,,  a,,  Cs). 

Les  quatre  fonctions  (A2)  peuvent  donc  s'exprimer  en  fonction 
linéaire  et  homogène  des  trois  précédentes.  Il  existe  bien,  par 
suite,  entre  elles  une  relation  linéaire  et  homogène,  et  la  fonc- 
tion y^  se  trouve  déterminée  au  facteur  constant  r^  près. 

De  même,  au  facteur  constant  r^  près,  on  mettra  f^  sous  les 

formes 

A^n[U  t'Cai,  aj)-4-/W3   v{btyCLz)\, 


D'une  manière  analogue,  on  obtiendra  finalement  trois  fonc- 


43o  CHAPITRE   TI. 

tionsy  ®,  <fl,  ^l  de  a^  et  trois  fonctions /J,  çj,  AJ  de  ol^  respective- 
ment proportionnelles  aux  fonctions  /2,  cpj,  J/j,  /s,  Çs»  ^»>   en 

sorte  que 

A=--rtA^        ?î-«i?î»        'î'î-'i'l'J. 

A=r^fl^        ?3-53?î,        4'»=^'!'?. 
Posons,  en  outre, 


ço^o  -  U, 

?5^î=u', 

*l'j  ^^, 

»,/,  =  X', 

VtA  =  V, 

-l-î/î  -  V'. 

'i  /-s  -    K. 

'.  rt  =  h', 

/??î=--w. 

y*.??-  w. 

r,«,  =  V, 

r,«,=  v'. 

Si  la  première  égalité  (3)  est  satisfaite,  on  a 

i/  =  XU-X'U'. 

Or  cela  exige  que  Ton  ait  identiquement 


(4) 


"(«1,  «3)1 


U(aî,  aj), 
U(ai,  aj), 
U(6„6,), 


U'(a,,  aj) 
U'(6,,  6,) 


—  o. 


On  obtiendra  deux  identités  analogues 

(5)     Cl     (6), 

d'une  part  entre  v^  V ,  V,  de  l'autre  entre  w,  W,  W. 

Inversement,  si  ces  conditions  sont  remplies,  on  pourra  déter- 
miner )v,  UL,  V,  //,  |jl',  v'  de  telle  sorte  que 

wr-  XU  — X'U', 

et  Ton  en  déduira  lés  coefficients  Ta,  .Çj,  ^J,  /'s,  53,  ^3  au  moyen 
des  formules  qui  ont  servi  à  définir  A,  [ji,  v,  )/,  a',  v',  à  la  condi- 
tion loulefois  davoir 

(7)  Xtjiv  —  X'jjl'v'. 

On  connaîtra  alors /a?  ^2?  '^2y  f^^  'fs»  ^37  les  trois  premiers  élé- 
ments y^,  cp,,  i,  étant  déterminés  par  (A). 

En  résumé,  on  aura  à  vérifier  les  égalités  numérotées  de  (1) 
à  (7),  et,  quand  elles  seront  satisfaites,  on  saura  déterminer  les 
six  éléments  du  déterminant  A. 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  43 1 

La  recherche  précédente  sera  grandement  simplifiée  si  les  sys- 
tèmes de  valeurs  («i,  6|,  C|),  {a2,  62,  C2),  («3,  63?  C3)  satisfont  à 
Téquation  donnée,  de  sorte  que 

F(a|,  ùi,  Ci)~o, 
F(a,,6,,  c,) -^o, 
F(a3,  63,  Cj)  —  o. 

On  n'aura,  dans  ce  cas,  qu'à  chercher  à  déterminer  les  coeffi- 
cients X,  [JL,  . . .,  v"  tels  que  Ton  ait  identiquement 


F(3tn  «1,  as)-= 


X  F(a,,  6,,  c,),  [X  F(rt|,  a,,  Ci),  v  F(a,,  6,,  a,) 
V  F(a„  6,,  c,),  {jl'  F(a„  «j,  c,),  v'  F(a,,  6,,  as) 
X'F(a,,  63,  cj),     (JL'F(a„  aj,  Cj),     v*F(a3,  ^3,  «3) 


et  il  sera  facile  de  reconnaître  si  cette  détermination  est  possible. 

155.  Équations  représentables  par  des  abaques  à  graduations 
superposées.  —  Au  sujet  traité  dans  les  numéros  précédents  nous  ratta- 
cherons la  recherche  des  équations  les  plus  générales  auxquelles  est  appli- 
cable le  principe  de  la  superposition  des  graduations  sous  les  deux  formes 
spéciales,  importantes  aux  points  de  vue  des  applications,  que  nous  avons 
envisagées  au  n°  21. 

Rappelons  que  nous  avons  été  conduit  par  voie  d'intuition  aux  types  (i) 
et  (3)  donnes  dans  ce  numéro.  Il  s'agissait  de  voir  s'ils  étaient  bien  les  plus 
généraux  jouissant  de  la  propriété  voulue.  C'est,  nous  l'avons  déjà  dit,  à 
M.  G.  Kœnigs,  que  nous  sommes  redevable  de  la  solution  de  ce  double 
problème.  La  voici  : 

Problème  I.  —  Trouver  des  /onctions  <p,  <j/,  U  tel , es  que 

o(Xta,,  X,ai)E-^(X|,X,,  U), 

U  ne  dépendant  que  de  «i  et  a^. 

Si  nous  posons 
(i)  i>  =  (p(X,ai,  X,aj), 

12  vérifie  le  système  d'équations 

dQ        .     du 
{■D  A(U)=,,  — -X.5j^=o, 

dQ,        ^     do. 

(3)  B(U)=a,_-X.^=o, 

(4)  G(û)=5^5j--;^5j-^=o. 


432  CHAPITBB   Tl. 

On  a  identiquement 

A(B(Û))  — B(A(Û))  =  o 


et 


A(C(û))-G(A(û)) 

_  A^—  —  —  —  — ^  — c/"     —  —      —\ 
"""      \àaLt  àai        (^«j  àoLi/  \   ^  ôoli  *<^i/ 

les  dérivées  secondes  disparaissant  d'elles-mêmes,  comme  on   sait.  Or 
on  a 

Donc  12  vérifie  Téquation 

De  même,  en  partant  de 

B(C(U))-C(B(û))  =  o, 
on  trouve 

Si  l'on  tient  compte  de  (4)  les  équations  (5)  et  (6)  deviennent 

\   '  ôsLi  âoii        d%i)  doLi  *  daj    doLt  ""     ' 

/        d^\]    __  d\]_\  dV^_      d^V  dU  _ 
\  ^doiidoLf        doLi/  doii  *  daL\   doLi  ~~     ' 

qu'on  peut  écrire 


d^V  d^V 


dai  doLf 
dV 

da^ 
dV 

I 

dOL^ 

dOLi 

d^V 

d^V 

doLi  daf 

dOLi 

d0i\ 

dV 

dOLi 

I 

THÉORIB  6ÊNÉRALB.  DÉTELOPPBMENTS  ANALYTIQUES.        433 
OU 

/  àU  \ 

__  ^logai 


ou  encore 


__  ^logaj 


Xj  et  Xi  étant  respectivement  des  fonctions  de  ai  seul  et  de  sj  seul,  ce  qui 
exige  que  l'on  ait 

Xf  SiXsQCf  =  I 

et,  par  suite, 

Xioii=/?t,         Xjaj= — f 

m 

m  étant  une  constante. 
On  a  donc 


dU 

doif 

«1 

dU 

mai 

(^2l 

ou 

■  mi 

0, 

ce 

qui 

donne 

U  = 

■A 

«î«r) 

ou 

,  pli 

js  symétriquement, 

U  = 

A^ 

t?«a?0, 

Ail  et  /is  étant  des  constantes. 
L'identité  initiale  prendra  donc  la  forme 

9(X,ai,  Xia,)s»|;(X,,X„/(aîiaJ.))- 
Si  l'on  fait  Xiai  =  ol\  ,  Xsa^  =  a,,  il  vient 

0U|  en  attribuant  à  Xi  et  X^  des  valeurs  numériques  quelconques, 

(p(a;,a;)=A(a^a«.), 
M.  D'O.  28 


434 


CHAPITEE  Yl. 


A(2-)  étant  une  fonction  quelconque  de  x.  Par  suite, 

?(ai,aï)  =  A(aî.aî.)- 

On  retombe  bien  ainsi  sur  la  forme  (i)  du  n*  21. 
Problème  II.  —  Trouver  les  fonctions  o,  ^,  U  telles  que 

ç(Xat,X'«a,)  =  ^/(X,U), 

IJ  ne  dépendant  que  de  oei  et  ocf 
Posons  encore 

(i)  ç(Xa„X'«aO  =  Û. 

Ici  12  vérifie  les  équations 


(2) 


A(0)  =  «1- h  mas- A -r^  =  o, 

oai  àoLi  ok 


<3) 

On  a  identiquement 


=  o. 


A(B(Û))— B(A(Û))  =  o 


ou 


/        ()<U  '    ^___    <^U\  dQ. 

\  *  €^«1  c^aj  *  c»a}  (^«2  /  dat 

/     d^\}  d^\}  d\}\  dû, 


ou  encore,  en  tenant  compte  de  (3), 


\      ()aj  dai  daj  oaij  d^i 


qu'on  peut  écrire 


«i 


c)ai  d%i 


()»U 


maj 


Si  l'on  pose 


V  = 


()*U 

<)2U 

àA 

c^ai  dcLf 

d\} 

d\} 

OOL^ 

t)aj 

f)U 

da, 

dU  ' 

f^a, 

—  (I  —  m)  =  o. 


THÉORIE  GÉNÉRALE.   DÉTELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.  435 

cette  équation  devient 
On  a  donc     ' 


v=.r"x(^) 


En  se  reportant  à  l'expression  ci-dessus  de  V  on  conclut  de  là  que 


ou  encore 

.ni 


«r'rf».+x(^)''«> 


doit  admettre  un  facteur  intégrant. 
Si  nous  posons 


«2=  MaJ*, 


il  vient  pour  cette  expression  différentielle 


«1 


'  rfa,-4- x(-)  («r  ^"-+- '^«r"*  w^«i)» 


ou 


doL^  ^\u/ 


I  -h  frii 


dont  rintégrale  a  la  forme 

logat-4-log/(a)  =  loga,/(w), 

/"étant  une  fonction  arbitraire  comme  ^. 
Donc  U  est  de  la  forme 

u  =  fU/U«^)], 

et  l'on  en  conclut,  comme  à  la  (in  de  la  solution  précédente,  que 

A(â?)  étant  une  fonction  quelconque  de  x. 
On  retombe  bien  ainsi  sur  la  forme  (3)  du  n®  21. 


436  CHAPITRE   Y1. 

B.  —  Théorie  algébrique  des  équations  représentables 

FAR    TROIS    SYSTEMES    LINÉAIRES    DE    POINTS    ALIGNÉS. 

156.  But  d'une  telle  étude.  —  Si,  dans  réquatîon  générale 
répondant  à  un  certain  type  d'abaque,  telle  que  celles  qui  sont 
envisagées  au  n^  151 ,  on  suppose  toutes  les  fonctions  arbitraires 
composâmes  algébriques,  on  obtient  un  certain  type  général 
d'équation  algébrique  représentable  au  moyen  du  type  d'abaque 
considéré.  La  question  se  pose  alors,  étant  donnée  une  équation 
quelconque  de  ce  type,  de  reconnaître  comment  on  pourra 
former  les  fonctions  composantes  correspondantes  et  de  cher- 
cher  à  quelles  conditions  ces  fonctions  seront  toutes  réelles, 
sans  quoi  ce  mode  de  mise  en  abaque  serait  purement  illusoire. 

En  outre,  comme  une  telle  solution,  lorsqu'elle  est  possible, 
comporte,  en  général,  une  infinité  de  variantes,  on  peut  se  pro- 
poser de  choisir  parmi  elles  celle  qui,  à  un  certain  point  de  vue, 
offre  le  plus  de  simplicité. 

Pour  les  équations  du  type  (HI)  du  n^  151,  où  l'on  suppose  que 
toutes  les  fonctions  composantes  /,  cp,  ^  sont  linéaires,  nous 
avons  donné  une  solution  absolument  complète  de  la  question  (*), 
que  nous  allons  reproduire  ici  pour  bien  préciser  l'ordre  de  re- 
cherche algébrique  auquel  conduit  la  Nomographie,  et  dont  les 
lignes  précédentes  ne  peuvent  donner  qu'une  idée  assez  vague. 

On  verra,  sur  cet  exemple  qui  semble  pourtant  assez  simple  au 
premier  abord,  combien  délicate  est  la  discussion  que  soulève  un 
pareil  problème. 

Lorsque  toutes  les  fonctions  /",  cp,  di  du  type  en  question  sont 
linéaires,  les  trois  systèmes  de  points  cotés  correspondants,  définis 
comme  on  l'a  vu  au  n**  61,  constituent  chacun  une  échelle  li- 
néaire  (n°  7).  On  est  dès  lors  tout  naturellement  conduit  à  se  de- 
mander si,  par  remploi  de  la  transformation  homograpliique  géné- 
rale définie  au  n"  61 ,  on  pourra  faire  en  sorte  que  ces  échelles 
deviennent  régulières  (n®  3,  i*^).  C'est,  dans  ce  cas,  la  variante 
que  nous  considérerons  comme  offrant  le  plus  de  simplicité. 

(')  0.22. 


THÉORIE  GÉNÉRALE.   DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.  437 

De.  là  deux  parties  distinctes  dans  cette  théorie  :  i**  Détermi- 
nation des  fonctions  composantes  ;  2°  Transformation  des 
échelles  linéaires  en  échelles  régulières. 

Nous  commencerons  par  établir  quelques  formules  et  faire 
quelques  remarques  auxquelles  nous  aurons  à  nous  référer  par  la 
suite. 

157.  Formules  et  remarques  préliminaires.  —  Étant  donné 
un  ensemble  de  trois  systèmes  de  points  cotés,  on  peut  toujours, 
par  une  transformation  homographique,  faire  en  sorte  que  les  sup- 
ports des  trois  systèmes  soient  des  droites  assignées  d'avance,  en 
distinguant  toutefois  les  cas  où  ces  supports  sont  ou  non  con- 
courants. 

Premier  cas.  —  Les  supports  ne  sont  pas  concourants.  — 
Dans  ce  cas,  une  transformation  homographique  permet  de  faire 
coïncider  deux  des  supports  avec  les  axes  de  coordonnées  Ox 
et  Oj^,  et  le  troisième  avec  la  droite  de  l'infini  du  plan  Oxy  (ce 
qui  revient  à  faire  correspondre  à  chaque  valeur  de  as  une  direc- 
tion du  plan).  Les  trois  systèmes  sont,  dès  lors,  définis  par 

et  l'équation  représentée  prend  la  forme 

(       (mtai-4-/i,)(m,aj-4-/i,)(mja3-f-n3) 

(  -+-(/>iai  -^qi){p\^t  -+-yi)(/>8  3ts-4-^s)=  o, 

qu'on  peut  écrire 

■ 

(E'a)       M(ai-+-Si)(ai-+-Sj)(a3-+-Sj)-l-P(a,H-  ^i)(aj-H  ^î)(a8-4- ^3)=  o. 

Deuxième  cas,  —  Les  supports  sont  concourants.  —  Dans  ce 
cas,  une  transformation  homographique  permet  de  faire  coïncider 
deux  des  supports  avec  Ox  el  Oy^  et  le  troisième  avec  la  bissec- 
trice de  l'angle  de  ces  axes.  Les  trois  systèmes  sont  alors  définis  par 

r  =  mia|-+-ni,        y  =  o,  t=p^CLx-^qu 

(b)     {a™  =  o,  y  =  rritOLi-^- ni^        t  ==  PfCit-^  qi^ 


X  =  /«laiH-  /II, 

y  =  o, 

t  =  Pia\  -hqu 

:r  =  0, 

y  =  PiCLt-hqf, 

t  =  ntiOif-h  fiij 

^  =  Ps^i  -^  qz, 

y  =  rnzOLz-\-  n^y 

/  =  0, 

438  CHAPITRE  TI. 

et  l'équation  représentée  prend  la  forme 

niiUi-h  Fil       mfai-\- rit       /Wja|-+-/i|         ' 
qu'on  peut  encore  écrire 

(E'6)  — ^  +  —^1—  +  -Jl—  =  N. 

rti-4-*i       aj-4-*i       a^-hSi 

Chacune  des  équations  (Ea)  et  (E6)  développée  est  de  la  forme 

(  E  )    A  a  1  aj  as  -t-  Bi  a,  aj  H-  Bj  aj  a I  -H  Bj  Œi  a j  -+-  Cl  3t|  H-  Cl  «t  -+-  C|  «1  -4-  D  =  o. 

Toute  la  question  revient  à  mettre  une  équation  donnée  du 
type  (E)  sous  Tune  des  formes  (Ea)  ou  (E6),  en  ajant  pour  tous 
les  paramètres  des  valeurs  réelles. 

En  vue  d'alléger  la  suite  de  notre  exposé,  nous  allons  définir  ici 
certaines  fonctions  des  coefficients  et  faire  quelques  remarques 
relatives  à  des  équations  qui  s'y  rattachent  et  qui  joueront  plus 
loin  un  rôle  important. 

Posons 

/  Fo=BiCi-hB,C,-+-B5C8— AD, 

(I)    I  E/=AC/-ByBA,        F,=  Fo— 2B/C/,        G/=B/D  — CyCi- 

Le  discriminant  du  premier  membre  de  l'équation  (E)  rendu 
homogène  peut  s'écrire 

A  =  FÎ-4(BiC,B,C,-hBsC2B3C3 

BjCaBiCi-ACCCa— B,B,B,D), 


et  l'on  a 

(III)  FJ-4E^G/=A        (1  =  1,2,3). 

Si  donc  on  considère  les  trois  équations 

(?/)  ?iip)  =  E/p«-+-  F,p -h  G/  =  o        (i  =  I,  2,  3), 

la  condition  de  réalité  des  racines  est,  pour  chacune  d'elles, 

A^o. 
On  a  encore 

E/B?  -+-  F;AB/    -+-  G/A«  =  —  EyE^, 

(IV)  {  E/C1.-4-  F, ByCA-f-  G,b;  =-  EkGj. 

E,D«-+-F/G,D  -hG,C?  =-GyG;t. 


THÉORIE  GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS  ANALYTIQUES.  439 

On  en  déduit  que  si  £^^=0,  c^est-à-dire  si  l'équation  (ça) 
a  une  racine  infinie,  l'équation  ((p/)  a  une  racine  égale  à  -^> 

égale  aussi  à  -^f  et  de  même  V équation  (yy)  une  racine  égale 


A  ^  ^ë^''^  aM55e  a  -^-^  •  •  •• 

Enfin,  on  voit  bien  aisément  que,  parmi  les  trois  systèmes  E/, 
F/,  G/(/=  I,  2,  3),  il  ne  peut  y  en  avoir  un  composé  de  trois 
éléments  nuls  sans  qu'il  en  soit  de  même  pour  l'un  des  deux 
autres.  La  variable  dont  l'indice  diffère  de  ceux  de  ces  deux 
systèmes  entre  alors  dans  un  binôme  qui  se  met  en  facteur 
dans  le  premier  membre  de  (E).  Cette  équation  cesse  alors 
d^étabiir  un  lien  entre  les  trois  variables,  et  il  n'y  a  plus  lieu,  dès 
lors,  d'en  rechercher  une  représentation. 

Dans  le  cas  où  tous  les  coefficients  de  (E)  sont  différents  de 
zéro,  cette  proposition  se  démontre  ainsi  qu'il  suit.  On  a 

ACi—  ByBit=  o,        By Cy-+-  B;tC^—  B/C/—  AD  =  o,        B/D  —  CyC*  =  o. 

Tirant  A  et  D  des  équations  extrêmes  pour  porter  leurs  valeurs 
dans  l'équation  du  milieu,  on  obtient 

(ByCy-  BiCi)(BkCk-  B/C,)=  o. 

L'un  de  ces  deux  facteurs  est  nécessairement  nul  ;  soit  le  premier. 
Rapprochant  l'équation  qui  en  résulte  des  deux  extrêmes  du 
groupe  précédent,  on  en  conclut  que 

Ba  ""  C/  ~  Gy  -  D  ""  X  ' 

Dès  lors,  l'équation  (E),  qui  peut  s'écrire 

a/ay(Aa;t-j-  Ba)-4-  «/(Bya^H-  C/)-+-  ay(B/aA-4-  Cy)-4-  C^a^t-f-  D  =  9, 

devient  » 

((Xfc-h  X)(Aa/ay-+-  Bya/-+-  B/ay-t-  Ck)=  o, 

ce  qui  démontre  la  proposition. 

Si  un  ou  plusieurs  coefficients  de  (E)  sont  nuls,  la  démonstra- 
tion ci-dessus  se  modifie  un  peu  dans  la  forme,  mais  subsiste  pour 
le  fond.  Partout,  dans  la  suite,  nous  supposons  donc  E/,  F, 
et  G/(i  =  I ,  a,  3)  non  nuls  à  la  fois. 


44o  CHAPITEB  YI. 

158.  Formation  des  fonctions  composantes  dans  le  cas  de 
trois  systèmes  non  concourants,  —  Afin  d'éviter  toute  hypothèse 
particulière,  nous  représenterons  par  «,  y,  k  une  permutation 
quelconque  des  indices  i,  2,  3  et  nous  supposerons  les  équations 
(E),  (Ea),  (E'a)  remplacées  par  celles  que  Ton  obtient  avec  ce 
changement  de  notation  des  indices. 

Sur  la  forme  (E'a),  on  voit  que,  pour  a,=  —  5/,  le  premier 
membre  de  Téquation  se  réduit  à  un  produit  de  binômes  en  ay 
et  a^.  Or  le  résultat  de  cette  substitution,  dans  le  premier 
membre  de  (E),  est 

(Bj—  As/)ayaA-+-(Cy—  B;t5/)ay-i-(GA—  By5/)a;t-+-  D  —  G/S/. 

Pour  que  ce  polynôme  se  décompose  comme  il  a  été  dit,  il  faut 
que 

(B/-A5/)(D-C/5/)-(Cy-B;tS/)(C;t-By5/)=0, 

OU,  si  Ton  se  réfère  à  la  définition  donnée  au  numéro  précédent, 
que 

çp/(5/)=0. 

On  trouverait  même  que 

9i(/i)  =  o. 

Si  donc  p^'  et  pj  sont  les  deux  racines  de  l'équation  (ç/),  on  voit 
que  l'équation  (E'a)  peut  s'écrire 

{Wa)     M(a,.4-pi)(a,4-p;.)(aA-+pi)4-P(a/+pn(ay+p;)(aA-r-pI.)  =  o. 

Les  racines  p'  et  p"  doivent,  d'après  cela,  être  réelles;  elles 
doivent  aussi  être  inégales.  Si,  en  effet,  on  avait  p^.  =  pj,  le  bi- 
nôme a/ H-  0/  se  mettrait  en  facteur  commun  et  l'équation  se  dé- 
composerait. Donc,  d'après  ce  qui  a  été  vu  au  numéro  précédent, 
pour  que  V équation  (E)  soit  représentable  par  trois  systèmes 
linéaires  non  concourants,  il  faut  que  le  discriminant  1 
soit  >  o. 

On  va  voir  que  celle  condition  nécessaire  est  également  suffisante 
en  prouvant  que,  lorsqu'elle  est  remplie,  on  obtient  toujours  pour 
M  et  P  des  valeurs  réelles. 

Il  faut  d'abord  reconnaître  le  lien  qui  doit  nécessairement  exister 
d'une  part  entre  les  racines  du  groupe  (p'),  de  l'autre  entre  les 
racines  du  groupe  (p"). 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉYELOPPEMBNTS   ANALYTIQUES.  44 1 

Sur  la  forme  (E^a)  de  Téquation,  on  voit  que  son  premier 
membre  devient  identiquement  nul  pour  ai=  —  p'^,  aA=  —  plt- 
Faisant  cette  substitution  dans  le  premier  membre  de  (E)  et  an- 
nulant le  coefficient  du  terme  en  ay,  on  a 

La  substitution  ay=  —  p^,  a;t=  —  ^\  donne  de  même 

Ap;p;-B,p^^-B^p}+c,=  o. 

Éliminant  p^  entre  ces  deux  dernières  équations  on  obtient 

E/  p J  —  B/  G,-  =  Ey  p^  -—  By  Cy , 

OU,  en  doublant  les  deux  membres,  ajoutante  chacun  Fq  et  tenant 
compte  des  formules  (I)  (n**  1S7), 

2E/p;-+-F,.=  2Eyp;-4-Fy. 

On  trouverait  de  même 

2E/p;.-hF/=2E;tp'^-hF;t. 

Ces  deux  dernières  équations  peuvent  s'écrire 

Pareillement,  on  obtiendrait 

d       .  „.         à  ...         d 


On  peut  donc  dire  que  les  trois  racines  du  groupe  (p')  d'une 
part,  du  groupe  (p")  de  l'autre,  donnent  une  même  valeur  à  la 
dérivée  du  polynôme  (cp)  correspondant. 

On  peut  encore  remarquer,  en  résolvant  Téquation  (çi),  que 

2E,p/-hF/=d:v/Â. 

Les  racines  d'un  même  groupe  correspondent  donc  à  un 
même  signe  pris  pour  y/Â. 

En  résumé,  on  est  libre  de  choisir  parmi  les  racines  de  (ç/)  la 
racine  p'^  et  la  racine  p' ,  mais  une  fois  ce  choix  fait,  les  racines 
p'^  et  p';t  d'une  part,  py  et  p^  de  l'autre,  sont  déterminées  sans  ambi- 
guïté. 


44^  CHAPITRE   VI. 

Une  ou  plusieurs  des  équatious  (ç)  peuvent  avoir  une  racine 
infinie  (jamais  les  deux,  d'après  la  remarque  finale  du  n^  157). 
Dès  lors,  E/  étant  nul,  la  quantité  aE/pi-f-  F,  prend  la  forme  indé- 
terminée de  o  X  00  pour  la  racine  p/  infinie,  mais  comme  elle 
prend  la  valeur  parfaitement  déterminée  F|  pour  la  racine  p/  finie, 
le  critérium  indiqué  s'applique  au  moyen  de  celte  seconde  racine. 

Abordons  maintenant  le  calcul  de  M  et  P.  Pour  cela,  remarquons 

que  l'identification  de  {E"a)  et  de  (E)  conduit  à  huit  équations  de 

la  forme 

MR'h-PR'=K, 

où  R',  R"  et  K  ont  les  systèmes  de  valeurs 

R'=:i,  R'  =  i,  K  =  A, 

R'=p;,  R'=p:,  K  =  B/, 


^^^  '^'=P'j?',.    R'=p}p;,     K  =  c/, 


^'  =  P'i  Pj  Pa»     ^'  =  P/  Py  pI^     K  =  D. 

Prenons  deux  de  ces  équations,  distinguées  par  les  indices  o  et  i . 

Nous  en  tirons 

M  _  P 

R j  Kq — R^  ^1       Rq  **! — Ri  1^0 
Par  suite,  l'équation  (E"a)  devient 

i  (RîKo-R;K,)(a^-^p;)(«y-+-p})(a^-+-p;) 

^  ^     I    -(R;Ko-R'oK,)(a/-^pn(«y-+-p;)(«*-+-p:)  =  o. 

Nous  allons  voir  comment  cette  équation  peut  s'adapter  à  tous 
les  cas  possibles  caractérisés  par  le  passage  à  l'infini  d*une  ou  de 
plusieurs  racines  p'  et  p". 

159.  Discussion.  —  Premier  cas  :  Les  six  racines  ç!  et  p'' 
sont  finies,  —  Dans  ce  cas,  E/,  Ey,  E^^  sont  différents  de  zéro.  Nous 
prendrons  ici  dans  le  système  (S) 

Rq  =  i,  RJ  =  i,  Ko=A, 

^\  =  P*»        ï^î  =  Pi»        ^1  =  ^fc- 

L'équation  (51)  devient  alors 

(%  ^      1  (Ap;;~Bo(a/-Hp:.)(«y-Hp})(«A^pi) 

^     '^  \       ~(Ap'^-BA.)(a,-Hp;)(ay4-p;)(aA-^p;)  =  0. 


THÉORIE  GÉNÉRALE.   DÉTELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  44^ 

Deuxième  cas  :  Une  racine  est  infinie.  —  Soit  p^=:oo  (*), 
auquel  cas  E;t=:o.  L'équation  (3t|)  ci-dessus,  divisée  par  p^, 
peut  s'écrire 

Pour  p^=  00,  elle  devient 

(51,)     A(a/-+-p;.)(ay-i-p})(aA-hp'^)-(Ap;t-B;t)(a/+p;)(«y+p;)  =  o. 

Troisième  cas  :  Deux  racines  de  même  groupe  sont  in- 
finies. —  Soient  pj  =  p]^r=oo,  auquel  cas  Ey=  Ea=  o.  Nous  pren- 
drons ici  dans  le  système  (S) 

R'o-i,  RJ=f,  Ko=A, 

^1  =  ?'j  Pa»        '^Î  =  Py  Pa»        ^»  =  ^'• 
L'équation  (5t),  divisée  par  py,p]^,  peut  alors  s'écrire 

(^~  pM)  ^^''^  ^'^^""'^  ^^^^""'"^  ^'^ 
-(Ap}p',-CO(ct/+pJ)(g-i-.)(g-M)=o. 

Pour  py  =  p]^=  00,  elle  devient 

(51,)      A(a/-4-p;)(«y-+-p;.)(aA-^p';t)-(Ap}p'^-C0(«^+pJ)  =  o. 

Quatrième  cas  :  Deux, racines  de  groupes  différents  sont  in- 
finies. —  Soient  p'=  p^=  00,  auquel  cas  on  a  encore  Ey=  Ea==  o. 
Nous  prendrons  ici 

*^o  =  PÎt»         ^0  =  P1»         ^0  =  Ba-, 

r;  =  p;,      rî  =  p;,      K,  =  By. 

L'équation  (5t),  divisée  par  pypîi,  peut  alors  s'écrire 

(ba^  -  By)  (a,-^p;.)  (^  -^i)  («AH-p'^) 

-(BA-By|)(«,-4-p;)(«y-|.p;)(^-4-l)=0. 


(^)  Lorsqu'une  racine  est  infinie  on  peut  simplifier  le  calcul  des  autres  en 
s*appuyant  sur  les  remarques  faites  à  propos  des  formules  (IV)  du  n**  157. 


444  CHAPITRE   VI. 

Pour  py=  p^.=  oo,  elle  devient 

(30  By(a/-f-  p'i){0Lk-h  p'^)  -4-  Bk{oLi-h  pj)  (ay-4-  pj)  =  o. 

On  volt  qu'ici  le  terme  en  oLiOLjoLk  a  disparu,  c'est-à-dire  que  A  =  o. 
C'est  là  ce  qui  distingue  ce  cas  du  précédent. 

Cinquième  cas:  Les  trois  racines  d^un  même  groupe  sont  in- 
finies. —  Soient  pj=  pj=  ?A=  ^?  auquel  cas  E|=  Ey=  Ea==  o. 
Nous  prendrons  ici 

R'.  =  p;p;pi.    R;=p?p;pî.    k,=d. 

L'équation  (/3l)  divisée  par  pjpy  pî  peut  alors  s'écrire 

(a  -  ^7^)  («/+ PÎ  )(«>-!- P'/ )(«*+ P'») 

Pour  pj  =  pj  =  p*  =  00,  elle  devient 

(3,)  A(a/-t-p;.)(3ty-+-p;)(aA-+-pi)-(Ap;p;.p'^-D)  =  o. 

Sixième  cas  :  Deux  racines  de  Vun  des  groupes  et  une  de 
Vautre  sont  infinies,  —  Soient  p^  z=  py  =  o^  =  oc,  auquel  cas 
on  a  encore  E/  =  Ey=  Ea  =  o.  Nous  prendrons  ici 

R'o  =  p;.,  Rî  =  p';,  Ko-B,, 

L'équation  (51)  divisée  par  p'^  pj  p\  peut  alors  s'écrire 


_(B,flfi_o,),,.„(;4.,)fé 


-M       =0. 


Pour  p|  =  py  =^  p2  -—  00,  elle  devient 

(ils)  B,(ay  +  p;.  )(a/,4-  p'J  --  C/(a,M-  p;  )  =  o. 

On  voit  qu'ici  encore  il  n'y  a  pas  de  terme  en  a/aya^,  c'est-à-dire 
que  A  =  o.  En  outre,  B/ est  différent  de  zéro,  ce  qui,  avec  l'hypo- 
thèse faite,  entraîne  nécessairement  By  =  Ba  =  o. 


THÉORIE  GfiNÉRALB.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  44^ 

Résumé*  —  Si  l'on  compare  à  TéquatioD  (Ea)  chacune  des 
équations  de  (5l|  )  à  (/3l«),  on  voit  que,  pour  A  >  o,  la  représen- 
tation peut  être  définie  par  les  formules  (a)  du  n°  157,  les  para- 
mètres m,  /t,  />,  q  étant  donnés  par  les  tableaux  ci-dessous  dans 
lesquels  on  les  suppose  rangés  dans  Tordre 


} 


/w/,     n/,     piy     qi 

'^Jy     "y»     Pjy     9Jy 
fnki     nky    pkj     qk- 


Premier  cas  —  E/,  Ey,  E^  ^  o  : 


'»  P/»  '»  P,» 

'j  Py»  'i  9j- 

A^Pi-B*»     P:fr(Ap;-B^),     B;t~Api,    p;(B,.-Ap',.). 
Deuxième  cas.  —  E|,  Ey  ^z^  o  ;  Ea  =  o  (  *  )  : 


I, 

p;»           ^           p;» 

I, 

9'jy           I,           p;, 

A, 

P'^A,                    o,                B^— Ap;^.. 

Troisième  cas. 

—  E/  ^  o;  Ey,  Ea  --  o  ;  A  ^  o  : 

I, 

p;»            >»           pj» 

I, 

p},                         0,                           1, 

A, 

PaA,                    o,              C  — Ap)p'^.. 

Quatrième  cas. 

—  El  tZ^  o;  Ey,  Ea  —  0 ;  A  —  0  : 

>» 

p;-.           '.           p;> 

0, 

17            ^           p}^ 

By, 

Pj  By,                          0,                             Ba. 

Cinquième  cas. 

—  El,  Ey,  Ea  —  0  ;  A  7^  0  : 

I, 

Pi,                   0,                    1, 

I, 

9'jy                        0,                          I, 

A, 

PaA,                   0,             D-Ap;.p;pV. 

(•)  Daûs  ce  cas  K^o  ûécessairemeût;   car  A  =  0,   £4  =  0  entraînent   soit 
'    B|  =  o,  soit  By  =0,  par  suite  soit  Ey  =  o,  soit  E,  =  o. 


446  CHAFITIE  VI. 

Sixième  cas.  —  E/,  Ey\  Ea  =  o  ;  A  =  o  ;  B/  p^  o  (  •  )  : 


^ 
« 


O.  I.  I,  P/ 

160.  Formation  des  fondions  composantes  dans  le  cas  de 
trois  systèmes  concourants.  —  Nous  avons  vu  que  lorsque  les 
trois  svstèmes  lioéaires  sodI  concourants  Téquation  (E)  est  sus- 
ceptible de  prendre  la  forme  (E!b)  qui  peut  encore  s^écrîre 

—  tji^k^  Sk)  (a/—  Si'i  —  /a*ï,H-  Si)  (ay+  Sj)  =  o. 

On  voit  que  pour  ai  =  —  5/,  ay=  —  5y,  »*=  —  5a,  elle  se  dé- 
compose en  un  produit  de  binômes.  Il  en  résulte,  comme  au  n^  158, 
que  Si^  Sj\  Sk  sont  racines  respectivement  des  équations  (^x),  (oj)y 

(?a). 

Ces  trois  équations  doivent  donc  encore  avoir  leurs  racines 

réelles.  Or,  si  ces  racines  étaient  inégales,  Téqualion  (E)  serait 

représentable  par  trois  svstèmes  non  concourants,  ainsi  qu'on  Ta 

vu  au  paragraphe  précédent,  et  cela  serait  contraire  à  Thypothèse 

actuelle.  Chacune  des  équations  (?)  a  donc  nécessairement  ici  ses 

racines  égales  el,  par  suite, 

A  =  o. 

Si  pi,  Gy,  z/(  sont  ces  trois  racines,  l'équation  précédente  de\*ien- 
<lra  donc 

L'idenlification  de  celle  équation  cl  de  (E)  donne  les  huit  équa- 
tions 

il)  N  =  A, 


^  5/  )  ^  ?J  ?k  —  tj  pA-  -  tk  Ç.J  =  Ci, 


(4)  îîpiPjpk—tiPjpk—t/pkri''fkPiPj=  D. 


(')  On  vient  devoir  que  les  deux  autres  B  sont  nécessairement  nuls. 


THÉORIE  GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  447 

Ayant,  dans  toutes  ces  équations,  remplacé  N  par  sa  valeur  (i), 
l'on  tire  de  (2|), 

(5,)  //=Ap/-B/. 

Faisons  maintenant  la  somme  de  (2|),  (2^)  et  (3y)  respectivement 
multipliées  par  p*,  p/  et  —  i .  Il  vient 

(6y)  p^{Xpi—Bi)  =  BkPi—Cj, 

De  même,  la  somme  de  (2^),  (3/),  (3y)  et  (4),  respectivement 
multipliées  par  pipy,  —  p/,  —  py  et  i  donne 

(7k)  pA^kpi-  Cy)  =  Cipi-  D. 

Cela  posé,  nous  pourrons  calculer  //,  tj,  ti^  dans  tous  les  cas  pos- 
sibles. 

Remarquons  d'abord  que  nous  pouvons,  au  moyen  de  ces  for- 
mules, vérifier  que  chaque  équation  (cp)  a  ses  racines  égales. 

Si,  en  effet,  entre  les  équations  (6a)  et  (7*)  nous  éliminons  p/py, 
nous  obtenons 

(8a)  E/p/-h  Ey py -h  Ba Ga— ad  =  0. 

Si  maintenant,  de  la  somme  des  équations  (8a)  et  (Sy)  nous  retran- 
chons Téquation  (S/),  nous  obtenons 

2E/p/-hF/=o 
ou 

ce  qui  démontre  que  p/  est  racine  double  de  (y/)  et,  par  suite, 
que  A  =  o,  comme  nous  l'avions  prévu  a  priori. 

Passons  maintenant  à  l'eicamen  des  divers  cas  qui  peuvent  se 
présenter. 

161.  Discussion,   —  Premier  cas:  Les   trois  racines  sont 
finies,  —  Dans  ce  cas,  E/,  Ey,  Ea  sont  différents  de  zéro. 
D'après  (i)  et  (5)  l'équation  (E'è)  devient 

Ap/— B/        Apy— By    ^    ApA— Ba  _^ 
a/H- p;  ^J-^PJ  O-k-^Pk 

ou 

/jh  \  Ap/— B/   ^    Apy— By       AaA-t-BA_^ 

*'  a/-+-p/  ^j-^9j  ^k-^Pk 


44B  GHAPITIE  Tl. 

Deuxième  cas  :  Une  des  racines  est  infinie.  —  Soit  ûi^=  x, 
auquel  cas  Ea  =  o.  En  vertu  de  (6y)  et  (6/)  Téquation  (Si),  mul- 
tipliée par  pA.  peut  s'écrire 

Bj S/  —  Cy       Bj^py—  C/ A g^ -^-  B|-  _ 

Pour  pA=  X,  elle  devient 

5i^£z:J5>  ^  5iP>ziÇ/  ^^a»,-  b,)= o 

OU 

(  »i  )  — ï^ '- A  2jt  =  o. 

Troisième  cas  :  Deux  des  racines  sont  infinies.  —  Soient 

fj--=  pA=  3C,  auquel  cas  Ey=  Ea=  o. 

Ko  vertu  de  (7^)9  Téquation  (l^s))  multipliée  par  py,  peut  donc 

s'écrire 

C/p/~  D       BAgy-^C/       , 

—  *^ A  py  Ijt  =  o. 

9j 

Or,  pour  obtenir  (Bj),  nous  avons  supposé  p*  =  ao,  et,  d'après 
(G|),  pour  c,ff=y:,  on  a  Apy^By.  L'équation  précédente  peut 
donc  s'écrire 


a/-r-p/  ay_^^ 


Bya^=o. 


py 
Pour  pi^-  X,  elle  devient 


OU 


(I33) -f-  B^ay-hByaA^r  o. 

OLi  —  Pi 

Quatrième  cas  :  Les  trois  racines  sont  infinies,  —  On  a  donc 
K/ :  =  Ey  =:  Eâ-~  o.  L'équation  (B3),  multipliée  par  p/,  s'écrit 

— l-BA:p/ay4-  Hyp,aA=  O. 

Or,   pour   obtenir  (B3),    nous   avons   supposé   py^p^i^x,   et, 


THÉORIE  GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4^9 

d'après  (7a)  et  (7;),  pour  py=  pA^oo,  on  a  BApi=  C/,  B/p/=iCA. 
L'équation  précédente  peut  donc  s'écrire 


?^Vi 
pi 


Cyay-H  GAaA=  O. 


Pour  pi  =z  00,  elle  devient 

(BO  C/a;-f-  Cyay-+-  CA-aA-f-  D  =  o. 

Ce  dernier  cas  n'a  d'ailleurs  été  envisagé  qu'à  titre  de  vérification, 
car  il  est  de  toute  évidence  que  l'hypothèse  A  =  E/  =  Ey  =  Ea  =  o 
entraîne  nécessairement  A  =  B/  =  By  =  Ba  =  o. 

Résumé.  —  Si  l'on  compare  à  l'équation  (Eè)  chacune  des 
équations  de  (IB^)  à  (IB4),  on  voit  que,  pour  A  =  o,  la  représenta- 
tion peut  être  définie  par  les  formules  (6)  du  n°  157,  les  para- 
mètres m,  n,  /?,  q  étant  définis  par  les  tableaux  ci-dessous,  dans 
lesquels  on  les  suppose  rangés  dans  l'ordre 

'W/,      71/,      /?;,      qi^ 

"^jy      ^h     Pjy      9jy 
nikt     n,k,     pk-,     qk- 

Premier  cas,  —  E/,  Ey,  Ea/z^  o  : 

I,     p/,       o,       Ap/— B|, 

I,       pj^  o,  Apy—  By, 

1»     P*>     —A,        —  Ba. 
Deuxième  cas,  —  E/,  Ey  ^  o  ;  Ea  =  o  (  •  )  : 

I»     p/ï         o,         Bap/— Gy, 

'>     Pjt     — ^*»  — ^o 

0,  o,       —  A,  o. 

Troisième  cas,  —  E/  ^  o  ;  Ey  =  Ea  =  o  (  ^  )  : 

1,  9i.  C/,  D, 
o,  I,  Ba,  o, 
o,      I,        By,               o. 


(*)  Ici,  comme  od  Ta  déjà  vu  d"*  159  {Résumé^  deuxième  cas),  \  ^  o  néce:»- 
sairemeot. 
(^)  L'équation  (O,)  montre  qu'ici  A  =  B,  =  o. 

M.  dO.  29 


45o  CHAPITIE  Tl 

Quatrième  cas.  —  E,  =  Ey  =  E^  =  o  : 


o, 

1» 

C/, 

0. 

o, 

1, 

Cy^ 

o. 

o. 

I, 

Ci. 

D. 

(M 

162.  Passage  aux  échelles  régulières  dans  le  cas  de  trois 
systèmes  non  concourants.  —  Si  nous  considérons  Tensemble 
des  trois  syslèmcs  de  points  cotés 

nous  en  obtenons  la  transformation  homographique  la  plus  géné- 
rale en  prenant 

(  « /  )  j  r  =  ^î/i  ~  i^i  ?i  -^  ''î  ^'/i 


(')  On  peut  donner  des  faits  algébriques  qui  viennent  d*étre  examinés  l'inter- 
prétation géométrique  suivante  :  Si,  dans  l'équation  (E)  du  n*  157,  on  regarde 
2,,  X,  et  2}  comme  des  coordonnées  courantes,  on  voit  que  cette  équation  représente 
une  surface  du  troisième  ordre  passant  par  les  droites  du  plan  de  Tinfini  situées 
dans  les  plans  de  coordonnées,  et  ayant,  par  suite,  pour  points  doubles  les  som- 
mets du  triangle  formé  par  ces  trois  droites. 

Lorsque  A  >o,  les  plans  a.-i-o^=o  cl  a  -f- o*  =  o  (i.y  =  i,  2,  3)  se  coupent 
deux  à  deui  suivant  des  droites  réelles  de  la  surface.  Lorsque  i  et  j  sont  diffé- 
rents, la  droite  correspondante  est  à  distance  finie  et  parallèle  à  l'axe  des  coor- 
données 2^.  Si  une  des  racines  devient  infinie  le  plan  correspondant  se  confond 
avec  le  plan  de  l'infini. 

Lorsque  A  =  o,  0^.=  0]  pour  1=1,  3,  3.  Les  deux  droites  parallèles  à  chaque 
axe  de  coordonnées  se  confondent  en  une  seule,  et  ces  trois  droites  doubles  con- 
courent en  un  même  point  qui  constitue  un  quatrième  point  double  de  la  surface. 
On  saisit  ainsi  la  raison  géométrique  de  l'annulation  du  discriminant  A  dans  ce 
cas. 

La  théorie  ci-dessus  présentée  fournit  donc  un  mode  de  représentation  plane 
des  surfaces  du  troisième  ordre  ayant  trois  points  doubles  dans  le  plan  de  l'infini. 
Dans  ce  mode  de  représentation,  à  tout  point  de  la  surface  correspond  une  droite 
du  plan,  à  chaque  section  de  la  surface  faite  parallèlement  à  un  des  plans  de 
coordonnées,  un  point  coté. 

Il  suffirait  d'appliquer  en  sens  contraire  la  transformation  dualistique  qui  nous 
a  permis  de  passer  des  abaques  à  droites  entrecroisées  (  n*  47)  aux  abaques  à 
points  alignés  (n*»  56)  pour  obtenir  une  représentation  point  par  point  de  la  sur- 
face sur  le  plan. 

Si  A  =  0,  la  surface  se  décompose  en  le  plan  de  l'infini  et  un  hyperboloïdc.  La 
condition  A>o  signifie  que  l'hyperboloïdc  est  à  une  nappe.  Lorsque  A  =  o,  cet 
hyperboloïdc  se  réduit  à  un  cône. 


x„ 

[^17 

Vl 

K 

î^2» 

Vî 

^3, 

[^3, 

vs 

THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  ^5l 

le  déterminant  de  la  transformation, 


H  = 


étant  différent  de  zéro. 

Pour  que  les  points  (a^)  forment  un  système  régulier ,  il  faut 
et  il  suffit  que  t  soit  constant  et  différent  de  zéro,  c'est-à-dire  que 
dans  y^ifi-h  [JJ-a^z-h  Va^j^i  le  coefficient  du  terme  en  olî  soit  nul  et 
le  terme  constant  différent  de  zéro. 

Nous  allons  rechercher  maintenant  si,  par  un  choix  convenable 
des  paramètres  X,  [x,  v  rendant  H  différent  de  zéro,  on  peut  réa- 
liser la  condition  précédente  pour  les  trois  systèmes  linéaires 
d'une  équation  (E)  ou  seulement  pour  deux  et  même  pour  un 
d'entre  eux. 

Si  l'équation  est  représentable  par  trois  systèmes  non  concou- 
rants (A  >  o),  on  peut  prendre  comme  formules  (a)  les  formules  (a) 
du  n°157oii  l'on  remplace  i,  2,  3  pari,  y,  /r.  Les  formules  (a')  sont 
alors 

^  =  il^iPj  -+-  '*i^j)^J 
j  =  (X,m/-+-    v,/>,)a/ 


(oL'a) 


y  =0<%Pk 


Itrii-h^iç/y 

[l,^y-hV,Aly, 

^igk-+-  f^l^A 

Xj/lz-h  V,^/, 

îX2^y4-V,/ly, 

'kiÇJk-^lJiirik 

Xj/i/^-Vj^/, 

lizgj-^^snj, 

^iÇk-^  Ks'ïA- 

t  =  {\zmi 
\    t  =  (l^pk 


Les  équations  exprimant  que  chacun  de  ces  systèmes  est  régulier 
sont  donc,  d'après  la  remarque  faite  ci-dessus. 


(r,a) 


Xam^-h  vj/>/  =  o,        avec  la  condition 
[izPj  -f-  vs  /ny  =  o,  » 

kiPk  ■+■  \^zrnk=  o, 


M 


Xj/i/  H-  "f^qt  7^  o, 

K8^y-+-  Vj/ly  ^o, 
^8^*-H  (^3/1*?^  o. 


Remarquons  tout  d'abord  qu'en  vertu  des  conditions  ci-dessus 
on  ne  saurait  admettre  une  solution  dans  laquelle  plus  d'un 
des  paramètres  \z^  V-z^  V3  serait  nul. 


452  CHAPITRE   VI. 

Tout  revienl  donc,  dans  chaque  cas,  à  essayer  de  satisfaire  au 
plus  grand  nombre  possible  des  équations  {7\a)en  observant  cette 
condition.  Mais,  si  cette  seule  condition  est  remplie  par  une  so- 
lution, les  trois  conditions  inscrites  en  regard  des  équations  {r^a) 
sont  satisfaites.  En  effet,  si,  X3  et  Vj  n'étant  pas  nuls  à  la  fois,  on 

avait 

X j  m/  -T-  vj/>/  =  0        et        Xj  /!/  -h  vj  Çi  =  o, 

il  en  résulterait  —  =  — .  Par  suite,  comme  on  le  voit  en  se  re- 

Pi        9i         ^ 

portant  à  la  forme  (Ea)  de  Téquation  (E)  (n°  157),  a/  disparaî- 
trait de  cette  équation.  De  même  pour  les  deux  autres  équa- 
tions (vja). 

Pour  que  les  trois  systèmes  puissent  être  rendus  réguliers  à  la 
fois,  c'est-à-dire  pour  qu'il  y  ait  compatibilité  entre  les  équa- 
tions (Tja),  on  peut  remarquer  qu'il  faut  que 

m,  m,  nii  -hpiptpz  =  o, 

c'est-à-dire,  si  l'on  se  reporte  à  (Ea),  que 

A  =  o. 

On  verra  plus  loin  que  cette  condition  nécessaire  n'est  pas  suffi- 
sante. 

Les  équations  {'fia)  ne  contenant  que  les  éléments  de  la  troi- 
sième ligne  du  déterminant  H,  on  peut  disposer  arbitrairement 
de  ceux  des  deux  premières  lignes,  à  la  condition  toutefois  de  ne 
pas  rendre  H  identiquement  nul. 

Si,  par  exemple,  X3  est  différent  de  zéro  (ce  qui  est  partout  le 
cas  dans  ce  paragraphe),  on  pourra  prendre 

X,  =  0,  fl|  =  o,  V,  =   I, 

Xj  =  o,  Jlj  =  I,         V,  =  o, 

ce  qui  donne  H  =  —  \^, 

Dans  cette  hypothèse,  les  formules  (a' a)  deviennent 

l^=Pi^i    -^Çiy     y  =  o,  <  =  (Xs/n/-+-V3/?/    )a/  H-XaAii  -i- V3<7/ 

<aao)      ^  X  =  mj:tj-\-nj,    y  =  Pjtj    ^qj,      t  =  {\L^pj -^u^mj  )%j  -h  ^^qj  ^^é^n^ 


THÉORIE  GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  453 

On  voit  que  les  supports  sont  pour  (a/)  l'axe  des  jr,  pour  (a^) 
l'axe  desj^',  pour  (ay)  la  droite 

Cela  posé,  nous  allons  chercher,  sous  la  condition  sus-énoncée, 
à  satisfaire  à  une  ou  plusieurs  des  équations  (fia)  dans  chacun  des 
cas  que  nous  avons  été  amené  à  considérer  (n®  199). 

163.  Discussion.  —  Premier  cas  :  E/,  Ey,  E^p^o.  —  Les 
équations  {r^a)  sont  ici 

1X3  -I-  V3  =  o, 
JX3-HV3—  o, 
(Ba-  -  Ap'^)X3+  (Api  -  B^Ofi,  -  o. 

Elles  sont  généralement  incompatibles,   mais  on  pbut  toujours 
satisfaire  aux  deux  premières  en  prenant  (*) 

^3=1,  fA3=I,  V3  =  — I. 

Les  formules  (aao)  deviennent  donc 

i  ar  =  a/  -f-  p;,         7  =  0,  /  =  pj  —  p}, 

(aai)     <x=ay-+-p},        ^  =«/-+-?},  ^  =  P}  -  Py» 

(  x  =  o,  y  =  {^9"k-^k){0Lk^p'k).        ^  =  (pl-pA.)(A3tA4-Bx.). 

En  outre,  Téquation  (ay)  est  ici 

Si  A  =  o,  le  système  (a^)  devient  lui-même  régulier. 
Deuxième  cas  :  E/,  Ey^z^o;  Ea=o.   —  Les  équations  {y a) 
sont  ici 

X3-hV,    =0, 

{r,a^)  {  Fi3-^V3  =  o, 

\>.^—  o. 


(')  Il  faut  bien  remarquer  que,  dans  ce  cas  comme  dans  tous  ceux  de  ce  nu- 
méro et  du  n"  165,  nous  faisons  un  choix  particulier  des  paramètres,  compatible 
avec  les  équations  de  condition  correspondantes,  mais  que  nous  pourrions  faire 
ce  choix  d'une  infinité  d'autres  façons. 


4^4  CMAMTÊE   ▼!. 

On  &atî«fait  encore  aax  deux  premières  en  prenant 

>i=i.        î*i=i.       '»,  =  — I. 
Le»  formules    2a«;  deviennent  donc 

^  ar  =  ï,  —  z],        jr  =  o.  f  =  pi     —  pi, 

/ïa,,  •   x  =  ï^— î^,         ^  =  ïy-p;.  /=s}     —5}. 

f  T  =  o.  _^  =  Ai  ai  —  p^ »,         /  =  Aat  —  B*. 

Ici,  comme  on  Ta  déjà  remarqué  an  n*  139,  A  ne  peut  pas  être 
nul,  et«  par  suite,  le  troisième  srstème  n*est  jamais  régulier. 

Troisième  cas  :  E/^^o:  Ey,  Ea=o:  \yéo.  —  Les  équa- 
tions (y,a  I  sont  ici 

r       ai=o. 

On  satisfait  à  la  première  et  à  la  dernière  en  prenant 

Les  formules  (%a^)  deviennent  donc 

l  X  =  a,  -^  s;,        y  =  o,  i  =  z'i  —  s;, 

\  X  =  1},  y  =  A  f  lA  -^  .-'x  ;»         /  =  C|  —  A  z'j  pi . 

Ouatriime  cas  :  E/^o;  Ey,  Ea=o;  A  =  o.  —  Les  équa- 
tions ('r^a)  sont  ici 

1^-3-^  '3=  o, 
\^i  =  ^' 

On  satisfait  à  toutes  trois  en  prenant 

^'3  =  1,  f^3  =  0,  V3=—  I. 

Les  formules  (ar/o)  deviennent 


(7.^/4) 


X  =  :ti-h  p';, 

X  -  <>. 

J7^  r, 

7_ay-+-py, 

/  -  —  1, 

a™  —  0, 

V  =  By(aA-+-pA.), 

/  -  Ba. 

THÉORIE    GÉNÉRALE.    DÉTELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  ^55 

Cinquième  cas  :  E/,  E^,  Ea=  o  ;  A  ^  o.  —  Les  équations (^a) 
sont  ici 

On  ne  peut  ici,  sous  la  condition  requise,  satisfaire  qu*à  une  seule 
de  ces  équations,  par  exemple  à  la  seconde  en  prenant 

Ft3  =  l  . 
Vs  =  o. 

Les  formules  (aa©)  deviennent  donc 

137=1,  7=0,  /  =  a/-^p;•, 

a7  =  ay-f-py,        7=1,  /=!, 

^  =  o,  7  =  A(aAH-p^),         /  =  A(a;t-f-pir)4-D  — AplpypA.. 

Sixième  cas  :  E|,  Ey,  Ea=  o;  A  =  o.  —  Les  équations  {r^a) 

sont  ici 

IV3  =0, 
Va  =  o, 
fX,  =  o. 

Cette  fois  on  satisfait  aux  deux  premières  en  posant  encore 

^8  =  I, 
[A3=  I, 
V3  =  o. 

Les  formules  (aao)  deviennent  donc 

37  =  a,-  -f-  pî,         7=0,  ;  =  I , 

(aas)  {  a7  =  ay-hp},        7=1,  ^  =  1, 

^  =  o,  7  =  B/(a)i.4-  Pa),         ^  =  B/(aA-H  pÂ)  -^  G/. 

164.  Passage  aux  échelles  régulières  dans  le  cas  de  trois 
systèmes  concourants.  —  Lorsqu'une  équation  appartient  à  cette 
catégorie  (A  =  o),  on  peut  prendre  comme  formules  (a)  les  for- 
mules (6)  dji  n°  157,  où  l'on  remplace  i,  2,  3  par  i, y,  k.  Les  for- 


456  CHAPITRE   VI. 

mules  (a')  du  n®  162  deviennent  alors 

IXl  mj  -f-  V,/?y)  ay  4-  [X,  /ly  -h  V,  ^y , 

X,  m/  -h  ^2Pi)oLi  -f-  X,n,  -+-  v,^/, 
[Xj  mj  -f-  V j/>y  )  ay  -+-  fi,  ny  -h  V,  qj, 

[(Xj-+-  îiî)mA— V2y?A-]a* 
X3/W/  -t- vs/?,)a/  -4-  X,7i/ 
[I3  /«y  -H  v3/>y  )  «y  -f-  fxs  ny 

[(Xj-f-  Ht3)/WA— -  V3y?A-]a* 


(a'ô) 


iT  = 

/  = 
/  = 


—  '1^*1 


(Xj-+-  iii)nf,—  ^tÇk 


Les  équations  exprimant  que  chacun  de  ces  systèmes  est  régu- 
lier sont,  d'après  la  remarque  du  n°  162, 

IX3m|4-v3/?/  =  o,    avec  la  condition  Xj/i/-4- vs^/^o, 

[X3  //ly  -H  V3/>y  =  O,  »  »  fX3  /ly  -+-  Vj  ^ry  ^  o, 

(Xs-i-Ks)'^*— ''3/>A  =  0,  »  »  (X3-+-îX5)/l*  — Va^ryt^O. 

On  voit  que  ces  conditions  ne  permettent  pas  d'avoir  V3  =  o,  en 
môme  temps  que  X3,  [JL3  ou  Xj-f-jjLj;  mais  on  peut  prendre 
)v3  =  jx3=  o,  avec  V3  ^é  o.  En  outre,  le  raisonnement  déjà  fait  au 
n"*  162  montre  que  si  la  condition  précédente  est  remplie  par  un 
système  de  valeurs  satisfaisant  à  une  des  équations  (vi6),  les  con- 
ditions inscrites  en  regard  des  équations  {y]b)  le  sont  aussi  ipso 
fado. 

Remarquons  encore  que  pour  que  les  trois  systèmes  soient  ré- 
guliers, c'est-à-dire  pour  qu'il  y  ait  compatibilité  entre  les  équa- 
tions {f\b)  il  faut  que 

fntP2Pi-^^niPipi-{-miPiPi=o, 

c'est-à-dire,  si  l'on  se  reporte  à  (E6),  que 

A  =  o. 

Comme  précédemment,  celte  condition  nécessaire  n'est  pas  suffi- 
sante, ainsi  qu'on  le  verra  par  la  suite. 

Les  équations  {r^b)  ne  contenant  que  les  éléments  de  la  troi- 
sième ligne  du  déterminant  H,  on  peut  disposer  arbitrairement  de 
ceux  des  deux  premières  lignes,  à  la  condition  toutefois  de  ne  pas 
rendre  II  identiquement  nul. 


(aào) 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS    ANALYTIQUES.  4^7 

Sî,  par  exemple,  X3  est  différent  de  zéro,  on  pourra  prendre 

X,  =  0,  fx,  =  0,  V,  =  I, 

^t=  O,  [Xi=   I,  V2=  o, 

ce  qui  donne  H  =  —  )v3.  Les  formules  (a' 6)  deviennent  alors 

X=pj  (Xj  -^qj,  7  =  mj  SLj  -H  /ly, 

ar  =  —  {pkOLk-^  qk)y        y  =  nik^k-^  nk, 

t  =  {lizmj-h^ipj)aj-i-  [iznj-^^zqj, 

t  =  [(XsH-  [ii)nik—^iPk]^k-^C>^i-^  fJi5)/ïA*— vsÇA. 

Si  X3  =  G,  mais  que  V3  soit  différent  de  zéro,  on  pourra  prendre 

^î=  o,  îXj=  I,  v,  =  o, 

ce  qui  donne  H  =  V3.  Les  formules  (a' 6)  deviennent  alors 

a:  =  m/a/ -+-71/,  7  —  0, 

x  =  o,  y  =  mjOLj-hnj, 

X  =  rtik^k-^  nk,        y  =  nikOLk-^  nk, 

/  =  rjjLamyH-  ^3Pj)oLj-i-  [x^nj  -+-  y^qjy 


(^^i) 


Gîla  posé,  envisageons  chacun  des  cas  définis  au  n^  161 . 

165.  Discussion,    —   Premier  cas  :  E/,  Ey,  E^p^o.   —  Les 
équations  (71e)  sont  ici 

1X3-0, 
fJL3=0, 
^3+  H^sH-  Av3=  o. 

On  peut,  sous  les  conditions  requises,  satisfaire  dans  tous  les  cas 
aux  deux  premières  en  prenant 

^3=0,  fA3=0,  V3=I. 

Puisque  X3  est  nul  et  V3  non,  il  faut  avoir  recours  aux  formules 


/i58  CHAPITRE   Vf. 

(^^o)  ^"^  deviennent 

Ix  =  a/H-p/,        y  =  o,  /  =  Ap/— B|, 

T  =  o,  y  =  ^j"^Pjy  f  =  A  py  —  By, 

On  voit  que  le  support  de  (oLk)  est  la  droite  j'  =  x. 
Si  A=  o,  le  système  (a^)  devient  lui-même  régulier. 
Deuxième  cas  :  Ei,  Ey  ^  o  ;  Ea  r=  o.  —  Les  équations  (tj  6)  sont 

•     • 

ICI 

On  satisfait  aux  deux  premières  en  prenant 

^3  =  O,  fXj  =  Ba  ,  V,  =  I . 

Les  formules  (*6'o)  deviennent  donc 

ix  =  xi-hp{j      y  =  o^  f  =  Bkpi-'Cjj 

^  =  »  î  7  =  1»  /  =  A  ajt  -4-  Ba  . 

Ici,  ainsi  qu'on  Ta  déjà  remarqué  au  n*^  161,   A  ne  peut  pas  être 
nul. 

Troisième  cas  :  E/^  o  ;  Ey,  Ea  =  o.  —  Les  équations  (y;  b)  sont  ici 

On  satisfait  aux  deux  dernières  en  prenant 

^^3=1,  Ht3=l,  V3=(). 

Comme  X^  est  diflcrcnt  de  zéro,  on  a  recours,  celte  fois,  aux   for- 
mules (a^o)  qui  deviennent 

X  =  CiOf/-T-  D,        j  =  o,         /  =  a/  -+-  p.-, 
X  =  —  Byix,         y  —  \^       (  =  1. 


THÉORIE    GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4^9 

Quatrième  cas  :  E,-,  Ey,  Ea=^  o.  —  Les  équations  (vjè)  sont  ici 

IV8=  O, 
V3=  O, 
V3=  O. 

On  satisfait  à  toutes  trois  en  prenant 

^3=1,  1^3=1,  V3  =  0. 

Les  formules  (aèo)  deviennent  alors 

x=Cjaj,  r  =  iï         t  =  i, 

x=  — (CA-aAr-f-D),        y=iy        t  =  'i, 

166.  Résumé  général.  —  Tous  les  résultats  qui  précèdent 
peuvent  se  résumer  dans  le  tableau  suivant  où  une  quantité  posi- 
tive est  désignée  par  4-,  une  quantité  non  nulle  quelconque  par  o. 
Si  l'un  de  ces  signes  est  souligné;  c'est  qu'il  découle  nécessai^ 
rement  des  autres  hypothèses  placées  sur  la  même  ligne. 

Formules 
^.        E-.        E-.       E|.       A.  Systèmes  réguliers.  correspondantes. 


o         o         0         o  (a/),  (ay)  (aai) 

o         o         o         o  (a/),  (ay),  (a^)  (aa,) 

o         o         o         o  (a,),  (ay)  (aa,) 

o         o         o  a  (a/),  {oLk)  (««s)  )  n°  163 

0  o         o         o  (a/),  (ay),  (aA-)  (aa*) 

o  o  o  0  (OLj)  («û^i) 

o         o         o         o         (B/5^o),  (a;),  (ay)  (aa«) 

o  o  o  0  0  (a/),  (ay)  (aôi) 

o  o  0  0  o  (a,),  (ay),  (aA)  («6,) 

o  0         0         o         0  (a/),  (ay)  (aô,)  }  n*»  165 

o  o         o         o         0  (ay),  (aA)  («63) 

00000  (a/),  (ay),  (aA)  (aô*) 

On  peut  donc  énoncer  cette  proposition  : 

Pour  qu^une  équation  (E)  soit  représentable  par  trois  sys- 
tèmes linéaires  de  points  alignés,  il  faut  et  il  suffit  que  son  dis- 


46o  CHAPITRE   Yl. 

criminant  A  soit  supérieur  ou  égal  à  zéro.  Ces  trois  systèmes 
linéaires  peuvent  être  rendus  réguliers  lorsque,  A  étant  nul, 
ou  bien  les  quantités  E/,  Ey,  Ea  sont  toutes  trois  différentes  de 
zéro,  ou  bien  deux  de  ces  quantités  sont  nulles,  la  troisième 
et  A  étant  ensemble  ou  nuls  ou  non  nuls. 

Si  E|,  Ey,  Ea  étant  nulles,  A  et  1  ne  le  sont  pas,  un  seul  des 
trois  systèmes  linéaires  peut  être  rendu  régulier. 

Dans  tous  les  autres  cas  on  peut  rendre  réguliers  deux  de 
ces  systèmes. 

Soit,  par  exemple,  Téquation  de  la  mulliplicalion 

OLiOLi — aj=  o. 

Ici, 

A  =  i,        Ei  =  E,  =  £3=0,        A  =  o. 

Donc,  d'après  la  septième  ligne  du  tableau  ci-dessus,  cette 
équation  sera  représentable  par  trois  systèmes  linéaires  non  con- 
courants dont  deux  réguliers  seulement.  La  ^g,  78  en  est  un 
exemple. 

Soit  maintenant  Téquation 

r         r         I 

«1  «j  «3 

OU 

0L1OL3  -h  «3  ai  —  ai  0L2  =  o. 

Ici 

A  =  o.         Ei=Ei=E3=i,         A  =  o. 

Donc,  d'après  la  neuvième  ligne  du  tableau,  cette  équation 
sera  représentable  par  trois  systèmes  réguliers  concourants.  C'est 
ce  que  montre  la  /ig.  76. 

C.    —    Représentation  des  équations  quadratiques  au   moyen 

DE    droites    et    de    CERCLES    ENTRECROISÉS    (*)• 

167.  Conditions  requises,  —  Une  étude  commp  celle  qui  vient 
d'èlre  développée,  outre  qu'elle  se  compliquerait  rapidement, 
serait  sans  utilité  si  elle  s'appliquait  à  des  équations  d'un  type 

(')  0.29. 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4^1 

moins  courant  que  le  type  (III)  du  n**  151.  Il  y  a  toutefois  intérêt 
à  examiner  dans  quelles  conditions  certains  types  d^abaques 
s'appliquent  à  des  catégories  particulières  d'équations.  Nous  allons 
en  donner  un  exemple  en  recherchant  comment  les  abaques  com- 
posés d'un  système  de  cercles  et  de  deux  systèmes  de  droites 
(n°52)  peuvent  s'adapter  à  la  représentation  des  équations  qua- 
dratiques à  trois  variables. 

Revenant  donc  à  l'avant-dernière  équation  écrite  au  n°  52,  cher- 
chons comment,  en  prenant  pour  les  fonctions  /,  cp,  ^  des  poly- 
nômes du  premier  et  du  second  degré,  nous  pourrons  arriver  à 
rendre  cette  équation  quadratique,  c'est-à-dire  du  second  degré 
par  rapport  à  l'ensemble  des  variables  ai ,  0L2,  ol^. 

Pour  cela,  représentons  par  : 

X  le  degré  des  polynômes 

fi  » 

V  » 

On  voit  que  la  partie  entre  crochets  de  l'équation  en  question 
sera  du  degré  2X,  et  que  le  reste  du  premier  membre  de  cette 
équation  comprendra  un  polynôme  du  degré  2[x-f-i^  et  un  autre 
du  degré  X  -j-  |i.  H-  ir.  Pour  que  l'équation  soit  quadratique,  il  faut 
donc  que  l'on  ait 

2X^2,  2fl-f-7t$2,  X  -h  {X -h  vl  2, 

vetirne  pouvant  d'ailleurs  être  nuls  à  la  fois,  puisque  alors  aa  dis- 
paraîtrait de  l'équation.  Ces  conditions  ne  peuvent  être  réalisées 
que  dans  les  trois  hypothèses 


/l?ï- 

-/»?!» 

/a, 

?3, 

» 

X=., 

ix  =  o, 

V=    I, 

r  —  2, 

X  —  0, 

|X_    I, 

V=    I, 

t:  =  o, 

X  =  o, 

{X  =  0, 

V  =  2, 

TU  =  2, 

qui  donnent  respectivement 

2X  =  2,  2{Jl-+-'JC  =  2,  X -h  {Jl -t- V  =  2 

ou 

2X  =  o,  2|JL-f-7:  =  2,  X -h  {Jl-f- V  =  2, 


462  CHAPITRE    VI. 

Nous  allons  faire  voir  que  les  deux  dernières  hypothèses  doivent 
être  écartées.  Prenant,  en  effet,  pour  les  polynômes  /i,  Çi,  ^\,f2^ 
?2j  ^2  le  degré  le  moindre,  c'est-à-dire  le  premier  (car  avec  le 
degré  zéro  les  variables  ai  et  7.^  disparaîtraient  de  l'équation), 
cherchons  à  faire  en  sorte  que  les  polynômes  o^if^  —  cpa^J'i  et 
'^1  f'i  —  ^2/1  soient  du  degré  X  =  o,  c'est-à-dire  se  réduisent  à  des 
constantes.  Si  nous  posons,  d'une  manière  générale, 

nous  voyons  que  la  condition  requise  exige  que  l'on  ait 

{{)  miTj— /?i2ri  =  o, 

(9.)  Pirt  —  ptri  =0, 

(3)  //ii^j—  /ijri  =  o, 

(4)  /iirj  — /w,5,  =0, 

(5)  /?î^î—  qtri  =0, 

(6)  q\rt—  piSi   =0. 

De  (i)  et  (2),  on  tire 

^^^  ^-i^-^-P' 

p  désignant  la  valeur  commune  quelconque  de  ces  rapports. 

Les  équations  (4)  et  ((5)  deviennent  dès  lors,  lorsqu'on  y  rem- 
place ma,  /?2)  '*2  par  leurs  valeurs  tirées  de  là  et  que  l'on  supprime 

le  facteur  -  > 

? 

(4')  /i,rj  — m,5i  =  (), 

(6')  qiri—  piSi  =0. 

Les  équations  (3)  et  (4')  donnent  alors 

fUi    _    Hi    _    /Il 
/'l     ~    Si    ~    Si  ' 

(5)et.(6') 

Pi  _  72  _  9^1 


ri         ^2         Si  ' 


d'oii 


(8)  -i  =  ^  =  -1 

n*        rji        Si 

et 

(  )  'Jh  ^  El  =  'J 

/î,         qi        Si 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4^3 

Rapprochant  (9)  de  (7)  et  de  (8),  on  voit  qu'on  a  de  même 
(.0)  !!L\  =  P}  =  Cî. 

/I2         qt        Si 

'  Les  égalités  (7)  et  (8)  établissent  que  les  systèmes  du  premier 
degré  (a^)  et  (a2)  ont  même  point  de  convergence,  .les  égalités 
(9)  et  (10)  que  ce  point  est  à  l'infini.  Quelles  que  soient  les  va- 
leurs attribuées  à  ai  et  à  aj,  les  droites  cotées  correspondantes 
donneraient  ce  point  à  Tinfini. 

L'emploi  de  l'abaque  deviendrait  illusoire. 

Le  raisonnement  précédent  suppose  d'ailleurs  les  divers  coeffi- 
cients diflerents  de  zéro.  Pourrait-on,  au  moyen  de  valeurs  nulles, 
satisfaire  à  l'ensemble  des  égalités  (7),  (9)  et  (10)  équivalent  à 
celui  des  égalités  (1)  à  (6)? 

On  voit  immédiatement  que  non,  car  si  m^=  p^=:  r,  =  o  ou 
/?22  =  ^2=  ^2  =  O7  la  variable  ai  ou  la  variable  0.2  disparaît  de 
l'équation. 

Si  /W|  ^  G  et  /?22=  o,  on  doit  avoir  ^1^=0  et  /î2=  0,  et  les 
systèmes  de  droites  (ai)  et  (a2)  sont  parallèles,  hypothèse  égale- 
ment inadmissible  comme  on  vient  de  le  voir. 

Les  deux  hypothèses  pour  lesquelles  X  =  o  doivent  donc  être 
écartées.  Reste  celle  pour  laquelle  on  a 

La  condition  X  =  i  entraîne  les  égalités  (7),  qui,  à  leur  tour, 
donnent 

(11)  m,/?2— m,/>,  =  0. 

La  condition  [ji  =  o  entraîne,  d'une  part,  l'égalité  précédente, 
déjà  réalisée,  de  l'autre, 

(i3)  /ii/?2— m,^i  =  o. 

Remplaçant,  dans  (i3),  //i,et/?2  par  les  valeurs  proportionnelles 
mi  et  Pi  tirées  de  (7),  on  a 

(i4)  /ti/?i  — /n,^i  =  o. 


464  CHAPITRE   Tl. 

De  (i Si)  et  (i 4))  on  tire 


^«1 

nt 

ni 

■ 

^^ 

—  > 

Pi 

'h 

11 

et,  si  Ton  remplace,  dans  (i3),  /i|  et  q^  par  les  valeurs  propor- 
ti  onnelles  tirées  de  là,  on  a 

Les  égalités  (i4)  et  (i6)  peuvent  être  substituées  à  (i2)et(i3). 
Pelles  expriment  que  les  centres  de  convergence  des  faisceaux  (ai) 
r*t  (a^)  sont  l'un  et  l'autre  rejetés  à  l'infini. 

Mais,  de  (i5),  on  tire 

/1i<7j— AljÇi  =  o. 

Il  en  résulte  que 

identiquement,  et  comme,  dans  l'équation  proposée,  la  variable  as 
n'entre  que  dans  le  déterminant  qui  est  multiplié  par  ce  facteur, 
cette  variable  disparaîtrait  de  l'équation. 

Pour  satisfaire  aux  égalités  (i  i),  (i4)  et  (i6),  sans  que  cette  cir- 
constance se  produise,  il  faut  prendre 

mi  =  nii  =  pi  =  p2  —  o. 

Comme,  en  outre,  les  coefficients  f\  et  7*2  sont  nécessairement 
difl^érents  de  zéro,  puisque,  s'il  n'en  était  pas  ainsi,  ai  et  aa  disparaî- 
traient des  équations  (ai)  et  (a^),  on  pourra  les  prendre  égaux  à  i . 

En  résumé,  réquation  représentée  sera  quadratique  lorsque 
à  ai  et  7.2  correspondront  les  systèmes  de  droites  parallèles 

(a,)  nxX-^q^y-{-s^-^aLx  =  o, 

(aj)  n^x^q^y  -\-Si-\-OLi  =  o, 

et  à  as  le  système  de  cercles 

Remarquons  que  les  centres  de  ces  cercles,  dont  les  coordonnées 
sont  données  par  les  équations 

20:  -+-  m3  «3  H-  /i3  =  o, 
^y  -^  Pi  2^3  4- 73  =  o, 


I        . 

THÉORIE   GÉNÉRALE.    OÊVKLOPPEMENTS   ANALYTIQUES.  4^5 

se  trouvent  sur  la  droite 

L'enveloppe  de  ces  cercles  est  la  conique 

à  laquelle  ils  sont  bitangents,  ce  qui  montre  que  la  droite  précé- 
dente est  un  axe  de  cette  conique. 

168.  Formation  des  fonctions  composantes  pour  une  équa- 
tion quadratique  donnée.  —  On  peut  se  demander  si  inverse- 
ment toute  équation  quadratique  en  ai,  a2,  as,  telle  que 

(  A,aî-f- A,a|-h  A3a|-i-2B,a,a3-»-2B,a3a,H-2B3aia, 

(  H-aCiai-H'2C,aj-+-2C3a3-h  D  =0 

est  susceptible  d'être  ainsi  représentée. 

Pour  nous  en  rendre  compte,  éliminons  ai  et  a2  entre  les  équa- 
tions (ai),  (a.j)  et  Q,  et  cherchons  s'il  est  possible  de  déterminer 
pour  les  coefficients  des  deux  premières  des  valeurs  réelles,  telles 
que  l'équation  quadratique  en  x  el  y  résultante  représente  un 
cercle. 

Si  l'on  tire  ai  et  a2  des  équations  (ai)  et  (a2)  ci-dessus  pour  les 
porter  dans  l'équation  (Q),  on  obtient  en  égalant  entre  eux  les 
coefficients  des  termes  en  x^  et  j^^  de  l'équation  obtenue,  et  annu- 
lant celui  du  terme  en  xy,  les  équations 

A|  nf -4-  Aj /i|  -h  2 B3  ni /ij  =  Al  ^ î -4- Al ^ I -4-  2 B3 ç j  ^ j , 
Xiniqi-\-  Atntqi-hBiiniqi-^  ntçi)  =  o. 

De  la  seconde,  on  tire 

Ai/ii  -+-  BsAij 

^»  -  -  ^i  ATTi^vB^r 

Partant,  dans  la  précédente,  on  trouve,  après  réduction, 

t  _  (AaAii-t-Bani)» 
^'--    AiA,-B|      • 

Le  numérateur  de  cette  fraction  étant  positif,  on  voit  que  la 
réalité  de  qt  exige 

(17)  AiA,-B5>o. 

M.  D'O.  3o 


466  CHAPITRE   Yl. 

Comme  on  peut  permuter  entre  eux  les  indices  affectés  aux 
trois  variables,  on  voit  que  la  condition  de  réalité  peut  s'exprimer 
ainsi  : 

Si,  dans  l'équation  (Q),  les  variables  a,,  aj  et  a,  sont  con- 
sidérées comme  les  coordonnées  courantes  d'un  point  de  l'es- 
pace, il  faut  que  la  section,  par  l'un  des  plans  de  coordonnées, 
de  la  quadrique  définie  par  cette  équation  soit  du  genre  ellip- 
tique (*). 

Supposant  la  condition  remplie,  on  a 


et,  par  suite, 

(«9)  5^1  =  hP 


v/À,A,-B| 


Le  choix  de  /i|  et  n^  est  libre,  à  cette  seule  réserve  près  qu'on 
ne  saurait  prendre  à  la  fois  /i,  r=  /i2=:  o,  parce  qu'alors,  q^  et  ^2 
étant  nuls  aussi,  les  deux  faisceaux  de  droites  (ai)  et  (a2)  seraient 
tout  entiers  rejetés  à  l'infini. 

Quanta  s^  et  52,  qui  n'entrent  pas  dans  les  équations  de  con- 
dition, on  peut  les  choisir  arbitrairement.  Nous  prendrons 

5j  ^^  5j  r^  o. 

Dès  lors,  nx  et  n<i  étant  quelconques  mais  non  nuls  à  la  fois, 
q^  elq^  ayant  les  valeurs  (18)  et  (19),  et  l'inégalité  de  condition  (1  7) 
étant  satisfaite,  on  pourra  représenter  l'équation  (Q)  au  mojen 
d'un  abaque  constitué  par  les  systèmes  de  droites 

(a,)  riix  -hqiy-hOLir=Oy 

(22)  n^x-h  Çiy  -+■  a,^  o, 


(')  Ce  résultat  comporte  l'interprétation  géonnélriqiie  fort  simple  que  voici,  et 
qui  nous  a  été  communiquée  par  M.  Duporcq  :  si,  par  exemple,  le  plan  ;5  =  o 
donne  une  section  elliptique,  considérons  le  cylindre  ayant  cette  section  pour 
base  et  ses  génératrices  parallèles  in  Oz.  Soit  P  un  plan  de  section  circulaire  de 
ce  cylindre.  L'abaque  n'est  autre  que  la  projection  cylindrique,  parallèlement  à 
0-,de  la  quadrique  sur  le  plan  P.  La  conique  enveloppe  est  le  contour  apparent 
de  la  quadrique. 


THÉORIE   GÉNÉRALE.    DÉVELOPPEMENTS    ANALYTIQUES.  4^7 

et  le  système  de  cercles 

(x»  -^  j^î  )  (  A,  n«  -T-  Aj  n|  —  2  B3  /i,  nO 
~  7.  [(  B,  Al, -f- Bj /Il  )  aa -+- Cl  ni -f- Cj /Il  ]  X 

-  2[(Bi^j-r-  B,(7,)a3-i-Gi^,H-  Ciqi]y 

-7-  AsaJ  -+-  '^Cjaa-h  D  —  o. 

Remarque.  —  Puisque  les  cercles  (as)  ont  leurs  centres  en 
ligne  droite,  on  doit  pouvoir,  en  prenant  celte  droite  comme  axe 
des  y^  faire  en  sorte  que  Téqualion  de  ces  cercles  ne  contienne 
pas  de  terme  en  x.  Or  il  semble  ne  pas  pouvoir  en  être  ainsi 
dans  le  cas  général,  puisque  nous  venons  de  voir  que  /?i  et  /i2  ne 
sauraient  être  nuls  à  la  fois.  Mais  cette  contradiction  n'est  qu'ap- 
parente; il  ne  faut  pas  oublier,  en  effet,  que  nous  avons  pris 
5|  =  52=o.  En  rétablissant  pour  l'un  de  ces  coefficients  une 
valeur  quelconque,  on  verrait  que  l'on  peut  en  disposer  de  façon 
à  annuler  le  coefficient  du  terme  en  x. 


FIN. 


INDEX  ALPHABÉTIQUE. 


Les  Dumérot  inscrits  sont  ceox  des  pages  correspondantes. 
Les  aslérisqaes  renvoient  aux  notes  en  bas  des  pages. 


» 


» 


» 


Abaque  le  plus  général,  897. 
Accouplés  (Ab.),  246,  268. 
Adler  (yl.),  128*,  348. 
Allard  {E.),  64,  66. 
Allix,  VI. 
Anamorphose,  3o,  5o. 

générale,  90. 

graphique,  85. 

logarithmique,  61,  876. 
»  polaire,  122. 

Annuités  (Ab.  des),  3o^. 
Arpentage  des  coupes  (Ah.  de  T),  i3i. 
Aubuisson  (rf*),  386. 
Ballast  (Ab.  du  volume  du),  187,  l^i'i. 
Bassantin,  VI*. 
Bazin,  281. 
Beghin  (yf.),  869*. 
Beghin  {M.)t  208,  204,  206,  242,  244- 
Belhague  (Lieutenant),  49*^ 
Bellencontrej  VI. 
Bertrand    (Commandant),     49*»     i59, 

160. 
Bertrand  (/.),  17*. 
Billeter,  36o*. 
Bluniy  69,  278. 
Bossut,  334. 
Boucher,  359*. 
Boussinesçj  3i5. 
Boys  (C.-V.),  209*. 
Brauer  (E.-A.),  335*. 
Buache  {Ph.),  VI. 
Cartésiens  (Ab.),  24,  32,  4o8,  4^5. 


Cercles  entrecroisés  (Ab.  à),  ii3,  460. 
Chancely  4o*t  3oo,  807,  4»2- 
Chenevier,  t\'i* . 
Chéry  (Général),  60. 
Collignon  (£".),  57,  62*,  116*,  327. 
Composantes  (Fonctions),  t\i%. 
Composition  des  échelles,  157. 
Consommation  des  machines  à  vapeur 

(Ab.  de  la),  207. 
Contact  d'éléments,  891. 
Correction  barométrique  (Ab.  de  la),* 

178. 
Correction  des  mires  (Ab.  de  la),  870, 

398. 
Corrections  dynamiques  de  niveau  (  Ab. 

des),  79,  249*. 
Cousineryy  V*. 
Cotes  (Disposition  des),  92. 
Crépin^  56. 
Cubiques  cuspidales  (Construction  des), 

190. 
Dariès  (C),  249*. 
Davaine,  VII,  267,  277*. 
Débit  d'une  rivière  (Ab.  du),  58. 
Déblais  (Calcul  des),  256. 
Delocre,  45. 
Demoulin  {A.),  t^'ii. 
Dépression  de   l'horizon    (  Ab.  de  la), 

>9- 
Derivry^  860*. 

Descartes j  VI. 

Déviation  du  compas  (Ab.  de  la),  858. 


470 


INDEX   ALPHABÉTIQUE. 


» 


» 


» 


Disjonction  des  variables,  98. 
Distance  sphérique  (Ab.  de  la),  337. 
Distributions    d*eau    (Ab.    des),    159, 

249*. 
Double  alignement  (Ab.  à),  ai3,  897. 
Doubles  enveloppes   (Droites   à)    34 11 

4ii. 
Droites  à  deux  cotes,  39^. 
Droites  entrecroisées  (Ab.  à),  100. 
Ducarla,  VI. 
Dupain-Triely  VI. 
Duplaix  {M.) y  3o4*. 
Duporcq  (£*.),  IX,  4^7»  46t>*. 
Durand  {F.-W.),  62*. 
Durand'Claye  (/..),  359*. 
Dyck  {W.)y  3«5*. 
Ecarts  (Nombre  probable  des),  17,  20, 

25,  27,  28,  29. 
Echelle  binaire,  297. 

centrale,  additionnelle,  281. 
de  repérage,  369. 
dérivée,  i3. 
»        isograde,  16. 
»        linéaire,  14. 
»        logarithmique,  9. 
•>        mobile,  28,  36,  357,  4o5. 
»        multiple,  35i. 
'»        normale,  1. 
régulière,  9. 
»        scgmcntaire,  12. 
>'        tournante,  368.  _ 

'>         transformée,  i^. 
Echelles  accolées  (Ab.  à),  17,  4o4. 

^>         binaires  accolées  (Ab.  à  ),  3oo, 
4 10. 
(Composition  des),  157. 
(  Construction        géométrique 
des),  7. 
»         (Inversion  des),  19. 
Écoulement  de  l'eau  (Ab.  de  1'),  23 1. 
»  des  gaz  (Ab.  de  T),  224. 

Eléments  à  n  cotes,  35i. 
Élimination  graphique,  3oo*,  3o3. 
Entrée  (Ab.  d'),  262. 
Épaisseur  des  lentilles  (Ab.  de  I'),  i85. 
Equation  de  Kepler  (Ab.  de  T),  198. 
^>  du  second  degré,  i83. 

»         du   troisième  degré,  43»   187, 
333,  343,  340,  35o,  389,4^2, 

4i 


Équation  du  quatrième  degré,  336,  347 ^ 
35o,  389. 
»)         du  cinquième  degré,  34»,  889. 
**         trinôme    à    exposants    quel- 
conques, 366,  387. 
»         quadratique,  4^0. 
Équerre   (Ab.   à),   287,    289,   291,  346, 

409. 
Erreur  de  réfraction  (Ab.  de  1'),  317. 
Erreur  probable  d'une  nivelée  (Ab.  de 

F),  28. 
Étalon  de  graduation,  i3. 
Everett,  36o*. 

Favaro  {A.),  VI*,  88,  274*,  36o*. 
Favé  {L.)^  19,  25o,  252. 
Flamant,  ib^. 
Fractionnement  des  abaques   à    points 

alignés,  i4o,  i5o. 
Fractionnement  des   abaques    hexago- 


naux, 76. 


'•'3. 


Fractionnement  des   échelles  binaires, 

298. 
Frank  (-4.),  36 1. 
Fresnel,  253. 
Frochotf  43. 
Fruit  des  murs   de  soutènement  (Ab. 

du),  109,  198. 
Futler  {G.),  36o*. 
Fuiler  (y.),  359*. 
GanguiUet  (£".),  821*. 
Garielj  55*. 
Gaud  (F.),  22/i. 
Gauss,   195*,  884. 
Gêna  il  le,  49- 

Glissenicnl  (Ab.  à),  82,  317. 
Goedsee/s  (Capitaine),  VIII,   i54,   i55, 

235,  207,  !ï39,  541,  823*,  4«4>  4»?- 
Gorrieri  (/>.),  60*,  191,  192. 
Goulier  (Colonel),  62*,  241*. 
Graduation  (Analyse  d'une ),  3. 
Grison  (Capitaine),  3i. 
Gunter,  1*,  lo*,  358*. 
Heddacus,  849*. 
Ilelmerty  62*. 
Ilermann  {G.),  62*. 
Heures  de  lever  et  de  coucher  du  Soleil 

(Ab.  des),  56. 
Hexagonaux  (Ab.),  70,  379,  408,  412. 
Homographique  (Transformation),  io3, 

',  '99- 


INDEX    ALPHABÉTIQUE. 


471 


Images  logarithmiques  (Ab.  à),  385. 
»  de     polynômes, 

38i. 
Indépendants  (Ab.)»  ^46^  Q7/1. 
Intérôls  composés  (Ab.  des),  3i3,  325. 
Interpolation  à  vue,  8,  91,  99. 
Inversion  des  échelles,  19. 
Isopléthc,  33,  91*. 

Isoplèthes  (Points),  VIII,  i33*,  32o*. 
Jauge  des  yachts  français  (Ab.  de  la), 

3o5,  ^12. 
Jean^François  (Père),  II*. 
John^  358*. 
Jomard,  358*. 
Jouffret  (Commandant),  21. 
Kapteyn  (>!.),  6a*. 
Kelvin  (Lord),  25o. 
Kepler,  193,  195*. 
Kœnigs  (C),  4»?  43 1- 
Kutter  {W.-R.).  ^21*. 
Labosne,  358*. 
Lafay  (Capitaine),  i37,  i38,  180,  181, 

206,   207,    253*,    254,    256,   372,    373, 

374. 
Lalanne  {Léon)^  VII,  3i,  33,  36,  43,  5i, 

61,  62,  87,  91*,   99,    100,   123*,   261, 

277. 

Lallemand  (  Ch.),  VII,  i8,  21,  23*,  70, 
74,  78,  81,  82,  85,  87,  88,  187*,  279, 
281,  297,  3oo*,  3 10,  320,  352,  353,  356, 
369,  370. 

Lanave,  273. 

Langensheld  (Colonel),  206*. 

Leadbetter,  358*. 

Lecornu,  424* 

Lenoir,  358*. 

Lentilles  sphériques  (Ab.  des),  54,  177. 

Levers  tachéométriques  (Ab.  des),  239. 

Lévy  {Maurice) y  249*. 

Lignes  à  deux  cotes,  395. 

Logarithmiques  d'addition  et  de  sous- 
traction (Courbes),  384. 

Lumière  diffusée  (Ab.  de  la),  372,  398. 

Lyon  {G.),  228*. 

Mac-Mahon  (Major  P. -A,),  !\02. 

Mandl  (  Lieutenant  /.  ),  222. 

Mannheini  (Colonel),  36o*. 

Marches  de  troupes  en  colonnes  (Ab. 
des),  i53. 

Marey,  38. 


Massai^,   VII,   90,   93*,   100,    loi,   iio, 

III*,  269,  271,  3oi*,  346,  422,  426. 
Maurer,  i23*. 
Mehmke  (/?.),    VIII,  62,    i23*,    181*, 

320*.  348,  35o,  376,  377,  383,  387. 
Milburne,  36o*. 

Miroirs  sphériques  (Ab.  des),  54,  177. 
Mobius,  181. 
Moments  d'inertie  des  rectangles  (Ab. 

des),  i53. 
Multiplicateurs  correspondants,  39. 
Multiplication  (Ab.  de),  37,  42,  56,  62, 

78,  i5i,  168,  171. 
Murs  de  soutènement  (Ab.  des)^  ii5, 

118,  243. 
Muyden  {A.  Van),  62*. 
Nivellement    barométrique    (Ab.  dii), 

228. 
Obenlieim  {d'),  VI. 
Oughtred,  359*. 
Paladini  (^.  ),  345. 
Parallèles  (Ab.  à),  52. 
Parallèles  mobiles  (Ab.  à),  2)1,  i\iZ. 
Partridge  {Seth),  358*. 
Paulin  {H.),  268*,  272,  359. 
Péraux,  358*. 
Perrodil  {Gros  de),  358*. 
Pesci  (G.),  119,  120,  121*,  228*,  320*, 

345. 
Pillet  (/.),  192. 
Piobert,  VI. 

Plans  superposés  (Ab.  à),  393,  397. 
Poids  de  la  vapeur  d'eau  (Ab.  du),  4^^ 

406. 
Point  à  la  mer,  25o. 
Points  à  deux  cotes,  295,  32o. 
Points  alignés  (Ab.  à),  i23,  282,  286, 

289,  4o8,  4'i?  436. 

Points  condensés,  296,  324. 

Polaires  (Ab. ),  119,407. 

Portées  lumineuses  (Ab.  des),  63. 

Pouchet,  VI,  36,  37. 

Poulain  (Père),  62*,34i,  4i3. 

Poussée  des  terres  (Ab.  de  la),  3i5. 

Poutres  chargées  (  Ab.  des),  49»  ^o,  192, 

221. 
Prévôt  {E.)y  12*,  i53*,  228,  229,  297*, 

3o5,  3i2,  3i4. 
Prime    des   porte-mires   (Ab.   de   la), 

3oi. 


472 


INDEX  ALPHABÉTIQUE. 


Profilométre,  391»  4"9' 

Quadrangle  limilef  i35. 

Quadrilatère  limite,  106. 

Quiquet  (>4.)i  i3i*. 

Radau  \R.),  5i*. 

Radiantes  (Ab.  à),  4^,  55. 

Râteau f  207,  209,  210,  21 3. 

Réflexion  vitrée  (Ab.  de  la),  253. 

Règles  à  un  tiroir,  357,  4^8,  4ii* 

Régies  à  plusieurs  tiroirs,  36o. 

RegnauU    F.),  46,  48. 

Remblais  (Calcul  des),  256. 

Remous  d'une  rivière  (  Calcul  du),  334* 

Renard  (CA.),  3oo*,  317. 

Renvoi  (Ab.  de),  262. 

Repère  (Transversale  à),  237. 

Ricci  (Capitaine),  5i. 

Ricour  (Capitaine),  117*. 

Rollet  de  l'/sle,  25o,  lîi. 

Rouie,  274. 

Saint-Robert  (O-  P.  rfc),  4i8. 

Salmon,  189. 

Saussure  {R.  de),  62*. 

Scherer,  36o*. 

Schwering  (A".),  126*. 

Siégler,  237*,  288,  291,  409. 

Superposés  (Ab.  ),  246,  267,  377. 

Superposition  des  graduations,  38,  43i. 

Supports  des  points  cotés,  \'î\. 

Switkowski,  2()8*,  271. 

Systèmes  à  simple  translation,  357. 

»  à  double  translation,  364- 

>»  de  courbes,  91. 

•)  de  droites,  93,  9'|. 

»>  de  points,  i4i,   i43. 

»  linéaires    de   points   alignés, 

436. 
Tangenticls  (  Ab.),  127,  292,  876,  408. 
Tavernier-Gravet,   u*,  358*,  359*. 
Ter  que  m,  VI,  Z\, 
Terrier  {P.),  38,  27'^*. 


» 


» 


Thacker,  36o». 

Théry,  i3i. 

Tir  (Ab.  de),  5i,  206. 

Torres  (£.),  366,  384*. 

Toulon,  294,  359. 

Towson,  25o. 

Traction    d'une    locomotive    (  Règle   à 

calcul  pour  la),  36i. 
Trajectoires  des  contacts,  344* 
Transparent  à  un  index,  i25. 

à  deux  index,  26,  35,  4o4* 
à  trois  index,  68. 
Transversale  circulaire  (Ab.  à),  234- 
Transversale  quelconque  (Ab.  à),  287, 

288,  828*,  414. 
Triangles  rectilignes  (Ab.  des),  809. 
»  sphériques  quelconques  (Ab. 

des),  827,  329. 
«  sphériques    rectangles    (Ab. 

des),  249. 
Trigonométriques   (Ab. ),   22,  85,    lai, 

179»  181. 
Trois  dimensions  (  Ab.  à),  348,  36o*. 
Types  d'abaques  pour  un  nombre  donné 

de  variables,  899. 
»  »        pour   deux    variables, 

4o3. 
pour    trois    variables, 
4o5. 
»        pour  quatre  variables. 
409. 
»        d'équations  répondant  aux  prin- 
I  cipaux  types  d'abaques,  ^ib. 

Vaes  (F.'J.).  3oi*,  36i,  862. 
Vandervin  (//.),  59,  60. 
Viaris  (M"  de),  358». 
Vitesse  d'un  train  (Ab.  de  la),  208. 
Vogler,  33,  62*,  91*, 
Willotte,  292,  298*,  294,  4o8. 
Wingate,  358*. 
Yachts  français  (Jauge  des),  3o5,  412. 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


Page» 

Introduction v 

Liste  des  Publications  de  Fauteur  relatives  à  la  Nomographie x 


CHAPITRE  I. 
Équations  à  deux  variables. 

I.  —  Échelles  de  fonctions. 

1 .  Échelle  normale  d'une  fonction i 

2.  Analyse  de  la  graduation 3 

3.  Construction  géométrique  d'une  échelle ^ 

4 .  Interpolation  à  vue 8 

5.  Échelles  usuelles 9 

1**  Échelle  régulière g 

2*      »          logarithmique g 

3*      »          segmentaire 12 

6.  Échelles  dérivées.  Étalons  de  graduation i3 

7.  >♦          transformées.  Échelle  linéaire  générale i4 

8.  »         isogrades 16 


IL  —  Abaques  d'équations  a  deux  variables. 

9.  Abaques  à  échelles  accolées 17 

Exemples  :  i*  Abaque  du  nombre  probable  des  écarts 17 

a*  Abaque  de  la  dépression  de  l'horizon 19 

10.  Inversion  des  échelles 19 

11 .  Abaques  à  deux  échelles  irrégulières.  Échelles  logarithmiques 21 

Exemple  :  Abaque  auxiliaire  pour  le  calcul  de  l'erreur  probable  d'une 

nivelée a3 

12 .  Abaques  cartésiens  à  deux  variables 24 

13 .  Emploi  d'un  transparent 26 

1 4 .  Emploi  d'une  échelle  mobile 28 

15.  Anamorphose 3o 


474  TABLE   DBS   MATIÈRES. 

CHAPITRE  II. 
Équations  à  trois  variables.  Abaques  à  entrecroisement. 

I.  —   Abaques  cartésiens. 

Par«s 

16.  Abaques  cartésiens  à  trois  variables Sa 

17.  Rattachement  aux  abaques  à  échelles  accolées 'i^ 

18.  Kmploi  d*un  transparent  ou  d'une  échelle  mobile 35 

19.  Exemples 36 

Premier  type  d'abaque  de  multiplication 87 

20.  Superposition  des  graduations 38 

21.  Multiplicateurs  correspondants 39 

22.  Abaques  à  lignes  droites 4> 

23.  Exemples: 

1"  Second  type  d'abaque  de  multiplication 4^ 

a*  Abaque  de  Lalanne  pour  l'équation  trinôme  du  3*  degré 4^ 

3*'  Abaque  du  poids  de  la  vapeur  d'eau  contenue  dans  l'air 4^ 

4°  Graphiques  de  l'ingénieur 49 

II.  —  Anamorphose. 

24.  Principe Se 

25.  Exemple  :  Abaque  de  tir 5i 

26.  Abaques  à  parallèles Sa 

Exemple  :   Abaque  des  miroirs  et  lentilles  sphériques 54 

27.  Abaques  à  radiantes 55 

Exemples  :    1°  Troisième  type  d'abaque  de  multiplication 56 

*"  Abaque  des  heures  de  lever  et  de  coucher  du  Soleil. ...  56 

3*        «        des  débits  d'une  rivière 58 

4°        »>        des  poutres  chargées 60 

28.  Anamorphose  logarithmique 6i 

29.  Exemples  : 

I*  Quatrième  type  d'abaque  de  multiplication 62 

2"  Abaque  de  l'équation  des  portées  lumineuses 63 

III.   —  Emploi  d'un  transparent  a  trois  index.  Abaques  hexagonaux. 

Anamorphose  graphique. 

30.  Desiderata  à  réaliser  dans  la  lecture  d'un  abaque 67 

31 .  Transparent  à  trois  index : 68 

32.  Principe  des  abaques  hexagonaux 70 

33.  Forme  géométrique  élémentaire  (iii  principe  précédent 73 

34.  Déplacement  des  échelles 74 

35.  Fraclionneincnt  des  échelles 76 

36.  Exemples  : 

1°  Cinquième  type  d'abaque  de  multiplication 78 

>"  Abaque  des  corrections  dynamiques  de  niveau 79 

37.  Juxtaposition  d'abaques  hexagonaux.  Abaques  à  glissement 82 


TABLE    DES   MATIÈRES.  4?^ 

Pagct 

38.  Exemple  :  Abaque  des  sinus  et  des  tangentes 85 

39.  Définition  de  l'anamorphose  graphique 85 

40.  Exemple 88 


IV.  —  Anamorphose  générale. 

41 .  Principe 90 

42.  Systèmes  de  courbes  cotées 91 

43.  Disposition  des  cotes  d'un  système 92 

44 .  Systèmes  de  droites  du  premier  degré 93 

45.  Systèmes  de  droites  du  second  degré 9^ 

46.  Abaque  général  à  trois  systèmes  de  courbes  cotées . .  97 

47.  Abaque  à  trois  systèmes  de  droites  enlrecroisérs 100 

48.  Type  d'équations  rentrant  dans  la  classe  précédente 10 1 

40.  Transformation  homographique  d'un  abaque  à  droites  entrecroisées  . . .  io3 

50.  Quadrilatère  limite *. 106 

51 .  Exemple  :  Abaque  du  fruit  intérieur  des  murs  de  soutènement 109 

52.  Abaques  à  cercles  entrecroisés 1 13 

53.  Exemple  :  Abaque  des  murs  de  soutènement  pour  des  terres  profilées 

suivant  leur  talus  naturel 1 15 

54.  Emploi  des  coordonnées  polaires 117 

55.  Abaques  polaires 119 


CHAPITRE  III. 
Suite  des  équations  à  trois  variables.  Abaques  à  alignement. 

I.  —  Abaques  généraux  a  points  alignés. 

56.  Principe  des  points  alignés i23 

57.  Emploi  des  coordonnées  parallèles i25 

58.  Abaques  tangentiels  généraux 1 27 

59.  Transformation  géométrique  d'un  abaque  à  droites  entrecroisées  en  un 

abaque  à  points  alignés 129 

60.  Construction  directe  des  abaques  à  points  alignés i32 

61 .  Emploi  des  coordonnées  cartésiennes i34 

62.  Transformation   homographique  des   abaques  à   points  alignés.    Qua- 

drangle  limite i35 

63.  Fractionnement  des  abaques  à  points  alignés i4o 

64.  Systèmes  algébriques  de  points  cotés i4i 

65.  Système  particulier  du  second  degré i43 

II.  —  Abaques  a  trois  échelles  rectilignes. 

A.  —  Abaques  à  trois  échelles  parallèles, 

66.  Type  des  équations  correspondantes .     i44 

67.  Disposition  et  limitation  des  échelles \t\-j 


47^  TABLE   DES    MATIÈRES. 

Pares 

68.  Fraclionneraent  des  échelles i5o 

69.  Exemples  : 

i**  Sixième  type  d'abaque  de  multiplication i5i 

^**  Abaque  des  moments  d'inertie  des  rectangles i53 

3"  Abaque  des  marches  de  troupes  en  colonnes i53 

70.  Composition  des  échelles 167 

71 .  Exemple  :  Abaque  des  distributions  d'eau iSg 

B.    -  Abaques  à  deux  écf telles  parallèles, 

72.  Type  des  équations  correspondantes i6i 

73.  Disposition  des  échelles 164 

74.  Exemples: 

I'»  S«^ptième  type  d'abaque  de  multiplication 168 

1"  Huitième  type  d'abaque  de  multiplication 171 

3«*  Abaque  de  la  correction  barométrique 173 

C.  —  Abaques  à  échelles  non  parallèles. 

75 .  Échelles  concourantes 1 76 

76.  Exemples 177 

77.  Échelles  non  concourantes 180 


III.        Abaques  a  échelles  curvilignes. 
A.  Abaques  à  deux  échelles  rectilignes  parallèles  et  une  échelle  curviligne. 

78.  Type  dos  éciualions  correspondantes 182 

79.  Premirr  exemple  :  Abaque  de  l'équation  du  second  degré i83 

80.  Cas  particuliers  divers  : 

I"  Épaisseur  des  lentilles  plan-convexes i85 

^2"  V^olumc  du  ballast 187 

81.  Second  exemple  :  Abaque  de  l'équation  trinôme  du  troisième  degré....  187 

82.  Cas  particuliers  divers 192 

83.  Troisième  exemple  :  Abaque  de  l'équation  de  Kepler 193 

B.  Abaques  à  trois  échelles  curvilignes. 

84.  Second  abaque  du  fruit  intérieur  des  murs  de  soutènement 198 


IV.        Application  de  la  méthode  des  points  alignés  a  la  représentation 

DES    LOIS    empiriques. 

85.    Abaque  de   la  vitesse  d'un  train  remorqué  par  une  locomotive  de  type 

connu 2o3 

80.  Abaque  du  tir  de  siège 206 

87.   Abaque  des  consommations  théoriques  d'une  machine  à  vapeur 207 


TABLE    DES   MATIÈRES.  477 

V.        Abaques  dérivés  des  abaques  a  points  alionés. 
A.  Abaques  à  double  alignement. 

Pages 

88.  Principe  général 21 3 

89.  Echelles  rcctilignes  et  parallèles ^ 216 

90.  Exemples  : 

I**  Abaque  des  poutres  uniformémenl  chargées '. . .     221 

5"  Abaque  de  Técouleraent  des  gaz  par  des  tuyaux 224 

91.  Echelles  rectilignes   non  parallèles.   Abaque   du    nivellement  baromé- 

trique       227 

92.  Echelles  curvilignes 280 

93.  Exemple  : 

Abaque  de  Técoulement  de  Teau  dans  les  canaux  découverts 28 1 

B.  Abaques  à  transversales  diverses, 

94 .  Abaques  à  transversale  circulaire 284 

95.  Abaques  à  transversale  quelconque  et  repère.  Abaques  à  équerre 287 

90.  Abaques  à  transversale  quelconque  pour  équations  à  quatre  variables. .     288 

Exemple  : 

Abaque  des  levers  tachéométriques 289 

97.  Abaques  à  parallèles  mobiles 241 

98.  Exemple  : 

Second  abaque  des  murs  de  soutènement  pour  des  terres  profilées  sui- 
vant leur  talus  naturel 248 


CHAPITRE  IV. 

Systèmes  de  deux  équations.  Application  générale  au  calcul 
des  profils  de  remblai  et  de  déblai. 

I.  —  Généralités. 

90.  Abaques  indépendants,  accouplés  ou  superposés 246 

100.  Exemples  : 

i"  Abaque  des  triangles  sphcriques  rectangles.  Point  à  la  mer 249 

2"  Abaque  des  formules  de  Fresnel  pour  la  réflexion  vitrée 268 

II.  —  Calcul  des  profils  de  remblai  et  de  déblai. 

101 .  Généralités 2.56 

102.  Rappel  des  formules.  Distinction  des  cas sSq 

103.  Abaques  d'entrée  et  de  renvoi 362 

104 .  Difl'érents  types  d'abaques 264 

105.  Abaques  superposés  à  graduations  algébriques 267 

100.  Abaques  accouplés 268 

107.  Abaques  indépendants 274 


4/8  TABLE   DES   MATIÈRES. 

Pmfeu 

1U8.  Abaques  superposés  à  graduations  logarithmiques 277 

1U9.  Abaques  hexagonaux 379 

110.  Abaque  R  à  points  alignés 383 

111.  Abaque  D  à  points  alignés a86 

112.  Abaque  C  à  points  alignés 289 

1 13.  Abaque  à  équerre 291 

114.  Abaque  tangentiel 292 


CHAPITRE  V. 
Équations  à  plus  de  trois  variables. 

I.  —  Éléments  a  plusieurs  cotes. 

A.  Droites  à  deux  cotes, 

115.  Définition  des  éléments   à   deux  cotes.   Points  condensés.  Échelles  bi- 
naires    295 

110.  Fractionnement  des  échelles  binaires 298 

1 17.  Échelles  binaires  accolées 3oo 

Exemple  : 

Abaque  de  la  prime  des  porte-mires  du  Nivellement  général Soi 

118.  Exemples  : 

I*  Abaque  des  annuités 3o4 

2*  Abaque  de  la  formule  de  jauge  de  l'Union  des  Yachts  français...  3o5 
3"  Abaque  pour  la  résolution  des  triangles  rectilignes  dont  un  angle 

au  moins  figure  parmi  les  éléments  connus 809 

119.  Al>a«iucs  hexagonaux  à  échelles  binaires 3i  » 

Exeiii|>Ios  : 

,0  Premier  abacfuc  des  inlénHs  composés 3i3 

2°  Abaiiuc  de  la  poussée  des  terres 3i3 

1*20.  Abaques  hexagonaux  à  glissement 317 

E\ciiii)Ic  : 

Abaque  de  l'erreur  de  réfraction  dans  le  nivellement  géométrique..  .  317 

H.  Points  à  deux  cotes. 

121 .    Points  alignés  à  deux  cotes 320 

1*22.   Premier  exemple  :  Second  aba(|ue  des  intérêts  composés 3j5 

r23.   Dcuxirujc  exemple  :  Abaque  de  la  distanoe  sphérique 327 

124.  Troisième  exemple  :    Vbaquc  général  de  la  Trigonométrie  sphérique. . .  32<) 

125.  Quatrième   exemple    :    Abaque    de   l'équation    complète   du    troisième 

degré 333 

120.  Cincpiièiuc  exemple  :  Ahaipie  de  l'équation  du  quatrième  degré 33<» 

127.  Droites  à  doubles  envelop[)cs 341 

12^.  Trajectoires  de  cuntaets 34 ^ 

129.  Abaques  à  équerre  pour  la  résolution  des  équations  complètes  du  troi- 

sième cl  du  «jualriètne  degré 346 

130.  Abacjues  ù  trois  dimensions 3^8 


TABLE   DES   MATIÈRES.  479 

C.  Éléments  à  n  cotes. 

Paires 

131 .  Défînition  des  éléments  à  n  cotes.  Échelles  multiples 35i 

132.  Exemple  : 

Abaque  de  la  déviation  du  compas 353 

II.  —  Systèmes  mobiles. 

A.  Systèmes  divers  à  translation  et  à  rotation. 

133.  Systèmes  à  translation.  Règles  à  un  tiroir • 367 

134 .  Règles  à  plusieurs  tiroirs 36o 

Exemple  : 

Règle  à  calcul  pour  la  traction  d'une  locomotive 36i 

135.  Systèmes  à  double  translation.   Résolution   des   équations   trinômes  à 

exposants  quelconques 364 

136.  Systèmes  à  rotation.  Échelles  tournantes 368 

137.  Exemple  : 

Abaque  de  la  correction  des  mires 370 

138.  Abaque  de  la  lumière  diffusée 37Q 

B.  Abaques  à  images  logarithmiques. 

139.  Nouvel  usage  de  l'anamorphose  logarithmique 376 

140.  Images  logarithmiques  de  polynômes 38i 

141 .  Principe  des  abaques  à  images  logarithmiques 385 

142.  Exemples  : 

1**  Équations  trinômes  de  degré  quelconque 387 

2'*  Équations  complètes  des  degrés  3,  4  et  5 389 

4 

CHAPITRE  YI. 
Théorie  générale.  Développements  analytiques. 

I.  —  Étude  générale  des  abaques  au  point  de  vue  de  leur  structure. 

143.  But  de  cette  étude 390 

144 .  La  notion  de  contact 391 

145.  Abaques  à  deux  plans  superposés 393 

146.  Abaques  à  plusieurs  plans  superposés 397 

147.  T^pes  d'abaques  correspondant  à  un  nombre  donné  de  variables 399 

148.  Équations  à  deux  variables 4o3 

149.  Equations  à  trois  variables 4o5 

0 

150.  Equations  à  quatre  variables 4<^9 

II.  —  Étude  des  équations  représentables  au  moyen  d'un  type 

d'abaque  donné. 

A.  Caractères  différentiels  et  fonctionnels. 

151 .  Types  d'équations  répondant  aux  principaux  types  d'abaques 4'^ 

152.  Équations  du  type  (I) 4*^ 


48o  TABLE  DES   MATIÈRES. 

I>ag«i 

153.  Équations  du  type  (II) 4^4 

154.  Équations  du  type  (III) 4^ 

155.  Équations  rcprésentables  par  des  abaques  à  graduations  superposées  . .    4^> 

B.  Théorie  algébrique  des  équations  représentables  par  trois  systèmes 

linéaires  de  points  alignés. 

156.  But  d'une  telle  étude 4^6 

157.  Formules  et  remarques  préliminaires 4^7 

158.  Formation  des  fonctions  composantes  dans  le  cas  de  trois  systèmes  non 

concourants 44^ 

159.  Discussion 44^ 

160.  Formation   des  fonctions   composantes  dans  le   cas  de  trois  systèmes 

concourants .     44^ 

161 .  Discussion 44? 

162.  Passage  aux  échelles  régulières  dans  le  cas  de  trois  systèmes  non  con- 

courants     45o 

163.  Discussion 4^^ 

164.  Passage  aux  échelles   régulières  dans  le  cas  de  trois  systèmes  concou- 

rants      455 

165 .  Discussion 4^7 

166.  Résumé  général 4^9 

C.  Représentation  des  équations  quadratiques  au  moyen  de  droites 

et  de  cercles  entrecroisés, 

167.  Conditions  requises 4^ 

168.  Formation  des  fonctions   composantes  pour  une  équation  quadratique 

donnée 4^5 

Index  alphabétique 4^ 


FIN  DK   LA  TABLE  DES  MATIERES. 


tm\l  Paris.  -  Impriinorie  GAUTlilEK-YILLAUS,  quai  des  Grands-Augustins,  5à. 


FILS  DE  H 


Figi 

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